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  • il y a 5 mois
Après la publication d'un rapport alarmant sur les finances de l'audiovisuel public et un bras de fer avec CNEWS, Delphine Ernotte Cunci, la présidente-directrice générale de France Télévisions, est l'invitée de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 26 septembre 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin
00:02Thomas Soto
00:02Il est 8h15 face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel.
00:08La situation financière de France Télévisions est critique, c'est la Cour des Comptes qu'il a dit cette semaine.
00:13Un rapport qui tombe mal au moment où l'audiovisuel public est attaqué, critiqué de toutes parts.
00:18Ce matin, la présidente de France Télé, Delphine Ernotte, a accepté de s'expliquer et elle est donc votre invitée.
00:23Bonjour Delphine Ernotte.
00:25Bonjour Marc-Olivier Fogiel et bonjour aux auditeurs de RTL.
00:29Merci d'être là ce matin. Le rapport de la Cour des Comptes est inquiétant.
00:33On fonce dans le mur, ça fait 10 ans que vous êtes à la tête de France Télévisions.
00:36L'audiovisuel public est en train de couler sous nos yeux.
00:40Alors vous savez, pour une entreprise publique, un rapport de la Cour des Comptes, c'est extrêmement important et on prend ça très au sérieux.
00:46J'imagine surtout quand il dit que si aucune réforme structurelle ne sont mises en place rapidement, France Télévisions encoure la dissolution d'ici la fin 2026.
00:53Mais qu'est-ce que dit la Cour également ? C'est que le dernier rapport c'était il y a 10 ans.
00:57Donc ce que dit la Cour, c'est qu'aujourd'hui, l'audiovisuel public, c'est le premier média des Français.
01:03On touche 80% des Français tous les jours.
01:07La révolution numérique, on l'a embrassée.
01:09On a avec France.tv la première plateforme gratuite en France.
01:14Donc cette révolution, on l'a faite.
01:16Les économies qui étaient nécessaires, on les a faites.
01:19Non, je ne vous dis pas ça.
01:22Je vous dis que le rapport de la Cour est équilibré.
01:26Il y a des points positifs.
01:27Vous avez transformé de façon structurelle la France Télévisions.
01:31Vous avez fait un effort de réduction des coûts.
01:32Mais elle dit que la situation financière est critique, le modèle économique est fragilisé.
01:36Et on va dans le mur.
01:38Et là, ça met en cause quand même votre gestion.
01:40Ce n'est pas la gestion de l'entreprise qui est en question dans le rapport de la Cour.
01:44Je vous invite vraiment à le lire.
01:45Il est public.
01:46Donc ce que dit la Cour, c'est que l'entreprise a fait les économies qui étaient nécessaires jusque-là.
01:51Mais qu'est-ce qui se passe ?
01:52Ça fait dix ans que l'entreprise est à l'équilibre.
01:55Et puis patatrace.
01:57Depuis la fin des JO, l'après-JO, l'État a coupé à peu près tous les deux mois
02:02la subvention publique donnée à France Télévisions.
02:06Et pour la première fois, l'entreprise, depuis la première fois depuis dix ans,
02:10et je ne cesse de le dire, ce que dit la Cour a été dit par moi-même.
02:15Et par le conseil d'administration de France Télévisions.
02:17L'entreprise est en déficit.
02:19Et en effet, on ne peut pas rester dans cette situation-là.
02:21Donc l'État vous asphyxie, c'est votre tutelle.
02:23Est-ce que vous n'en tirez pas les conclusions ?
02:25L'État ne me donne pas les moyens, je pars.
02:28Vous vous adressez ?
02:28Ah non mais attendez.
02:29Ah bah oui, je m'adresse.
02:31Non mais vous mettez en cause votre tutelle qui ne vous donne pas les moyens et qui vous asphyxie.
02:34Je ne mets pas en cause la tutelle.
02:34Je pense que la situation des dépenses publiques est complexe.
02:39Et si on a fait des économies, je ne dis pas qu'on ne peut pas encore en faire demain.
02:42Ce n'est pas un gros mot de faire des économies en tant que service public.
02:45On doit être exemplaire.
02:47On doit utiliser au mieux l'argent public.
02:49Et ça c'est tout à fait normal.
02:51Donc ça n'est pas un constat de...
02:54Non, je dis juste ce que dit la Cour.
02:57Qu'il faut que pour qu'on continue à faire ce travail d'économie, d'évolution, d'adaptation à la donne,
03:04il faut que l'État nous donne une prévisibilité sur la trajectoire budgétaire.
03:08Et vous avez de l'autre côté un État, Rachida Dati, qui est à l'écoute de ce que vous lui dites ou pas du tout ?
03:15Je pense que, si vous voulez, il ne faut pas personnaliser.
03:19C'est-à-dire que les coupes budgétaires que l'État a pu faire depuis mi-2024 ne concernent pas que l'audiovisuel public.
03:29Donc on ne le prend pas particulièrement contre nous.
03:32Je crois que ce n'est pas ça le sujet.
03:33On est dans une situation financière difficile.
03:35Il faut continuer à faire des économies.
03:37Mais en même temps, il faut continuer, et c'est ça aussi que dit la Cour, à remplir nos missions.
03:42Parce que ces missions de service public, elles sont essentielles.
03:45Là-dessus, les réformes que vous allez faire et les missions de service public,
03:48les réformes que vous allez faire, il y a quand même, la Cour, elle pointe aussi une forme de dérapage.
03:52La masse salariale avec un salaire moyen à 71 500 euros par an à France Télévisions,
03:5853 cadres qui bénéficient de voitures de fonction, avantage qui représente 1 700 000 euros.
04:04Est-ce qu'il n'y a pas aussi une forme de gabegie dans le service public avant les réformes que vous allez faire pour essayer de vous en sortir ?
04:11Alors, toutes ces dépenses que vous pointez, c'est des dépenses qui sont nécessaires à l'activité.
04:16Parce que vous savez, à France Télévisions, d'abord, on est présent sur tout le territoire français, sur les 5 continents.
04:22France Télévisions, c'est aussi bien Guadeloupe la première que le journal de 20 heures à Paris.
04:27D'ailleurs, plus de la moitié des effectifs de la maison sont en dehors de Paris.
04:31Donc, le train de vie de France Télévisions, il n'est pas, d'une certaine manière, hors clou ?
04:35Je dis que ces dépenses, elles sont nécessaires à l'activité, que bien sûr, elles sont encadrées, que bien sûr, elles sont contrôlées.
04:41Et d'ailleurs, vous noterez que la Cour ne relève aucune irrégularité.
04:46Et c'est ça qui est important de dire aux auditeurs.
04:49Il n'y a aucune irrégularité relevée par la Cour, même si la Cour note aussi qu'on a baissé le train de vie
04:56et qu'on va continuer à le faire parce que c'est légitime.
04:59Donc, et la masse salariale ?
05:01Alors, on a beaucoup baissé les effectifs.
05:03Vous savez, quand je suis arrivée il y a 10 ans, on était 11 500.
05:05Aujourd'hui, on est 8 500.
05:07Vous allez continuer ?
05:09Puisque c'est ça que vous êtes en train de nous dire aujourd'hui, il faut des réformes ?
05:12Je pense que la réforme, et d'ailleurs, on a commencé à l'entreprendre,
05:16qui est notée dans le rapport de la Cour, c'est se dire,
05:19est-ce que l'accord social, l'accord d'entreprise qui a été signé par la direction des partenaires sociaux en 2013
05:25n'est pas un peu daté ?
05:27Moi, je pense que oui.
05:28Et d'ailleurs, je l'ai dénoncé il y a quelques mois
05:30pour se remettre autour de la table et voir comment, avec les partenaires sociaux,
05:35dans la négociation, avec les organisations syndicales,
05:37on redéfinit pour les 10 ans qui viennent...
05:39Donc, vous voulez réduire les effectifs ?
05:40Ce n'est pas pour réduire les effectifs.
05:42C'est pour redéfinir un cadre social où on a, par exemple, plus de polyvalence dans les métiers.
05:47Donc, oui, on va gagner en productivité.
05:50C'est ça l'important.
05:50Est-ce qu'il ne faut pas réduire la voilure, l'ambition du service public, d'une certaine manière,
05:53puisque l'État, finalement, tout le monde doit faire d'économies, vous aussi, je ne sais pas,
05:57fermer des chaînes, la chaîne Info de France Télé qui, aujourd'hui, a du mal à exister,
06:01qui, par exemple, ne trouve pas trop sa place par rapport aux autres,
06:04est-ce qu'à un moment donné, il ne faut pas réduire la voilure, je ne sais pas, France 4,
06:08fermer et concentrer vos efforts, puisque tout le monde doit faire des efforts, vous aussi ?
06:13Alors, vous savez, des chaînes, on en a déjà fermé, on a fermé François, il était question de fermer France 4,
06:18et puis l'État a fait machine arrière.
06:20Je pense que ce n'est pas tellement la question des chaînes, parce qu'au fond,
06:24on sait bien qu'aujourd'hui, notre métier de média n'est plus uniquement d'avoir des chaînes linéaires,
06:28mais de proposer une offre.
06:30Notre première chaîne, c'est la plateforme France.tv.
06:32Alors, est-ce qu'il ne faut pas réduire votre ambition éditoriale, d'une certaine manière ?
06:35Obligé, contrainte, forcée, je comprends bien que c'est compliqué,
06:37mais en même temps, il faut bien rentrer dans cette quadrature du cercle.
06:39C'est une question politique.
06:41Moi, je dis qu'aujourd'hui, à l'heure où on voit, quand même, on observe
06:46que les médias privés se concentrent dans les mains de quelques-uns,
06:50est-ce que vraiment, c'est le moment d'aller réduire la voilure de cette maison commune
06:55qu'est France Télévisions, cette maison qui s'adresse à tous,
06:58qui accueille tout le monde, et qui parle à 80% des gens chaque semaine ?
07:02Alors, cette maison qui s'adresse à tous, c'est bien la critique qui vous est faite,
07:04et c'est l'autre aspect de la polémique de rentrée.
07:06Manifestement, et même vous, vous dites, vous disiez devant l'Assemblée nationale,
07:13je voudrais une société telle que...
07:16France Télévisions, pardon, n'est pas là pour montrer une société telle qu'elle est,
07:19mais telle qu'on aimerait qu'elle soit.
07:20On vous reproche une forme de partialité dans vos programmes,
07:24et CNews, d'une certaine manière, dit que vous êtes une chaîne engagée à gauche.
07:27Alors, ces propos ont été complètement sortis de leur contexte,
07:30d'ailleurs, même CNews le dit, je disais ça à propos de la féminisation,
07:34parce qu'on a 50% de femmes sur les antennes,
07:36on n'a pas 50% de femmes en responsabilité dans la société.
07:39Voilà, donc je close cette parenthèse.
07:41La question fondamentale, c'est, en effet,
07:45comment est-ce qu'on démontre le pluralisme,
07:50la diversité des opinions sur le service public ?
07:53C'est une question légitime, en fait, de la part de tous nos concitoyens.
07:56La polémique, elle est née de ce café pris par Patrick Cohen et Thomas Legrand,
08:00avec des membres du PS,
08:01où Thomas Legrand dit, Rachida Dati,
08:04on fait ce qu'il faut avec Patrick Cohen,
08:06on va lui régler son compte.
08:07Est-ce que le service public est si impartial que ça ?
08:12La question, c'est ça qui se pose.
08:13Écoutez, ça fait 4 ans, d'accord ?
08:16Ça fait 4 ans que CNews tape sur le service public,
08:19matin, midi et soir.
08:20Ça fait 4 ans qu'on met des journalistes du service public
08:24à l'affiche sur CNews.
08:26Moi, je suis là aujourd'hui pour défendre le travail
08:29de cette maison France Télévisions,
08:31des journalistes, et redire...
08:33Mais est-ce que c'est le cas ?
08:33Est-ce que finalement, au-delà de ce que dit CNews,
08:35peu importe que ce soit CNews qui le dit, on y vient après,
08:37est-ce qu'il y a une impartialité sur le service public ?
08:40Est-ce que toute la diversité des opinions est représentée ?
08:43Et pas simplement par les invités,
08:43parce que chez CNews aussi, ils sont représentés, les invités,
08:46par les itétorialistes.
08:47Est-ce que c'est le cas ?
08:48Oui, la diversité des opinions est représentée.
08:51Et d'ailleurs, la meilleure preuve, Marc-Olivier Fogel,
08:54c'est que tout le monde nous regarde.
08:57On n'exclut personne.
08:59Tous les téléspectateurs regardent France Télévisions.
09:01Donc les 40% de téléspectateurs qui votent pour...
09:04des Français qui votent pour le Rassemblement National,
09:06ils se retrouvent, vous dites, sur le service public,
09:08dans ce qu'il leur est proposé ?
09:09En tout cas, ils regardent le service public, oui.
09:11Et donc là-dessus, il n'y a pas des efforts à faire
09:13sur ce qu'il leur est proposé ?
09:14Je pense que là où la demande est légitime,
09:18et d'ailleurs, l'ARCOM a prévu de faire une étude
09:20pour justement démontrer l'impartialité du service public.
09:23Je trouve ça très bien, au fond.
09:25Parce que, bon, évidemment, nous,
09:27moi je défends à la fois l'indépendance,
09:30l'impartialité de mes journalistes,
09:31mais est-ce que je suis la meilleure personne pour le prouver ?
09:34Et donc que l'ARCOM se saisisse de ce sujet,
09:35c'est une très bonne chose.
09:37Et vos attaques en riposte à CNews,
09:39quand vous dites que c'est une chaîne d'opinion
09:41et d'extrême droite,
09:43vous n'allez pas trop loin ?
09:44Écoutez, moi j'assume ce que je dis.
09:47Comme je vous le disais,
09:48ça fait 4 ans qu'on se fait taper dessus,
09:49matin, midi et soir, d'accord ?
09:51En France, il se trouve qu'on a une presse d'opinion.
09:54Et je trouve ça très bien.
09:56Il y a des journaux de gauche,
09:57il y a des journaux de droite, voilà.
09:59Il se trouve que je considère,
10:02et je ne suis pas la seule,
10:03que CNews est une chaîne d'opinion.
10:05Est-ce que ça me pose problème ? Non.
10:06Vous êtes allé plus loin, vous dites que c'est une chaîne d'extrême droite.
10:08Ça ne me pose pas de problème.
10:10Je dis juste qu'il ne faut pas avancer masqué.
10:13C'est tout ce que je dis.
10:14Donc, vous redites ce matin sur RTL,
10:16CNews est une chaîne d'extrême droite.
10:17J'assume tout ce que j'ai dit.
10:18Donc, une chaîne d'extrême droite.
10:20J'assume tout ce que j'ai dit, Marco.
10:22Est-ce que c'est la place ?
10:24J'ai un peu renvoyé.
10:25Est-ce qu'une présidente devrait dire ça ?
10:26Écoutez, j'ai renvoyé un...
10:28Une présidente du service public.
10:29Est-ce que ça ne vous place pas, de fait, à gauche,
10:33en dénonçant une chaîne d'extrême droite ?
10:35Je ne vois pas pourquoi, mais bon.
10:38Vous savez, ça fait...
10:38Je vous disais que ça faisait 4 ans qu'on se fait taper dessus.
10:41Les dernières semaines, dites-vous bien quand même,
10:44que le service public sur CNews a été plus discuté
10:47que la nomination du nouveau Premier ministre.
10:50Donc, c'est vous dire quand même.
10:51Donc, moi, je suis là pour défendre mes journalistes.
10:53Je suis là pour défendre la maison.
10:55Je suis là pour défendre les salariés.
10:57Pour les 5 ans qui arrivent, vous êtes donc la femme de la situation
11:00pour mener les réformes pour les 5 ans qui arrivent.
11:03Vous savez, ce n'est pas moi qui me suis autonommée.
11:06Il y a eu un...
11:07Voilà.
11:08Il y a eu un...
11:09L'ARCOM, l'autorité de régulation.
11:10Ce ne sont plus les politiques qui nomment les présidents
11:12des entreprises publiques d'audiovisuel depuis longtemps.
11:15Et vous, vous avez nommé Léa Salémé, au 20h de France 2.
11:18Satisfaite de son rentrée qui a un peu de mal ?
11:21Je suis ravie de ce que fait Léa au 20h.
11:24Je suis très fière de ce que fait Léa avec l'ensemble de la rédaction.
11:28Je trouve que c'est un journal de très, très grande qualité.
11:31Et je trouve qu'on a...
11:32Voilà.
11:32Oui, ça se passe très bien.
11:33D'ailleurs, elle a augmenté les audiences.
11:36Elle a battu un record qu'on n'avait pas atteint depuis quelques temps.
11:39Moi, je suis extrêmement confiante.
11:41Et toute la rédaction est derrière elle.
11:43Je suis vraiment ravie de ce journal.
11:45Merci, Delphine Arnaud, d'être venue ce matin au micro d'RTL.
11:47Merci.
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