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  • il y a 12 heures
Ce jeudi 12 février, Olivier de Langavant, directeur général de Maurel & Prom, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Il est revenu sur la situation de leur entreprise pétrolière, présente au Venezuela, et qui ne peut plus utiliser sa licence à cause des sanctions américaines. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est la seule entreprise pétrolière française présente à Caracas.
00:03On est avec Olivier Langavant. Bonjour, vous êtes le directeur général de Morel et Prom,
00:08entreprise pétrolière française historique sous pavillon indonésien depuis 2016.
00:13Le seul à être présent à Caracas, oui, mais quand même avec une situation qui n'est pas simple,
00:18évidemment là-bas depuis des années, puisque vous avez une licence que vous n'utilisiez plus
00:23à cause des sanctions américaines. Vous revenez là du Venezuela.
00:26Et là, vous avez rencontré Delcy Rodriguez. Est-ce que vous allez pouvoir retravailler normalement ?
00:34Bonjour Laure, écoutez, merci. Donc, est-ce qu'on va pouvoir retravailler normalement ?
00:38Oui, très prochainement, en fait. On attend comme d'autres, d'ailleurs, incessamment,
00:44peut-être aujourd'hui ou demain, une licence, ce qu'on appelle une licence américaine.
00:49C'est quelque chose qui vous autorise à travailler quand il y a un régime de sanctions.
00:55Et donc, on avait une licence jusqu'au mois de mai de l'année dernière.
00:59Elle a été suspendue, comme les autres.
01:01Et puis, donc, on pense qu'elle va être remise en place ces jours-ci,
01:05ce qui va nous permettre, on n'a pas quitté le pays, mais qui va nous permettre
01:08de pouvoir de nouveau toucher des revenus, investir.
01:12Et donc, c'est quelque chose d'événement de très positif.
01:15Les changements qu'il y a eu le 3 janvier au Venezuela,
01:19c'était pas pour que les choses s'arrêtent, c'était pour qu'elles repartent.
01:22Et donc, cette licence, je n'ai pas de doute qu'elle...
01:25Mais pour qu'on comprenne bien, vous avez une trentaine de personnes sur place
01:30depuis le mois de mai dernier, sur le gissement, c'est à Maracaibo.
01:34Ces gens-là, vous ne faisiez rien ? Vous étiez en attente, si je puis dire ?
01:38Alors non, vous avez parlé d'abord, il y a une trentaine de personnes,
01:40Morel et Prom, mais il y a également à peu près 200 personnes de PDVSA
01:45qui travaillent avec nous, qui a eu la compagnie vénézuélienne.
01:47Et ces gens-là, non, ils maintenaient les installations, la production continuait.
01:52Mais par contre, on ne pouvait pas y investir de façon importante.
01:56Et on faisait uniquement tourner les installations et on ne pouvait pas toucher de revenus,
02:00on ne pouvait pas exporter le pétrole qui nous revenait.
02:03À partir de, peut-être, demain, on va pouvoir reprendre tout ceci,
02:08réinvestir, rediscuter de nouvelles affaires peut-être aussi.
02:13Total Energy dit qu'ils n'iront pas.
02:15Il y a des compagnies américaines qui considèrent que c'est trop compliqué le pétrole vénézuélien.
02:19Vous, vous dites que ça vaut le coup ?
02:21Absolument, oui.
02:21Alors, ce qu'il faut voir, c'est que, en ce qui concerne Total,
02:25les certains majors américains, ils y ont déjà été.
02:28Et puis, ce sont des sociétés qui ont, finalement,
02:30beaucoup d'autres opportunités un peu partout dans le monde.
02:33Donc, le Venezuela, peut-être que c'est bien,
02:35mais après tout, il y a peut-être d'autres choses plus faciles.
02:37Donc, ils ne se précipitent pas pour y revenir.
02:40En ce qui nous concerne, en fait, nous, on a un très beau gisement
02:43qui fait actuellement, il faisait 13 000 barils le jour quand on l'a pris.
02:47On l'a monté à 20 000.
02:48Et dès qu'on sera autorisé à travailler,
02:50on pourra peut-être tripler la production,
02:52monter à 60 000 ou même 80 000 barils le jour.
02:55Donc, on a un truc qui est très bien,
02:57qui, à notre échelle, est important.
02:59Mais on dit que le pétrole est trop lourd,
03:01trop difficile à raffiner.
03:03– Alors, le pétrole, trop lourd, je ne sais pas s'il est trop lourd.
03:07Enfin, le pétrole vénézuéen, l'essentiel du pétrole vénézuéen,
03:10qui est le pétrole qui vient de la ceinture de Lorénox,
03:16ça, c'est un pétrole lourd.
03:17Nous, on est sur le lac de Maracaibo,
03:18et en fait, on produit un pétrole qui est plus léger.
03:20– Ah, d'accord.
03:21– Donc, il ne pose pas de problème pour être raffiné.
03:23Mais même le pétrole dit lourd vénézuéen,
03:25le pétrole classique, celui-ci, il se raffine.
03:29Et d'ailleurs, les raffineries américaines sur le golfe du Mexique
03:32sont tout à fait friandes de ce brut
03:36qui a une petite décote et qu'il valorise très bien.
03:38– Vous avez été reçu avec l'espagnol Repsol.
03:41Delcy Rodriguez, qu'est-ce qu'elle dit aux entreprises européennes ?
03:44– Alors, je n'ai pas été reçu avec Repsol.
03:46Repsol a été reçu, j'ai été reçu séparément.
03:49– D'accord.
03:49– Donc, qu'est-ce qu'elle dit ?
03:51Elle dit qu'elle nous aime bien et qu'elle veut qu'on investisse plus.
03:54Bon, on a discuté essentiellement de trois choses.
03:57C'est d'une part, il y a une nouvelle loi pétrolière qui vient de sortir.
04:01Donc, il va nous permettre d'améliorer les conditions fiscales de notre contrat.
04:04Donc, les choses seront encore mieux.
04:06Donc, on va en discuter.
04:08On a parlé de nouvelles opportunités.
04:10On prévoit et on souhaite prendre de nouveaux champs.
04:13Donc, prendre au-delà de notre champ, qui est assez important,
04:16en prendre d'autres.
04:17Et puis, le dernier volet, c'était de discuter.
04:20Il y a un certain nombre, tous les barils qui ont été produits
04:22depuis que la licence a été suspendue.
04:24Ces barils-là, ils n'ont pas été enlevés.
04:26Donc, il s'agit simplement de discuter de quand est-ce qu'ils nous mettent à disposition
04:30la dizaine de cargos auxquels on va voir.
04:34Et aujourd'hui, quand vous discutez, vous avez des doubles discussions
04:37avec les Américains et avec les Vénézuéliens en même temps.
04:40C'est-à-dire que vous avez deux interlocuteurs ?
04:41Oui, il y a deux processus parallèles.
04:43Il y a notre relation avec l'État vénézuélien,
04:47qui est quand même le propriétaire du sol et du sous-sol.
04:50Et puis, les Américains.
04:51Alors, les discussions avec les Américains,
04:53je ne sais pas si c'est vraiment des discussions,
04:54mais en tout cas, on leur fait savoir qu'il ne faut pas qu'on soit oublié
04:59qu'ils redonnent des licences aux sociétés américaines,
05:02mais aussi qu'ils nous en redonnent à nous.
05:04On leur explique la logique de ceci,
05:07puisque, bon, geler les choses et empêcher les gens de travailler,
05:11ce n'est pas bon ni pour le Vénézuéla, ni même pour les États-Unis,
05:14puisque les États-Unis, on leur achète aussi des produits, des machines.
05:17Mais les Américains sont ouverts au fait que des sociétés européennes
05:20viennent travailler au Vénézuéla.
05:22Ils ne ferment pas la porte en disant que c'est réservé aux compagnies américaines.
05:25Non, non, non.
05:26Semble-t-il, toutes les indications qu'on a,
05:29et que nous allons, ainsi que Repsol et Enix,
05:32nous sommes finalement les trois sociétés européennes,
05:34nous allons avoir droit aux mêmes licences que les sociétés américaines.
05:38Donc, on n'est pas inquiet sur ce plan.
05:40On pourrait l'être, mais on ne l'est pas.
05:41Vous, c'est des dossiers qui vous passionnent,
05:43les dossiers colombiens, vénézuéliens.
05:45Vous êtes revenu de la retraite pour diriger ce groupe Morel et Prom.
05:50Ça vous passionne toujours, quand vous voyez à quel point ça change,
05:54à quel point c'est impromptu dans la gestion des affaires ?
05:58C'est justement ça qui est passionnant.
06:00C'est une activité qui est extrêmement diversifiée.
06:03Ce qui est bien, c'est qu'il y a des surprises en permanente,
06:06souvent des problèmes d'ailleurs, mais souvent des satisfactions.
06:09Vous aimez bien les problèmes.
06:10C'est fabuleux, c'est très intéressant et on a des gros projets de croissance.
06:16La société se porte très bien.
06:18Nous avons à peu près un demi-milliard de dollars de trésorerie
06:21et nous allons sans doute, dans le courant de l'année,
06:25faire de grosses acquisitions.
06:27Un milliard de dollars de trésorerie, vous avez ?
06:28Un demi-milliard.
06:29Un demi-milliard, si à notre échelle est tout à fait importante.
06:33Nous avons vendu nos intérêts au Nigeria,
06:35donc fin décembre, dans de très bonnes conditions.
06:39Donc investissement à venir en plus, vous avez investi en Colombie aussi,
06:42mais ça pourrait être des acquisitions aussi en Amérique latine ?
06:44Ça peut être des acquisitions en Amérique latine, en Afrique ou ailleurs.
06:48Nous avons effectivement acquis pour 200 millions de dollars
06:50une licence très intéressante en Colombie.
06:53On commence à travailler, d'ici la fin de la semaine,
06:56on va lancer une campagne de forage d'exploration,
06:59ça va être passionnant.
06:59Et puis on a aussi des forages en Tanzanie, au Gabon,
07:03donc beaucoup d'activités et puis je pense beaucoup de succès à venir.
07:08Et puis il y a un horizon qui est très dégagé
07:10parce que notre situation financière est très saine.
07:14Nos résultats 2025 seront des résultats records.
07:19Vous n'êtes pas impacté par la baisse du prix du pétrole
07:22qu'on a vu par exemple dans les résultats de Total ?
07:24– Forcément comme tout le monde, 80 dollars en 2024,
07:3069 en 2025, c'est évidemment pas la même chose,
07:33ça fait 15% de moins, plus un effet de levier,
07:37forcément tout le monde est affecté.
07:38Mais si on a la chance de pouvoir le rattraper
07:40avec de nouvelles activités, avec de la croissance,
07:43c'est plus facile pour nous que pour Total.
07:45Un Total peut croître de 3-4% par an.
07:48Nous on peut viser des croissances beaucoup plus importantes que ça.
07:51On vise en fait dans les années qui viennent
07:53pouvoir peut-être doubler ou tripler notre production
07:55avec des acquisitions de la croissance externe
07:58en plus de la croissance interne.
07:59Et le Venezuela, c'est de la croissance interne plus externe.
08:02– Et il y aura toujours suffisamment de demandes
08:04pour absorber tout ça ?
08:06– Il y aura toujours de la demande.
08:07Alors sachant qu'en plus, nous, on ne représente qu'assez peu
08:11au niveau de la production et la consommation mondiale.
08:14Mais la demande, malheureusement,
08:16si on regarde le sujet des gaz à effet de serre,
08:19la demande, elle va rester soutenue dans les années qui viennent,
08:21dans les décennies qui viennent.
08:22Donc il y a besoin que des producteurs
08:24qui s'appellent Morel et Prom, Total, Shell ou autres,
08:29mettent sur le marché les quantités
08:31que les consommateurs continuent à demander.
08:33– Merci beaucoup d'être venu ce matin,
08:35Olivier Delangavant, directeur général de Morel et Prom.
08:37– Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo !
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