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Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité dans la grande interview au CNews et Europe 1, c'est Franz-Olivier Gisbert.
00:04Bonjour à vous.
00:04Bonjour Laurence.
00:06Journaliste, auteur de Voyages dans la France d'avant chez Gallimard et la France était un pays communiste chez Plon.
00:11Une question très simple, Franz-Olivier Gisbert.
00:14La campagne présidentielle sera lancée demain dès lors que le nom du candidat du Rassemblement National sera connu.
00:19La justice se sera prononcée sur le sort de Marine Le Pen.
00:21Est-ce que vous avez déjà connu un tel cas de figure sous la Ve République ?
00:25Ben non, on avait eu quand même l'épisode de 2017 où François Fillon, qui était le favori, le grand
00:31favori pour l'élection présidentielle,
00:33avait été mis en examen juste, enfin presque quelques jours.
00:37Mais il s'était présenté, il avait pu se présenter.
00:40Bon, alors je dirais à Marine Le Pen, on a fait à nouveau une Fillon.
00:43Il n'y avait aucune raison, c'était quand même une enquête qui a commencé il y a dix ans,
00:50disons.
00:50Et il n'y avait aucune raison de, comment dire, de la condamner à l'inégalité.
00:56On a l'impression que c'était calculé pile-poil pour qu'elle ne puisse pas se présenter.
01:00Donc on lui a fait une Fillon.
01:03Et moi je trouve que ça montre quelque chose de la grande dégradation de la démocratie que nous vivons aujourd
01:09'hui.
01:09Parce qu'on sait très bien la justice...
01:11C'est dû à quoi ?
01:13C'est-à-dire la justice, aujourd'hui, ça dépend d'abord de quel type de juge va travailler sur
01:19votre cas.
01:21C'est clair qu'il y a les juges rouges, on les appelait juges rouges dans les années 70.
01:26Ça fait longtemps que ça existe, le syndicat de la magistrature.
01:29Et puis il y a les juges qui jugent en droit.
01:31Mais il y a quelque chose qui cloche visiblement.
01:33Alors je ne vais pas aller jusqu'à ce que disait De Gaulle.
01:36Vous vous souvenez, il disait, alors tout en haut il y a la France, après il y a l'État,
01:41et après seulement il y a le droit.
01:46Non, je pense que le droit c'est important.
01:48Mais en même temps, il ne faut pas se réfugier toujours derrière ce mot « État de droit »
01:54qui regroupe des choses quand même qui n'ont pas grand-chose à voir avec la justice.
01:59François-Louis Ziberg, est-ce qu'il y a une différence pour vous entre Marine Le Pen et Jordan Bardella
02:02qui se sont jurés mutuellement confiance et amitié hier devant leurs partisans à Liévin, dans le Pas-de-Calais ?
02:08Est-ce que ce trentenaire peut incarner un chef de l'État ?
02:11Et surtout, est-ce que ça existe, les vrais tandems en politique ?
02:15Oui, ça existait.
02:17Ça existait, on l'a vu très souvent, regardez Mitterrand-Mauroy.
02:20Il y avait des vraies différences, ils s'engueulaient beaucoup et en même temps ils travaillaient bien ensemble.
02:24De Gaulle-Pompidou jusqu'à 1967 quand ça a commencé à foirer.
02:28Ça s'est mal terminé, mais ça avait bien commencé.
02:30Ça existe. Le problème là, c'est que je ne vois pas quand même Marine Le Pen accepter,
02:35même si je pense qu'elle est sincère là.
02:37Je suis sûr qu'ils veulent, oui, ils sont sincères.
02:38Mais je ne vois pas Marine Le Pen accepter que son travail quand même de 10, 20 ans,
02:44on vous rendait compte, enfin elle est allée partout et s'est battue,
02:48soit comme ça, comment dire, emportée par le petit jeune.
02:52Ça va être très dur.
02:53C'est-à-dire qu'elle va essayer d'être sympa au début,
02:57mais je ne vois pas comment ça pourrait continuer longtemps,
03:01d'autant qu'il y a des divergences.
03:02C'est d'ailleurs, je pense que Nicolas Arguez, il a eu le mot juste quand il a dit
03:05« Bardella, c'est le RPR ».
03:07C'est-à-dire qu'il est visiblement…
03:08C'est le Chirac des années 90, soit.
03:10Oui, c'est-à-dire, ce n'est pas du tout la même chose.
03:12Marine Le Pen a une ligne à des ans un petit peu différente.
03:15François-Légisbert, les Français n'ont pas envie qu'on leur vole cette élection présidentielle.
03:18En 2022, on sait qu'il n'y a pratiquement pas eu de campagne
03:21et qu'Emmanuel Macron n'a pas souhaité faire campagne.
03:24Cette fois, est-ce qu'il faut qu'il y ait un vrai débat, au fond,
03:26sur le projet, sur les idées ?
03:27Sinon, il y aura beaucoup de colère qui sera du côté des Français.
03:31Vous avez vu l'État de la France ?
03:32Non, mais c'est quelque chose d'épouvantable.
03:34Quand on regarde bien les chiffres, quand on regarde…
03:36Bon, on commence par l'endettement.
03:38L'endettement, c'est quelque chose quand même de…
03:41Les Français ont compris maintenant.
03:43Ce n'est pas vrai.
03:44On voit dans les sondages, et ça c'est…
03:46Merci François Bayrou.
03:47Les Français ont compris qu'il y avait un énorme problème.
03:49Il faudra le régler d'une manière ou d'une autre.
03:52Sûrement en travaillant aussi sur les retraites,
03:54parce que c'est le vrai sujet.
03:56Mais il y a aussi d'autres problèmes.
03:57C'est-à-dire qu'il faut baisser les dépenses, etc.
03:59On ne peut plus vivre au-dessus de nos moyens
04:01et en vivant, comment dire, sur le dos des nouvelles générations,
04:05des prochaines générations,
04:06qui devront payer pour les bêtises de leurs parents et de leurs grands-parents.
04:10Alors, je sais qu'aujourd'hui, il faut dire que tout est la faute des boomers,
04:14des boomers dont je fais partie.
04:16C'est vous, c'est vous le boomer.
04:17Mais je ne vois pas en quoi on est responsable.
04:19De la situation actuellement.
04:20Moi, je n'ai jamais défendu cette politique.
04:22Cette politique qui est aberrante,
04:24qu'Emmanuel Macron a commencé en 2017,
04:27avec son Premier ministre, Édouard Philippe.
04:29On va en parler dans un instant.
04:30Selon vous, le Rassemblement National est devenu un parti attrape-tout.
04:34Qu'est-ce que vous voulez dire, François-Olivier Gisbert ?
04:35En général, c'est les partis qui vont l'emporter.
04:38On l'a vu avec le Parti Socialiste à la fin des années 1970.
04:42C'était l'expression qu'employaient les politologues.
04:44C'est-à-dire que c'est un parti qui emporte un peu,
04:48disons, toutes les colères.
04:49Et puis, en même temps, les espoirs.
04:53Puis, en même temps, vous voyez,
04:55il a un programme un peu foireux, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:58Et les électeurs, ils s'en foutent.
05:00Et ça me rappelle un petit peu ce qu'on a vécu.
05:04Par exemple, à la fin des années 1970,
05:06j'avais le malheur de dire,
05:07mais la retraite à 60 ans, c'est idiot.
05:09On ne peut pas le faire.
05:10C'est absurde, etc.
05:11Et les gens vous disent, oui, mais bon.
05:13Il y a un côté...
05:16On a l'impression que c'est fait dans leur tête,
05:17comme si c'était leur tour.
05:19Mais ça peut changer.
05:20Une élection présidentielle, c'est jamais joué d'avance.
05:22Et là, on est beaucoup trop tôt.
05:23On est beaucoup trop tôt.
05:24Et puis, il y a toujours des bolides comme ça
05:27qui peuvent arriver au dernier moment.
05:28Vous croyez au candidat surprise providentiel ?
05:32Ou la femme qui s'en gérerait de l'ombre ?
05:34Ça peut arriver à tout moment.
05:35Regardez d'ailleurs 2016-2017.
05:39Vous avez vu ?
05:40Oui, mais c'était absolument pas prévu.
05:43Moi-même, d'ailleurs, c'est peut-être la seule fois
05:44où je me suis trompé.
05:45Je ne le voyais absolument pas arriver.
05:46Je trouvais qu'il ne semblait pas qualifié, d'ailleurs.
05:48Il n'était pas.
05:48Il a donné la preuve ensuite.
05:50François-Olivier Gisbert, l'autre parti très structuré
05:52et en ordre de marche, c'est la France insoumise.
05:54Tout est au carré, dit Jean-Luc Mélenchon.
05:56On peut lui faire confiance là-dessus ?
05:58Tout est prêt, côté LFI ?
06:00C'est le plus préparé des candidats ?
06:01Non, je dirais que c'est le meilleur.
06:03C'est le meilleur.
06:04C'est le meilleur, pourquoi ?
06:04Oui, pour l'instant, dans la liste qu'on a.
06:07Pourquoi ? Parce qu'il est très souple.
06:08On voit très bien.
06:09Il ne se laisse prendre à rien du tout.
06:12Il a une adaptabilité qui est sidérante.
06:14Ça m'a frappé, par exemple, au moment de l'invasion de l'Ukraine.
06:17Plus poutiniste que Mélenchon, il n'y a pas.
06:20Poutiniste comme un phoque, même, je dirais.
06:22Regardez ce qui s'est passé.
06:24Mais en 24 heures, il avait changé de discours.
06:27Je ne dirais pas qu'il était passé en faveur de l'Ukraine,
06:30mais enfin, presque.
06:31Alors que le pauvre Zemmour, lui, qui était récent en politique,
06:34lui, continuait à mouliner le même discours.
06:36Évidemment, il s'effondrait à ce moment-là.
06:39Donc, il y a chez lui cette espèce de capacité,
06:42tout de suite, à aller vers ce qu'il va faire des voix.
06:45Alors, il n'y a que du cynisme là-dedans,
06:46beaucoup de machiavélisme.
06:47C'est clair que je ne suis pas sûr qu'il croit absolument
06:50à tout ce qu'il dit.
06:51Mais, vous savez, en politique,
06:53on finit toujours par croire ce qu'on dit,
06:55ce qu'on répète tout le temps à longueur de temps.
06:56Donc, c'est pour ça qu'il peut faire très peur.
06:59Et Jean-Luc Mélenchon a modéré son discours.
07:01On a raison d'avoir peur.
07:02Ah ben non, mais il va le modérer de plus en plus.
07:05Oui, oui.
07:05Mais on voit que ses élus, en revanche,
07:07vont de plus en plus loin dans la stratégie d'organisation.
07:10Tout ça est prévu.
07:11Parce que c'est important d'entretenir la flamme du noyau dur.
07:16Le noyau dur, c'est quoi ?
07:17C'est 10-15%.
07:18Et c'est avec ça qu'il...
07:20Et après le noyau dur, vous allez développer autour.
07:22Tout ça est une stratégie.
07:24Tout ça est pensée.
07:24Il peut accéder au second tour, Jean-Luc Mélenchon ?
07:26Je pense, oui.
07:27Aujourd'hui ?
07:27Ah oui, je pense.
07:28Aujourd'hui, l'affiche CRN et l'effet.
07:29Vous allez voir, entre les deux tours,
07:30il va devenir tout mignon,
07:32il va tendre les mains,
07:33il va avoir des alliés qui vont arriver de l'autre monde.
07:36Là, peut-être Dominique de Villepin et autres.
07:38Enfin, je vois déjà.
07:39Ce sera un cinéma et beaucoup de Français s'y laissent reprendre.
07:42Et l'agglomèrera toute la gauche,
07:43qui dit que non, évidemment, aujourd'hui, pas question,
07:46mais qui se ralliera à sa bannière ?
07:47Pas forcément toute la gauche,
07:48parce qu'il est des ennemis mortels à l'intérieur de la gauche non-communiste.
07:51Quand même, c'est clair, François Hollande,
07:54et puis Raphaël Kulkusman aussi,
07:56qui sont vraiment des ennemis,
07:59mais sans pitié.
08:00D'accord.
08:00Et donc, si Elifi arrive au second tour,
08:02ce serait vraiment une victoire pour Jean-Luc Mélenchon ?
08:05Ben, bien sûr.
08:05Accéder au second tour, on ne parle pas de victoire.
08:06Ben, bien sûr, bien sûr.
08:07Après, je ne parle pas de victoire,
08:09parce que je pense qu'il est...
08:10Mais, si vous voulez,
08:12ça dira quelque chose sur l'état de pays.
08:15Et vous savez, après le deuxième tour,
08:17souvent, il y a des troisièmes tours,
08:19il y a des quatrièmes tours.
08:20Dans la rue.
08:20Dans la rue ou ailleurs, d'ailleurs.
08:22Il peut y avoir encore des élections, etc.
08:23Mais c'est une marche importante.
08:25Ça peut être une marche importante pour lui.
08:27François Gisberg,
08:29Édouard Philippe, le patron d'Horizon,
08:30a fait son premier gros meeting de campagne hier.
08:33Tout n'est pas perdu.
08:34Pour peu qu'on dise la vérité,
08:35qu'on tienne enfin ce que l'on promet,
08:36a-t-il lancé à ses partisans.
08:39Et surtout, il dit qu'il assume de dire aux retraités
08:42qu'ils devront contribuer davantage
08:44au financement de notre modèle social.
08:46Alors, il ne précise pas encore comment.
08:47Le programme n'est pas encore révélé.
08:49Mais qu'est-ce que ça vous inspire, ce discours-là ?
08:52C'est, disons, un discours assez raisonnable.
08:54C'est-à-dire qu'il faut chercher l'argent,
08:55là où il est.
08:56Et là, ce sont les vieilles recettes
08:57de la Quatrième République, d'ailleurs.
08:59On va vers la désindexation.
09:02Et puis, voilà, on va faire les poches
09:04des grandes masses.
09:05Puis ça, ça peut rapporter beaucoup d'argent.
09:07Mais je dirais, il faut penser aux dépenses.
09:10Il faut penser aussi au système des retraites.
09:12Il faut tout revoir.
09:13Et ça, j'espère qu'il y aura jusqu'au bout.
09:1667 ans.
09:17Il promet 67 ans.
09:18Non, il l'a promis.
09:19Puis après, on ne sait plus trop
09:19parce qu'il veut faire un référendum.
09:21On voit bien, enfin, voilà, il se tortille.
09:23Mais je n'ai pas une confiance absolue
09:25parce que je trouve aussi que quand quelqu'un dit
09:27je vais être le président de la Constance,
09:29c'est très freudien.
09:30Parce que jusqu'à présent,
09:31il a été un petit peu inconstant.
09:32Si on regarde bien sur le nucléaire,
09:34je ne sais plus, moi, j'avais l'impression
09:34qu'il a été pour à une époque.
09:36Quand il était Premier ministre,
09:37il a voulu l'arrêter avec Emmanuel Macron.
09:41Et puis après, maintenant, apparemment,
09:43il est pour.
09:44Enfin, voilà, ce serait plutôt
09:46le président de la Constance.
09:47Est-ce qu'il peut créer une dynamique ?
09:48On en a déjà eu un.
09:48On vient d'en avoir un, d'ailleurs.
09:49Est-ce qu'il peut créer une dynamique autour de lui ?
09:51On voit qu'il y a des ralliements.
09:53Il y a eu Maud Bréjean.
09:54Laurent Wauquiez le soutient implicitement
09:56en disant qu'il est capable d'incarner l'ordre
09:58et le sérieux permettant de redresser la France.
10:01Est-ce qu'il peut créer cette dynamique-là
10:03qui est l'histoire de la présidentielle, en fait ?
10:05C'est créer des dynamiques.
10:06Ça, il peut, peut-être.
10:07Peut-être.
10:07Mais le vrai problème, c'est ça qu'il faut regarder.
10:11Il y en a un peu assez des bons politiques
10:13comme ça qui savent rassembler.
10:14Lui, d'ailleurs, il fait une campagne de second tour.
10:16Attention, il ne faut pas qu'il oublie
10:17qui a un premier tour.
10:19Mélenchon, lui, il travaille sur le premier tour.
10:20Il travaille sur le second tour après.
10:22Lui, il est déjà sur le second tour.
10:25Et c'est peut-être...
10:26C'est une erreur ?
10:26C'est peut-être une erreur
10:27parce qu'il rassemble, il rassemble.
10:29Et moi, je pense, chez lui, de toute façon,
10:31il y a quelque chose qu'il doit nous prouver,
10:32c'est qu'il a du caractère.
10:34Parce que qu'est-ce qui a manqué depuis 2017 ?
10:37Qu'est-ce qui a manqué ?
10:38Vous savez très bien, d'un bout à l'autre,
10:40le caractère.
10:41Celui d'Emmanuel Macron, donc.
10:43Oui, bien sûr.
10:44On ne peut pas comparer avec François Hollande.
10:46François Hollande, ce n'est pas vrai.
10:47Il y avait eu du caractère.
10:48Il y avait eu du caractère sur le terrorisme.
10:50On l'a vu, d'ailleurs.
10:51Il s'est retrouvé contre sa propre majorité
10:55sur la délégance de nationalité.
10:57Vous vous souvenez,
10:58il y a eu toute une campagne contre lui.
11:00Et puis même aussi sur le rétablissement
11:03des comptes publics.
11:04Il a travaillé là-dessus.
11:05Ça a été salué, d'ailleurs, récemment
11:06par l'Institut Fipeco.
11:08C'est-à-dire, bon,
11:09c'est un des rares qui a travaillé.
11:11Donc, si vous voulez,
11:12le caractère, c'est important.
11:14Nicolas Sarkozy avait beaucoup de caractère aussi.
11:16C'est-à-dire, le problème d'Édouard Philippe,
11:18c'est ça.
11:19C'est-à-dire, bon,
11:20je pense que le problème des Français,
11:22c'est qu'il faut arrêter de prendre
11:24des candidats ou des futurs présidents
11:26qui font tout pour passer à travers les gouttes
11:28et qui sont dans l'évitement.
11:30Il faut quelqu'un qui assume
11:31de renverser la table.
11:32Les problèmes sont tels
11:34qu'il faut vraiment les traiter.
11:36Je pense qu'on peut continuer comme ça,
11:39éternellement, à remettre les choses.
11:42Mais là, le problème,
11:43il est là devant nous.
11:44On le voit sur la justice,
11:45on le voit sur la violence.
11:46Je commence à l'endettement
11:48sur l'économie, sur la finance.
11:50On est quand même en danger.
11:51Vous savez très bien,
11:52il peut y avoir une attaque financière
11:53à tout moment.
11:54Nous sommes quand même...
11:56Il faudra débourser 100 milliards
11:59chaque année
12:00pour juste la charge de la dette.
12:02Ce n'est pas pour la rembourser,
12:04juste pour la charge
12:04qu'on est obligé de rembourser.
12:06Parce que si on ne le fait pas,
12:07le ciel nous tombe sur la tête.
12:08Il faut 100 milliards par an.
12:10Et puis, ça sera très vite,
12:11170 milliards en 2032, etc.
12:14Tout ça va monter.
12:14Il faut que ça s'arrête.
12:15Il faut tout reprendre à zéro
12:18pour que la France continue.
12:21Parce que la France va finir
12:22par être en danger.
12:23Sur l'état de la grande famille
12:26de la droite,
12:27qui n'en finit plus de se déchirer,
12:29on a l'habitude des trahisons,
12:31des coups de jarnac à droite.
12:33Comment est-ce que vous jugez aujourd'hui
12:35à la fois Bruno Retailleau,
12:36Laurent Wauquiez,
12:37qui plutôt se rallient à Édouard Philippe,
12:39même s'il sera demain matin
12:40notre invité,
12:41il nous confirmera
12:41ce qu'il compte faire ou pas.
12:43La droite a encore un avenir
12:44ou est-ce qu'elle est morte ?
12:47Ça ne pourra pas continuer éternellement.
12:49Comme ça,
12:49ce qui se passe aujourd'hui,
12:50de toute façon,
12:51dans ce qu'on appelle
12:51le bloc central,
12:52il y a les centristes d'un côté,
12:54Philippe et Attal,
12:55et puis de l'autre côté,
12:57disons, le LR,
12:59on voit bien que ça ne pourra pas continuer
13:00parce qu'il ne joue plus
13:02un grand rôle aujourd'hui
13:03dans la politique.
13:04Alors, comme on est au début
13:05de la campagne,
13:08je le répète,
13:08on ne sait pas
13:09comment ça va se terminer.
13:10Moi, je dirais,
13:11je n'écarte pas Bruno Retailleau
13:13parce que, bon,
13:14c'est quelqu'un de...
13:15Bon candidat ?
13:16Non, je ne dirais pas
13:18que c'est un bon candidat,
13:19mais ça pourrait faire
13:19un très bon président.
13:21Mais attendez,
13:21il y a une différence.
13:22Il faut être candidat
13:22avant d'être président en France.
13:23Oui, mais il y a une différence.
13:24Il y a une différence.
13:25C'est très important, ça.
13:26Regardez tous ceux
13:27qui ont relancé leur pays.
13:28D'ailleurs,
13:29ils n'étaient pas élus
13:29directement au suffrage universel.
13:31Je pense à Schröder,
13:35le social-démocrate en Allemagne,
13:36ou Margaret Thatcher,
13:38la conservatrice en Grande-Bretagne.
13:39Bon, ils ont été portés
13:40par le parti
13:41parce que c'est un système
13:43tout à fait différent
13:44où le Premier ministre
13:45est une émanation
13:46du parti qui gouverne.
13:48Nous, nous savons
13:49l'élection au suffrage universel.
13:50Bon, alors,
13:51c'est vrai qu'il faut
13:53plutôt regarder le caractère.
13:55C'est-à-dire des gens
13:57qui sont capables de dire
13:58« Vous savez ce que disait De Gaulle ?
14:00Gouverner, c'est dire
14:01non, non, non, non. »
14:03C'est ça, gouverner.
14:03Même une petite PME,
14:05c'est ça, gouverner.
14:06Et nous avons des gouvernants,
14:07nous avons notamment un président
14:09qui, depuis 2017,
14:10n'a cessé de dire
14:11« Oui, oui, oui, oui. »
14:12Et voilà l'État de la France
14:14aujourd'hui.
14:15Justement, Emmanuel Macron,
14:17son quinquennat deuxième,
14:18quinquennat second,
14:19quinquennat plutôt,
14:20touche à sa fin.
14:21Quelle trace il y sera
14:22dans l'histoire
14:23de la politique française,
14:24François-Légis Berg ?
14:25Alors, vous faites un petit signe
14:27qui dit « zéro »,
14:27je le dis pour nos auditeurs,
14:29il ne laissera aucune trace ?
14:30Bah, rien.
14:31Bah, rien.
14:31Qu'est-ce qui va rester ?
14:32La loi sur l'euthanasie ?
14:33Non, mais la loi sur les retraites.
14:35Sur l'euthanasie ?
14:36Oui, voilà, c'est ça.
14:37Parce que, si vous regardez bien,
14:38oui, alors, on dit beaucoup,
14:39il a permis d'introduire
14:41une certaine flexibilité,
14:42mais le travail avait déjà été fait
14:44par son prédécesseur,
14:45François Hollande.
14:46C'est une application des lois
14:47qui a fait que le chômage
14:49des lois qui avaient été votées
14:50sous Hollande,
14:51ça a continué après,
14:52sous Macron.
14:55Je ne sais pas, grâce auxquelles
14:57des deux, le chômage
14:58a commencé à baisser
14:59lors du premier quinquennat
15:02d'Emmanuel Macron.
15:04Donc, il n'y a aucun héritage
15:05Emmanuel Macron, en fait,
15:06après deux quinquennats pour vous,
15:07François Ligisbert ?
15:08Vous qui connaissez la cinquième,
15:09vous avez vécu presque
15:10toutes les élections présidentielles.
15:12Oui, oui, mais je ne vois pas,
15:14non, je ne vois pas ce qui va rester.
15:15Je ne vois pas ce qui va rester.
15:16Il va rester deux héritiers,
15:18Philippe et Attal,
15:19qu'ils détestent tous les deux.
15:21Parce que je ne sais pas
15:22lequel déteste plus Macron,
15:23d'ailleurs, que l'autre.
15:25Et qu'ils se neutraliseront ?
15:26Qu'ils ne se neutraliseront
15:28peut-être pas,
15:29parce qu'ils ont peut-être
15:30des intérêts communs.
15:32Puis, de toute façon,
15:33Attal, il roule pour...
15:34Il est tellement jeune,
15:35il a tellement le temps pour lui.
15:37Je pense qu'il...
15:38Je ne dirais pas
15:39qu'il peut se présenter encore
15:40à la fin du siècle,
15:41mais enfin, il est quand même...
15:42Ces héritiers du bloc central
15:44ne seront pas marqués
15:45du saut des années macronistes,
15:47François Ligisbert,
15:48pour vous,
15:48que ce soit Gabriel Attal
15:49ou Édouard Philippe.
15:50Est-ce que ce bilan
15:51d'Emmanuel Macron
15:51ne va pas leur coller à la peau,
15:52quand même,
15:52pendant toute cette campagne
15:53qui s'annonce ?
15:54Vous savez,
15:55on n'est pas élu jamais
15:57ou battu sur les bilans.
15:58On est élu sur un projet.
16:00Alors, on attend le projet.
16:02Après, moi, je pense
16:02qu'il faut cesser aussi
16:03de croire au projet.
16:04Vous savez,
16:05vous vous souvenez
16:05du projet de Macron,
16:07le projet de ses prédécesseurs aussi.
16:09Il y a toujours des trucs.
16:10Il y en a qui verraient
16:11enchanter la France.
16:12Il y en a autres qui disent,
16:12voilà, on va en finir
16:14avec la paperasse,
16:14la bureaucratie,
16:15on va arrêter
16:15d'emmerder les Français.
16:16Enfin, c'est toujours
16:17les mêmes slogans.
16:17Et puis, rien, rien ne change.
16:19Donc, pourquoi rien ne change ?
16:21Ce n'est pas parce que
16:22ce sont des menteurs.
16:22C'est parce que devant
16:24la difficulté,
16:25ils cèdent.
16:26Et donc, il faut choisir
16:27des personnages
16:28qui ont de la volonté.
16:30Arrêtons de prendre
16:31des présidents
16:32soi-disant intelligents
16:33qui n'ont aucun courage
16:35et qui s'effondrent
16:36devant l'obstacle.
16:37Voilà.
16:38Et qui font de la musculation
16:41quand il s'agit
16:41de Trump ou de Poutine
16:43qui sont très loin
16:44et qui s'effondrent
16:46devant la première manifestation
16:48de la CGT.
16:49France-Olivier Gisberg,
16:50une dernière question
16:50concernant la liberté
16:51d'expression
16:52qui vous est chère.
16:54C'est vraiment
16:54votre bannière.
16:55Vous vouliez vous exprimer
16:56sur la mise en demeure
16:57de l'ARCOM
16:58concernant notre chaîne,
17:00concernant le pluralisme.
17:01Qu'est-ce que ça veut dire
17:01pour vous ?
17:02C'est une honte totale.
17:03C'est-à-dire qu'on glisse
17:04dans un autre système.
17:05Il faut savoir ce que c'est.
17:08Moi, d'abord,
17:08je suis très attaché
17:09au pluralisme.
17:10Autrefois,
17:10quand l'humanité,
17:11le quotidien communiste
17:12et il n'y a pas plus
17:13d'anticommunistes que moi,
17:15était en danger,
17:16j'avais fait partie
17:17d'un petit groupe
17:18autour d'Edmond Charleroux
17:20et on a essayé
17:20de faire tenir ce journal
17:22dont, à mon avis,
17:23la France avait besoin.
17:24Bon, CNews existe.
17:27CNews est la première
17:29chaîne d'information,
17:30en tout cas,
17:31à ma connaissance aujourd'hui.
17:32Et donc,
17:35l'idée de s'attaquer
17:37à une chaîne de télé
17:38qui est apparemment
17:39la plus regardée
17:40parmi les chaînes d'info,
17:42c'est quelque chose de fou.
17:43Alors, je comprends très bien,
17:45Macron veut laisser des traces.
17:47Mais s'il laisse ça...
17:49Alors, évidemment,
17:49il y a une partie de la gauche
17:50qui sera très contente.
17:51Mais où est la démocratie là-dedans ?
17:53Enfin, on se rapproche,
17:54on sort de la démocratie
17:55pour rentrer dans la démocrature.
17:57Alors après,
17:58dans une démocrature à la Poutine...
17:59Une démocrature,
18:00donc une dictature,
18:01on n'est pas loin.
18:01Oui, bien sûr,
18:02bien sûr,
18:02parce que, bon,
18:03moi, je trouve normal
18:04qu'il y ait des chaînes
18:05d'informations
18:06où il y ait un peu plus
18:07d'opinions.
18:08Il y en a partout.
18:09Et ce qui est normal,
18:10et ce qui est très bien,
18:11moi, c'est incompréhensible.
18:14Et si vous voulez,
18:15ça montre simplement
18:16à quel point le libéralisme
18:17en France
18:18est une valeur
18:20en perte de vitesse.
18:21C'est-à-dire que
18:22ce président qui s'est dit libéral,
18:24en fait,
18:24est illibéral.
18:26Illibéral.
18:26Et on va finir
18:27par ressembler
18:28à une...
18:29Comment dire ?
18:30Oui, je dirais...
18:31Une démocratie
18:33de papier mâché,
18:35une espèce de truc
18:38d'Amérique latine,
18:39le général Tapioca,
18:41etc.
18:41D'ailleurs,
18:42en fait,
18:43c'est répondre là,
18:44c'est appliquer le programme
18:45de LFI, déjà.
18:46Si Matin Adjari,
18:47le copain de Macron
18:49que Macron a nommé,
18:50s'il réussit ça,
18:51ben oui,
18:52on pourra l'appeler
18:52le général Tapioca.
18:53Vous savez,
18:54dans Tintin,
18:54vous vous souvenez
18:55de ce dictateur à la noire ?
18:56Bon,
18:56on est un peu là-dedans.
18:58Je trouve que c'est...
18:59Il faut...
19:00Et puis,
19:01qu'est-ce qui se passe après ?
19:02Ben,
19:03on va arrêter les opposants.
19:04On va pas se gêner.
19:05C'est ça qui est...
19:09Non,
19:09les Français,
19:09ils sont inquiets.
19:10Il y a plein de problèmes
19:12dans ce pays
19:13qu'il faut régler
19:14de tous les côtés.
19:15Et là,
19:16c'est ça le sujet.
19:17Après la loi euthanasie,
19:19ça serait ça ?
19:20Non,
19:21mais ça se termine très mal,
19:22ce mandat.
19:22Alors,
19:23je sais que les mandats
19:23se terminent toujours mal,
19:24en général.
19:25Mais alors,
19:26celui-là,
19:26ça va être quelque chose.
19:28Le crépuscule sera atroce.
19:29Et c'est pas terminé.
19:30Merci beaucoup,
19:30François Lévi-Gisberg.
19:31Le voyage dans la France d'avant,
19:33on le recommande
19:33à nos éditeurs-téléspectateurs.
19:35Et puis,
19:35la France,
19:35c'est-elle un pays communiste ?
19:36On y a un tout petit peu
19:37répondu ce matin.
19:38Merci beaucoup,
19:39chère François.
19:39Bonne journée à vous
19:40sur ce qui nous est sur Europe 1.
19:42Merci.
19:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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