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  • il y a 13 heures
Ce lundi 16 février, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur la décision du gouvernement qui prévoit de raboter les aides à l'apprentissage de 200 millions en 2026 à 700 millions en 2027. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Avec vous Raphaël, on va revenir sur la décision du gouvernement qui prévoit de raboter les aides à l'apprentissage
00:04de 200 millions en 2026, 700 en 2027.
00:08Est-ce que c'est bien le moment alors que le chômage des jeunes repart à la hausse ?
00:11Eh bien oui, il est même plus que temps de réorienter les aides à l'apprentissage vers ceux qui en
00:16ont vraiment besoin, à savoir les moins qualifiés.
00:19Alors, entendons-nous bien, l'essor de l'apprentissage depuis 2017 est une grande réussite.
00:25On est passé de 306 000 contrats précisément signés en 2017 à près de 900 000 nouveaux contrats signés en
00:322024.
00:33On a tous pris ensemble plus d'un million d'apprentissages aujourd'hui et ça c'est formidable.
00:39Sauf que dans le même temps, la facture est passée de 6 milliards en 2018 à 16 milliards aujourd'hui.
00:48Pour arriver à ces chiffres, on a mis 10 milliards d'euros sur la table.
00:52Et pour qui ? Essentiellement, des plus diplômés.
00:56Vous voyez sur le graphique qui s'affiche à l'écran, ce sont les Bac plus 3, Bac plus 4,
01:02Bac plus 5 qui en ont principalement profité.
01:05Ils représentaient en 2023 plus de 6 contrats sur 10.
01:11Or, on est autour de 15 à 20 000 euros de subventions par apprenti, c'est selon les estimations du
01:19Trésor ou de la Cour des Comptes, jusqu'à 22 400 euros selon la Cour des Comptes.
01:23Le coût de chaque apprenti a bondi de 58% entre 2018 et 2022.
01:31Tout ça avec un reste à charge pour les entreprises qui est très faible, entre 350 et jusqu'à parfois
01:35730 euros.
01:36Mais quel formidable effet d'aubaine pour les entreprises.
01:41Je rappelle juste une chose, les Bac plus 3 à Bac plus 5, c'est-à-dire les colonnes jaune,
01:46violette et rose là qu'on voit à l'écran,
01:49avant la réforme de l'apprentissage, elles étaient au plein emploi.
01:52On n'a pas besoin de cet argent public pour entrer dans l'emploi à ce niveau-là.
01:55Et vous, on subventionne des gens qui auraient trouvé de toute façon un emploi, il faut donc se focaliser sur
02:00ceux qui n'ont pas le Bac ?
02:01Bah oui, exactement, c'est-à-dire les 1,3 millions de jeunes qui aujourd'hui n'ont ni diplôme,
02:09ni formation, qui ne sont pas en emploi non plus.
02:12On les appelle les NEETS, retenez bien cet acronyme, Noreen Education, Employment or Training.
02:18C'est 1,3 million de gamins qu'on a complètement abandonnés, dont on n'a rien su faire, ceux
02:26qui sont sortis du système scolaire sans aucun diplôme
02:29et qui seront très difficilement assimilables sur le marché de l'emploi.
02:33Pour les faire revenir vers l'emploi, ça demande énormément de moyens et c'est donc sur ces jeunes qu
02:41'il faut concentrer tous les efforts.
02:43Or, qu'est-ce qu'on voit ces dernières années ? Eh bien, c'est que le nombre de NEETS
02:48a cessé d'augmenter, que l'écart se creuse en réalité entre les plus diplômés et ceux qui n'ont
02:54rien.
02:54La part des jeunes de 15 à 29 ans, ni en emploi, ni en formation, ni en études, a augmenté
03:00de 0,2 points sur un an et de 0,7 points par rapport à 2019.
03:05Donc, cette tendance augmente, c'est le graphique qu'on voit là à l'écran, c'est 13% des
03:11jeunes aujourd'hui.
03:13Ça augmente non-stop depuis 2022, alors que le taux d'activité des 15 à 24 ans, lui, a augmenté
03:20de quasiment 2 points en un an.
03:23C'est vrai que le taux des jeunes a augmenté, mais le taux d'activité aussi, c'est un peu
03:26contre-intuitif, aussi dans les derniers chiffres de l'INSEE.
03:30Et donc, subventionner des BAC plus 5, c'est à la fois coûteux et inutile, puisque de toute façon, il
03:38trouverait un emploi.
03:39Il faut déployer absolument tous les moyens nécessaires pour faire entrer les NEETS, c'est ça la priorité, dans le
03:47marché du travail, ça devient une urgence.
03:49Pour ceux qui nous écoutent à la radio, tout est disponible en replay, un podcast sur l'application BFM Business.
03:54On en reparlera avec Alexandre Sobo, président de France Industrie, directeur général de l'OTE, membre du comité exécutif du
03:59MEDEF,
03:59qui sera notre invitée à 7h45.
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