00:00Le problème c'est que vous prenez des propos, vous les sortez d'un contexte et vous essayez de leur faire dire autre chose.
00:05Attendez, Apolline de Malherbe, ce que je dis c'est très simple, ce que je dis c'est très simple,
00:08ce que je dis c'est que nos élus ne sont pas suffisamment représentatifs de la population et qu'ils doivent l'être davantage.
00:13Après moi quand je suis élu, je porte la parole de l'ensemble des électrices et des électeurs de ma circonscription,
00:17quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit d'ailleurs y compris leur opinion politique.
00:20Mais qu'est-ce qui est le plus important ?
00:20Même celles et ceux qui n'ont pas voté pour moi.
00:21Les municipales, vous le disiez, alors quand on interroge les français, leur priorité désormais, c'était jusqu'à présent le pouvoir d'achat,
00:36c'est désormais la sécurité. Sur ce point-là, qu'est-ce que vos candidats apportent comme réponse ?
00:40Une rupture avec la doctrine qui est celle qui est à l'œuvre aujourd'hui dans l'essentiel des communes et qui ne fonctionne pas.
00:47Madame de Malherbe, est-ce que vous savez quelles sont les deux villes qui sont les plus vidéos surveillées en France ?
00:51Je vais répondre.
00:51Je crois qu'il y a Nice.
00:52C'est Nice la première et c'est Nîmes la deuxième.
00:55À Nice, il y a eu ces dernières années une augmentation de 70% des délits liés au trafic de drogue.
00:59C'est à peu près dans les mêmes proportions à Nîmes.
01:01Donc moi, je veux bien qu'on me fasse croire que ce sont ces recettes-là qui fonctionnent, mais je ne le pense pas du tout.
01:07Donc nous, ce que nous défendons, c'est évidemment qu'il faut prendre en compte cette question de la sécurité.
01:12Je ne dis pas pas de vidéosurveillance, ça veut dire qu'on fait un moratoire et on met les moyens dans de la présence humaine,
01:18dans des effectifs de prévention, dans des effectifs qui garantissent la tranquillité publique.
01:24À chaque fois que vous mettez quatre caméras, vous pouvez mettre un effectif humain.
01:27Eh bien moi, je préfère mettre un effectif humain.
01:29Et j'assume sur ce sujet d'être en rupture avec les positions qui sont défendues par un certain nombre de municipalités.
01:36Pas pour des raisons idéologiques, mais parce que ça ne fonctionne pas.
01:38C'est totalement votre point de vue lorsqu'ils ont été élus, je pense au maire de Bordeaux ou au maire de Lyon,
01:43ont aujourd'hui évolué sur cette question-là ?
01:45Eh bien je pense qu'ils se trompent, je pense qu'ils font une erreur et une maladresse.
01:49Alors évidemment, il ne faut pas faire n'importe quoi, je ne vous dis pas qu'au lendemain, vous allez tout supprimer,
01:53mais il faut faire monter en puissance un travail de prévention, un travail de tranquillité,
01:58un travail de présence sur le terrain, faire en sorte que dans nos quartiers,
02:01dans toutes nos villes, il y ait des services publics, il y ait des commerces, qu'il y ait de la vie.
02:05C'est comme ça qu'on garantit la sécurité et la tranquillité publique.
02:09Et donc nous on assume d'avoir une vision, qui est une vision différente de celle des autres,
02:13mais je pense qu'elle serait plus efficace.
02:15À partir de quelles nuances de couleur de peau, noire ou marron ou de je ne sais quelle couleur,
02:21vous considerez que c'est ok d'être élu ?
02:23Quelle que soit sa couleur de peau, c'est ok d'être élu ?
02:26Je ne comprends pas pourquoi vous posez cette question.
02:28Je pose cette question parce que j'ai lu les propos de différents candidats, la France Insoumise,
02:33qui disent qu'il faut élire un racisé parce qu'il faut désormais représenter le réel peuple de France
02:40qui doit reprendre le pouvoir.
02:42Je lis les propos de Daniel Obono qui dit à propos de la fête de l'humain
02:45que c'est une fête de blancs et que d'ailleurs finalement ça ressemble à des amphis de la France Insoumise
02:51et ça lui fait honte.
02:52Écoutez, Apolline de Malherme, il y a une question qui nous est posée.
02:56Est-ce qu'on considère aujourd'hui que notre classe politique,
02:59elle est représentative de la population française dans toutes ses dimensions ?
03:03Ses dimensions sociales, ses dimensions de genre, ses dimensions d'origine.
03:07Est-ce qu'on considère ça ? Je ne pense pas.
03:09Quand vous savez que de mémoire, il y a à peu près 80% des mères en France qui sont des hommes
03:13et seulement 20% qui sont des femmes, alors que 50% de la population sont des femmes.
03:18Attendez, attendez.
03:19Mais de quelle couleur êtes-vous ?
03:20Mais moi je suis blanc, il n'y a pas de blanc ou de couleur de peau.
03:23Mais vous êtes le patron de la France Insoumise.
03:24Mais avez-vous déjà songé à laisser votre place ?
03:26Mais attendez, Apolline de Malherme, s'il vous plaît, je vais vous dire les choses.
03:29Non, non, mais je vous pose la question.
03:29Est-ce que vous avez, lorsque vous avez lu ça, que vous avez dit ?
03:32Vous ne devriez pas négliger un problème qui pose un problème de rapport politique.
03:38Moi, la question qui est posée, ce n'est pas de remplacer des gens.
03:40C'est pas la couleur de peau qui justifie, effectivement, qui est aujourd'hui l'argument principal pour faire élire un maire ou un député ou quoi ?
03:50Je m'inquiéterais à votre place.
03:52Oui, mais moi je m'inquiéterais à votre place si vous avez compris ça de mon discours.
03:55Non, non, pas du vôtre, mais il y a un certain nombre de vos membres.
03:58Du nôtre, parce que je crois que depuis tout à l'heure, on a parlé de fond.
04:01Donc c'est d'abord, quand on vote aux élections municipales, on vote d'abord pour un programme, pour des propositions.
04:06Ensuite, avoir comme souci et comme préoccupation, et oui, moi j'ai ce souci et cette préoccupation,
04:10de faire en sorte que nos élus soient davantage représentatifs de la population française.
04:14Je ne vois pas pourquoi ça devrait déclencher des cris d'enprès.
04:16Vous êtes élu de Marseille ?
04:17Oui, je suis élu de Marseille.
04:19Vous êtes élu de Marseille, vous êtes né, je crois, dans la Loire, vous avez grandi dans la Drôme.
04:24Quelle est votre légitimité en termes de représentation ?
04:27Puisque désormais, pour la représentation, il faut venir d'un terreau.
04:31Peut-être que j'ai été élu la dernière fois en 2024, au premier tour de l'élection législative,
04:35avec plus de 70% des voix.
04:37Mais êtes-vous représentatif ?
04:37Peut-être que ça me donne une certaine légitimité, madame Demal, qu'est-ce que vous en pensez ?
04:41Oui, très bien, mais je ne suis pas en train de vous dire que du jour au lendemain,
04:45il va falloir remplacer tous les élus.
04:46Ce n'est pas ce que je vous dis.
04:47Je vous dis qu'il me semble que c'est légitime d'avoir une importance particulière qui est attachée.
04:52Et nous, c'est ce qu'on fait à la France Insoumise, je l'assume,
04:54à faire en sorte d'essayer de présenter des candidates et des candidats
04:57qui soient davantage représentatifs de la population française.
04:59Ce qui m'intéresse, c'est presque philosophique, Manuel Bopard.
05:00Moi aussi, c'est très philosophique.
05:01Tout à fait.
05:02Lorsque Rima Hassan dit que cette époque du porte-parole-là est révolue,
05:07c'est-à-dire désormais, vous ne parlerez pas en notre nom, dit-elle,
05:12les porte-paroles ne peuvent plus être des voix et des visages qui ne soient pas incarnés.
05:17Encore une fois, je vous pose la question,
05:19combien de temps allez-vous rester à la tête de la France Insoumise ?
05:21Mais c'est d'abord, c'est les militantes et les militantes de la France Insoumise
05:24qui le décident, mais ce n'est pas le sujet.
05:26Je veux dire, Rima Hassan, elle n'a pas remis en cause.
05:27Ce n'est pas eux qui le décident parce qu'il ne se trouve qu'il n'y a pas de vote.
05:28Mais si, il y a un vote.
05:29Mais bon, on ne va pas rentrer dans le détail si vous voulez.
05:32Mais Rima Hassan, elle n'a pas remis en cause, par exemple, ma présence.
05:35Elle a remis en cause le fait que la classe politique aujourd'hui
05:38n'est pas suffisamment représentative de la population telle qu'elle est.
05:41La question, c'est pouvez-vous parler ?
05:42Je ne comprends pas que vous déclenchez.
05:43Vous voulez faire en sorte qu'il y ait une forme de peur morale sur ce sujet ?
05:47Non, ce qui m'intéresse, c'est pouvez-vous parler désormais en leur nom ?
05:51Puisque vous considérez...
05:52Mais je parle au nom...
05:53On va se mettre d'accord.
05:55La représentation politique, c'est l'idée justement, précisément,
05:59qu'à un moment, on considère qu'un élu nous représente tous.
06:03Qu'on ait voté pour lui ou pas.
06:04Qu'on partage l'idée ou pas.
06:06Mais désormais, la question, lorsque Sébastien Delogu dit
06:10« Désormais, il faut élire un racisé,
06:14parce que le peuple réel de France doit reprendre le pouvoir. »
06:17Lorsque Daniel Obono dit « La fête de l'humain... »
06:20Mais vous les avez déjà dites une fois.
06:22Mais non, parce que le problème, c'est que vous prenez des propos,
06:25vous les sortez d'un contexte, et vous essayez de leur faire dire autre chose.
06:28Attendez, Apolline de Malherbe, ce que je dis, c'est très simple.
06:31Ce que je dis, c'est très simple.
06:32Ce que je dis, c'est que nos élus ne sont pas suffisamment représentatifs de la population,
06:35et qui doivent l'être davantage.
06:36Après, moi, quand je suis élu, je porte la parole de l'ensemble des électrices
06:39et des électeurs de ma circonscription,
06:41quelle que soit leur couleur de peau,
06:41quelle que soit d'ailleurs, y compris leur opinion politique.
06:43Mais qu'est-ce qui est le plus important ?
06:43Même celles et ceux qui n'ont pas voté pour moi.
06:45Ce qu'on est de naissance ou ce que l'on devient ?
06:47Mais vous pouvez comprendre, vous devez pouvoir comprendre, je pense,
06:50que quand on est français...
06:52Doit-on être réduit à notre origine, à notre couleur de peau, à notre religion ?
06:58On n'est pas réduit à ça.
06:59Mais quand la classe politique apparaît comme étant complètement décalée
07:03par rapport à la société dans laquelle on est,
07:06je crois en la liberté de penser contre ce que l'on est,
07:10ou ce qu'on est, ou ce qu'étaient nos parents...
07:11Mais comprenez aussi qu'il y a toute une partie de la population française aujourd'hui
07:18qui ne se sont pas représentées par la classe politique telle qu'elle est aujourd'hui.
07:21Et si vous voulez répondre à cette fracture politique et démocratique,
07:24vous devez aussi travailler à faire en sorte
07:26que la classe politique soit davantage représentative.
07:29Par exemple, regardez, il n'y a pas suffisamment d'ouvriers à l'Assemblée nationale,
07:33il n'y a pas suffisamment d'employés à l'Assemblée nationale.
07:35Et pourtant, je ne considère pas qu'un ouvrier
07:36ne va représenter que les ouvriers de sa circonscription.
07:39Donc évidemment que c'est un sujet, une préoccupation qui est décidive pour moi.
07:42M. Bilongo avait été, vous le savez, sur une plateforme qui s'appelle la Librairie Africaine.
07:44J'ai écouté plusieurs de leurs podcasts.
07:45Qui, pardon ?
07:45Et votre M. Bilongo, qui est l'un de vos députés, qui est lui-même candidat.
07:50Et la Librairie Africaine avait ensuite, la semaine d'après, invité une femme
07:53qui disait, elle était de couleur noire, et elle disait faire des bébés avec un blanc,
07:56ça fait des métisses, et au fur et à mesure, ça élimine les noirs.
07:59Ça lui posait problème.
08:00Franchement, Mme Neuallard, vous n'avez pas à m'interroger sur...
08:02On est allé quelque part, et une semaine plus tard, il y a quelqu'un d'autre.
08:06Excusez-moi, mais je suis à votre micro.
08:07Avant, vous avez invité un certain nombre d'invités,
08:09avec une tenue des propos qui me dérangent beaucoup.
08:10Quand vous commencez à calculer à partir de quelle couleur de peau on est représentatif...
08:14Mais franchement, c'est bizarre que vous vous disiez ça.
08:16Pourquoi, justement ? Parce que je pense au contraire à la liberté.
08:18Oui, mais je vais vous dire, par exemple, je pense que vous êtes...
08:21Je me permets, hein.
08:22Allez-y.
08:22Je pense que, par exemple, vous trouvez bien qu'il y ait eu la parité en politique,
08:26et qu'il y ait maintenant davantage de femmes que d'hommes.
08:28Et vous auriez pu m'utiliser les mêmes arguments il y a quelques années dans ces débats-là.
08:32Sachez que j'ai toujours été justement pour la liberté de chacun.
08:34Oui, mais en l'occurrence, je ne suis pas fondé.
08:36Non, mais je sais, mais ce n'est pas une remise en cause de la liberté de chacun,
08:39de considérer que, parfois, il y a des mécanismes de domination qui existent dans la société,
08:44qui font que, par exemple, les femmes sont moins engagées ou se présentent moins à une élection,
08:47que les personnes issues de l'immigration peuvent moins se présenter à une élection.
08:49Mais la question que je vous pose, c'est qu'en défendant cela, en tirez-vous les conséquences pour vous-même ?
08:54Mais moi, j'en tire les conséquences tous les jours.
08:55Vous allez voir, pour nos candidats ou nos candidats aux élections municipales,
08:58où on fait un travail, et c'est un travail qui se fait de manière consciente,
09:02et qui remet en cause la liberté de personne,
09:03pour faire en sorte que nos candidats et nos candidats soient davantage représentatifs de la population.
09:07Manuel Bonfard, coordinateur de la France.
09:09C'est un bon débat, c'est un débat intéressant.
09:10Et c'est un débat philosophique que je suis très heureuse d'avoir eu avec vous.
09:14C'est un débat intéressant.
09:16C'est un débat intéressant.
09:17Abonnez vous ...
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