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  • il y a 11 heures
Laurent Escarrat, CEO et fondateur d'Orus, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 16 février. Il s'est penché sur le développement de l’imagerie hyperspectrale qui permet d'identifier la composition physico-chimique précise des surfaces terrestres, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:04Et oui, donc après Aureus, voici Aureus.
00:07Et vous allez voir, ça n'a pas grand chose à voir.
00:09Laurent Escarat est avec nous. Bonsoir Laurent.
00:11Bonsoir.
00:12Vous êtes le CEO et fondateur d'Aureus.
00:14Là avec vous, on va s'intéresser à tout ce qui se touche à l'espace
00:18et surtout à la captation d'images d'une qualité exceptionnelle de l'espace de la Terre.
00:24C'est ça un peu votre signature.
00:26Est-ce que vous pouvez nous présenter Aureus, s'il vous plaît ?
00:29Bien sûr. Alors effectivement, Aureus développe une capacité souveraine spatiale d'imagerie hyperspectrale
00:36qui permettra de fournir les informations de la composition précise de la chimie observée sur la Terre.
00:44C'est donc une capacité qui est de nouvelle génération et complémentaire à ce qu'on connaît aujourd'hui dans
00:50l'imagerie spatiale,
00:52c'est-à-dire le visible, qui voit les couleurs, qui voit les formes.
00:55On connaît le radar aussi, qui va détecter la structure de ce que l'on regarde.
01:00D'accord.
01:01Et l'imagerie hyperspectrale va permettre de voir la composition,
01:04c'est-à-dire qu'on va pouvoir compléter le triptyque.
01:07On observe avec précision.
01:09On identifie avec une très grande précision également ce que l'on observe,
01:15ce qui permettra de décider en toute confiance.
01:19C'est intéressant, le mot hyperspectral, concrètement, qu'est-ce que ça peut apporter,
01:24le fait d'avoir des données, je dirais, d'une zone avec cette technologie ?
01:31Qu'est-ce que ça peut apporter, en fait ?
01:33Alors, pour répondre à votre question, je vous en pose une autre.
01:36D'abord, c'est qu'est-ce que l'on peut faire du moment que l'on connaît précisément ce
01:41que l'on voit ?
01:42C'est-à-dire pas en apparence, mais on a la vérité.
01:45Et donc, aujourd'hui, par rapport à tous les enjeux du XXIe siècle,
01:48qu'ils soient sociétaux, environnementaux, sécurité,
01:52donc là, je parle évidemment de souveraineté, sécurité, défense,
01:57transition énergétique, développement durable, agriculture, urbanisme, etc.
02:03L'hyperspectral permet de répondre à toutes ces questions
02:06parce qu'on va réaliser la spectroscopie dans chacun des pixels.
02:09Donc, je peux vous donner quelques exemples très concrets.
02:13L'agriculture, de précision, on va savoir où est le champ.
02:19On va pouvoir identifier quelle est l'espèce qui pousse.
02:23On va pouvoir déterminer le type de sol.
02:25On va pouvoir déterminer le stress hydrique de la plante.
02:28Du coup, on va savoir quand arroser, quand semer, quand semer de l'engrais
02:32et détecter les maladies extrêmement tôt avant qu'elles arrivent.
02:35Mais ça, une photographie traditionnelle, de haute précision,
02:40qui passe à l'IA, ne peut pas avoir ces données-là ?
02:43Il faut passer par le hyperspectral, c'est ça ?
02:45Oui, parce que l'hyperspectral, en fait,
02:47si je fais un rapide historique sur l'imagerie,
02:50au début, il y a eu noir et blanc.
02:53Après, il y a eu la couleur.
02:54Ce sont toutes les images que l'on connaît très bien,
02:56très résolues, etc., très jolies.
02:59Après, il y a eu ce qu'on appelle le multispectral.
03:01C'est typiquement le RGB.
03:03On va découper le spectre observé dans de très, très, très grandes bandes.
03:08Rouge, vert, bleu.
03:09Voilà, par exemple.
03:10Mais du coup, on va pouvoir observer les détails spectraux très, très gros.
03:15L'hyperspectral, comme son nom l'indique,
03:17le spectre d'observation, on va au moins le découper
03:19dans une centaine de toutes petites bandes.
03:22D'accord.
03:22C'est-à-dire qu'on va avoir une courbe spectroscopique très bien résolue
03:25qui va nous permettre d'identifier avec précision et très finement
03:29toutes les signatures de la matière.
03:31Alors, vous êtes basé ici à Sofia Antipolis.
03:33Le siège, effectivement.
03:33Mais aussi à Toulouse et à Paris.
03:35Toulouse, forcément, puisque c'est quand même le...
03:38C'est le temple historique.
03:39Le point indispensable de l'espace.
03:42Où est-ce que vous en êtes aujourd'hui ?
03:43Parce que, d'après ce que j'ai compris,
03:45le calendrier est quand même assez proche, là.
03:47Oui.
03:482027, c'est ça ?
03:49Il faudra se revoir.
03:51Évidemment, avec plaisir.
03:52Alors, là, vous avez bouclé votre financement.
03:56Vous en êtes où, en fait ?
03:58Alors, concrètement, le projet se fait en plusieurs phases.
04:03Donc, d'abord, on lance un premier satellite
04:05pour démontrer que toute la technologie telle que nous la voyons,
04:08qu'on va qualifier de New Space,
04:09c'est-à-dire plus simple, plus rapide
04:12et plus industrialisé pour avoir des constellations,
04:15et bien, effectivement, on attend.
04:16On a les résultats attendus.
04:17Donc, ce budget est bouclé grâce à des supports nationaux
04:23qui ont été déterminants.
04:25Donc, je vais citer le CNES pour le cas de subvention,
04:27le ministère des Armées, au travers de la DGA
04:30et de l'Agence Innovation en Défense,
04:32qui ont été l'accélérateur de cette technologie,
04:36plus une levée de fonds qui a eu lieu l'année dernière,
04:38une première levée de fonds, une site de 5 millions d'euros,
04:40ce qui nous a permis de boucler ce financement-là
04:43du premier satellite pour démontrer que ça marche.
04:46va suivre une deuxième phase.
04:49Et justement, ce premier satellite, il est où, là ?
04:51Alors là, en ce moment, les équipes sont en train d'intégrer
04:55l'appareil photo, donc l'imageur hyperspectrale.
04:59Le plus important.
05:01Alors, c'est un des deux cœurs du sujet.
05:04Il faut d'abord avoir un système résilient,
05:09mature et industrialisé qui a de très grandes perfumes.
05:13Ça, c'est un de nos savoir-faire.
05:14Donc, ça, on court, voilà, c'est jusqu'à la fin d'année.
05:17On va livrer le modèle de vol fin d'année au satellitier
05:20qui va l'intégrer sur la plateforme.
05:23C'est Ariane qui va le lancer ?
05:24Alors, le choix s'est fait plus tôt.
05:27Donc, c'est SpaceX ? Non, c'est qui ?
05:29Alors, oui, pour ce coup-ci, c'est SpaceX, bien sûr,
05:33parce que le choix du lancement se fait extrêmement tôt.
05:37Oui, bien sûr, parce qu'il y a une telle demande aujourd'hui
05:42qu'il faut réserver ses créneaux le plus tôt possible, en fait.
05:45Oui, et c'est aussi...
05:46Alors, effectivement, c'est un timing, c'est une agilité.
05:49C'est disponible à un moment donné où la décision doit se faire.
05:52La décision, c'est aussi de la techno.
05:54C'est-à-dire qu'un satellite est dimensionné par rapport à un lanceur.
05:58Donc, le choix se fait extrêmement tôt
06:00et c'est très, très, très compliqué de revenir en arrière après.
06:03Par contre, nous, on regarde tout ce qui s'offre aujourd'hui
06:07et on est prêts, évidemment, à remettre en cause
06:10pour que ce soit le plus simple et le plus pratique pour nous
06:13et avec, effectivement, des enjeux de souveraineté
06:14que l'on connaît tous aujourd'hui.
06:16D'accord, donc le premier satellite partirait l'année prochaine, si tout va bien ?
06:18Oui, tout à fait, premières images l'année prochaine.
06:20OK.
06:21Va suivre une constellation.
06:22Alors, ces premières images, vous pourrez déjà en tirer un bénéfice commercial ?
06:25Bien sûr.
06:25Ou c'est qu'un proof of concept qui va mettre en place le futur, en fait ?
06:31Alors, c'est un premier de série.
06:33C'est-à-dire qu'on va directement générer du chiffre d'affaires avec.
06:35OK.
06:36Alors, comparé, il y a deux grands mondes.
06:39Il y a l'émission institutionnelle où, effectivement,
06:42où il y a de la rupture technologique,
06:44beaucoup de risques technos qui nécessitent vraiment des preuves de concept.
06:47Nous, on est sur des technologies beaucoup plus matures
06:50avec l'innovation où il faut.
06:52Déjà matures, industrialisées et robustes pour pouvoir directement industrialiser les données.
06:57D'accord.
06:58Donc, c'est un premier de série.
07:00Après.
07:01Donc, ça fonctionne.
07:03Tout va bien.
07:03Oui.
07:03Qu'est-ce qui se passe ?
07:05Alors, on est dans une logique incrémentale.
07:07Le premier satellite marche.
07:09On le généralise dans une petite constellation de trois suivants.
07:14Plus, on va injecter une deuxième génération encore plus performante
07:19qui nous permettra de récupérer encore plus de signatures spectrales de la matière.
07:23Et donc, la phase encore après, ça se qualifie.
07:26On généralise dans une autre constellation avec une nouvelle génération, etc.
07:30Idéalement, il faudrait que cette constellation contienne combien de satellites ?
07:36Alors, aujourd'hui, ça va dépendre des besoins.
07:39Avec cinq satellites, nous allons pouvoir avoir une couverture pratiquement journalière sur la totalité du globe.
07:46Ce qui, dans un premier temps, est largement suffisant par rapport à ce que l'on souhaite démontrer
07:50et les cas d'usage que l'on cherche à voir.
07:52Après, notre technologie étant, pour l'instant, sans limite, parce que c'est une technologie en découverte,
08:01les besoins de revisite dépendront du cas d'usage.
08:04Bien sûr.
08:05Il y en a qui n'en auront pas besoin.
08:06D'autres avec des séries temporales extrêmement rapides.
08:09Nous, on se dit déjà qu'avec une revisite journalière,
08:12l'évolution, on commence à voir quelque chose de très utile.
08:17Ce sont des satellites qui sont en basse orbite ?
08:20Oui, les hauts.
08:21D'accord.
08:22Oui.
08:23On est dans un moment un peu particulier où on parle beaucoup de défense.
08:27Est-ce que, pour la défense, et vu l'un de vos investisseurs, je pense avoir la réponse,
08:33ça a un sens, justement, pour le renseignement, par exemple ?
08:36Alors, oui.
08:37Je vais revenir à la question.
08:39Que peut-on faire en connaissant la vérité terrain ?
08:43Avec le visible, on croit avoir quelque chose.
08:47Avec l'hyperspectral, on arrive à savoir exactement ce que c'est.
08:51Je vais vous faire une analogie civile.
08:53Si on voit une tâche sur l'eau, dans le visible, avec l'hyperspectral, on va savoir dire que c
08:58'est du plastique,
08:59c'est de l'hydrocarbure, c'est de l'huile.
09:02Donc, de la même manière, on peut détecter toutes les anomalies.
09:04On croit avoir quelque chose, mais ce n'est pas la réalité.
09:07Après, je vous laisse à votre propre imagination.
09:09Non, mais ça prouve, en tout cas, le degré de précision auquel on a accès avec votre technologie.
09:15Voilà, c'est une technologie qu'on appelle double usage.
09:17C'est-à-dire, c'est une technologie civile d'intérêt et défense, effectivement.
09:21Merci beaucoup, Laurent.
09:23Merci à vous.
09:23Laurent Escarat, CEO et fondateur d'Aurus.
09:27Merci.
09:28Merci.
09:28Merci.
09:28Merci.
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