00:00Monsieur le Premier ministre, notre pays approche d'échéance électorale majeure.
00:04Vous annoncez interdire les conférences au moindre risque de trouble à l'ordre public.
00:09À l'heure où nos permanences sont attaquées, nos parlementaires menacés de mort et de viol,
00:14nous vous disons solennellement, les institutions démocratiques ne doivent jamais céder.
00:20Au pays, je redis notre souhait, que vive pour longtemps la République et son idéal d'égalité humaine.
00:34Mes premiers mots au nom du groupe Insoumis vont à la famille endeuillée de Quentin Dérangue, tuée en pleine rue
00:39à Lyon.
00:40Nous n'acceptons pas que la violence physique, d'où qu'elle vienne, soit employée pour régler les conflits.
00:46Jamais nous ne l'avons accepté, jamais nous ne l'accepterons.
00:50Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser.
00:54Leurs manœuvres sont indignes, aucun Insoumis n'est impliqué ni de près ni de loin dans ces violences.
01:00Et si nous combattons l'extrême droite et les groupuscules fascistes violents autour d'elle,
01:05c'est précisément car ils glorifient la mort et la brutalité,
01:09érigent le racisme en principe et qu'il n'y a pas plus anti-républicains que cela.
01:14Il faut méconnaître l'histoire pour accepter la victimisation de l'extrême droite
01:19et prétendre que les violences seraient à gauche de cet hémicycle.
01:22Il vous aura fallu ce drame pour sortir enfin du silence.
01:26Nous ne vous avons pas entendu sur l'assassinat du rugbyman Federico Aramburo,
01:31à deux kilomètres seulement de notre Assemblée, par des militants du GUD,
01:34ni sur les douze personnes tuées par l'extrême droite depuis 2022.
01:38Monsieur le Premier ministre, faire peser sur notre groupe une responsabilité morale imaginaire
01:43ne parviendra pas à éclipser votre réelle responsabilité politique.
01:47Je le rappelle ici, le maintien de l'ordre public relève de la compétence exclusive de votre gouvernement
01:54et non pas de l'opposition parlementaire.
01:57Pourquoi aucun dispositif n'a été prévu,
02:00ouvrant la voie à tous les débordements alors que les renseignements territoriaux étaient avertis
02:04depuis plusieurs jours de la présence de Némésis ?
02:08Pourquoi n'avez-vous jamais tenu compte d'aucune de nos alertes ?
02:12Monsieur le Premier ministre, notre pays approche d'échéance électorale majeure.
02:16Vous annoncez interdire les conférences aux moindres risques de troubles à l'ordre public.
02:21À l'heure où nos permanences sont attaquées,
02:23nos parlementaires menacés de mort et de viol,
02:26nous vous disons solennellement,
02:28les institutions démocratiques ne doivent jamais céder.
02:32Au pays, je redis notre souhait,
02:35que vive pour longtemps la République et son idéal d'égalité humaine.
02:39Merci beaucoup Madame la Présidente Pannot.
02:42La parole est à Monsieur le Premier ministre.
02:46Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject.
03:15On peut avoir des divergences politiques,
03:19mais lorsqu'on est un humaniste,
03:21c'est-à-dire que lorsqu'on est attaché à l'être humain, à l'homme,
03:25on n'oppose pas un mort à un autre mort,
03:28à un assassinat, à un autre assassinat.
03:32Il n'y a pas, Madame la Présidente,
03:34une violence acceptable dans un sens et inacceptable dans l'autre.
03:39Et donc le refus de la violence,
03:40c'est pour tout le monde, en tout temps, en tout lieu,
03:44la violence physique comme la violence verbale.
03:48Et vous voyez, Madame la Présidente,
03:50c'est peut-être aussi ça qui nous sépare,
03:53c'est que moi je suis le premier à condamner
03:56les violences faites contre les députés insoumis.
03:58Je suis le premier à donner des instructions
04:01avec le ministre de l'Intérieur,
04:03aux forces de l'ordre,
04:04que vous insultez pourtant à longueur d'année,
04:08à qui vous reprochez, à la police de la République,
04:11de tuer.
04:11Et pour autant, Madame la Présidente,
04:13parce que c'est ça la démocratie,
04:15parce que c'est ça la République,
04:17cette police de la République,
04:18elle se tiendra aux abords de vos permanences,
04:21de vos meetings,
04:22pour protéger justement la démocratie.
04:25Et c'est là une rupture évidemment profonde.
04:27Mais la vraie question...
04:30Merci pour votre agressivité, une fois de plus.
04:38La vraie question au fond, Madame la Présidente,
04:40c'est pourquoi tout le monde doute de votre sincérité
04:43et pourquoi personne ne veut vous croire.
04:46Tout simplement parce qu'il est temps
04:48que vous fassiez le ménage,
04:49Madame la Présidente Panneau.
04:50Le ménage dans vos propos,
04:53le ménage dans vos idées
04:55et surtout le ménage dans vos rangs.
04:58Depuis de nombreux mois,
05:00il y a une multiplication de prises de parole,
05:02qui sont d'une violence inouïe,
05:04qui sont parfois à caractère antisémite
05:07et désormais qui laissent justement
05:09de l'ambiguïté sur la violence.
05:11Donc Madame la Présidente,
05:12que cet grave assassinat,
05:15que cet homicide involontaire
05:16serve au moins pour sa mémoire,
05:19pour sa mémoire,
05:20à ce que vous vous posiez les bonnes questions
05:22et qu'enfin vous tiriez un certain nombre
05:25de leçons et de conclusions.
05:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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