00:03Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour
00:07à vous.
00:08Bonjour Alain Ferrari.
00:08Ancien Premier ministre et député LR de Paris. Aujourd'hui se tiendront les obsèques de Quentin.
00:13Ce jeune homme de 23 ans mort après avoir été lynché par des militants d'extrême gauche proche de la
00:18jeune garde.
00:18La France insoumise, Michel Barnier, se défend de toute responsabilité dans la mort de Quentin.
00:23Elle renvoie la balle dans le compte de ce qu'elle appelle les fascistes.
00:26C'est ce qu'elle porte à vos yeux, une responsabilité morale et politique.
00:30La violence des mots, madame Ferrari, elle prépare toujours la violence des actes.
00:35Et donc moi je pense qu'un député insoumis qui finance avec ses crédits parlementaires des assistants qui soutiennent la
00:43jeune garde,
00:44on a vu la responsabilité de cette organisation qui doit être dissoute d'ailleurs, ne peut pas s'exonérer.
00:50Il faut que maintenant chacun prenne ses responsabilités.
00:52Ça veut dire qu'il doit démissionner Michel Barnier ?
00:55Je pense qu'il doit prendre ses responsabilités.
00:58Et j'espère qu'il les prendra comme d'autres d'ailleurs de ses compagnons de route.
01:03Maintenant je vous dis ce matin, puisque nous parlons de Quentin qui va être enterré aujourd'hui,
01:08je crois que le moment est celui du deuil, de la dignité, de la responsabilité.
01:12J'ai été très ému par ce qu'a dit sa famille hier et qu'elle a fait dire à
01:16toutes fins utiles à tout le monde.
01:18La mémoire de cet enfant, de ce jeune, elle appartient à tous les Français, elle appartient pas à tel ou
01:23tel groupuscule.
01:24Jean-Luc Mélenchon a pourtant dit, nous ne réunirons pas nos camarades et amis de la jeune garde hier soir,
01:30nous ne chasserons pas de nos rangs.
01:31Non, Raphaël Arnaud, vous comprenez un tel entêtement Michel Barnier ?
01:34Non, je ne le comprends pas.
01:35Mais ça fait de longues années que je ne comprends plus M. Mélenchon et que plus personne ne le comprend
01:39et qu'il se comporte avec cette violence.
01:42Vous savez, je suis revenu à l'Assemblée nationale il y a quelques mois grâce aux Parisiens du 5e, du
01:476e et du 7e arrondissement qui m'ont élu député.
01:49J'avais déjà été député autrefois. Jamais j'ai vu une ambiance aussi dure, je dirais presque pré-insurrectionnelle, d
01:58'ailleurs entre les groupes de l'extrême droite et ceux de l'extrême gauche.
02:02Mais la violence de la haine des élus d'extrême gauche est absolument insensée.
02:06Il y compris physique ?
02:07Non, elle n'est pas physique.
02:08Verbale ?
02:09Verbale, la haine, l'animosité, la haine anti-chrétien, anti-patron, anti-entrepreneur, enfin c'est absolument antisémite quelquefois.
02:18C'est absolument insensé. Donc il faut faire très attention.
02:22Et ce qui se passe à l'Assemblée est quelquefois la résonance de ce qui se prépare dans le pays.
02:26Donc je recommande de faire attention et que tous ceux qui ne veulent pas de ces extrêmes, et notamment pas
02:31de l'extrême gauche qui a cette violence, fassent attention à ce qu'ils font.
02:35Ça veut dire, Michel Barnier, que vous appelez un cordon sanitaire autour de la France insoumise ?
02:39Je n'aime pas ce mot, mais je pense qu'il faut combattre sans hésitation et avec une totale détermination
02:45ses idées.
02:46Et notamment, on voit bien à travers les propos de Mélenchon et de quelques-uns de ses amis, cette haine,
02:52je le disais, mais aussi beaucoup d'antisémitisme.
02:55Vous savez, quand on voit revenir l'antisémitisme, qu'on le voit actuellement depuis quelques années, il y a de
03:00quoi s'inquiéter.
03:01Donc il faut faire très attention.
03:02Mais concrètement, entre un bulletin ARN et un bulletin LFI, au second tour d'une élection, qu'est-ce que
03:08vous mettez dans l'urne, Michel Barnier ?
03:09Moi, je ne mets ni l'un ni l'autre, pour tout vous dire.
03:11Ah mais non, ce n'est pas possible, ça.
03:12Mais je vous dis que je ne mets ni l'un ni l'autre.
03:14Mais si vous me posez la question, je vous réponds.
03:16Pour l'instant, je ne mets ni l'un ni l'autre.
03:19Donc vous votez blanc.
03:20Je vous dis que je veux tout faire pour que ça ne se produise pas, ni aux élections municipales, ni
03:24aux élections législatives, ni surtout aux élections présidentielles.
03:27C'est ça l'enjeu.
03:28Il faut que les Français ont le droit à une autre proposition, une autre alternative.
03:33Et tout est mis en place pour cette confrontation.
03:34ARN et LFI.
03:35Non, il n'y a pas de fatalisme, Madame Ferrari.
03:40Et donc un homme politique, il n'a pas le droit d'être fataliste, ni nostalgique d'ailleurs.
03:43Donc il faut empêcher, il faut proposer.
03:46Il ne suffit pas de dire qu'on ne veut pas de Madame Le Pen, de M. Bardella, et on
03:49ne veut surtout pas de M. Mélenchon.
03:50À coup sûr, nous n'en voulons pas.
03:52Mais il faut faire une proposition différente, que les Français aient un espoir, une espérance,
03:56et qu'ils aient à nouveau confiance en nous, dans une capacité peut-être de reconnaître certaines erreurs,
04:01on en a commises, et puis de proposer une alternative sérieuse pour redresser ce pays,
04:06pour réduire son déficit, pour lui redonner de l'influence en Europe et dans le monde.
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