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  • il y a 4 heures
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 05 février 2026.

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00:0012h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole.
00:07Avec Amandine Bégaud.
00:09Dans le Var, l'élève de 3ème qui a poignardé mardi sa professeure d'art plastique à Sanary-sur-Mer doit être présentée à un juge et probablement mise en examen dans la journée.
00:22Deux jours après le drame, le collège Laguichard a rouvert pour ceux qui le souhaitent ce drame.
00:26Comme je le disais, on rappelle d'autres, vous avez entendu tout à l'heure le compagnon d'Agnès Lassalle, cette professeure d'espagnol tuée par l'un de ses élèves à Saint-Jean-de-Luz, c'était il y a 3 ans.
00:35Il appelle l'État à un sursaut et vous, vous êtes enseignant, vous allez travailler la peur au ventre, vous hésitez parfois à punir un élève par crainte de représailles.
00:46Vous réagissez, on attend vos témoignages au 30 de 10.
00:49J'attends aussi vos réactions à cette proposition de l'Institut Montaigne qui souhaite afficher le coût réel des soins, des médicaments sur les ordonnances.
00:58Objectif, responsabilité chacun de nous et sous nom une bonne idée.
01:03Faut-il revenir par exemple sur le tiers payant comme nous le disait tout à l'heure notre invité Frédéric Bizarre qui est économiste de la santé, on en débat, au 30 de 10.
01:12Et puis on peut aussi évoquer le retour d'Antoine Dupont en équipe de France, les Bleus affrontent ce soir l'Irlande, match d'ouverture du tournoi Destination.
01:22De bonnes grosses pluies donc Peggy aujourd'hui sur tout l'Ouest, ça va continuer demain ?
01:28Eh bien oui parce qu'en fait la perturbation elle va se décaler vers l'Est, on aura le reste de la perturbation sur un large quart Nord-Est demain matin.
01:34Sur l'Ouest un ciel de traîne entre nuages, éclaircies averses avec coups de tonnerre possibles sur la côte aquitaine.
01:40Et sur les deux tiers Nord du pays l'après-midi, on aura toujours cette traîne avec de nombreuses averses mais un peu plus d'éclaircies, en tout cas on peut l'espérer, avec du vent.
01:49Sur un tiers Sud, là où je ne vous ai pas cité encore, entre le Sud de la Garonne et la région PACA, vous aurez un temps beaucoup plus sec et même bien ensoleillé l'après-midi et ça va faire du bien.
01:59Les températures resteront douces, 10 à 14 au Nord, elles sont même en hausse au Sud, 13 à 16 degrés au Sud.
02:05Et le week-end on a une petite idée ou pas ?
02:07Oui, samedi, en gros, on a une nouvelle perturbation avec des averses sur le Nord-Ouest et près de la Méditerranée, mais un temps sec et même lumineux du Sud-Ouest au Nord-Est.
02:15Dimanche, d'un temps pluvieux des Pyrénées à la Méditerranée, ce sera sec ailleurs mais souvent nuel.
02:20Merci beaucoup Peggy, il est bientôt 13h03.
02:22Mme Pascal, vous ne pouvez pas m'entendre, mais avec tous les collègues de France, nous vous souhaitons le meilleur possible et vous, chers parents d'élèves, nous vous demandons une seule chose, élevez vos enfants.
02:45Un petit coup d'œil dans le cartable, ça ne fait pas de mal, c'est sûr que de voir si on n'a pas oublié le classeur de SVT.
02:51Le message de Didier au 3210, Mme Pascal, c'est le nom de cette enseignante qui a été poignardée par l'un de ses élèves, un élève de 3e.
03:01C'était en début de semaine à Sanary, cette enseignante est toujours hospitalisée, se bat toujours pour survivre, c'est ce qu'a indiqué sa famille.
03:11Ce drame en tout cas a une nouvelle fois ravivé un certain nombre d'angoisse au sein de la communauté enseignante et on va en parler avec vous Marie.
03:18Bonjour Marie. Bonjour, bonjour Alain Dine et bonjour à toutes et tous.
03:22Vous êtes professeure de mathématiques ?
03:24C'est ça, professeure de mathématiques en collège et en lycée puisque je suis partagée sur deux établissements dans la région toulousaine.
03:31Et vous avez peur aujourd'hui pour votre sécurité ?
03:34Oui, honnêtement, alors sans essayer de faire du buzz, aujourd'hui, en fait, je vais me relier au message que vient d'envoyer Didier, qu'on vient d'entendre.
03:44Je le remercie infiniment, le collègue de SVT. En fait, c'est souvent que ça arrive ainsi.
03:50Vous mettez une petite notification sur Pronote pour un placeur oublié de façon récurrente ou alors un comportement un petit peu borderline.
03:58Et vous gérez des mails de parents qui font minimum 20 à 30 lignes où les parents justifient le pourquoi du comment leur enfant a le droit de ne pas se comporter normalement
04:09ou de ne pas apporter son travail ou de ne pas faire ses devoirs.
04:12Marie, je vous interromps, mais vous dites un tel, enfin vous adressez donc un petit mot aux parents ou attention aux oublis, trop d'oublis, etc.
04:19On parle de collégiens et de lycéens, donc ce n'est pas des tout-petits.
04:23Et les profs, pardon, les parents vous répondent ?
04:28Oui, oui. Alors, ce n'est pas une majorité. On en a de plus en plus. Moi, ça fait 25 ans que j'enseigne.
04:33Et en 25 ans, la proportion de parents qui viennent discuter et négocier le B.A.B. pour pouvoir travailler est énorme.
04:42Et l'ennui, c'est que souvent, nous avons maille à partir avec ces enfants-là qui sont un peu surcouverts par leurs parents.
04:48Attention, je ne dis pas que tous les parents sont ainsi, parce que moi-même, parent, la question n'est pas là.
04:54Elle est qu'on a besoin de travailler tous dans la même direction.
04:57Et souvent, la réaction des parents est tellement improductive qu'on a peur, à nouveau, de sanctionner leur enfant.
05:03C'est pour répondre à votre question.
05:05Si je vais sanctionner une fois et que j'ai eu des retours de parents assez exécrables,
05:10je me pose la question de savoir si je vais le sanctionner une deuxième fois.
05:13Oui, j'ai peur.
05:14Dites, est-ce que ça vaut bien la peine ?
05:15Et peur, physiquement, est-ce qu'un parent ou un élève, vous vous êtes déjà dit
05:20« Attendez, si ça se trouve, lui, il a un couteau dans son sac, par exemple ? »
05:23Ça vous est déjà venu à l'esprit en classe, ça ?
05:26Non. Par contre, les regards haineux d'enfants, d'adolescents qui gardaient sur vous,
05:33vous vous dites « Je ne sais pas comment il va réagir la prochaine fois que je lui mets une petite notification d'oublier le matériel. »
05:40Je ne pense pas au couteau, mais je pense au fait que le regard est tellement noir
05:45et souvent, quand on leur tend leur carnet, quand on a mis le petit mot, le carnet de correspondance,
05:50ils disent « Mais de toute façon, tu fais signer à tes parents, il faut que tu en parles avec papa et maman. »
05:55Ils me répondent avec un osse-mode d'épaule.
05:57Ils m'arrachent carrément souvent le carnet de correspondance des mains.
06:00Donc, ça veut dire à quel point on s'en fiche, à quel point ils se sentent protégés et couverts par derrière.
06:05Il n'y a pas de suivi derrière.
06:06Marie, vous disiez que ça fait 25 ans que j'enseigne et vous avez vu les choses changer.
06:11De quand vous datez ce changement et comment vous l'expliquez ?
06:15Je dirais une petite quinzaine d'années, entre 12 et 15 ans environ.
06:20Mais vraiment, le déclic, c'était vraiment il y a une douzaine d'années.
06:24Je suis comme tout le monde, je me pose des questions autour de cet adage.
06:29L'écran est la meilleure des visiteurs du monde.
06:31Eh bien, non. On a fabriqué des enfants lobotomisés.
06:37Ou alors ils sont lobotomisés ou alors ils vont mal.
06:40Ce que je veux dire par là, c'est que moi-même, en tant que parent, j'ai dû me faire violence et faire attention par rapport à l'éducation de mes propres enfants.
06:47Mais il y a des enfants qui vont mal parce qu'ils se projettent dans une réalité qui n'est pas la leur.
06:51Parce qu'ils veulent échapper à une réalité aussi.
06:54Parce qu'on a, je ne suis pas en ZEP, mais j'ai des cas, il y a des profils psychosociaux particuliers dans les deux établissements où je suis.
07:04Des enfants qui sont placés dans des foyers, ils ne sont pas avec leurs parents.
07:10Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de profils difficiles.
07:12Donc ce sont des enfants qui vivent mal et qui vont chercher dans les écrans et dans une fausse réalité, une autre vie, un semblant de vie.
07:21Ou dans ce semblant de vie, on a le droit de ne pas venir à l'école, on a le droit de ne pas venir avec ses affaires.
07:26On a le droit d'apporter des armes.
07:29Mais Marie, le malaise de notre jeunesse qu'on a sans doute trop longtemps sous-estimé, et je pense qu'on a tous, et là c'est pour le coup une responsabilité collective,
07:39sous-estimé l'impact du Covid sur ces jeunes qui ont aujourd'hui 15-16 ans et qui à l'époque en avaient 10,
07:45et pour qui ça a sans doute été extrêmement compliqué.
07:48Mais vous évoquiez aussi l'attitude des parents.
07:52Ces parents-là, eux, ils n'ont pas été élevés ou biberonnés aux écrans.
07:56Aux écrans, non, non, mais ce sont des parents qui délèguent quelque part le gardiennage de leurs enfants aux écrans.
08:05Ce sont des parents qui ne sont pas démissionnaires, mais qui ont baissé les bras,
08:10des enfants qui n'ont pas envie d'être en confrontation avec leurs enfants.
08:14Ils ont peur, en fait ils essayent de garder ce qui reste de relationnel, et je les comprends.
08:20Mais ceci dit, ils ne font pas le jeu du travail qu'on a en commun.
08:24Moi, j'ai souvent l'habitude de dire aux parents que je reçois en tant que professeur principal,
08:28on est dans un bateau tous ensemble.
08:30Et on doit tous aller dans la même direction.
08:32Dans la même direction, et là, vous n'allez pas dans la même direction, monsieur ou madame.
08:36Marie, je vous retiens encore deux petites secondes.
08:38On est avec Didier qui nous avait laissé un message et cet appel que vous avez lancé aux parents.
08:44Bonjour Didier.
08:45Oui, bonjour Amandine, bonjour Marie.
08:47Marie, vous savez, j'aimerais bien être dans votre équipe pédagogique.
08:51Vous avez tout dit.
08:51Mais ça vous arrive, vous Didier aussi, d'avoir peur ?
08:57Alors, moi, ça fait un certain temps que je n'exerce plus.
09:00Ah oui, pardon, oui, ancien prof de musique, excusez-moi.
09:02Voilà, tout à fait, mais il n'y a pas de mal.
09:04Mais je compatis parce que, vous savez, j'avais entendu une conversation de maman.
09:10Oh, mon fils, il a cinq mots à copier.
09:14Comment ça se fait que le vôtre, il n'y en a que deux ?
09:18Parce que l'autre, il n'avait fait que deux fautes et puis le sien avait fait cinq fautes.
09:22Mais on en fait un débat.
09:24Et je connais dans une ville des parents qui ont écrit au maire qui était député à l'époque
09:28pour une question orale au gouvernement.
09:31Ah bon ?
09:31Ah mais pour un problème de quoi ?
09:36Il y avait cinq mots à copier, vous vous rendez compte ?
09:38Non mais il avait écrit vraiment ?
09:42Il avait l'intention.
09:43Ah oui ?
09:44Non mais il est là le problème aussi, pardon Didier et Marie.
09:49C'est qu'aujourd'hui, il n'y a plus de respect de la figure de l'enseignant.
09:53C'est un sujet qu'on aborde, c'est la même chose avec la police, c'est la même chose avec un certain nombre d'institutions.
09:59Et du coup, ça met une perte de repères pour ses enfants et avec des parents qui utilisent ça, comme vous disiez Marie, un peu comme un service.
10:11Tout à fait.
10:11Oui, oui, tout à fait.
10:13C'est l'école à la carte.
10:14C'est la garderie.
10:16C'est ce que j'appelle les élèves consommateurs.
10:18C'est-à-dire qu'ils viennent consommer et s'ils ne sont pas contents, comme au supermarché et comme sur TikTok,
10:23ils ne craignent pas, voilà.
10:24Ou ils mettent de mauvais commentaires sur les réseaux sociaux.
10:26Ah oui, parce qu'on en arrive au stade où les enseignants sont notés maintenant.
10:30Même l'éducation nationale, même notre service public, on en vient à faire des commentaires sur tel ou tel enseignant, oui.
10:38Marie, merci beaucoup pour votre témoignage.
10:40Je vais vous laisser, je crois, filer en cours.
10:42Didier, vous restez avec nous.
10:43On va poursuivre le débat avec d'autres profs et anciens profs.
10:46A tout de suite.
10:53Je suis enseignante et effectivement, tous ces événements nous affectent beaucoup.
11:06Et oui, nous sommes en train, dans le corps enseignant, de nous demander ce qu'on peut dire, ce qu'on ne peut pas dire.
11:13Puisqu'on froisse maintenant facilement pour des choses anodines.
11:17Le message de cette enseignante au 3210 qui, comme de plus en plus de profs, et Marie nous le disait,
11:24hésite parfois à sanctionner certains élèves par crainte des représailles.
11:29On en parle avec vous, Didier, vous êtes toujours avec nous.
11:32Vous les comprenez.
11:33Vous êtes ancien prof de musique, je le rappelle.
11:35Oui, oui, oui.
11:36Ça fait combien de temps que vous avez arrêté ?
11:39C'est de suite un drame administratif, une défaillance du rectorat.
11:43Mais vous les comprenez, ces enseignants qui, comme ça, ils réfléchissent à deux fois avant de sanctionner un élève ?
11:51Je comprends.
11:52Je le déplore épouvantablement, mais je comprends.
11:56Mais vous savez que les chefs d'établissement, eux non plus, ne sont pas bien compris par le rectorat.
12:01Faire un conseil de discipline, c'est la croix et la manière.
12:05C'est-à-dire ?
12:06Pas prasse, c'est pas prasse, c'est pas prasse.
12:08Le chef d'établissement, s'il téléphone, il est comme tout le monde, il a le droit.
12:11Ne quittez pas, je vous passe ma collègue.
12:13Ma collègue est en réunion, on vous rappellera.
12:15Donc c'est-à-dire qu'on les dissuade presque, en tout cas involontairement, de faire des conseils de discipline, de prendre des sanctions ?
12:22Il ne faut pas faire de vagues.
12:23Ah oui ? Vraiment ?
12:25Ah oui ? Il ne faut pas faire de vagues.
12:28Mais comment on sort de là, Didier ?
12:30J'ai une idée, je l'avais déjà formulée.
12:33Architecture de la journée scolaire, conseillement général le matin, musique et sport en collectif l'après-midi, conservatoire intégré à l'éducation nationale.
12:42S'ils ont, dans la perspective de juin, un concert, un grand concert ou un spectacle, ou bien un grand match de foot, ils seront occupés.
12:51Et ils ne penseront même plus à TikTok.
12:54Et vous pensez que ça, ça peut changer leur comportement ?
12:57Là, je parle de mon expérience personnelle.
12:59Quand j'étais élève, j'en ai bénéficié à Versailles.
13:02C'est ce sont mes plus belles années scolaires.
13:04Je voudrais rester avec nous, Didier.
13:06Je voudrais faire réagir Roselyne.
13:08Bonjour, Roselyne.
13:09Bonjour.
13:10Vous aussi, vous êtes ancienne enseignante ?
13:12C'est ça, je suis à la retraite depuis trois ans.
13:15Professeur de ?
13:17J'étais professeur des écoles et ensuite conseillère pédagogique.
13:20D'accord.
13:20Et vous avez constaté, vous, comme ça, cette violence qui semble gagner les établissements scolaires ?
13:28Vous avez peut-être déjà eu peur, vous-même ?
13:30Alors, non seulement j'ai eu peur, mais j'ai été frappée par un élève en janvier 2001.
13:36Et je voulais témoigner pour expliquer comment l'éducation nationale a tout fait pour qu'il n'y ait pas de vagues.
13:44Alors, expliquez-nous d'abord ce qui s'est passé.
13:45C'était un élève de quelle classe ?
13:47Alors, c'était un élève scolarisé en CE2, bien qu'il ait été plus âgé.
13:51Et c'était un élève, comme malheureusement il y en a beaucoup, qui allait d'école en école parce qu'il était très violent et que les écoles se le renvoyaient.
14:02Puisqu'il n'y avait aucune possibilité, il n'y a aucune possibilité d'exclusion à l'école élémentaire.
14:06Donc, il avait quel âge ? Neuf, dix ans ?
14:07Il avait dix ans.
14:08Dix ans.
14:09Et qu'est-ce qui s'est passé ?
14:10Alors, c'était un élève très violent.
14:12Avec moi, ça se passait relativement bien en classe, mais c'était un élève très violent avec les autres élèves.
14:18Et un matin, il a fracassé une de mes petites élèves.
14:21Et donc, j'ai dit que je ne souhaitais plus le voir en classe et je souhaitais l'emmener dans une autre classe.
14:28Et il a très mal réagi. Il m'a coincée à l'encombre de la porte et il m'a frappée jusqu'à me déboîter l'épaule.
14:35Ah oui ?
14:37Oui, oui.
14:37Ah non, mais c'est extrêmement violent.
14:39Mais c'est extrêmement violent, effectivement.
14:43Et donc, l'administration m'a complètement laissée tomber.
14:47Je passe les urgences de l'hôtel d'yeux, je passe les visites aux commissariats, chose à laquelle aucun enseignant n'est prêt.
14:57Je passe sur la plainte que le juge pour enfants m'a demandé de déposer pour que cet enfant soit sorti de sa famille.
15:04Et pour moi, c'était un échec énorme de porter plainte contre un enfant.
15:07Bien sûr.
15:08En tant qu'adulte.
15:09Et en tant qu'enseignante, qui plus est.
15:10Et en tant qu'enseignante.
15:11Mais c'était pour sauver l'enfant de sa famille, parce que c'était assez particulier.
15:17Et lorsque j'ai établi mon arrêt de travail, j'ai donc marqué la cause de mon arrêt de travail.
15:24En indiquant frappé par un élève, etc.
15:27J'ai été convoquée par l'inspecteur de la circonscription, qui a déchiré mon arrêt de travail devant moi en disant
15:34« Mais vous êtes complètement folle, mes statistiques, vous me refaites l'arrêt de travail en écrivant autre chose. »
15:40Comment ça, mes statistiques ?
15:42Oui, c'est les statistiques.
15:43C'est le fameux pas de vague de l'éducation nationale.
15:46Oui, mais alors là, pour que je comprenne bien, Roselyne, en quoi ?
15:49Donc là, c'est l'inspecteur d'académie, c'est ça ?
15:51Non, l'inspecteur d'académie viendra après, dans un second temps.
15:54Là, c'est qu'il y a un inspecteur de circonscription.
15:55Donc l'inspecteur de circonscription, c'est celui qui vient de classe en classe pour vérifier que...
16:00C'est celui qui gère une circonscription.
16:02Une circonscription, c'est un ensemble d'écoles dans un lieu donné.
16:06Et eux, ils vérifient le...
16:07Alors, je vais dire ça avec des mots qui ne vont peut-être pas aller, mais le travail des enseignants, c'est ça ?
16:11C'est ça, oui.
16:12Oui, mais en quoi le fait que vous ayez été frappé par...
16:16Disons qu'il y a des absences, ils sont obligés de renseigner un logiciel où on indique les raisons des absences.
16:23Et donc, s'ils mettaient la raison de l'absence, ça rentrait dans les statistiques.
16:27Dans telle circonscription, il y a de la violence.
16:29Mais ils ne voulaient pas que ça apparaisse.
16:31C'est fou.
16:31Et alors après, vous dites, au-dessus aussi, ça a continué.
16:35Alors aussi, ça a été bien.
16:36Donc, j'ai été convoquée par...
16:37À l'époque, c'était encore un inspecteur d'académie.
16:40Et j'ai eu, je dirais, le bon réflexe d'y aller avec mon délégué syndical, comme ça.
16:44J'ai un témoin de ce qui s'est passé.
16:47J'ai donc été reçue par l'inspecteur d'académie, qui était très paternaliste.
16:50« Oh, ma pauvre petite dame, vous devez avoir mal. »
16:53Voilà.
16:55Et moi, j'ai dit que j'aurais voulu que cette histoire serve à ce qu'on réfléchisse sur le sort de ces élèves violents
17:03qu'on envoie d'école en école, sans que rien ne soit proposé, qui tabassent les autres enfants.
17:09Oui, parce que finalement, vous ne blâmez pas cet élève.
17:12Mais plutôt tout un système qui ne sait pas quoi faire de ces enfants-là.
17:15C'est ça.
17:16C'est pour ça que porter plainte a été difficile.
17:19Bien sûr.
17:19J'ai compris pourquoi.
17:20Mais cet élève, c'est un enfant.
17:23Donc, il était dans une situation familiale qui faisait qu'il était comme ça.
17:27Mais ce qu'on a fait de moi par la suite, c'est honteux.
17:30C'est de la maltraitance institutionnelle.
17:33Ça n'a pas de nom.
17:34Ça n'a pas de nom.
17:35Donc, l'inspecteur d'académie à qui j'ai expliqué, j'aurais bien voulu,
17:38et vraiment calmement, qu'on résolve ce problème de ces enfants violents qui vont d'école en école,
17:44l'a très mal pris.
17:46Et je vous jure, a pris mon dossier personnel et me l'a jeté à la figure.
17:51Non.
17:52Ah si, si, en me demandant de sortir.
17:54Et heureusement que j'avais demandé de déléguer syndical avec moi.
17:56Heureusement.
17:57Mais ça veut dire qu'il y a quand même une espèce d'omerta, ce pas de vague,
18:03qui est extrêmement présent.
18:05Et quand on parle des histoires de harcèlement,
18:07et moi c'est un sujet qui me tient vraiment à cœur,
18:09le harcèlement scolaire, et on fait très régulièrement des émissions sur ce sujet,
18:12et ça revient à chaque fois.
18:14Mais c'est une réalité, même côté enseignant.
18:17Enfin, ça paraît fou.
18:17C'est pour ça que la collègue précédente qui disait que c'était récent,
18:21ce n'est pas récent.
18:22Maintenant, on en parle.
18:24On n'en parle plus.
18:25Oui, parce que vous, ça fait presque 25 ans quand même.
18:28C'est ça, ça fait 25 ans, c'était en janvier 2001.
18:30Et il n'y avait pas un TikTok, il n'y avait pas...
18:33Ce ne sont pas les écrans, c'est les familles qui sont responsables de la violence des enfants.
18:39Roselyne, merci beaucoup pour ce témoignage.
18:41Je crois que c'est la première fois que vous nous appelez,
18:42et c'est extrêmement précieux d'avoir cet exemple très concret,
18:46et ça illustre plein de choses.
18:47Restez avec nous, on va accueillir Véronique.
18:48Bonjour Véronique.
18:50Bonjour Amandine.
18:51Et bienvenue à vous aussi, c'est la première fois que vous nous appelez.
18:54Tout à fait.
18:54Alors vous, vous n'êtes pas enseignante ?
18:56Non.
18:57Qu'est-ce que ça vous inspire tout ça ?
19:00Alors moi, ce que ça m'inspire, c'est que pour faire cours,
19:03je pense que c'est une volonté entre guillemets politique,
19:07puisque j'ai écouté les témoignages des différents enseignants qui sont passés.
19:13Donc le pas de vagues, comme certains disent, ça c'est certain, c'est certain.
19:22Et après, moi, ce qui me chagrine un peu, c'est que dans cette société,
19:28je veux dire tout de même, malgré le pas de vagues, etc.,
19:32la peur que je peux comprendre, dans un sens,
19:36mais je me dis simplement qu'on a perdu, on a lâché les rênes en fait.
19:43C'est-à-dire que vous trouvez que les enseignants ont perdu en autorité, c'est ça ?
19:46Mais pas que, non, pas les enseignants, moi, je ne jette pas la faute sur les enseignants.
19:52Je dis juste que les enseignants, ils récupèrent, je veux dire, dans leurs classes et dans leurs écoles,
19:59ce qui arrive, je veux dire, des familles, c'est-à-dire des parents.
20:04Je veux dire, quelque chose de bête, c'est que le parent est responsable de ses enfants,
20:12de l'éducation de ses enfants et de ce que fait son enfant, je vais dire, à tout moment de la journée.
20:20Alors moi, quand j'entends des choses comme, par exemple, bon, peut-être autre chose,
20:25mais qui ramène un peu, parce qu'on fait des vidéos de violences qu'on met sur TikTok et compagnie,
20:31je veux dire, quand j'entends depuis des années,
20:36« Oh oui, non, mais c'est difficile de prendre les portables aux gamins. »
20:40« Ouais, non, mais ce n'est pas gérable. » « Non, mais on ne peut pas, vous vous rendez compte,
20:43mettre dans des boîtes individuelles. »
20:45Mais c'est simple, c'est simple.
20:48Plus de portables à l'école.
20:50Plus de portables à l'école.
20:52Vous arrivez avec le portable, le portable, il est supprimé, purement et simplement.
20:57Sauf que vous allez avoir les parents qui appellent en disant « Quoi, vous avez supprimé le portable ? »
21:01Mais les parents, ce n'est pas l'éducation nationale.
21:04Les parents, quand ils sont convoqués, qu'ils font une bêtise, je veux dire, en voiture,
21:08c'est un peu importe, quelque chose de pas très grave.
21:11Les parents, en question, quand ils sont convoqués à la gendarmerie ou devant le tribunal
21:16parce qu'ils ont fait un écté de vitesse ou je ne sais quoi,
21:20est-ce qu'ils discutent devant le juge ?
21:22« Oui, non, mais alors attendez, non, mais moi, je ne suis pas d'accord. »
21:25Mais non, je veux dire, ils s'écrasent mollement
21:29et ils font ce que la justice leur dit de faire.
21:32Donc, je veux dire, un parent, il reste à sa place de parent et d'éducateur de ses enfants.
21:41Voilà, pour moi, le B à bas, c'est l'éducation des enfants.
21:45L'éducation des enfants, on l'a fait depuis tout petit.
21:48C'est-à-dire, à deux ans, on doit déjà être dans l'éducation, même bien avant.
21:56Mais ce que vous dites, Véronique, c'est qu'il faut restaurer de l'autorité un peu partout.
21:59C'est-à-dire, il y a des règles, elles doivent être respectées et pas discutées, c'est ça ?
22:02Il n'y a pas à discuter, il n'y a pas à discuter.
22:06Amandine, quand vous arrivez à un stop, alors moi, je parle de ça.
22:08Oui, on s'arrête.
22:09Mais regardez, quand vous voyez des gendarmes ou des policiers qui vous contrôlent,
22:14normalement, vous devez vous arrêter.
22:16On parle de ces refus d'obtempérer qui sont en pleine augmentation, finalement.
22:20Mais c'est normal, puisqu'il n'y a pas d'éducation derrière.
22:24Je veux dire, depuis des années, parce que ça ne vient pas de sortir.
22:28Je veux dire, moi, j'écoute régulièrement tout ce qui se passe un peu à gauche, à droite, RTL, tout ça.
22:34Je veux dire, ce n'est pas d'aujourd'hui.
22:36Ça ne sort pas d'aujourd'hui, les vidéos.
22:39Là, encore, il y a une collégienne, je crois, vers Lyon.
22:42Vers Lyon, exactement.
22:44Voilà.
22:45Je veux dire, la vidéo, elle a été récurrente sur les réseaux sociaux.
22:48C'est rigolo, oui.
22:49Mais alors, ça vient d'où, à la base ?
22:51C'est quand même l'éducation, le bien et le mal.
22:55L'éducation, c'est ça, le bien et le mal.
22:57Il y a une barrière, tu ne la dépasses pas.
22:59Si tu la dépasses, il va t'arriver des bricoles, point barre.
23:02Didier, vous entendez ce que dit Véronique ?
23:05Tout se rejoint, chers parents d'élèves.
23:10Veillez, c'est une manière de leur montrer que vous vous intéressez à eux.
23:16Oui, ça fait partie du job de parent aussi.
23:18Absolument, absolument.
23:20Chacun dans son rôle, mais ensemble.
23:22Parce que l'école, le collège ou le lycée, c'est plus que ça.
23:25C'est une communauté éducative.
23:27Et c'est le vivre ensemble de RTL.
23:32Exactement, vous avez raison.
23:33On peut arriver à construire une famille.
23:35Comme parlons-nous chez Caroline.
23:37On peut arriver à ça, avec les parents d'élèves.
23:40Mais oui, on met tout le temps face à face des gens qui ne sont pas d'accord sur RTL.
23:44Et ce n'est pas pour ça que vous vous écharpez.
23:47On peut discuter sans être d'accord et discuter de façon tout à fait...
23:51Absolument, mais le parlons-nous de Caroline, c'était un beau concept.
23:54Parce que si on faisait comme ça dans un établissement scolaire, mon Dieu, qu'est-ce que ça irait beaucoup mieux ?
24:00Bon, merci en tout cas Didier.
24:01Je voudrais donner la parole à Gisèle.
24:02Bonjour Gisèle.
24:04Oui, bonjour Amandine.
24:05Bonjour à tout le monde.
24:07Alors vous, vous avez une proposition.
24:08Oui, c'est-à-dire qu'à la rentrée, je ferai signer une charte signée par les parents et les élèves.
24:18Et sur la charte, les parents et les élèves reconnaissent que l'autorité dans l'établissement scolaire,
24:28et c'est l'enseignant et le chef d'établissement.
24:31Et que s'il y a une sanction qui est due à un comportement inapproprié, elle doit être acceptée.
24:41Alors il existe quand même des chartes que les enfants signent et que les parents signent en début d'année,
24:46avec souvent le règlement de l'établissement, etc.
24:51Mais vous, vous voudriez dire en gros, on ne conteste pas une décision de prof.
24:57Exactement.
24:57Alors je vais vous donner un exemple.
24:58Quand ma fille était en primaire, un jour elle me dit
25:03« Oh maman, ce n'est pas juste, la maîtresse m'a grondée, j'ai été punie parce que j'ai parlé,
25:11mais j'ai répondu à ma copine. »
25:14Et ma fille a été très surprise de ma réponse.
25:17Je lui ai dit « C'est bien fait pour toi, en classe, on se tait. »
25:22Ta copine, elle n'a pas été prise parce qu'elle a parlé doucement.
25:25« Toi, tu as dû parler un peu fort, c'est bien fait pour toi, tu te tais. »
25:29Et bien derrière, elle n'a plus jamais parlé ici ?
25:31Jamais.
25:31Ou en tout cas, plus jamais contesté.
25:34Plus jamais.
25:35Elle n'a plus jamais parlé parce qu'elle était tellement surprise de ma réaction.
25:38Elle s'attendait à ce que je la défende.
25:39Non, j'ai défendu l'école.
25:42Et moi, je trouve aussi que pour instaurer le respect de l'enseignant,
25:47je proposerais que quand l'enseignant rentre dans une classe, les élèves se lèvent.
25:52Le fait de se lever, ça interrompt les conversations entre les élèves.
25:58C'est le silence.
25:59Éventuellement, on dit « Bonjour monsieur ou bonjour madame le professeur. »
26:04Et il faudrait, voilà.
26:05Le fait de se lever, pour moi, c'est le respect aussi.
26:07Merci beaucoup pour votre témoignage, Gisèle.
26:11Merci aussi à Véronique et Roselyne.
26:13C'est la première fois que vous appeliez toutes les deux.
26:15N'hésitez pas à nous rappeler, à réagir.
26:17Ça fait toujours plaisir d'entendre de nouvelles voix.
26:19Merci à vous aussi, Didier.
26:21À 14h, comme chaque jour, vous avez rendez-vous avec l'heure du crime
26:25et Jean-Alphonse Richard.
26:26Aujourd'hui, une affaire qui a profondément marqué le monde des courses.
26:30L'affaire Christophe, le skrill du nom de ce jeune jockey prometteur
26:34qui a disparu près de Chantilly en janvier 1994.
26:38Son corps a été retrouvé quelques semaines plus tard.
26:42Jean-Alphonse, il reviendra donc tout à l'heure à 14h.
26:45Nous, dans un instant, on va changer de sujet et parler médicaments et soins.
26:49Et si on affichait noir sur blanc le prix des médicaments,
26:53le prix des soins pour responsabiliser un peu chacun d'entre nous ?
26:57C'est ce que propose l'Institut Montaigne.
26:59Faut-il aller plus loin ?
27:01Supprimer par exemple le tiers payant, au moins pour ceux qui en ont les moyens,
27:04on en débat dans un instant.
27:06Vous nous appelez au 3210.
27:07A tout de suite.
27:07Jusqu'à 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole.
27:12Avec Amandine Bégaud.
27:16Merci d'écouter RTL.
27:22RTL, votre radio.
27:2612h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole.
27:30Avec Amandine Bégaud.
27:31Savez-vous combien vous coûtez à la sécurité sociale ?
27:35Faut-il ou non afficher systématiquement le prix des médicaments ou des soins
27:40pour responsabiliser un peu plus chacun d'entre nous ?
27:43C'est ce que propose l'Institut Montaigne.
27:46Et ça vous fait déjà beaucoup réagir.
27:47Bonjour Victor.
27:48Bonjour Amandine.
27:48Bonjour à tous.
27:49Pas mal de messages sur les réseaux sociaux.
27:51Et notamment sur notre page Facebook où Isabelle nous écrit
27:53« A force de ne rien payer en allant chez le médecin ou à la pharmacie,
27:56certains pensent que tout est gratuit et se comportent donc comme des consommateurs
28:00et non des assurés sociaux.
28:02Mélanie qui a dit que la santé est gratuite, on finit toujours par payer, même de manière différée.
28:07Et puis une voix dissonante, Marjorie, normalement on se soigne par obligation et non par plaisir.
28:11Donc nous dire combien coûte un médicament ou une intervention ne va pas nous inciter à l'annuler.
28:16On voit que les avis sont partagés.
28:18Faut-il même aller jusqu'à supprimer le tiers payant ?
28:20C'est ce que recommandait tout à l'heure Frédéric Bizarre qui est économiste de la santé.
28:25La santé a un prix.
28:27Et ça Catherine Vautrin le répétait régulièrement quand elle était ministre de la Santé.
28:31On va en parler avec vous Franck.
28:32Bonjour.
28:33Bonjour Amandine.
28:34Bonjour les auditeurs.
28:35Franck Denise, fidèle auditeur.
28:37Vous êtes infirmier.
28:37Vous en pensez quoi de cette proposition de l'Institut Montaigne ?
28:40Eh bien je vais aller dans leur sens mais on ne supprime pas le tiers payant.
28:43Moi je suis d'accord qu'à titre informatif, préventif,
28:47on pourrait, une fois qu'ils passent à l'hôpital par exemple,
28:49une fois qu'ils sont sortis les urgences,
28:52ou moi dans mon laboratoire, on leur dit vous savez,
28:54entre guillemets ça vous a coûté autant qu'on vous a fait la prise de sang
28:58parce qu'il y a aussi la secrétaire pour le salaire par exemple,
29:02il y a aussi l'infirmier qui vous a fait le prélèvement,
29:04mais il y a l'analyse derrière, il y a tout ce qui est la prise en charge,
29:08enfin globalité, peut-être que ça permettrait de faire un peu de prévention
29:13et de sensibiliser les gens, de leur voir, ah oui quand même, ça m'a coûté autant.
29:17Est-ce que vous pensez que pour autant on ferait des économies ?
29:19Parce que l'objectif quand même à terme c'est ça,
29:21la démarche de l'Institut Montaigne c'est de se dire,
29:24si on responsabilise un peu plus les gens, si on les informe un peu mieux,
29:28peut-être qu'ils feront attention.
29:30Vous pensez vraiment qu'informer les gens ferait attention ?
29:33J'ai envie de dire, entre guillemets, ça ne coûte rien d'essayer,
29:36moi je pense qu'on devrait tenter l'expérience, parce qu'on ne va pas se mentir,
29:40si on cible les pharmacies, le lundi on va aller voir son généraliste,
29:45on va lui dire, mettez-moi 4 boîtes de paracétamol,
29:47le mardi on va aller voir le rhumatologue ou le pneumologue,
29:51mettez-moi 4 boîtes de paracétamol,
29:53et à un moment derrière, c'est un coup de paracétamol,
29:56et on pourrait faire des économies,
29:57où on pourrait le redistribuer à d'autres personnes,
29:59et éviter les pénuries de médicaments.
30:01Oui, je rappelle, on en avait parlé il n'y a pas si longtemps,
30:04chaque année, par français,
30:06il y a 10 boîtes de paracétamol qui sont remboursées.
30:10Tout le monde ne consomme pas 10 boîtes de paracétamol par an,
30:15ça paraît fou.
30:16Et après le retour, moi je serais intéressé aussi de voir avec les pharmaciens,
30:19quand on va leur donner les boîtes de médicaments qu'on n'a pas utilisées,
30:22parce qu'elles sont périmées,
30:23des fois c'est des sachets complets,
30:25Mais les pharmaciens, je ne sais pas si vous avez entendu tout à l'heure
30:28la pharmacienne qui était dans le reportage,
30:30ils disent aussi que les gens ne se rendent pas compte
30:35quand ils viennent prendre leurs médicaments,
30:36et que parfois on leur demande de payer un tout petit peu
30:39parce que tout n'est pas pris en charge par les sécurités sociales,
30:42par exemple, ça les étonne.
30:42Ils pensent que donner sa carte vitale, c'est gratuit.
30:45Et en sortant, on leur donnerait un petit ticket de caisse,
30:48juste, je me répète, préventif, d'information,
30:51peut-être que là, il y aurait un électrochoc auprès des Français,
30:54ça ne va pas résoudre le problème,
30:56ce sera peut-être un petit goût d'eau dans l'océan,
30:58mais moi je suis plutôt,
31:00et je vais agir dans ce sens-là,
31:03et dans le même sens que l'ancienne ministre,
31:04même votera,
31:05qui ne cessait de le répéter lorsqu'elle était ministre de la Santé.
31:08Je suis entièrement d'accord.
31:09Franck, on va accueillir Marie-Claude.
31:11Bonjour Marie-Claude.
31:13Oui, bonjour.
31:14Vous nous appelez d'où Marie-Claude ?
31:16De la Loire, Montbrison.
31:18Montbrison, très bien, je vois très bien où c'est.
31:21Vous êtes pour vous ou pas ?
31:23Bien sûr que je suis pour,
31:24mais ça fait des années que je pense à ça,
31:27et quand j'ai entendu votre thème,
31:29j'ai dit je ne peux pas ne pas téléphoner.
31:32Alors, je vous explique,
31:34j'ai donné tout à l'heure au standard,
31:36j'ai donné trois exemples qui me paraissent révélateurs.
31:40J'ai la petite fille d'une amie,
31:43qui est française bien sûr,
31:44et qui est partie enseigner au Canada.
31:46Au printemps dernier,
31:48on lui a trouvé un cancer du sein,
31:50à 28 ans.
31:52Donc on lui a dit,
31:53avant d'entamer le processus lourd de chimiothérapie,
31:56il serait peut-être bien qu'on prélève des ovocytes,
31:59pour une éventuelle grossesse future.
32:02Le problème, c'est qu'au Canada,
32:03comme en France d'ailleurs,
32:05le prélèvement de ovocytes coûte,
32:07je crois que c'était 22 000 au Canada,
32:09ça doit être de l'ordre de 20 000 euros en France.
32:12Le problème, c'est qu'au Canada,
32:13ça n'est pas à rembourser.
32:15Et cette pauvre jeune fille,
32:17n'ayant pas les moyens,
32:18en espérant déjà qu'elle se sorte de son cancer du sein,
32:23son risque de devenir maman,
32:25sa chance de devenir maman,
32:27voilà, risque d'être bien compromis.
32:30Entendons-nous bien,
32:31le Canada, ce n'est pas le tiers-monde.
32:33Et si vous n'avez pas les moyens,
32:35voilà ce qui se passe.
32:37Toujours concernant le Canada,
32:39il se trouve que mes deux exemples tournent autour du Canada,
32:42je n'ai rien contre ce pays.
32:43ma fille a comme compagnon un garçon qui a vécu deux ans au Canada,
32:48bon maintenant ils sont en France,
32:50et ils ont eu des jumeaux il y a dix ans,
32:53naissance prématurée,
32:54deux mois d'hôpital en néonatalité,
32:57et son compagnon lui a dit,
32:59heureusement qu'on est en France,
33:00parce que deux mois d'hôpital,
33:02il aurait fallu vendre la maison pour payer ces deux mois d'hospitalisation.
33:06Et en fait, ce que vous voulez dire,
33:08c'est que les Français ne se rendent pas compte ?
33:10Absolument, mais absolument,
33:12parce que comment voulez-vous qu'ils se rendent compte ?
33:13On ne leur dit jamais le coup.
33:15Alors, je vais donner un tout petit exemple,
33:17qui est un minima par rapport aux chiffres que je viens de vous indiquer,
33:21mais j'ai une amie qui s'occupe de personnes âgées,
33:23elle les emmène toutes les trois semaines à la pharmacie,
33:26remplir un immense sachet,
33:28genre, je ne veux pas citer de marque,
33:30mais un grand sachet de médicaments.
33:33Et la dernière fois, mon amie me disait,
33:37la personne âgée a dit,
33:38oh là là, j'ai 2,34 euros à donner,
33:41tu te rends compte, alors que moi, je cotise.
33:44Et donc, il se trouve que mon amie avait vu
33:46sur l'écran de l'ordinateur de la pharmacienne,
33:49le montant.
33:50Elle a dit à la pharmacienne,
33:52vous voulez tourner votre écran ?
33:53Il y en avait pour 450 euros de médicaments.
33:56450 euros ?
33:57Oui, et c'est toutes les trois semaines.
33:59Oui, oui.
33:59Elle a tourné son écran,
34:01et là, la personne âgée a dit,
34:03ah ben oui, je n'aurais jamais pensé.
34:06Ah ben 2,34 euros, ce n'est pas cher.
34:08D'où l'intérêt d'informer les gens.
34:11Voilà.
34:12Alors, j'ai envie de dire
34:13qu'il y a une partie indécrottable
34:15de notre population
34:16qui est intellectuellement de mauvaise foi
34:19et qui dira toujours que,
34:20mais c'est normal,
34:22en France, on doit être couvert.
34:23Non, non, ce n'est pas normal.
34:24On a une énorme chance
34:26d'avoir une couverture sociale
34:27qui, pour l'instant,
34:28nous couvre bien.
34:31N'en abusons pas.
34:32N'en abusons pas.
34:33Et on en abuse.
34:34Mais je crois que si les gens...
34:36Alors, ça ne changera peut-être
34:36face du monde.
34:37Mais si les gens étaient informés,
34:40ils auraient peut-être
34:40une attitude un petit peu différente
34:43en disant, ah oui,
34:44ah oui,
34:44ah oui, c'est cher quand même.
34:46Ah oui, c'est cher une journée d'hôpital.
34:47Mais dans la mesure où on ne sait pas.
34:49Voilà.
34:50C'est pour ça que, bien sûr,
34:52je suis favorable.
34:53Ça ne changera pas l'esprit
34:55des gens qui sont systématiquement
34:56contre la France, etc.
34:58Alors que moi, c'est un pays
34:59que j'adore
35:00et où je suis fière de vivre.
35:02Mais peut-être que certaines personnes
35:04intellectuellement honnêtes
35:06vont dire, oui,
35:07oui, il faut qu'on fasse attention.
35:09Peut-être que j'exagère.
35:10Je vais aux urgences
35:11alors que ça n'aurait peut-être
35:12pu attendre, etc.
35:14Voilà.
35:14Marie-Claude,
35:15restez avec nous.
35:16On va poursuivre le débat
35:17dans un tout petit instant
35:18et accueillir notamment
35:19Muriel, Gisèle et Benoît.
35:20A tout de suite.
35:22Contactez-nous gratuitement
35:23via l'appli RTL
35:24ou au 3210.
35:2650 centimes la minute.
35:28Amandine Bégaud.
35:29RTL Midi.
35:30Les auditeurs ont la parole.
35:32C'est très joli,
35:33mais je trouve que c'est un peu
35:34un dédouement de nos politiques
35:35de faire ce genre de choses
35:37parce qu'on se doute bien
35:38qu'un scanner,
35:39qu'un truc comme ça,
35:40ça coûte une fortune.
35:41Ça ne va pas en faire
35:42un pencher de problème
35:42parce que de toute façon,
35:43si j'ai besoin
35:44de passer un scanner,
35:45c'est mon médecin
35:45qui me soumet.
35:46Moi, le prix m'intéresse
35:47par curiosité
35:48sur les trois mois peut-être.
35:49Mais après,
35:50ce sera des informations
35:51sur ma feuille de soins
35:52qui me passeront
35:52au-dessus de la tête.
35:54Le message de Frédéric
35:55au 3210.
35:56On évoque cette proposition
35:57de l'Institut Montaigne
35:58d'inscrire le montant
36:00des soins,
36:01le prix des soins,
36:02des médicaments
36:03de façon très nette
36:05afin de responsabiliser
36:07chacun d'entre nous.
36:09Bonne idée ou pas,
36:10on en débat avec vous
36:11et on va accueillir Gisèle.
36:12Bonjour Gisèle.
36:13Vous nous appelez d'où Gisèle ?
36:16J'appelle de Seine-et-Marne
36:17dans un petit village
36:18qui s'appelle
36:18le Châtelet-en-Brie.
36:20Et alors vous,
36:20vous trouvez que c'est
36:21une très mauvaise idée ?
36:22Ah non, pas du tout.
36:23Non ?
36:23Non, non,
36:23c'est pas mon propos.
36:24Bon, je suis atteinte
36:27d'un cancer
36:27qui est déjà métastasé
36:29sur les os
36:30et qui avance.
36:32Peut-être que les intestins
36:32sont touchés.
36:34Donc ce que j'ai dit,
36:35c'est que je coûtais
36:35rien que pour le cancer
36:37par mois
36:38la somme de 3775 euros
36:41et 20 centimes.
36:43Sans compter
36:43ce que j'appelle
36:44la bobologie
36:45qui est prise en charge.
36:46Bon, les antidouleurs,
36:48j'ai des patchs
36:48pour la douleur,
36:49je suis suivie par un médecin
36:51juste pour la douleur.
36:52Mais c'est normal, Gisèle,
36:53que tout ça soit pris en charge.
36:56Oui et non.
36:56Il faut que les gens
36:57s'en rendent compte.
36:58Et ce que j'ai dit,
36:59c'est que
37:00je touche par mois
37:02entre
37:03mon salaire,
37:05ma retraite,
37:06la complémentaire
37:07et l'indemnité
37:08parce que j'ai
37:09deux handicaps
37:10sur mon bras.
37:11Je coûte
37:121768,78 euros.
37:14Vous voyez que c'est précis.
37:16Ça, c'est ce que vous touchez
37:16pour votre retraite,
37:18c'est ça ?
37:18Voilà.
37:18Donc je coûte
37:19un minima
37:20et quand je dis un minima,
37:21c'est même plus que ça
37:23de 6 000 euros
37:24par mois.
37:25Oui, mais
37:25encore une fois,
37:26Gisèle,
37:27je ne veux surtout pas
37:28remettre en cause
37:29le principe
37:30de ces soins
37:31qui effectivement
37:32sont très coûteux,
37:33bien sûr,
37:33les soins
37:33contre le cancer,
37:35contre un certain nombre
37:36de maladies
37:37et même la proposition
37:39d'ailleurs de l'Institut Montaigne,
37:40ça n'est pas de dire
37:41il faut arrêter
37:42ou quoi,
37:43mais il faut qu'on se rende compte
37:44de combien ça coûte.
37:45Justement,
37:46je suis entièrement d'accord
37:47parce que vous parliez
37:48de 400 euros
37:48pour la petite dame
37:49qui était à la pharmacie
37:50qui contestait,
37:52mais moi,
37:52je sais beaucoup plus que ça
37:53et sans compter
37:54qu'il y a certaines choses
37:55que je paye de ma poche,
37:56plein beau,
37:57qui ne sont pas remboursées
37:58et parce que bon,
38:00j'ai fait une allergie
38:00au traitement du cancer,
38:02ça m'a développé
38:03des boutons
38:03sur tout le corps,
38:04ça va faire maintenant
38:05pratiquement 2 ans
38:07que j'ai des boutons
38:08qui laissent des cicatrices,
38:09bon les cicatrices,
38:10je m'en fiche,
38:10c'est pas le problème,
38:12mais croyez-moi
38:13qu'on devient fou,
38:14on devient fou
38:14à se gratter tout le temps
38:15et a saigné tout le temps.
38:16Bien sûr.
38:17Bon, ce que je veux dire,
38:18c'est très bien
38:19que les personnes
38:20sachent le prix des médicaments,
38:21mais ce que je dis moi,
38:22c'est l'hypocrisie,
38:24l'hypocrisie,
38:25les gouvernements
38:26successifs qu'on a eus
38:27qui ne veulent pas
38:28nous laisser partir,
38:29on fait tout un tas
38:30de reproches aux malades,
38:32on leur coûte cher,
38:33les vieux,
38:34parce que c'est comme ça
38:35qu'on dit,
38:36ils coûtent cher
38:36à la société,
38:38hein,
38:39mais quand on veut partir,
38:40qu'on nous laisse partir,
38:42moi,
38:42je n'ai pas envie
38:43de traîner des années
38:43de cette façon-là,
38:45moi encore peut-être
38:45quelques mois,
38:46mais je voudrais partir
38:47quand je dis stop,
38:49je veux partir
38:50dans la dignité,
38:52on nous reproche les taxis,
38:53mais qui a tout mis
38:54sur les grandes villes ?
38:56Que vous êtes à la campagne ?
38:57Oui,
38:58vous n'avez pas le choix
38:58pour effectivement...
38:59On n'a pas le choix.
39:00Mais en fait,
39:00les reproches,
39:01comme vous les appelez,
39:03oui,
39:03bien sûr,
39:04je pense que ce sont
39:06des abus,
39:06en fait.
39:08Ce n'est pas des abus.
39:09Non,
39:09mais je parlais tout à l'heure
39:10de ces dix boîtes
39:11de Doliprane
39:12qui sont remboursées
39:15chaque année
39:15par habitant
39:16en France.
39:17Quelqu'un,
39:18Gisèle,
39:18d'extrêmement malade
39:19comme vous,
39:20bien sûr qu'il a besoin
39:21chaque jour,
39:23chaque mois de...
39:23Moi,
39:23le paracétamol,
39:24c'est rien.
39:25C'est à mal,
39:25mais je veux dire
39:26que vous avez besoin
39:27d'autant de médicaments,
39:28tout ce que...
39:29C'est normal.
39:30Mais quelqu'un
39:31qui est en bonne santé,
39:32qui...
39:33Tous les médecins
39:34vous disent
39:35qu'à la fin de la consultation,
39:36il y a plein de patients
39:37qui leur disent
39:37« Docteur,
39:38vous mettez
39:39X boîtes de Doliprane,
39:40X boîtes de... »
39:42Et ces abus-là,
39:43alors vous allez me dire
39:44que c'est qu'un peanuts
39:45dans le coût global
39:47de la santé
39:48dans notre pays,
39:49mais c'est aussi ça,
39:50dire aux gens
39:50« Oui,
39:51mais ça,
39:51ça coûte. »
39:52Bien sûr,
39:53mais ce que je dis
39:54moi aussi,
39:56c'est que quand
39:56on veut partir justement
39:58parce que je sais
39:59que je coûte cher
40:00à la société,
40:01ceux qui travaillent,
40:02ils payent de plus en plus
40:03de cotisations
40:04à cause de ça,
40:05qu'on nous laisse partir.
40:06Oui, mais Gisèle,
40:07vous reconnaissez
40:07que c'est...
40:08Il ne faut pas
40:08que ce soit la raison
40:09de votre volonté de partir.
40:11Ce n'est pas
40:11parce que vous coûtez cher.
40:12Ben non !
40:13Si, si, si,
40:13c'est aussi parce que
40:14je coûte cher
40:15et parce que
40:15ce monde actuel
40:17n'est pas mon monde.
40:18Oui, mais...
40:19Je ne le reconnais pas.
40:20Et vous disiez
40:21pour les médicaments,
40:22là, l'autre fois,
40:23mes médicaments arrivent.
40:25Je manquais de médicaments
40:26pour le cancer,
40:26donc le traitement
40:27que je prends en continu.
40:30À deux jours près,
40:31je n'avais plus
40:32de médicaments.
40:34Donc,
40:35quand je suis allée
40:36à la pharmacie
40:36pour d'autres médicaments,
40:38je lui ai posé
40:39la question pharmacien.
40:39Et je dis,
40:40si je change mon traitement
40:41dans deux jours,
40:42la boîte là,
40:42qui coûte un minimal
40:43de 1300 euros
40:44et des brouettes par mois,
40:46elle est pas énorme,
40:47la boîte,
40:47ça représente 30 cachets.
40:50Et j'ai,
40:50alors qu'est-ce qu'on va en faire ?
40:52Parce que s'il me change
40:53mon traitement
40:54pour une raison
40:55XY ou Z,
40:56je le donne à la pharmacie,
40:58mais ça part poubelle.
40:59Alors il m'a dit,
41:01il m'a dit,
41:02si, il faut absolument
41:02que vous preniez ces médicaments.
41:03Bien sûr.
41:04Il ne faut pas interrompre.
41:05Vous voyez,
41:06c'est vicieux.
41:07Oui,
41:07mais c'est normal,
41:09c'est normal
41:10qu'il ne faille pas
41:11l'interrompre,
41:12ce traitement.
41:13Gisèle,
41:13reste avec nous,
41:14on va accueillir Muriel.
41:14Bonjour Muriel.
41:16Bonjour Amandine,
41:17bonjour les auditeurs.
41:17Et bienvenue,
41:18c'est la première fois
41:19que vous nous appelez.
41:20J'imagine que les propos
41:22de Gisèle vous parlent.
41:24Oui, tout à fait.
41:25Moi, j'ai un papa
41:26à qui on a diagnostiqué
41:27un cancer du poumon
41:28il y a un an,
41:29tout pile,
41:29puisque sur son tableau
41:31à la maison,
41:31c'est marqué
41:32qu'il a commencé
41:32son traitement
41:33le 7 février.
41:34C'est lui
41:34qui l'a écrit.
41:36Il n'a jamais fumé
41:37de sa vie,
41:37donc ça,
41:38je tiens bien mal préciser.
41:39C'est arrivé comme ça
41:40et quand il a appris
41:42le prix de son traitement,
41:44il a été très choqué
41:45et il s'est demandé
41:46si, vu son âge,
41:47il allait faire le traitement.
41:49Oui.
41:50Alors,
41:50bon,
41:51j'ai un petit peu bagarré.
41:52On a un petit peu
41:53mis les choses en place.
41:54Il m'a dit,
41:55d'accord,
41:55mais tout ce qui est
41:57médicaments
41:57qui sont prescrits
41:59par l'oncologue
41:59et qu'on peut avoir
42:01sans ordonnance,
42:03je les paye moi-même.
42:04C'est-à-dire justement
42:05du paracétamol ?
42:07Voilà.
42:08C'est bas de contention
42:09parce qu'il fait
42:09de l'œdème
42:10avec les effets secondaires
42:11du traitement.
42:13Enfin,
42:13tout ce qui est
42:14effectivement
42:15la bobologie à côté
42:16qu'il a besoin
42:18puisque l'oncologue
42:19lui prescrit.
42:21Quand je vais chercher
42:22ses médicaments,
42:23il refuse
42:24de donner
42:24sa carte vitale
42:25pour ses médicaments.
42:25Mais ça veut dire
42:26qu'il culpabilise,
42:27Muriel,
42:27comme Gisèle
42:28qui nous dit
42:28mais laissez-moi partir
42:29puisque je coûte cher
42:30à la société.
42:31Enfin,
42:31c'est terrible
42:32d'en arriver là.
42:33Il est tellement
42:34dans la responsabilité.
42:36En fait,
42:36le prix
42:37de son traitement,
42:39c'est lui
42:39qui est allé le chercher.
42:41C'est lui
42:42qui est allé voir
42:43quand on lui a donné
42:43le traitement
42:44combien ça coûtait
42:46et il a été horrifié
42:48et il m'a dit
42:48non,
42:49je ne peux pas.
42:49Je ne peux pas faire ça.
42:50Je ne peux pas le faire.
42:51Il dit
42:52à l'âge que j'ai,
42:54il a 90 ans
42:56et il se porte
42:57très, très bien.
43:00On a la chance
43:00d'être,
43:01il a la chance
43:02d'être malade
43:04mais il est très étonome.
43:06On s'en sort quoi
43:07mais avec ce traitement
43:09et ça a été très dur
43:12pour lui
43:12d'accepter
43:13de prendre ce traitement
43:14parce qu'il s'est dit
43:15mais combien je coûte ?
43:17Oui,
43:17mais alors même
43:17qu'il a cotisé
43:18toute sa vie
43:19et Gisèle,
43:20c'est pareil.
43:21Gisèle,
43:21j'imagine que vous avez
43:22aussi cotisé
43:22toute votre vie.
43:23C'est le jeu
43:25en fait Gisèle,
43:27c'est cette espèce
43:27de pacte
43:28de la sécurité sociale,
43:30c'est qu'on cotise
43:31toute sa vie
43:31mais pour quand on en a
43:33besoin,
43:33en avoir besoin.
43:34Ce qui cloche,
43:36c'est ceux
43:37qui soit abusent
43:38ou ne se rendent pas
43:38contre.
43:39Exactement.
43:40Donc ça,
43:40c'est vrai qu'il faudrait,
43:41moi je ne suis pas contre
43:42le fait qu'au contraire,
43:44qu'on montre aux gens
43:45ce que ça coûte.
43:47mais il faut être
43:49un petit peu prudent
43:50par rapport justement
43:51à des personnes
43:52qui culpabilisent
43:54de coûter cher.
43:55Alors je pense
43:56qu'il n'y en a pas
43:56beaucoup,
43:57je pense qu'effectivement
43:58il n'y en a pas beaucoup
43:59mais moi je pense
44:01à mon papa
44:02que je tiens
44:04et que j'embrasse.
44:06Mais nous aussi
44:06on l'embrasse.
44:07Vous savez quoi Muriel,
44:08restez avec nous,
44:09on va se retrouver
44:09dans un tout petit instant
44:10et continuer à échanger.
44:11à tout de suite.
44:28Annie,
44:29pharmacien d'officine
44:30pendant 45 ans.
44:32L'obligation existe
44:33depuis déjà
44:34de très nombreuses années
44:35d'indiquer le montant total
44:37correspondant au prix
44:39des médicaments
44:40délivrés sur leur
44:41ordonnance.
44:41Cela importe malheureusement
44:43à peu de personnes.
44:45Et voilà pour ce message
44:46qu'on a reçu au 3210.
44:47On évoque cette proposition
44:49de l'Institut Montaigne
44:49qui souhaite que le prix
44:50des soins et des médicaments
44:52soit inscrit noir sur blanc
44:54ou tout simplement
44:55pour responsabiliser
44:57un certain nombre
44:58d'entre nous.
44:59On en parle avec vous Benoît.
45:00Bonjour Benoît.
45:02Oui bonjour.
45:02Vous êtes médecin
45:03à l'hôpital public je crois.
45:05Tout à fait
45:06au CHU de Nancy, oui.
45:07Vous en pensez quoi
45:09de cette proposition d'abord ?
45:10Moi je pense que je ne suis pas
45:12le seul du côté des soignants
45:13à être 100% d'accord
45:15depuis que j'ai peut-être
45:17commencé mes études
45:18où on voit ce que coûte
45:20la santé au quotidien.
45:22Et alors là on parle
45:22beaucoup des patients
45:23déjà toutes mes pensées
45:24aux personnes précédentes
45:26qui étaient malades.
45:26à Gisèle et au papa de Muriel
45:27qui sont toujours avec nous.
45:29Tout à fait.
45:30Mais ce n'est pas
45:31pour eux certainement
45:33mais on voit bien
45:34que ce n'est pas le genre
45:34de personnes
45:35qu'on veut responsabiliser
45:35vu les réactions.
45:37Et puis c'est bien normal là
45:38et loin de nous l'idée
45:39c'est bien normal
45:41que ces pathologies-là
45:43soient prises en charge.
45:43C'est bien sûr d'avoir
45:44des réflexions comme ça
45:45en me disant
45:46même moi en tant que médecin
45:48je ne me fais pas d'ordonnance
45:49pour acheter un truc
45:50que je peux acheter sans ordonnance
45:51et que je pèse de ma poche
45:51c'est évident.
45:52Mais quand on est malade
45:53c'est autre chose.
45:53Non c'est responsabiliser
45:55et puis surtout aussi
45:55responsabiliser les soignants
45:57parce que les soignants
45:58et notamment nous
45:58les médecins, les prescripteurs
45:59parce que la dépense de santé
46:01ce n'est pas tant
46:02beaucoup nos salaires
46:03ou quoi que ce soit
46:04c'est tout ce qu'on prescrit
46:05au quotidien
46:05qui est très très lourd
46:11et voir ce que ça coûte
46:13au quotidien
46:14chaque prescription qu'on fait
46:15je pense que ça peut aussi
46:16remettre un peu de sang
46:18Tout à l'heure
46:18on avait un auditeur
46:19qui disait
46:20moi si le médecin
46:21me prescrit un scanner
46:22je n'ai pas le choix
46:23d'aller le passer.
46:24Bien sûr.
46:25Mais c'est vrai
46:25qu'un certain nombre
46:27de médecins
46:27feraient peut-être
46:28plus attention.
46:30Je pense aux prises de sang
46:32je vois
46:32une chiffre réanimateur
46:33on voit des tonnes
46:34de prises de sang
46:35faites
46:35ou finalement
46:36rajoutées par généralistes
46:37alors que personne n'en voulait
46:38ou le chirurgien
46:39qui ont des petites
46:40je ne dis pas tous
46:41les chirurgiens
46:43qui vont friser
46:44mais qui sortent
46:45avec des petites ordonnances
46:46pré-imprimées
46:46où il y a absolument
46:47100% des bilans
46:48qu'on peut faire
46:48alors qu'on va aller
46:49juste se faire gratter
46:50un petit morceau
46:51il n'y a pas de sens
46:53donc responsabilité
46:54Et alors tiens
46:55puisqu'on parlait
46:55de prix tout à l'heure
46:57Gisèle
46:58elle nous dit
46:58moi je coûte
46:59alors je n'aime pas du tout
47:00qu'on dise ça comme ça
47:02mais effectivement
47:03on ne coûte pas
47:04et c'est fait pour ça
47:04mais effectivement
47:05par exemple
47:06les médicaments
47:07contre le cancer
47:08sont extrêmement chers
47:09une anesthésie
47:11assez classique
47:12Benoît
47:12pour une opération
47:13on va dire
47:14pas une grosse opération
47:15est-ce que vous savez
47:16nous dire
47:16combien ça coûte ?
47:17alors moi je suis dans le public
47:18donc je ne sais pas exactement
47:19ce que ça coûte
47:19donc ça veut dire
47:20que même vous
47:21vous ne savez pas
47:21combien ça coûte ?
47:22ben non
47:23alors on a la chance
47:24nous les produits
47:25qu'on utilise
47:25c'est entre guillemets
47:26des vieux produits
47:26qui ne se renouvellent pas trop
47:28donc c'est des choses
47:29pas bien chères
47:29après l'acte d'anesthésie
47:31c'est autre chose
47:31les dépassements d'honoraires
47:32c'est encore autre chose
47:33mais ça c'est plus
47:34pour les collègues
47:34qui sont dans le privé
47:35donc en soi
47:38ça dépend des actes
47:38l'anesthésie générale
47:39les ALR
47:40les blocs sous l'échographie
47:42il y a plein de choses
47:42donc c'est très large
47:43comme question
47:44comme des chirurgies
47:45il y a tout
47:46ça coûte cher
47:49ça coûte pas cher
47:50je ne sais pas bien
47:51je sais ce qui coûte cher
47:52les examens sanguins
47:54en fait ce qui coûte cher
47:55c'est ce qui est inutile
47:56c'est ça
47:57la santé a un coût
47:58et c'est bien normal
47:59et le coût va augmenter
47:59parce qu'on a de plus en plus
48:00de meilleurs médicaments
48:01de meilleurs techniques
48:02de meilleurs systèmes d'imagerie
48:03bah oui
48:04donc ça coûte plus cher
48:05ce qui coûte cher
48:06c'est quand on le préissait
48:08alors qu'il n'y a pas besoin
48:08alors qu'il n'y a pas besoin
48:10et pour les gens
48:11ou juste qu'ils se rendent compte
48:11c'est pas pour le culpabiliser
48:12c'est pas pour le culpabiliser
48:13c'est plus pour ce qu'ils disent
48:14putain on a quand même un beau pays
48:15moi qui est personnel
48:17j'ai un traitement chronique
48:19le premier mois où je l'ai eu
48:20la première chose que j'ai fait
48:22j'ai regardé combien ça coûtait
48:23pas pour le culpabiliser
48:24mais pour dire
48:24putain je suis content
48:25de payer des impôts
48:26merci
48:26mais c'est aussi
48:28et c'est ce que disait
48:29tout à l'heure quelqu'un
48:30dans le reportage
48:31de Pauline Jaco
48:32c'est aussi peut-être
48:33un moyen de savoir
48:34à quoi servent nos impôts
48:36on est dans un pays
48:37où de plus en plus
48:38on entend
48:38il y en a marre
48:39de payer des impôts
48:40bon bah
48:40quand on voit le prix
48:41des médicaments
48:42ou des soins
48:43effectivement on se rend compte
48:44qu'en tout cas
48:44ça sert en partie à ça
48:45merci beaucoup Benoît
48:47pour votre témoignage
48:48Gisèle je vous embrasse
48:50soin de vous
48:51et merci de nous avoir appelé
48:53Muriel merci aussi
48:54prenez bien soin de votre papa
48:56et je m'excuse auprès de Brigitte
48:57et Dominique
48:57qu'on n'a pas eu le temps
48:58de prendre
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