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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Nous allons revenir sur ce qui s'est passé vendredi dernier.
00:03C'est devant le collège Jean-Gionneau à Saint-Genis-de-la-Valle,
00:07du côté du département du Rhône, on n'est pas très loin de Lyon,
00:10Saint-Genis-la-Valle précisément.
00:11C'est une collégienne qui s'est retrouvée véritablement dans une espèce d'embuscade
00:15tendue par deux autres filles.
00:18Elles l'ont rouée deux coups et une fois à terre,
00:20elles lui ont mis des coups de pied à la tête.
00:22Alors bien évidemment, nous n'allons pas vous montrer ces images
00:25qui sont d'une extrême violence.
00:26La victime a été admise en urgence à l'hôpital.
00:30Ce déchaînement de violence, c'est le ministre de l'Éducation nationale,
00:33Édouard Geffray, qui l'a commenté.
00:35On ne peut pas accepter des déchaînements de violence pareils.
00:38Et une fois encore, ça pose la question de toute la chaîne.
00:41Ça pose la question de ce qu'on apprend à nos jeunes.
00:43Ça pose la question de ce à quoi ils sont exposés en termes de contenu.
00:45Et je pense notamment aux réseaux sociaux, aux contenus vidéo,
00:49qui regardent quand même toute la journée.
00:51Et qui, dans le fond, à la fois banalisent la violence,
00:55et en même temps la mettent à distance.
00:57Ils ne se rendent plus compte de ce que ça veut dire.
00:58Et donc là aussi, vraiment, c'est une question de sursaut collectif.
01:01Alors vous savez que la semaine dernière,
01:03l'Assemblée nationale a voté l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
01:06Donc l'ensemble de la chaîne aurait été répandue.
01:09Mais il faut que la réponse soit plus complète.
01:11Il faut qu'elle soit systématique.
01:12Alors déjà, on va revenir sur les faits en eux-mêmes.
01:14Avec vous, Mathias Tesson,
01:16que s'étend de cette agression vraiment très violente ?
01:19Alors, vendredi dernier, 16h30, à la sortie d'un collège de Saint-Jean-y-la-Val.
01:24On est dans la banlieue de Lyon.
01:27Deux jeunes filles s'en prennent à une autre.
01:31Manifestement, deux élèves qui ne sont pas scolarisés à l'intérieur de cet établissement.
01:37Et elles vont alors, vous l'avez dit, se déchaîner sur elles littéralement.
01:40Lui porter de nombreux coups de pied, principalement au niveau du visage.
01:46Cette jeune fille va se mettre à crier.
01:50La scène est filmée.
01:52Et donc, pendant plusieurs jours, les adolescentes auteurs de ces coups-là ne seront pas interpellées.
01:59Et ce n'est qu'aujourd'hui, à la faveur d'une enquête menée par le Parquet de Lyon,
02:04que ces deux jeunes filles, adolescentes, âgées de moins de 15 ans,
02:07c'est important de le souligner,
02:09ont été interpellées et placées en garde à vue.
02:12Selon nos informations, l'une de ces deux jeunes filles a déjà des antécédents judiciaires.
02:17Mais qu'elles ?
02:18On les ignore.
02:19On n'a pas la nature des infractions précédentes qui ont pu lui être reprochées.
02:24On sait aussi par ailleurs que l'une des agresseuses
02:27était déjà sous le coup d'une exclusion de son propre collège pour d'autres motifs.
02:32Ça, ce sont des informations obtenues par le rectorat de Lyon.
02:36Et les motifs de l'agression, on les connaît ou pas ?
02:38Elles ne sont pas connues à ce stade.
02:40Peut-être futiles, très probablement d'ailleurs.
02:43Mais il faut comprendre qu'on est dans une enquête qui concerne exclusivement des mineurs
02:46et que dans ces cas-là, la communication du Parquet est évidemment bien plus limitée.
02:50Il faut préciser qu'on a les images parce que ce sont les parents de la victime
02:54qui ont voulu que les médias diffusent ces images.
02:57Voilà, et ces images qui sont particulièrement odieuses, très très violentes
03:01où effectivement on voit cette jeune fille...
03:03En fait, il y a deux jeunes filles, donc il y en a une qui agresse et l'autre qui filme, si je comprends bien.
03:08Ça, c'est peut-être déroulé ainsi parce que c'est vrai que dans ce genre de configuration,
03:14et d'ailleurs c'est un délit de filmer une scène de cette nature
03:17et de ne pas porter assistance à la personne blessée,
03:21il faut bien comprendre qu'il y a une forme de victimisation secondaire pour la victime
03:25parce que lorsque ces faits sont filmés, en plus des violences physiques qu'elle a subies,
03:30elle se retrouve avec son image, etc., en situation de vulnérabilité propagée sur les réseaux sociaux.
03:35Il se trouve qu'en l'espèce, les parents autorisent la diffusion
03:37pour dénoncer évidemment ce qui s'est passé,
03:40mais les conséquences psychologiques sont évidemment aussi à prendre en compte.
03:43Nous sommes avec le policier Alain Barberis, qui est secrétaire Rhône du syndicat Alliance Police Nationale.
03:48Avez-vous des éléments à nous apporter supplémentaires sur cette affaire ?
03:52On s'interroge quand même sur le délai d'interpellation.
03:55Les faits ont eu lieu la semaine dernière, les filles viennent tout juste d'être interpellées.
04:00L'une d'entre elles avait des antécédents judiciaires.
04:02Pourquoi ce laps de temps alors qu'a priori elles sont connues ?
04:06Bonjour à tous.
04:07Alors déjà, c'est un secteur gendarmerie, c'est un génie Laval,
04:10que ce soit dans la banlieue lyonnaise.
04:13Pourquoi ça prend du temps ?
04:15Parce qu'il y a un travail minutieux par les enquêteurs.
04:18Nos collègues gendarmes, officiers de police judiciaire,
04:21il y a le temps des faits, le temps des médias et le temps de l'enquête.
04:27Il faut pouvoir récupérer toutes les informations utiles pour identifier les auteurs.
04:34Et puis également, ça demande également de la ressource
04:38pour pouvoir parler avec l'entourage de la victime, l'entourage de l'établissement scolaire.
04:48Et il faut donc un certain temps pour pouvoir être sûr et certain d'identifier et d'interpeller les bonnes personnes qui sont en cause dans cette affaire.
04:59L'ultra-violence des mineurs, on en parle malheureusement trop souvent.
05:03Là, il s'agit de filles qui s'en prennent à une autre fille.
05:06Vous le constatez également sur le terrain, cette ultra-violence concerne également de plus en plus les adolescentes.
05:11Oui, on a eu le même cas il y a quelques semaines à Saint-Etienne,
05:16avec en plus en direct sur les réseaux sociaux.
05:21On entendait parler tout à l'heure, le ministre l'évoquer, c'est un vrai sujet.
05:27Les réseaux sociaux sont dévastateurs aujourd'hui
05:29pour avoir cette désinhibition d'ultra-violence chez les mineurs.
05:34On a à nous récemment une affaire sordide également sur Roulin,
05:39avec de la torture sur une jeune fille de 15 ans.
05:43On a cette affaire de Théo, il y a quelques jours, pareil, par une bande de mineurs.
05:49Ce qui est important surtout pour nous, c'est ce qu'on énonce,
05:52Alliance Police Nationale, depuis déjà un certain temps,
05:55c'est cette ordonnance de 45, cette excusité de la minorité.
05:59Vous comprenez bien que les mineurs en 1945 ne sont pas les mêmes
06:04comme notre société en 2026, on le disait déjà, on le dénonçait en 2025.
06:10Donc il va falloir déjà que l'État, nos politiques et la justice,
06:15législateurs, prennent à bras le corps cette législation
06:21qui n'est plus du tout aujourd'hui, au bout malheureusement du jour,
06:25par rapport à la société peut-être qu'elle a évolué.
06:27– M. Barméris, en général, quels sont les motifs ?
06:30Pourquoi ces affrontements ? Pourquoi cette violence ?
06:34– Ça peut être des fois juste pour des relations amoureuses,
06:39ça peut être en effet des mots écrits qui peuvent être interprétés
06:43de manière différente par SMS ou sur les réseaux sociaux.
06:47Ça peut être également l'effet de bande, de jalousie.
06:52Mais en tout cas, c'est des choses qui sont très futiles en réalité.
06:55Et cette perte de repères entre le bien et le mal aujourd'hui,
06:59c'est ça qui est inquiétant en réalité.
07:01C'est quoi cette jeunesse qu'on a aujourd'hui ?
07:04Quel est aussi le rôle très important de l'autorité parentale
07:08ou des civilements responsables ?
07:10C'est un vrai sujet, ce que nous on appelle
07:12cet électrochoc d'autorité, il commence déjà par ça.
07:16Où sont les parents ?
07:18– Mais pourquoi est-ce qu'elle frappe à la tête ?
07:20Pourquoi est-ce qu'on régulièrement, on voit les coups portés à la tête ?
07:23– C'est pour tuer ?
07:25– Il y a, c'est un déchaînement de violence.
07:28Vous l'avez dit tout à l'heure, est-ce que c'est pour tuer ça ?
07:32Il n'y a que les enquêtes qui peuvent le démontrer ou pas.
07:37Mais il y a clairement une intention de faire mal,
07:40que ça soit bien marqué, qu'on puisse bien visualiser,
07:45qu'on veut faire du mal.
07:46Et ça, c'est terrible, terrible pour cette jeunesse
07:48qui est en perte totale de repères.
07:52Et donc, on a intérêt vraiment à se secouer les manches.
07:55Et ce n'est pas faute de le dire et de le dénoncer depuis déjà un certain temps.
07:59– C'est avec nous Alain Barberis, Florence Roiss,
08:03avocate pénaliste au barreau de Paris, est avec nous.
08:05Bonsoir Florence.
08:06Est-ce que la réponse pénale est suffisante ?
08:09– Alors là, je vais vous dire, c'est une question très complexe.
08:13Et c'est une réponse qui nécessite une réponse très posée.
08:16Parce qu'en réalité, je vais vous dire,
08:18les choses, elles prennent leur origine à la source.
08:21Et on le voit encore dans les différents faits divers.
08:26Notamment, on va parler de la professeure
08:28qui a été agressée par un élève.
08:30C'est que souvent, moi, ce que je constate,
08:32c'est que la plupart du temps, la réponse pénale, elle existe.
08:35Et elle a évolué.
08:36On n'est plus sur l'ordonnance de 45,
08:38on est sur le code de justice pénale des mineurs de 2021.
08:41Donc déjà, ça a beaucoup évolué.
08:42La réalité, c'est que les choses se passent en amont.
08:45Et en amont, souvent, ce sont des dysfonctionnements psychiques
08:48chez les jeunes concernés par ces agressions.
08:51Et ce sont aussi des dysfonctionnements familiaux.
08:54C'est-à-dire, souvent, on le constate,
08:56et d'ailleurs, les juges regardent,
08:59les juges des enfants regardent à ce niveau-là.
09:01Alors c'est vrai que ça paraît être des justifications.
09:04– Je vous pose la question, parce que quand on fait ça,
09:06on n'a pas peur de la sanction.
09:09On apprend que l'une d'entre elles avait des antécédents judiciaires.
09:12Alors il faudra approfondir la question.
09:14Mais visiblement, avoir eu affaire à la police ou à la justice ne freine pas.
09:19– Oui, vous avez raison.
09:20– Est-ce que les réponses sont suffisamment sévères
09:24pour dissuader cette jeunesse de passer à l'acte ?
09:26– Mais ça pose la question de la politique pénale en général,
09:29votre question, c'est est-ce que la sévérité…
09:31– Quand on a des comportements aussi violents,
09:32est-ce qu'on peut juger encore comme on le jugeait avant ?
09:34– Oui, mais vous savez, la question que vous posez,
09:37c'est est-ce que la sévérité d'une peine est dissuasive ?
09:39C'est ça la question que vous posez, ça va beaucoup plus loin.
09:42C'est pour ça que c'est extrêmement complexe,
09:43parce qu'en fait, la sévérité de la peine n'est pas forcément dissuasive,
09:46a fortiori chez un certain type de mineurs.
09:49Parce qu'après, il faut analyser le contexte sociologique en question.
09:54Alors c'est vrai qu'on a l'impression qu'on complexifie les choses,
09:57mais en même temps, les choses sont complexes.
09:58On ne peut pas donner des réponses comme ça à l'emporte-pièce.
10:01Mais c'est vrai que quand on est sur le terrain…
10:02– Oui, mais j'ai l'impression que les adultes sont assez impuissants
10:04quand même à porter des réponses.
10:05– Les deux jeunes filles, là ?
10:06– Alors là, attendez, il y a beaucoup de choses.
10:08D'abord, ça dépend de l'âge.
10:10– En dessous de 15 ans, c'est ça ?
10:11– Il y a beaucoup de choses.
10:12Elles peuvent partir en détention,
10:14s'il n'y a pas de respect de contrôle judiciaire,
10:15même si elles ont moins de 16 ans, c'est tout à fait possible.
10:18Ensuite, si elles encourtent une peine, par exemple, correctionnelle,
10:22c'est un cas, une peine criminelle.
10:23Ensuite, il y a des mesures qui se mettent en place,
10:26des mesures d'assistance éducative.
10:27Puis il y a la protection judiciaire de la jeunesse
10:29qui rentre en ligne de compte, c'est-à-dire que ce sont des éducateurs.
10:32Et ce qu'elles risquent, c'est qu'elles vont être présentées
10:34devant un juge des enfants qui va prendre des mesures.
10:35Alors ces mesures, elles ne sont pas anodines,
10:37elles ne sont pas laxistes, comme on laisse entendre.
10:40Parce que c'est d'abord, un, une audience,
10:41ce qu'on appelle une audience…
10:42D'abord, il y a le parquet qui intervient,
10:44il y a une audience de culpabilité,
10:45où on fait état des faits qui leur sont reprochés.
10:48Elles ont un avocat ?
10:48Bien entendu, obligatoire.
10:50Donc on fait état des faits qui leur sont reprochés
10:53et le juge prononce ce qu'on appelle une peine de culpabilité.
10:58Et puis il renvoie à ce qu'on appelle l'audience de jugement
11:02qui est entre 6 et 9 mois.
11:04Donc elles seront libres ?
11:06Oui, non, mais avec des mesures éducatives dans l'intervalle de temps.
11:07Ou des interdictions dans vos affaires.
11:09Elles peuvent, par exemple, être sorties de leur département,
11:12être placées à l'extérieur,
11:13ne pas fréquenter certaines personnes,
11:17ne pas avoir accès aux réseaux sociaux,
11:20un couvre-feu.
11:21L'interdiction des réseaux sociaux ?
11:23Quand vous placez quelqu'un sous contrôle judiciaire,
11:26on peut dire aussi que l'interdiction de ceci,
11:28l'obligation de pointe,
11:29on ne peut pas la respecter.
11:29On se souvient des deux jeunes ados qui ont tué Elias.
11:33Pardon, mais ils étaient censés de ne pas se rencontrer,
11:35de ne pas se voir.
11:36Or, ils habitaient dans la même résidence.
11:37Mais vous savez, moi je tiens à vous dire quelque chose de très important.
11:39L'extérieur n'a pas été respecté.
11:41Et visiblement, ils n'ont pas eu peur de tout ça,
11:43puisqu'ils ont tué de leurs camarades.
11:45C'est vrai.
11:45Mais il y a quelque chose que les gens doivent savoir,
11:48c'est que les juges des enfants font leur travail,
11:49et c'est très compliqué.
11:50Parce que d'abord, il y a...
11:51Oui, mais est-ce que...
11:52C'est très compliqué.
11:53Non, mais il ne faut pas remettre en cause leur travail.
11:55C'est qu'aujourd'hui, on voit qu'il y a une ultra-violence
11:57qui n'existait pas avant.
11:58Est-ce qu'on doit continuer comme avant ?
11:59Déjà, le fait de dire « juge pour enfants »
12:01lorsqu'on est aussi violent que ça,
12:03c'est ça qui interpelle la société.
12:04En l'exemple de Chahina, par exemple.
12:06La petite Chahina qui avait été violée,
12:08qui avait subi le martyr,
12:09qui avait ensuite été brûlée par un mineur de 17 ans en 2019.
12:12Le procès a eu lieu 5 ans plus tard, de mémoire.
12:16Le principal suspect condamnait 18 ans de réclusion criminelle.
12:21A priori, 18 ans de réclusion criminelle.
12:23On est sur une peine qui est sévère.
12:24Est-ce que s'il n'était pas jugé comme un mineur
12:26et s'il avait eu 20 ans, 22 ans, 23 ans,
12:30il se serait dit « 23 ans, ça m'embête,
12:3218 ans, je peux y aller,
12:33je ne suis pas convaincue ».
12:35On est sur des peines sévères
12:36et on est sur une cruauté qui est immense.
12:38Et ce qui frappe particulièrement,
12:39j'ai remonté, juste avant de rentrer,
12:41l'ensemble des faits très violents
12:43dont on a pu parler sur ces plateaux.
12:45La petite Samara à Montpellier,
12:48exemple similaire, rouée de coups devant son collège,
12:51de mémoire, elle avait 13 ans,
12:52par d'autres camarades, fille.
12:54L'affaire Shem Sedin, Viri Chatillon,
12:56battue à mort parmi les suspects,
12:58beaucoup de mineurs.
12:59Évidemment, les affaires Matisse,
13:01Thomas Acrépole, des mineurs parmi les suspects.
13:03Chahina, je viens d'en parler.
13:05Elias Courbevoie, une fille de 12 ans,
13:07violée pour motifs antisémites
13:09par d'autres mineurs.
13:11Et si je fais le lien avec ce qu'on a vécu à Sanary,
13:13un gamin qui poignarde son enseignante.
13:15Après, Saint-Jean-de-Luz, Agnès Lassalle,
13:18le gamin à 16 ans, lorsqu'il la poignarde.
13:21Et encore, ce sont les affaires médiatisées.
13:22Ce sont les affaires médiatisées.
13:23Et non, il y a un an, en avril,
13:26de mémoire, 15 ans,
13:28le mineur dans un établissement privé catholique.
13:30Donc, on a toutes les sociologies,
13:32tous les âges, tous les motifs.
13:34La mort ne fait plus peur.
13:36On a des affaires de harcèlement.
13:37Je fais un continuum en termes d'hyperviolence
13:39qui commence de plus en plus jeune.
13:40Ou en primaire, on vous explique
13:41que des gamins se font tabasser dans la cour d'école
13:43par d'autres camarades de classe
13:45à 7, 8 ans qui se liguent contre une personne.
13:47Hier, à Pau, on a un gamin de 7 ans
13:49qui a menacé un enseignant d'un couteau,
13:51il faut le rappeler, avant-hier.
13:52Il y a une absence d'empathie.
13:52Et d'où la volonté d'interdire les réseaux sociaux
13:54au moins de 15 ans.
13:54Mais au-delà même des réseaux sociaux,
13:57à 7, 8 ans, je ne suis pas sûr
13:58que les cerveaux soient complètement formés
14:00par les réseaux sociaux.
14:01Ça veut dire qu'il y a...
14:02Les réseaux sociaux, on leur fait aussi porter...
14:04Justement, je voudrais qu'on revienne
14:05quelques secondes vers Alain Barbéry.
14:06C'est parce que vous êtes policier,
14:08un policier aguerri.
14:09Et cette violence, vous la voyez monter
14:11chaque année, de plus en plus,
14:12auprès des jeunes et de plus en plus jeunes ?
14:15Complètement.
14:16On le dénonce.
14:17D'ailleurs, c'est en grande partie
14:19pourquoi nous avons fait une marche citoyenne
14:21le 31 janvier dernier.
14:22Il y a une insécurité qui monte,
14:24une ultra-vulence qui monte,
14:26mais notamment au niveau de la jeunesse.
14:28Et c'est vraiment insupportable
14:29parce que je pense que beaucoup de parents
14:31que nous sommes, on se dit
14:33mais qu'est-ce qu'on va laisser demain
14:34si on n'arrive pas justement
14:36à résorber cette désinhibition de violence
14:40dont les réseaux sociaux sont vraiment
14:42un fil-conduiteur aggravant ?
14:45Aujourd'hui, c'est une certitude.
14:47Mais surtout, je l'ai entendu tout à l'heure,
14:50la justice, il y a des choses
14:54qui sont complexes, j'entends bien.
14:56Et d'ailleurs, la justice a les mêmes difficultés
14:58que la police.
14:59Pour autant, aujourd'hui,
15:01le policier comme le citoyen,
15:03puisqu'on a pu l'évoquer
15:05et échanger beaucoup avec les citoyens
15:07sur cette marche,
15:09nous, les choses, c'est simple.
15:11Aujourd'hui, ce n'est pas normal
15:13d'avoir des jeunes multirécidivistes.
15:15Les policiers, ils sont normales
15:16d'arrêter toujours les mêmes.
15:17Et derrière, il n'y a pas ce sentiment.
15:21Il y a ce sentiment d'impunité
15:22parce qu'il n'y a pas de sanctions.
15:24Et c'est bien le problème
15:24qu'on a au niveau de l'autorité.
15:27Alors, bien sûr qu'il doit y avoir
15:28de la prévention avant la sanction.
15:30Mais comment expliquer aujourd'hui
15:31qu'on n'arrive pas à résorber
15:32cette ultra-violence
15:33parce que, justement,
15:34les Chineaux sont très mauvais.
15:36Très mauvais.
15:37Et donc, il y a ce sentiment d'impunité
15:38qui habite ces jeunes
15:39qui sont en perte de repères
15:40et qui sont de plus en plus ultra-violents.
15:42Et on a des drames.
15:44Et ça va s'accélérer.
15:46Vous allez voir.
15:46Merci, Alain Barbéris.
15:49Justement, puisque vous parlez de drame,
15:51on suivra tout à l'heure
15:51la conférence du procureur de Toulon
15:53à propos de ce qui s'est passé
15:55à Sanary-sur-Mer.
15:56Vous savez, cet adolescent
15:57qui a poignardé
15:58sa professeure d'art plastique.
16:00On va retrouver sur place
16:01à Sanary
16:02Victor Pérez-Boucheron
16:03parce qu'on a la conférence de presse
16:05à ciel volet judiciaire.
16:07Mais à Sanary,
16:07les cours ont repris ce matin, Victor.
16:09Exactement.
16:12Alors, les cours ont repris ce matin
16:13à partir de 8h30.
16:15Les 500 élèves du collège Laguichard
16:17ont donc repris le chemin de l'école
16:18parmi eux vers 10h.
16:20Cette classe de 3ème
16:21qui a donc été témoin
16:23de ce terrible drame ici
16:25dans ce collège.
16:27Nous avons pu discuter aussi
16:27avec plusieurs parents,
16:29des oncles
16:30qui venaient chercher leurs nièces,
16:33leurs neveux, leurs enfants à l'école
16:34pour élargir la chose,
16:36qui me disaient que, en fait,
16:37cette professeure,
16:38tout le monde la connaissait.
16:39Même eux,
16:39ils l'avaient ici dans ce collège,
16:41cette professeure.
16:42Ils la connaissaient.
16:43Ils étaient en arts plastiques
16:44avec elle.
16:44On a pu aussi discuter
16:45avec un jeune
16:47qui est en 6ème.
16:48Il est voisin de l'agresseur.
16:50Je vous propose de l'écouter.
16:51C'était au micro de Jérémy Paoloni.
16:54Je ne pensais pas
16:55qu'il était capable,
16:56sincèrement.
16:57Et je pense quand même
16:59qu'il y avait des problèmes
17:01en dehors du collège
17:02pour qu'il fasse ça quand même.
17:03Je ne pense pas
17:03que c'est un fait
17:04qui a dit
17:06que je veux rentrer au collège,
17:08je veux directement faire ça.
17:09Je pense que ça l'a poussé à bout
17:10et que c'était, je pense,
17:11un coup de folie.
17:12Il avait des amis,
17:13mais il restait dans son coin.
17:14Il ne se montrait pas trop.
17:15C'était quelqu'un de discret.
17:16Avant ça,
17:17il n'a jamais été violent
17:18avec personne ?
17:18Jamais.
17:20Tous les regards sont braqués
17:21maintenant vers l'hôpital
17:22Saint-Anne de Toulon
17:23où la professeure d'art plastique
17:24est toujours dans un état grave.
17:27Son pronostic vital
17:28est toujours engagé.
17:29Nous avons aussi discuté
17:30avec des lycéens
17:31anciennement collégiens
17:32qui la connaissaient.
17:33Ils me disaient
17:34qu'elle était très stricte
17:35mais plutôt sympa.
17:37Ils nous disaient aussi
17:37qu'elle montait la voie.
17:39Elle n'hésitait pas
17:40à tenir tête.
17:41Mais bien sûr,
17:42rien ne justifie
17:42ce qui s'est passé pour eux.
17:44Évidemment,
17:44tout le monde espère ici
17:45qu'elle sorte très rapidement
17:46de l'hôpital.
17:48Merci d'avoir été avec nous,
17:49Victor Pérez-Boucheron.
17:50La conférence de presse
17:51du procureur de Toulon
17:52à suivre tout à l'heure
17:53en direct sur BFM TV.
17:54...
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