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  • il y a 1 jour
José Ammendola, directeur de La Maison de l'IA, Mathieu Merian, président et fondateur de Somanity, et Mohamed Taghouti, président de Deep IoTech, étaient l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 16 février. Ils se sont penchés sur les activités de La Maison de l'IA, le fonctionnement de l'exosquelette de Somanity pour les personnes handicapées, et la numérisation des données santé avec l'IA chez Deep IoTech, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Tech & Co, la quotidienne, les invités.
00:04Pour débuter ce deuxième Tech & Co, la quotidienne depuis le World AI Cannes Festival,
00:11on va s'intéresser justement à la région PACA, avec des initiatives très intéressantes
00:16et des startups qui sont de la région avec la Maison de l'IA.
00:20Et on en parle avec José Amandola qui est là. Bonjour José.
00:23Vous êtes le directeur de la Maison de l'IA et vous êtes venu avec deux startups dont vous collaborez,
00:29avec qui vous collaborez. Mathieu Merian est avec nous, président et fondateur de Somanity.
00:34Bonjour Mathieu. Bonjour. Et Mohamed Tagouti. Bonjour.
00:38Vous êtes président de Deep Iotech. On va découvrir vos startups dans un instant,
00:42mais je vais donner la parole tout de suite à José parce que la Maison de l'IA est ici,
00:48enfin quelques kilomètres d'ici à côté de Sofia Antipolis.
00:51Est-ce que vous pouvez nous expliquer le concept de cette Maison de l'IA qui est déjà présente ici
00:56à Cannes ?
00:57Oui, effectivement, la Maison de l'IA est une initiative unique en France et en Europe.
01:01Elle a été créée par le département des Alpes-Maritimes et notamment par son président,
01:05Charles Anginesi. L'objectif, c'est de sensibiliser aux enjeux de l'intelligence artificielle.
01:09On a plus de 30 démonstrateurs qui sont disponibles au sein de notre Maison de l'IA à Sofia Antipolis.
01:15Quoi de mieux que la première technopole d'Europe pour accueillir à la fois des startups
01:19et pour surtout montrer les enjeux, les risques, la transformation que permet cette révolution technologique
01:25qui est l'intelligence artificielle.
01:27Donc depuis maintenant plus de 5 ans, la Maison de l'IA existe.
01:31Elle crée énormément d'événements et elle organise avec le département des Alpes-Maritimes
01:36un pavillon Alpes-Maritimes Terre d'IA où on accueille aujourd'hui 28 startups,
01:42les meilleures startups du territoire qui ont répondu à un appel à manifestation d'intérêt
01:45pour présenter leurs solutions aux différents visiteurs du salon.
01:49Alors ce qui est intéressant, c'est que vous êtes là aussi pour sensibiliser la population à l'IA.
01:54Je crois que les collégiens, les étudiants peuvent venir pour mieux comprendre
01:58en fait ce tsunami technologique qui arrive et que certains n'arrivent pas à envisager encore un peu.
02:06Effectivement, on a démarré en sensibilisant les collégiens,
02:09en sensibilisant également le grand public et de plus en plus les professionnels.
02:13L'objectif, c'est de faire en sorte qu'on élève le niveau de maturité de cette révolution technologique
02:18et de cette compréhension de l'intelligence artificielle.
02:20En 5 ans, la Maison de l'IA a sensibilisé plus de 115 000 personnes.
02:25C'est dire tout l'enjeu et tout l'engouement que génère cette nouvelle technologie.
02:30Alors vous êtes au cœur de Sofia Antipolis.
02:32Est-ce que Sofia Antipolis vit au rythme de l'IA aujourd'hui ?
02:36Est-ce que ça représente une partie importante des travaux qui sont menés à Sofia ?
02:40Effectivement, Sofia Antipolis conjugue toutes les forces, des centres de recherche,
02:45des entreprises qui s'y installent, des start-up, des grands groupes,
02:48mais également une forte vitalité avec la communauté d'agglomération de Sofia Antipolis.
02:53Je crois que le slogan de Sofia Antipolis, c'est « Tech for Humanity ».
02:56Et ici, sur le salon, le World AI Cannes Festival,
02:59on essaye de démontrer que l'IA peut être frugale, responsable et éthique.
03:03Très bien. Vous collaborez avec combien de start-up aujourd'hui ?
03:08Aujourd'hui, on a à peu près une centaine de start-up avec qui on collabore,
03:13avec qui on échange et avec qui on essaye de faire en sorte de les faire matcher
03:17avec tout un écosystème qui est extrêmement fertile.
03:20Cette fertilisation croisée qui a été conçue par les fondateurs de Sofia Antipolis,
03:23je crois qu'aujourd'hui, elle s'exécute réellement avec les start-up qui sont ici présentes.
03:26C'est forcément des start-up de la région ?
03:28Ou vous pouvez aller piocher des start-up qui vous intéressent, qui sont un petit peu plus loin ?
03:33Alors principalement, ce sont des start-up qui sont de la région.
03:35L'objectif, c'est de aussi valoriser l'écosystème local.
03:39Pour autant, on travaille également avec des start-up à la fois du territoire national,
03:43mais également avec des entreprises étrangères.
03:45Et alors, comment vous les aidez, ces start-up ?
03:47Ou comment vous échangez, en fait ?
03:49Comment ça se passe ?
03:50On crée un certain nombre d'animations, d'événements.
03:53Donc on a les EADATE qui s'organisent une fois par mois pour venir discuter d'une thématique.
03:58On a aussi des EADATE qui s'organisent notamment sur Sofia Antipolis
04:02pour essayer justement de mettre en relation ces entreprises
04:05et surtout de mettre en relation les offres qu'elles délivrent avec les besoins du territoire.
04:10Et on le voit bien aujourd'hui.
04:11On a une verticale qui est très importante.
04:13C'est la question de la public tech.
04:16Et donc, on voit bien que les collectivités, les administrations
04:18sont de plus en plus en train de se digitaliser et d'intégrer l'IA.
04:22Et c'est ce que l'on fait également sur Sofia Antipolis avec le SICTIAM,
04:25qui est le premier opérateur public de services numériques en France.
04:28On parle beaucoup de robots ici.
04:30C'était déjà le cas au CES de Las Vegas et même à Vivatech.
04:34Est-ce que c'est un sujet qui vous intéresse ?
04:37Est-ce qu'il y a un écosystème de robotique ici à Sofia ou dans la région ?
04:42Oui, il y a un bel écosystème.
04:43Et puis on va parler tout à l'heure avec la start-up Sovanity.
04:47Il est vrai qu'on raisonne toujours, on se dit IA égale robot.
04:52Ce n'est pas tout à fait le cas.
04:53Non, pas tout à fait.
04:54C'est un chapitre en fait.
04:55Exactement, c'est une des composantes.
04:57Mais pour autant, il y a effectivement un écosystème robotique
04:59qui est très important et très développé au niveau de Sofia Antipolis
05:03et du territoire des Alpes-Maritimes.
05:05Qu'est-ce qui manque à votre avis ?
05:07Alors vous êtes là pour sensibiliser justement les gens.
05:11Est-ce qu'on va assez loin à votre avis, même dans les écoles,
05:15pour sensibiliser les jeunes, peut-être même au plus jeune âge,
05:19sur les conséquences et non pas les dangers de l'IA,
05:22mais en tous les cas comprendre ce que c'est et éviter les pièges.
05:26Est-ce qu'on va assez loin à votre avis aujourd'hui ?
05:28Je pense qu'il faut aller encore plus loin naturellement.
05:31Et c'est pour cette raison que nous, au niveau de la maison de l'IA,
05:33on essaye de dupliquer ce modèle un petit peu ailleurs sur le territoire.
05:36L'année dernière, la ministre Clara Chappas était venue nous rencontrer
05:39pour découvrir ce que l'on faisait.
05:41Effectivement, elle s'était dit très intéressée à pouvoir dupliquer le modèle ailleurs.
05:45Après, on voit bien que depuis 5 ans, on a sensibilisé.
05:49On arrive ici sur le territoire à un autre modèle
05:51qui consiste à dire, pardon, ça y est, on a sensibilisé,
05:55mais maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour passer le cap
05:57et pour commencer à transformer avec de l'IA ?
05:59Et c'est pour cette raison que la maison de l'IA est en train d'accompagner
06:02des administrations publiques ou des services de l'État
06:04pour mettre en place des premiers cas d'usage,
06:07des ateliers de design thinking pour identifier les leviers,
06:10les solutions et les cas d'usage.
06:12Alors, José, vous restez avec nous parce qu'on va continuer à échanger
06:14sur la maison de l'IA.
06:15Merci.
06:16Mais on va découvrir aussi deux startups avec qui vous collaborez.
06:18On va commencer avec Somanity et Mathieu Merian.
06:22Justement, on évoquait la robotique.
06:25Vous, vous êtes dedans puisque vous bossez sur des exosquelettes
06:29chez Somanity.
06:30Est-ce que vous pouvez nous présenter ce que vous faites ?
06:32Exactement.
06:33Donc, nous, on travaille sur toute la thématique exosquelette
06:36avec Somanity, que ce soit de la thématique exosquelette
06:39indusquiel ou même exosquelette médical qui est notre premier métier.
06:43Moi, à la base, j'ai lancé ce projet-là pour un ami à moi
06:45qui a atteint une sclérose en plaques, qui ne pouvait plus remarcher.
06:48Je lui avais fait une promesse il y a cinq ans,
06:49c'était de le faire remarcher un jour.
06:51C'est ce qu'on a fait la semaine dernière avec le nouvel exosquelette
06:54Mark V qu'on présente aujourd'hui au salon.
06:57Et cet exosquelette, il sera à destination de toutes les personnes
06:59qui sont atteintes de handicap moteur
07:01et qui pourront, avec ces dispositifs, retrouver leur autonomie.
07:04On ne se rend pas compte de la complexité
07:06que ça représente de développer un exosquelette.
07:11C'est compliqué.
07:13On a la chance de discuter avec Jean-Louis Constanza que vous devez connaître de Wondercraft
07:17qui nous explique les défis techniques, technologiques, logiciels même que ça représente.
07:27Vous n'avez pas envie parfois de baisser les bras ?
07:30Ça va ?
07:31On se bat pour une super cause.
07:33C'est ce qui nous maintient.
07:35C'est vrai que dans l'exosquelette aujourd'hui, tout est compliqué.
07:38La technologie, la validation médicale, la manière dont on va adresser les clients.
07:43Parce que chaque client et chaque patient, pour nous, a un handicap propre.
07:48Même dans certaines pathologies, on a des handicaps variables en fonction d'une même pathologie.
07:54Et c'est là qu'intervient aussi l'IA chez Somanity, dans l'adaptabilité de ces exosquelettes,
07:59à pouvoir comprendre le patient et à s'adapter en fonction de la pathologie de ce patient.
08:04Justement, par rapport à Wondercraft, comment vous vous situez ?
08:06Vous êtes sur le même type d'exosquelette ?
08:09Nous, aujourd'hui, on cherche à faire baisser ces prix-là d'exosquelette.
08:15On essaie de ne pas se comparer à Wondercraft ou à d'autres.
08:17On essaie surtout de dire que le principal, c'est d'adresser les patients.
08:21Moi, j'ai fait une promesse à un ami il y a 5 ans.
08:23Aujourd'hui, elle est tenue.
08:24Maintenant, le but, c'est de faire marcher tous les autres.
08:26100 ou 200 000 euros pour un exosquelette, c'est très très cher.
08:30Ce n'est pas accessible à tout le monde.
08:31C'est pour ça que nous, on a décidé de le mettre à moins de 10 000 euros.
08:34Pour le rendre vraiment accessible à tous et que tout le monde puisse un jour retrouver ce droit qui est
08:38marché.
08:39Et alors, est-ce que votre ami, je ne veux pas rentrer dans votre vie privée,
08:43mais est-ce que votre ami arrive à reprir de l'autonomie ?
08:47Parce qu'on sait qu'en plus, la sclérose en plaques, c'est une maladie qui est terrible,
08:50qui évolue malheureusement et pas dans le bon sens.
08:55Vous avez réussi votre pari ?
08:56J'ai réussi mon pari. Enfin, on a réussi notre pari parce que je ne suis pas tout seul à
09:00monter ses exosquelettes.
09:01On a une super équipe.
09:03Et aujourd'hui, il a retrouvé de l'autonomie, il a pu se verticaliser.
09:07Donc, ça va agir derrière sur d'autres aspects de sa pathologie,
09:11sur la revascularisation de son système sanguin
09:13et sur plein d'autres choses qui vont faire que la vie va être un peu de mieux en mieux.
09:18Sur l'évolutivité de la sclérose en plaques, l'exosquelette va s'adapter
09:22puisque l'intelligence artificielle qu'il y a dedans est capée justement
09:25pour comprendre l'évolutivité de cette maladie
09:27et s'adapter au jour le jour en fonction de l'évolution de cette pathologie.
09:30C'est-à-dire, oui, de la faiblesse musculaire.
09:32C'est-à-dire qu'elle va venir compenser lorsqu'il y a une faiblesse musculaire, c'est ça ?
09:36Exactement.
09:36Ou même remplacer totalement une jambe, par exemple, en cas d'hémiplégie ou de paraplégie.
09:42Où est-ce que vous en êtes aujourd'hui ?
09:43Parce que vous avez donc créé cet exosquelette pour votre ami.
09:46L'idée, c'est de passer à l'échelle, comme on dit, et de pouvoir fournir.
09:51C'est là où, souvent, c'est le plus compliqué.
09:53Où en êtes-vous ?
09:54Alors aujourd'hui, au niveau de l'industrialisation,
09:56on avait déjà pensé un peu cette étape avant
10:00puisqu'on a une industrialisation qui peut se faire en France, dans le sud de la France.
10:04On a le département qui nous a déjà soutenus avec la MIA
10:07sur l'achat d'un démonstrateur exosquelette.
10:10Je pense qu'ils nous soutiendront aussi sur le fait de monter une usine ici.
10:13Là, notre challenge aujourd'hui, c'est surtout la validation médicale de ce dispositif.
10:17Oui, puisqu'il faut la certification.
10:19Exactement.
10:19C'est ça.
10:20Donc aujourd'hui, déjà, on a prouvé que ça a marché.
10:22C'est compliqué. C'est long.
10:22C'est long.
10:23Déjà, on a prouvé que ça a marché.
10:24On va pouvoir commencer à distribuer cet exosquelette sur des pathologies plus légères
10:28et sur un assistant à la marche
10:30pour derrière aller couvrir des pathologies plus lourdes
10:32avec une certification médicale qui sera, elle aussi, beaucoup plus poussée.
10:36Parce que finalement, le potentiel, il faut parler de business aussi.
10:41Parce que, mine de rien, il y a de l'argent et il faut qu'il y ait un business
10:47derrière.
10:48Il y a un business modèle derrière tout ça.
10:49Alors, il y a un business modèle dans tout ça.
10:51Si on se permet de le vendre à moins de 10 000 euros, c'est qu'on est quand même
10:54rentable
10:54puisque, en tant qu'entreprise, on ne va pas vendre à perdre.
10:59Mais comment arrivez-vous à tomber le prix de toute cette technologie à moins de 10 000 euros ?
11:05Alors, déjà, en termes de R&D, on a beaucoup moins à amortir en termes de R&D que nos
11:08concurrents.
11:10On a dû, je pense, faire notre recherche et développement avec un deux centième de ce qu'ils ont levé
11:16en termes de fonds.
11:17On est en autofinancement depuis le début
11:20avec la vente d'exosquelettes industrielles.
11:22On n'a jamais levé de fonds.
11:23Et ça, ça nous permet de garder notre autonomie.
11:25Et le fait d'avoir cette « pauvreté » de ne pas avoir levé de fonds,
11:29ça nous a obligés quand même à faire des choix réfléchis et intelligents sur la frugalité des solutions.
11:35J'osais en parler tout à l'heure, l'IA frugal, c'est aussi des exosquelettes frugaux.
11:39Et de dire que le premier but, c'est l'accessibilité.
11:42Donc, c'est d'avoir des prix réduits.
11:44C'est compliqué à utiliser, en fait.
11:46Parce qu'on se dit, tiens, on va mettre un exosquelette et on va marcher.
11:49Non, c'est plus compliqué que ça.
11:52Tout dépend de la pathologie.
11:53Aujourd'hui, on arrive à avoir un algorithme qui permet de piloter l'exosquelette sans joystick ou sans contrôleur.
12:00D'accord.
12:00Et donc, en fait, c'est comme marcher.
12:02On l'a testé, par exemple, sur mon grand-père et il a pu abandonner ses béquilles pour pouvoir marcher
12:08tranquillement avec l'exosquelette, se verticaliser.
12:11Et c'était la belle démonstration.
12:12C'est quelqu'un qui a 85 ans et qui a marché tout de suite avec l'exosquelette et qui
12:16a compris tout de suite comment ça fonctionnait.
12:19Pour certaines pathologies, bien sûr, on a des besoins d'apprentissage parce qu'il faut réapprendre souvent à se verticaliser,
12:24à tenir l'équilibre, à marcher.
12:26Mais voilà, on essaie d'avoir des différentes phases d'accompagnement en fonction des différentes pathologies.
12:32Et comment ça marche, en fait ?
12:33Est-ce qu'à partir du moment où je chausse cet exosquelette et que je commence à marcher, il va
12:37détecter que je marche ?
12:39Il va m'accompagner ou est-ce qu'il y a des boutons qui nous permettent de forcer la machine
12:44à faire une action ?
12:46Alors pareil, c'est assez adaptatif.
12:47Par exemple, en cas des miplégies, avec un seul côté paralysé, on a une jambe qui est saine, qui marche,
12:52sur laquelle on peut capter l'information et la répliquer sur l'autre jambe.
12:55Sur des personnes âgées, on vient augmenter la personne âgée, donc elle s'est déjà marché.
12:59Pour des personnes paraplégiques, on a d'autres modules de contrôle avec soit le module des yeux, soit les lèvres,
13:04soit même un joystick en fonction de la paralysie de la personne.
13:08L'idée, ça reste aussi du sur-mesure par rapport au handicap.
13:11Et c'est ce que nous permet une partie de la fabrication de l'exosquelette qui est fait un peu
13:15en impression 3D, d'avoir vraiment cette personnalisation en plus de l'IA pour le handicap et pour la personne.
13:21José, petite question. Tout à l'heure, Mathieu parlait d'usines. On peut industrialiser ici dans la région ? Ce
13:30n'est pas compliqué quand même ?
13:31Non, le territoire est extrêmement fertile. Il reste encore effectivement de la place et l'objectif, c'est de faire
13:36en sorte que le territoire amène effectivement des investisseurs, des jeunes startups comme celle de Mathieu pour pouvoir développer.
13:43C'est quand même un enjeu très inédit, très innovant de pouvoir équiper, de pouvoir travailler sur la health tech.
13:50Et pour nous, c'est extrêmement important de faire en sorte qu'ici, dans les Alpes-Marissimes, on puisse avoir
13:55ces pépites qui se développent et qui arrivent à avoir un impact sur le territoire.
14:01Mathieu, parce qu'effectivement, il y a de l'impression 3D, mais il y a beaucoup de pièces que vous
14:05faites venir de quelque part. Peut-être de la Chine, je ne sais pas. Enfin, voilà. Ce n'est pas
14:11compliqué aussi toute cette chaîne d'approvisionnement ?
14:15On essaie d'avoir 50% européens, 50% chinois. Bien sûr, sur la partie asiatique, on a des prix
14:22qui défient toute concurrence au niveau de certains composants. Après, l'idée, c'est de faire ça intelligemment et d
14:26'avoir plusieurs fournisseurs.
14:28On est des assembleurs technologiques à la base. C'est ce qui nous a permis de réduire le prix de
14:32l'exosquelette. Donc, on se base sur des technologies du titane, du carbone qui existent déjà, qu'on va assembler
14:39et derrière qu'on va réadapter.
14:40Donc, ça nous permet quand même d'avoir une agilité sur la façon dont on fabrique les exosquelettes, qui est
14:44quand même assez remarquable par rapport à d'autres fabricants.
14:47Là, la prochaine étape, vous visez la certification quand ? Elle devra arriver quand, cette certification ?
14:52Alors, on espère déjà pouvoir faire une première mise sur le marché avec des assistants à la marche d'ici
14:56la fin d'année. Et on espère obtenir la validation médicale classe de Jacques et l'équivalent de tous les
15:01exosquelettes médicaux pour la rééducation et pour les personnes paraplégiques d'ici un an et demi, deux ans.
15:06Très bien. Vous restez avec nous.
15:09Merci beaucoup.
15:10On va poursuivre avec une autre startup qui collabore avec la maison de l'IA. Il s'agit de DeepPiotech
15:16avec Mohamed Tagouti qui est avec nous. Rebonsoir Mohamed. Merci d'être là.
15:19Bonjour.
15:20Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous faites ? Je crois que vous, c'est de la
15:23reconnaissance d'images avec l'IA dans le domaine médical, c'est ça ?
15:27Exactement. Pas que ça. D'abord, merci beaucoup pour cette opportunité. Merci à la maison d'intelligence artificielle et au
15:34département des Alpes-Maritimes pour cette opportunité de visibilité sur YCF.
15:38En fait, nous, DeepPiotech, on a parti d'un simple constat que chaque jour, plus de 5 millions de mesures
15:44de paramètres vitaux sont réalisées chaque jour. On parle de mesures de température corporelle, taux de glycémie, pression artérielle et
15:51quasiment la totalité est traitée et saisie manuellement.
15:54C'est-à-dire ? Je prends la pression d'un patient. Là, on est dans le domaine médical. On
16:00est dans les hôpitaux, dans les cliniques. On est d'accord ?
16:03On est et dans les hôpitaux et les cliniques et dans les maisons. Parce que souvent, les 20 millions de
16:09Français aujourd'hui qui ont des maladies chroniques ont l'obligation de suivre d'une manière régulière l'évolution de
16:14leur santé, surtout s'ils ont un traitement médical à suivre.
16:17Ou alors une infirmière qui vient chez eux à domicile.
16:19Exactement, elle est dans l'infirmière. Donc nous, principalement, on traque les données qui sont hors du champ du CHU
16:26ou de clinique. Parce que souvent, c'est ça les plus importants et souvent le cas de le patient est
16:32critique.
16:33En fait, l'idée est simple. Aujourd'hui, on voit bien la vague de l'évolution qui migre vers connecter
16:38les équipements principalement par Bluetooth ou par Wi-Fi.
16:43Nous, on avait une autre vision. Aujourd'hui, elle est en train de changer les règles du jeu. Et notre
16:48intelligence visuelle, à partir d'une simple photo de l'écran, on peut identifier le type de dispositif, extraire les
16:55données dedans pour par la suite pouvoir générer un rapport horodaté, traçable et surtout avec une petite photo en annexe.
17:02En fait, moi, mon associé est médecin. Donc il reçoit plusieurs de ses patients. Ils ont trouvé l'alternative d
17:08'envoyer des photos brutes comme un moyen simple pour archivage ou pour faire l'automesure.
17:15Parfois, elle n'a pas la possibilité de vérifier le bon timing de prise d'image. Il y a du
17:20temps aussi de traitement, de nettoyer ce flux de données.
17:22Et notre application aujourd'hui, Eternity Healthcare Assistant, l'utilisateur ne change pas d'habitude. C'est une alternative très
17:29simple.
17:30Donc si on demande à un senior aujourd'hui de connecter un équipement par Bluetooth ou Wi-Fi, c'est
17:34un peu compliqué.
17:35Par contre, si comme il attend son tensiomètre, glycomètre qu'il utilise depuis des années, on lui demande de prendre
17:41deux, trois photos d'une manière très simple.
17:44Le jour J où il voit son médecin, il n'a que généré son rapport. Il a un petit rapport
17:49PDF qui est interpellable avec MonEspace Santé.
17:54Le médecin peut trouver un rapport structuré, standard et surtout complet. Là, on donne une seconde vie à des millions
18:01de dispositifs, surtout existants sur le marché,
18:03qui sont subventionnés déjà par la Sécu et les mutuelles des assurances.
18:07Donc nous, notre solution rend tout le parc existant des dispositifs existants sur le territoire français, européen, immédiatement compatible avec
18:16la santé de futur, sans le moindre changement.
18:18Ça, c'est très important parce qu'aujourd'hui, on voit bien que malheureusement, le marché européen n'est pas
18:23sur la course en termes dispositifs connectés.
18:26Comme a dit Mathieu aujourd'hui, les certifications sont coûteuses et nécessitent beaucoup de temps.
18:31Il y a beaucoup d'efforts qui étaient déjà fournis par les fournisseurs qui fabriquent des équipements très fiables et
18:37robustes.
18:38Et nous, via notre application, on va les rendre immédiatement compatibles avec la santé de futur, sans le moindre coût
18:43et notamment argumenter et augmenter la souveraineté.
18:49Parce que nous, par exemple, en termes de confidentialité, tout le monde aujourd'hui parle de l'IA, mais ne
18:54parle pas trop de la confidentialité des datas.
18:56Notre application, par défaut, enregistre toutes les données en local sur le smartphone.
19:01Donc, on n'est pas une IA énergivore.
19:03Donc, on exploite les smartphones qui sont en train d'évoluer avec une vitesse, avec des performances assez élevées.
19:09Donc, l'IA traîne en local toutes les données.
19:12Et le patient, lorsqu'il génère son rapport, on privilège les canaux principaux de l'État, notamment mon espace santé,
19:19qui est l'infrastructure la plus sécurisée, la plus confidentielle pour le transfert des données de santé.
19:25Mohamed, est-ce qu'il n'y a pas quand même des risques d'erreur ?
19:27Parce que prendre des photos comme ça de résultats, voilà, je suis personne âgé, ça peut être une photo floue,
19:33mal exposée, avec de la lumière, etc.
19:36Est-ce qu'il n'y a pas un taux d'erreur assez important qui pourrait biaiser, en fait, les
19:40résultats et les diagnostics ?
19:44C'est une bonne question. Aujourd'hui, les taux d'erreur par les relevés manuels sont à peu près 15%.
19:51Si on parle de 5 millions de mesures chaque jour, donc on parle quand même de quelques milliers de mesures
19:56insucrites.
19:57Les patients, souvent, ont du mal de noter ça sur leur carnier.
20:00Par contre, notre solution, d'abord, c'est de l'IA, c'est la reconnaissance automatique des caractères.
20:06En plus, on demande le consentement de l'utilisateur pour confirmer les bonnes mesures.
20:10En plus de ça, le médecin, s'il a le moindre doute, toujours, il peut trouver les photos prises en
20:16annexe du rapport.
20:17Comme ça, s'il sent qu'il y a une mesure avec une erreur, il peut trouver toujours la bonne
20:23photo pour vérifier.
20:25Donc, on est aujourd'hui la seule, notamment, solution qui permet un double check.
20:29Et juste pour l'anecdote, tout à l'heure, on a parlé des radars.
20:32Donc, aujourd'hui, notre modèle, il y a ses propres à nous.
20:36Et on a parti d'un modèle qui est traîné sur les matricules des plaques de voiture.
20:40Donc, nous, jamais on n'a raté à la menthe.
20:43Donc, nous, notre modèle, exactement, pour le moment, on est à une performance très proche de, disons, 99%.
20:49Mais toujours, on est en train d'évoluer.
20:51Et pour cette raison, qu'on veut bien dupliquer la solution prochainement,
20:55pour notamment entraîner de plus en plus le modèle, il sera plus fiable.
20:58Et jusqu'où va votre IA, Mohamed ?
21:01Si, par exemple, je prends des photos avec, et que, je ne sais pas, la photo est de mauvaise qualité,
21:07et que les résultats sont incohérents, est-ce que l'IA va détecter elle-même que les résultats ne sont
21:12pas possibles,
21:13et qu'il faut refaire des photos ?
21:15Ou est-ce que, finalement, à partir du moment où j'ai fait des photos,
21:18et voilà, c'est le médecin qui va redemander un double check ?
21:21Je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre.
21:23Oui, c'est une très bonne question.
21:25Nous, dans cette partie, on travaille sur l'IA éthique.
21:28Donc, on a deux sources d'erreurs.
21:30Soit une erreur, comme vous avez bien dit, un écran flou, réflexion de lumière.
21:34Là, notre modèle commence à déjà vérifier les mesures dans des conditions extrêmes.
21:39En plus de ça, il y a une remarque très importante.
21:40Aujourd'hui, on voit beaucoup de produits copies, qui ne sont pas les bons produits.
21:44Et ça, l'utilisateur peut déjà avoir des données, mais qui ne sont pas fiables.
21:48Donc, notre IA, en plus de la partie classique,
21:52on travaille sur une option éthique.
21:54Là, on est toujours sûr d'avoir la bonne mesure d'un appareil fiable et conforme au marché européen.
22:00Alors, vous en êtes où avec Deep IOTech aujourd'hui ?
22:02C'est utilisé ? C'est commercialisé ? Vous en êtes où ?
22:07Nous, actuellement, l'application est disponible sur les stores mobiles.
22:10Donc, on a finalisé la partie la plus difficile, l'homologation de la solution.
22:14Donc, on a eu l'occasion d'être sur YCF.
22:17On a lancé officiellement notre application durant YCF.
22:21Donc, c'était hier, le lancement officiel de notre application.
22:24Notre modèle économique est simple.
22:26Comme nous, on a parti déjà d'une technologie simple.
22:29Prends en photo, vous aurez un dispositif connecté.
22:31La licence de l'application sera vendue chez les pharmaciens.
22:36Donc, chaque utilisateur qui télécharge l'application,
22:38il a une période d'une semaine d'utilisation gratuite pour voir les performances de l'application.
22:43C'est ça, les attentes.
22:45S'il trouve l'application utile et lui permettant d'améliorer les qualités,
22:50les conditions d'archivage de ces données,
22:52il n'a que s'adresser aux pharmaciens du coin pour acheter la licence à 12 euros l'année.
22:58Donc, au prix d'une petite feuille d'automesure quand on l'achète des pharmacies.
23:03Et l'avantage que le pharmacien peut notamment donner du conseil en cas de besoin.
23:07Et comme ça, on a trouvé un réseau de distributeurs compatible avec notre vision
23:12qui garde toujours les bonnes pratiques des seniors,
23:15qui donnent confiance à leur pharmacie du coin.
23:19Eh bien, merci à tous les deux.
23:20Merci beaucoup.
23:21Passionnant, Mathieu Merian, donc Somanity et Mohamed Tagouti d'Ipiotech.
23:26Dernière question, José Amandola.
23:27On voit donc ces deux startups dans la santé.
23:30Finalement, la santé est aussi bien représentée ici à Sofia ?
23:35Oui, bien représentée sur le territoire des Alpes-Maritimes.
23:37Le département des Alpes-Maritimes a lancé des appels à projet santé.
23:40Sur les 10 dernières années, il y a eu plus de 30 millions d'euros qui ont été investis,
23:44notamment contre la lutte contre le cancer, sur les exosquelettes,
23:48sur la partie médicale pour traiter les différents objets connectés.
23:51Et donc, il est vrai qu'ici, dans les Alpes-Maritimes,
23:54on a un territoire très fertile sur la LSEC.
23:56Et c'est pour ça que des startups qui sont ici représentées
23:58représentent une belle pépite de notre territoire.
24:01Merci.
24:01Merci beaucoup, José Amandola.
24:03Vous êtes directeur de la maison de l'IA.
24:05Et vous restez avec nous.
24:07Takenco, la quotidienne, toujours à Cannes,
24:09à l'occasion de ce grand salon dédié à l'IA.
24:11Merci.
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