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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 3 février dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h46 on a dériffé l'actualité du jour avec Christian Parizeau qui nous a rejoint.
00:03Bonjour économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC, on va parler de métaux précieux bien sûr.
00:08Mais avant on va réécouter Mario Draghi qui continue, il répète toujours la même chose sur l'Europe
00:12et l'Europe qu'il veut force et politiquement intégrée.
00:15C'était hier à l'Institut catholique de Louvain, on le réécoute en débrise derrière.
00:20Mais collectivement nous avons quelque chose de plus important.
00:28l'échelle, la richesse, la culture politique et 75 ans passés à construire les institutions d'un projet commun.
00:35Parmi tous ceux qui sont aujourd'hui pris en tenaille entre les Etats-Unis et la Chine,
00:39seuls les Européens ont la possibilité de devenir en eux une véritable puissance.
00:49Et la suite du son, Christian Parizeau, le problème c'est qu'on n'a pas d'unité politique
00:53et donc à un moment il faut un fédéralisme pragmatique, c'est ça qu'il veut Mario Draghi.
00:57Alors, on ne peut qu'acquesser par rapport à ce qu'il dit.
01:00Alors juste, oui, je lis beaucoup de choses très négatives sur l'Europe.
01:03Alors juste, je voudrais rappeler quelques chiffres pour l'avoir en tête.
01:07En Europe, on est sur une inflation maîtrisée aujourd'hui.
01:09Je fais une photo, alors je sais que la photo c'est stable à un moment donné,
01:12mais si on fait la photo aujourd'hui, en Europe on est sur une inflation maîtrisée,
01:15alors qu'aux Etats-Unis on a quand même un vrai risque de dérapage d'inflation.
01:18En tout cas, on n'a pas du tout de visibilité sur l'inflation.
01:20En Europe, on a un excédent courant de deux points de PIB.
01:22Je vous rappelle qu'on nous parle toujours de la faiblesse de l'Europe, du problème commercial,
01:27mais l'Europe affiche encore un excédent de deux points de PIB courant.
01:32Donc c'est quand même le fait que l'Europe n'est pas si mauvaise que ça sur le commerce international,
01:35malgré la concurrence chinoise ou les pressions américaines.
01:39Et puis le déficit public moyen européen, je sais que la France est un mauvais élève,
01:42mais si on regarde l'ensemble de l'Europe, on est à trois points de PIB de déficit,
01:46alors qu'aux Etats-Unis on est au double.
01:47Donc si on fait une photo, je ne vous dis pas,
01:51alors après il y a deux faiblesses en Europe.
01:52La première faiblesse c'est la démographie, et ça, ça tient à beaucoup de pays.
01:56Les Etats-Unis vont être touchés aussi, mais beaucoup plus tardivement,
01:59mais la France et l'Europe donnent des signaux quand même assez inquiétants
02:03pour l'avenir à cause de sa démographie.
02:05Ça c'est un point d'inquiétude.
02:07Deuxième point d'inquiétude, c'est naturellement le fait qu'en Europe,
02:09on n'a pas une Europe politique.
02:11Et ça, on a une Europe économique, mais pas politique.
02:13Et ça, c'est le vrai problème que souligne Mario Draghi,
02:16parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, en plus, on est dans des pays européens
02:19qui sont d'accord pour l'aspect économique,
02:22mais qui divergent au niveau politique de plus en plus.
02:25Et ça, c'est un vrai problème aujourd'hui pour gérer.
02:27Et donc, je trouve que ce que propose Mario Draghi est du bon sens.
02:31On n'arrivera pas à avoir l'unanimité.
02:33Aux Etats-Unis, il y a un président américain.
02:35Il ne faut pas qu'il y en ait un qui puisse tout bloquer.
02:37Voilà, aux Etats-Unis, on a les institutions.
02:39Alors, il peut y avoir des Etats qui se révoltent, on le voit actuellement,
02:42qui ne sont pas du tout d'accord avec la...
02:44Mais il n'y a quand même qu'un président américain.
02:46Donc, on n'aura jamais ça en Europe.
02:48Donc, le côté que ce que propose Mario Draghi est plutôt du bon sens.
02:51Soyons pragmatiques.
02:53Là où on veut avancer, unissons-nous.
02:55Et puis, je pense que si ça marche,
02:57et si l'unité politique se fait sur certains thèmes,
02:59les autres vont suivre derrière,
03:01parce qu'il y aura quand même un avantage économique à suivre derrière.
03:04Donc, je trouve qu'il a raison.
03:06Il faut procéder par étapes.
03:08La grande erreur de l'Europe, c'est d'exiger l'unanimité sur tout
03:11et d'avoir voulu grossir trop vite, quelque part,
03:14sans avoir fait son unité politique avant.
03:16Christian, vous dites, on est d'accord pour l'unité économique,
03:19mais on a quand même des barrières entre pays,
03:21aujourd'hui, économiques.
03:22On se met des droits de douane, nous-mêmes, entre nous.
03:24On a quand même des progrès à faire aussi là-dessus.
03:26Oui, mais ça, c'est le problème.
03:27Justement, c'est parce qu'on n'a pas fait l'unité politique qu'on a ces barrières.
03:30Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on a l'État français
03:32qui veut décider lui-même de sa réglementation,
03:35voire de sur-réglementer par rapport à l'Europe,
03:37alors que d'autres États ne veulent pas de la réglementation européenne
03:40ou contournent la réglementation européenne.
03:42Donc, c'est parce qu'il n'y a pas une unité.
03:43Si, par exemple, on l'a vu, ça marche assez bien,
03:46quand il a fallu faire Airbus,
03:48quand il a fallu faire, après-guerre,
03:50une unité pour l'acier et le charbon,
03:53on peut se mettre d'accord sur des projets industriels
03:55et dire, à ce moment-là, on se met d'accord sur un secteur.
03:58Ça ne sert à rien de vouloir tout faire sur tous les secteurs.
04:01On a une volonté politique de faire Ariane.
04:03On a une volonté politique de faire Boeing.
04:05On se met tous d'accord.
04:06Et à ce moment-là, on abaisse les barrières
04:08parce qu'on a ce projet sur ce secteur.
04:10Mais c'est politique, en fait.
04:11Mais c'est politique.
04:12Aujourd'hui, ça serait bien d'avoir une unité politique,
04:14de dire, par exemple, est-ce qu'on fait, au niveau européen,
04:17des grandes sociétés pour se défendre contre les GAFAM.
04:21Et donc, à ce moment-là,
04:22s'il y a une unité politique et tous les pays européens
04:25s'unissent pour faire une stratégie industrielle.
04:28Et encore une fois, je dis stratégie industrielle,
04:30je ne parle pas de remplacer les entreprises privées,
04:32mais de faire un ensemble de réglementations
04:34au niveau d'Européenne sur ce segment-là,
04:36ça sera bon.
04:37Parce que l'idée aujourd'hui
04:38d'abaisser totalement les barrières douanières
04:40sur tous les produits, sur tous les biens
04:42et tous les services,
04:43ça ne se fera jamais
04:44parce que ça veut dire qu'on enlève tout pouvoir
04:46aux autorités au niveau de chaque pays.
04:48Et ça, avant d'avoir un consensus là-dessus,
04:50ça prendra énormément de temps.
04:51Donc, passons au pragmatisme.
04:52Et je suis entièrement d'accord
04:53avec ce que dit M. Draghi sur ce sujet.
04:55Autre élément de marché aujourd'hui,
04:57les mouvements sur l'or et l'argent,
04:59ça s'est quand même un petit peu calmé.
05:00Là, on reprend un petit peu sur l'or,
05:02mais le mouvement,
05:03c'est quasiment 1000 dollars sur 10 jours.
05:06C'est incroyable ce qui s'est passé
05:07sur les métaux précieux.
05:08Alors, c'est toujours le problème,
05:09c'est qu'est-ce qu'on appelle un actif refuge ?
05:11Parce qu'on a toujours parlé
05:11de l'or et l'argent comme actif refuge,
05:14mais s'ils deviennent plus volatiles que la bourse,
05:15est-ce que c'est vraiment un actif refuge ?
05:17Donc, le gros problème qu'on a eu sur l'argent notamment,
05:21normalement, l'argent, c'est quand même à 60%,
05:23c'est une demande industrielle.
05:25On s'en sert.
05:26Voilà, on s'en sert.
05:27C'est quand même à la différence de l'or.
05:28On ne le stocke pas.
05:29Voilà.
05:30L'or, c'est plus une demande de stockage,
05:33une logique financière.
05:35Mais l'argent, on a eu une volatilité extrême
05:37parce qu'on a eu des flux énormes
05:39sur tout ce qu'on appelle les ETF.
05:40ETF argent, ETF or.
05:43Alors après, on parle aussi peut-être de spéculation
05:44au niveau de la Chine qui a pu jouer aussi,
05:46mais il y a eu aussi des flux énormes via les ETF.
05:49Et donc, c'est beaucoup de ce qu'on appelle les particuliers,
05:50le retail, qui a peut-être amplifié le mouvement.
05:53Je ne dis pas qu'il n'y avait pas un mouvement
05:54des investisseurs professionnels,
05:56mais il y a eu sûrement un effet.
05:57Et c'est un problème ?
05:58Alors, c'est un problème, ça traduit surtout
06:00que maintenant, avec les réseaux sociaux,
06:02avec le fait que les particuliers,
06:03on l'avait vu avec,
06:04on a vu le phénomène des mêmes stocks.
06:07Vous savez, le phénomène que dans les réseaux sociaux,
06:09on commence à parler sur une valeur,
06:10sur « on a une idée, les sept magnifiques ».
06:13Et donc, à un moment donné,
06:15on a la possibilité avec les réseaux sociaux,
06:18finalement, d'orienter un flux énorme de particuliers
06:20sur une thématique.
06:22Et donc, ça se retourne aussi vite que ça,
06:24et ça crée de la volatilité.
06:25Et donc, le gros problème aujourd'hui,
06:27c'est ce genre d'effet de mode.
06:29On l'a vu avec le bitcoin,
06:30il y a des moments,
06:31il y a des effets de mode qui amplifient les mouvements.
06:33C'est-à-dire que là, le flux est supérieur
06:34sur l'or et l'argent que sur les sept magnifiques ?
06:37Oui, la semaine passée,
06:38on a plus traité de TF.
06:40Donc, ça vous donne le flux qu'il y a eu d'un seul coup
06:44et un flux de particuliers qui ont spéculé.
06:47Mais il faut faire avec, c'est ça,
06:48la démocratisation de la bourse aussi ?
06:49Il faut faire avec, mais ça crée de la volatilité.
06:51Et c'est vrai que pour des géants professionnels
06:53qui avaient une logique plutôt de diversification
06:56de leur portefeuille,
06:57peut-être aussi de se protéger
06:59contre l'aléa Trump, quelque part,
07:01c'est un peu ça aussi.
07:01Mais il faut trouver d'autres valeurs refuge.
07:03Non, on ne peut pas en trouver d'autres.
07:04Ça reste une thématique,
07:06mais il faut vivre avec ses à-coups,
07:10ses flash-tracks, ses mouvements.
07:12Et ça ne facilite pas la gestion de portefeuille.
07:13Il faut rester calme.
07:14Et puis surtout, limiter les effets de levier.
07:17Parce que ce qui fait mal dans ce genre de mouvement,
07:19c'est quand on a des appels de marge
07:20et qu'on est obligé de vendre.
07:21Donc oui, ça veut dire qu'il faut tenir compte
07:24que l'indicateur de volatilité aujourd'hui
07:27sur les marchés est un mauvais indicateur.
07:28Parce qu'on voit toujours le VIX très bas,
07:30les indicateurs de volatilité très bas.
07:32Ce n'est pas ça qu'il faut regarder.
07:32Parce que maintenant, la volatilité,
07:34c'est surtout qu'elle est très volatile.
07:35C'est-à-dire qu'à un niveau actuel de volatilité...
07:38Non, ce qu'il faut regarder,
07:38c'est que lorsqu'on a des phénomènes d'excès, d'engouement,
07:43il faut savoir réduire ses expositions
07:46et en tout cas être prêt à avoir des pics de volatilité
07:48à un moment donné.
07:49Et ça, ça change.
07:50Alors qu'est-ce qu'un actif refuge s'il est volatile ?
07:53Il faut en tenir compte aujourd'hui de cette volatilité.
07:56Merci beaucoup Christian Parézot.
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