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  • il y a 2 jours
Regardez « On refait le monde » avec Manon Lefebvre, secrétaire national du Syndicat de la Magistrature, Me Jean Sannier, avocat d'Innocence en danger, Jean-Alphonse Richard, journaliste et animateur de « L'Heure du crime » sur RTL et Patrick Tejero, notre correspondant RTL à Toulouse.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 04 juin 2026.

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Transcription
00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Le corps d'une petite fille a été retrouvé cet après-midi dans le Gers, une semaine après la disparition
00:12de la petite Liana, 11 ans.
00:14En attendant son identification, on peut s'interroger, quoi qu'il en soit, sur le profil du principal suspect dans
00:21cette affaire, Jérôme Barrella.
00:23Comment un homme accusé à plusieurs reprises de viol par des mineurs peut-il passer sous les radars, continuer de
00:30fréquenter des enfants, des écoles ?
00:32La justice a-t-elle failli ? On en débat avec les invités dont refait le monde.
00:36Manon Lefebvre, secrétaire nationale du syndicat de la magistrature, bonsoir.
00:40Maître Jean Sagné, avocat d'innocence en danger, bonsoir.
00:44Jean-Alphonse Richard, journaliste et animateur de l'heure du crime sur RTL, bonsoir.
00:48Bonsoir Anne-Sophie.
00:49Et Patrick Tégéraud, notre correspondant RTL à Toulouse. Bonsoir Patrick.
00:54Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.
00:56On refait le monde sur RTL.
00:59Une mineure née en 2013 a dénoncé un fait de viol.
01:02Les actes d'enquête diligentés, notamment le rapport d'examen médico-légal, l'examen psychologique et les témoignages recueillis,
01:11n'ont pas permis d'étayer suffisamment ses déclarations.
01:14Cette procédure a donc fait l'objet d'une décision de classement sans suite le 28 mai 2024,
01:19pour le motif que l'infraction était insuffisamment caractérisée.
01:24Ça c'était hier la procureure de Hoche qui a pris la parole pour faire le point sur l'enquête,
01:29en fait surtout sur le passé du principal suspect et sur les multiples plaintes qui l'ont visée.
01:36Alors on va retrouver Patrick Tégéraud qui suit l'enquête depuis le début.
01:40Patrick, la petite Liana a disparu il y a une semaine, vendredi 29 mai à 15h à Florence dans le
01:46Gers.
01:47Ses parents ont prévenu la gendarmerie à 19h et très très vite les enquêteurs ont interpellé Jérôme Barrella.
01:54Il a été placé en garde à vue par la section de recherche de Toulouse.
01:57Évidemment ce soir l'enquête semble s'accélérer.
02:01Oui tout à fait avec la découverte de ce corps qui est quasiment formellement identifié,
02:05puisque le procureur de la République a indiqué dans son ligné communiqué
02:08que le corps retrouvé portait les vêtements que portait Liana.
02:13Donc bon il y a quelques petites précautions d'usage.
02:15Il va y avoir maintenant l'autopsie de ce corps pour savoir comment elle est décédée,
02:19comment elle a été traitée aussi par celui qui l'a kidnappé,
02:23voir s'il y a aussi des traces du kidnappeur sur son corps.
02:26Bref, beaucoup d'actes encore qui amèneront ensuite à l'audition du principal suspect.
02:31Il s'agit pour les enquêteurs d'avoir un maximum d'éléments pour essayer de le faire parler
02:35et de lui faire reconnaître les faits.
02:37Alors pour l'heure il n'a pas parlé ce suspect,
02:40et donc les enquêteurs se sont penchés sur son profil, sur son passé.
02:43La première chose qu'ils ont découverte, c'est qu'une plainte pour viol sur mineurs de 10 ans
02:48avait été déposée en août dernier. De quoi s'agit-il ?
02:52Alors celle d'août dernier a été découverte parce que la personne qui a porté plainte
02:58s'est manifestée auprès des médias.
02:59Ce qui est absolument extraordinaire dans cette affaire,
03:02c'est qu'aucun enquêteur ou magistrat n'était au courant de cette plainte.
03:08Quand on a appris que cette plainte avait été déposée,
03:11Philippe Demarien, mon collègue de RTL à Bordeaux,
03:13a contacté le procureur d'Agin qui lui a dit qu'il n'était au courant de rien.
03:16Il venait de mettre en examen quand même ce personnage.
03:18Il ne savait pas qu'il avait été dans le collimateur de la justice déjà depuis août dernier.
03:25Alors il s'agit d'une petite fille qui a confié à sa maman avoir été violée à plusieurs reprises
03:29par le suspect à son domicile.
03:32Une petite fille qui était une amie de la fille cadette du suspect.
03:39Et donc cette plainte a été déposée dans une gendarmerie proche de Toulouse.
03:44Alors pour des raisons peut-être pratiques parce que la maman habite dans la région toulousaine peut-être.
03:48Et cette plainte a été transmise au parquet de Toulouse qui a demandé des actes.
03:52Il y a eu des examens qui ont été réalisés sur l'enfant, de médecine légale en particulier.
03:59Ensuite, comme c'était des faits qui s'étaient passés dans le Gers, mais pas en Haute-Garonne,
04:03le parquet de Toulouse logiquement a transmis l'enquête au parquet de Hoche dans le Gers.
04:09Où là, après des mois quand même, parce que vous avez entendu au mois d'août,
04:12Hoche reçoit la procédure au mois de décembre.
04:15Et en janvier, demande aux enquêteurs, aux gendarmes d'enquêter sur cette affaire.
04:19Et là, il est prévu un certain nombre d'actes.
04:21Et en particulier, l'audition et le placement en garde à vue du suspect.
04:26Mais rien n'a été fait.
04:28On va revenir sur cette plainte parce qu'il y a une enquête qui a été déclenchée,
04:33une enquête administrative déclenchée à la fois par le ministère de la Justice et le ministère de l'Intérieur.
04:38Et ensuite, deux autres affaires qui ont été signalées.
04:42En 2017, une agression sexuelle sur une lycéenne de 17 ans dans un lycée où il était agent d'entretien.
04:47Finalement, la enquête a été classée sans suite.
04:50En 2022, un viol sur une fillette de 10 ans, classée sans suite également parce que pas assez caractérisée.
04:58Est-ce que tout ça entre en ligne de compte dans l'affaire Liana, Jean-Alphonse Richard ?
05:04Est-ce que tout ça, ça pèse ?
05:06Évidemment que ça pèse sur le dossier parce que là, on a un background qui est quand même extraordinaire.
05:10Vous avez cité les dates, 2017, 2022, 2025.
05:14Ça fait beaucoup mis suite à la suite.
05:17Sauf qu'on ignorait ces faits.
05:20On peut regretter qu'effectivement ces faits n'aient pas été rapprochés les uns aux autres
05:23et que cet homme ait continué comme ça à rester dans la nature.
05:27Le fait est, c'est qu'il n'y a pas eu de poursuite.
05:29Et là, ça pose une vraie question.
05:31Ça pose une question de la parole des victimes et de l'écoute des victimes.
05:36Est-ce qu'on est assez armé pour écouter ces victimes qui viennent témoigner,
05:39ces mères de famille, ces papas qui viennent dire ma fille a été violée, etc.
05:45Pour l'instant, c'est très compliqué.
05:46Ce qui est très compliqué en matière judiciaire, je pense que je ne serai pas démenti,
05:51c'est la gradation de la gravité des actes.
05:54C'est-à-dire que c'est très compliqué de prendre la mesure de ce que viennent raconter les gens.
05:58Certes, mais je pense qu'il devrait y avoir des signaux qui s'allument
06:03dès lors que l'affaire est très grave.
06:04Et notamment sur des mineurs, qu'on prenne beaucoup plus d'attention à écouter,
06:09encore une fois, les parents ou même les mineurs qui viennent témoigner.
06:13Là, on ne peut pas admettre de laisser des faits entre parenthèses
06:18et ensuite de retrouver cet homme qui va, sans doute,
06:21il est présumé innocent évidemment, mais qui a sans doute tué cette petite fille.
06:26Ce n'est pas possible.
06:27Je précise...
06:28Donc ça va peser sur le dossier pour répondre aux questions, c'est évident.
06:30Et je précise qu'il y a une dernière plainte qui a été déposée hier
06:34pour viol sur mineur.
06:36Ce n'est pas grand-chose encore...
06:38Non, mais il y en aura peut-être d'autres finalement.
06:40Le fait est, c'est que ce qu'on appelle les fameux signaux
06:43ne sont jamais éclairés.
06:45Ça n'a jamais clignoté.
06:47On rêvait de ça, on continue à rêver de ça,
06:49d'une justice où il y aurait des signaux comme ça qui s'allument
06:52mais qu'on puisse effectivement détecter un peu plus des profils.
06:55Bon, on va parler des moyens sûrement.
06:58Il n'y a pas assez de psychothérapeutes,
07:00il n'y a pas assez de personnes qui sont aptes à recevoir ces paroles.
07:02Mais le fait est, c'est que ça a dysfonctionné.
07:04C'était une évidence.
07:05On va parler des moyens, mais effectivement,
07:07je pense que ce qui a le plus choqué,
07:09et ce qui est d'ailleurs au cœur de notre débat de ce soir,
07:12c'est cette fameuse plainte déposée au mois d'août.
07:15Donc, ça fait neuf mois qu'il y a dû être dépaysé.
07:19On ne comprend pas non plus comment...
07:21On comprend qu'on puisse changer de...
07:24Enfin, de passer de Toulouse à Augers
07:27parce que, en fait, Joran Barrella vit...
07:31C'est le droit qu'il le fait.
07:32C'est le droit qu'il le fait.
07:33Mais on ne comprend pas que ça prenne autant de temps,
07:35que ça semble aussi compliqué qu'on en soit là aujourd'hui,
07:37Manon Lefebvre.
07:38Je comprends.
07:39En fait, l'émotion et le choc au-delà de la nature extrêmement grave
07:42des faits reprochés, c'est aussi un choc face au fonctionnement judiciaire.
07:47Notre organisation, mais tous les professionnels de l'enfance,
07:50dénoncent cet état depuis des années, en réalité.
07:53Et quand vous mentionnez le fait que des signaux devraient interpeller
07:57et mettre le dossier en haut de la pile,
07:59la réalité, c'est que la pile, elle est immense,
08:02notre pile de dossiers de violences sexuelles sur les mineurs,
08:04puisque c'est des dizaines et des dizaines de milliers de procédures par an
08:07de violences sexuelles sur les mineurs,
08:09plus les violences non sexuelles sur les mineurs,
08:11qui sont aussi extrêmement graves.
08:13Et en réalité, on doit faire cette hiérarchie dramatique
08:17d'urgence entre les dossiers,
08:18et qu'au-delà du fait du regroupement de procédures
08:21qui a pu dysfonctionner, peut-être qu'on y reviendra,
08:23mais en tout cas, sur l'identification de l'urgence,
08:27parfois on l'identifie, mais juste,
08:28on n'a pas les moyens de la traiter,
08:31puisqu'en fait, j'ai d'autres urgences,
08:32encore plus urgentes, que des faits extrêmement graves et urgents,
08:36mais il y a des dossiers qui doivent être pris dans l'heure,
08:38d'enfants qui doivent retourner au domicile
08:41des mises en cause qui sont visées,
08:43des personnes dont on identifie qu'elles sont professeurs,
08:46éducateurs, qu'on doit les extraire tout de suite de leur milieu,
08:51donc il faut vraiment comprendre que ces délais-là,
08:54aussi anormaux soient-ils,
08:56ne sont pas du tout inhabituels,
08:57et c'est dramatique de le dire.
08:58Parce que le problème, on est dans l'urgence,
09:00on est dans l'urgence sur ces cas.
09:02C'est de l'urgence, je suis parfaitement d'accord.
09:04Mais Maître Janssagné,
09:05l'enquête se termine par l'audition du suspect,
09:09c'est le dernier acte de l'enquête,
09:12on ne pourrait pas imaginer que ça commence par ça ?
09:15Je crois que le magistrat sera mieux placé qu'on a
09:18pour répondre à cette question,
09:19mais ça me paraît effectivement logique
09:21que ce soit le dernier acte d'enquête,
09:23parce qu'il va déboucher sur une présentation,
09:25éventuellement au juge d'instruction,
09:27un défermant.
09:28C'est logique, effectivement,
09:30peut-être dans l'esprit de la justice,
09:31mais enfin, on se dit, pendant tout ce temps,
09:34tout ce temps, il y a un enfant qui est peut-être en anglais.
09:36Alors en même temps,
09:37ce n'est pas toujours le cas.
09:39Je veux dire que ce que disait Madame il y a un instant,
09:44c'est qu'effectivement,
09:45on a un fonctionnement judiciaire
09:47qui est tout à fait incompréhensible.
09:52Récemment, les affaires de pédocriminalité
09:54dans les périscolaires parisiens
09:57sont bien entendu présentes
09:58dans les périscolaires provinciaux.
10:00Et j'ai eu un enfant
10:03qui est venu par ses parents
10:06dénoncer ce qui se passait
10:07dans son périscolaire.
10:09C'était il y a quelques semaines,
10:10trois semaines.
10:11Des choses très graves,
10:12extrêmement graves.
10:13On parle de scatophilie quand même.
10:15On parle de choses dramatiques.
10:17Qu'est-ce qui se passe ?
10:18L'individu est mis en garde à vue
10:19et puis il est relâché
10:22à la fin de sa garde à vue.
10:24Et on se pose la question
10:25de savoir pourquoi.
10:26et on apprend que l'OPJ,
10:28l'officier de police judiciaire
10:29qui était en charge de l'enquête
10:31devait faire valoir une semaine de vacances.
10:33Donc elle est partie, je termine.
10:34Et aujourd'hui,
10:36cet enfant va attendre la suite
10:38qui se fera fin juillet,
10:41fin juillet seulement,
10:43parce qu'il faut maintenant
10:44trouver un expert psychologue
10:46qui soit susceptible de l'entendre.
10:48On va y revenir,
10:49Jean-Alphonse Richard,
10:50là c'est l'heure
10:51de faire le point sur l'actualité.
11:09L'essentiel de l'info
11:10avec vous Albane Leprince.
11:11Une autopsie sera pratiquée
11:12dans les prochaines heures
11:13pour déterminer si le corps
11:15retrouvé tout à l'heure
11:16dans le Gers
11:16est bien celui de Liana.
11:18C'est ce qu'indique ce soir
11:19le procureur d'Agen
11:20dans un communiqué
11:21communiqué dans lequel
11:22il affirme qu'il s'agit
11:23du corps d'un enfant
11:25portant des vêtements
11:26similaires à ceux
11:27de la collégienne.
11:28C'est dans ce contexte
11:29que Sébastien Lecornu
11:30annonce ce soir
11:31qu'il réunira
11:32ses ministres de l'Intérieur
11:33et de la Justice demain.
11:35Cinq jours après les débordements
11:37le soir de la finale
11:38de la Ligue des champions,
11:39le parquet de Paris
11:40annonce ce soir
11:40faire appel
11:41de neuf des 35 jugements
11:43prononcés en comparution immédiate
11:45parmi eux quatre relax
11:46et plusieurs peines de prison
11:47avec sursis.
11:48On va à Roland-Garros
11:49avec vous Isabelle Langer.
11:51Ça y est,
11:52on connaît maintenant
11:52l'affiche de la finale d'âme.
11:54Oui,
11:55elle opposera
11:55la russe Andréva
11:56qui avait battu
11:57en début d'après-midi
11:58très facilement
11:59l'ukrainienne Kostiuk
12:006-1-6-3
12:01à la polonaise
12:02Maja Balinska
12:0424 ans
12:05issue des qualifications
12:07qui a elle
12:08disposé
12:09de la russe
12:09Diana Schneider
12:10en 2-7-7-6-6-4.
12:13C'est la première fois
12:14qu'une joueuse
12:15des qualifications
12:16dispute la finale
12:18à Roland-Garros.
12:19Rendez-vous samedi
12:20pour cette finale
12:21qui aura lieu
12:21à partir de 15h.
12:23Merci beaucoup
12:24Isabelle Langer.
12:25Merci beaucoup
12:25Almane Leprince.
12:26On vous retrouve
12:26à 20h.
12:28Anne-Sophie Lapix
12:30On refait le monde
12:31jusqu'à 20h sur RTL.
12:33On est présumé innocent
12:34tant qu'on n'est pas condamné
12:35mais quid d'une personne
12:37accusée des mêmes crimes
12:38à plusieurs reprises
12:39dans des lieux différents
12:40à des époques différentes
12:41n'y a-t-il pas
12:41de recoupement possible
12:43de traces
12:44laissées par ces plaintes graves
12:45alors que Liana
12:4711 ans
12:47le corps de Liana
12:49a sans doute
12:49été retrouvé ce soir
12:50on se demande
12:51si le principal suspect
12:53Jérôme Barrella
12:54a pu échapper
12:55à la justice
12:55par négligence
12:57par erreur
12:57ou parce qu'il y a
12:58des failles
12:58dans la procédure.
12:59On en débat
13:00avec nos invités
13:01Manon Lefebvre
13:02secrétaire national
13:03du syndicat de la magistrature
13:04Maître Jean Sagné
13:05avocat d'innocence en danger
13:06Jean-Alphonse Richard
13:08journaliste et animateur
13:09de l'heure du crime
13:10sur RTL
13:10et Patrick Tégéraud
13:12notre correspondant RTL
13:13à Toulouse.
13:14On refait le monde
13:15sur RTL
13:17Il était tout le temps
13:18avec les enfants
13:19c'est-à-dire qu'au début
13:19les enfants
13:20s'amusent entre eux
13:21etc.
13:22Il était là
13:23tout le temps
13:23en avance
13:24tout le temps
13:24à jouer avec les enfants
13:25etc.
13:26Donc on surveillait
13:27on n'a jamais vu
13:27de main aux fesses
13:28jamais de ci
13:29ça
13:29Par contre voilà
13:30attraper les enfants
13:31les soulever
13:32ce genre de choses
13:32voilà
13:33ce genre de contact là
13:34qui nous
13:34nous paraissait bizarre
13:35parce que voilà
13:36encore une fois
13:36ils ne se mélangeaient
13:37pas trop avec les adultes
13:38ils parlaient finalement
13:39assez peu avec nous
13:39L'immense regret
13:40c'est de ne pas avoir dit
13:41attention on trouve
13:42qu'il a un comportement
13:43particulier avec les enfants
13:44c'est mon plus gros regret
13:46Oui c'est un professeur
13:47d'un club de sport
13:48que Jérôme Barrella
13:49fréquentait
13:51Patrick Tégéraud
13:51évidemment ce qui choque
13:52dans cette affaire
13:53c'est que le suspect
13:53ait pu être proche d'enfants
13:55alors qu'il était accusé
13:56de viol sur mineurs
13:58Liana elle-même
13:59connaissait bien ce suspect
14:01car c'est le père
14:02de sa meilleure amie
14:05Cet enfant avait invité
14:07Liana à une soirée pyjama
14:09c'était je crois
14:10au début de l'année scolaire
14:11septembre-octobre dernier
14:12et au cours de cette soirée
14:14Liana a fait l'objet
14:16un petit peu
14:16de toutes les attentions
14:17un peu pressantes
14:17de la part du papa
14:19de sa copine
14:20et elle en a parlé
14:21à ses parents
14:22et les parents
14:24de Liana connaissent
14:24très bien ce monsieur
14:25et étant donné
14:27que les précisions
14:28apportées par leur fille
14:29étaient telles
14:30qu'ils se sont dit
14:31c'est pas possible
14:32on rond les ponts
14:33on ne discutera plus jamais
14:34avec lui
14:34et surtout
14:35tu ne lui parles plus
14:35le problème
14:36c'est qu'il a continué
14:37à aller la voir
14:37c'est qu'il a continué
14:38à lui offrir des goûters
14:39et c'est peut-être
14:40sans aucun souci
14:42et sans aucune inquiétude
14:43de la part de la petite fille
14:44que vendredi après-midi
14:46à 15h
14:46elle a décidé
14:47de sécher les cours
14:48parce qu'elle aurait dû sortir
14:49à 17h
14:49pour le rejoindre
14:50dans sa voiture
14:52Jérôme Barrella
14:54qui en a évoqué
14:54tout à l'heure
14:55les plaintes contre lui
14:56mais il avait aussi
14:57été exclu
14:57d'un établissement
14:58en raison de son comportement
15:00avec des élèves
15:01donc c'était aussi noté
15:02dans le cadre professionnel
15:04Tout à fait
15:05il avait eu des missions
15:07dans le cadre
15:08d'entretiens
15:09ou de menus travaux
15:10dans différents lycées
15:13du Gers
15:13et en particulier
15:14la dernière fois
15:14donc dans le lycée
15:17Maréchal Lannes
15:18à Lectour
15:19et là
15:20il s'est pris de passion
15:21pour une adolescente
15:23il a harcelé
15:25de messages
15:26sur les réseaux sociaux
15:27l'adolescente
15:28s'en est plainte
15:29au proviseur
15:30et à ce moment-là
15:31il y a eu une procédure
15:32disciplinaire
15:32et la région
15:35Occitanie
15:36a décidé
15:37de licencier
15:37pour faute
15:38il s'avère
15:39que cet élément-là
15:40les gendarmes
15:41n'étaient pas au courant
15:42c'est le proviseur
15:43actuel du lycée
15:44qui lundi
15:45s'apercevant
15:46que ce personnage
15:48était mis en examen
15:48des confrères à lui
15:50dans l'établissement
15:51dit mais on se souvient
15:52de lui
15:52il avait déjà harcelé
15:53une gamine
15:54il y a quelques années
15:55et c'est comme ça
15:56que c'est remonté
15:56aux gendarmes
15:57ce qui paraît
15:57complètement fou
15:58dans cette histoire
15:59c'est qu'il existe
15:59un fichier
16:00qui s'appelle
16:00le fichier Tage
16:01le traitement
16:02des affaires judiciaires
16:03où les noms
16:03de tous les suspects
16:04de toutes les personnes
16:05même innocentées
16:06circulent
16:07il est absolument
16:08je n'ose pas croire
16:09qu'il n'y ait pas
16:09un gendarme
16:09qui ait tapé le nom
16:10de ce suspect
16:11sur ce fichier
16:12et à ce moment-là
16:13tout apparaît
16:14et là
16:14je ne comprends pas
16:15qu'il n'y ait pas eu
16:16même cette petite démarche
16:17d'effectuer
16:18de la part des enquêteurs
16:20comment vous l'expliquez
16:21ça Jean-Alphonse
16:21vous l'avez dit
16:22c'est une suite
16:23peut-être d'incompréhension
16:25d'erreur
16:27et puis de manque
16:28de responsabilité aussi
16:29parce que
16:29dès lors que vous êtes
16:30proviseur
16:31je suis désolé
16:32mais je ne connais pas
16:33ce métier
16:33mais quand vous êtes
16:34proviseur dans un lycée
16:36que la personne
16:37que vous avez
16:37sous vos ordres
16:38en quelque sorte
16:40fait des faits
16:41répréhensibles
16:42vous ne signalez pas ?
16:43c'est la loi
16:44de signaler
16:45normalement
16:45c'est l'article 40
16:46c'est-à-dire que
16:47vous devez signaler
16:48au procureur
16:48de la République
16:49des faits
16:50qui peuvent être
16:50délictuels
16:51et dès lors
16:52le procureur
16:53est censé
16:54engager
16:54des vérifications
16:56pour savoir
16:57si tout ça
16:57est fondé
16:58etc
16:58voire ensuite
16:59engager des poursuites
17:00ça c'est la mécanique
17:02la plus élémentaire
17:03si cette mécanique
17:05avait été appliquée
17:06peut-être qu'on aurait
17:07évité
17:07la mort de cet enfant
17:09je ne vais pas spéculer
17:09là-dessus
17:10mais effectivement
17:11on peut se poser
17:11des questions
17:12donc là
17:12il y a un défaut
17:13dans la chaîne de responsabilité
17:15qui est immense
17:15puis défaut
17:16encore une fois
17:17on l'a dit tout à l'heure
17:18défaut dans l'accueil
17:19des victimes aussi
17:20etc
17:20il y a une avocate
17:21qui me disait
17:22juste avant l'émission
17:23je l'ai appelé
17:23pour être un peu briefé
17:25elle me disait
17:26en fait
17:26vous savez
17:28quand vous n'avez pas
17:29de blessures physiques
17:31évidentes
17:31lorsque vous déposez
17:32plainte pour viol
17:33etc
17:33c'est plus compliqué
17:34si vous n'avez que
17:36des blessures psychologiques
17:37en général
17:37ça passe à la trappe
17:39voilà
17:39donc c'est un regret
17:41qu'on peut avoir
17:41ça maître Jean Sagnier
17:42vous n'avez affaire
17:43qu'à ça
17:43des blessures
17:45souvent psychologiques
17:46parce que les plaintes
17:46elles peuvent venir
17:47longtemps après les faits
17:48des dossiers de viol
17:49qui ne donnent lieu
17:50à aucune audition
17:51on en a en pagaille
17:53des enfants
17:54qui reconnaissent
17:55qui reconnaissent
17:57le viol
17:57qu'ils ont commis
17:58sur un autre enfant
17:59la victime
18:00va déposer plainte
18:01auprès des services
18:02de gendarmerie
18:03il se passe
18:04des mois
18:04des années
18:05avant qu'il se passe
18:06quoi que ce soit
18:07on a beaucoup
18:08de dossiers
18:09dans lesquels
18:09la victime
18:10est déconsidérée
18:12ce que l'on voit
18:13dans ce dossier
18:13il ne faut pas l'oublier
18:14on a une petite victime
18:15de 10 ans
18:16dont la maman
18:17va s'inquiéter
18:18de savoir
18:19ce qu'ont fait
18:19les gendarmes
18:20ensuite
18:20là on parle
18:21de l'affaire
18:21de la plainte
18:22du mois d'août
18:23tout à fait
18:23et qu'est-ce que
18:25disaient les gendarmes
18:26et bien
18:27ils renversent
18:27la vapeur
18:28ils la transforment
18:29en criminelle
18:30cette mère
18:30ils vont la menacer
18:32de poursuite
18:33pour harcèlement
18:34c'est absolument
18:36incroyable
18:36on a dans un dossier
18:38qui est honteux
18:39du début à la fin
18:40c'est ce qui fait dire
18:41au ministre de la justice
18:43Gérald Darmanin
18:44qu'il est terrifié
18:45par ce qui ressemble
18:46à un dysfonctionnement
18:47de la justice
18:49que répondez-vous
18:50à ça
18:51Manon Lefeb
18:51je crois que ces propos
18:52vous ont mis
18:52très en colère
18:53oui parce qu'en fait
18:54on a l'impression
18:55qu'il découvre
18:57un dysfonctionnement général
18:58alors qu'il est
18:59depuis le premier jour
19:01de son arrivée
19:01au ministère
19:02au courant
19:02de l'état
19:03de l'institution
19:05qu'il vient de rejoindre
19:06elle a sa tête
19:07quand même
19:07que nos organisations
19:10syndicales
19:11tous les profils
19:12de l'enfance
19:12il y a eu le rapport
19:13Santiago
19:13rapport parlementaire
19:15l'année dernière
19:16qui a remis
19:17de nouveau en lumière
19:19l'indigence
19:20de l'état
19:20de la protection
19:21de l'enfance
19:21qui est quand même
19:22un élément fondamental
19:23pour protéger
19:24les enfants
19:24il est au courant
19:25de tout ça
19:26nous sommes
19:26aujourd'hui
19:279000 magistrats
19:28en France
19:289000
19:29un peu plus de 9000
19:30maintenant
19:30tout le monde
19:31n'est pas en juridiction
19:31par ailleurs
19:32pour quasiment
19:3370 millions
19:34d'habitants
19:35les dizaines
19:35de milliers
19:36d'enfants
19:36sont victimes
19:37chaque année
19:37de sévulence sexuelle
19:38et là aujourd'hui
19:39j'ai un garde des sceaux
19:40qui se dit terrifié
19:41mais nous on est terrifié
19:42depuis le jour 1
19:43de nos prises de fonction
19:44qu'on soit éducateur
19:46avocat
19:46magistrat
19:47enquêteur
19:47on est terrifié
19:48par ce qui se passe
19:49il a quand même
19:50diligenté
19:51une enquête
19:51sur cette affaire
19:53précisément
19:54qu'est-ce qui pourrait
19:55constituer
19:56une faute
19:57puisque
19:57qu'est-ce qui n'est pas
19:58normal finalement
19:59dans cette enquête
20:00si tout ça
20:01si les délais
20:01si le manque
20:03d'audition
20:04de jugement
20:05est normal
20:06en fait on peut
20:07traiter les deux choses
20:07c'est-à-dire qu'il est évident
20:08qu'on s'intéresse
20:10qu'on fasse une inspection
20:11pour savoir ce qui s'est passé
20:12c'est normal
20:13ça ne nous empêche pas
20:14de nous intéresser
20:15au contexte délétère
20:16dans lequel on travaille
20:17donc c'est pas parce qu'on
20:18dénonce le manque de moyens
20:19qu'on ne veut pas parler
20:20des fautes potentielles
20:22individuelles de chacun
20:23après
20:24tout le monde peut commettre
20:25des fautes dans l'exercice
20:26de son métier
20:26il y a forcément des métiers
20:27dont les fautes peuvent avoir
20:28des conséquences dramatiques
20:30et c'est le cas
20:30des métiers qu'on exerce
20:32mais il peut y en avoir une
20:33on ne peut pas l'exclure
20:34c'est juste que
20:35dès aujourd'hui
20:36parler déjà de sanctions
20:37à l'encontre de personnels
20:39qui travaillent
20:39dans des conditions
20:40terribles
20:41dont on a à ce stade
20:42peu d'informations
20:43en réalité
20:43ça va demander du temps
20:44d'éclaircir tout ce qui s'est passé
20:46c'est quand même
20:47assez hallucinant
20:48de sa part
20:49et par ailleurs
20:49on y voit quand même
20:51une petite pression
20:51non dissimulée
20:52à l'encontre de magistrats
20:53et de policiers
20:54magistrats c'est un peu plus grave
20:55puisqu'il y a une logique
20:56d'indépendance
20:57et vraiment
20:58cette déclaration
20:58de nouveau
20:59mais ce n'est pas la première fois
21:01nous
21:03nous désespèrent
21:04dans ce qu'il y a
21:06un manque d'indépendance
21:07à nos égards
21:08et sur ce que disait
21:09notre correspondant
21:10Patrick Tégéraud
21:11sur le fameux tage
21:12ce fichier
21:13dans lequel
21:14seraient réportoriées
21:15toutes les plaintes
21:16parce que pas seulement
21:17les condamnations
21:18toutes les plaintes
21:19pour ce genre
21:20de crimes
21:21est-ce que ça
21:23vous y avez accès ?
21:24Alors
21:24certains magistrats
21:25y ont accès
21:26mais en fait
21:26c'est un fichier police
21:27fichier police
21:28gendarmerie
21:29mais en gros
21:30quand un magistrat
21:31débute une enquête
21:32un de ses premières demandes
21:34en tout cas
21:35il va déjà lui vérifier
21:36dans son propre logiciel judiciaire
21:37qui s'appelle Cassiopée
21:38pour voir un historique
21:40de ces personnes-là
21:41mais uniquement
21:41ce qui a été enregistré
21:43dans un tribunal
21:43et la police
21:45donc s'il n'y a pas eu
21:45si ça a été classé sans suite
21:46alors ça a été enregistré
21:47parce qu'il y a une décision
21:48de magistrat
21:49encore faut-il
21:50que le dossier
21:51soit enregistré
21:51en classement sans suite
21:52vu nos délais
21:53de traitement de procédure
21:54ça peut prendre
21:54plusieurs mois là aussi
21:55et après
21:56il y a ce fichier de police
21:57le tage
21:58mais évidemment
21:59normalement
21:59un magistrat
22:00du parquet
22:01demande aussi
22:02une vérification
22:03du tage
22:04pour voir
22:04cette historique
22:05sachant qu'attention
22:06le tage
22:08enregistre
22:08un peu tout et rien
22:09c'est-à-dire
22:09qu'on a à la fois
22:10les gardes à vue
22:11on a à la fois
22:12les plaintes qui sont déposées
22:13c'est vraiment
22:13tout ce qui se passe
22:14dans le commissariat
22:14il ne faut pas non plus
22:16en faire un casier
22:16ce n'est pas un casier judiciaire
22:17ce n'est pas un casier judiciaire
22:19c'est un indice
22:19alors est-ce que le système
22:20est tout simplement inefficace
22:22est-ce que les violences sexuelles
22:22sur les enfants
22:23ne sont pas bien prises en charge
22:24et en compte
22:24on en parle après la pause
22:42on refait le monde
22:42Anne-Sophie Lapix
22:44est-ce qu'on a laissé
22:45un prédateur
22:46sans surveillance
22:47est-ce qu'on ne protège
22:48pas suffisamment
22:49les enfants
22:50est-ce qu'on ne les écoute
22:51toujours pas
22:52ce sont des questions
22:53que pose l'affaire
22:54de la disparition
22:55de l'IANA
22:56les invités
22:57en débattent
22:58sur ce plateau
22:59Manon Lefebvre
23:00secrétaire nationale
23:01du syndicat
23:02de la magistrature
23:03maître Jean Sagnier
23:04avocat d'innocence
23:05en danger
23:06Jean-Alphonse Richard
23:07journaliste
23:08et animateur
23:09de l'heure du crime
23:09sur RTL
23:10et Patrick Tégéraud
23:11notre correspondant
23:12RTL
23:13à Toulouse
23:14On refait le monde
23:16sur RTL
23:17C'est complètement
23:19scandaleux
23:20on peut déposer
23:21une plainte
23:21pendant des semaines
23:22et pendant des mois
23:23il ne peut rien se passer
23:25et pendant ce temps-là
23:26le temps de l'enquête
23:28l'enfant
23:29les enfants
23:29ne sont pas protégés
23:30dans ces affaires-là
23:31un jour
23:32c'est un jour
23:33et on doit les traiter
23:34en urgence
23:35tout ceci
23:36tout ce système
23:37en fait
23:37assure
23:38malheureusement
23:39l'impunité
23:40des agresseurs sexuels
23:42Maître Jean Sagné
23:43c'était Karine Durieux
23:45d'Elbot
23:45l'avocate spécialisée
23:46dans les victimes
23:47de violences sexuelles
23:48invitée d'RTL Midi
23:49est-ce que la parole
23:50des enfants ne compte pas
23:51ou est-ce qu'il y a eu
23:51malgré tout
23:52des progrès
23:53dans la justice des mineurs ?
23:54Non, je ne peux pas dire
23:55que la parole de l'enfant
23:56compte en France
23:57non
23:58la parole de l'enfant
23:59n'est pas entendue
24:00par les enquêteurs
24:01la parole de l'enfant
24:02n'est pas entendue
24:02par les magistrats
24:03elle n'est pas entendue
24:05par les tribunaux
24:05on le voit dans les cas
24:06d'inceste
24:07on voit aussi
24:08ce qui se passe
24:08actuellement en France
24:09ça fait un peu plus
24:10de 30 minutes
24:11qu'on discute
24:12ça fait à peu près
24:1310 enfants
24:14qui ont été agressés
24:15sexuellement
24:15on en est là
24:16160 000 enfants par an
24:18c'est un enfant
24:19toutes les 3 minutes
24:20ce qui veut dire
24:21que depuis qu'on est
24:22dans ce studio
24:22il y a eu 10 enfants
24:24qui ont été agressés
24:25sexuellement
24:25que se passe-t-il derrière ?
24:27on n'a pas tout à fait
24:28les chiffres
24:28mais selon les références
24:30on va dire que
24:31le classement
24:32des affaires d'inceste
24:33va varier
24:34selon les chiffres
24:36que l'on trouve
24:36entre 60 et 93%
24:39vous parlez d'inceste ?
24:41je parle d'inceste
24:42parce qu'il y a
24:42des chiffres
24:43donnés aussi par la civise
24:45qui était la commission
24:46indépendante
24:46sur l'inceste
24:47et les violences sexuelles
24:48qui parlait de
24:4973% des plaintes
24:50de violences sexuelles
24:51sur mineurs
24:52classées sans suite
24:53et 3%
24:55des plaintes
24:56de viol
24:56d'enfants
24:59menées à une
25:00condamnation
25:01c'est un constat
25:03assez
25:05désarmant
25:05Manon Lefebvre
25:07mais c'est aussi
25:08le résultat
25:09d'une histoire
25:10assez dramatique
25:11qui concerne
25:12les mineurs
25:13mais aussi les femmes
25:14et en réalité
25:15on a très longtemps
25:16fonctionné dans une logique
25:17de parole contre parole
25:18et si la parole
25:19d'en face
25:19n'était pas la même
25:20que celle de l'enfant
25:21on disait qu'on n'avait
25:22pas assez d'éléments
25:23et on s'en arrêtait là
25:24aujourd'hui
25:25alors je n'aurais pas
25:26un propos aussi
25:29aussi
25:30en tout cas
25:31je ne dirais pas
25:31que tout n'est pas
25:33tout est à jeter
25:34parce qu'il y a quand même
25:35eu des progrès
25:36moi-même dans ma petite carrière
25:37j'ai déjà pu constater
25:38quand même des avancées
25:39dans la formation
25:40en tout cas des magistrats
25:41et aussi quand même
25:43un peu des enquêteurs
25:44que les dispositifs
25:45un peu moins
25:46je ne dis pas le contraire
25:47mais en tout cas
25:48des dispositifs
25:49ont été créés
25:50pour améliorer
25:51cette prise en charge
25:52mais on est très très loin
25:53d'une prise en compte
25:55satisfaisante
25:56on part de si loin
25:58dans le traitement
25:58des violences sexuelles
25:59de manière générale
26:00et les mineurs encore plus
26:01puisque faire exister
26:01la voix d'un mineur
26:03c'est encore plus compliqué
26:04que quand on est un adulte
26:06même si pour les femmes
26:06ça l'a été
26:07on l'a vu
26:08extrêmement compliqué
26:09mais pour un mineur
26:10il n'a pas de porte-parole
26:12le mineur
26:12et il ne peut pas
26:13s'exprimer aussi facilement
26:14qu'un adulte
26:15et c'est une parole
26:16non pas qu'on a discrédité
26:20c'est juste qu'on ne l'a pas
26:21on n'a pas entendu correctement
26:23et surtout
26:23on n'a pas travaillé
26:25ces enquêtes
26:26de manière satisfaisante
26:27à aller chercher autre chose
26:28que de simples déclarations
26:30des uns et des autres
26:31on n'a pas fait d'audition autour
26:33on n'a pas fait assez d'expertise
26:34parce que si on n'a plus d'experts
26:35pour les faire
26:36donc c'est une autre problématique
26:38mais en tout cas
26:39c'est des enquêtes
26:39qui demandent du temps
26:40énormément de temps
26:41et qui demandent aussi surtout
26:43de reconnaître
26:44la réalité d'un fait
26:46systémique
26:47de violence sexuelle
26:48commise en grande majeure partie
26:50par des hommes
26:50sur des personnes vulnérables
26:52que sont les enfants
26:53et aussi les femmes
26:55de moins en moins vulnérables
26:57mais quand même
26:57toujours vulnérables
26:58dans la société
26:58ce sont des violences de genre
27:00qu'on a refusé
27:01de reconnaître comme ça
27:02aujourd'hui même
27:03la haute hiérarchie judiciaire
27:05met les mots
27:06patriarcat
27:07violence de genre
27:08ça y est
27:08c'est rentré chez nous
27:09et donc
27:11on commence à traiter ça
27:12autrement
27:13on part de très loin
27:14et je partage le conseil
27:16que c'est totalement insatisfaisant
27:17et c'est dramatique
27:18ce qui se passe aujourd'hui
27:19mais sachez quand même
27:20que les professionnels autour
27:22quand même
27:22pour une bonne partie
27:23qui travaillent
27:24avec les mineurs
27:25en tout cas
27:26qui ont la charge
27:27de la protection des mineurs
27:28aimeraient sincèrement
27:30faire beaucoup mieux
27:31que ça
27:31ne sont pas mis en état
27:33de le faire correctement
27:34et c'est aussi
27:35cause d'une grande souffrance
27:36au travail de ces professionnels
27:37qui pour certains
27:38quittent les professions
27:40qu'ils occupent
27:40des magistrats démissionnent
27:41des juges des enfants
27:42se déspécialisent
27:43c'est-à-dire qu'ils arrêtent
27:44des juges des enfants
27:45ne supportant plus
27:46de voir autant
27:46de maltraitance autour d'eux
27:48et d'incapacité à pouvoir agir
27:50des éducateurs s'en vont
27:51enfin
27:51des enquêteurs partent
27:52des brigades de protection
27:54des mineurs
27:54c'est ça la réalité aujourd'hui
27:56Jean-Alphonse Richard
27:58c'est un chemin de croix
27:59pour les victimes
27:59il ne faut pas l'oublier
28:00la justice est une forteresse
28:02les commissariats
28:03sont des forteresses
28:03les gendarmeries
28:04sont des forteresses
28:05vous n'allez pas déposer plainte
28:06comme ça
28:07sur ce genre de choses
28:08aussi sensibles
28:09qui touchent vraiment
28:10à l'intimité
28:12vraiment à ce qu'il y a
28:13de plus cher
28:14à des êtres
28:15qui vous sont souvent chers
28:16qui ont pu vous trahir
28:17donc tout ça
28:18est très compliqué
28:19c'est une démarche
28:19qui est déjà très complexe
28:21il n'y a rien
28:22quasiment pour les accueillir
28:23dans un confort
28:25en tout cas
28:25dans une écoute
28:26qui soit satisfaisante
28:28même si je précise
28:29je suis d'accord avec vous
28:31même si je précise
28:32qu'il y a eu
28:32beaucoup d'efforts
28:33qui ont été faits
28:34dans les commissariats
28:35dans les gendarmeries
28:36aujourd'hui il y a des personnes
28:37qui sont spécialisées
28:38pour recueillir la parole
28:39des enfants
28:39bien sûr
28:40il y a des gens
28:41qui ont été formés
28:42beaucoup de femmes d'ailleurs
28:44qui sont là
28:45et qui sont là
28:45pour accueillir
28:47les plaignants
28:47mais hélas
28:48c'est effectivement pas assez
28:50parce que là
28:52tout se joue là
28:53tout se joue au premier contact
28:54j'ai envie de dire
28:55si vous tombez
28:56sur quelqu'un
28:57que ce soit
28:57un magistrat d'ailleurs
28:58ou un policier
29:00ou un gendarme
29:00qui n'a pas cette écoute
29:02ou bien qui s'en fout
29:03ça peut arriver aussi
29:03vous pouvez tomber sur quelqu'un
29:04qui s'en fout complètement
29:05et qui ne se préoccupe pas
29:07des personnes
29:07qu'il a devant lui
29:09ça change tout
29:10l'enquête
29:11elle est déjà foutue
29:12et puis
29:13vous avez peut-être
29:14derrière votre vie
29:14qui est foutue
29:15c'est un peu
29:16ce que vous décriviez
29:17Patrick Tégéraud
29:18notamment sur la famille
29:20de la plaignante
29:21du mois d'août
29:24écoutez
29:24cette malheureuse maman
29:27a dû
29:28se battre contre un mur
29:30puisqu'elle a même raconté
29:31qu'on lui avait dit
29:32si vous n'arrêtez pas
29:33de nous embêter
29:33quand elle s'en prenait
29:34aux gendarmes
29:35on va immédiatement
29:36porter plainte contre vous
29:37ce qui paraît
29:38complètement surréaliste
29:39il faut savoir que quand même
29:40l'enquête était bien partie
29:41dans cette affaire-là
29:42avec beaucoup de retard
29:43mais il était prévu
29:44des auditions
29:45il était prévu
29:46que les parents soient
29:47à nouveau entendus
29:48par les gendarmes
29:48il était prévu même
29:49le procureur de la République d'Auche
29:50l'a précisé hier soir
29:51il avait demandé
29:53à ce que
29:54le suspect
29:55soit placé en garde à vue
29:56et interrogé
29:57et ça
29:57ça remonte au mois de janvier
29:58et malheureusement
30:00on est au mois de juin
30:02Maître Jean Sagné
30:03est-ce que
30:04ça se passe mieux
30:05dans d'autres pays
30:06est-ce qu'il y a vraiment
30:07une problématique française
30:08dans le traitement
30:09de ces plaintes
30:11pour viol sur mineur
30:12ou est-ce que
30:13c'est quand même général ?
30:14Pratiquement tout
30:15ce que l'on fait en France
30:16nous le copions
30:17du Canada
30:18c'est le Canada
30:19qui nous a donné
30:20les protocoles d'écoute
30:21des enfants
30:22on n'est pas allé
30:23jusqu'aux procédures
30:26qu'on appelle les SVA
30:27pour identifier la crédibilité
30:29de la parole de l'enfant
30:30mais effectivement
30:30d'autres pays
30:31sont beaucoup plus en pointe
30:32aujourd'hui
30:33ce qui nous manque en France
30:33c'est un manque de temps
30:36un manque d'effectifs
30:37un manque de moyens
30:38mais surtout
30:39surtout
30:39un manque de volonté
30:40on a des politiques
30:42qui à chaque échéance électorale
30:43vont nous parler de sécurité
30:44et puis on voit aujourd'hui
30:46que c'est du vent
30:46c'est du vent
30:47ce qu'on nous raconte
30:48aujourd'hui en France
30:49il n'y a pas de volonté
30:51de mettre un terme
30:52de permettre
30:54que le temps de la justice
30:55qui est un temps long
30:56puisse se coordonner
30:58avec le temps des prédateurs
31:00qui est un temps court
31:00et les prédateurs
31:02connaissent ces failles
31:03de la justice
31:03je vais vous raconter
31:04une histoire très courte
31:05je suis au tribunal
31:07correctionnel de Châteauroux
31:08le prédateur a été signalé
31:10trois fois
31:10par ce que l'on appelle
31:11les intercepteurs
31:12de pédocriminels
31:13il signale
31:14qu'il est sur la toile
31:15et qu'il essaye
31:16de choper des gamins
31:17il n'est pas poursuivi
31:19la gendarme est informée
31:20donc il va agresser
31:22une petite fille de 6 ans
31:23on se retrouve tous
31:24au tribunal
31:25l'expertise psychologique
31:26et psychiatrique
31:27disent que cet homme
31:27est dangereux
31:28et qu'il va récidiver
31:30il vient les mains
31:31dans les poches
31:31il dit au tribunal
31:33j'ai pas eu le temps
31:34de préparer ma défense
31:35il a été convoqué
31:368 mois auparavant
31:37la présidente regarde
31:38son emploi du temps
31:39se dit
31:39on va finir ce soir
31:40à 22h
31:41et bien monsieur
31:41votre affaire
31:42est renvoyée
31:42dans 9 mois
31:45dangereux
31:46récidiviste
31:47Jean-Alphonse Réjean
31:48non mais effectivement
31:49il y a beaucoup d'exemples
31:50comme ça
31:50qui sont très éclairants
31:52encore une fois
31:53on a un manque
31:54il y a une grille
31:55de lecture
31:56qui n'est plus adaptée
31:57je pense qu'il y a
31:58une grille de lecture
31:59qui n'est plus adaptée
31:59dans l'urgence
32:00c'est très vrai
32:01ce que vous dites
32:02mettre à savoir
32:02le temps court
32:03des prédateurs
32:04et le temps long
32:04de la justice
32:05c'est très compliqué
32:06à concilier
32:07mais il va falloir y arriver
32:08parce que sinon
32:09on va continuer
32:09à avoir des catastrophes
32:10de ce genre
32:11ce qui implique
32:11quand même
32:12une formation
32:13et c'est absolument vrai
32:14quand vous parliez
32:15tout à l'heure
32:15du mineur
32:16on est censé
32:16les entendre une fois
32:17parce qu'en fait
32:18c'est de la violence
32:19pour un mineur
32:20que de répéter
32:22parfois de tout petits-enfants
32:24donc l'agent de formation
32:24et je vous revends
32:26sur la partie
32:27des priorités politiques
32:29et des effectifs
32:31de police
32:31qui sont
32:33réquisitionnés
32:34pour appréhender
32:35du petit trafic
32:36de stupéfiants
32:36pour du maintien de l'ordre
32:38des places net
32:39etc
32:39ou des agriculteurs
32:40à côté
32:40il y a plein de moments
32:42où les mineurs
32:43sont passés derrière
32:44des choses
32:45qu'on pourrait quand même
32:45qualifier d'un peu moins graves
32:46que des viols
32:47sur les mineurs
32:48Merci à vous tous
32:49d'être venus débattre
32:50sur ce plateau
32:51Jean-Alphonse Richard
32:52Demain c'est quoi le thème
32:52de l'heure du crime ?
32:53L'incendie de la rue Muira
32:542015
32:558 morts
32:55vous allez voir
32:56le profil du pyromane
32:57il est un peu particulier
32:58A demain
33:01Merci à vous
33:02Demain
33:03Thomas Soto recevra
33:04Kevin Vessière
33:05expert en géopolitique
33:06du sport
33:06auteur de
33:07Mondial 2026
33:09quant à Marc-Olivier Fogel
33:10il accueillera
33:11Eric Mouzin
33:12le père d'Estelle Mouzin
33:12victime de Michel Fourniret
33:14il est l'heure de retrouver
33:15Eric Silvestro
33:17pour une soirée foot
33:18bonsoir Eric
33:18Bonsoir Anne-Sophie
33:19ça commence ce soir
33:20pour nous le Mondial
33:21un peu en avance
33:21mais le premier match
33:22de prépa des Bleus
33:22avec la Côte d'Ivoire
33:23à Nantes
33:24Merci Eric
33:25on vous retrouve
33:25dans un instant
33:26sur RTL
33:29le matin
33:31le midi
33:33le soir
33:35c'est RTL
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