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  • il y a 15 heures
Marion Bouchard, 21 ans, une jeune femme, jolie, souriante, très amoureuse. A l'hiver 2012, sa famille, ses amis se demandent où elle est passée, même son compagnon, Fabien, très amoureux lui aussi, n'a pas de nouvelles. La suite va révéler un tissu de mensonges, de la manipulation et un puzzle macabre dans les jardins de la ville.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0014h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05A Dijon, plus de nouvelles de Marion Bouchard, 21 ans, disparue depuis une dizaine de jours.
00:12La famille lance un appel à témoins.
00:14Angoisse d'autant plus grande que le compagnon de la jeune femme est lui aussi introuvable.
00:20La police n'exclut pas une affaire de séquestration.
00:23Bonjour, Marion Bouchard, 21 ans, jolie, souriante, très amoureuse.
00:31Soudain disparue à l'hiver 2012, sa famille, ses amis se demandent où elle est passée.
00:36Même l'inséparable compagnon est sans nouvelles.
00:39L'enquête va faire tomber les masques jusqu'à la découverte d'un puzzle macabre dans les jardins de Dijon
00:45qui est derrière le calvaire de la jeune femme.
00:49Marion Bouchard, un tueur dans l'appartement.
00:52L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
01:02Mercredi 8 février 2012, Dominique Burdi se présente au commissariat de Dijon.
01:08Cette femme vient signaler la disparition de sa fille, Marion Bouchard, 21 ans.
01:14Dominique et son ex-mari sont sans nouvelles d'elle depuis une dizaine de jours.
01:19Au départ, ils ne se sont pas vraiment inquiétés.
01:22Marion est très indépendante, elle ne donne pas tous les jours de ses nouvelles.
01:26Mais là, son téléphone ne répond plus.
01:28Messagerie saturée.
01:30Le compagnon de Marion, Fabien Souvigné, 24 ans, est lui aussi aux abonnés absents.
01:36La maman dit s'être rendue chez le couple, au numéro 63 bis du boulevard Pascal à Dijon.
01:42Mais elle a trouvé porte close.
01:45Les voisins n'ont plus vu ni entendu le couple depuis plusieurs jours.
01:49La police lance aussitôt les premières vérifications d'usage.
01:54Le dernier retrait bancaire de Marion remonte au 17 janvier.
01:58La dernière utilisation de son portable date, elle, du 25 janvier.
02:03Jeudi 9 février, 15 heures, lendemain du signalement de la disparition,
02:09les policiers de Dijon se déplacent à l'appartement loué par le couple Marion Bouchard-Fabien Souvigné.
02:15Personne ne répond au coup de sonnette.
02:18Les fonctionnaires se font alors ouvrir la porte par le propriétaire.
02:23Logement vide.
02:25Aucune trace suspecte de lutte ou de cambriolage.
02:27La mère du compagnon, Fabien Souvigné, est appelée.
02:31Elle aussi est sans nouvelles depuis dix jours.
02:33Elle a toutefois reçu une lettre de son fils.
02:37Il lui explique que ni lui, ni Marion ne peuvent téléphoner.
02:41Tout simplement parce que leur chat a détruit les câbles électriques des chargeurs.
02:47Les enquêteurs sont plutôt sceptiques.
02:50Fabien Souvigné a été vu pour la dernière fois, le 29 janvier, dans une pizzeria.
02:55Mais il était seul. A une amie de Marion, il a confié qu'ils étaient séparés.
03:01Marion serait parti quelques jours chez sa mère en Saône-et-Loire, ce qui est faux.
03:06Le lendemain, 10 février, 10 heures, la police retourne à l'appartement.
03:11Mais la surprise !
03:13Fabien Souvigné, tiré de son lit, ouvre cette fois la porte.
03:18Il apparaît très calme, pas du tout inquiet.
03:20Selon lui, Marion est bien là, mais elle est sortie et elle sera de retour en début d'après-midi.
03:27Les policiers s'en vont, avec sans doute l'intention de revenir.
03:30La maman de Marion revient, elle aussi, à l'appartement.
03:33Fabien lui répète ce qu'il vient de dire aux policiers.
03:36Elle préfère attendre dehors le retour de sa fille, laquelle ne se montre pas.
03:42La maman remonte alors dans l'appartement.
03:44Mais surprise, Fabien a quitté les lieux en douce.
03:49Il est parti avec son chien en empruntant l'escalier de la cave.
03:55Samedi 11 février, Dominique Burdi, maman de Marion, lance un appel à témoin à la télé et dans la presse locale.
04:02La famille et les amis placardent des affichettes dans les magasins de Dijon.
04:07La police recherche alors activement Fabien Souvigné.
04:10Les amis du couple ont du mal à croire qu'il ait pu faire du mal à leurs copines.
04:15Parce que Marion et Fabien sont fusionnels.
04:19Ils se sont connus en Corse il y a quelques mois.
04:22Ils étaient saisonniers dans des restaurants.
04:25Fabien serait un garçon docile alors que Marion aurait plutôt la réputation de ne pas se laisser marcher sur les pieds.
04:32Un jour, elle a giflé son compagnon devant tout le monde.
04:35Trois jours plus tard, une découverte glaciale change la donne.
04:39Dans la cave de l'appartement, les policiers mettent la main sur un sac de toile bleue.
04:44A l'intérieur, une scie à placo-plâtre qui porte des traces organiques.
04:49Le sang sur la lame est bien celui de Marion.
04:52La scie a été achetée dans une grande surface.
04:55Le 16 janvier, en début d'après-midi,
04:57C'est à cette période, justement, que la jeune femme n'a plus donné signe de vie.
05:02Une information judiciaire pour enlèvement et séquestration est ouverte.
05:08Et à partir de là, Fabien Souvigné, évidemment, devient le suspect.
05:12On ne sait pas s'il est impliqué dans cette disparition, la disparition de sa copine.
05:17Les deux sont très amoureux, le couple, on l'a dit, et fusionnel.
05:21Le fait est que sa fuite est très étrange.
05:23Et elle fait de lui un homme recherché, mais pas, encore une fois, forcément, un agresseur ou un meurtrier.
05:29Il faut le retrouver à tout prix pour en avoir le cœur net.
05:32Tâche difficile, parce que le jeune homme, a priori, a pris le large.
05:35Il est parti loin.
05:36Et on va voir qu'il a un chien.
05:39Évidemment, Fabien Souvigné, il a un chien.
05:41Et c'est grâce à ce chien qu'on va avancer d'un grand pas dans cette enquête.
05:47Alors, on va en parler de cette histoire dans la suite de l'heure du crime.
05:51L'histoire du chien qui va permettre cette découverte.
05:55Mais pour l'instant, il faut rester un petit peu sur cette disparition
05:58qui, il faut bien le dire, est passée pendant plusieurs jours sous les radars.
06:03Bonjour Bruno Walter.
06:05Bonjour.
06:06Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime.
06:08Vous êtes journaliste indépendant.
06:10Et vous avez suivi cette affaire à Dijon pour plusieurs titres de presse, de nombreux journaux.
06:17Vous connaissez donc bien ce dossier.
06:18Pourquoi il faut attendre aussi longtemps pour que l'alerte soit donnée ?
06:22Apparemment, personne ne s'inquiétait de cette disparition de Marion.
06:26Non, parce qu'au début, rien n'était inquiétant de cette disparition.
06:30Parce que la mère de Marion, vous l'avez dit, elle signale cette disparition après dix jours, sans nouvelles.
06:35Dix jours déjà, ce n'est pas rien.
06:37Et après, c'est les hommes de sécurité publique qui commencent d'ailleurs à mener des investigations.
06:43On n'est pas du tout dans le cadre d'une affaire criminelle.
06:46Et au départ, ils pensent à les poser une fugue après une dispute.
06:50Puisque, effectivement, comme vous l'avez dit aussi, les relations entre Fabien et Marion étaient explosives.
06:57Alors, elles le pouvaient être explosives.
06:59Elles étaient à la fois très amoureuses et très explosives.
07:01Il y a quelque chose d'étonnant, Bruno Walter, parce que là, effectivement, c'est le déclic, en tout cas pour les policiers locaux.
07:08C'est Fabien Souvigné.
07:11Il est chez lui, il n'est pas chez lui, il est chez lui.
07:13Puis, il va ouvrir la porte aux policiers.
07:15Mais, évidemment, ça étonne tout le monde parce qu'il a l'air détendu, calme.
07:20Il dit que Marion n'est pas là, mais bon, elle va revenir.
07:24Oui, c'est ça.
07:24En fait, il a réussi à tromper son monde.
07:27Puisqu'en fait, on sait qu'elle l'a tué bien avant.
07:30Mais, il réussit à donner le change aux policiers, aux parents.
07:36Il a réussi à tromper son monde, dans un premier temps, en tout cas.
07:39Et, effectivement, il dissimule son jeu.
07:41C'est pour le moins déroutant.
07:42C'est le moins qu'on puisse dire.
07:44Bonjour, maître Delphine Baldini.
07:46Bonjour.
07:47Merci infiniment d'être avec nous également dans l'heure du crime.
07:49Merci à vous.
07:50Voilà, en direct, vous êtes avocate au barreau de Dijon.
07:53Et dans cette affaire, vous défendez les intérêts de la famille de Marion Bouchard.
07:58Vous aussi, ce dossier, vous le connaissez sur le bout des doigts.
08:01Alors, il n'y a que des faux semblants dans ce dossier.
08:03On va y venir, mais on a le temps de les développer, évidemment.
08:07Pour l'instant, on ne sait pas ce qui s'est passé.
08:09Mais le fait est, c'est que les premiers témoignages, c'est que Marion Bouchard et Fabien Souvigné,
08:15ils sont très amoureux.
08:16Tout va bien.
08:17Oui, alors ils sont très amoureux.
08:21Je dirais que c'est surtout Marion qui est très amoureuse.
08:24En fait, c'est la rencontre de deux personnalités très différentes.
08:28On a une jeune femme de 21 ans, Marion, qui est très solaire, très démonstrative,
08:34pleine d'affection, pleine d'amour.
08:36Et puis, on a un profil de conjoint, Fabien Souvigné, qui est quelqu'un de très froid,
08:44peu expansif.
08:46Voilà.
08:46Donc, c'est un peu la rencontre de deux personnalités très, très antagonistes et différentes.
08:51Et alors, il y a quelque chose d'étonnant, en tout cas qui m'a étonné,
08:55c'est que lorsqu'on découvre les premiers témoignages,
08:59évidemment dans les procès verbaux, etc., dans l'enquête de la justice,
09:05au début, Fabien Souvigné, c'est un petit peu un garçon plutôt soumis, en retrait.
09:11On a l'impression qu'il est presque timide derrière cette femme
09:14qui, effectivement, porte la culotte, comme on dit communément.
09:17Alors, c'est des faux semblants.
09:20Parce que, comme je le disais, on a effectivement deux personnalités très différentes.
09:25Mais c'est quelqu'un, Fabien Souvigné, qui est terriblement au contrôle
09:28et qui a une autre face de personnalité.
09:31Exact.
09:31Il peut sembler comme ça, très lisse, très soumis, très docile,
09:36un peu taisant, peu expansif.
09:39Voilà.
09:40Mais il y a une face très sombre derrière ce profil,
09:43a priori lisse et sans trop d'histoire.
09:46Bruno Walter, je reviens avec vous,
09:48parce qu'il y a plusieurs questions qui se posent au fil de cette enquête.
09:51Première question.
09:52Pourquoi est-ce qu'il n'est pas interpellé tout de suite, finalement,
09:55le compagnon, lorsqu'il surgit dans cet appartement ?
09:57Il est en caleçon, il sort de son lit.
10:00Il n'était pas là, puis là, il est là.
10:02Ça pose des questions.
10:03On ne l'a pas convoqué tout de suite ?
10:05Non, pas tout de suite, en fait, il se passe trois jours, en fait.
10:09Le 9 février, la mère de Marion se rend au domicile de sa fille.
10:14Elle croit très bien.
10:14Et Fabien lui dit, tout va bien, Marion est sortie,
10:18elle va faire des ménales, puis des courses.
10:21Elle n'a pas tardé à rentrer.
10:22D'accord.
10:23Non, rien d'inquiétant.
10:24Le lendemain, les policiers frappent.
10:26Effectivement, Fabien leur ouvre et les invite à rentrer.
10:28Donc, ce n'est pas du tout l'attitude d'un suspect.
10:32Et les policiers lui laissent une convocation.
10:34Après, c'est la dernière fois qu'on le voit,
10:36avant qu'il disparaisse totalement.
10:38Et c'est le lendemain que les parents retournent au domicile,
10:41réalisent que Fabien a disparu,
10:42que tout se met en branle.
10:44Mais dans un premier temps, il n'y a rien d'inquiétant.
10:46Et c'est pour ça qu'il n'est pas interpellé tout de suite.
10:47Oui, c'est ça.
10:48Donc, l'enquête se met en marche.
10:50Autre question pour vous, Bruno Walter.
10:52Il y a la découverte de la scie dans ce sac.
10:55On ne sait pas ce qui s'est passé à ce moment-là, etc.
10:57Mais là, on a des doutes et même des frayeurs
11:02avec cette scie qui est tachée de sang.
11:04C'est ça.
11:05En fait, sur la scie, il y a des traces de matière organique,
11:08comme on dit.
11:09On ne sait pas encore de quoi il s'agit.
11:11Mais bon, ça devient déjà...
11:13Ça commence à glacer le sang, effectivement, des enquêteurs.
11:1719 jours après sa fuite,
11:19le suspect arrêté, loin de Dijon.
11:22Marion Bouchard, un tueur dans l'appartement.
11:24J'ai d'abord serré moyennement au niveau de la gorge,
11:27puis j'essaierai plus fort.
11:29L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:31L'heure du crime consacrée aujourd'hui à la disparition et à la mort de Marion Bouchard
11:50à Dijon, mi-janvier 2012.
11:52Cette jeune serveuse, 21 ans, n'a soudain plus donné aucun signe de vie.
11:57Son compagnon, 24 ans, a laissé entendre qu'elle était partie.
12:00Lui aussi s'est évaporé.
12:02Il est activement recherché.
12:03Mercredi 15 février 2012.
12:07Les policiers apprennent que le 10 février, date du départ en cavale du suspect Fabien Souvigné,
12:13ce dernier a été verbalisé sans billet dans le train Dijon-Paris.
12:17Il a donné son vrai prénom et le nom de famille de sa mère.
12:21Il était seul, avec son chien.
12:24Sous cette même identité, il a séjourné à Paris,
12:26dans un centre d'accueil pour SDF, Souvigné.
12:30Ne connaît personne dans la capitale, ni parents, ni relations.
12:34Les enquêteurs savent que le jeune homme ne se sépare jamais de son chien.
12:39Ils ont alors l'idée de communiquer aux vétérinaires, aux chenilles, aux refuges,
12:45le tatouage de l'animal stratagème payant, 29 février,
12:5019 jours après s'être enfui de Dijon.
12:52Fabien Souvigné est signalé à la fourrière pour animaux de Gennevilliers.
12:57Dans les Hauts-de-Seine, il est venu signaler la disparition de son chien.
13:02La police arrive, il tente de prendre la fuite, mais on le rattrape.
13:05En garde à vue, dès les premières minutes, il livre des aveux complets.
13:11Il y a eu une dispute entre Marion et moi.
13:14Je l'aimais, je l'aime toujours malgré ce que je lui ai fait, dit-il.
13:18Souvigné raconte que le couple était dans la cuisine.
13:21Ils avaient bu un peu de rosée.
13:23Marion s'est énervée.
13:25Elle a empoigné un couteau, il a eu peur, il l'a étranglé.
13:28Il explique, j'ai d'abord serré moyennement au niveau de la gorge,
13:31puis j'ai serré plus fort.
13:33C'est à ce moment que Marion a lâché le couteau.
13:36J'ai vu du sang qui coulait de sa bouche.
13:39Elle est tombée sur le sol.
13:41Tout cela s'est passé très vite.
13:44En garde à vue, Fabien Souvigné dit que le meurtre
13:47s'est déroulé au cours de la soirée du 15 au 16 janvier.
13:50Il aurait gardé le corps de Marion dans l'appartement pendant une semaine
13:55avant de le démembrer.
13:57Pour cela, il s'est servi de la scie.
14:00Il a eu beaucoup de mal à dépecer le cadavre.
14:03Une trentaine de minutes pour une cuisse, détaille-t-il.
14:06Il s'est servi d'une serviette éponge pour éviter les éclaboussures de sang.
14:11Il a chargé les morceaux de corps dans un chariot de course,
14:15un caddie pour les disséminer en ville.
14:17Les policiers vont découvrir le corps de Marion,
14:21amputé des deux jambes, mais toujours vêtue au bout d'un chemin sans issue le long d'un muret.
14:28La jambe droite est retrouvée dans une allée de Thuyas,
14:32là à gauche, beaucoup plus loin, dans la végétation.
14:35Le suspect décrit sa relation avec Marion Bouchard comme houleuse,
14:39une fille jalouse, possessive, capricieuse, dit-il selon lui.
14:42C'est une scène de jalousie qui a entraîné ce déferlement de violence.
14:47Fabien Souvigné est mis en examen pour meurtre aggravé.
14:52Mercredi 9 mai 2012, deux mois après sa mise en examen,
14:55Fabien Souvigné est devant le juge d'instruction de Dijon, Vincent Charmoyau.
15:00Il maintient que le soir du drame, Marion était hystérique.
15:04Elle lui aurait reproché d'avoir mis trop de temps à promener le chien.
15:07Ils avaient alors échangé des insultes.
15:10Souvigné explique que d'habitude, il ne dit rien.
15:13Mais ce soir-là, il y a eu, dit-il, un effet cocotte minute.
15:18Le suspect admet toutefois que Marion ne l'a jamais menacée d'un couteau.
15:23Souvigné confirme qu'il a étranglé sa compagne en deux fois.
15:26Il lui a d'abord serré le cou, elle a tout sauté, elle est tombée.
15:30Je ne sais pas pourquoi, à ce moment-là, j'y suis retourné.
15:33Et j'ai recommencé à l'étrangler à nouveau.
15:35Il l'a achevé.
15:37S'il a longtemps caché le corps, c'était pour les proches.
15:40Comme ça, dit-il, il gardait un espoir.
15:43C'était mieux pour eux et c'était mieux pour tout le monde.
15:47Voilà donc pour les déclarations étonnantes, glaciales,
15:53évolutives aussi pour Fabien Souvigné,
15:55parce qu'on ne sait pas très bien ce qu'il a fait dans cet appartement.
15:58Le fait est, c'est qu'il y a eu un meurtre d'une très grande violence
16:01avec à la clé ce corps découpé, démembré dans l'appartement
16:06et jeté à trois endroits dans Dijon.
16:09Donc il faut beaucoup de, j'ai envie de dire, de sang-froid pour faire ça.
16:12En tout cas de détermination et puis de folie aussi peut-être.
16:16Autres investigations qui ne sont pas terminées.
16:19On va s'apercevoir que Fabien Souvigné, il porte la violence en lui cet homme.
16:23Et notamment avec les femmes, on le croyait assez doux,
16:25assez presque soumis, je l'ai dit tout à l'heure.
16:28Mais ce n'est pas tout à fait le cas.
16:30Et ce n'est pas du tout l'image qu'il va donner.
16:31Mais ça, on va en parler dans la suite de l'émission.
16:33Alors il faut revenir à ces coups de théâtre successifs.
16:36Ils sont nombreux.
16:37Bruno Walter, vous êtes avec nous, journaliste,
16:39et vous avez suivi toute cette affaire pour diverses publications.
16:43Bruno Walter, il y a cette cavale, une vingtaine de jours.
16:48Ce qu'on peut dire, c'est que, alors là, les policiers,
16:50vraiment, ils ont vu juste, parce que je n'aurais jamais pensé à ça.
16:54Donner le signalement du chien, son tatouage,
16:57ça permet vraiment de tout changer.
17:00C'est un coup de génie, franchement.
17:03Souvent, on a des enquêtes policières qui sont sujets à ta caution.
17:07Mais là, j'ai trouvé ça génial aussi.
17:10C'est extraordinaire.
17:11Alors, on savait qu'il aimait énormément son chien.
17:14Mais d'ici, à imaginer donner le signalement du chien,
17:17la puce du chien, finalement,
17:19enfin, le tatouage à toutes les SPA du coin,
17:21c'est extraordinaire.
17:22C'est comme ça qu'on récupère, enfin, mes souvenirs,
17:24qui vivent comme un SDF à Paris.
17:27On l'aurait probablement dû m'a retrouver.
17:29C'est possible.
17:30Beaucoup plus tardivement, en tout cas,
17:32parce que, bon, un SDF à Paris,
17:34il y en a quand même pas mal.
17:35Ce qui fait que, là, le chien se sauve,
17:38et immédiatement, il va chercher son chien.
17:39Et on le prend dans les minutes qui suivent.
17:42C'est un coup de génie.
17:43Un coup de génie.
17:43Vraiment un bon coup des policiers.
17:45Ah oui, oui, il faut les saluer.
17:46Parce que là, effectivement,
17:47il faut avoir vraiment une espèce de science de l'enquête
17:49pour imaginer cela.
17:51Bravo, effectivement, à cette action.
17:54Fabien Souvigné, Bruno Walter,
17:58tout de suite, il se met à table,
17:59comme on dit dans le jargon policier.
18:02Il avoue, ça va très vite.
18:04Cinq minutes.
18:05D'après le directeur d'enquête,
18:07en cinq minutes, il s'est mis à table.
18:09Il s'est effondré au bout de cinq minutes.
18:11Il a mis cinq minutes à dire que non, non,
18:13il était pour rien,
18:14qu'au bout de cinq minutes, c'était fini.
18:16Donc, oui, il s'est complètement mis à table.
18:19Parce que, de toute façon,
18:21il sentait que ça ne valait rien.
18:23C'était fini.
18:24Sa cavale était terminée.
18:26Oui, sa cavale était terminée.
18:27Et puis, peut-être la culpabilité, j'imagine.
18:31Il devait un peu le ronger, possible.
18:33Oui, possible.
18:34Et puis, quand la partie est perdue,
18:35elle est perdue.
18:36Mais enfin, il n'a pas dit son dernier mot,
18:37quand même, Fabien Souvigné.
18:39Maître Delphine Baldini, vous êtes avec nous.
18:41Vous êtes avocate de la famille de Marion Bouchard.
18:43Marion Bouchard, c'est évidemment la victime.
18:45Alors, déclaration évolutive.
18:47On va les égrener avec vous,
18:49si vous voulez bien, Maître Baldini.
18:51Alors, tout d'abord, il dit,
18:52elle est hystérique, cette femme.
18:54Elle m'a fait une crise de jalousie.
18:56Et puis, il y a eu cet effet cocotte minute.
18:58Ça, il ne va pas arrêter de le répéter.
19:01Oui, effectivement.
19:03Alors, moi, je précise quand même quelque chose.
19:05Il se met à table rapidement.
19:06Mais en fait, c'est parce qu'il n'a pas tellement le choix.
19:08Ayant pris la fuite alors qu'il expliquait que Marion allait revenir
19:13et ayant pris la fuite en secret,
19:15alors que la mère de Marion est présente
19:17et qu'il a eu encore une visite domiciliaire des policiers,
19:20là, il sent que l'étau se resserre sur lui.
19:22Et évidemment, il n'a pas d'autre choix que de fuir
19:25parce que le mensonge, il ne va plus pouvoir le tenir très longtemps.
19:29Donc, c'est quand même une fuite pour le mettre à l'abri,
19:31précisément, des poursuites et d'être appréhendé.
19:33Ah oui, ça, évidemment, ça, il cherche à fuir la justice.
19:36Et pas du tout étranglé par la culpabilité.
19:40Oui, en tout cas, à ce moment-là,
19:42effectivement, il n'y a pas de signe de montrer de culpabilité,
19:45en tout cas d'empathie même.
19:47Un mot, un mot, un mot, maître Baldini.
19:50L'effet cocotte minute.
19:51Ça, vous devez l'entendre beaucoup dans ce genre de problématiques,
19:55peut-être même de femmes battues, etc.
19:57Effet cocotte minute.
19:59Eh oui, tout à fait.
20:00Alors, ça, c'est l'argument des violents.
20:02Ce n'est pas eux, c'est la compagne qui est hystérique,
20:07agressive, possessive, jalouse.
20:09Parfois même, elles sont accusées d'être violentes.
20:12C'est une façon d'inverser les choses,
20:13d'inverser le rapport et aussi de se victimiser
20:15et de se donner des excuses.
20:18Si je suis passé à l'acte,
20:20c'est parce que je suis face à quelqu'un de pénible.
20:23Voilà, donc l'effet cocotte minute.
20:26Il a bon dos pour venir se disculper,
20:29ou en tout cas, justifier son geste.
20:31Alors, c'est évolutif.
20:32On continue à le suivre au fil des auditions.
20:36Et là, il va évidemment avouer qu'elle n'était pas armée,
20:40qu'elle n'avait pas un couteau, comme il avait pu le dire la première fois.
20:43Il l'a étranglée et il a dépecé le corps.
20:46Il y a deux actions qui sont terrifiantes.
20:48Étranglée, ça a duré très longtemps, Maître Baldini ?
20:52Oui, tout à fait.
20:54L'étranglement, contrairement à ce que M. Souvenier va déclarer,
20:58où il dit que c'est quasiment en un instant,
21:00ce n'était pas du tout la position du légiste
21:04qui dit que pour étrangler une personne en bonne santé,
21:08jeune, qui n'avait pas de problèmes particuliers,
21:11de difficultés respiratoires,
21:13qu'il faut une emprise d'environ 4 minutes.
21:18Ce qui est interminable.
21:20Ce qui est colossal.
21:21Si on déclenche un chronomètre, c'est vraiment terrifiant.
21:25Ça veut dire qu'il ne faut pas desserrer pendant 4 minutes.
21:29Donc là, ce n'est pas en un instant,
21:31ce n'est pas en un claquement de doigts qu'on étrangle quelqu'un.
21:33Et puis, il n'a pas fini parce qu'il va dépecer le corps.
21:36Alors là, c'est une autre action,
21:37criminellement et psychiatriquement,
21:39ça change aussi la donne.
21:41Ah oui, oui, ça change aussi la donne.
21:45C'est une façon de tuer deux fois.
21:49Donc là, vraiment, on bascule dans la barbarie.
21:54Ce que d'ailleurs les experts avaient indiqué
21:56en disant qu'il y avait une dimension tout à fait barbare,
22:00voire perverse.
22:01C'est ce qu'avaient dit les experts psychiatres.
22:04Donc bon, on a quelqu'un qui tue sa compagne.
22:07D'ailleurs, en deux fois.
22:08Parce que là aussi, c'est un point important
22:10puisqu'on parle du légiste.
22:12Oui, il se reprend.
22:14Exactement, il s'y reprend.
22:15Et il s'y reprend la deuxième fois
22:16alors qu'elle tout saute.
22:18Et que donc, il constate qu'elle est en vie.
22:20Et oui.
22:21Et donc, ça, effectivement,
22:22il constate qu'elle est en vie.
22:23Mais il va continuer.
22:25Un meurtrier présumé violent et menaçant envers les femmes.
22:30Marion Bouchard, un tueur dans l'appartement.
22:32Impulsif, provocateur, menteur.
22:34C'est un faux calme.
22:35L'enquête de l'heure du crime qui est vraiment Fabien Souvigné.
22:38Un jeune homme exténué par les reproches et les insultes
22:41ou bien un meurtrier qui pouvait frapper les femmes.
22:44À suivre dans un court instant sur RTL.
22:47Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:50C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
22:52Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:56Il n'a jamais eu de conscience
22:59que ça pouvait aller jusqu'au meurtre de Marion.
23:02Ça, clairement, non.
23:04Avec des mots très simples,
23:05il dit « je voulais qu'elle se taise ».
23:06Et il l'étrangle à nouveau.
23:10Retour dans l'heure du crime sur le meurtre de Marion Bouchard
23:13à Dijon, janvier-février 2012.
23:15Son compagnon Fabien Souvigné
23:17a avoué avoir étranglé et démembré la jeune femme
23:19âgée de 21 ans.
23:21Il évoque une dispute tragique.
23:23Des témoins parlent de violence volontaire.
23:27Lundi 27 mai 2013.
23:30Presque un an et demi après la mort de Marion Bouchard.
23:32Fabien Souvigné est interrogé une dernière fois
23:35par le juge d'instruction.
23:36Il est questionné sur son comportement violent
23:40avec sa compagne.
23:42Dès le début des investigations
23:43et avant même qu'on découvre le meurtre,
23:46la mère de Marion avait affirmé
23:48que Fabien avait déjà frappé sa fille.
23:51C'était dans la nuit du 30 au 31 décembre 2011.
23:54Elle avait alors été appelée
23:56par la police municipale de la station de ski
23:59Les Deux Alpes.
24:00Une dispute très violente
24:02venait d'éclater entre sa fille et son compagnon.
24:05Marion avait reçu des coups,
24:08mais la police disait qu'elle refusait de porter plainte.
24:11Devant le juge,
24:13le meurtrier présumé raconte
24:14qu'ils se sont remis ensemble.
24:17Un mois plus tard,
24:18il n'aurait plus jamais levé la main sur sa compagne.
24:21Des témoins entendus par les enquêteurs
24:26décrivent des disputes fréquentes au sein du couple.
24:29Pour certains,
24:30Marion Bouchard était tout simplement une femme battue.
24:33Un été,
24:34elle aurait caché ses bras sous un gilet
24:36pour dissimuler des bleus.
24:39Une ex-petite amie de Fabien Souvigné
24:41affirme que le suspect a été violent.
24:43Une ou deux fois avec elle,
24:45elle le décrit comme un individu impulsif,
24:49provocateur,
24:50menteur.
24:51Les experts psychiatres
24:52présentent Fabien Souvigné
24:53comme un faux calme.
24:55Selon eux,
24:56le passage à l'acte
24:57et la mutilation de sa compagne
24:59donnent à son geste
25:00une dimension particulièrement perverse,
25:04barbare
25:04et sadique.
25:06Et là,
25:08on change de registre,
25:09évidemment,
25:10avec cette enquête qui se poursuit
25:11et le magistrat instructeur
25:12fait bien de continuer
25:13effectivement à recueillir
25:15des témoignages,
25:16à nourrir son dossier
25:17parce que c'est extrêmement intéressant.
25:19Effectivement,
25:20on s'aperçoit que
25:21ça ne peut pas être forcément
25:22un coup d'humeur,
25:23un coup de folie
25:24qui a occasionné
25:26la mort de Marion Bouchard.
25:29Bruno Walter,
25:30journaliste,
25:30vous êtes avec nous,
25:31vous connaissez bien ce dossier.
25:33Il y a beaucoup de témoignages
25:34qui s'accumulent.
25:35On est loin,
25:36effectivement,
25:37au fil de l'enquête
25:38du début
25:39où on disait
25:40ce couple,
25:41ce sont des tourtereaux,
25:42finalement,
25:43ils s'aiment,
25:44etc.
25:45Ils sont inséparables.
25:46Là,
25:46on n'est plus du tout
25:46dans ce truc-là.
25:49Non.
25:49Après,
25:50ils s'aiment,
25:50oui.
25:50Il y a des deux côtés.
25:52C'est un couple
25:53totalement toxique.
25:55Ce n'est pas
25:56le couple fusionnel.
25:59Non,
25:59c'est un couple toxique
26:00parce qu'elle est très,
26:01très, très jalouse.
26:02C'est indéniable.
26:03Mais lui,
26:04il est très violent.
26:04Il est violent,
26:05voire très violent.
26:06Et ça,
26:07c'est des personnalités
26:07totalement,
26:08enfin,
26:09qui s'attirent,
26:09malheureusement.
26:10Et on en voit souvent
26:11dans un cours d'assises,
26:12on en voit en correctionnel.
26:13C'est des personnalités
26:14qui,
26:15ça se finit souvent
26:15très, très mal.
26:17La jalousie d'un côté,
26:18la violence de l'autre,
26:19c'est une catastrophe.
26:20C'est un couple
26:21totalement toxique.
26:22qui s'attirent et qu'ils se font
26:24du mal,
26:24c'est ça,
26:24c'est ce que vous nous dites,
26:25Bruno Walter.
26:26Ils s'attirent,
26:27ils se font du mal.
26:28C'est surtout Fabien
26:29qui fait du mal à Marion.
26:31Et qui a fini par la tuer
26:33et la découper.
26:33Non, non,
26:34c'est ça,
26:34il ne faut pas oublier,
26:35il ne faut pas remercer les choses,
26:36évidemment.
26:37Et qui a fini par la tuer
26:38et la découper en morceaux.
26:39Donc, on sait que tout ça
26:41a été très long.
26:42Je résume,
26:43il a gardé le cadavre
26:44dans l'appartement
26:45pendant un certain temps.
26:47Il a étranglé,
26:49après l'avoir étranglé
26:49très longuement Marion,
26:514-5 minutes de souffrance
26:53et d'agonie.
26:55Et puis ensuite,
26:55il a dépecé le corps.
26:57Et puis,
26:57il a pris la fuite.
26:58Alors,
26:58ça fait vraiment beaucoup.
27:00Maître Delphine Baldini,
27:01vous êtes avec nous en direct
27:02dans l'heure du crime.
27:03Avocate à Dijon,
27:04avocate de la famille
27:04de Marion Bouchard,
27:06il y a eu cet incident,
27:08je le racontais,
27:09aux Deux Alpes,
27:10la station de ski,
27:11ils sont tous les deux saisonniers.
27:13Et là,
27:13elle a pris beaucoup de coups Marion,
27:15mais elle n'a pas voulu
27:16déposer plainte.
27:18Oui,
27:18elle ne veut pas déposer plainte
27:21parce que,
27:22comme beaucoup de victimes
27:24de violences,
27:26déjà,
27:27elle a peur.
27:27Je pense qu'elle est à l'époque
27:28très très amoureuse
27:30de Fabien Souvigné.
27:31Donc,
27:32lui causer des problèmes
27:34en venant déposer un récit,
27:36en disant
27:36ce qu'elle a subi,
27:37c'est difficile pour elle.
27:40Et d'ailleurs,
27:41vous voyez,
27:42elle va aller au devant.
27:44Donc,
27:44il y a une courte séparation
27:45après cet épisode
27:46des Deux Alpes
27:46qui est extrêmement violent
27:48puisque la police
27:48intervient.
27:50Marion,
27:50elle est décrite
27:51comme étant terrorisée.
27:54Bon,
27:54et le chambran
27:55de la porte
27:56est défoncé.
27:58Bon,
27:58donc on a une scène
27:59qui a été
28:00d'une particulière violence
28:01et une victime
28:02qui,
28:03malgré tout,
28:04continue à nourrir
28:04des sentiments
28:05pour son agresseur
28:06et qui ne veut pas
28:08poser en acte
28:09par un dépôt de plainte
28:10les choses
28:11qui ont été subies.
28:12Oui,
28:12c'est ce que dit Bruno Walter,
28:14il y a une espèce
28:14d'addiction un peu toxique.
28:16Alors oui,
28:17on voit ça
28:17dans ce genre de dossier.
28:19Je ne sais pas
28:19si on peut mettre
28:20addiction,
28:21si on peut dire
28:22addiction toxique.
28:23Là,
28:24on a une jeune femme
28:24qui est très éprise
28:26de quelqu'un
28:26qui ne peut pas
28:27lui renvoyer
28:28l'amour
28:29qu'elle lui donne.
28:30Vous voyez,
28:31ça aurait été
28:32très différent
28:33si Fabien Souvenier
28:34avait été capable
28:35d'être expressif
28:36et de rendre l'amour.
28:37Je pense que
28:38ce qui la rendait
28:39un peu désespérée,
28:41Marion,
28:42c'est le fait
28:42de ne pas avoir
28:43de réciprocité
28:44dans l'expression
28:45des sentiments.
28:46C'est ça aussi
28:47qui est difficile
28:48dans ce dossier.
28:50Il y a encore un mot
28:52maître Delphine Baldini.
28:54Il y a quelque chose
28:54d'intéressant,
28:55un témoignage intéressant
28:56que j'ai trouvé
28:56dans le dossier.
28:57C'est le témoignage
28:58de l'ex-petite amie
28:59parce qu'elle dit
29:00que ce n'était pas
29:01l'homme qu'on croit.
29:03Il m'a cogné dessus
29:04à une ou deux reprises
29:06puis il mentait beaucoup.
29:08Oui, tout à fait.
29:09C'est-à-dire qu'il y a
29:10une double face.
29:12Au début de l'enquête,
29:14on se dit
29:14que c'est quelqu'un
29:15d'à peu près lisse.
29:17Marion est présenté
29:18comme étant
29:18un peu plus volcanique.
29:20Et puis finalement,
29:21à bien y regarder,
29:23ce n'est pas ça du tout.
29:24On a un Fabien Souvenier
29:26qui recèle une violence
29:27importante
29:28et qui, à plusieurs reprises,
29:30s'en prend à d'autres
29:31personnes que Marion.
29:32Oui, il y a une espèce
29:32de carburant
29:34qui anime cet homme.
29:35Donc, c'est quelqu'un
29:37qui résout ces conflits
29:39par le recours
29:40à la violence.
29:41Et vous voyez,
29:41il n'y a pas que Marion.
29:43Donc, ce qui démontre
29:44que la présentation
29:45de la jeune femme hystérique
29:47qui fait qu'il a un effet
29:49cocotte minute
29:49et qui passe à l'axe,
29:50ça ne tient pas.
29:51Ça ne tient pas
29:52puisque Souvenier
29:54est violent
29:54à l'égard d'autres personnes.
29:56Dont notamment, d'ailleurs,
29:57une personne en état de faiblesse,
29:59un handicapé.
29:59et de la première compagne,
30:02bien sûr.
30:03Bruno Walter,
30:04un mot.
30:05Vous étiez, vous,
30:06à Dijon,
30:07vous avez suivi cette affaire,
30:08vous connaissez bien cette ville,
30:09vous connaissez bien ce contexte.
30:11Lorsqu'effectivement,
30:12il y a les révélations,
30:13le corps dépecé,
30:15ses aveux,
30:16l'étranglement.
30:17Je suppose que sur place,
30:18c'est la stupéfaction,
30:21dans cette ville
30:22où, j'allais dire,
30:23tout le monde se connaît.
30:24Mais enfin,
30:24ce n'est pas une très grande ville,
30:25Dijon.
30:26Ce n'est pas une très, très grande ville.
30:27Il y a 250 000 habitants
30:28dans l'agglomération.
30:29Donc, tout le monde ne se connaît pas.
30:30Mais oui,
30:31évidemment,
30:31forcément,
30:33ce n'est pas tant le meurtre.
30:34Parce que le meurtre,
30:35malheureusement,
30:35des féminicides,
30:36il y en a ici comme ailleurs,
30:37il y en a malheureusement
30:39assez souvent.
30:41En revanche,
30:41oui,
30:42évidemment,
30:43le dépeçage du corps,
30:44c'est ça qui marque,
30:45en fait.
30:45C'est vraiment ça
30:46qui fait basculer l'affaire
30:48dans l'exceptionnel,
30:49l'extraordinaire.
30:50Sinon,
30:51c'est effectivement
30:51un féminicide
30:52malheureusement banal.
30:55Mais oui,
30:56effectivement,
30:56la ville a été
30:57en état de sidération.
31:00Fabien Souvigné
31:01va être jugé.
31:04Marion Bouchard,
31:05un tueur dans l'appartement,
31:06comment qualifier un homme
31:07qui coupe en morceaux
31:08la femme
31:09qu'il prétend avoir aimée ?
31:12L'enquête de L'Heure du Crime,
31:12on se retrouve dans un instant
31:14sur RTL.
31:15L'Heure du Crime,
31:17c'est avec Jean-Alphonse Richard
31:18sur RTL.
31:21L'Heure du Crime,
31:22présenté par Jean-Alphonse Richard
31:24sur RTL.
31:25Au programme de L'Heure du Crime,
31:27le meurtre de Marion Bouchard
31:29en 2012 à Dijon,
31:30le spectre d'un féminicide.
31:32La jeune femme
31:33a été étranglée
31:34puis dépecée
31:35par son compagnon.
31:36Fabien Souvigné
31:36parle d'une violente dispute.
31:39Un an et demi
31:39après les faits,
31:40il est jugé.
31:42Lundi 21 octobre 2013,
31:44Fabien Souvigné,
31:4526 ans,
31:46comparé devant la cour d'assises
31:47de la Côte d'Or
31:48à Dijon.
31:50Dominique,
31:50la mère de Marion Bouchard
31:52lui lance,
31:52« Tu n'aimais pas Marion,
31:54tu ne l'as jamais aimé,
31:55tu nous as tous détruits. »
31:57Le père de la jeune femme,
31:58Yves,
31:58s'adresse également
31:59à l'accusé.
32:00« Regarde-moi,
32:01je veux juste savoir
32:02ce qui s'est passé
32:03ce soir-là.
32:04Une engueulade
32:05et tu la tues ?
32:07C'est un peu facile,
32:08non ? »
32:08Marion,
32:09c'était juste une proie
32:10pour toi.
32:12Fabien Souvigné
32:12ne branche pas,
32:13aucune larme,
32:15il reste sur ses explications.
32:16« Une prise de tête de trop,
32:18dit-il,
32:18la cocotte minute
32:19qui explose.
32:20Il lâche toujours
32:21les mêmes bribes d'explications.
32:23C'est parti,
32:23un insulte.
32:24Je lui disais de se taire,
32:26je l'ai étranglé,
32:27je voulais juste
32:27qu'elle se taise.
32:28Je n'y arrivais plus. »
32:30L'avocate de la famille,
32:31maître Delphine Baldini,
32:32ne croit pas du tout
32:33au simple emportement.
32:34Les experts écartent
32:36l'accident car le compagnon
32:37s'y est pris à deux fois
32:39pour étrangler Marion,
32:40supplice
32:41qui aurait duré
32:42au moins quatre minutes.
32:45Mercredi 23 octobre,
32:47Fabien Souvigné
32:47qui est en cours
32:48jusqu'à 30 ans de prison
32:49se lève dans le box
32:50et crée la surprise.
32:52« Pour ce que j'ai fait
32:52à Marion,
32:53pour la souffrance
32:54que je fais subir
32:55à sa famille
32:56et pour que plus jamais
32:57je ne puisse faire du mal,
32:59je demande que la cour
33:01me condamne
33:02à la perpétuité. »
33:04Requête rarissime
33:05aux assises,
33:06mais qui n'aimait pas
33:07pour autant
33:08la partie civile.
33:09Pour l'avocat général,
33:10l'accusé est un calculateur
33:12machiavélique,
33:13menteur,
33:13manipulateur.
33:15Le magistrat s'interroge
33:16comment qualifier
33:17un homme
33:17qui coupe en morceaux
33:19la femme
33:19qu'il prétend avoir aimée.
33:21Les avocats de Souvigné
33:22défendent
33:23la sincérité
33:24de leurs clients.
33:25Ils affirment
33:25que celui-ci aimait Marion.
33:28Ils citent
33:28les 220 messages
33:30conservés
33:31par la jeune femme
33:32sur son portable.
33:33Elle était jalouse,
33:34il pouvait être violent,
33:35mais la jalousie
33:37et la violence
33:38s'attirent
33:39comme des aimants,
33:40assure un avocat.
33:41Et évidemment,
33:43on va voir
33:44ce que va être
33:44le verdict
33:45dans le prochain chapitre
33:47de l'heure du crime.
33:48Il ne faut pas oublier
33:49qu'il risque
33:4930 ans de prison,
33:51cet homme,
33:51Fabien Souvigné,
33:53pour d'ailleurs
33:54des actes aussi
33:55de barbarie.
33:56C'est un meurtre
33:57aggravé.
33:58Bruno Walter,
33:59vous êtes journaliste
34:00et vous êtes à ce procès.
34:02Vous avez en face
34:04de vous
34:04quasiment
34:05cet accusé,
34:06Fabien Souvigné.
34:07on ne le connaît pas,
34:09on ne le connaît qu'à travers
34:10les procès verbaux.
34:10Jusqu'à présent,
34:11à quoi est-ce qu'il ressemble ?
34:14Il présente bien.
34:16Il présente bien physiquement,
34:18c'est ce qu'on appelle
34:19un beau gosse,
34:20comme on dit aujourd'hui.
34:23Mais c'est vrai
34:24qu'il est très taiseux,
34:25il répète en boucle
34:26quelques éléments de langage
34:28sur la cocotte minute,
34:30sur la prise de tête,
34:31sur la jalousie,
34:32etc.
34:32mais c'est un peu mécanique.
34:34Il s'est très très peu livré
34:36et c'est un peu le regret
34:37qu'on a tous pu avoir,
34:39en fait.
34:40Il y a plutôt un climat
34:41très lourd
34:42qui doit peser
34:42sur ce procès
34:43parce que la famille,
34:44les amis de Marion,
34:46tout le monde est là ?
34:48Ah oui,
34:48moi c'est un vieux procès,
34:50j'ai fait quelques centaines
34:50de procès d'assises,
34:51c'est un des plus agités
34:52que j'ai suivi,
34:53franchement.
34:53Ah, très bien.
34:54Parce que,
34:54oui,
34:55la salle était pleine
34:57d'amis de Marion
34:58et certains venaient
34:59totalement alcoolisés,
35:01il y a eu des incisions,
35:02il y a un ami de Marion
35:03qui a été expulsé
35:04par la présidente,
35:05c'est très très rare,
35:07l'avocat général
35:08a été interrompu
35:09dans son réquisitoire
35:09à trois reprises
35:10par la salle,
35:12et les policiers
35:14à l'entrée
35:14interdisaient la salle
35:15aux gens qui arrivaient
35:15à alcooliser.
35:16C'était explosif,
35:18explosif aussi
35:19à ce niveau-là.
35:20C'est un peu regrettable.
35:22C'est très certainement,
35:23effectivement,
35:23là ça manque de tenue,
35:25mais effectivement,
35:25la présidente
35:26ou le président
35:27est là pour faire
35:27la police de l'audience,
35:28comme on dit.
35:30Maître Delphine Baldini,
35:31avocate à Dijon,
35:33avocate de la famille
35:33de Marion Bouchard.
35:34Alors évidemment,
35:35vous êtes là à ce procès,
35:36vous représentez
35:37cette famille
35:37qui est brisée
35:38par ce drame
35:40et par cette horreur.
35:42À un moment donné,
35:43l'accusé,
35:44il ne dit pas grand-chose,
35:45c'est ce que nous dit
35:45Bruno Walter,
35:47ça n'avance pas beaucoup.
35:48Et puis,
35:49il va demander
35:50la perpétuité.
35:52Alors,
35:52moi je voudrais
35:52que vous nous éclairiez
35:53là-dessus,
35:54parce que là,
35:54ça voudrait dire
35:55qu'effectivement,
35:56il porte toute sa culpabilité
36:01sur lui.
36:03Oui,
36:03alors bon,
36:04c'est un peu plaqué.
36:06En tout cas,
36:07moi,
36:07c'est le sentiment
36:08que j'ai eu.
36:10Il demande la perpétuité,
36:12mais vous voyez,
36:13il se dit peut-être
36:13qu'on ne va pas tirer
36:15sur un homme à terre.
36:17C'est un élément
36:17de langage,
36:18parce que ça ne correspond pas
36:20à tout ce qu'on a observé
36:21dans le dossier.
36:22Vous voyez,
36:22si vraiment il était traversé
36:24par la culpabilité,
36:26que ne s'est-il dénoncé
36:27dès le départ ?
36:28Or,
36:29on a une fuite
36:29qui dure très longtemps
36:30et il est interpellé
36:32malgré lui.
36:33Donc,
36:33on n'avait pas du tout
36:34quelqu'un qui voulait,
36:36vous voyez,
36:36assumer et faire face
36:37à ses actes.
36:38Comment la famille,
36:40alors évidemment,
36:41je l'ai dit,
36:41elle est brisée,
36:42c'est un euphémisme,
36:43évidemment,
36:44on le saurait à moins.
36:45Comment est-ce qu'elle réagit,
36:46la famille,
36:47en voyant cet homme
36:49qui finalement fait face
36:50de manière assez glaciale ?
36:52Oui,
36:52la famille,
36:54déjà,
36:54elle a suivi
36:55toute l'histoire
36:57du début.
36:57Donc,
36:57si vous voulez,
36:58demander la perpétuité
37:00quand on a analysé
37:01ce qu'il y avait avant
37:02dans le comportement
37:03de Fabien Souvenier,
37:04on voit bien
37:04que ça ne colle pas,
37:05que c'est incohérent
37:06et que de la sincérité,
37:08il n'y en a pas beaucoup
37:09dans cette façon
37:10de réclamer
37:11une condamnation
37:12au maximum.
37:13Donc,
37:13la famille,
37:14ça ne la convainc pas.
37:15Et puis,
37:15évidemment,
37:16qui a-t-il de pire
37:18que de perdre son enfant ?
37:20Et dans des conditions
37:21pareilles.
37:23Est-ce que,
37:23encore une question,
37:25Maître Baldini,
37:26et puis je parlerai peut-être
37:27la même question
37:28à Bruno Walter,
37:30est-ce qu'on avance
37:30un peu sur les raisons
37:32pour lesquelles
37:33il a tué Marion
37:33ou bien est-ce qu'il reste
37:34à nouveau accroché
37:36au fait qu'elle était jalouse,
37:39elle était violente
37:40et que finalement,
37:40il a pété un câble,
37:42comme il dit ?
37:43Il va rester sur cette explication-là
37:47qui est une explication à minima.
37:50Elle était jalouse,
37:52violence et jalousie
37:53s'attirent comme des aimants
37:54et donc je n'ai pas pu me maîtriser.
37:56C'est un peu court comme explication
37:58et ce n'est pas très creusé
38:00sur la personnalité.
38:02La personnalité de Fabien Souvigné,
38:05c'est quelqu'un de froid,
38:08quelqu'un qui ne sait pas communiquer
38:11ni s'exprimer.
38:12Et précisément,
38:15il n'est pas capable
38:15de mettre à distance les conflits
38:17pour pouvoir les gérer
38:19comme un individu normalement équilibré
38:21pourrait les gérer.
38:22Donc forcément,
38:23ça crée de la violence.
38:26Il ne supporte pas
38:27qu'on s'oppose à lui,
38:28il ne supporte pas
38:29qu'on pointe ses failles,
38:30il ne supporte pas
38:31qu'on le mette en difficulté
38:33et c'est pour ça aussi
38:34qu'il est décrit
38:34comme extrêmement menteur.
38:36C'est-à-dire que pour préserver son image,
38:38il est capable
38:38de réinventer les choses,
38:40de les réécrire
38:41et puis ensuite
38:42de se dédouaner
38:43pour dire
38:43« bah oui,
38:44mais c'est pas moi,
38:45c'est une femme jalouse ».
38:45Mais de manière assez maladroite,
38:47on le voit.
38:47En tout cas,
38:48il n'y a pas de conviction
38:49évidemment dans cela.
38:51Bruno Walter,
38:51est-ce qu'il y a un témoignage
38:52qui vous a marqué
38:53parmi les personnes
38:54qui ont été appelées
38:55à venir à la barre ?
38:56Est-ce qu'il y a quelque chose
38:57qui a été important ?
38:59Moi, j'ai été,
39:02c'est un peu curieux,
39:04mais j'ai été marqué
39:05par la détresse
39:06des parents de Fabien.
39:09Évidemment,
39:09il y a la détresse
39:10des partis civils.
39:12Comme l'a dit Maître Baldini,
39:13c'est épouvantable,
39:14c'est horrible,
39:14surtout, surtout,
39:15le découpage derrière.
39:16Ça rajoute dans l'horreur.
39:19Mais j'ai été touché
39:19en fait par les parents
39:20parce qu'on pense rarement
39:21aux parents d'auteurs
39:23de crimes épouvantables
39:24et comment ils l'ont vécu,
39:26eux.
39:26Et j'ai trouvé ça
39:28assez touchant.
39:29Moi, j'ai été touché
39:30par ces pauvres gens aussi,
39:32même si leur douleur
39:33n'a rien à voir,
39:34on est d'accord,
39:34ils reverront leur fils.
39:35Ils le revoient sans doute
39:36d'ailleurs déjà.
39:37Mais voilà,
39:38eux aussi vont vivre
39:39avec le bruit de la scie
39:40probablement.
39:41Et avec une culpabilité
39:43d'avoir mis au monde
39:43la personne qui a fait ça
39:45fatalement.
39:46Ça m'a assez touché.
39:48Après trois jours de procès,
39:50le verdict.
39:52Marion Bouchard,
39:53un tueur dans l'appartement.
39:54« Je n'ai plus goût à rien,
39:56je pense sans arrêt
39:56à ma fille,
39:57on a survécu. »
39:58L'enquête de l'heure du crime.
40:00Je vous retrouve tout de suite
40:00sur RTL.
40:02L'heure du crime,
40:03présentée par Jean-Alphonse Richard
40:04sur RTL.
40:07L'heure du crime,
40:08présentée par Jean-Alphonse Richard
40:09sur RTL.
40:12Dans l'heure du crime aujourd'hui,
40:13le meurtre de Marion Bouchard,
40:15un féminicide.
40:16La jeune femme avait été étranglée,
40:18dépecée à Dijon
40:19à l'hiver 2012.
40:21Son compagnon a avoué le crime,
40:22jugé un an et demi plus tard
40:25aux assises.
40:26Après trois jours de procès,
40:28voici le verdict.
40:31Mercredi 23 octobre 2013,
40:33Fabien Souvigné,
40:35qui risquait jusqu'à 30 ans
40:36de détention,
40:37est condamné
40:38après un délibéré
40:39de plus de deux heures
40:40à 22 ans de prison.
40:43La cour n'a prononcé
40:44aucune peine de sûreté.
40:46Il aura 35 ans
40:47au moment de sa possible sortie.
40:49La famille de Marion Bouchard
40:51déplore que le jeune homme
40:52puisse reprendre un jour,
40:54en pleine jeunesse,
40:55le cours de sa vie.
40:58Avant le procès,
40:59Dominique Burdi,
41:00maman de Marion,
41:02confiait son chagrin
41:03au journal Le Bien Public.
41:05Il a brisé la vie de Marion,
41:07il a brisé notre vie.
41:09On n'a plus de vie,
41:10on n'en aura plus jamais.
41:12Je n'ai plus goût à rien,
41:13je ne sors plus.
41:14Je pense sans cesse
41:16à ma fille.
41:17J'ai beaucoup de haine,
41:19je ne le montrerai pas comme ça,
41:20mais j'ai beaucoup,
41:21beaucoup de haine.
41:22C'est de savoir ce qu'il a fait,
41:24c'est ça le plus terrible.
41:25C'est hyper simplement
41:27qu'il va souffrir en prison
41:29et que ça dure très longtemps.
41:32La voix de Dominique Burdi,
41:34la maman de Marion Bouchard,
41:36c'était sur M6.
41:37En 2013,
41:38Bruno Walter,
41:39vous êtes à ce procès,
41:41journaliste,
41:41évidemment,
41:42vous êtes là pour le verdict.
41:44est-ce que cette peine,
41:45il risquait 30 ans de prison,
41:4722 ans,
41:48est-ce que,
41:49comment elle est accueillie,
41:50évidemment,
41:51dans la salle d'audience ?
41:53Mal,
41:54plutôt mal,
41:55enfin,
41:56c'est jamais assez,
41:57évidemment,
41:57pour la famille,
41:58c'est bien normal,
41:59même 30,
42:00ça n'aurait pas été suffisant.
42:01Après,
42:02c'est un beau résultat
42:03pour la défense,
42:05mais sinon,
42:07voilà,
42:08elle n'a pas,
42:09il n'y a pas eu d'appel,
42:10mais c'est vraiment,
42:12moi,
42:12ça m'a laissé le sentiment,
42:14en fait,
42:1522 ans,
42:16c'est une peine logique,
42:18ça ne m'a pas vraiment étonné,
42:21parce que c'est un dossier,
42:22sinon l'acte post-mortem
42:24de découper le corps mort,
42:25pour avoir découpé le corps,
42:27il ne risquait qu'un an supplémentaire,
42:29pas plus,
42:30quoi.
42:30Et donc,
42:30c'est un dossier,
42:32malheureusement classique,
42:34d'un homme
42:34qui étrangle sa compagne,
42:37comme on en voit,
42:38malheureusement,
42:39très souvent,
42:40mais c'est,
42:40voilà,
42:40et souvent à Dijon,
42:41entre 20 et 25 ans,
42:43pour ce genre d'affaires,
42:44c'est classique,
42:45pas très loin,
42:46on a eu l'affaire d'Aval,
42:47c'était 25 ans.
42:48Tout à fait.
42:50Maître Delphine Baldini,
42:51la même question pour vous,
42:53avocate,
42:53vous êtes là,
42:55vous entourez la famille
42:56de Marion Bouchard,
42:57et vous avez suivi,
42:59évidemment,
42:59tout ce procès,
43:00toute cette affaire.
43:01Maître Baldini,
43:0222 ans,
43:03comment est-ce que vous l'analysez,
43:04vous,
43:05à ce moment-là ?
43:06C'est conforme
43:09à la jurisprudence,
43:10et d'ailleurs,
43:10c'était ce que la défense
43:12avait déployé
43:13dans son intervention,
43:14en disant,
43:15vous voyez,
43:15dans des affaires similaires,
43:16la cour d'assises
43:18de tel endroit
43:18a prononcé 20 ans,
43:20la cour d'assises
43:21de tel endroit
43:21a fait 23,
43:22voilà,
43:22donc il y avait un peu
43:23une défense organisée
43:25autour de
43:26qu'est-ce que ça vaut.
43:28Bon,
43:28et moi,
43:29je n'aime pas dire
43:29que c'est classique,
43:31parce que
43:32c'est jamais classique
43:33de perdre son enfant.
43:34Oui,
43:35et puis surtout,
43:36maître Delphine Baldini,
43:37il n'y a pas une affaire
43:38qui ressemble à une autre.
43:39Absolument,
43:40il n'y a pas une affaire
43:40qui ressemble à une autre,
43:41et je dirais que
43:42les choses sont en train
43:44d'évoluer.
43:44Pour moi,
43:45vous voyez,
43:46il y a des décennies,
43:48on acquittait
43:49les auteurs
43:49de crimes passionnels
43:50en disant
43:51que c'est un crime passionnel,
43:52donc,
43:52vous voyez,
43:54bon,
43:54aujourd'hui,
43:55les choses évoluent.
43:56Peut-être que si
43:56Fabien Souvenier
43:57était jugé aujourd'hui,
43:58peut-être que la peine
43:59qu'une cour d'assises
44:00pourrait prononcer
44:01serait plus forte.
44:04Je suis un peu étonné,
44:06notamment avec ce que dit
44:07Bruno Walter,
44:08il y a eu le découpage
44:10de ce corps,
44:11le dépossage,
44:12ce sont des actes
44:13de barbarie,
44:14mais on n'a pas l'impression
44:16que ce soit rentré
44:16en ligne de compte,
44:19au final,
44:20dans cette peine infligée.
44:22Voilà,
44:23ils sont accomplis
44:24post-mortem,
44:24c'est-à-dire
44:25à partir du moment
44:26où la victime
44:26est décédée.
44:28Ce n'est pas,
44:29vous voyez,
44:29des actes de barbarie
44:30qui accompagnent
44:31l'action homicide
44:33au moment où
44:33les faits sont commis.
44:35Donc en fait,
44:35ça c'est puni,
44:37mais c'est assez peu puni
44:38considérant qu'il n'y a pas
44:39de souffrance
44:40infligée à la victime.
44:40Mais par contre,
44:42là où j'insiste,
44:43vous voyez ce que Fabien
44:44souvenait,
44:46il a franchi
44:47un cap
44:47civilisationnel.
44:51Bien sûr.
44:51C'est-à-dire que
44:51le respect dû aux morts,
44:53le respect dû aux dépouilles,
44:55c'est ce qui accompagne
44:55depuis l'origine
44:56la civilisation.
44:58Et c'est pour ça
44:58que cette cour d'assises
44:59était remplie
45:00aussi,
45:02parce que je pense
45:03que tout le monde
45:03voulait voir le visage
45:05de celui
45:05qui pouvait faire ça.
45:08Qui était l'auteur
45:09d'une telle barbarie ?
45:11Même si,
45:11je le répète,
45:12c'était post-mortem,
45:13mais néanmoins,
45:14ça venait heurter
45:14toutes les consciences.
45:15Vous êtes vraiment
45:18dans le mille,
45:19Maître Baldini,
45:20parce qu'effectivement,
45:21on se demande,
45:21peut-être la loi
45:22devrait évoluer là-dessus,
45:23parce qu'une atteinte aux morts,
45:26ça existe,
45:27etc.
45:27Mais là,
45:28il y a une espèce
45:28de déferlement
45:29de barbarie
45:30et de sadisme,
45:31j'ai envie de dire,
45:32qui est inacceptable.
45:34Bruno Walter,
45:35est-ce qu'on sait
45:36ce que devient
45:36Fabien Souvigny
45:37ou pas du tout ?
45:39Personnellement,
45:41pas du tout.
45:42Je ne sais pas du tout
45:42ce qu'il vient.
45:43Je lui ai demandé
45:43à son avocat
45:44qui n'a pas de nouvelles
45:45non plus.
45:46C'est une affaire
45:47quand même
45:47qui remonte maintenant
45:48à un certain temps.
45:51Donc,
45:52je ne sais pas du tout
45:53ce qu'il vient.
45:54Il doit être toujours
45:54en détention
45:55parce que même
45:56s'il n'a pas eu
45:57de peine de sûreté,
45:58ce qui est,
45:59pour le coup,
45:59c'était surprenant.
46:00Moi,
46:00j'étais surpris
46:01qu'elle ne soit pas requise,
46:02franchement.
46:03Et pas prononcée
46:04parce que pas requise non plus.
46:06Mais du coup,
46:07il n'est pas encore
46:08libérable.
46:11Est-ce que,
46:12Maître Delphine Baldini,
46:13est-ce que,
46:14il y a deux questions
46:15mais qui sont connexes.
46:16Première question,
46:17c'est est-ce qu'on a compris
46:18ce qu'il y avait
46:18dans la tête
46:20de cet homme,
46:21de Fabien Souvigné ?
46:23Est-ce qu'on l'a décrypté ?
46:24Parce qu'à un moment donné,
46:25il a eu cette expression,
46:26c'est incroyable,
46:27à la Cour d'Assise,
46:27il a dit
46:27« Moi, ma tête est vide.
46:29Ma tête est vide. »
46:30Donc, en gros,
46:30je n'ai rien à dire.
46:32Oui,
46:33c'est ce qu'il...
46:34Il est resté
46:35sur le minimum
46:36d'explications.
46:37Donc, ce qu'on peut reconstituer,
46:38c'est à partir
46:39des éléments d'enquête.
46:41Donc, les expertises
46:42psychologiques,
46:43psychiatriques.
46:44Donc, on a
46:45de bonnes pistes.
46:47Moi, je dirais
46:47qu'il n'y a pas que sa tête
46:48qui était vide.
46:49Je dirais que
46:50c'était aussi son cœur
46:51qui était vide.
46:52Forcément.
46:53Vous voyez,
46:54il y a ça aussi,
46:55cette impossibilité
46:56à exprimer des affects,
46:58à communiquer
46:59avec les autres.
46:59Et ça a touché
47:00à toute sa famille.
47:01Quand Bruno Walter
47:02a dit que le témoignage
47:03qu'il avait retenu,
47:04c'était celui de sa mère,
47:05il n'empêche que
47:06quand on a vu la mère,
47:07alors je me doute bien
47:08qu'elle était dans la souffrance,
47:09mais si vous voulez,
47:11ce qui nous a sauté
47:12aux yeux aussi,
47:12c'était la froideur
47:14et l'incapacité aussi
47:15de cette mère
47:16à communiquer.
47:16Donc, c'était manifestement
47:17un problème familial.
47:20Et c'est, je pense,
47:22aussi l'une des raisons
47:23pour lesquelles
47:24Fabien Souvigné
47:25ne pouvait pas
47:26se maîtriser
47:26dans sa vie.
47:27Tout à fait.
47:29Bruno Walter,
47:30en quoi cette affaire
47:31a marqué profondément
47:33Dijon ?
47:33Vous nous avez dit,
47:34il y a cette histoire
47:35de dépeçage
47:36dans trois endroits
47:37de la ville,
47:38dans des jardins publics,
47:39mais il n'y a pas que ça.
47:41Je pense que ça a laissé
47:41une empreinte
47:42très importante
47:43sur cette ville.
47:46Oui,
47:46parce que j'étais,
47:47en plus,
47:48j'étais serveur
47:48tous les deux
47:49dans une pithéria
47:50du centre-ville.
47:51Donc, c'est un petit milieu,
47:53effectivement,
47:54la restauration
47:55à Dijon,
47:56au centre-ville de Dijon.
47:57C'était des jeunes,
47:58ils avaient beaucoup d'amis.
47:59Et surtout,
48:02oui,
48:03c'est évidemment
48:04le découpage
48:05qui a marqué.
48:07C'est vraiment ça.
48:10Sinon,
48:10personne n'en aurait
48:11parlé plus que ça.
48:13Ce serait resté
48:13une affaire
48:14strictement locale.
48:16Je suis un parallèle
48:17vraiment
48:17avec l'affaire d'aval
48:17parce que
48:18c'est une femme
48:20qui se fait écrangler
48:20et derrière,
48:21mais c'est l'arrière,
48:22c'est après,
48:22parce qu'il y a
48:23Maître Baldini,
48:24c'est vrai,
48:24il a franchi
48:25un tabou,
48:26mais complet.
48:27Ça vaut qu'un an
48:27de prison,
48:28mais c'est un tabou
48:28complet.
48:29Merci Bruno Walter,
48:32merci beaucoup
48:32Maître Delphine Baldini
48:34d'avoir été tous les deux
48:35les invités de l'heure du crime.
48:36Merci à l'équipe de l'émission,
48:37rédactrice en chef
48:38Justine Vigneault,
48:39préparation Lisa Canales,
48:40Pauline Descillions,
48:41réalisation en direct.
48:42Jonathan...
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