- il y a 1 jour
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Nous allons revenir maintenant sur ce que compte faire le gouvernement.
00:03Les députés doivent se prononcer sur une loi qui interdirait les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
00:09Vous savez, ça existe déjà en Australie et si c'est adopté en France,
00:12la France serait donc le deuxième pays du monde à se doter de ce dispositif légal.
00:16Avant d'en discuter, avant d'en débattre, réaction de collégienne aujourd'hui.
00:21En fait, je suis mélangée parce qu'il y a des gens qui utilisent les réseaux sociaux mal,
00:27alors qu'il y a des gens qui utilisent ça juste pour se divertir.
00:30Donc, en ça, je pense que c'est bien que ce soit 15 ans.
00:34La plupart des gens, ils essayent de contourner, mais il faut respecter la règle.
00:38Si c'est comme ça, ça doit être comme ça.
00:39Ou sinon, même juste d'enlever, de ne pas mettre TikTok, mais juste YouTube ou des trucs comme ça.
00:46Parce que TikTok, j'avoue que ça commence à devenir un peu bizarre.
00:50Nous sommes avec Stéphanie Mistre qui est avec nous.
00:53Bonjour Madame, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:55Vous êtes la maman de Marie.
00:57Marie est cette adolescente qui s'est suicidée à l'âge de 15 ans, le 16 septembre 2021.
01:03Vous avez depuis monté un collectif.
01:06Vous faites partie de ces parents endeuillés qui réclament l'interdiction des réseaux sociaux aux ados.
01:13Racontez-nous votre histoire.
01:16Eh bien, Marie était une jeune fille qui était assez solaire et qui aimait beaucoup chanter, danser et faire du théâtre.
01:25Et elle a subi du harcèlement en 2021 qui l'a fait, qui l'a beaucoup perturbé psychologiquement.
01:35Parce que c'était des harceleurs qui ont harcelé avant elle, qui l'ont harcelé et qui, même après son départ, trois mois après, ont continué.
01:43Donc, du coup, elle était très affaiblie par ce harcèlement.
01:46– Pour quel motif ?
01:48– Par rapport à son poids.
01:51Elle était harcelée par rapport à son poids.
01:53– C'était du harcèlement à la fois physique, verbal, mais aussi sur les réseaux sociaux.
01:59Ça continuait sur les réseaux sociaux ?
02:00– Tout à fait.
02:01C'était physique, ça pouvait être physique, par exemple, malheureusement, il y a eu une fois dans la salle de sport.
02:08C'était moral et ça continue derrière avec du cyberharcèlement, reconnu par l'école,
02:12qui avait vu les vidéos de cyberharcèlement que Marie subissait également.
02:16– Et ce qui veut dire qu'à quel moment elle a mis fin à ses jours ?
02:22– Elle a mis fin à ses jours dans cette année 2021, après avoir passé l'année dans cette école.
02:33Et en 2021, c'était la période du Covid.
02:37Et en fait, Marie, je permets de le préciser, avant, pour moi, regardait Musical.ly,
02:43qui était anciennement TikTok, mais qui, pour moi, était complètement différent,
02:47parce que c'était une création de contenu qui venait de l'enfant, en fait, si vous voulez,
02:51qui se produisaient, qui chantaient, tout ça.
02:55Alors que quand c'est passé à TikTok, chose que je ne savais pas,
02:58en fait, c'est complètement différent.
03:00À partir de là, l'enfant ne choisit plus les contenus.
03:06C'est TikTok qui est comme...
03:08Enfin, pour moi, TikTok n'est pas juste épergeur de contenus, mais éditeur de contenus.
03:12Et du coup, c'est lui qui sélectionne, hiérarchise et propose des contenus à nos enfants,
03:16en utilisant en plus ce fil pour toi, qui est créé,
03:21et qui est là pour cibler l'émotionnel et les préférences de l'enfant pour le capter complètement.
03:28Qu'avez-vous trouvé dans son portable, après qu'elle ait eu mis fin à ses jours ?
03:32L'aurore. L'aurore absolue.
03:34C'est-à-dire qu'à peu près un mois après son départ,
03:37je suis rentrée sur son sacré téléphone.
03:40Voilà. Et là, j'ai vu des contenus monstrueux.
03:44Pour moi, une adulte, déjà, c'était très dur de les voir.
03:47Des jeunes filles qui crient leur désespoir,
03:50qui parlent de suicide et qui n'ont pas réussi,
03:55avec un groupe autour qui lui dit,
03:58c'est pas grave, tu arriveras demain,
04:01avec des musiques qui prônent le suicide comme une libération.
04:07Genre, en partant, tu vas te libérer de toutes tes angoisses
04:12et de tout ce qu'on t'a fait subir.
04:14Voilà. Comme une libération.
04:16Et toute cette communauté, en fait, sur TikTok,
04:21de jeunes qui sont alimentés par des contenus dépressifs,
04:25et on les tient dedans, parce que j'ai envie de dire,
04:27Marie, on ne lui a pas proposé des contenus, en fait, de divertissement,
04:32parce qu'il se prône comme une plateforme de divertissement.
04:34On ne lui a pas dit, regarde, parce qu'elle a posé des questions sur son poids.
04:39Au lieu de lui proposer des choses beaucoup plus ludiques et divertissantes,
04:44ou de lui proposer des programmes de sport ou de sortir avec ses amis,
04:47la seule chose que TikTok a proposée, ce sont des contenus néfastes,
04:51horribles, dépressifs, qui l'ont mis encore plus dans le monde.
04:55Mais Stéphanie, il n'est pas moyen de sortir votre feed
04:58de cette dépendance aux réseaux sociaux et à ses contenus dépressifs ?
05:03Est-ce que vous, vous étiez au courant ?
05:05Non, absolument pas.
05:07Vous l'avez su après ?
05:09Moi, c'est quand je suis rentrée dans son téléphone
05:11que j'ai constaté l'horreur de ce qu'elle pouvait regarder,
05:14parce que moi, même sur Musical.ly, vu que j'ai fait de la danse,
05:18on dansait, on chantait, ça n'avait rien à faire.
05:20Vous n'en parlez pas ?
05:22Non, en fait, Marie me parlait principalement de son harcèlement
05:25et de ses harceleurs.
05:28Et je prenais en compte les choses, j'ai alerté l'école,
05:33voilà, mais de son harcèlement des réseaux,
05:36mais à aucun moment, je ne serais doutée de l'horreur.
05:39C'est bien pour ça que j'en ai tout de suite parlé à mon avocate.
05:42Dès que j'ai vu les contenus, je veux dire, ce n'est pas possible.
05:46Donc pour vous, il faut interdire ?
05:49L'interdiction, c'est le seul moyen de protéger nos adolescents ?
05:53Alors on va, restez avec nous.
05:55Nous n'avons pas le recul, je pense, nécessaire pour sortir de là.
06:00C'est-à-dire que cet algorithme, il est créé pour rendre accro.
06:03En fait, ils font des études dessus,
06:06ils mettent tout en forme, en fait, pour que l'enfant ne décroche pas.
06:10Et même un adulte a du mal à décrocher.
06:12Ou même des enfants qui sont des jeunes, qui sont dessus, qui ont 18-20 ans,
06:17disent, même si on le sait, on peut passer des 6-7 ans dessus,
06:21on n'arrive pas à décrocher.
06:23Donc en fait, il est conçu exprès, cet algorithme.
06:26Ils sont tout à fait conscients de ce qu'ils font.
06:27Parce que, en fait, plus un enfant est sur...
06:31En fait, le modèle de TikTok est la maximisation du temps d'écran.
06:35Parce que maximiser le temps d'écran, c'est faire du profit.
06:37Et c'est là où je ne suis pas d'accord,
06:39parce qu'on n'a pas le droit de faire de profit sur des mineurs
06:41qui n'ont pas la capacité mentale, en fait,
06:45de prendre le recul nécessaire et d'organiser leurs émotions.
06:49J'ai un même nom adulte, vu la société dans laquelle on vit,
06:52selon les images qu'on voit, on est choqués.
06:54Mais vous imaginez des enfants en pleine construction mentale.
06:57En fait, on leur dit que la dépression est normale.
07:00Voilà.
07:01Il faut les protéger en interdisant l'accès au réseau.
07:04Le but de cette loi est de les protéger.
07:06On va continuer d'en parler.
07:08Sophia Tisaoui, présidente de l'Union syndicale lycéenne.
07:11Vous êtes d'accord avec cette loi ou pas ?
07:13Déjà, toutes mes condoléances à cette dame pour sa fille.
07:18Vraiment, c'est un combat aussi que nous,
07:20on porte au sein de l'Union syndicale lycéenne
07:21contre le harcèlement et le cyberharcèlement.
07:24Maintenant, je ne pense pas que ce soit la seule méthode.
07:27Et je ne pense pas que même que ce soit nécessaire
07:29d'interdire les réseaux sociaux.
07:30Parce qu'on le voit très bien, les réseaux sociaux,
07:32pour certains, sont déjà interdits au moins de 13 ans.
07:34Et ça n'empêche pas plein de contournations,
07:36plein de dérives en réalité.
07:38Et ça ne bloque surtout pas le cyberharcèlement
07:41d'interdire les réseaux sociaux.
07:43Donc je pense que la solution,
07:45elle ne se trouve pas là en réalité.
07:47Elle se trouve dans le fait de faire de la formation,
07:48de faire de la prévention,
07:49autant chez les élèves que chez les parents.
07:52Parce que...
07:53Les parents sont souvent dépassés.
07:55Oui, en fait, nous, en tant qu'élèves,
07:57en tant que jeunes, on a toujours connu ça.
07:59On est nés dans cette génération-là des réseaux sociaux.
08:01Et du coup, les parents, c'est vrai qu'il y a un petit décalage
08:03et qu'ils doivent s'adapter,
08:04qu'ils ne savent pas forcément comment réagir.
08:06Mais si on ne leur donne pas les outils
08:07et si on ne met pas des moyens à disposition
08:09pour qu'ils puissent correctement accompagner leurs enfants
08:11et aussi leur faire comprendre
08:13que les réseaux sociaux, ce n'est pas la vraie vie
08:15et que c'est un algorithme qui les pousse à surconsommer,
08:18parce que c'est aussi le modèle de société
08:21dans lequel on vit aujourd'hui,
08:22on ne pourra pas réellement régler le problème.
08:24Alors, il y a le fond et puis aussi la forme.
08:26C'est comment on va interdire l'accès à ces réseaux.
08:29Je parlais d'Instagram, par exemple, ou du TikTok.
08:31Raphaël Grabli, ce n'est pas si simple
08:33parce qu'il faut mettre en place un système
08:34de vérification d'âge qui soit suffisamment efficace.
08:37Oui. Alors, la loi qui est débattue en ce moment
08:40de l'Assemblée nationale, elle pose un grand principe,
08:42c'est que les mineurs n'ont pas le droit
08:44d'aller sur les réseaux sociaux avant 15 ans.
08:46Ça, c'est vraiment le texte de loi qui ne va pas
08:48beaucoup plus loin que ça.
08:50Après, selon le gouvernement,
08:51et là, il y a une divergence juridique,
08:53selon le gouvernement, ça implique que les plateformes
08:56devront vérifier l'âge de tous les internautes
08:58à partir de septembre et jusqu'en décembre 2026.
09:03Selon à la fois les spécialistes du droit numérique
09:05et des sources à la Commission européenne,
09:07c'est très loin d'être évident
09:08parce que c'est plutôt du ressort de la Commission européenne.
09:10Alors, ça, c'est important de le préciser.
09:11En fait, c'est une compétence européenne.
09:13C'est-à-dire que si on veut interdire ou réguler
09:16les réseaux sociaux aux mineurs,
09:18il faut le faire au niveau européen.
09:20La France seule ne peut pas le faire.
09:21Exactement, ça doit se faire au niveau européen.
09:22D'ailleurs, il y a une personne qui l'avait dit,
09:23c'était Emmanuel Macron, juste avant les élections européennes.
09:26Donc, c'est que nous, on est en train de faire voter une loi...
09:28Non, mais qui est indispensable, en fait,
09:29qui est impréalable indispensable.
09:30Qui est sans doute impréalable indispensable,
09:32mais on risque de susciter un faux espoir
09:34parce que derrière, ça va être compliqué.
09:34Il ne faut pas non plus susciter de faux espoir
09:36parce qu'effectivement, le risque, c'est se dire
09:38qu'est-ce qui se passe le 1er septembre 2026
09:39et ce qu'on devra tous vérifier notre âge
09:41et dans l'éventualité où il ne se passe rien
09:43le 1er septembre 2026.
09:44Et la sanction, ce serait quoi ?
09:45Et justement, pour le moment,
09:46il n'y a pas de sanction dans le texte
09:47parce que là encore, les sanctions, c'est la compétence.
09:50On pose un principe, en fait.
09:50On pose un principe, les sanctions,
09:51c'est la compétence de l'Union européenne.
09:52Ce qui ne veut pas dire que la Commission européenne
09:54n'avance pas là-dessus.
09:55Et ça pourrait arriver, effectivement,
09:56l'interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes,
09:59mais au niveau européen.
10:00Mais ça peut arriver dans les prochains mois.
10:01– C'est complexe parce qu'on va lister les comptes interdits
10:06et d'autres seront autorisés,
10:10par exemple, les encyclopédies en ligne
10:11ou les répertoires éducatifs.
10:13On va faire un tri, là, ça ne va pas être ça.
10:14– Non, non, en fait, la liste, elle existe déjà,
10:16ce qu'on appelle dans le DSA,
10:18le règlement sur les services numériques.
10:20Si je dois dire les choses très simplement,
10:21la liste, en fait, elle est assez évidente pour tout le monde.
10:23C'est TikTok, c'est Instagram, c'est X, c'est Snap, c'est Facebook,
10:28même s'il y a moins de gènes sur Facebook aujourd'hui.
10:29Cette liste, finalement, on la connaît très bien.
10:33Voilà, donc c'est un grand principe posé par la loi
10:34et qui, surtout, ne concerne pas,
10:37et c'est important par rapport aux témoignages qu'on avait,
10:39les algorithmes, le fonctionnement des réseaux sociaux.
10:41Là encore, c'est l'Union européenne qui a lancé des enquêtes
10:43sur le fonctionnement de ces réseaux sociaux.
10:45Il y a deux volets, il y a à la fois protéger vraiment les plus jeunes,
10:48les moins de 15 ans, dire, les moins de 15 ans,
10:49de toute façon, ne vont pas sur les réseaux sociaux.
10:51Et après, y compris pour tout le monde, pour les adultes,
10:54comment est-ce qu'on fait pour que ces algorithmes
10:56soient moins nocifs pour l'ensemble des utilisateurs ?
10:58– Noa Duval est avec nous, il a 14 ans, il est influenceur politique.
11:02Il tient ce compte qui s'appelle
11:04Le Sourire Politique sur Instagram.
11:07Il fait des interviews de personnalité,
11:09comme nous faisons ici sur ce plateau.
11:10Il a reçu Yael Brown-Pivet, François Hollande,
11:13entre autres, l'ambassadeur des États-Unis aussi.
11:15Et puis, il a discuté de l'interdiction des réseaux sociaux
11:17avec Louis Sarkozy. Écoutez le débat.
11:19– Pour ou contre l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?
11:25– Voilà, alors ça, c'est une question où, en vérité,
11:28je ne suis pas encore sûr. Pourquoi ?
11:31Je me méfie de toute interdiction de l'État,
11:34surtout quand ça relève du comportement privé des gens.
11:37Et donc, mon premier réflexe serait de dire, je suis contre.
11:40C'est au rôle des parents de gérer l'addiction ou non
11:44des réseaux sociaux de leur enfant.
11:45Mais les désastres que les réseaux sociaux font sur les jeunes
11:50sont tels que je pense que le débat mérite d'avoir lieu.
11:53Mais je te dirais, pour ta question aujourd'hui, je suis contre.
11:55– Alors, il a plus de 23 000, quasiment 24 000 followers sur Instagram.
12:00Et il est avec nous, Noah Duval.
12:02Donc, si c'est interdit, plus de business, Noah ?
12:05Plus d'interviews ?
12:06– Non, déjà, ce n'est pas un business, ce que je fais exactement.
12:11Je ne gagne pas du tout d'argent.
12:12Je le fais avec du plaisir, beaucoup de plaisir et beaucoup de curiosité.
12:17– Mais donc, pour poser la question d'Alain,
12:20c'est-à-dire que si l'interdiction entre en vigueur,
12:24c'est terminé Instagram, puisque vous avez 14 ans.
12:27Or, vous, ce que vous faites, c'est du contenu de fond,
12:31politique, informatif, et ça marche ?
12:35– Effectivement, oui, j'aurai bientôt 15 ans dans un mois.
12:39Mais c'est vrai que là, avec cette loi, les prochaines générations,
12:44peut-être qu'ils voudront se lancer sur les réseaux sociaux,
12:46pour ne pas avoir l'opportunité de le faire avant 15 ans,
12:49comme j'ai eu la chance de le faire.
12:52Et pour moi, les réseaux sociaux, chez les jeunes,
12:54même en discutant avec mes amis, ça permet de s'informer,
12:58par exemple, avec plein de médias,
13:00sur les réseaux sociaux, avec mon média, par exemple,
13:03moi, j'essaye d'inciter les jeunes à aller voter,
13:06avec des formats où on découvre le parcours
13:08de différentes personalités politiques.
13:10– Mais vous dites, finalement, on diabolise trop les réseaux sociaux,
13:12on ne voit que le côté négatif,
13:14c'est le regard des adultes sur ces réseaux sociaux
13:16qui, peut-être, n'arrivent pas, chez eux,
13:19interdire les réseaux à leurs enfants,
13:22et qui pensent que passer par la loi, ça sera la solution ?
13:25– Alors, je ne dis pas qu'il y a de côté négatif.
13:27En réseaux sociaux, bien sûr, il y a du cyberharcèlement,
13:30qui peut mener à un mal-être chez les jeunes,
13:32mais c'est vrai qu'aussi, il y a un gros côté positif
13:35sur les réseaux sociaux.
13:36Comme je vous l'ai dit, ça permet de s'informer,
13:38c'est la première source d'informations chez les jeunes.
13:41Et aussi, par exemple, moi, personnellement,
13:43ça me permet d'apprendre.
13:44Sur les réseaux sociaux, il suffit, des fois,
13:46d'ouvrir Instagram pour tomber sur des professeurs,
13:50par exemple, Lucas Mat, qui est prof de maths,
13:52et qui envoie des fiches à des élèves
13:55pour s'aider, pour aider,
13:57enfin, pour mieux apprendre ses cours.
13:59– Le problème, c'est le contenu, ce n'est pas l'outil.
14:02– C'est ça, exactement.
14:04Pour moi, le problème, c'est le contenu.
14:06Et pour moi, je suis contre une interdiction totale,
14:10mais je suis pour réguler les réseaux sociaux,
14:13réguler l'algorithme.
14:14Et sur Instagram, je trouve que, par exemple,
14:17les algorithmes sont beaucoup moins violents
14:20que ce qu'on peut trouver sur TikTok.
14:22Et c'est pour ça que, d'ailleurs, moi, j'avais arrêté
14:25de poster sur TikTok, parce que des fois,
14:27des commentaires, ça peut être assez violent.
14:29Et c'est pour ça que je me suis restée, vraiment,
14:32sur Instagram, qui est beaucoup moins violent.
14:34Il y a beaucoup plus d'apprentissages et d'informations
14:37qui ne sont pas des fake news.
14:39– C'est intéressant ce que dit Noa, Raphaël Grabli.
14:41C'est-à-dire, lui, au lieu d'interdire un peu,
14:44de façon bête et méchante, tous les réseaux sociaux
14:45aux moins de 15 ans, peut-être qu'il faudrait demander
14:48à certains, comme peut-être TikTok,
14:50de réguler les algorithmes, de contrôler davantage les contenus,
14:55de faire un peu du sur-mesure, en fait.
14:56– Oui, c'est le vrai travail de fond.
14:58Mais en fait, l'un n'empêche pas l'autre.
15:00On peut dire, les moins de 15 ans, dans tous les cas,
15:02c'est vraiment trop jeune, ou les moins de 14 ans, d'ailleurs,
15:04on peut fixer n'importe quel âge.
15:06Et par ailleurs, il faut réguler les algorithmes.
15:07Par contre, réguler les algorithmes,
15:09et c'est-à-dire revenir, finalement, à un flux chronologique.
15:12Quand on avait Facebook, il y a 10 ans,
15:14pour ceux qui se souviennent, on avait un flux chronologique.
15:16On s'abonnait à nos proches, où c'était vraiment
15:17des réseaux sociaux, au sens social du terme.
15:19C'est-à-dire qu'on avait des abonnés,
15:21et on voyait de façon chronologique ce qui s'affichait
15:24simplement le jour où on régule les algorithmes
15:25des plateformes. Alors là,
15:27ça leur fait perdre énormément d'argent,
15:29parce qu'on réduit vraiment drastiquement
15:31le revenu. Et à ce moment-là, il y a autre chose qui entre en compte,
15:34parce que, comme je le disais, c'est la compétence
15:35de l'Union Européenne, et en ce moment,
15:37aller réduire drastiquement les revenus
15:39des géants américains, dans le contexte
15:42géopolitique actuel, c'est une prise
15:43de position qui est assez risquée.
15:46Stéphanie Mistre, vous avez écouté
15:47l'ensemble des débatteurs, y compris
15:49le point de vue du jeune Noah Duval. Qu'en dites-vous ?
15:51Alors,
15:53je suis d'accord qu'on peut apprendre des choses sur les réseaux.
15:56Ça reste une source d'information.
15:58Je pense que c'est surtout
15:59pour les adultes, et un
16:01tout petit pourcentage de nos adolescents.
16:03quand même, soyons un petit peu réalistes,
16:06qu'ils n'y vont pas que pour apprendre.
16:08Après, on nous parle des parents.
16:10Alors, OK, moi, je ne connais pas beaucoup de parents
16:12qui ne sont pas en galerie totale
16:13avec leurs enfants pour essayer d'appliquer
16:15des règles à la maison.
16:17Et pour vous dire, j'ai quand même une jeune fille,
16:19qui maintenant, ma deuxième, qui a 15 ans.
16:22Donc, comme je suis quand même
16:23meurtrie par ce qui m'est arrivé,
16:25je contrôle. Et comment vous dire
16:27qu'en fait, je me suis rendue compte, en contrôlant,
16:29complètement aminé, que ma fille
16:32détourne avec
16:34quelque chose qui s'appelle
16:36Screen Time Unlock.
16:38Sachant que les applications
16:40sont verrouillées, on ne peut pas mettre moins d'une minute,
16:42elle le fait en 15 secondes.
16:44J'ai appelé Apple,
16:45j'ai alerté lors d'une interview
16:47l'ARCOM.
16:49Par exemple, custodio,
16:51pour l'application, il suffit simplement
16:53de la désinstaller, de la réinstaller.
16:56Moi, je veux bien, mais en fait,
16:57ça crée, donc déjà l'adolescence, c'est compliqué,
17:00mais c'est la guerre à la maison, en fait.
17:01C'est complètement la guerre à la maison.
17:03Moi, je veux bien, mais donnant aux parents
17:05les moyens, en fait,
17:07d'avoir un vrai contrôle parental
17:09qui sécurise réellement nos enfants.
17:11Parce qu'actuellement, Apple,
17:1218h au téléphone, eux-mêmes ne sont pas capables
17:14de me dire, ou même dans un magasin Apple,
17:16ils m'ont dit que vous avez tout verrouillé, madame.
17:18Mais à part que ma fille, en 15 secondes,
17:20avec Screen Time Unlock,
17:22déverrouillage de son écran,
17:23elle y arrive sans problème.
17:25Voilà, j'ai l'air fait d'ARCOM.
17:27– Attends, merci Stéphanie.
17:28– Et je me permets aussi…
17:30– Oui, parce que je voudrais que tout le monde
17:31puisse parler, et Véronique,
17:33parce que ça va au-delà simplement des réseaux sociaux,
17:35on veut aussi interdire le portable au lycée.
17:38Donc là, on veut créer quand même quelque chose de…
17:43– Un écosystème, un écosystème.
17:45– Mais il y a une attente,
17:46il y a une demande du personnel éducatif ou pas ?
17:48Vous qui les côtoyez…
17:49– Clairement, dans les salles de classe,
17:51il y a un sujet,
17:52il y a des demandes des professeurs,
17:53et de plus en plus,
17:55ce sont les professeurs et les élèves eux-mêmes
17:57qui le demandent.
17:58Pourquoi ?
17:58Parce que vous avez l'intelligence artificielle,
18:00un téléphone,
18:00vous avez un devoir sur table
18:01qui va compter pour le bac,
18:03et au contrôle continu,
18:04et voilà,
18:04et vous vous retrouvez avec des copies,
18:06clairement,
18:07qui ont été écrites par l'intelligence artificielle,
18:08avec impossibilité de le prouver.
18:10Enfin, voilà.
18:11Donc vous avez de plus en plus
18:12de profs et d'élèves
18:14qui vont demander à avoir
18:16des petites boîtes
18:17où on met le téléphone,
18:18ça existe déjà.
18:19Et je pense que là,
18:20le pli va être pris
18:21parce que cette histoire de fraude,
18:23vraiment,
18:24ça embête tout le monde
18:25pour le contrôle continu au bac.
18:26– Sophie est d'accord avec ça ?
18:27Ça triche avec le smartphone ?
18:30– Non, oui,
18:30je pense que je ne peux pas dire l'inverse,
18:32honnêtement,
18:32bien évidemment.
18:33Maintenant,
18:34interdire le téléphone au lycée,
18:36j'en ai déjà parlé sur,
18:38par exemple,
18:38France Info,
18:38mais pour moi,
18:39ce n'est pas une bonne solution
18:40parce qu'en réalité,
18:41derrière,
18:41on nous dit que c'est pour réguler
18:43une certaine addiction,
18:46mais déjà,
18:46rien n'est prouvé,
18:47rien ne nous dit
18:48que le temps qu'on ne passe pas
18:49au lycée avec nos téléphones,
18:50on ne le rattrapera pas chez nous
18:51et ensuite,
18:53mine de rien,
18:53ça coûte de l'argent
18:54et on demande un effort
18:55à des établissements
18:57et j'ai regardé
18:57que c'était à peu près
18:5814 000 euros
18:58en fonction du nombre d'élèves.
19:00– Oui,
19:00on peut imaginer aussi
19:01qu'on dise juste
19:03c'est interdit.
19:04Il y a un jour,
19:04on a dit en 2006,
19:05c'est interdit de fumer
19:06dans les lycées,
19:07on y est arrivé.
19:08– Oui,
19:08mais ça ne veut pas dire
19:09que le nombre de fumeurs
19:10n'a pas augmenté en réalité.
19:11– Merci à tous.
19:12– Non,
19:12il a baissé,
19:12il a baissé.
19:13– Merci à tous.
19:14On verra ce qui se passe
19:15à l'Assemblée nationale.
19:17Sachant que,
19:17comme nous l'a dit
19:18et précisé Raphaël,
19:19ça ne peut pas s'appliquer
19:20pour l'instant.
19:20– Ça ne peut pas s'appliquer,
19:21ça reste de la compétence
19:22de l'Union européenne.
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