- il y a 1 semaine
Automatisation, prompt, vérification… À l’heure où l’intelligence artificielle investit nos journées de travail, va-t-on réussir à conserver l’intérêt de nos missions ? On en parle avec Christophe Conceicao, directeur pédagogique de Maria Schools, Marie-Claude Chazot, DRH d’Intetum, et Étienne Lecoeur, cofondateur de Les EnthouIAstes.
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00:03Musique
00:12Le cercle RH pour parler de l'IA générative, alors on en parle sous toutes ses coutures, sous tous les
00:18angles, là on va s'intéresser aux enjeux de l'ennui.
00:20Bah oui, est-ce qu'on va s'ennuyer parce que l'IA sera présent dans nos métiers et qu
00:24'on va perdre une partie de notre métier, de notre poste et donc on va terriblement s'ennuyer.
00:28C'est peut-être un peu plus compliqué. On en parle avec mes invités. Marie-Claude Chazot, ravie de vous
00:33accueillir.
00:34Des RH d'Inetum, ESN, donc des collaborateurs, des ingénieurs, des techniciens sur l'IA, la tech qui vont se
00:40déployer dans les entreprises chez vos clients.
00:42Ils sont 8 000 en France.
00:448 000 en France, 28 000 au niveau du groupe.
00:46Ont-ils le temps de s'ennuyer ? On vous posera la question parce qu'évidemment, eux déploient la tech
00:50et l'IA chez leurs clients.
00:52En tout cas, merci d'être avec nous.
00:54Etienne Lecoeur, cofondateur Les Enthusiastes, ravie de vous retrouver chez nous pour présenter une étude justement sur l'impact de
00:59l'IA dans tous les métiers, tous les secteurs, impactés différemment.
01:03On va, j'en suis sûr, en reparler.
01:05Christophe Conce Sao est avec nous. Bonjour Christophe, directeur pédagogique de Maria Schools.
01:11C'est une grande marque chapeau dans laquelle il y a des écoles.
01:13Plusieurs écoles, effectivement.
01:14Trois, deux ?
01:16Trois écoles et une marque B2B également.
01:18Tech ?
01:19Tech et compétences douces, soft skills, effectivement.
01:22Et soft skills.
01:23Exactement.
01:23Merci d'être avec nous.
01:25Caroline de Senneville m'accompagne dans chacune de ces émissions.
01:27Alors, elle vient travailler, elle prépare l'émission en amont pour aussi nous apporter des éclairages, des chiffres qui sont
01:32intéressants.
01:32Caroline, journaliste, décideur RH, évidemment.
01:35Vous commencez par un chiffre qui est assez intéressant parce que je pense qu'il va créer le débat.
01:39Oui, on est à peu près à 28% des emplois dans les pays de l'OCDE qui pourraient être
01:43automatisés par l'IA.
01:45Autre chiffre peut-être aussi intéressant, selon le World Economic Forum, il y aurait 92 millions d'emplois qui vont
01:51être potentiellement déplacés par l'IA d'ici 2030.
01:54Mais 170 millions de nouveaux emplois devraient être créés aussi grâce à l'IA.
02:00Il faut bien rajouter ceux qui vont être créés.
02:01Quand on a les chiffres bruts, là je me tourne vers la DRH parce que c'est intéressant.
02:05Sur le premier chiffre de Caroline, est-ce que vous êtes confronté vous aussi à ce sujet ?
02:11Parce qu'à la fois vous déployez des outils technologiques, de tech, puis en même temps vous êtes une entreprise
02:16très grosse
02:17où forcément votre comex, on vous dit, bon, est-ce qu'il n'y a pas moyen de réduire certains
02:22emplois, de le réorganiser ?
02:23Comment ça se vit à l'intérieur d'une boîte qui elle-même porte ce sujet ?
02:27Alors je dirais qu'au sein d'Inetom, on a une tagline, si je peux l'appeler comme ça, qui
02:34est « Let's make tech right ».
02:35Oui, et la manière dont on souhaite la déployer et la mettre en œuvre, c'est clairement autour de deux
02:42piliers, la technologie au service de l'humain.
02:45Donc pour revenir sur votre question, on ne voit pas encore d'impact direct dans la magnitude des chiffres que
02:52vous abordez aujourd'hui.
02:54Par contre, on se prépare en interne pour être prêt de main et faire face au challenge que ça va
03:01poser,
03:02à la fois sur un angle interne, qui est celui de l'accompagnement des collaborateurs, et je pourrais vous expliquer
03:07comment,
03:08et évidemment dans l'identification des cas d'usage pour nos clients et la manière dont on les...
03:14Oui, parce que parfois les ESN testent chez eux le use case pour ensuite le déployer chez leurs clients en
03:19disant « Nous, on l'a fait et ça marche ».
03:21Comment vous regardez ce sujet ? Parce qu'on voit quand même dans le chiffre de Caroline, c'est 30%,
03:25le premier chiffre que vous évoquiez.
03:26Entre 28 et 30%.
03:2830% d'emplois qui vont être quoi ?
03:30Automatisés.
03:30Automatisés, pour ne pas dire supprimés.
03:33Comment vous regardez ce sujet, vous, chez les enthousiastes ?
03:36Avec beaucoup de pragmatisme, Arnaud, et on joint d'ailleurs les chiffres cités par Caroline.
03:42Nous, ce qu'on mène comme étude, donc depuis deux ans avec KPMG, notre partenaire sur Trends OVA, et cette
03:46étude que vous citez,
03:48c'est des recherches de fonds qui observent de manière très pratique et pragmatique l'impact de l'IA sur
03:53les métiers.
03:54Le chiffre, nous, c'est plutôt 20% des tâches, des 8 grandes fonctions structurelles d'entreprise qui pourraient être
04:01automatisées à horizon 3 ans.
04:02Les DRH n'y échappent pas.
04:04Les DRH n'y échappent pas, et personne n'y échappe en réalité.
04:07Tous les secteurs.
04:08Tous les secteurs. Après, ce qui est intéressant aussi d'observer, c'est la manière dont on utilise l'IA.
04:13Nous, on voit grosso modo trois grandes catégories, parce qu'en fait, on cite beaucoup de chiffres assez, je dirais,
04:20déboussolants.
04:21Oxiogènes.
04:22Peut-être anxiogènes, en tout cas, qui sont difficiles à se représenter tellement ils sont importants et tellement ça va
04:26vite.
04:26Donc nous, ce qu'on essaie de faire avec cette étude annuelle, c'est d'adopter un rythme lent, assumé,
04:30pour garder les choses de manière assez apaisée.
04:32Donc, se dégagent trois grandes catégories d'usage de l'IA en entreprise.
04:36La première catégorie, on va dire, c'est celles et ceux qui représentent des directions marketing, relations clients,
04:42qui utilisent AdScale, pour parler en bon français comme vous l'adamne, l'IA, pour intégrer l'IA souvent générative
04:50dans les processus de production.
04:52Donc là, on va dire, c'est les premiers de la classe, ils sont deux.
04:54Ensuite, on a une deuxième catégorie qui va utiliser les IA vraiment comme des assistants du quotidien.
04:59On va dire des super stagiaires qu'il faudra quand même encadrer et à qui il faudra mettre un certain
05:03nombre de limites pour cadrer les choses.
05:05Ils pré-qualifient, ils pré-écrivent.
05:07Exactement, ils vont manipuler de la donnée, très souvent sensible.
05:10On va retrouver d'ailleurs les équipes des ressources humaines, de la finance, des achats, de risques et conformités,
05:15qui vont travailler sur des contrats.
05:16Donc là, on manipule beaucoup de données.
05:17C'est cette deuxième catégorie d'usage.
05:19Et enfin, une troisième catégorie d'usage, ce sont les métiers qui vont vraiment animer et gérer des flux physiques.
05:25Donc, on va parler de logistique, de supply chain.
05:28Et là, l'IA sera plutôt un garde-fou pour anticiper des ruptures de stock.
05:31Donc, en fait, il faut replacer les éléments dans le débat, cadrer en fonction des usages d'abord.
05:37Christophe, quand c'est ça, on parle de ces écoles, on parle de ces étudiants,
05:41parce qu'on parle de salariés qui peuvent être impactés ou pas,
05:44ou qui vont risquer de s'ennuyer pour essayer de répondre à la question.
05:46On avait un invité la semaine dernière dans notre débat d'actu, un invité qui disait des choses, William Tay,
05:52qui disait, c'est la fin des bullshit jobs.
05:55Et là, je m'adresse aux écoles qui accompagnent des étudiants.
05:59Il nous disait, voilà, tous ces jeunes étudiants d'école de commerce plus ou moins cotés
06:03qui faisaient les premiers jobs d'assistanat, eux, ils vont disparaître, on ne les prendra pas.
06:08Comment ça se passe, vous, côté école, la promesse que vous faites à vos étudiants
06:12et la manière dont vous les formez ? C'est ça, le sujet.
06:15Alors, je reviens sur un point qu'a mentionné Caroline,
06:18à savoir qu'on peut être un peu déboussolé face à l'ensemble de ces chiffres.
06:21Et je pense qu'il faut faire la distinction, d'abord, tu le disais, entre les métiers et les tâches.
06:26Parce qu'en réalité, là où il y a le plus d'impact, ce sont sur les tâches,
06:29elles recomposent le travail.
06:31Nous, chez Maria School, il s'avère qu'on s'adresse davantage à des professionnels
06:34qui sont d'entreprises, comme Inetam et d'autres.
06:37Et ce qu'on constate, c'est que, pour revenir au titre de la chronique,
06:40ce n'est pas tant l'ennui qu'on voit poindre,
06:42mais plutôt un problème de déresponsabilisation.
06:45Ces jeunes générations qui arrivent sur des métiers qui sont nouveaux
06:48et qui ont l'IA entre leurs mains,
06:50il y a un risque de ne pas avoir une maîtrise profonde du métier,
06:52parce qu'on saute un petit peu toutes les étapes par lesquelles on constitue une réelle expertise.
06:57Il y a un risque de perte de sens, de plaisir au travail,
06:59si on note toutes les tâches qui, en réalité, structurent la pensée.
07:03Et même de perte d'emploi, je m'autorise.
07:04Et de perte d'emploi.
07:05C'est le danger, c'est qu'à un moment donné, si on n'est plus formé et qu'on
07:08n'est plus apte,
07:09en passant par chez vous ou par d'autres, on perd son job.
07:12Bien entendu, bien entendu.
07:13Mais la réalité, je pense qu'il faut prendre du recul tout de même
07:16sur les jobs qui risquent de disparaître.
07:18Ils existent, bien entendu.
07:19Il y a des métiers qui sont exposés à être entièrement automatisés.
07:22Je pense qu'aujourd'hui, il faut quand même regarder la réalité de notre travail,
07:26qui va être certes remaniée.
07:28On va devoir repenser les tâches et comment les délégaliers,
07:31celles qu'on conserve, qu'on doit préserver, protéger.
07:33Et surtout, faire attention aussi aux directives que les organisations envoient à leurs salariés,
07:38qui peuvent générer une vraie intensification du travail,
07:42puisqu'on a ce super stagiaire à nos côtés.
07:44Et donc, on peut se poser la question de, est-ce qu'on augmente le volume de projets
07:48qu'on confie à nos salariés ou est-ce qu'on déplace cette valeur ailleurs ?
07:51Il y a l'enjeu de la formation aussi.
07:53Il y a un baromètre qui a été fait, le baromètre de la formation et de l'emploi
07:56par le CSA et le Centre Info, qui dit que 53% environ des actifs utilisent déjà l'IA,
08:01mais seulement 38% ont suivi une formation.
08:03Il y a un vrai enjeu sur ça.
08:04Le côté ESN, le client va acheter parce qu'il veut améliorer sa productivité,
08:08il veut créer de la valeur, parce qu'il faut quand même appeler un chat un chat.
08:11En même temps, il y a l'acceptation des collaborateurs, puisqu'on en revient au sujet de la formation.
08:17Souvent, on dit aux collaborateurs, il y a un projet incroyable, c'est transversal,
08:20on va faire tomber tous les murs.
08:21Et là, non mais c'est vrai, tout le monde rit, mais là, ça bloque.
08:24On se dit, oh là là là là là là.
08:25Et il faut quand même embarquer d'abord l'humain sur ces sujets-là,
08:28parce que si on ne les embarque pas, le projet ne se fait pas, ou il grippe.
08:32Évidemment, et je voudrais juste rebondir, si vous me le permettez, sur les propos de Christophe,
08:37que je trouve très juste.
08:38C'est-à-dire que là où on voit un impact de l'IA, c'est sur les tâches.
08:42Effectivement, ce n'est pas sur des postes en tant que tels.
08:44Et la question derrière, qui est une vraie question d'organisation,
08:47c'est comment vous faites évoluer les rôles pour justement...
08:50Ça, c'est votre métier.
08:51Ça, c'est mon métier.
08:52C'est effectivement ce qu'on s'attache à faire chez Inetom.
08:55Et pour revenir sur votre notion d'acculturation qui est très très bonne,
08:59nous, on a fait un choix très volontaire en considérant qu'on allait commencer par acculturer,
09:05former en interne, en créant dès l'été dernier un centre d'excellence IA,
09:10qui part de l'existant, qui part des métiers,
09:13en identifiant en fait ces fameuses tâches qui généraient déjà de l'ennui,
09:17qui étaient déjà répétitives.
09:19On leur dit, regardez, on vous allège de ces tâches ennuieuses.
09:21On vous allège de ces tâches-là.
09:22Ça, c'est bien vendu, pour le coup.
09:23Mais c'est bien vendu, parce qu'en fait, il y a un bénéfice immédiat
09:27et qui permet l'engagement.
09:29L'engagement pour commencer à utiliser, à pratiquer.
09:34Même dans les entreprises comme la vôtre,
09:36qui, pour le coup, sont en première ligne sur ces flux,
09:38parce qu'il y avait des ingénieurs, des techniciens, des développeurs.
09:40Même là, il faut faire cette pédagogie.
09:42Il faut faire cette pédagogie parce qu'on reste une entreprise comme toutes les entreprises.
09:46Vous avez les consultants qui ont une appétence technique évidente
09:49parce qu'ils sont chez nos clients et qu'ils accompagnent nos clients.
09:51Mais on a aussi des fonctions marketing, on a aussi des fonctions RH,
09:55des fonctions finance qu'il faut embarquer dans tout cet apprentissage.
09:59Et c'est avec eux qu'on commence.
10:01On parlera des partenaires sociaux, parce qu'ils ont un rôle aussi dans l'entreprise.
10:04Et je trouve qu'eux aussi sont un peu sur le quai pour l'instant,
10:07en termes de formation.
10:09Mais les salariés qui viennent se former,
10:12c'est parce que leur RH, leur manager leur a dit,
10:14écoute, il faut vraiment que tu te formes.
10:16Ou c'est aussi des gens qui disent, il faut que je me scale.
10:18Parce que si je ne me forme pas, moi-même, quelque part,
10:22en prenant le CPF, en se débrouillant,
10:24j'ai tous les risques dans cinq ans, peut-être même plutôt, de disparaître.
10:27Est-ce qu'il y a ce sujet-là qui est posé ?
10:28On a tous les profils qui se présentent dans nos programmes également.
10:32Et je rejoins ce qui a été dit à l'instant,
10:34c'est qu'on va avoir des rapports relatifs au travail qui vont être très différents.
10:37En prenant un contrôleur de gestion dans une grande entreprise,
10:40certains contrôleurs de gestion infectionnent particulièrement
10:43épluchés des centaines de lignes d'un Excel,
10:45d'autres non, et seront bien contents d'allouer ce temps-là
10:48à du relationnel, aux équipes métiers, etc.
10:50Donc il ne faut pas faire de généralisation,
10:52et c'est important de le traiter de façon vraiment bottom-up,
10:55c'est-à-dire que tous les salariés doivent avoir leur mot à dire
10:57par équipe métier, et de faire ce travail de cartographie.
11:00Qu'est-ce que je délègue ? Qu'est-ce que je ne délègue pas ?
11:02Quels sont les arbitrages que je réalise ?
11:04Et en fait, en formation, effectivement, on a à la fois des profils
11:06qui sont sceptiques, réfractaires,
11:08qui ont l'impression qu'on leur demande de poser leur cerveau,
11:10ou qu'on va les remplacer, et d'autres qui sont très appétents.
11:13Etienne Lecoeur, vous venez intervient sur cette question-là.
11:15Oui, l'appropriation, la formation.
11:18Je crois qu'aujourd'hui, notamment les jeunes,
11:20ont vraiment conscience qu'ils ne vont pas forcément être remplacés
11:24en tant que tels dans leur job demain,
11:26ou dans le job qu'ils prétendent avoir demain,
11:28mais ils seront potentiellement dépassés par celles et ceux
11:31qui, dans la même fonction, auront maîtrisé les usages de l'IA.
11:34Donc, ce n'est pas une disparition par un coup de baguette magique,
11:37c'est plutôt une logique progressive d'un dépassement
11:41d'une certaine population qui serait réfractaire
11:44par une population qui serait enthousiaste.
11:45Etienne, j'entends quand même qu'il faut faire de la pédagogie,
11:48faire preuve de transparence,
11:50et je dirais un peu de clarté sur ce qu'on veut faire.
11:52Parce que l'angoisse, c'est de se dire,
11:54l'IA est partout, je ne sais pas comment ça va me percuter.
11:56Vous voyez, une forme d'angoisse un peu existentielle.
11:58En fait, l'angoisse, on y répond par de la gouvernance.
12:00Tout simplement, ce n'est pas quelque chose qui sort de nulle part.
12:04La gouvernance, il y a des centres d'excellence IA qui sont mis en place,
12:07qui permettent d'aller voir et de mettre en valeur les best practices
12:11de manière un peu des rôles modèles aussi de l'entreprise.
12:14Il peut y avoir des référents IA transversaux dans l'entreprise.
12:17Il y a un certain nombre de bonnes pratiques, j'ai envie de dire,
12:20qui peuvent être mises en place pour démystifier et favoriser une bonne gouvernance.
12:23Mais peut-être un sujet qu'on n'a pas encore adressé.
12:25On parle de l'ennui au travail potentiel.
12:29Il faut savoir aussi de quel travail on parle.
12:30Parce qu'on a parlé des différentes fonctions,
12:33mais on a aussi des différents échelons managériaux.
12:35Parce qu'en fait, en réalité,
12:37celles et ceux dont on parle, qui vont fonctionner à la tâche,
12:40ils sont très nombreux dans l'entreprise,
12:42et ce n'est pas du tout péjoratif, c'est une réalité qu'on offre sur le terrain.
12:45Ils sont encadrés par des managers.
12:49C'est bien souvent comme ça.
12:50Et ça, je me tourne vers vous, madame, qui ne le contredirait pas.
12:53Et ce rôle de manager, il fait totalement écho aux enjeux de gouvernance aussi.
12:58Parce que, et d'ailleurs, en mode aussi bottom-up, vous le disiez,
13:01c'est-à-dire qu'on est dans une espèce de logique
13:04qui rebat les cartes de la gouvernance au sens large de l'entreprise,
13:07mais aussi de la gouvernance de l'IA.
13:08Donc, il redonne beaucoup de pouvoir aux managers opérationnels
13:11pour pouvoir aussi déployer, appliquer et faire de la pédagogie.
13:15Les managers, en tout cas, je vous le garantis, ils ne vont pas s'ennuyer.
13:17C'est sûr qu'ils ne vont pas s'ennuyer.
13:18À la tâche, peut-être qu'on va s'ennuyer, peut-être qu'on va trouver ça redondant.
13:21Mais les managers, leur rôle est complètement redéfini.
13:24Les cartes sont rebattues.
13:25Tiens, j'ai une DRH à côté de moi, une belle entreprise.
13:29On n'a toujours pas résolu, au-delà de la question de l'ennui,
13:31qui reste un sujet posé,
13:33on n'a pas résolu de savoir si les entreprises commençaient à gagner de l'argent avec l'IA.
13:37Parce que ce grand sujet, je veux dire, qui est sur la table,
13:39on nous dit, attendez, ça va tout casser.
13:41C'est probablement en train de tout casser.
13:42Mais enfin, vous, vous avez aussi...
13:44Est-ce qu'on commence à gagner de l'argent ?
13:46Ou est-ce qu'on en dépense quand même beaucoup, d'abord ?
13:49En tout cas, les salariés indiquent pour beaucoup que ça aide à améliorer leur performance.
13:53Donc, il y a forcément un gain de productivité.
13:54Donc, il y a de la productivité.
13:55C'est une question qu'on a posée dans notre étude l'an passé,
13:57qu'on a reposée cette année.
13:59Et il s'avère qu'un tiers des sondés l'an passé
14:01arrivait à identifier des poches de valeur,
14:03donc du ROI identifiaire mesurable l'an passé.
14:06On passe à deux tiers cette année.
14:07Donc, il y a quand même une 30% d'évolution sur ce plan-là.
14:10Gain de temps.
14:11Gain de temps.
14:13Justification des investissements.
14:14Donc, légitimisation des investissements
14:16et potentiel au report de ces investissements en année suivante.
14:21Gain d'argent, oui, parce qu'en fait, c'est du gain de temps.
14:24Ensuite, on va aussi identifier la performance.
14:26Sur les métiers du marketing, on en parlait.
14:28Là, typiquement, il y a des cas d'usage qui sont extrêmement clairs et précis,
14:32notamment déploiement de campagnes, médias sur les réseaux sociaux.
14:35Et là, on va pouvoir mesurer très précisément
14:38le temps qu'on a dédié au déploiement du marketing.
14:39Et le retour que l'on a.
14:40Et le retour qu'on a en termes d'impression, en termes de notoriété.
14:44Et donc là, c'est clairement sur certains métiers mesurables.
14:46Relation client, c'est pareil, on va pouvoir limiter le churn.
14:48Je ne voudrais pas parler des journalistes et des communicants.
14:51Parce que là, un jour ou l'autre, on sera un hologramme.
14:53Je serai un hologramme.
14:54Vous aurez votre avatar.
14:55Mon avatar et la machine sera bien meilleure que moi.
14:58Ce n'est pas possible.
14:59Je n'en suis pas sûr.
14:59Ah non, ce n'est pas possible.
15:00L'adhérage que vous êtes, cette question-là, elle vous impacte ?
15:03Parce qu'évidemment, il y a de l'investissement.
15:04Il y a des use cases.
15:05Vous investissez, vous testez.
15:06Puis après, vous allez probablement le développer.
15:09Vous en êtes où, là, sur ce sujet-là ?
15:10Là, je dirais qu'on est plutôt clairement dans la phase d'investissement.
15:14Parce qu'il y a deux axes autour de ça.
15:15Je vous parlais tout à l'heure de notre centre d'excellence.
15:18C'est de tous les use cases qu'on est en train de mettre en place.
15:22Typiquement, on suit les exemples que vous présentez.
15:24Donc, on a commencé avec les fonctions juridiques, avec les fonctions achats, avec les fonctions de transformation.
15:29Évidemment, l'ARH pour ma partie, pour vraiment aller tester là où on pouvait aller gagner du temps et encourager
15:35la culturation.
15:37L'autre axe qu'on suit, c'est évidemment d'utiliser ces use cases pour nos clients.
15:43Donc, c'est une manière détournée de vous répondre.
15:44On gagne de l'argent avec les investissements qui sont faits.
15:47Puisqu'on accompagne notamment un certain nombre de partenaires sur ce qu'on a pu développer en interne pour nous
15:54aider sur les appels d'offres qui sont directement transposables chez nos clients.
15:59Également dans le secteur agricole pour commencer à entrer dans une notion de planification des enjeux sur à la fois
16:06la partie logistique mais aussi météo.
16:09On voit une retranscription pour répondre partiellement à votre question des investissements réalisés en interne en cas client.
16:17Dans votre secteur, c'est intéressant. Je ne veux pas qu'on se quitte sans que vous nous éclairiez, chère
16:20Caroline, sur les partenaires sociaux.
16:22Parce qu'ils sont quand même des interlocuteurs clés sur tous les sujets.
16:26Et ce sont vos partenaires privilégiés.
16:29Ça se passe forcément toujours très bien avec les partenaires sociaux. C'est bien connu.
16:33Qu'est-ce qu'ils en disent ? Parce qu'on a le sentiment, comme beaucoup de Français, que quand
16:36on ouvre le capot, parce que c'est le moment de l'obligation,
16:39ils regardent le moteur, ils ne savent pas trop comment ça marche.
16:41Il n'y a et pas encore très présent au sein du dialogue social.
16:43Chaque année, le syndex et l'IFOP font un baromètre sur l'état du dialogue social.
16:47Et le baromètre 2025 montrent que seulement un tiers des élus et dirigeants ont déclaré que l'utilisation de l
16:53'IA a fait l'objet d'une consultation préalable
16:55auprès des représentants du personnel dans leur entreprise.
16:59Ça reste quand même un gros sujet, puisqu'on évoquait tout à l'heure la transparence.
17:02Elle passe aussi par, lorsque vous êtes en CSE, d'évoquer comment ça se passe.
17:07Est-ce que vous posez sur la table, c'est parfois des sujets très stratégiques,
17:10est-ce que vous posez sur la table aux partenaires sociaux l'idée que vous allez avoir un use case
17:15?
17:15Ou est-ce que c'est des sujets que vous gardez pour vous ?
17:18Et qu'est-ce que dit la loi ? Parce qu'il y a un vrai sujet sur cette question.
17:20Alors, ce n'est pas comme si on avait totalement choix sur le sujet, vous vous en doutez.
17:24La loi est très claire.
17:25À partir du moment où on introduit une nouvelle technologie,
17:28ça fait partie d'un processus de consultation avec les instances.
17:33Dans notre cas précis, on est justement en plein dans une consultation,
17:38puisqu'on a souhaité commencer avec de la gouvernance,
17:40justement pour poser le cadre, expliquer la manière dont on souhaitait l'utiliser.
17:44Et donc, on est en consultation sur ce sujet-là.
17:47Avec les partenaires sociaux ?
17:48Avec les partenaires sociaux, pour fixer le cadre.
17:51Après, je vous rejoins, c'est les partenaires sociaux,
17:55en tout cas dans l'expérience concrète que j'en ai,
17:57sont très intéressés et très concernés par l'impact direct sur les emplois,
18:01qui est peut-être aujourd'hui le sujet sur lequel on a le moins de retours.
18:05Enfin, en tout cas, de retours d'expérience
18:07et de capacité à vraiment prévoir ou affiner directement
18:13les impacts que ça pourrait avoir sur l'emploi.
18:15Donc, c'est un dialogue en construction.
18:17Donc là, vous êtes en construction, en discussion avec eux ?
18:20Au moment précis où je vous parle, oui.
18:22Sur de la gouvernance et la manière dont on met en place les choses au sein d'Inetum.
18:27Sans rentrer trop profondément, mais faisons-le.
18:29Est-ce que ces partenaires sociaux sont suffisamment formés ?
18:33Est-ce qu'ils sont passés par MariaSchools ou d'autres belles institutions
18:35pour justement être capables aussi d'être un interlocuteur cohérent sur ces sujets ?
18:40Parce qu'il faut pouvoir répondre à ces sujets.
18:43Objectivement, au bout de deux minutes, quand on n'est pas expert, on est perdu.
18:46Je crois qu'il n'y a pas beaucoup d'experts du sujet de l'IA,
18:50tellement il est vaste.
18:50Ça chamboule complètement l'entreprise en profondeur.
18:54Et on est un peu tous égaux devant l'IA, au final.
18:56Et donc, il n'y a pas, je pense, d'un côté, des décideurs, des sachants qui vont...
19:02On est tous en mode test and murder.
19:04Et on apprend tous en marchant, je crois, sur ce sujet.
19:06C'est des révolutions granulaires, comme on en a rarement connu,
19:10je dirais, depuis l'électricité peut-être.
19:13Donc, c'est vraiment un chamboulement.
19:15Et en fait, on est un peu tous dans le même panier.
19:17C'est une aventure collective.
19:18Et qui dit aventure collective, dit redessiner un peu des cadres,
19:23de travail, de gouvernance, des nouvelles relations,
19:26et peut-être un nouveau dialogue, qu'il soit social ou économique.
19:29Il faut réinventer un petit peu l'entreprise avec l'IA.
19:31Même chose de votre côté, côté école, parce que les gens viennent se former,
19:34mais tous les six mois, on nous dit que la technologie, elle change.
19:36Vous allez vous prendre la tête avec les encadrants et vos experts,
19:39parce qu'à chaque fois, il faut coller, évidemment, aux nouvelles techs.
19:42Enfin, j'imagine.
19:43Oui, c'est un enjeu énorme.
19:44Les entreprises, aujourd'hui, le schéma qui se répète sans cesse,
19:47c'est qu'on déploie des outils, on les met à disposition des collaborateurs,
19:51on forme, sans passer par cette étape préalable qui est
19:53comment notre métier est recomposé,
19:55qui est dans laquelle il faut impliquer les partenaires.
19:56Six mois plus tard, c'est autre chose.
19:58Et six mois plus tard, parce qu'il y a une nouvelle rupture technologique,
20:00une nouvelle fonctionnalité sur chaque GPT, on doit tout recommencer.
20:03Et donc, il y a un enjeu d'apprendre à apprendre.
20:05Et c'est là où les départements formation,
20:07les directions learning and development des entreprises sont clés,
20:09plus stratégiques que jamais, je pense,
20:11parce qu'elles devront mettre en place des infrastructures,
20:14d'apprentissage, où les collaborateurs, tous les six mois,
20:17tous les ans, vont pouvoir se mettre à jour.
20:18Merci Christophe Contessao, directeur pédagogique Maria School.
20:21Merci à vous, cher Marie-Claude Chazot,
20:23DRH d'Inetom, 8000 salariés,
20:26une ESN qui se déploie partout en France.
20:29Merci à vous, Étienne Lecoeur,
20:30les enthousiastes qui nous donnent envie, évidemment,
20:32de s'intéresser, de se pencher sur tous ces sujets
20:34et vos études à découvrir sur le site
20:36de les enthousiastes et sur KPMG, me semble-t-il.
20:40Les deux.
20:40Suivez-nous sur LinkedIn.
20:41Et merci à Caroline de Senneville
20:43qui m'accompagne dans chacune de mes émissions,
20:45c'est toujours un plaisir.
20:46Merci à vous, merci de votre fidélité.
20:47Je vous dis à très bientôt.
20:48Merci à Nicolas Juchat,
20:49merci à Pierre Lou à la réalisation
20:51et merci à notre ami ingénieur Dusson.
20:54Je vous dis à bientôt.
20:54Bye-bye.
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