00:00On est beaucoup en train de parler de la gauche, qui est normale, mais il y a une des leçons
00:02de cette élection municipale dont on n'a absolument pas parlé,
00:05c'est que nous nous retrouvons dans une situation où les macronistes sont complètement disparus du paysage.
00:10Totalement disparus, comme vous dites, je l'ai dit d'ailleurs dès hier soir.
00:14L'après-Macron a d'ores et déjà commencé, et dans le moment politique que nous sommes en train de
00:19vivre depuis plusieurs semaines,
00:21entre, je le redis très clairement, entre fascistes et antifascistes, il n'y a pas d'entre-deux, il n
00:27'y a qu'un seul côté de la barricade.
00:28Et ce qui est en train de se passer, par exemple, à Marseille, en est un des exemples les plus
00:33frappants.
00:41Si on prend Marseille, qui est le cas le plus emblématique, parce qu'il est évidemment hors de question pour
00:46la France insoumise,
00:47de faire en sorte de laisser Marseille être prise par le Rassemblement national, puisque Marseille est la deuxième ville de
00:55France,
00:55et que nous, nous savons ce que fait le Rassemblement national quand il arrive au pouvoir dans des villes.
00:59Contrairement à ce qu'on dit souvent, nous avons déjà essayé le Rassemblement national,
01:03ça donne par exemple la fin des locaux pour le secours populaire et la fin des subventions pour le secours
01:08populaire,
01:09la privatisation de crèches, la privatisation de piscines, ça donne une augmentation des indemnités d'élus,
01:15et donc nous ne voulons absolument pas ça pour les Marseillais et Marseillaises.
01:18Donc M. Payan doit être responsable.
01:20Donc Sébastien Delogu se retirera ?
01:22Non, en fait, vous savez, dans la tradition de la gauche, ce n'est pas le désistement.
01:26Dans la tradition de la gauche, c'est le rassemblement.
01:28Et moi, je veux alerter solennellement à votre micro.
01:32Si nous voulons pouvoir faire en sorte de battre la droite et l'extrême droite lorsqu'elles sont en mesure
01:37de l'emporter,
01:38alors M. Payan, comme d'autres, aura besoin des électeurs et des électrices insoumises.
01:43Et donc, s'ils décident de ne pas respecter la France insoumise,
01:48comment veut-il que les électeurs et les électrices aillent ensuite se déplacer massivement,
01:52car c'est par la mobilisation qu'ils pourront battre la droite et l'extrême droite ?
01:56Mais pardon, mais pourquoi vous n'y avez pas pensé avant ?
01:57C'est-à-dire, pourquoi vous n'y avez pas pensé quand, par exemple,
02:00Sophia Chikirou, en lançant sa campagne, a dit qu'elle était candidate pour qu'il n'y ait pas de
02:05maire socialiste ?
02:06Pourquoi vous n'y avez pas pensé avant, lorsque Sébastien Delogu a, pendant toute sa campagne,
02:11et je cite là Benoît Payan, basé cette campagne, je cite, sur la calomnie et le mensonge ?
02:16Vous n'avez pas créé les conditions ensuite d'une sorte d'unité, d'amour et de réconciliation ?
02:23Madame de Malheur, je vais vous donner un scoop.
02:25Vous avez l'air aujourd'hui de découvrir que peut-être il y a eu des ruptures un peu violentes.
02:29C'est bon que vous avez fini ? Je vais vous donner un scoop.
02:31Quand nous allons à une élection, nous y allons pour gagner. D'accord ?
02:34Non, mais là, ce n'était pas pour gagner, c'était pour faire battre le Parti Socialiste ?
02:37Non, non, non, non, c'est pour gagner, et donc, évidemment, pour battre la mairie qui était en place,
02:42puisque nous considérons qu'avec la cantine gratuite, les transports gratuits,
02:46le référendum d'initiative citoyenne, nous avons un meilleur programme.
02:49Et d'ailleurs, nous avons eu raison d'y aller, Madame de Malheur,
02:51parce que, par exemple, à Toulouse, si on avait écouté ce genre de raisonnement,
02:55nous ne serions pas, nous, en tête de la gauche.
02:57Tout à fait. À Toulouse, vous êtes devant les socialistes.
03:02À Lille, vous êtes au coude à coude.
03:04Oui, mais Mathilde Pannot, je vous repose cette question.
03:08Honnêtement, vous n'êtes pas surprise ce matin de la défiance,
03:13ou peut-être, en tout cas, de la résistance d'un Benoît Payan qui dit
03:16« On a quand même un peu d'honneur ».
03:18Il dit « Il faut avoir de l'honneur quand, face à nous, Sébastien Delogu
03:22a basé, je redis, sa campagne sur la calomnie et le mensonge ».
03:25Écoutez, ce n'est pas parce que M. Payan dit qu'il y a eu une campagne de calomnie et
03:29de mensonge,
03:29il y a eu une campagne, justement, de conviction auprès des Marseillais et des Marseillaises.
03:33Je vais vous dire quelque chose de très important.
03:36Les choses sont très simples.
03:38Ensuite, vous dites, franchement, ils exagèrent.
03:41Ils ne saisissent pas la main tendue.
03:43Mais cette main a été quand même très violente pendant la campagne.
03:46Vous savez qu'en faisant ça...
03:47Il y a encore quelques jours, Mathieu Anotin, socialiste,
03:50était traité de petit bourgeois visqueux par Jean-Luc Mélenchon.
03:53Oui, et qu'est-ce qu'il avait dit ?
03:55Remontez depuis le début, Mme de Malherbe.
03:56Qu'est-ce qu'il avait dit, M. Anotin, sur Bali Bagayoko ?
04:00Que la France insoumise faisait campagne avec les narcotrafiquants ?
04:03Vous trouvez que c'est digne comme débat politique ?
04:05Mais ce n'est pas une injure personnelle.
04:06Alors que, pardon, petit bourgeois visqueux, je pense que c'est une alliance.
04:10Non, arrêtez, Mme de Malherbe.
04:12Je vais vous dire.
04:13Nous avons fait une campagne municipale où jamais aucune formation politique
04:19n'avait été autant attaquée, y compris physiquement.
04:23Je rappelle que, par exemple, Marianne Maximi, députée à Clermont-Ferrand
04:26et tête de liste, s'est faite agresser physiquement sur un marché.
04:29Je rappelle que nous avons une alerte à la bombe dans notre siège.
04:32Donc, nous n'avons jamais subi un tel niveau de violence.
04:36Et je vais terminer sur M. Payan dont vous parliez juste avant.
04:40Si M. Payan ne veut pas jouer le jeu de la droite et de l'extrême droite,
04:43lorsqu'on est responsable, lorsque des millions de gens comptent sur nous,
04:48on ne fait pas ce qu'il est en train de faire M. Payan,
04:50c'est-à-dire se réfugier derrière des petites polémiques
04:55de ce qui se serait passé pendant la campagne ou je ne sais quoi.
04:57Pour vous, c'est des petites polémiques ?
04:58Oui, oui, on est responsable.
05:00Écoutez, quand vous pensez qu'il est important
05:04de peut-être laisser l'extrême droite gagner la deuxième ville du pays,
05:07oui, je parle de choses très très sérieuses.
05:09Beaucoup plus sérieuses que je ne sais quel mot qui aurait été dit
05:12à quel moment, que vous ne m'avez d'ailleurs d'ailleurs pas cité.
05:15Donc, s'il s'agit, comme vous le dites,
05:18d'un moment très très sérieux et grave pour la nation,
05:22constatant que Benoît Payan ne saisit pas en effet cette main,
05:26est-ce que Sébastien Delogu va en tirer en quelque sorte les conséquences
05:29et se retirer ?
05:30Mais moi, je vais vous dire, j'appelle les Marseillais et les Marseillais
05:34à exiger de Benoît Payan qu'il y ait une fusion.
05:37Pourquoi ? Parce que moi, je ne me résous pas à ce que nous perdions Marseille.
05:42On parle de ça.
05:43Si les électeurs et électrices insoumis ne vont pas massivement aux urnes,
05:48alors Marseille pourrait passer à l'extrême droite.
05:51Donc, ce que fait M. Benoît Payan est extrêmement dangereux.
05:55Et il doit pour cela faire ce qu'on appelle une fusion technique.
05:58Je vais expliquer, on pourrait l'appeler une fusion démocratique.
06:01C'est-à-dire le fait de dire que nous ne serons pas ensemble
06:04dans l'exécutif municipal, nous ne gouvernerons pas ensemble Marseille.
06:07Mais par contre, qu'à juste proportion de ceux qui ont voté au premier tour,
06:12nous proposons une liste commune avec des insoumis qui seront représentés.
06:17Ça veut dire pour être élu, mais ensuite, chacun reprend ses billets.
06:19Oui, mais vous comprenez que du coup, les électeurs et les électrices insoumis
06:22auront envie d'aller voter parce que chacun sera représenté.
06:25À cela, Benoît Payan dit, je ne fais aucune tambouille.
06:27Parce qu'effectivement, ce sont quand même un peu de tambouille.
06:29Mais non, écoutez, une fusion technique, en tout cas démocratique comme on le dit,
06:34ça permet de ne pas gérer la ville ensemble.
06:36Donc, nous respectons les différences des différents programmes.
06:39Mais par contre, de respecter le vote des Marseillais et Marseillaises
06:42qui a été fait au premier tour.
06:43Et ça, je crois que faire respecter le résultat des urnes,
06:47c'est ce qui permet de maximaliser la mobilisation,
06:51justement pour pouvoir battre la droite et l'extrême droite à Marseille comme ailleurs.
06:55Alors, Sophia Chikirou disait, j'attends l'appel d'Emmanuel Grégoire.
06:59Vous dites, pour l'instant, ce n'est pas arrivé.
07:01Semble-t-il, Sébastien Delogu espérait aussi l'appel de Bonapayant.
07:04Ce n'est pas arrivé.
07:05Est-ce qu'eux-mêmes, du coup, vont prendre leur téléphone et les appeler ?
07:09Je crois que...
07:10Ça peut marcher dans les deux sens, au fond.
07:12Oui, je pense que Sébastien Delogu a fait un appel public.
07:16Sophia Chikirou l'a fait aussi.
07:18Ce n'est pas une question de qui appelle qui.
07:20Le problème n'est pas de qui appelle qui.
07:22Le problème, c'est que, publiquement, M. Payan et M. Grégoire,
07:28aujourd'hui, disent publiquement non à cela.
07:30Et c'est cela qui était responsable.
07:31En fait, ils n'ont même pas traité la question.
07:33C'est-à-dire que, dans leur déclaration hier soir,
07:35il a dit que vous les avez écoutés bien attentivement.
07:38Il a fini par le faire lorsque les gens l'ont interrogé.
07:40Mais l'un comme l'autre, lorsqu'ils ont fait leur déclaration,
07:43n'ont même pas mentionné la France insoumise.
07:44Vous dites qu'on est incontournable.
07:45Visiblement, ils estiment qu'ils peuvent gagner sans vous.
07:48Eh bien, nous verrons.
07:49Mais du coup, ils prennent aussi la responsabilité
07:51de peut-être donner des villes à la droite et à l'extrême droite.
07:54Sophia Chikirou qui disait, je la cite,
07:56« Il ne faut pas qu'un socialiste soit maire de Paris ».
07:58Est-ce que vous dites toujours la même chose aujourd'hui ?
08:02Je vous redis ce que je disais.
08:04Lorsque nous nous présentons à une élection,
08:06nous nous présentons pour gagner.
08:07Et lorsque Sophia Chikirou dit qu'elle ne veut plus
08:11que la mairie soit socialiste,
08:12c'est parce qu'elle souhaite que la mairie soit insoumise.
08:15Ce qui est le propre d'une élection.
08:17Et moi, je vais vous dire,
08:18parce qu'on est beaucoup en train de parler de la gauche,
08:20qui est normale,
08:20mais il y a une des leçons de cette élection municipale
08:23dont on n'a absolument pas parlé,
08:24c'est que nous nous retrouvons dans une situation
08:27où les macronistes sont complètement disparus du paysage.
08:29Et donc, l'après-macron a d'ores et déjà commencé.
08:34L'après-macron a d'ores et déjà commencé.
08:36Et dans le moment politique que nous sommes en train de vivre
08:38depuis plusieurs semaines,
08:40entre, je le redis très clairement,
08:42entre fascistes et antifascistes,
08:44il n'y a pas d'entre-deux.
08:45Il n'y a qu'un seul côté de la barricade.
08:47Et ce qui est en train de se passer,
08:49par exemple à Marseille,
08:51en est un des exemples les plus frappants.
08:53C'est-à-dire que,
08:54lorsque vous avez des personnes qui sont incapables de dire,
08:57entre un rassemblement national au second tour
08:59des élections présidentielles
09:01et Jean-Luc Mélenchon,
09:03pour qui il voterait,
09:04eh bien, il tourne le dos
09:06à la tradition historique de la gauche
09:09qui est de considérer que notre adversaire,
09:11c'est la droite et l'extrême droite.
09:48Abonnez-vous !
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