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  • il y a 1 semaine
Ce vendredi 6 février, Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas en charge du pôle Commercial, nous fait part du succès de son groupe en 2025 dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BNP Paribas a atteint l'ensemble de ses objectifs en 2025, des revenus à plus de 51 milliards d'euros, un résultat net à plus de 12 milliards d'euros.
00:08Bonjour Thierry Laborde, vous êtes le directeur général délégué de BNP Paribas, en charge du pôle commercial, personnel, banking et services.
00:15C'est un record, alors vous n'êtes pas seul sur le marché à annoncer des records sur les résultats des bancaires, c'est globalement la tendance chez l'ensemble de vos concurrents.
00:24Des résultats, une rentabilité en hausse, des bénéfices en hausse, vous avez un objectif encore amélioré pour les prochaines années,
00:31mais vous annoncez quand même toujours être très très très vigilant sur les coûts. Pour quelles raisons ?
00:37Quand on voit des résultats comme ça, on se dit tout va bien, pourquoi il faut continuer à baisser les coûts ?
00:41Alors d'abord, c'est vrai que le dernier trimestre est un tournant, ça c'est important, et c'est un tournant vers l'accélération.
00:46Pourquoi ? Parce que le scénario de taux est beaucoup plus favorable aux banques commerciales.
00:51Pour BNP Paribas, c'est 40% de la banque, pour faire très simple, qui a beaucoup souffert d'un scénario de taux que l'on appelle inversé,
00:59où les taux courts étaient plus hauts que les taux longs.
01:01Là, maintenant, on a une visibilité, en plus avec des perspectives de maintien, on l'a vu hier, du taux de dépôt de la BCE,
01:08qui devrait rester stable dans les trimestres qui viennent, autour de 2%.
01:12Des taux longs qui montent, pourquoi ? Parce qu'il y a la pression de la dette, donc les taux longs des États sont plus longs,
01:19donc ça permet aux banques d'avoir une courbe de taux beaucoup plus favorable à leurs activités.
01:24Donc ça, c'est un phénomène durable qui est un vrai tournant, qui nous rend, nous, très confiants,
01:29par rapport à des résultats qui font quand même plus de 28% sur ce trimestre, pour rehausser nos objectifs.
01:35Vous l'avez vu, on est passé d'un objectif qui était autour de 7% de croissance du résultat net par an, à plus de 10%.
01:42Donc c'est des engagements forts, et pour faire ces engagements, bien sûr, il faut toujours sécuriser la base de coûts.
01:48Pourquoi ? Parce qu'on est dans un environnement compétitif.
01:51Et les technologies nous amènent des solutions qui vont nous permettre de faire ce que nous faisons aujourd'hui,
01:57très différemment demain.
01:58Pour le bien des clients, ça c'est important, c'est pas seulement pour l'actionnaire,
02:02c'est d'abord pour les clients et pour les collaborateurs.
02:05Vous voyez, un collaborateur aujourd'hui, je prends cette image,
02:07dans la banque, il y a très longtemps, il y a même 10-15 ans,
02:10on avait dans les services opérations, dans les services administratifs,
02:14on les appelait un peu comme ça il y a très longtemps, beaucoup, beaucoup de monde.
02:17Demain, ces tâches, qui peuvent être répétitives, qui sont des tâches de production,
02:22progressivement, elles vont s'intégrer dans des parcours bout en bout,
02:26et ces tâches vont disparaître.
02:28Donc, c'est pas moins d'emplois automatiquement, c'est de l'emploi différent.
02:32Et pour les collaborateurs, c'est plus de valeurs ajoutées, plus de conseils,
02:36ce qu'on appelle dans nos jargons du reskilling,
02:39comment aider à donner de nouvelles compétences à nos collaborateurs,
02:42pour s'adapter à l'évolution des emplois.
02:44Vous n'avez pas de plan de départ officiel ?
02:48Vous dites, on ne remplacera pas ceux qui partent,
02:50mais il n'y a pas de plan de départ dans la banque de détail, par exemple ?
02:53Non, du tout.
02:54Il y en a, quand vous faites une acquisition,
02:56c'est le cas d'AXAIM, cette acquisition...
02:59Où il y a des doublons, en fait...
03:01Ou d'athlons qui vont arriver, dans le courant de l'année 2026,
03:03quand il y a des doublons, on traite les doublons,
03:05et généralement, on fait avec des plans de départ volontaires.
03:07Il n'y a pas de plan de départ contraint,
03:10et sur les banques commerciales, cette adaptation,
03:12nous savons la faire par le turnover naturel.
03:14La banque, c'est une boîte de tech, maintenant ?
03:16C'est exactement ça, de plus en plus.
03:18On doit avoir aujourd'hui 70 000 collaborateurs
03:20qui sont des quantes, des informaticiens,
03:24des spécialistes de l'IA, etc.
03:26C'est tout à fait ça.
03:27La banque se transforme sur une banque de tech, une boîte de tech.
03:30Vous venez sur ce plateau avec un pinz Wiro.
03:32Je ne vois que ça depuis que vous êtes arrivés.
03:35Je ne suis pas innocent, Laura.
03:36Je sais bien, on sera avec François Villard-Galot
03:38de la Banque de France dans un quart d'heure.
03:42Il y a ce conflit un peu entre les banquiers aujourd'hui
03:46et puis la Banque Centrale Européenne
03:47qui, elle, défend l'euro numérique.
03:49Vous défendez Wiro.
03:50Est-ce que les deux solutions peuvent exister
03:52ou désormais c'est l'une contre l'autre ?
03:55Alors, ce n'est pas l'une contre l'autre.
03:56Il y a une question de temporalité.
03:58Et je pense que la Banque de France est tout à fait sur ce sujet-là.
04:01François Villard-Galot nous le dira tout à l'heure.
04:03Et d'ailleurs, la Banque de France, je le rappelle, soutient très fortement l'initiative Wiro.
04:07De quoi parle-t-on ?
04:08On parle d'une plateforme, ce qu'on appelle un schéma, un scheme, européen,
04:13avec des rails européens,
04:15qui sont là pour limiter la dépendance
04:17avec des grands acteurs internationaux,
04:20souvent nord-américains,
04:21mais ils pourraient être chinois demain par exemple.
04:23Donc vraiment d'avoir une solution propre à l'Europe.
04:25Et cette solution, ce Wiro, ce badge que je porte aujourd'hui,
04:28c'est une solution qui a beaucoup de traction.
04:30Elle est là seulement depuis 18 mois.
04:32Elle a déjà 48 millions d'utilisateurs.
04:36Elle a déjà traité plus de 400 millions de transactions,
04:39des dizaines de milliards d'opérations,
04:41sur un seul usage,
04:43qui est celui qui existe pour l'instant,
04:44qui est l'argent qu'on se transmet d'un téléphone à l'autre.
04:47Le paiement instantané.
04:48C'est du paiement instantané.
04:50Ce n'est pas des rails-cartes.
04:52L'infrastructure, c'est l'infrastructure européenne,
04:55le moyen de paiement de la Commission européenne,
04:57qui est l'instant payment,
04:58qu'on utilise sur ces usages.
05:00Beaucoup de choses vont arriver en 2026.
05:02D'abord, les solutions très populaires aux Pays-Bas,
05:05Ideal, nous rejoint.
05:07Les banques néerlandaises font leur migration vers Wiro.
05:10C'est 15 millions d'utilisateurs.
05:11Pas des gens qui n'utilisent pas,
05:13qui utilisent cette solution.
05:14Tous les jours, qui arrivent.
05:16Deuxième élément, le Luxembourg arrive aussi.
05:18D'autres pays vont nous rejoindre.
05:19On vient d'annoncer la semaine dernière la création d'un hub technologique
05:23qui permet de rendre interopérable cette solution
05:27avec les solutions des banques nordiques
05:29et les solutions du Banque du Sud,
05:31Espagne, Portugal, Italie.
05:32Ça veut dire que lors, quand vous serez par exemple en Espagne,
05:37vous pourrez utiliser votre solution chez un marchand espagnol,
05:42votre solution Wiro,
05:43et tout ça fonctionnera comme une seule solution.
05:45Personne ne paye chez le commerçant avec Wiro.
05:47Ça arrive cette année.
05:48Oui, mais aujourd'hui, personne ne...
05:50Enfin, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
05:52C'est ça, demain, on va payer.
05:52Aujourd'hui, ce sont des cartes.
05:53Demain, vous paierez par le leadstone payment.
05:55Comme avec l'Apple Pay, en fait.
05:56Je paierai avec Wiro.
05:57Apple Pay, ce n'est pas un moyen de paiement.
05:59Pour être très précis, c'est une interface.
06:01C'est un téléphone qui héberge une carte, aujourd'hui.
06:04Dans Apple Pay ou dans Samsung Pay,
06:06ce sont des solutions, les cartes, qui sont à l'intérieur.
06:09Et donc, l'hébergeur, celui qui possède le téléphone,
06:13n'est juste un hébergeur.
06:15Il ne fait pas le paiement.
06:16Il fait juste l'interface.
06:18Demain, ce que l'on va faire,
06:19Wiro permettra de payer par un autre moyen de paiement que la carte,
06:23le paiement instantané.
06:25Et vous verrez, ça arrive au printemps en France.
06:27C'est demain.
06:28Ça sera terriblement fluide.
06:29Et nous développons, dessus, pour la fin de l'année,
06:32la capacité de Wiro d'être un wallet, un portefeuille,
06:36pour que vous puissiez y mettre votre carte
06:37et avoir une alternative au XP, au Apple Pay, au Samsung Pay.
06:42Donc, vous dites quoi, la BCE ?
06:43Stop avec l'euro numérique ?
06:44Non, on ne dit pas stop à l'euro numérique.
06:46Il faut d'abord que les votes se fassent.
06:47Le Parlement n'a pas voté encore.
06:49Il faut voir quels seront les amendements.
06:51Ensuite, après ce vote, il y a un trilogue
06:53entre le Conseil, la Commission et le Parlement.
06:56Tout ça va prendre du temps.
06:57Nous, ce qu'on dit, c'est le sujet de dépendance
07:00aux acteurs internationaux.
07:01C'est maintenant, ce n'est pas en 2029.
07:03Il y a deux boulets, si je puis me permettre, dans votre activité.
07:07C'est un, la taxe, la surtaxe sur les grandes entreprises.
07:13Le patron du Crédit Mutuel, Daniel Ball, disait hier,
07:15c'est scandaleux, ça nous empêche d'avancer.
07:17C'est un vrai boulet qu'on a en France.
07:19Et deux, le sujet aux États-Unis.
07:22Il y a un risque juridique fort,
07:24avec le groupe qui a été reconnu complice d'exaction au Soudan.
07:27Il y a trois plaignants qui doivent recevoir de l'argent.
07:29C'est un risque de nombreux procès pour vous.
07:31Vous allez faire appel.
07:33Est-ce que vous considérez que c'est un risque
07:35très important pour la banque ?
07:37Non, j'en ai parlé sur ce plateau au mois d'octobre.
07:41La nouveauté, c'est que maintenant,
07:42nous ferons appel d'ici lundi.
07:44Donc après, il faut que l'appel soit jugé.
07:46Nous pensons que nos arguments sont très solides,
07:48qu'il y a une erreur dans le jugement de première instance,
07:51devant un jury populaire.
07:52Là, ce sont trois juges professionnels,
07:55c'est très différent, qui vont juger.
07:57Sur le fonds et le respect du droit,
07:58puisque là, on parle de droit suisse,
08:00pas de droit américain.
08:01Donc on est très confiants sur l'issue de ce...
08:04Ça prend un peu de temps, ça crée un peu d'incertitude,
08:06mais on est très confiants.
08:07Sur le sujet que vous évoquiez,
08:09le sujet de la taxe IS,
08:11nous, on a en gros 10% de nos résultats en France.
08:13Donc il est clair qu'on est un groupe très international,
08:16très diversifié.
08:17On paye l'impôt là où on crée les résultats.
08:20La France, c'est 10%.
08:21Donc l'impact est moins important
08:23que des groupes bancaires
08:24ou des entreprises qui sont très très présentes
08:27dans leur activité,
08:28dans leurs résultats en France.
08:29Mais je partage complètement la vision de Daniel Ball.
08:32Ce n'est pas une bonne nouvelle
08:34pour les grandes entreprises.
08:35Et le fait d'équilibrer un budget
08:36essentiellement par l'impôt
08:38et l'impôt sur les entreprises,
08:40ce n'est pas bon,
08:41ce n'est pas la bonne solution.
08:42On avait dit que c'était transitoire.
08:43Ça ne sera pas.
08:44Je pense que ça va durer
08:45et on verra ce que sera en 2027.
08:47Mais le budget de 2027,
08:48il n'est pas fait non plus.
08:49Il sera dans un contexte bien particulier.
08:51Nous verrons.
08:51Mais ce n'est pas une bonne nouvelle
08:52pour les entreprises.
08:53Le ministre de l'Économie a dit
08:54jusqu'à ce que les déficits baissent
08:56sous les 3%,
08:57ça risque de durer un petit temps.
08:59Oui, en 2029,
09:00si on est très optimiste.
09:01Merci beaucoup Thierry Laborde
09:02d'être venu ce matin
09:03dans la matinale de l'économie.
09:04Merci.
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