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  • il y a 4 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h-14h, Europe 1 Info.
00:0313h33 sur Europe 1 avec vous, Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs.
00:06Avec vous aujourd'hui, Jules Therès et nous a rejoint Xenia Fedorova.
00:10Bonjour Xenia Fedorova, soyez la bienvenue.
00:12Bonjour.
00:13On va parler de ce qui se passe en Iran puisque le Kremlin a appelé aujourd'hui toutes les parties
00:17à la retenue
00:18face à une escalade des tensions sans précédent dans le golfe persique autour de l'Iran
00:24et l'intensification bien sûr du déploiement militaire américain.
00:27En fait, Donald Trump s'impatiente, ça fait déjà plusieurs semaines que l'armada américaine est sur place.
00:33Les chaînes de télévision américaines CBS et CNN rapportent que l'armée américaine est désormais prête à frapper l'Iran
00:39dès ce week-end même.
00:41Alors apparemment, le président américain n'a pas encore pris de décision.
00:44Je rappelle qu'il y a encore eu une session de pourparlers entre Washington et Téhéran cette semaine.
00:49Mais quand même, les Etats-Unis ont averti Téhéran qu'il se préparait quelque chose.
00:54Écoutez la porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Levite.
00:58Le président a toujours été très clair en ce qui concerne l'Iran ou tout autre pays dans le monde.
01:02La diplomatie est toujours sa première option et l'Iran serait bien avisé de conclure un accord
01:06avec le président Trump et avec son administration.
01:10Caroline Levite, la porte-parole de la Maison Blanche.
01:12Donc le Xenna Federova, le déploiement militaire massif, n'est sans doute pas uniquement là
01:16pour montrer les muscles sans faire usage de la force.
01:20Ça veut dire que vous y croyez, vous ? Est-ce que les Etats-Unis frappent l'Iran dès ce
01:24week-end ?
01:26On verra bien, c'est bientôt.
01:28Mais je pense que jusqu'à maintenant, il n'a pas frappé parce qu'il a compté toujours
01:32pour une conclusion, une résolution plutôt diplomatique.
01:36C'est vrai qu'aujourd'hui, la concentration des forces militaires dans les régions est assez significante.
01:44Qu'est-ce que ça change avec la dernière fois ?
01:46En fait, si la dernière fois, c'était les frappes tactiques,
01:49cette présence significante montre qu'un conflit beaucoup plus durable peut prendre place.
01:56Après, à mon avis, il cherche toujours, Donald Trump, d'éviter une opération militaire.
02:02Pourquoi ? Parce que les objectifs qu'il a, en fait, il ne peut pas les attendre avec les frappes
02:10militaires.
02:10Le changement des régimes, par exemple, moi, je suis convaincue que ça peut venir de l'intérieur,
02:15mais de l'extérieur, ça sera compliqué, sauf si les Etats-Unis décident d'envahir Iran
02:21et en fait faire une opération sur terre, pas seulement les frappes.
02:25Donc, dans cette situation-là, je pense illicite, je pense illicite aussi parce qu'Iran a fait les exercices militaires
02:34avec la Russie et la Chine.
02:36Comme vous avez mentionné, la Russie aussi appelle à une désescalade.
02:42Moi, je regardais un petit peu sur les capacités iraniens et en fait, on voit qu'il y a des
02:48missiles qui sont très différents.
02:50Il y a des missiles qui peuvent aller jusqu'à 500 kilomètres. Après, il y a 1 000 kilomètres, ce
02:54sont les missiles balistiques
02:56et 2 000 kilomètres, ce sont les missiles hypersoniques qui sont très difficiles à arrêter en fait.
03:02Et dans ces cas, s'il y a une vraie guerre avec Iran, on peut dire que les dommages qu
03:11'Iran peut mener aux bases américaines
03:13dans les régions, mais aussi en Israël, peuvent être assez considérables.
03:17On va revenir sur les réponses. Jules Torres, on est assez étonné quand même parce qu'on a plutôt l
03:23'habitude d'un Donald Trump impulsif
03:25et quand il s'était s'agit de frapper l'Iran, il l'avait fait sans hésiter. Là, il a
03:32pris son temps, malgré tout.
03:34Il ne l'a pas encore fait d'ailleurs.
03:35Oui, bien sûr, parce que la situation de politique intérieure et extérieure n'est pas tout à fait la même.
03:40Quand Donald Trump a décidé de frapper avec les fameux B2 l'Iran, en tout cas les sites nucléaires iraniens,
03:47on n'était pas du tout sur la même situation géopolitique par exemple dans la vente de Gaza
03:51où les lits otages n'avaient pas tous été libérés.
03:53Donc il y avait une volonté de mettre pression non seulement sur l'Iran, mais tous ses proxys,
03:58le Hezbollah, même le Hamas qui est lié évidemment au régime iranien.
04:02Donc il y avait aussi cet objectif-là.
04:04Et puis en politique intérieure, ce n'était pas le même sujet.
04:06On dit souvent qu'il y a les mid-terms qui arrivent en novembre prochain aux Etats-Unis.
04:10Ce ne sont jamais des élections qui sont très favorables au pouvoir sortant.
04:14Et donc Donald Trump, il ne veut pas qu'il y ait un raz-de-marée démocrate.
04:17Et on voit bien aujourd'hui qu'il y a une sorte de ligne de friture aux Etats-Unis.
04:20D'abord dans sa propre elle à lui, dans son camp à lui à Donald Trump,
04:24il y a un certain nombre de personnes, et notamment G.D. Vance, qui disent
04:26« Attention, il ne faut certainement pas partir en guerre, envahir,
04:30puisque c'est le mot que Zénia a utilisé, envahir l'Iran avec une intervention militaire.
04:35Parce que d'abord, les conséquences pourraient être terribles pour le peuple iranien
04:38et même pour, par exemple, Israël.
04:41Et puis ensuite, quelles seraient les suites d'une telle intervention ?
04:45C'est-à-dire qu'il n'y a aucune assurance aujourd'hui qu'on puisse renverser le régime des
04:50Mola
04:50avec les 400 000 passes d'Aran qu'il y a et un pouvoir quand même encore assez fort.
04:55Donc ça crée quand même beaucoup de conclusions
04:58qui font que je pense que Donald Trump n'interviendra pas militairement.
05:02Et c'est aussi pour cela...
05:03Ah, vous, vous n'y croyez pas ?
05:04Non, moi, j'y crois pas.
05:05Pour la simple et bonne raison que je ne vois pas ce qu'il pourrait engranger comme victoire
05:12dans tous les conflits qu'il a traités Donald Trump depuis le début,
05:15que ce soit entre l'Inde et le Pakistan, que ce soit entre le Hamas et Israël,
05:19que ce soit sur le Groenland.
05:20À chaque fois, il s'en est sorti avec une victoire pour les États-Unis.
05:24Là, à part la victoire morale, je ne vois pas la victoire.
05:26Et on sait que Donald Trump, il a beaucoup de défauts,
05:29mais ce n'est certainement pas quelqu'un qui est doté d'une pureté idéologique
05:32et qui veut sauver tous les pays du monde pour installer la démocratie.
05:36Ce n'est pas le cas et ce n'est absolument pas le cas en Iran.
05:37Donc là, il a le doigt qui tremble.
05:39Je le pense.
05:41Xania Fedorova, quelles pourraient être les répercussions sur la Russie ?
05:43Vous l'avez déjà dit, d'ailleurs, quand vous avez pris la parole au début,
05:46qu'il y a des liens entre l'Iran et Moscou.
05:51Il y a des liens entre l'Iran et Moscou, l'Iran et Pékin.
05:55En fait, je pense que la Russie a pris la position plutôt pragmatique dans ces conflits.
06:01Comme je disais avant, la Russie garde contact avec Israël
06:04comme elle garde contact avec l'Iran.
06:06Mais le fait que tous les deux pays soient participés dans les exercices militaires,
06:11je pense que ça parle sans déclaration forte.
06:15C'est aussi un signal aux États-Unis.
06:18Après, il ne faut pas oublier la question économique,
06:20parce que le droit d'Hormuz, qui peut être peut-être pas absolument fermé,
06:25mais quand même, ce schéma peut être perturbé.
06:28C'est utilisé pour transporter le pétrole.
06:34Ça peut changer le marché de pétrole, le prix de pétrole.
06:37Ça peut vraiment perturber cette économie globale du pétrole.
06:40Je pense que c'est une autre chose qui pose un problème pour Donald Trump aujourd'hui.
06:45Je ne vois pas que la Russie, si ça c'est votre question, va en guerre contre les États-Unis
06:51à cause d'Iran.
06:52Mais je pense qu'il y a beaucoup de signal de la part de la Chine, de la Russie,
06:56qu'il faut plutôt éviter ces conflits pour ne pas déstabiliser encore plus la région.
07:01Il y a aussi les acteurs comme Arabie Saoudite, Qatar, tous ces pays arabes,
07:06qui ne veulent pas qu'il y ait une guerre avec Iran,
07:11parce que pour eux, ça va déstabiliser la région.
07:15Après, pour Israël, c'est l'inverse.
07:17Selon le New York Times et les autres médias américains,
07:20il y a beaucoup de lobbying de la part d'Israël pour que ces frappes prennent place.
07:25Donc je pense que les frappes peuvent toujours...
07:27On le comprend dans la géopolitique, j'allais dire israélienne,
07:30parce que forcément, le plus grand ennemi de l'Iran, c'est Israël.
07:34Et si l'Iran dispose de la bombe atomique, ça menace directement Israël.
07:38Et l'Iran veut absolument, et le dit de manière extrêmement claire,
07:43détruire, exterminer Israël et les juifs qui habitent en Israël.
07:48Moi, je pense surtout au peuple iranien.
07:50C'est très compliqué, étant donné qu'on n'a pas beaucoup d'informations,
07:53qu'on a des informations qui nous sont transmises par la diaspora.
07:56C'est vrai que dans l'histoire, quand on regarde,
07:59il n'y a pas de peuple qui s'est libéré sans une aide extérieure.
08:03Mais il y a aussi assez peu d'exemples d'un régime tyrannique,
08:07d'un régime autoritaire, d'un régime théocratique,
08:09qui a été libéré par une puissance extérieure,
08:12et qui est devenue une pleine démocratie où régnaient la liberté et l'amour.
08:16Donc c'est vrai qu'à la place du peuple iranien,
08:19il doit être tiraillé entre la volonté de voir Donald Trump
08:24s'ingérer dans les affaires,
08:26parce qu'évidemment, ils subissent le joug du régime des Mollah
08:28depuis 1979.
08:32Mais il y a quand même cette incertitude aussi
08:34de se dire qui pour gouverner ensuite.
08:37Parce que c'est le sujet,
08:38et quand je vous disais que le régime des Mollah était un régime fort,
08:40les 400 000 passes d'Aran,
08:42on ne va pas les exterminer du jour au lendemain.
08:44Ils seront toujours là, et ils ne vont pas changer d'idée.
08:47Les Iraniens qui semblent avoir été lâchés par Donald Trump,
08:49qui il y a encore quelques semaines au début des manifestations,
08:51avaient dit « tenez bon, tenez bon, on arrive ».
08:54Ils continuent à manifester même, disait-il.
08:56Et continuez à manifester.
08:56Donc c'est vrai qu'il y a ce sentiment-là,
08:58et c'est ce qu'on entend en tout cas dans la diaspora iranienne,
09:00c'est une vraie déception, une vraie incompréhension aussi,
09:04de ce lâchage de Donald Trump,
09:06qui s'explique encore une fois par un certain nombre de moteurs.
09:09Et c'est vrai qu'il y a eu cette grille de lecture
09:12quand Donald Trump a décidé de renverser le régime de Maduro.
09:15On a entendu un certain nombre de commentateurs,
09:17de spécialistes lui dire qu'il voulait renverser ce régime
09:20parce qu'il voulait instaurer la démocratie.
09:22Moi je n'y ai jamais cru,
09:23je pense qu'il a d'abord ses intérêts stratégiques et économiques de Donald Trump,
09:26mais que son rêve ultime dans la vie,
09:28quand il se réveille le matin,
09:29il ne se dit pas « je vais installer la démocratie dans tout le monde ».
09:31Et je ne crois pas que ce soit le cas en Iran,
09:34même si de tous les régimes,
09:36comme disait Churchill,
09:37la démocratie est le moins pire que l'on ait trouvé,
09:40le moins mauvais qu'on ait trouvé.
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