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  • il y a 11 heures
Le public la connaît comme la confidente des agriculteurs. Cette fois, Karine Le Marchand donne la parole aux personnes issues de l'immigration dans un documentaire qui sera diffusé lundi 9 février à 21h10 sur M6. Elle est l'invitée de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 05 février 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:028h17, c'est un documentaire qui détonne dans une époque où l'immigration fait débat.
00:07Karine Lemarchand présente et produit d'ailleurs également un documentaire sur ce thème ô combien clivant.
00:13Il sera diffusé lundi soir sur M6 et elle a choisi de montrer une image positive de l'immigration.
00:18L'animatrice star d'M6 est votre invité Marc-Olivier Fogiel.
00:21Et bonjour Karine Lemarchand.
00:23Bonjour à toutes et à tous, bonjour Marc-Olivier.
00:24Après des émissions sur les agriculteurs, les politiques, les français, l'amour, le sexe,
00:28lundi, un documentaire que vous produisez, vous retracez les 100 dernières années de l'histoire de l'immigration en France
00:35avec le témoignage de personnalités publiques et inconnues.
00:37Un peu un choix à contre-courant parce que c'est une immigration très positive, c'est très poignant.
00:43Très bon documentaire, je le dis pour l'avoir vu hier soir.
00:46En fait, c'est l'Armenti CNews.
00:48Non, parce que je pense qu'on n'élu pas quand même tous les problèmes.
00:52Et c'est vrai que le propos, c'est de parler de la plupart des gens qui sont les enfants, les petits-enfants de migrants.
00:56C'est-à-dire que ce sont des gens qui sont complètement ancrés dans la société, qui en font partie.
01:01On est 20 millions à avoir des parents étrangers en France.
01:04Donc, il n'y a pas 20 millions dans les prisons, il n'y a pas 20 millions d'émeutiers.
01:07Mais il y a ce parti pris très fort de ce que l'immigration amène à porte à la France.
01:12C'est en ça que je dis que c'est l'Armenti CNews.
01:14On sent bien que c'est un parti pris assumé et affirmé, même si vous n'éluz rien.
01:18Pour moi, c'est comme les trains qui arrivent à l'heure, on n'en parle pas.
01:21On parle effectivement toujours de ce qui ne va pas.
01:23Mais la plupart du temps, ça se passe bien.
01:25Ça ne se passe pas bien au départ, parce que c'est toujours un arrachement de partir de son pays, de sa famille.
01:30Donc, en fait, on suit le parcours de ces personnes-là, qui ont un seul objectif.
01:33C'est de donner un avenir meilleur à leurs enfants ou leurs petits-enfants, même s'ils ne sont pas encore nés.
01:38Qui se projettent comme ça en disant que la France est une terre d'accueil.
01:41Je vais m'immiscer petit à petit dans cette France.
01:44Parfois par la force aussi, en m'interdisant de parler ma langue d'origine, etc.
01:48On va y venir là-dessus, mais vous avez quand même conscience, avant de rentrer dans le commentaire, que vous êtes un peu à contre-courant de l'époque et c'est volontaire.
01:54C'est ce que je suis, de toute façon.
01:55Je pense souvent à contre-courant et puis surtout, je suis cet exemple-là.
01:59Je suis fille d'un migrant et d'une française.
02:02C'est ce que vous racontez.
02:03Vous ne seriez pas là si la France n'avait pas accueilli votre père, Burundais, quand il était jeune.
02:07C'est un peu une histoire intime, ce documentaire, même si vous élargissez derrière.
02:10C'est-à-dire que, de par ma couleur de peau, c'est vrai que je n'ai pas de coming-out à faire sur mes origines.
02:15Et que, depuis que je suis toute petite, quand on me demandait « tu viens de quel pays ? », je n'ai jamais mal pris, par exemple.
02:21C'était vraiment la curiosité.
02:24En même temps, vous vous êtes perdue. Vous êtes noire, vous êtes blanche, vous êtes quoi ?
02:27C'est les gens qui nous demandent de choisir maintenant.
02:29En fait, moi, quand je suis née, il n'y avait pas de communautarisme.
02:31Les gens cohabitaient ensemble et se nourrissaient de la différence de l'autre, mais ne se revendiquaient pas.
02:37Moi, je trouve ça assez déstabilisant de voir que des personnes se revendiquent uniquement par rapport à leur origine ou leur couleur de peau.
02:43Moi, je suis femme, je suis une femme de plus de 50 ans, je suis aussi une mère, je ne suis pas qu'à moitié noire.
02:49Mais votre fille, justement, elle aussi, qui est une mélange d'un papa d'origine juif hongroise et d'une maman d'origine burundaise.
02:55Quel type d'interrogation elle a sur son intégration, sa place ? Elle est française, un point c'est tout ?
03:01Alors, d'abord, je me suis gratté la tête pour le prénom, parce que je cherchais un prénom qui soit à la fois hébreu et du Swahili.
03:07Ce n'était pas facile.
03:08Alia, donc.
03:08Donc, Alia.
03:09Mais après, elle s'appelle aussi Salomé, elle s'appelle aussi Sixtine.
03:12C'était important pour moi que ma fille ait un prénom œcuménique, parce que, justement, je voulais qu'elle soit citoyenne du monde.
03:19Après, c'est vrai que moi, je n'ai pas été élevée par mon père, et donc, cette partie africaine, je l'ai découverte tard.
03:24Sans doute un peu rejetée petite, parce que je ne la connaissais pas, et donc, elle n'est pas hyper africaine.
03:28Non, non, non.
03:29Les noms, justement, là, vous parlez des prénoms.
03:31Dans le documentaire, on le voit, cette difficulté, évidemment, quand on a un prénom qui est connoté.
03:35Vous, le marchand, vous l'avez changé.
03:37C'est pas mon nom, oui.
03:38Votre nom, je ne vais pas mal le prononcer.
03:39Fayot Correra.
03:40Parce qu'à un moment donné, c'était en 1995, quand vous vous êtes passés à l'antenne de France 3, on vous a dit, ce nom-là, ce n'est pas possible en France.
03:47Oui, d'abord, c'est vrai qu'il est assez imprononçable.
03:49Oui, c'est pour ça que je vous laisse le prononcer, vous-même.
03:50Ce n'est pas une question de mode ou de rejet, etc.
03:53C'est vrai que M, F, A, Y, O, tout ça, c'est compliqué.
03:56Mais est-ce que vous avez l'impression de renoncer à une partie de vous-même ?
03:59Tout comme je n'ai jamais eu le sentiment de devoir choisir entre les deux.
04:03Et il ne faut pas demander aux gens de choisir.
04:05Je suis les deux.
04:06Le marchand, ça vient d'où, comme ça ?
04:07C'est le nom de mon mec de l'époque.
04:08Ah, d'accord.
04:09Mais donc, vous n'avez pas eu l'impression de vous perdre un peu ?
04:11Mais pas du tout.
04:12En plus, j'étais mannequin avant.
04:13Karine, il y en avait trop.
04:15Je m'appelais Sam à l'époque.
04:16Et c'était beaucoup plus compliqué pour moi de changer de prénom que de changer de nom de famille.
04:19Et là, ça fait la part des choses entre mon nom professionnel, on va dire, et mon nom.
04:22Je n'ai jamais changé mon nom personnel, évidemment.
04:24Il y a plein de choses dans le documentaire, des histoires très fortes, des histoires très personnelles.
04:29Et il y a un moment de bascule dans la société.
04:31Et aussi, en 1998, on était Black, Blanc, Beurre.
04:35Qu'est-ce qui s'est passé depuis, d'après vous, Karine Demarchand ?
04:37C'était il n'y a pas si longtemps, le Black, Blanc, Beurre.
04:39Et aujourd'hui, se vivre ensemble, qui était le slogan d'Hertel à l'époque et qui ne l'est plus aujourd'hui,
04:44ce n'est plus possible, se vivre ensemble.
04:46C'est-à-dire que je pense qu'il y a eu des bonnes volontés au départ, mais que ça a été géré comme des cons.
04:50On a effectivement accueilli différentes vagues migratoires, jusqu'à plusieurs millions, parfois.
04:56Mais on ne les a pas gérées derrière.
04:57Et on a parqué les gens aussi.
04:59Et quand, tout d'un coup, on est dans une crise du logement,
05:02et qu'on a dans des immeubles des gens qui sont parqués selon leur origine,
05:06ça crée des tensions, évidemment.
05:07Les Français ne se retrouvent pas en tant que Français.
05:11Et à ce moment-là, il y a Jean-Marie Le Pen qui émerge et qui en fait aussi un axe de communication,
05:16parce qu'il y a une tension aussi sociale.
05:17Cette tension, vous la comprenez, parce que dans le documentaire, vous parlez des cités où ces communautés vivent ensemble.
05:22Et ce qui est assez fort, il y a ce chef de Top Chef qui raconte que sa mère,
05:25elle faisait de la nourriture pour eux, mais pour l'ensemble de la vie.
05:28Et on allait en face.
05:29Aujourd'hui, ça n'existe plus aujourd'hui.
05:33Parce qu'il y a aussi cette espèce de business du communautarisme, parce qu'il y a les réseaux sociaux,
05:37parce que les gens ont eu besoin, je pense, pour revendiquer ce qu'ils étaient, de se mettre dans des cases.
05:43Et pour moi, je trouve que de se définir que par rapport à sa religion,
05:47ou par rapport à son pays d'origine, c'est extrêmement toxique au niveau psychologique.
05:52On n'est pas qu'Algérien ou habitant en France, on n'est pas qu'homosexuel, on est un tout.
05:58Oui, mais on le voit bien dans le documentaire, il y a une histoire de génération.
06:00La génération qui est arrivée, sa seule volonté, c'était de s'intégrer.
06:04C'est de pouvoir être comme les autres et remercier la France.
06:08On voit dans la génération d'après, plus de revendications de ses origines, en fait.
06:12Oui, c'est ça.
06:12C'est-à-dire que tout d'un coup, on peut être français et se dire, je préfère le drapeau algérien.
06:17Mais il faut dire aussi, quand je dis que ça a été mal géré, la France terre d'accueil, elle est merveilleuse.
06:23Mais elle ne demande pas de choses aux migrants.
06:26Quand on veut être naturalisé français, aujourd'hui par exemple, et donc voter,
06:30parce que c'est le seul droit qu'on a en plus de la carte de séjour,
06:33on ne demande par exemple pas de jurer sur le drapeau français une forme d'allégeance.
06:38La France ne demande pas, comme le font les Etats-Unis par exemple, de choisir ouvertement la France.
06:43Et ça, vous le regrettez ? Parce qu'on voit dans le documentaire une jeune fille qui est infirmière,
06:47qui va être une infirmière militaire, pour ça, il faut qu'elle soit française.
06:50Elle est tellement heureuse d'être française.
06:51Et quand elle est française, mais ce n'est pas si simple.
06:53Il y a des états-mains d'histoire.
06:54Non.
06:54Vous dites que c'est simple, vous ?
06:56Vous aimeriez que ce soit plus compliqué, comme aux Etats-Unis,
06:58qu'on se hisse à la hauteur du drapeau français ?
07:01Oui, j'aimerais que, quand on choisit la France comme terre d'accueil, on la remercie aussi.
07:06En revanche, il faut que la France reconnaisse aussi notre rapport.
07:09C'est-à-dire qu'on le voit bien dans le documentaire, sans la migration, la France ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.
07:14Mais pour moi, c'est une double épousaille, vous voyez ? Nécessaire, oui.
07:17Donc, c'est ce que vous montrez dans le documentaire, c'est qu'en fait, on doit beaucoup aux immigrés.
07:22Ce que vous dites ce matin sur Terre, qui apparaît un peu moins dans le documentaire,
07:25c'est qu'il faut aussi que les immigrés se hisse au niveau de la France.
07:28Ça, c'est une opinion personnelle.
07:30Oui, ce que vous dites ce matin.
07:31Je pense que la France, en tout cas jusqu'à ces dernières années, font partie des terres d'accueil historiques.
07:36Et on a de la chance de vivre en France.
07:38Il y a des choses qui ne vont pas.
07:39Mais par rapport à d'autres pays, c'est encore une terre rêvée.
07:42Ce qui serait bien, c'est qu'elle le reste.
07:44Et qu'on ne crache pas dans la main qui nous nourrit aussi.
07:47Même si c'est un travail.
07:49Vous parlez des Etats-Unis, effectivement, où il y a ce côté très patriote,
07:53mais sur l'immigration, justement.
07:55Cette police de l'immigration, ça vous inspire quoi ?
07:58Parce que les Etats-Unis, ce n'est pas un modèle pour ça, non ?
08:01Ah non, mais ce n'est pas un modèle pour beaucoup de choses.
08:03C'est autour de l'immigration.
08:03Oui, mais là, c'est une immigration clandestine.
08:05C'est Trump qui met en place un système atroce pour aller...
08:08C'est un système qui existait, mais il lui donne encore plus de moyens.
08:10Ah oui, non, mais là, c'est de la chasse à l'homme.
08:12C'est catastrophique.
08:13La France n'est pas du tout comme ça.
08:15La France, c'est, n'oublions pas, c'est fraternité quand même.
08:17Oui, mais quand vous entendez Arnaud Clairfeld sur une chaîne d'information la semaine dernière
08:20qui parle de rafles, qu'il faudrait organiser des grandes rafles un peu partout
08:23pour viser les OQTF.
08:25Je n'ai pas compris en fait ce qu'il disait.
08:26Parce qu'en plus de ça, vu son histoire personnelle,
08:28j'avoue que j'étais un petit peu choquée par ça.
08:30Néanmoins, je suis pour que les Français puissent s'exprimer par rapport à l'immigration.
08:34Même quand, par exemple, Sébastien Chenu du RN dit que la France croule sous l'immigration ?
08:39La France a un problème migratoire.
08:40D'accord, vous le dites.
08:41L'Europe a un problème migratoire, c'est évident.
08:44Mais on parle de certaines personnes.
08:46On est aussi issu de la migration.
08:48Oui, la France est faite aussi de tous ces migrants qui sont venus
08:51et qui ont passé leur vie à travailler,
08:53qui ont payé des impôts,
08:55qui se sont, entre guillemets, dilués aussi dans la France.
08:58Et la France a accueilli ces gens qui sont maintenant Français
09:01et fiers de l'être.
09:02Mais c'est la majeure partie des migrants.
09:04On peut résumer le documentaire en disant
09:06« Regardez-les différemment ».
09:08Prenons conscience que la France ne serait pas ce qu'elle est
09:10sans ces gens qui ont même versé leur sang dans les guerres,
09:13qui étaient quand même, n'oublions pas,
09:14en première ligne en 1914
09:16et dans la Deuxième Guerre mondiale.
09:18C'était aussi des gens qui sont morts pour la France.
09:20N'oublions pas que la France ne serait pas économiquement ce qu'elle est
09:22sans ces petites mains qui acceptent aussi des travaux
09:25qui ne sont pas acceptés aujourd'hui par la plupart des Français.
09:27Mais en revanche, ne nous occultons pas, effectivement,
09:30d'une problématique, mais qui concerne finalement très peu de personnes.
09:34Les Nouveaux Français, 100 ans d'immigration,
09:36c'est lundi à 21h10 sur M6.
09:39Un très bon documentaire.
09:40Et puis on vous retrouve sur RTL, évidemment, chez Laurent Ruquet,
09:42mais pas que.
09:43Le 12 février, vous nous parlez d'amour entre 20h et 22h.
09:45Ah ben oui, l'amour, c'est universel.
09:47Mais dans le documentaire aussi, il s'agit d'amour.
09:48Non, mais c'est fondamental aussi.
09:51L'amour de soi, l'amour des autres.
09:53L'amour vache de temps en temps.
09:55C'est pour le moins dans le pré que vous dites ça.
09:56Non !
09:57C'est avec les immigrés, c'est l'amour vache.
10:00C'est l'amour vache.
10:02Reconnaissons les choses, mais n'occultons pas les problèmes.
10:04Merci Karine d'être venue ce matin sur RTL chez vous.
10:06Merci.
10:06Merci Marc-Olivier Faudgel.
10:08Et on rappelle donc ce documentaire lundi,
10:10Les nouveaux Français sans temps d'immigration.
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