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Ce mercredi 11 février, Anne-Catherine Husson-Traoré, fondatrice d'ACT'ors for Sustainability, s'est penché sur deux chimistes côtés visées par une action collective, et le secteur de la chimie en proie au PFAS, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Le secteur de la chimie rebondit depuis le début de l'année sur les marchés financiers.
00:09C'est l'une des surprises de ce début d'année 2026, mais les nuages juridiques continuent de s'amonceler.
00:14Un procès approche autour de la toxicité de certains des produits chimiques sur la santé humaine.
00:18Anne-Catherine Dusson-Traoré nous rejoint, elle est la fondatrice d'Actors for Sustainability.
00:22Bonjour Anne-Catherine.
00:23Bonjour Guillaume.
00:24Bienvenue.
00:24Deux des entreprises de la vallée de la chimie qui longent le Rhône sont visées par une action collective.
00:29Action collective de près de 200 riverains exposés aux PFAS, ces polluants éternelles dont on commence à découvrir l'ampleur
00:35de la contamination.
00:36Et oui, c'est une grande première.
00:38C'est ce qu'on appelle une action collective, c'est-à-dire que c'est 200 riverains qui, ensemble,
00:42ont déposé plainte il y a quelques jours.
00:45Alors ce qui est intéressant, c'est que sur le fait que, donc, contre Arkema et Daikin Chemical,
00:50qui dans les deux cas ont déversé des PFAS puisqu'ils en fabriquent, à la fois dans le Rhône,
00:57mais les PFAS, on en a partout, on en a dans l'air, dans le sol, dans l'eau, etc.
01:02Et donc l'idée, c'est qu'ils demandent réparation aux civils pour, à la fois, les problèmes de santé,
01:08puisque les PFAS, ce qu'on appelle des polluants éternels, c'est plus connu que les PFAS,
01:12en fait, provoquent des maladies gravissimes, du foie, des cancers, etc.
01:17Mais aussi, et c'est ça qui est très intéressant dans cette plainte, ils demandent réparation du préjudice d'anxiété.
01:22C'est-à-dire que quand votre eau est contaminée, quand les œufs que vous ne devez pas manger, les
01:28légumes, etc.,
01:29vous ne pouvez plus rien manger, vous vivez quand même avec une épée de Damoclès en permanence au-dessus de
01:32la tête,
01:33en vous disant, est-ce que je vais attraper une maladie très grave ?
01:37Donc, ce qui est intéressant, c'est que ces 200 riverains chiffrent à 36 millions d'euros leur demande de
01:42dommages.
01:43Mais finalement, si le procès condamne Arkema et Daikin à établir un lien de causalité,
01:51non seulement entre les préjudices réels de santé, mais aussi ce préjudice d'anxiété,
01:56alors là, c'est la porte ouverte à la chimie, à des réparations et à un risque juridique colossal.
02:02Il y a des groupes cotés qui sont concernés, bien sûr, on va en parler.
02:04Les pifaces, dont vous nous parlez là, sont partout ?
02:07Alors, les pifaces, c'est assez fascinant, parce que je pense que la plupart des gens n'en ont jamais
02:12entendu parler
02:12jusqu'en France 2022-2023, et tout d'un coup, c'est un reportage qui a été fait sur la
02:19pollution du Rhône
02:20et qui a révélé qu'ils étaient absolument partout, et surtout, c'est pour ça qu'on les appelle les
02:25polluants éternels,
02:26que pour dépolluer, il faut des fortunes.
02:28Par exemple, juste sur la vallée de la chimie, pour arriver à dépolluer que le sol,
02:31on est à plus de 900 millions d'euros, et probablement un milliard si on veut vraiment juste sur cet
02:36endroit-là.
02:37Mais ils sont partout.
02:39Donc, c'est vrai que là-dessus, c'est ce qu'on peut appeler le risque chimique pour une industrie,
02:44risque juridique pour une industrie chimique qui, jusque-là, est assez peu en première ligne,
02:49réellement, parce qu'elle fait du B2B, parce que c'est des marques absolument inconnues,
02:52qu'il n'y a pas cette pression du public, et que le lien de causalité est toujours assez complexe
02:58à établir
02:59entre une substance chimique et une maladie quelconque.
03:04Donc, c'est là où il y a vraiment une menace sérieuse pour les entreprises concernées,
03:08mais aussi une menace plus globale pour le secteur.
03:10Oui, vous parliez d'épée de Damoclès.
03:11Il y a aussi une épée de Damoclès au-dessus de ces entreprises,
03:14parce que l'ampleur de cette procédure pourrait leur causer des torts,
03:20surtout si elles sont cotées en bourse.
03:22Alors, déjà, et puis surtout, il y a un cas d'école qu'on connaît bien,
03:25qui est Bayer-Monsanto.
03:27C'est-à-dire qu'effectivement, autant sur les PIFAS, c'est une première,
03:31autant sur le glyphosate ou le Roundup, qui était fabriqué par Monsanto,
03:35là, d'un point de vue boursier, les actionnaires de Bayer sont pas du tout reconnaissants
03:40aux dirigeants de Bayer d'avoir acheté Monsanto.
03:42Pour donner des chiffres, on est aujourd'hui à une valorisation de Bayer
03:47qui est plus de quasiment 20 milliards.
03:50Ils ont acheté plus de 60 milliards, pratiquement 60 milliards en 2016, Monsanto.
03:57Et aujourd'hui, Bayer tout seul, avec Monsanto, vaut 44 milliards.
04:03Plus, je vous passe, donc tous les procès, alors là où ça devient,
04:06et c'est pour ça que c'est intéressant de regarder attentivement ce procès,
04:10c'est qu'au moment où Bayer a racheté Monsanto, il avait déjà des milliers de procès,
04:15et il commençait déjà à les perdre.
04:17Donc là, on en est même arrivé à ce que Bayer, sachant plus quoi faire de ce Monsanto
04:22qu'il avait mis dans son nom, puis qu'il a enlevé,
04:25envisage même d'arrêter la production de glyphosate,
04:27qui est, je le rappelle, quand même toujours l'un des herbicides les plus vendus au monde.
04:31Donc ce procès qui approche, cette action collective qui a été lancée par 200 riverains,
04:35effectivement, on regarde le secteur de la chimie en bourse,
04:37c'est vrai qu'il a beaucoup souffert ces dernières années, mais là, depuis le 1er janvier,
04:40il se passe un truc, mais à la hausse, plus positif pour les valeurs cotées.
04:43Arkema gagne 24%, là, en à peine un peu plus d'un mois depuis le 1er janvier,
04:47plus 24%, BASF gagne 15%.
04:50Les prix de l'énergie chutent, ça aide le secteur, bien sûr.
04:53Bruxelles apparemment, en plus, réfléchit à alléger les règles d'émissions de CO2,
04:56ce qui pourrait prolonger la distribution de quotas gratuits.
04:59Il y a des vents malgré tout en bourse,
05:01et quoi qu'on en pense, quels que soient les défauts de ce secteur,
05:03plus positifs, plus ascendants, plus favorables désormais.
05:06Alors, je dirais, c'est une illustration de plus,
05:08que les marchés boursiers ne sont pas très orientés long terme.
05:11C'est-à-dire qu'effectivement, sur le très court terme,
05:14le vent de dérégulation qui souffle du côté de la Commission
05:17bénéficie clairement au secteur chimique.
05:20Dans ce cas précis, puisqu'il y a effectivement ce double mouvement,
05:23on ralentit sur les exigences en CO2,
05:27on essaie que l'énergie soit le moins cher possible,
05:29et surtout, on est sur un assouplissement,
05:32dans ce fameux, ce qu'on appelle le paquet omnibus,
05:35qui est devenu en fait une loi spéciale pour déréguler.
05:39Et donc là, le paquet 10 concerne les substances chimiques
05:42et les plus toxiques,
05:43qui auraient une autorisation illimitée de mise sur le marché.
05:48Donc, on est sur quelque chose qui,
05:51effectivement, d'un point de vue stricto sensu,
05:53financier, boursier, très court terme,
05:55est un signal que ça va aller moins mal pour le secteur,
05:58qui est par ailleurs en Berne,
05:59qui envisage de délocaliser,
06:01qui représente près de 400 000 emplois en Allemagne.
06:04Donc, c'est vraiment un poids très lourd.
06:07Donc, la logique super court terme,
06:08c'est de se dire, bon, du coup, on va tout arrêter.
06:11Le vrai sujet, c'est en fait,
06:12qui va payer l'addition à la fin ?
06:14Puisque, en termes sanitaires,
06:16c'est clairement les États aussi,
06:17donc est-ce bien raisonnable ?
06:18Et la deuxième chose,
06:19c'est qu'effectivement,
06:21le lien de causalité,
06:23la corrélation entre la surexposition chimique,
06:26qu'on a depuis que des dizaines de milliers de substances
06:29ont été mises en circulation depuis les années 60,
06:32commencent à être clairement documentées.
06:34Donc, pour l'instant,
06:36le cas le plus général,
06:38c'est celui du glyphosate et de Monsanto,
06:40mais l'épiphase, ça commence,
06:41et ça pourrait être effectivement très grave.
06:43Donc, je dirais,
06:44s'ils émettaient une obligation à 100 ans,
06:46ce n'est pas bien raisonnable de l'acheter.
06:48Ah oui, d'accord.
06:49C'est bien,
06:49vous raccrochez à l'actu du jour,
06:51effectivement,
06:51Alphabet et son émission à 100 ans.
06:53Mieux vaut acheter Alphabet à 100 ans
06:54que les chimistes,
06:55c'est votre idée.
06:55Non, mais effectivement,
06:56c'est toujours important.
06:57C'est une façon de parler du long terme.
06:59Exactement,
07:00et de rebondir sur cette actu
07:01dont on parle dans un instant.
07:03Alphabet incroyable,
07:04donc émission à 100 ans
07:05qui a été réalisée avec une demande,
07:07on a les chiffres maintenant,
07:08une demande dix fois supérieure à l'offre.
07:10Il y a eu vraiment énormément d'investisseurs
07:12pour se bousculer au portillon,
07:14énormément d'investisseurs convaincus
07:15que dans 100 ans,
07:16Alphabet sera toujours parmi nous.
07:18Voilà,
07:18et Alphabet sera toujours là pour rembourser.
07:20Mais pas eux.
07:21Mais pas eux.
07:22Ah, mais pas eux, non.
07:23Mais l'institution, oui,
07:24c'est des institutionnels qui vont acheter.
07:25Mais pas eux, effectivement,
07:26ça ne les regardera plus.
07:26On sera tous passé à ce moment-là.
07:27On en parle dans un instant
07:28donc de ce pari des marchés
07:29sur Alphabet,
07:30sur les GAFAM,
07:31malgré les montagnes d'investissement
07:33et les questions existentielles
07:34qui se posent à court terme.
07:36Ce sera avec Sabrina Sadgui
07:37et Julien Marion,
07:39bien sûr,
07:39nos experts d'fmbourse.com.
07:40A tout de suite.
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