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  • il y a 15 minutes
Edgar Lemaire, fondateur et président de Durance AI, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 16 février. Il s'est penché sur la frugalité dans le monde de l'intelligence artificielle, notamment dans la robotique, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:04Voilà le retour de Tech & Co, la quotidienne.
00:06Nous sommes toujours au World AI Cannes Festival.
00:11Je vous rappelle que ce rendez-vous s'est terminé en fin de semaine dernière.
00:15Mais comme on avait beaucoup de choses à vous raconter,
00:18on vous a enregistré cette émission que vous êtes en train de regarder en ce lundi soir.
00:22Jusqu'à 21h, bien évidemment.
00:24On va parler maintenant de frugalité dans le monde de l'intelligence artificielle.
00:29Notamment pour la robotique, mais aussi pour tout objet embarqué
00:34qui n'a pas une énergie infinie.
00:37C'est ce que va nous présenter Edgar Le Maire avec Durance AI.
00:42Bonsoir Edgar.
00:43Bonsoir.
00:43Vous êtes fondateur et président de cette société.
00:46Et c'est vrai qu'aujourd'hui, on se rend compte que l'intelligence artificielle,
00:49et quand on voit les annonces qui sont faites par les géants de la tech,
00:53c'est des gigawatts de puissance.
00:55C'est énormément de consommation d'électricité.
00:59Ça veut dire aussi du refroidissement.
01:01Ça intègre énormément de choses.
01:03Vous, vous partez du principe qu'on peut faire de l'IA tout en étant économe en énergie.
01:09Oui, c'est tout à fait ça.
01:11Effectivement, on se rend compte aujourd'hui que l'intelligence artificielle,
01:13ça consomme énormément d'énergie.
01:15Il y en a certains qui construisent des centrales nucléaires pour alimenter les data centers.
01:18C'est un débat d'ailleurs qui est ouvert.
01:19Oui, tout à fait.
01:20Et nous, notre parti pris, c'est qu'on peut faire de l'IA pour moins d'énergie.
01:24Alors, pas pour les data centers comme ChatGPT, mais pour les systèmes robotiques, pour les drones, pour les satellites.
01:30En fait, effectivement, tous les systèmes fonctionnent sur batterie ou pas branchés au secteur, en tout cas.
01:35Parce que c'est vrai que l'IA, souvent, elle est dans le cloud.
01:37Donc, on se dit, finalement, s'il y a est déporté, je n'ai pas besoin de trop de puissance
01:41de calcul sur le robot.
01:43Parce qu'on va prendre cet exemple de robot.
01:45Mais malgré tout, il faut un minimum d'intelligence, on va dire, sur l'appareil.
01:52C'est ça ?
01:53Oui, tout à fait.
01:54Il y a plein de raisons à ça.
01:56Déjà, pour des questions de privacy, pour des questions de sécurité des données,
02:00on n'a pas forcément envie qu'un robot qui se déplace chez nous téléverse la donnée qu'il est
02:05en train de capter sur des serveurs distants.
02:07On veut qu'elle reste chez nous, en question de sécurité et de confidentialité.
02:12Puis, il y a aussi des questions de réactivité.
02:14Si un robot doit éviter un obstacle, on ne veut pas envoyer la donnée sur le cloud, attendre qu'elle
02:19revienne.
02:19On veut que ça puisse se passer de façon instantanée.
02:22Aujourd'hui, l'IA, dans les robots, on voit qu'on est au tout début.
02:28Jeudi dernier, on recevait Unitree et ces robots incroyables qui ont une dextérité en électromobilité qui est folle.
02:38Mais ils sont bêtes.
02:40Il faut implémenter cette IA.
02:42Vous avez votre mot à dire là-dedans ?
02:45Vous pourriez apporter de l'intelligence sur ce type de robot ?
02:48C'est exactement notre mission.
02:50Vous avez tout à fait compris ce qu'on essaye de faire.
02:52Effectivement, les robots se déplacent de façon bluffante.
02:56Leurs gestes sont très proches de ceux des humains.
02:58C'est dingue.
02:59Mais par contre, ils sont effectivement un peu bêtes.
03:01Ils savent danser, à la limite plier du linge.
03:04Mais ça reste très gadget.
03:06Nous, ce qu'on veut, c'est qu'ils deviennent vraiment autonomes, vraiment intelligents quelque part pour qu'ils puissent
03:11nous remplacer dans les tâches du quotidien afin de nous concentrer sur des choses plus intéressantes.
03:17Et pour ça, ils n'ont pas seulement besoin d'un corps performant, ils ont besoin d'un cerveau performant
03:22qui va permettre d'exécuter des algorithmes d'intelligence artificielle en leur sein.
03:26Et alors, vous, votre mission, c'est quoi ?
03:28C'est de développer du soft, du hardware aussi, compatible avec cette frugalité, c'est ça ?
03:34Oui, c'est tout à fait ça.
03:35Notre cœur de métier, c'est le développement de la puce, du hardware qui va supporter l'exécution des algorithmes.
03:41Mais on propose une solution intégrée dans laquelle on va livrer un usage plutôt qu'un composant.
03:47Donc le software, les modèles de machine learning, le hardware et en fait tout mis ensemble pour permettre de répondre
03:54à un besoin qui est pour nous, en tout cas, celui de la vision par ordinateur.
03:58Donc ça va être la navigation autonome, la reconnaissance des objets dans le but de conférer des capacités de perception
04:04de l'environnement au robot.
04:07Vous en êtes où aujourd'hui, en fait, chez Durance ?
04:10Alors, ça fait un petit moment. Nous, on découle d'un projet de recherche académique.
04:14Donc c'est un projet qui a cours depuis 2015.
04:16Eco Technology, c'est ça ?
04:17Oui, alors Eco Technology, c'était le premier nom de la startup qu'on vient de renommer Durance.
04:22C'était un projet dans un labo qui a mené à ma thèse de doctorat et puis à la création
04:27de cette startup en juin 2025.
04:29Et aujourd'hui, on a commencé la commercialisation.
04:32Donc on a déjà fait pas mal de chiffres d'affaires.
04:33C'est exceptionnel pour une startup de semi-conducteurs de ce niveau.
04:37Et on a culturé notre première levée de fonds là en janvier 2026 qui nous permet de voir plus grand
04:41et d'aller vers notre premier produit.
04:43Ça m'intéresse de savoir ce que vous avez déjà commercialisé en fait.
04:46Alors, on a commercialisé plusieurs choses qui sont d'ailleurs déjà démontrées sur ce salon.
04:49Donc notamment dans les robots Unitree dont vous parliez tout à l'heure.
04:53Alors, ce n'est pas avec Unitree directement, mais on a un partenaire qui utilise des robots Unitree.
04:57On leur a conféré un système de vision extrêmement économe en énergie qui leur permet de détecter des personnes dans
05:03le champ de vision du robot afin de les éviter.
05:05Alors, c'est un cas d'usage démonstratif, pas forcément en production.
05:10Mais voilà.
05:11On a aussi des systèmes de tracking qui permettent le suivi d'objets, la compensation des mouvements de la caméra.
05:17Le tout, encore une fois, appliqué à des robots pour leur permettre de mieux comprendre et de mieux percevoir leur
05:22environnement.
05:23Alors, c'est passionnant tout ça et on voit que ça progresse vite.
05:26Mais on est encore très, très loin d'un robot qui pourrait nous apporter un café ici sur ce plateau
05:32en fait, qui pourrait comprendre qu'il y a des obstacles, tenir comme il faut un verre, l'apporter, le
05:39poser sans renverser de liquide, etc.
05:43Est-ce que c'est quelque chose qui est envisageable ?
05:45Vous qui êtes vraiment dans le dur là, c'est votre job ?
05:49C'est beaucoup plus qu'envisageable.
05:50Effectivement, c'est notre job et on va le faire.
05:52On va vraiment le faire.
05:53On va conférer ces capacités-là aux robots et leur permettre de se comporter de façon autonome,
05:58exactement comme un serveur pourrait se comporter de façon autonome dans un restaurant, une infirmière dans un hôpital.
06:03Notre but, c'est vraiment de suppléer les humains dans les tâches compliquées, demandeuses d'énergie et pour leur permettre
06:11de remplacer les humains dans ces tâches-là.
06:13D'accord.
06:13Mais aujourd'hui, un robot Unit3, il est commercialisé avec du hardware finalement et des processeurs aussi.
06:21Comment faites-vous justement pour vous associer avec ce type de mécanisme ?
06:27Alors nous, on a développé une plateforme qui est considérée comme un périphérique de l'ordinateur central du robot.
06:33On vient un peu se brancher comme on brancherait une carte graphique sur un ordinateur pour lui conférer des capacités
06:38de visualisation.
06:39Donc vous rajoutez du hardware sur Unit3, c'est ça ?
06:40Oui, c'est ça.
06:41En fait, on vient se brancher comme un composant, ce qu'on appelle aftermarket, pour améliorer les performances.
06:47D'accord.
06:47On ne va rien remplacer à l'intérieur, mais on va améliorer.
06:50C'est un peu un add-on, un additif qu'on vient rajouter dans le robot.
06:53D'accord.
06:53Mais demain, l'idée, c'est de se substituer au hardware qu'il y a déjà pour que vous soyez
06:58intégralement présent.
07:00C'est ça l'idée ?
07:01Alors, à terme, oui.
07:02Nous, on se concentre pour l'instant sur le cœur de notre valeur, qui est vraiment l'accélération et l
07:07'amélioration de l'exécution d'intelligence artificielle pour la vision.
07:10Mais à terme, évidemment, on voudrait remplacer, pas seulement par analogie, le cortex visuel, mais l'intégralité du cerveau du
07:16robot.
07:17Mais justement, est-ce qu'on peut avoir une vraie intelligence sans consommation énorme d'énergie ?
07:23Je pense que c'est quand même assez paradoxal.
07:26On voit aujourd'hui, les LLM, les Chagipiti, les Gemini sont très consommateurs d'énergie dès qu'on fait une
07:32requête.
07:33Et malgré tout, sur un robot, il va falloir de l'intelligence.
07:36Et une intelligence peut être encore plus puissante pour qu'elle comprenne son environnement, etc.
07:41Ce n'est pas paradoxal ?
07:44C'est exactement notre job.
07:45Et en fait, nous, on fait ça en regardant la biologie.
07:49Dans la tête, dans le crâne, on a le processeur d'intelligence artificielle le plus performant du monde.
07:54Il consomme 20 watts pour des milliards de milliards de neurones.
07:58Ça, c'est des milliards de fois plus efficaces que de chez GPT.
08:00Ah oui, l'efficience, elle est impressionnante.
08:02C'est inégalable.
08:04On ne pense pas à l'égaler, mais en tout cas, en s'en inspirant, on va pouvoir baisser drastiquement
08:09la consommation.
08:09Donc nous, ce qu'on fait, c'est qu'on regarde comment ça fonctionne dans le cerveau.
08:13Et on reproduit ce fonctionnement dans les algorithmes et dans les processeurs qui sous-tendent leur exécution.
08:18Et aujourd'hui, ça nous permet déjà d'être 100 fois plus efficaces en énergie qu'un processeur NVIDIA, par
08:22exemple.
08:23Alors nous, on ne fait pas de LLM, mais pour faire de la vision, par exemple, on est 100 fois
08:26meilleur.
08:26Demain, on ira peut-être vers les LLM aussi.
08:28C'est la suite des événements, oui.
08:29D'accord. Donc c'est quoi ? Il y a une espèce de compréhension neuronale de votre programmation et de
08:37votre hardware, c'est ça ?
08:39C'est un rapport avec les neurones ou comment vous analysez la manière dont le cerveau réagit ?
08:45Alors nous, on s'est inspiré de ce que faisaient les neurosciences.
08:48Les neurosciences, à l'origine, ils ont produit des algorithmes dans le but de modéliser le cerveau, de comprendre comment
08:53le cerveau fonctionne.
08:54Ils imaginaient que ça fonctionnait d'une certaine manière.
08:56Ils ont développé ces modèles pour comparer à la réalité.
08:59Et c'est comme ça que ça se passait.
09:00Et des chercheurs en machine learning, en intelligence artificielle, ont vu ces modèles-là, ont vu leur capacité de raisonnement
09:06et leur promesse en termes de consommation énergétique,
09:09de par le fait qu'ils soient inspirés du fonctionnement du cerveau.
09:11Et nous, on récupère ces modèles et on les applique à des tâches d'intelligence artificielle.
09:15A votre avis, le robot intelligent qui sera ou dans les usines ou à la maison, c'est pour quand
09:21?
09:22Moi, je pense que ça commence déjà aujourd'hui.
09:24On le voit qu'il commence à arriver dans les foyers.
09:27Je pense que d'ici 10 ans, une grande partie des foyers, des usines, des bureaux, des hôpitaux seront équipés
09:32de robots intelligents.
09:33C'est amusant parce que souvent, je pose cette question et il y a une espèce de consensus sur 10
09:38ans, finalement.
09:40C'est suffisamment loin pour ne pas trop se mouiller.
09:43C'est ça.
09:44Oui, mais bon, 10 ans, ça va vite.
09:46Bon, on prend date.
09:48On se retrouvera en 2036.
09:49Avec grand plaisir.
09:50Merci beaucoup, Edgar Le Maire, fondateur et président de Durand-Seaille.
09:54Merci beaucoup.
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