- il y a 1 an
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, était l’invité du Face-à-face de BFMTV du mardi 20 mai.
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00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Michel-Edouard Leclerc.
00:04Bonjour Apolline.
00:05Merci d'être dans ce studio, j'ai beaucoup de questions à vous poser.
00:08D'ailleurs j'aurais presque pu commencer en vous disant monsieur le candidat,
00:10parce que vous le serez peut-être, vous niez, mais on se sent comme une sorte de petite musique
00:15qui avance, des sondages qui sont faits, qui se passent sous le manteau,
00:19qui nous disent que vous êtes presque dans le top 5 des intentions de vote des Français.
00:24Ça vous fait quoi ?
00:26D'abord, je ne sais pas qui paye ces sondages.
00:29Je ne sais pas pourquoi c'est faire.
00:31Ce n'est pas moi, je n'ai pas de désir élyséen, je n'ai pas le melon non plus.
00:36Et donc je sens bien qu'il y a un appel, ce n'est pas Jeanne d'Arc, mais il y a des voix.
00:42Et donc ça m'intéresserait de savoir effectivement si c'est fait pour gêner quelqu'un
00:48ou si c'est parce qu'on croit en moi.
00:51Et si on croit en vous, ça pourrait, disons que vous vous direz, peut-être que je peux être utile ?
00:56Oui, je pense que je peux être utile.
00:57Après, je n'ai vraiment pas de rêve présidentiel, je vous le dis dans les yeux.
01:04Ça peut venir ? En tout cas, vous ne vous interdisez pas ?
01:07Non, je suis comme Teddy Riner qui le disait hier.
01:10C'est ça, il l'a dit hier sur BFM TV également.
01:12Si un jour je vais dans la politique, ce n'est pas pour jouer le second rôle, c'est pour faire avancer les choses.
01:18Moi, j'ai un vrai engagement personnel, j'ai un vrai besoin de me rendre utile au débat social.
01:25Et j'ai suffisamment d'angoisse et d'anxiété ramassée, d'ailleurs au gré des rencontres avec les Français,
01:30pour essayer de quelquefois donner des coups de pied dans la formière ou faire avancer des débats ou des projets
01:37dont je trouve que la société française est paralysée, pour lesquels ils sont paralysés.
01:43C'est incroyable aujourd'hui.
01:44Donc si vous vous dites au fond l'endroit où je suis le plus utile pour pouvoir faire bouger les choses,
01:48à un moment ou à un autre, c'est peut-être un quinquennat, pourquoi pas ?
01:51Aujourd'hui, je suis plus utile sur le terrain.
01:54D'ailleurs, ce qui fait ma légitimité, c'est la légitimité du réseau que j'anime,
01:57des adhérents qui sont autour de moi, que ce soit la décarbonation, l'écologie,
02:02que ce soit l'investissement dans les territoires, que ce soit la transformation numérique.
02:07Mais vous voyez, ça y est, vous parlez comme un politique.
02:09C'est vrai, je vous ai souvent reçu ici.
02:13J'ai même, je crois, été la première à vous donner le micro politique,
02:17c'est-à-dire d'un rendez-vous qui était un rendez-vous statutaire politique,
02:21parce que quand l'inflation est arrivée, quand les prix de l'électricité,
02:24les prix dans les rayons ont augmenté, à force d'interroger des politiques
02:27qui eux-mêmes, au fond, parlaient de quelque chose dont on sentait
02:30qu'ils n'avaient pas vraiment les mains dans le cambouis,
02:32je me suis dit, faisons venir à ce micro ceux qui savent, ceux qui se jouent dans les rayons.
02:37Mais c'est vrai que soudain, je me demande si vous n'êtes pas pris au jeu.
02:41– Non, je ne me prends pas au jeu, c'est simplement que ça fait 40 ans
02:44qu'on m'interroge sur le prix du petit pois et le prix des carburants.
02:48Et en fait, on ne se rend pas compte que c'est, effectivement,
02:50je suis épicier, commerçant, je l'assume, c'est mon père qui a créé les centres Leclerc.
02:54Là, on est 180 000 à travailler sous cette enseigne,
02:58on est devenu la première enseigne française partie de l'Anderno,
03:01c'est une belle aventure.
03:02Donc on a une expérience, et cette expérience nous donne une vision.
03:05La distribution, c'est un formidable observatoire de la société française.
03:09Et donc, on voit les comportements sociaux,
03:10on voit les comportements chez les fournisseurs,
03:12chez les banquiers, chez les clients.
03:14Et c'est ça que je ne comprends pas, c'est qu'aujourd'hui,
03:16dans le discours politique, dans le discours public,
03:18peut-être même dans le discours patronal,
03:20on ne répond pas aux attentes populaires.
03:23Je ne vais pas faire mon Mélenchon.
03:25Mais il y a quand même aujourd'hui,
03:26la préoccupation numéro un des Français,
03:29c'est le pouvoir d'achat.
03:30Dites-moi ce dont on parle au Parlement,
03:32aujourd'hui, sur le pouvoir d'achat.
03:34Non ?
03:35Il faut que les hommes politiques écoutent davantage RMC et BFM TV,
03:38et ils l'entendront, effectivement.
03:39Au Parlement, il y a encore 15 jours,
03:41on a reporté des mesures inflationnistes,
03:44comme par exemple l'interdiction de faire des super promotions
03:47sur les couches, sur les produits d'entretien,
03:50sur les produits d'hygiène.
03:51Alors que là, je crois qu'il y a une opération nationale
03:55d'aide aux femmes pour la menstruation et tout ça.
03:59Dans le même temps, on vous dit, ça coûtera plus cher.
04:02Parce qu'on interdit notamment les super promos
04:04sur les produits d'hygiène.
04:06Alors rentrons justement dans le vif du sujet.
04:08La question de la consommation,
04:10la question de l'emploi aussi.
04:12Je voudrais vous faire réagir aux propos d'Emmanuel Macron.
04:14Il était dans la meuse hier,
04:16et l'un des salariés de l'usine qu'il visitait l'interpelle,
04:19et lui, Monsieur le Président,
04:22que faites-vous pour remettre au travail
04:26les fainéants ?
04:27C'est l'expression utilisée par ce salarié.
04:31Et vous allez l'entendre, Emmanuel Macron,
04:32qui persiste et signe sur sa fameuse expression
04:35« Traverser la rue pour trouver un emploi ».
04:38Écoutez.
04:39On va essayer de continuer à simplifier.
04:40On a baissé l'impôt sur les sociétés pour les plus petits,
04:44et l'économisation va continuer.
04:45On a travaillé sur tous les fainéants.
04:46Oui, c'est ce qu'on disait.
04:49On a fait la réforme de l'assurance chômage,
04:50on doit en passer le deuxième étage.
04:52On fait des gens à 450 euros par mois.
04:53Quand j'ai dit qu'on peut traverser la rue
05:00pour trouver de l'emploi,
05:01je me suis fait remarquer.
05:01Mais il y en a.
05:02C'est ça le problème.
05:03Dans le bâtiment, dans la restauration.
05:06On est trop les gens pour qu'ils restent à la maison.
05:08Alors, je ferais attention,
05:10parce que vous avez toujours des gens
05:11en situation de détresse.
05:12Oui, pas tout le monde.
05:13Et donc, c'est un bon port.
05:17Voilà, donc je ne sais pas vous dire
05:18quelle est la proportion.
05:19Mais vous avez, oui,
05:20des gens qui profitent du système.
05:21Après, vous avez des gens,
05:22parfois, qui ont un coup dur de la vie.
05:23Et vous avez beaucoup de situations.
05:26Vous avez beaucoup de mamans seules aujourd'hui.
05:29Si ça leur coûte plus cher
05:30de faire garder leurs enfants
05:30que de reprendre un boulot,
05:31ils n'arrivent pas.
05:33Oui, il y a des profiteurs du système,
05:34dit-il.
05:35Mais il y a aussi tant de difficultés,
05:37tant d'obstacles à passer à l'emploi.
05:39Mais des emplois, il y en a.
05:40Et Emmanuel Macron qui dit
05:41qu'il faut effectivement remettre la France
05:44en quelque sorte au travail,
05:45par le travail et par le mérite.
05:47D'abord, est-ce qu'il a raison ?
05:48Oui.
05:49D'abord, il y a des abus.
05:51C'est incroyable.
05:52Il y a des gens qui sont feignants,
05:53il y a des gens qui veulent profiter
05:54des aides sociales, etc.
05:57Mais c'est un sujet,
05:59mais ce n'est pas le sujet central.
06:01Le sujet central aujourd'hui,
06:02c'est que des jeunes
06:03qui rentrent sur le marché du travail,
06:06ils n'ont pas l'espérance,
06:08avec leur salaire,
06:09de pouvoir acheter un appartement
06:10comme l'ont fait nos parents,
06:11comme nous avons pu le faire.
06:12Et donc, c'est quand même incroyable aujourd'hui
06:15qu'on ne pose pas la question,
06:17qu'on pose la question en négatif,
06:19en dénonçant le peu d'envie de travail des Français.
06:22La politique aujourd'hui, c'est
06:23qu'est-ce qu'il faut faire pour redonner envie,
06:26pour donner du goût aux Français
06:27d'aller travailler ?
06:28C'est un problème de salaire ?
06:29C'est un problème que le travail ne paye pas ?
06:31Le travail ne paye pas.
06:32Et le travail est concurrencé
06:33de manière discriminatoire
06:36par des substituts au travail
06:38qui ne payent pas de charges sociales.
06:40C'est-à-dire qu'on avait commencé à en parler
06:42dans une émission précédente,
06:43et puis j'ai vu que Dominique Schelcher
06:45aussi reprenait cette...
06:46Donc, c'est quand même quelque chose
06:48qui est assez partagé.
06:49C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:51le vivier de ressources
06:53pour lesquelles on finance
06:54le système social français,
06:57c'est juste les entreprises
06:58qui créent des emplois.
06:59D'accord ?
06:59Donc, cotisation patronale,
07:01cotisation salariale.
07:03Mais quand on fait venir l'IA,
07:05100 milliards,
07:05quand on fait venir des robots,
07:07quand on fait venir,
07:08quand on développe le digital,
07:09Ça ne cotise pas ?
07:10Ça ne cotise pas,
07:11ni patronale.
07:12Mon iPhone,
07:14il me fait des photos.
07:16Il n'y a plus de photographe
07:17pour payer des cotisations patronale,
07:19ni un salarié
07:19pour développer les photos.
07:21Quand je envoie des mails,
07:22il n'y a plus de postier.
07:24Quand j'envoie...
07:26Donc, c'est à la fois
07:26des emplois en moins
07:27et des cotisations en moins,
07:28donc un système social
07:30qui ne repose plus...
07:30Le vivier qui finance
07:33notre système social,
07:34il se restreint
07:35et on ne pose pas les conditions
07:36de comment...
07:37C'est tabou en France.
07:39Comment on pourrait trouver
07:40d'autres ressources
07:41pour maintenir notre système social
07:43qui est un bon système social.
07:44Qui est un bon système social.
07:45Moi, je ne suis pas un mosquien.
07:47Il faut réformer
07:48notre système social,
07:49mais c'est quand même
07:50très important
07:50qu'on ait un système de retraite,
07:52qu'on ait un système
07:52d'assurance maladie.
07:54On est très fiers de ça.
07:55On regarde le système social,
07:56mais on réfléchit
07:57à son financement.
07:58C'est au fond
07:58la piste de la TVA sociale.
08:00Le mot n'a jamais été prononcé,
08:02mais qui commence
08:02à être évoqué
08:03par Emmanuel Macron.
08:04La question de faire peser
08:05moins sur le travail
08:05qu'éventuellement
08:06sur la consommation.
08:08Patrick Martin,
08:08que je recevais ce matin,
08:09qui est le patron du Medef,
08:10qui était mon invité
08:10à 7h40 sur RMC,
08:12disait qu'une TVA sociale,
08:13ce serait vertueux
08:14pour tout le monde,
08:15pour les salariés
08:16comme pour les entrepreneurs,
08:17puisque ça allégerait
08:18les cotisations.
08:19La question que j'ai envie
08:20de vous poser à vous,
08:20Michel-Édouard Leclerc,
08:21c'est est-ce que c'est vertueux,
08:22y compris pour les consommateurs ?
08:23Alors, ça dépend
08:25comment c'est fait.
08:26D'abord, première chose,
08:27il n'y a pas que la TVA sociale.
08:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:30les robots,
08:31on en a dans nos entrepôts,
08:33il y en a dans les banques
08:35pour trier les billets,
08:36il y a des robots partout,
08:38sans être Blade Runner
08:39avec des réplicantes,
08:40on est aujourd'hui
08:41entouré de robots
08:42dans les entrepôts, etc.
08:43Donc, les entrepôts
08:44ne payant pas de charge sociale,
08:45on peut imaginer
08:46que la robotique
08:47paye une part
08:49de charge sociale.
08:49On pourrait imaginer
08:51que le digital,
08:51qui est une forme
08:52de robotisation numérique,
08:54paye une part
08:55de charge sociale.
08:57Quand l'IA,
08:58quand les tchats de GPT
08:58ou Mistral
08:59remplacent des avocats,
09:02des juristes,
09:03des professions libérales,
09:04des journalistes,
09:05on pourrait imaginer
09:06que ces applis
09:08payent une part
09:09de charge sociale.
09:09Et la masse
09:10que ça représente,
09:12à mon avis,
09:12ferait que ce transfert
09:14cotisation ici
09:16pour cotisation là...
09:17Cotisation sur les travailleurs
09:17d'un côté,
09:18cotisation sur les applications
09:19ou le numérique de l'autre.
09:21Ça pourrait ne pas être inflationniste.
09:22Donc ça,
09:23ce n'est pas de la TVA sociale.
09:24C'est une forme
09:25de financement social.
09:27C'est un transfert
09:28des charges sociales
09:29sur d'autres supports.
09:31Et moi,
09:31déjà,
09:32j'aimerais,
09:32à travers vous,
09:33ici dans cette émission,
09:34commander à Bercy,
09:36en tant que citoyen,
09:36j'aimerais bien
09:37que ce débat
09:38ne soit pas tabou
09:38et qu'on nous scénarise
09:40ce que ça impliquerait.
09:42Comment est-ce que vraiment
09:42ça affecterait
09:44l'implantation dans le digital,
09:45le développement de l'IA
09:47ou le développement de la robotique ?
09:48Je suis persuadé
09:48que les masses
09:49sur lesquelles ça s'appliquerait
09:52permettraient
09:53de transférer
09:53assez rapidement,
09:55permettraient
09:55que le salaire net
09:56dans les entreprises
09:57où il y a du vrai travail,
09:59que le salaire net
10:00rejoigne le salaire brut.
10:01Et puis ça peut se faire
10:02sur 3 ans,
10:024 ans,
10:035 ans.
10:03Ça supposerait
10:04que les entreprises
10:04s'y engagent.
10:05Ça supposerait
10:06qu'il y ait un cadre juridique,
10:08un cadre partenariat.
10:08Oui, alors qu'on le voit bien,
10:09les entreprises d'IA notamment
10:10sont rarement domiciliées
10:11en France.
10:12Enfin, il faudrait trouver
10:13effectivement des garde-fous.
10:15Vous privilégieriez...
10:16On pourrait aussi
10:17avoir le même raisonnement
10:19que les agriculteurs
10:20vis-à-vis des normes
10:21à l'international.
10:22Les agriculteurs,
10:23la FNSOA,
10:24disent,
10:24ils parlent de réciprocité.
10:26Quand on importe aujourd'hui
10:27des produits du sud-est asiatique
10:29ou même du Maghreb
10:30ou des pays de l'est
10:32à moins cher
10:32et qui ont été produits
10:34avec des salaires très bas,
10:35si l'écart de salaire
10:36entre leur salaire et les nôtres
10:38s'avèrent être trop élevés,
10:41à ce moment-là,
10:42on pourrait imaginer
10:43une contribution sociale
10:44sur les produits importés.
10:45Vous voyez ?
10:46Toutes ces pistes-là...
10:48Au fond, vous partez du principe.
10:50Un, notre système social,
10:52il est bon, on le garde.
10:54Deux, il est mal financé
10:55ou en tout cas,
10:56il repose trop exclusivement
10:57sur l'emploi et les entreprises.
10:59Donc, on essaye
11:00de trouver d'autres pistes,
11:01soit, si je comprends bien
11:02la question des robots
11:04et de l'intelligence artificielle,
11:05soit éventuellement
11:06les importations de l'étranger.
11:07Quand vous voyez cela,
11:08enfin, les importations
11:09à bien moindre coût
11:10qui sont une sorte
11:10de dumping social,
11:12environnemental,
11:13de normes.
11:14Lorsque vous voyez
11:15les hommes politiques
11:16qui vont remonter leur manche
11:19et qui vont à l'aéroport
11:20à Roissy
11:20pour voir l'arrivée
11:21des petits colis
11:22et qui disent
11:23attention, attention,
11:23on va taxer les petits colis,
11:25mais on sent bien
11:25que ça, ça prend un temps fou.
11:27Est-ce que là,
11:28il y a un vrai vivier
11:28de taxes possible
11:29et surtout,
11:30on pourrait arrêter
11:31cette concurrence
11:32que vous voyez arriver ?
11:33Vous les voyez arriver,
11:34tous ces produits
11:34qui ne vont pas trouver
11:35des preneurs aux Etats-Unis ?
11:36Oui, il y a plusieurs sujets.
11:37Il y a la concurrence sociale
11:39et on vient d'en parler.
11:40Il y a une manière
11:41de réciprocité.
11:43Sur les petits colis,
11:44pour moi,
11:44le problème,
11:45il est écologique.
11:46C'est-à-dire que la valeur
11:47d'un livre,
11:49la valeur,
11:50et ce n'est pas que
11:50Chine ou Tému,
11:52c'est aussi Amazon,
11:53c'est aussi Leclerc,
11:54c'est aussi Action,
11:55Carrefour,
11:56je nous mets dedans.
11:56quand on livre
11:58à travers la France
11:59des petites valeurs
12:00alors que ça va coûter
12:02à la collectivité énorme
12:03pour recycler
12:04les cartons,
12:05les plastiques,
12:06tout ça,
12:07je trouve que là,
12:08on pourrait tester
12:09une contribution écologique.
12:10Personne n'y trouverait
12:11à redire,
12:12c'est des produits pas chers,
12:13mais par contre,
12:14ce sont des milliards,
12:15je crois que c'est 5 milliards
12:16de petits colis en Europe
12:17aujourd'hui,
12:18en dessous de 150 euros
12:19qui se baladent
12:20et souvent qui reviennent
12:22à la case départ
12:23ou qui sont stockés.
12:24On ne sait pas
12:24comment finissent les plastiques.
12:25Le plastique est très mal recyclé.
12:27Là, on pourrait installer
12:29une contribution écologique
12:30et ce qui serait
12:31même infime,
12:32ça démarre
12:33parce qu'il ne faut pas pénaliser
12:34les gens qui ont besoin
12:35d'acheter pas cher.
12:36Il ne faut pas pénaliser
12:37les gens qui ont besoin
12:38d'acheter pas cher.
12:39Quand des gens achètent
12:39sur Tému
12:40ou quand ils achètent
12:41sur Cheyenne
12:41ou quand ils vont chez Action,
12:44c'est parce qu'ils ont
12:45un problème de pouvoir d'achat.
12:46Michel-Edouard Leclerc,
12:47je comprends bien
12:48qu'au fond,
12:48vous trouvez d'autres solutions
12:50que celles d'une augmentation
12:50de la TVR.
12:52On peut mettre la TVR là-dedans,
12:53mais vous voyez,
12:53ça fait beaucoup de solutions
12:54et alors dites-moi aujourd'hui
12:56où, quand, comment.
12:57À l'Assemblée nationale,
12:58depuis 4 ans,
12:58on nous serine
12:59sur le budget de l'État,
13:00les dettes de l'État,
13:01etc.
13:02On ramène tout
13:02à des sujets comptables.
13:03Pourquoi est-ce qu'on ne pose pas
13:05les conditions
13:05d'un développement plus harmonieux ?
13:07Dans nos boîtes,
13:08ce n'est pas les comptables
13:09qui font les plans de développement.
13:11Et là, vous avez l'impression
13:12que c'est les comptables
13:12qui font les plans de développement
13:13de l'État.
13:13Oui, c'est surtout les comptables
13:14qui ont été des mauvais comptables
13:15qui nous bloquent
13:17la réflexion sur le développement.
13:19Si je vous pose la question
13:20de la TVA,
13:21c'est aussi parce qu'effectivement,
13:22ça aurait mécaniquement
13:23une conséquence
13:25de relancer l'inflation.
13:26Est-ce qu'aujourd'hui,
13:27en l'État actuel
13:28des finances des Français,
13:31ils peuvent encaisser
13:32en quelque sorte
13:33une TVA supplémentaire ?
13:34Est-ce qu'ils peuvent encaisser
13:35une inflation supplémentaire ?
13:35Ils ne peuvent l'encaisser
13:36que si de l'autre côté,
13:37on leur donne du pouvoir
13:38d'achat salarial.
13:40C'est ça qu'il faut voir.
13:41Donc, il faut que les masses
13:42s'annulent.
13:43C'est pour ça que,
13:43plutôt que de parler
13:44de TVA sociale,
13:45je préfère parler
13:46de transfert des charges sociales
13:48sur des taxes...
13:50Il faut qu'il y ait
13:50une hausse de salaire
13:51d'un côté
13:51pour qu'il puisse y avoir
13:52éventuellement
13:53une augmentation
13:54des prix de l'autre.
13:55Du côté de la consommation,
13:56une question d'abord
13:57sur les eaux.
13:58Les eaux minérales,
13:59on découvre,
14:00ou on redécouvre,
14:01mais c'est désormais documenté
14:02à travers une enquête
14:03parlementaire
14:04qui a été remise hier
14:06que Nestlé a en effet
14:08trompé sur la marchandise,
14:10a vendu sous l'appellation
14:12eaux minérales
14:13des eaux qui en réalité
14:14avaient été traitées
14:16quasiment comme de l'eau
14:17du robinet.
14:18Vendu près de 100 fois plus cher.
14:21Est-ce que vous avez le sentiment
14:22vous-même d'avoir été trompé
14:23ou d'avoir trompé les Français
14:24en vendant ces eaux
14:26dans vos rayons ?
14:26C'est une fraude, manifestement.
14:28C'est aujourd'hui étayé
14:29et documenté.
14:32Après, l'importance de ce dossier,
14:33elle est politisée,
14:34parce que le but,
14:36c'est de ramener
14:37au président de la République
14:38qui avait travaillé pour Nestlé
14:39quand il était à la banque.
14:40Donc, il ne faut pas
14:40nous prendre pour des cons.
14:41Il y a un vrai sujet de fraude.
14:44Mais vous ne voulez pas
14:45que ce soit, en quelque sorte,
14:47utilisé par les politiques ?
14:49Non, ce que je veux dire,
14:50il faut laisser ce dossier
14:51à cette importance.
14:51Il y a plein de fraudes en France.
14:53La direction des fraudes
14:54est d'ailleurs très efficace.
14:56Et donc, là,
14:56sauf que, là, semble-t-il,
14:59l'Élysée, Matignon,
15:01aurait été au courant.
15:03C'est ce que disent
15:03les parlementaires
15:05qui disent même
15:06que l'Élysée a couvert
15:08cette fraude
15:10ou a, semble-t-il,
15:11couvert cette fraude
15:12avec une sorte de chantage
15:13ou de panique, en tout cas,
15:15de chantage à l'emploi.
15:17Je ne sais pas.
15:18Ça, vous n'avez jamais eu le vent
15:20de quoi que ce soit là-dessus ?
15:21Est-ce que vous avez parlé
15:22avec vos fournisseurs,
15:23avec Nestlé ?
15:24Non, en l'occurrence, non.
15:26Et puis, les ventes de Perrier
15:27n'ont pas été touchées
15:28pour le moment.
15:29Elles n'ont pas été touchées
15:29au moment où on se parle.
15:30Il n'y a pas de baisse des ventes.
15:31Il faut quand même,
15:32outre le fait qu'il n'y a pas
15:33mort d'homme, il y a fraude, etc.
15:35Bien sûr, il n'y a pas
15:35de danger sanitaire.
15:37Est-ce que vous vous posez
15:37la question de l'eau
15:38qui est dans le Coca-Cola,
15:39dans l'orangina ?
15:40Enfin, elle n'est pas appelée
15:41au minéral ?
15:42Non, mais franchement,
15:43quand vous achetez...
15:43Ça ne vous choque pas ?
15:44Moi, je ne me rendais pas...
15:45Moi, ça me choque quand même
15:46que les gens achètent
15:47des bouteilles
15:48qui s'appellent eau minérale
15:49parce qu'ils pensent
15:50qu'elle sera meilleure
15:51que l'eau du robinet
15:51ou en tout cas,
15:52plus qualitative
15:53et qu'en réalité,
15:54on leur met dans la bouteille
15:56quasiment l'eau du robinet.
15:56Je vais vous faire un aveu.
15:58Quand au restaurant,
15:59on me demande
15:59Badois, Perrier, etc.,
16:02je prends une marque
16:02et je lui fais confiance.
16:04Et donc, oui,
16:04c'est une fraude
16:05et ce n'est pas bien
16:06et il faut que ce soit sanctionné.
16:07Pour autant,
16:09vous n'envisagez pas
16:09de retirer ces eaux
16:10de vos rayons ?
16:11On va voir.
16:12C'est l'administration
16:13qui nous dira
16:13s'il y a un danger ou pas.
16:15À mon avis,
16:16Perrier, tout simplement,
16:17va changer ses appellations.
16:19Et à ce stade, en tout cas,
16:20oui, c'est ça.
16:20C'est-à-dire qu'ils pourront
16:20toujours vendre cette eau.
16:22Simplement,
16:22ce ne sera pas
16:23sur l'appellation au minéral
16:25si elle ne remplit pas
16:26ces critères.
16:27Au moment où l'on se parle,
16:28il n'y a pas eu
16:29de baisse des ventes
16:31de Contrex,
16:32des parts de Perrier.
16:33Je vous dis,
16:34c'est un dossier,
16:34ça va peut-être arriver,
16:36mais c'est un dossier
16:36aujourd'hui qui sort
16:37avec un caractère
16:38très politique.
16:39Et donc,
16:39je ne suis pas sûr
16:40que du point de vue
16:41du grand public,
16:42on est mesuré,
16:43on accorde cette importance
16:45qui nécessite
16:48la une des journaux.
16:49Michel-Édouard Leclerc,
16:50Éric Lombard,
16:51avait annoncé
16:52une prévision de croissance
16:53pour 2025,
16:54initialement de 1,1%.
16:55Puis finalement,
16:57de 0,9%.
16:58Puis finalement,
16:59de 0,7%.
17:01Et la Commission européenne,
17:02hier, dit
17:03même ça,
17:04c'est en réalité
17:05assez naïf,
17:07pour ne pas dire
17:08trop ambitieux,
17:09pour ne pas dire
17:09trompeur,
17:10et la Commission
17:11estime qu'au mieux,
17:13la croissance française
17:15sera de 0,6%.
17:16Dans ce que vous voyez,
17:18à la fois du côté
17:18de la consommation,
17:19mais aussi de la production
17:20et des ventes,
17:21est-ce que vous pensez
17:22que la France peut arriver
17:23à ce niveau de croissance ?
17:24Oui.
17:25Pas par optimisme,
17:27mais par addition
17:27des observations.
17:30D'abord,
17:30dans la distribution,
17:31on investit beaucoup,
17:32et on crée des emplois.
17:35Un groupe comme Leclerc,
17:36c'est 3 000 emplois par an
17:38nouveaux.
17:40La décarbonation,
17:41les engagements
17:42de décarbonation,
17:43aujourd'hui,
17:44entraînent énormément
17:44d'investissements.
17:45On est en train
17:45de mettre des panneaux solaires
17:46partout sur nos ombrières,
17:48on est en train
17:48de mettre des bornes électriques,
17:49on est en train
17:50de revisiter
17:50les chaînes de froid,
17:51on refait tous les matériels
17:53dans les magasins
17:54qui produisent
17:55de la chaleur
17:55ou du froid.
17:56c'est un marché.
17:57La directrice générale
17:59de Laurent Merlin
17:59parle de marché du siècle,
18:00évidemment,
18:01elle est dans le bricolage,
18:02mais tous les logements,
18:03aujourd'hui,
18:03sont en train
18:04d'être refaits.
18:06Et donc,
18:06ça,
18:07c'est une croissance verte,
18:08comme on dit ?
18:08Moi, je crois,
18:09contrairement à ce que disaient
18:10mes amis militants écologistes,
18:12je pense que le capitalisme,
18:14que l'entreprise,
18:15le capitalisme,
18:16trouve son compte
18:16dans l'obsolescence programmée
18:19et très rapide
18:20du matériel,
18:22et c'est un marché
18:24pour la France,
18:24c'est formidable
18:25ce qui est en train de...
18:27Lorsque vous voyez
18:27que Sanofi,
18:28je me souviens de vous
18:29ici même,
18:32faisant des appels
18:33même à vos confrères,
18:35grands patrons,
18:35en leur disant quand même
18:36de choisir la France,
18:38en quelque sorte,
18:39vous voyez que Sanofi
18:39investit 20 milliards
18:41aux Etats-Unis ?
18:42Est-ce que c'est de l'ordre
18:44d'une forme de lâchage
18:45de la France ?
18:45Non, non,
18:46je suis intervenu
18:48récemment
18:49avec des polémiques
18:50avec Bernard Arnault
18:51parce que je trouvais
18:51qu'il fallait laisser
18:52la Commission européenne
18:54négocier avec Trump
18:55avant que...
18:55C'est ce qu'avait d'ailleurs
18:56demandé Emmanuel Macron
18:57qui avait demandé
18:57aux patrons français
18:58de mettre sur pause.
18:59Voilà,
19:00mais en soi,
19:01l'idée d'investir
19:02aux Etats-Unis,
19:03d'avoir que Saadé
19:04achète le port
19:06de Los Angeles
19:07ou New York,
19:08le fait que General Electric
19:09y investisse et tout,
19:10c'est une garantie aussi
19:12de la présence
19:12des entreprises françaises,
19:13ce sont des chaînons,
19:14ce sont des transports
19:16pour nous,
19:17pour nos entreprises,
19:17je trouve que ça c'est bien,
19:19je trouve que c'est
19:19une bonne chose.
19:20L'investissement à l'extérieur,
19:21c'est ce que font les Chinois,
19:22ils sont très forts,
19:24mais par contre,
19:26je suis optimiste
19:27sur la capacité
19:28de l'économie européenne
19:30et de l'économie française,
19:32il y a de la croissance
19:33sous le pied
19:33et pas que en France,
19:34ce qui se passe en Allemagne,
19:36on ne parle pas en France,
19:37par exemple,
19:37la Pologne est en train
19:38de devenir une très grande économie,
19:39nous sommes très partenaires
19:40de cette économie,
19:42la Roumanie,
19:44les pays comme l'Italie
19:46et l'Espagne aujourd'hui
19:47sont sur des facteurs
19:48de croissance très élevés.
19:49Et ça peut aussi nous-mêmes
19:50nous tirer vers l'eau.
19:52Je suis persuadé,
19:52par exemple,
19:54évidemment,
19:55ils font qu'on travaille
19:56la qualité renouvelée
19:58de notre agroalimentaire,
19:59mais on peut repantier
20:00dans les autres marchés.
20:01tirant le signal d'alarme,
20:02ce matin, au contraire,
20:03vous êtes plutôt...
20:04Non, non, je tire aussi
20:05le signal d'alarme
20:06sur les conditions de production
20:07parce qu'il y a
20:08des vraies opportunités
20:09et je pense qu'il ne faut pas
20:10se brider,
20:11il ne faut pas se mettre
20:12des boulets.
20:12Est-ce que vous,
20:13vous vous bridez ?
20:14Non.
20:14Non, on le sent bien ce matin
20:16et je vous sens quand même
20:17de plus en plus intéressé
20:18par, disons,
20:19ce qui pourrait basculer
20:20du commerce à la politique.
20:22Merci, Michel-Édouard Leclerc.
20:23Le commerce, c'est politique.
20:23Le commerce, c'est avec les gens
20:24et j'aime les gens.
20:25Pour l'instant,
20:26vous en êtes encore là.
20:27Michel-Édouard Leclerc,
20:28président du comité stratégique
20:29des centres Leclerc.
20:30Merci d'avoir répondu
20:31à mes questions.
20:31Il est 8h53 sur AMC, BFM TV.
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