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  • il y a 4 heures
Christian Dornier, 31 ans, agriculteur, célibataire et tueur de masse. En 1989, par une très chaude journée d'été , il plongeait le village de Luxiol, en Franche Comté, dans le deuil, le sang et la stupéfaction. Quatorze personnes tuées à coups de fusil, la plus jeune avait cinq ans.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0214h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05Et puis là, il est sorti, il tirait sur tout le monde.
00:08Il a tiré sur son père, il a tué sa soeur.
00:11Et puis il tirait dans le village, sur n'importe qui.
00:14Néanmoins une douzaine de morts.
00:15Il se promena avec sa voiture, avec le fusil.
00:17Il avait le fusil qui tirait sur quelque chose, alors on s'est vite rentrés.
00:19On s'est rentrés, on a attendu.
00:24Bonjour, Christian Dornier, 31 ans.
00:27Agriculteur, célibataire et tueur de masse.
00:30En 1989, par une très chaude journée d'été,
00:33il plonge le village de Luxiol, en Franche-Comté, dans le deuil et le sang.
00:3814 personnes tuées à coups de fusil.
00:41La plus jeune des victimes avait 5 ans.
00:43Folie pure ou tuerie organisée ?
00:46Pourquoi ? Le mystère n'a jamais cessé.
00:48Christian Dornier, le bourreau de Luxiol, l'heure du crime.
00:51La seule émission radio 100% fait divers.
00:53C'est tout de suite sur RTL.
01:02Mercredi 12 juillet 1989, autour de 14h15,
01:06des détonations retentissent dans un paisible village du Doubs.
01:10Luxiol, 128 habitants, 44 abonnés au téléphone.
01:14Cet après-midi, la chaleur est suffocante.
01:17Les habitants ont à peine prêté l'oreille à ces déflagrations.
01:22Deux jours avant le 14 juillet, on pense à des pétards.
01:26Mais les claquements se succèdent.
01:28Des enfants qui jouent à l'extérieur ne peuvent s'empêcher d'aller voir ce qui se passe.
01:33La petite Stéphanie, 12 ans, court vers la fontaine.
01:37Elle a un mouvement de recul en voyant une de ses copines qui gît sur le sol.
01:42Angeline affiche un visage livide.
01:45Les lèvres sont violettes.
01:46Elle est blessée mais vivante.
01:47Quand elle murmure, sauvez-vous, sauvez-vous, il tue tout le monde !
01:52Stéphanie a tout juste le temps de se jeter derrière une citerne à purin.
01:56Qu'elle voit passer une Golf GTI noire.
01:59La voiture de Christian Dornier, 31 ans, fils d'un agriculteur de Luxiol.
02:04Il roule lentement.
02:05Le canon d'un fusil émerge de la vitre conducteur.
02:09Joël Clos, 27 ans, fils du maire, réveillé de sa sieste par les déflagrations, surgit dans le décor.
02:16Il emporte Stéphanie pour la mettre à l'abri sur son chemin.
02:19Il aperçoit le petit Johnny Robes-Maçon, 14 ans, écroulé sur sa bicyclette rouge.
02:25L'enfant a un grand trou dans le cœur.
02:28Il rend son dernier soupir.
02:29« Je tenais la mort ! » dira Joël Clos.
02:33Johan, 10 ans, frère de Johnny, a lui aussi été tué.
02:36Joël Clos court chez lui avec la petite Stéphanie.
02:40La fusillade s'amplifie.
02:41Sous ses fenêtres, il aperçoit Christian Dornier dans sa voiture qui est en train de recharger son fusil.
02:46Joël Clos s'empare alors d'une carabine et fait feu.
02:50Des plombs touchent Dornier au cou, lequel redémarre en trombe.
02:55Mercredi 12 juillet, 14h30, un quart d'heure après les premiers coups de feu,
02:59Christian Dornier roule au milieu de la route en direction d'Haute-Chaux.
03:03Un gendarme, le capitaine René Sarrazin, arrivant sans inverse.
03:08Il tente de le bloquer, mais il essuie des coups de feu, il est blessé au bras gauche.
03:12Dornier roule, tire sur tout ce qui bouge.
03:16Un retraité qui ramasse des framboises, il est tué.
03:19Tout comme un agriculteur, sous son tracteur et deux automobilistes, pris en chasse par un fourgon de gendarmerie,
03:26Dornier finit par s'arrêter juste avant l'entrée du village de Verne.
03:31Le major Eric Brucker sort du fourgon, arme au point.
03:36Dornier, grand, costaud, trempé de sueur, marche alors vers lui, fusil en main comme un robot, dira le major.
03:43Il fait mine de déposer son arme, mais il tire.
03:46Le gendarme riposte, Christian Dornier s'écroule, touché au foie, rapidement pris en charge par les secours.
03:53Dans la golfe, les enquêteurs retrouvent des boîtes de chaussures remplies de chevrotines.
03:5889 cartouches, des musicians utilisés pour le gros gibier.
04:04Mercredi 12 juillet, 14h45, une demi-heure seulement après le début de la fusillade,
04:09le village de Luxiol compte ses morts, 14 au total, dont les cadavres gisent un peu partout.
04:15Un hôpital de campagne a été installé sur la place.
04:18Christian Dornier a d'abord fait feu dans la ferme familiale, dans la salle à manger.
04:23Il a tué sa mère, Jeanne, sa soeur, Corinne, mariée depuis 4 jours,
04:27et un inséminateur de bétail qui déjeunait à la maison.
04:32Il a grièvement blessé son père.
04:34Dans le village, la plus jeune des victimes est une petite fille de 5 ans, Pauline Fèvre-Pierret.
04:41Elle passait ses vacances chez ses cousins, la famille Clos.
04:44Christian Dornier est bien connu dans le village, pas très bien vu,
04:48décrit comme un célibataire ombrageux, solitaire, menaçant et sans doute dépressif.
04:55On se méfiait de lui parce qu'il pouvait être violent.
05:00Et les enquêteurs vont bien sûr entrer dans la vie de cet homme,
05:03son existence intime, ses secrets, pour savoir quel déclic a pu déclencher ce geste totalement inconsidéré.
05:11C'est une tuerie épouvantable, cette volonté de tirer sur tout le monde,
05:15des victimes, qu'elles soient jeunes ou âgées, des femmes, des hommes, des familiers, des inconnus.
05:20Bref, on est dans la totale déraison et dans la totale incompréhension.
05:24On va voir ce que vont donner bien sûr les investigations et ce que va raconter Christian Dornier.
05:29Retournons tous ensemble à Luxiol, ce village si tranquille, pas très loin de Besançon.
05:35On est en pleine campagne, c'est un village à vocation vraiment agricole, c'est un village rural.
05:40Bonjour Robert Belleret.
05:42Bonjour.
05:42Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime.
05:46Robert Belleret, vous êtes ancien grand reporter pour le journal Le Monde.
05:51Et à l'époque, vous êtes envoyé spécial dans ce village de Luxiol.
05:56Évidemment, tout de suite, la presse est avertie.
05:59Vous précipitez sur place.
06:01Alors, quand vous arrivez dans ce village Luxiol, tout le monde est en panique ?
06:08Panique, ce n'est pas le mot que j'utiliserais.
06:12Parce qu'on est dans un village, un tout petit village, 128 habitants.
06:16C'est minusculé avec un habitant un peu dispersé, c'est un hameau.
06:20Il n'y a pas une foule qui serait regroupée.
06:23Les gens ne sont pas calfeutrés chez eux, si vous voulez.
06:26Mais il y a surtout une impression d'abattement, de tristesse insondable.
06:31Il faut voir que tout le monde se connaît dans un petit village comme ça.
06:35Et là, il y a eu un carnage, avec notamment des enfants, des vieillards, mais aussi trois enfants, une petite
06:41fille de 5 ans.
06:42Donc, vous imaginez le choc.
06:44En plus, le meurtrier a été arrêté, blessé a arrêté.
06:49Donc, on ne craint pas de suite.
06:52Mais évidemment, on ne comprend pas.
06:54La question, c'est qu'est-ce qui lui a pris ?
06:56Oui, c'est effectivement la question que tout le monde se pose.
06:59Parce que tout le monde est abasourdi.
07:01Alors, il y a le film qui commence à se dessiner de la tuerie, même s'il n'est pas
07:04encore très clair.
07:06Là, on est juste quelques heures après le drame.
07:09Donc, évidemment, on ne sait pas très bien ce qui s'est passé.
07:11Ce qu'on sait, c'est que d'abord, il y a eu des coups de feu à huis clos
07:15dans la ferme familiale.
07:17Robert, c'est bien ça ?
07:19Quand on a su que le premier victime, c'était sa mère, puis sa sœur,
07:24j'ai pensé que c'était comme ça un drame familial.
07:27Et que ce type, ayant fait le geste le plus terrible qu'on puisse imaginer, tuait sa mère.
07:35Il avait basculé à ce moment-là.
07:37C'était une équipée un peu suicidaire, tirant sur tout ce qui bougeait,
07:41y compris des vieillards, des enfants.
07:43Donc, il n'était ni question de vengeance, ni d'autre chose.
07:47Et en fait, c'est plus compliqué que ça, puisque c'est un type qui allait mal.
07:51Et les gens le savaient, mais ça ne se disait pas vraiment.
07:55Ça ne se disait pas vraiment, parce qu'effectivement, encore une fois,
07:58on est dans un village, tout le monde se connaît.
08:02Vous l'avez très bien dit, Robert Belray.
08:04Et effectivement, on a presque honte d'avouer ce genre de choses.
08:07Quand quelqu'un va mal dans une famille, peut-être qu'il a des problèmes psychiatriques.
08:11C'est un gros mot. On ne veut pas l'entendre, ce mot.
08:13Psychiatrie. Bonjour Alain Morvan.
08:15Bonjour.
08:16Merci beaucoup d'être avec nous dans le studio de l'heure du crime.
08:19Alors, votre parole nous est très précieuse aujourd'hui, Alain Morvan,
08:21parce que vous êtes auteur et réalisateur d'un documentaire exemplaire,
08:25ce qui s'appelle le pavillon des irresponsables.
08:28Vous décrivez l'univers des unités pour malades difficiles, ce monde qu'on ne connaît pas.
08:33C'est un monde clos, un monde fermé.
08:35Même les magistrats, parfois, ne connaissent pas ce monde où les gens sont envoyés,
08:38parce qu'ils sont en pleine déraison.
08:41Et vous avez rencontré, évidemment, Christian Dornier.
08:44Alors, on va en parler de votre rencontre un peu plus tard avec Christian Dornier.
08:48Un mot, quand même, là-dessus, sur ce que dit Robert Belleret.
08:51Alain Morvan, on se méfie, à l'époque, à Luxiol, de ce garçon,
08:55parce qu'il est imprévisible.
08:57Tout le monde a peur, mais tout le monde se tait, c'est ça ?
09:00Absolument.
09:01Et il y a une particularité dans cette situation,
09:03c'est qu'en fait, ce qui m'a été rapporté,
09:06donc, par quelqu'un qui a été un des rescapés de la tuerie,
09:11il était dans ce premier huis clos.
09:13C'était le mari de la sœur de Christian Dornier.
09:17Il s'appelle M. Maillard, Daniel Maillard.
09:19Bien sûr.
09:20Toujours en vie.
09:21Et ce qu'il m'a expliqué, c'est surtout que, en fait, la maman savait.
09:26Pour la dangerosité, d'une certaine manière, de son fils.
09:30M. Maillard m'a raconté, notamment, un épisode.
09:32Il venait de rentrer dans la famille.
09:34C'était avant le mariage, quelques jours avant le mariage.
09:37Et, en fait, il a eu une petite altercation avec Christian Dornier.
09:41Et, en substance, Dornier lui aurait dit « Je vais te tuer ».
09:45Il rapporte cette situation à la maman, à sa future femme.
09:50Et toutes les deux, finalement, vont dire « T'inquiète pas, c'est juste des mots, etc. »
09:56Donc, on...
09:57On a l'habitude, finalement.
09:59On a l'habitude, et vous l'avez dit très bien en début,
10:01c'est que les problèmes psychiatriques, ça fait partie des sujets tabous,
10:07notamment, encore aujourd'hui, mais dans le monde rural de l'époque.
10:11Et on n'en parle pas, effectivement.
10:13Il y a juste un petit mot.
10:15Il y a le gendarme Brukenner, c'est lui qui tire, c'est effectivement sur Dornier.
10:19Il a cette image qui lui revient, il va sans cesse la répéter.
10:23Il marchait comme un robot.
10:25Là, on est rentré dans une autre dimension, un peu.
10:27Absolument.
10:27En fait, ce qu'il faut comprendre, et c'est ce qui est dur à comprendre,
10:30puisque, au moment où on découvre la tuerie,
10:33on n'a aucune idée du passé,
10:36ou de la problématique Dornier, la problématique psychiatrique.
10:39Mais on va la découvrir petit à petit.
10:42Bien sûr.
10:42Et ça, c'est peut-être des indices qu'on donne, finalement, à rebours de l'histoire.
10:48On s'y attache, on s'y arrête,
10:50parce qu'on sait qu'il y a un problème psychiatrique chez Dornier.
10:55Depuis de longs mois, les signes avant-coureurs d'une catastrophe.
10:59Christian Dornier, le bourreau de Luxiol,
11:01oui, c'est dommage, mais il fallait que je le fasse,
11:04l'enquête de l'heure du crime.
11:05On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:0814h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:11Jean-Alphonse Richard, Carrefour.
11:1514h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:18L'heure du crime.
11:19Au programme de l'heure du crime, l'affaire Christian Dornier.
11:23Le 12 juillet 1989, ce jeune agriculteur en Franche-Comté
11:26a tué 14 personnes, 8 dans le village de Luxiol, 6 dans les environs.
11:31Il a survécu.
11:32Les enquêteurs et le juge cherchent des explications.
11:36Jeudi 13 juillet 1989,
11:38les gendarmes continuent d'entendre les témoins
11:40dans le village endeuillé de Luxiol.
11:41Christian Dornier, le tireur fou, comme on l'appelle,
11:45ne peut pas être interrogé.
11:46Il est toujours hospitalisé à Besançon.
11:48Besançon, son beau-frère Daniel Maillard,
11:51marié depuis seulement 4 jours à Corinne Dornier,
11:54était dans la ferme familiale quand la tuerie a commencé.
11:57Il raconte que Christian a pris l'apéritif, un Ricard,
12:01mais il n'a pas voulu déjeuner.
12:03A la fin du repas, Georges, le père de famille, s'est assoupi.
12:06Daniel Maillard, lui, s'est absenté une minute.
12:09Il était environ 14h10.
12:11Il a entendu deux coups de feu.
12:13Il a vu deux corps étendus dans le salon.
12:16« Christian, rechargez son fusil ! »
12:18« Nos regards se sont croisés, » raconte-t-il.
12:21Dornier lui tire dessus, mais il le rate.
12:23Dehors, il retrouve sa femme qui hurle.
12:25Elle fait le tour de la maison pour entrer dans la cuisine.
12:28Son frère l'abat aussitôt.
12:30Selon Daniel Maillard,
12:32Christian Dornier n'avait pas voulu assister à son mariage avec Corinne.
12:36Il n'était pas non plus présent au mariage de son frère Serge.
12:39Quinze jours plus tôt, les enquêteurs perquisitionnent la chambre du tireur impeccablement rangée.
12:46De nombreux livres alignés sur des étagères, des classiques de la littérature.
12:52Vendredi 14 juillet, les obsèques des premières victimes se déroulent dans la région de Luxiol.
12:57Corinne, 26 ans, la sœur de Christian Dornier, est inhumée dans sa robe de mariée.
13:03Le lieutenant-colonel Alain Jean de Mange, de la section de recherche de Besançon,
13:08est le premier enquêteur à s'entretenir avec Dornier.
13:10Encore trop faible pour être longuement interrogé, il ne dit pas grand chose.
13:14Sur le point d'être présenté au juge,
13:17le gendarme lui demande pourquoi il a commis un tel massacre.
13:20Dornier a ses simples paroles.
13:22Oui, c'est dommage, mais il fallait que je le fasse.
13:26Il n'exprime aucun regret, aucune peine.
13:28Il ne demande pas de nouvelles des uns et des autres,
13:31et notamment de son père, toujours hospitalisé.
13:33Des investigations successives décrivent un homme solitaire,
13:38célibataire, absent des fêtes de village, sans amis à Luxiol.
13:42Au début de l'année, il a fait savoir à ses parents
13:45qu'il ne voulait plus reprendre la ferme familiale.
13:48Ce fils et petit-fils d'agriculteur ne semblait pas motivé par ce métier.
13:53Dornier s'est alors de plus en plus isolé.
13:55À Luxiol, son comportement est devenu inquiétant.
13:58Un jour, il menace son père, puis un voisin avec une fourche.
14:02Il a tiré sur la façade d'une maison.
14:04Il insulte et menace de mort les uns, les autres.
14:07Les gendarmes dénombrent 17 incidents, mais aucune plainte.
14:12Il n'a jamais été déposé, sans doute, par crainte de représailles.
14:16Plus d'un an avant le drame,
14:18Jeanne et Georges Dornier avaient convaincu leur fils
14:20de consulter un médecin pour ses troubles mentaux.
14:23En 15 mois, Christian Dornier avait ainsi eu six rendez-vous chez un psychiatre.
14:29Le docteur avait pris la mesure de la gravité de son état psychique fragile.
14:34Il avait préconisé un placement d'office dans un établissement spécialisé.
14:38Mais la famille n'avait pas suivi.
14:41Elle avait certifié que Christian se soignait.
14:45Les choses en étaient restées là.
14:49Et la question qui, évidemment, se pose tout de suite est la suivante.
14:53Christian Dornier, est-ce qu'il est fou ? Est-ce qu'il n'est pas fou ?
14:57Est-ce que les psychiatres auraient dû insister
15:00pour que cet homme soit placé quelque part dans un établissement spécialisé ?
15:05Est-ce que c'est un tueur en série qui, finalement, est lucide ?
15:08Ou bien est-ce qu'il est en proie à la déraison ?
15:10Vous voyez qu'il y a beaucoup, beaucoup de questions qui se posent
15:13et on n'a pas, évidemment, les réponses.
15:15C'est très compliqué de savoir exactement ce qui a pu se passer.
15:19L'enquête n'est pas terminée.
15:20On va voir ce qui va devenir de Christian Dornier dans la suite de l'émission.
15:24Christian Dornier, Alain Morvan, vous êtes avec nous
15:27pour mieux aider et mieux cerner ce personnage.
15:30Vous êtes l'auteur et réalisateur du documentaire
15:32Le pavillon des irresponsables.
15:35C'est une unité pour malade difficile
15:38où se trouve Christian Dornier.
15:39Vous avez rencontré Christian Dornier.
15:41Vous le connaissez bien et vous connaissez bien sa trajectoire.
15:44On a le sentiment qu'il y a des déclics qui se sont succédés comme ça
15:48et que depuis quelques mois, il n'était plus du tout à l'aise.
15:52Ça s'est empiré.
15:53Dans la ferme familiale, ce n'était pas pour lui.
15:56Un des enjeux derrière cette affaire, c'est
15:59avait-il un mobile d'une certaine manière ?
16:02Avaient-il malgré tout une raison ?
16:04Quand vous parlez de déclic, le mot est juste
16:07parce que le déclic, c'est sans doute la reprise de la ferme.
16:11Malgré tout, il y avait quelque chose de cet ordre-là.
16:14Finalement, je ne vais pas la reprendre.
16:16Finalement, on ne veut pas que je la reprenne.
16:18C'était des questions qui le torturaient un petit peu.
16:22Qui le torturaient.
16:23D'autant plus qu'à l'époque, je vous coupe, Alain Morvan,
16:25mais à l'époque, si tu ne reprends pas la ferme, tu n'es rien du tout.
16:29Tu es presque banni de la famille.
16:30C'est comme ça que ça se passe.
16:31C'est de père en fils que ça se passe.
16:33Et ça, il comprend qu'il est en train de gêner du monde.
16:36Donc, en réalité, ce qu'on décrit ici, c'est une rupture.
16:39Et un moment, un élément déclencheur.
16:42Alors, après, on peut y appliquer une grille de lecture.
16:46Soit c'est raisonnable, c'est-à-dire,
16:48donc, je ne suis pas content et je vais me venger
16:52sur ceux qui me refusent la possibilité de prendre la ferme.
16:55Et donc, de prolonger, comme vous le dites très bien,
16:58une sorte de dynastie des agriculteurs.
17:01On est de père en fils, vous l'avez dit.
17:03Ou alors, l'alternative, c'est effectivement,
17:05ça a été un déclencheur.
17:07Et on est au moment de la révélation du trouble psychiatrique.
17:11Oui, et ça, c'est toujours étonnant, Alain Morvan.
17:13Vous connaissez bien ce monde.
17:14Vous l'avez travaillé beaucoup là-dessus.
17:17Il y a cette espèce...
17:18On a l'impression que chez Dornier,
17:19comme d'ailleurs beaucoup de personnes qui finissent par passer à l'acte,
17:22il y a une espèce de bouillonnement.
17:24L'effet cocotte minute.
17:25On en parle souvent, mais c'est un peu ça, quoi.
17:27Alors, vous avez raison.
17:29Mais en même temps, il y a des éléments qui contredisent un petit peu
17:32cet effet de bouillonnement.
17:33Un peu comme s'ils n'étaient pas préparés à passer à l'acte.
17:36Mais on va le voir, et on va l'évoquer peut-être tout à l'heure,
17:39c'est qu'il a quand même préparé des munitions.
17:42On va le voir, parce qu'il y a des éléments troublants.
17:45Et donc, c'est assez contradictoire.
17:47On a l'impression que tout est dans l'instant.
17:49En réalité, ça n'est pas seulement un instant.
17:51On peut avoir un problème psychiatrique
17:53et mettre en place des éléments préparatoires.
17:57C'est ça qui est extrêmement troublant et déroutant,
17:59y compris pour les psychiatres et pour les spécialistes.
18:03On a du mal vraiment à comprendre.
18:04Ça, c'est un vrai mystère.
18:06Robert Belleray, vous êtes avec nous également dans l'heure du crime.
18:08Ancien reporter pour le journal Le Monde.
18:10Je rappelle qu'à l'époque, vous avez été envoyé spécial à Luxiol.
18:13Vous connaissez bien cette affaire.
18:15Vous avez interrogé beaucoup de monde sur place pour le journal Le Monde.
18:18Robert Belleray, Christian Dornier, dans ce village,
18:21on l'a un petit peu dit, mais il faut le répéter,
18:22il fait peur à tout le monde.
18:25Oui, il fait peur.
18:26Je ne sais pas si on peut dire qu'il fait peur,
18:27mais il inquiète parce que quelqu'un qui est différent comme ça,
18:31qui ne participe pas à la vie locale,
18:33qui est en retrait de tout, des fêtes, des rencontres,
18:36qui n'a pas de copains.
18:37En plus, il a des attitudes menaçantes.
18:39Il a quand même tiré un coup de fusil sur la façade d'une maison
18:43quelques jours avant.
18:44Il a menacé son père et un voisin avec une fourche.
18:47On pouvait le considérer comme quelqu'un de potentiellement violent.
18:52Donc, de là à penser qu'on l'imagine en meurtrier,
18:57je ne pense pas que ça aille jusque-là.
18:58Oui, mais de là à penser qu'on l'imagine en meurtrier,
19:01le fait est, Robert Belleray, qu'à l'époque,
19:02c'est la pire tuerie de masse en France, l'affaire de Luxiol.
19:06C'était la tuerie de masse la plus importante des temps modernes en France.
19:11Moi, j'avais eu l'occasion une fois de faire une tuerie comme ça,
19:14dans Haute-Loire, je crois qu'il y avait six victimes.
19:17Mais là, c'est hélas un record.
19:20Alors, depuis, ça a été... on a connu pire.
19:23Mais pour l'époque, c'était la plus grande tuerie,
19:26le bilan le plus terrible.
19:29Alain Morvan, c'est vrai que cet homme-là, on ne l'a pas vu venir.
19:32Et puis, il cause une tuerie épouvantable.
19:34La France entière est quasiment en deuil à ce moment-là.
19:36Michel Rocard, Premier ministre, va écrire au maire, etc.
19:39Il y a beaucoup de choses qui se passent.
19:41On l'a oublié, cette histoire, mais c'est incroyable.
19:46Il dit quelque chose d'étonnant, Christian Dornier.
19:48Et ça, il le dit au lieutenant-colonel Jean Demange.
19:50C'est un des rares gendarmes qui a pu l'approcher
19:53et qui a pu parler avec lui, si j'ai envie de dire parler.
19:55Ça a été assez bref.
19:57Mais il va dire quelque chose.
19:58Il va dire, c'est dommage, mais il fallait que je le fasse.
20:01Il y a tout dans cette phrase, presque.
20:03Il y a tout.
20:04Il y a toutes les contradictions d'un profil
20:07comme celui de Christian Dornier.
20:09« C'est dommage, mais il fallait que je le fasse. »
20:14Donc, clairement, il est mu par quelque chose
20:18qui le dépasse un peu.
20:19Et en même temps, il n'avait pas forcément envie de le faire.
20:23On voit bien que lui-même, quand il est confronté à ce qu'il a fait,
20:27est dans la contradiction.
20:28C'est terrible, hein ?
20:29Mais ça prouve bien qu'on est là au cœur d'une matière,
20:32la psychologie, la psychiatrie,
20:34qui est extrêmement complexe.
20:37Et finalement, un personnage n'est pas forcément tout d'un bloc.
20:41Une préparation un peu trop méticuleuse
20:44pour une action irrationnelle.
20:46Christian Dornier, le bourreau de Luxiol.
20:48« Je me souviens avoir eu une crise de nerfs.
20:50Je ne savais plus ce que je faisais.
20:52L'enquête de l'heure du crime.
20:53Le jeune agriculteur a-t-il été saisi par une pulsion de mort ?
20:57Ou bien au contraire, planifiait-il depuis longtemps ce carnage ? »
21:01On va suivre dans un court instant sur RTL.
21:04« L'heure du crime. »
21:06« Jusqu'à 15h sur RTL. »
21:10« L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver. »
21:14Avec Jean-Alphonse Richard.
21:15« Il n'a pas paru déséquilibré sur le moment où on l'a vu.
21:19Il a semblé, si vous voulez, à mon avis,
21:22prendre conscience un petit peu de la gravité des faits.
21:25Peut-être qu'il était fou avant.
21:27Mais sur le moment, je n'ai pas du tout une impression
21:30d'avoir affaire à un fou. »
21:33« L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Christian Dornier.
21:35Jeune agriculteur, auteur en juillet 89 de la tuerie de Luxiol.
21:40Enfranche-Comté.
21:4114 morts en juillet 89, dont 3 enfants.
21:44Les enquêteurs et les psychiatres n'ont pas tout à fait la même vision
21:48du tireur fou, comme on l'appelle.
21:51Mardi 31 octobre 89, plus de 3 mois après la tuerie de Luxiol,
21:56Juliette Perriard, 82 ans, gravement blessée par Christian Dornier,
22:02décède à l'hôpital.
22:03Elle peut être considérée comme la 15e victime.
22:06Les gendarmes de la section de recherche de Besançon
22:09ont étudié point par point la façon dont Christian Dornier
22:12a conduit son équipé meurtrière.
22:14Celle-ci n'apparaît en fait pas du tout comme désordonnée.
22:17Bien au contraire.
22:18Le jour du drame, Dornier est revenu discrètement dans la cuisine de la ferme familiale.
22:23Il s'est approché du râtelier qui supportait 6 fusils de chasse.
22:27Il n'a pas saisi une arme au hasard.
22:29Il a pris la plus légère, la plus maniable, la plus efficace.
22:33Auparavant, il avait fait le plein de cartouches, des brénecs à ailettes,
22:38déposées sur le siège passager de sa voiture dans des boîtes à chaussures.
22:43Les gendarmes évoquent la démarche d'un homme qui a tout organisé,
22:47voire prémédité son action.
22:49Il ne voulait pas tuer seulement sa famille,
22:51mais faire un carnage comme en témoigne son équipement.
22:54Un individu qui n'aurait pas agi sous l'effet d'une pulsion,
22:58selon les enquêteurs, même si devant le juge, Dornier déclare
23:01« Je me souviens d'avoir eu une crise de nerfs.
23:04Les gens se moquaient de moi.
23:06Je ne savais plus ce que je faisais. »
23:09Mercredi 8 novembre 89, quatre mois après le drame,
23:12le procureur de Besançon révèle les conclusions des trois collègues
23:16d'experts psychiatres missionnés pour examiner Christian Dornier.
23:20Selon les psys, l'agriculteur de Luxiol parle de pulsions de mort
23:26qui se sont enchaînées.
23:27Il tient des propos parfois nébuleux,
23:29mais sans être capable d'expliquer ce qui l'a poussé au pire.
23:32Il n'essaie pas de se trouver d'excuses ou de se justifier,
23:36selon le procureur.
23:37Les experts estiment que le jugement de Dornier,
23:39lors de son passage à l'acte, était altéré.
23:42Il ne pourrait donc pas être jugé.
23:44En attendant une contre-expertise, Christian Dornier
23:47doit être placé dans un établissement spécialisé
23:50au sein d'une UMD,
23:52Unité pour malades difficiles.
23:56Et effectivement, on se pose des questions,
23:58et de plus en plus de questions,
23:59parce que la vérité, elle semblait toute faite.
24:01Elle semblait être ficelée.
24:02Cet homme est fou.
24:04On l'a mis hors d'état de nuire,
24:05et puis voilà, il finira dans un asile.
24:07Mais ça a l'air un peu plus compliqué que ça.
24:09Robert Bellray, vous êtes avec nous à l'époque.
24:11Vous étiez journaliste au Monde,
24:13et vous avez suivi toute cette affaire de Luxiol.
24:15Vous étiez sur place.
24:17Le constat des gendarmes, quand on le lit comme ça aujourd'hui,
24:20quand on les écoute, quand on voit ce qu'ils disaient à l'époque,
24:24il est tout de même frappant, Robert Bellray.
24:26Cet homme n'aurait rien d'un déséquilibré,
24:30tout au moins dans ses gestes ce jour-là.
24:32Oui, c'était pas désordonné.
24:35C'était le type qui commence à tirer sur sa famille,
24:39puis sur des voisins,
24:40et puis il monte dans sa voiture.
24:41Il a son fusil, il vise,
24:45hélas, très bien,
24:46parce qu'il a quand même touché 22 personnes.
24:49C'est une espèce de véhicule,
24:51comme un engin de mort,
24:53qui avance comme ça dans la campagne.
24:54Il ne va pas dans les fossés,
24:56il ne se tape pas dans un arbre,
24:58il croise les gendarmes,
24:59il tire dessus, mais il continue.
25:02Il n'est pas...
25:04Ça fonctionne.
25:05Le type tout seul est bien organisé.
25:07Il est bien organisé, exactement ça.
25:09Il a tout prévu, presque, on pourrait dire,
25:11même si ça pose beaucoup de questions.
25:14Ce qui frappe les gendarmes, Robert Bellray,
25:16c'est la froideur du tireur.
25:18On a parlé tout à l'heure du robot qui avançait comme ça,
25:22presque comme s'il était en mission commando.
25:25Oui, c'est ça.
25:26On a l'impression que c'était préparé,
25:28on pourrait dire même prémédité,
25:30parce qu'il a pris dans le râtelier
25:32où il y avait les fusils de chasse.
25:34Et surtout, il a fait une provision de cartouches.
25:38Donc, il s'était préparé à une équipée comme ça.
25:41Ça, c'est peut-être le plus troublant, quoi.
25:44Il n'a pas pris un fusil comme ça
25:45avec les cartouches qu'il avait sous la main,
25:47il a préparé ça.
25:48Ce qui est, paraît, incompatible avec un coup de sang.
25:52Est-ce qu'il avait décidé de le faire à ce moment-là ?
25:55Il n'a pas déjeuné le midi, il a pris un pastis
25:58et puis il est parti.
26:00Et puis, il est parti.
26:01Il est parti quand on part un peu à la chasse.
26:02En tout cas, il est parti dans sa voiture
26:03avec ce fusil qui dépasse du carreau du véhicule.
26:08Alain Morvan, vous êtes avec nous,
26:09vous connaissez bien cette affaire.
26:11Et vous avez rencontré Christian Dornier
26:13dans la fameuse UMD,
26:15l'unité pour malades difficiles,
26:16où il a été placé à l'époque,
26:20très très vite d'ailleurs,
26:22au début de l'enquête.
26:23C'est étonnant ce mélange des genres.
26:26Le fait que cet homme,
26:28il est implacable dans sa préparation.
26:30Effectivement, c'est comme un soldat.
26:32Il prépare son pactage.
26:33Il part à la guerre.
26:35Il va mener ce raid dans ce village.
26:38Il n'y a pas d'autre terme.
26:39Et puis, de l'autre côté, on se dit
26:40mais ce n'est pas possible
26:41puisqu'il est complètement cinglé,
26:43complètement fou.
26:44Donc là, on est au cœur d'un des sujets
26:46de cette affaire Dornier.
26:49À partir de quand on devient irresponsable
26:52de ses actes ?
26:53Comment on évalue la dangerosité de quelqu'un ?
26:56Comment on évalue la conscience de quelqu'un ?
26:58Dornier, il y a une particularité
27:00qu'on n'a pas évoquée.
27:01C'est quand même qu'il va prendre son sac
27:03et le fusil et le mettre
27:05dans la petite pièce attenante à la cuisine.
27:09C'est-à-dire qu'il y a quand même
27:10un acte tout à fait pratique.
27:13C'est-à-dire qu'au moment où il décide
27:15de passer à l'acte,
27:16de prendre le fusil,
27:17de charger son arme,
27:19tout est prêt.
27:20Tout est prêt.
27:21Et il est prêt à passer à l'acte
27:23dans la cuisine au moment
27:24où tout le monde est réuni.
27:27C'est-à-dire qu'il y a une volonté
27:28d'y aller et de faire
27:31de supprimer tout le monde.
27:33Donc on a l'impression
27:34de l'extérieur
27:35qu'il y a des éléments préparatoires
27:37qui sont incompatibles
27:38avec une irresponsabilité pénale.
27:40Juste un petit mot.
27:41Les gens sont moqués, dit-il.
27:42C'est lui qui le dit.
27:43Les gens sont moqués.
27:44Je pense qu'il exagère peut-être
27:45un petit peu cet élément-là.
27:48Cinq ans d'examen
27:49avant de régler son sort judiciaire.
27:53Christian Dornier,
27:54le bourreau de Luxiol.
27:56Nous repartons avec nos questions
27:57mais sans réponse.
27:58L'enquête de l'ordre du crime.
27:59On se retrouve dans un instant sur RTL.
28:01Jean-Alphonse Richard sur RTL.
28:03C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
28:07L'heure du crime,
28:08c'est avec Jean-Alphonse Richard sur RTL.
28:11Retour dans l'heure du crime
28:12sur l'affaire Christian Dornier,
28:14jeune agriculteur en Franche-Comté
28:15accusé à l'été 89 d'une tuerie.
28:1714 morts à Luxiol.
28:19Les familles espèrent un procès
28:20mais la condition psychique de l'accusé
28:23pose question.
28:24Presque cinq ans plus tard,
28:26la décision va tomber.
28:28Mercredi 2 mars 1994,
28:30la juge de Besançon,
28:31Anne Caron,
28:33délivre un non-lieu
28:34dans l'affaire Christian Dornier.
28:36La magistrate a suivi les avis
28:37des nombreux experts psychiatres,
28:39psychologues
28:40qui ont examiné le tireur de Luxiol.
28:43Son jugement était aboli
28:44lors de son passage à l'acte.
28:46Les troubles sont si graves
28:47qu'il ne pourra sans doute
28:49jamais être soigné.
28:50Dornier est déclaré irresponsable.
28:53Il n'y aura pas de procès.
28:55La juge demande
28:56que toutes les précautions soient prises
28:58afin de prévenir
28:59les pulsions irrésistibles
29:01et meurtrières
29:02auxquelles ce sujet peut être soumis.
29:05Dornier, déjà interné
29:06à l'hôpital de Sargumine,
29:08reste donc enfermé.
29:09De nombreux habitants de Luxiol,
29:11des proches des victimes,
29:12ne croient pas à la folie
29:13de l'agriculteur.
29:15Cinq mois avant le non-lieu,
29:17la juge s'est déplacée
29:18à Luxiol,
29:18accompagnée d'un psychiatre
29:20et de l'avocat
29:21de la partie civile.
29:22Elle a écouté
29:23les familles de victimes.
29:25Mercredi 16 mars,
29:26une cinquantaine d'habitants
29:27de Luxiol
29:28manifestent leur mécontentement
29:30devant le palais de justice
29:31de Besançon.
29:32Nous repartons avec nos questions,
29:34mais sans réponse,
29:35dit le proche d'une victime.
29:38Dimanche 12 juillet 2009,
29:4020 ans jour pour jour
29:41après la tuerie,
29:42le village de Luxiol
29:43se souvient de ses morts,
29:45tout au moins les plus anciens.
29:46A l'époque,
29:47au soir du massacre,
29:48le premier ministre,
29:49Michel Rocard,
29:50avait envoyé un télégramme
29:52de compassion
29:52au maire de la commune.
29:57Cinq ans pour ce non-lieu
29:58qu'on sentait,
29:59qu'on pressentait.
30:00Il arrivait,
30:01ce non-lieu,
30:01c'était apparemment inéluctable.
30:03Alain Morvan,
30:04vous êtes avec nous,
30:05auteur et réalisateur
30:06de ce documentaire
30:07qu'il faut absolument regarder,
30:08le pavillon des irresponsables
30:10où vous avez fait
30:11la rencontre
30:12de Christian Dornier
30:13qui parle dans ce documentaire.
30:14on va l'évoquer
30:15dans un petit moment.
30:17Alain Morvan,
30:18cinq ans pour le non-lieu.
30:20La justice,
30:21ça met du temps
30:21à trancher,
30:23à se prononcer.
30:24C'est très long,
30:24cinq ans.
30:25Normalement,
30:26ça va un peu plus vite.
30:27Alors,
30:27c'est très long,
30:28cinq ans.
30:31On peut ajouter quand même
30:33qu'hier,
30:34comme aujourd'hui,
30:35le temps de la justice
30:37et le temps des experts,
30:38ce n'est pas du tout
30:38le temps qui est le nôtre.
30:42cinq ans.
30:44Alors,
30:44je ne sais pas
30:44s'il faut l'interpréter
30:46comme un indice
30:47de l'hésitation,
30:48de la justice ou pas.
30:50En tout cas,
30:51c'est long,
30:51effectivement.
30:52Dornier,
30:53d'ailleurs,
30:53quand il en parle,
30:54c'est...
30:55Qu'est-ce qu'il vous dit là-dessus ?
30:56Alors,
30:57quand on lui dit,
30:58moi,
30:58je lui ai posé la question
30:59depuis combien de temps
31:00vous êtes à l'UMD de Sargonie.
31:02Il me dit
31:03ça fait maintenant
31:0533 ans
31:05et il ajoute toujours
31:07plus deux ans de prison.
31:09C'est-à-dire que lui-même
31:11a vécu ce temps
31:13comme étant déjà
31:14un temps
31:14de la peine,
31:16de sa peine.
31:17Oui,
31:17il vit d'ailleurs
31:18un peu la psychiatrie
31:19comme une peine.
31:22Il dit qu'il est enfermé,
31:23bien sûr.
31:23Voilà,
31:24un peu comme s'il était
31:25en prison.
31:26Mais il fait ce distinguo,
31:27c'est un monsieur précis,
31:29dans les détails,
31:30et qui dit,
31:31voilà,
31:31plus deux ans de prison.
31:32Donc,
31:33tout ça l'a marqué énormément
31:34et tout ça a pris
31:35beaucoup trop de temps,
31:36même pour lui.
31:37De quoi est-ce qu'il souffre,
31:38Dornier ?
31:39Alors,
31:40je ne suis pas psychiatre,
31:41mais le psychiatre
31:42qui le suit,
31:45le docteur Schaeffler,
31:47on a évoqué donc
31:48avec lui
31:48la schizophrénie
31:50à tendance paranoïde.
31:53Et on en parlera
31:54peut-être plus tard,
31:55mais Dornier lui-même,
31:56monsieur Dornier lui-même,
31:58sait très bien
31:59de quoi il souffre
32:01et il l'exprime.
32:02Il est capable
32:02de parler
32:02de sa propre maladie.
32:03Il se dédouble,
32:04c'est ça ?
32:04Il y a deux hommes en lui.
32:06Alors,
32:07la schizophrénie paranoïde,
32:08oui,
32:08probablement un peu.
32:10Il y a une composante
32:11donc paranoïde,
32:12paranoïaque.
32:12On a quand même
32:14un derrière,
32:15un arrière-fond
32:16de
32:17les gens m'en veulent,
32:18ce sont les autres
32:19qui me menacent
32:21et ce sont les autres
32:22qui sont à l'origine
32:22de mon malheur.
32:24A quoi il ressemble,
32:25Dornier ?
32:25Alors aujourd'hui,
32:26on le voit dans votre film,
32:27il est tout chauve et tout,
32:28c'est un gars qui est encore
32:30assez barraqué.
32:31A l'époque,
32:32c'est un costaud,
32:32Dornier,
32:33dans ce village.
32:33C'est aussi pour ça
32:34qu'il fait peur,
32:35c'est une espèce de masse
32:36comme ça.
32:37Vous en parliez tout à l'heure,
32:39on est bien dans un petit village,
32:41on est dans un domaine,
32:42l'agriculture,
32:44où les gens sont des costauds.
32:46C'est dur,
32:47l'agriculture,
32:48c'est dur,
32:49l'élevage.
32:50Et lui,
32:50il a la réputation
32:51d'être une force de la nature,
32:53il est au-delà de la moyenne
32:55dans un petit village comme ça.
32:57C'est quelqu'un
32:57qui est extrêmement costaud.
33:00L'anecdote qu'on m'a donnée,
33:02c'est qu'il est capable
33:03de maîtriser du bétail
33:04à main nue.
33:05Et ça en dit long
33:07sur sa capacité physique.
33:09C'est pas un homme
33:10qui est très grand,
33:10mais c'est quelqu'un
33:11qu'il est impossible
33:12de bouger,
33:13comme on pourrait dire,
33:14au rugby.
33:15Mais c'est quelqu'un
33:16de très très fort.
33:17Robert Bell,
33:18Réamot,
33:19avec vous,
33:20vous étiez journaliste
33:21au Monde à l'époque
33:21et vous avez suivi
33:22toute cette affaire
33:23alors évidemment
33:24pour les familles
33:24c'est terrible
33:25parce qu'elles n'auront
33:26pas de procès,
33:28il n'y aura pas
33:29de décision judiciaire
33:30et on sait que les familles,
33:31les victimes
33:32attendent toujours
33:32une décision,
33:33il faut leur donner
33:34une décision.
33:35Selon vous,
33:35est-ce qu'un procès
33:36aurait été réparateur ?
33:39Alors c'est la grande question.
33:40Est-ce qu'un procès
33:42aurait pu permettre aux gens,
33:45comme on dit aujourd'hui,
33:46un peu abusivement,
33:47d'achever leur travail de deuil ?
33:50Mais c'est sûr
33:51qu'au moins
33:52on aurait tenté
33:53d'avoir une explication.
33:54Mais je pense
33:55que du
33:57ce qui s'est passé
33:58ensuite,
33:59des bribes
34:00de déclarations
34:01de l'auteur,
34:02je pense que
34:02tout le monde
34:03serait resté
34:03sur sa fin.
34:04Il a été soigné,
34:06il a été suivi,
34:07on savait qu'il était malade,
34:08on l'a parlé
34:08avec Alain Morvan.
34:10Robert Bell,
34:10est-ce que finalement
34:11ce drame
34:12aurait pu être évité
34:13selon vous ?
34:14Le nœud de l'histoire
34:15c'est que les parents
34:17sentaient eux peut-être
34:18que ça tournerait mal
34:19un jour,
34:20qu'il y aurait quelque chose,
34:21un geste de trop,
34:23mais de la pensée
34:24à la tuerie
34:25c'est autre chose.
34:26Mais ils n'ont rien dit.
34:28Le non-dit,
34:29chacun pour soi,
34:30là,
34:31a été dramatique.
34:32Parce que si à un moment donné
34:34quelqu'un s'en était mêlé,
34:35quand il y a eu
34:36des incidents
34:37avec des voisins,
34:38il n'y a pas eu
34:39de plainte de déposer.
34:39Donc la gendarmerie
34:41n'a pas enquêté.
34:42Par contre,
34:43ça a été discuté
34:44au conseil municipal.
34:45Mais on n'a tiré
34:46aucune conclusion.
34:47On n'a pas dit
34:48il faut qu'on le fasse interner.
34:5036 ans après le drame,
34:52le témoignage
34:52du tireur fou,
34:54Christian Dornier,
34:55le bourreau de Luxiol.
34:56Personne ne me plaisait.
34:57Je suis passé à l'acte.
34:59L'enquête de l'heure du crime.
35:00Je vous retrouve
35:01tout de suite sur RTL.
35:03L'heure du crime.
35:04Jusqu'à 15h
35:05sur RTL.
35:0814h15
35:09C'est l'heure du crime
35:11sur RTL.
35:12Avec Jean-Alphonse Richard.
35:14Dans l'heure du crime,
35:15l'affaire Christian Dornier
35:16est juillet 89.
35:17Ce jeune agriculteur
35:18a batté 14 personnes
35:20en Franche-Comté
35:21dans le village de Luxiol
35:22et aux environs.
35:23Considéré comme malade mental,
35:25il n'a jamais été jugé.
35:2636 ans plus tard,
35:27il apparaît
35:28dans un documentaire télé.
35:30Jeudi 10 avril 2025,
35:32Christian Dornier,
35:3367 ans,
35:34s'exprime
35:35dans un documentaire
35:36intitulé
35:36Le pavillon des irresponsables,
35:38diffusé sur France 3,
35:40Grand Est,
35:41la région.
35:42Et bien sûr,
35:43le village de Luxiol
35:43découvre le visage
35:45de cet homme,
35:46chauve,
35:46les mains tremblantes,
35:48métamorphosé
35:49par plus de 30 ans
35:50de séjour psychiatrique.
35:52Devant une commission d'experts
35:54chargée d'évaluer
35:54sa dangerosité,
35:56Dornier répond
35:56« Oui, bien sûr,
35:58j'ai des regrets.
35:59Il faut faire les choses
36:00au mieux.
36:00Il ne faut pas penser
36:01tout le temps au passé,
36:03il faut aller de l'avant. »
36:06Christian Dornier
36:06espère pouvoir être placé
36:08dans un hôpital psychiatrique
36:09sans barreau
36:10ni surveillance permanente.
36:12Les experts
36:12se sont toujours opposés
36:14à ce scénario.
36:15À propos de son geste,
36:16il dit
36:16« Personne ne me plaisait. »
36:19Alors,
36:19je suis passé à l'acte.
36:21C'était pour me venger
36:23de l'école,
36:25de mes parents,
36:26de mes voisins,
36:27personne ne me plaisait.
36:29Et puis,
36:31c'est passé à l'acte.
36:33C'est la folie.
36:35Oui, bien sûr,
36:36j'ai des regrets.
36:39Oui, bien sûr,
36:40j'ai des regrets.
36:41La voix de Christian Dornier
36:42dans cet extraordinaire documentaire
36:44qui a été diffusé
36:45sur France 3
36:46et sans doute
36:46qu'on peut retrouver
36:48Alain Morvan,
36:49c'est vous le réalisateur.
36:50On peut le retrouver,
36:51évidemment,
36:51ce documentaire,
36:51on peut le voir en ce moment.
36:52Oui, sur la plateforme
36:53de France TV.
36:54Voilà, ça s'appelle
36:55Le Pavillon des Irresponsables
36:56et vous verrez cet homme
36:58qui a été filmé
36:59et qui parle
37:00de ce qu'il a fait
37:01ou peut-être
37:02de ce qu'il n'a pas fait
37:03pour lui
37:03parce qu'effectivement,
37:04c'est toujours très compliqué.
37:06À quoi est-ce qu'il ressemble
37:07aujourd'hui,
37:07Christian Dornier,
37:08lorsque vous le voyez
37:09pour la première fois ?
37:10Vous êtes surpris,
37:11vous attendiez à quelqu'un
37:12qui allait être énervé,
37:13qui allait être hostile,
37:15ce n'est pas le cas ?
37:17En fait,
37:18je n'avais pas vraiment d'attente
37:19puisque j'avais discuté
37:21beaucoup avec son psychiatre
37:22auparavant,
37:23le docteur Scheffler,
37:25et j'avais l'impression déjà
37:27de connaître un petit peu Dornier
37:29parce que son psychiatre
37:30m'avait parlé de lui.
37:31Je lui avais demandé
37:32comment me comporter
37:33dans cette unité.
37:35C'est toujours un enjeu
37:36quand on fait ce genre
37:37de reportage.
37:37qu'est-ce qui va pouvoir
37:39déclencher une forme
37:40d'hostilité,
37:41une réaction,
37:41une parole qui tombe mal.
37:45Et en fait,
37:46j'avais l'impression
37:47de le connaître un peu.
37:49Et en réalité,
37:50quand je me suis trouvé
37:50face à lui,
37:51ça a été un petit monsieur
37:54qui était beaucoup
37:55moins impressionnant
37:56que ce qu'on peut imaginer
37:58d'une certaine manière.
37:59Et c'est un petit monsieur
38:01qui m'a dit très rapidement,
38:03je lui ai demandé
38:03est-ce qu'on peut discuter ensemble ?
38:05Il m'a dit oui tout de suite.
38:06Et on s'est installé,
38:07on s'est posé dans la salle
38:09là où ils passent
38:10leur après-midi
38:11et puis voilà.
38:12Il parle encore
38:13du passage à l'acte.
38:14Est-ce qu'il a des mots
38:15pour raconter ça ?
38:17Ou bien est-ce que c'est toujours
38:18un petit peu
38:19des faux-semblants ?
38:21Alors,
38:22il y a eu deux moments
38:23ou deux ou trois moments
38:24où il a des attitudes
38:25un petit peu différentes.
38:27Moi,
38:27je ne voulais pas revenir
38:29véritablement
38:29sur son passage à l'acte
38:31puisque je cherchais
38:32autre chose.
38:33je cherchais à comprendre
38:35dans ce film
38:37qu'est-ce qu'on devient
38:39après dix ans,
38:40vingt ans ou trente ans
38:41en psychiatrie
38:41dans la situation
38:43qui était la sienne.
38:44Et donc,
38:44je ne voulais pas revenir
38:45sur l'acte.
38:46J'ai un petit peu évoqué ça
38:48lors d'un entretien
38:50que j'ai organisé,
38:50une sorte de vrai faux entretien
38:52qu'on a filmé.
38:53c'est que je voulais
38:54un moment
38:56entre le psychiatre
38:57et son patient.
38:59Et là,
39:00voilà,
39:00revenir sur les faits,
39:02ce n'est pas toujours facile.
39:03On le voit
39:03à la commission,
39:04par contre,
39:05il est interrogé
39:05sur les faits
39:07et il est quand même
39:08extrêmement succinct.
39:10Il dit,
39:10ben voilà,
39:12c'est vraiment
39:13quelques secondes,
39:14voilà,
39:16je n'allais pas bien,
39:16je suis passé à l'acte
39:17et c'était un petit peu,
39:19je ne rappelle plus
39:20le terme qu'il utilise,
39:21c'était un petit peu
39:23comme si on était
39:25aveuglé,
39:25quoi.
39:25C'est ça.
39:26Oui,
39:26j'ai oublié le terme.
39:27Et puis,
39:27il faut se projeter,
39:28il faut se projeter,
39:29il ne faut pas rester là,
39:30etc.
39:31Passons à autre chose.
39:31Voilà,
39:32on sent qu'effectivement,
39:33il n'a sans doute pas envie
39:34de parler de tout ça.
39:36Il est toujours,
39:37on ne peut pas le curer,
39:38enfin,
39:39on ne peut pas le guérir,
39:40pardon,
39:40cet homme.
39:43C'est une grande question.
39:44C'est une grande question
39:45parce que si on arrive
39:45à dire...
39:46Il a 67, 68 ans aujourd'hui,
39:48donc...
39:48Si on arrive à dire,
39:49on arrive à guérir
39:52dornier,
39:52ça veut dire qu'on arrive
39:53à guérir plein d'autres profils.
39:55Qu'est-ce que c'est
39:55que la guérison
39:56en matière de psychiatrie ?
39:58C'est-à-dire,
39:58est-ce qu'on peut rentrer
39:59en psychiatrie
40:00et considérer qu'à partir
40:01d'un certain temps,
40:02on peut être mieux ?
40:03En tout cas,
40:03là,
40:04aujourd'hui,
40:04on a réduit
40:05la dangerosité
40:07de dornier
40:08vis-à-vis des autres.
40:10Alain Morvan,
40:11un petit mot
40:11parce que
40:12vous l'avez évoqué
40:13mais hors micro,
40:15son père a voulu
40:16le revoir.
40:18Absolument.
40:18Ça fait partie
40:19des éléments
40:19dont on a discuté
40:20avec le docteur
40:21chez Flair.
40:21À un moment,
40:22son père a pris contact
40:24avec l'UMD
40:25et a essayé
40:26de reprendre
40:28un lien
40:28avec son fils
40:30et donc,
40:32peut-être sans surprise,
40:34comme dornier
40:35en a toujours voulu
40:36à son père,
40:38il n'a jamais
40:39accepté
40:40cet échange
40:41avec son père.
40:42Ça n'a pas eu lieu.
40:44Le père a voulu
40:45reprendre contact
40:46avec dornier.
40:47Dornier a été
40:49absolument...
40:49a refusé
40:50ce moment-là.
40:50Il avait dit
40:51personne ne me plaisait
40:52et on a l'impression
40:53qu'il est toujours
40:53un peu dans cette carapace.
40:56Absolument.
40:56Le père a réessayé
40:57plusieurs fois
40:57et il a fini par décéder
40:59avant que quoi
41:00que ce soit arrive.
41:02Robert Bellray,
41:02je termine cette émission
41:03avec vous.
41:04Ancien journaliste
41:05au Monde,
41:05vous étiez à Luxiol
41:06à l'époque.
41:07Le village de Luxiol,
41:09je pense que vous y êtes
41:09retourné,
41:10le village de Luxiol
41:11a tourné la page.
41:13C'est hélas inoubliable.
41:15Je ne pense pas
41:16qu'on puisse se remettre
41:17d'un traumatisme
41:18comme ça
41:19parce que
41:20à chaque détour
41:21de chemin
41:23sur un talus,
41:24on pense
41:25qu'il y avait
41:26la petite Marie,
41:29Juliette,
41:29ceux qui sont tombés là.
41:31Même si on ne les a pas connus,
41:32on en a entendu parler.
41:33Je pense que Luxiol
41:34ne peut pas s'en remettre
41:36avant plusieurs générations.
41:37Une tuerie épouvantable
41:39évidemment qui reste
41:39dans les mémoires.
41:40Merci Robert Bellray,
41:41merci Alain Morvan
41:42d'avoir été tous les deux
41:44les invités de l'heure du crime.
41:45Merci à l'équipe de l'émission,
41:46rédactrice en chef
41:47Justine Vigneault,
41:48préparation Lisa Canales,
41:49Valentin Bardet,
41:51réalisation en direct,
41:52Nicolas Godet.
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