00:00Je ne regrette aucun de mes propos, je l'ai réitéré bien sûr en cours d'audience,
00:05puis en plaidant à la fin, présenter des excuses encore moins.
00:09Je ne fais que dire la réalité du contenu de ce dossier.
00:13C'est-à-dire qu'on dit depuis le début que M. Abdelhakim Sèfrioui, mon client...
00:17Votre client, le prédicateur qui a harcelé en ligne...
00:20Le prédicateur, c'est son appellation médiatique, je dirais que c'est un musulman conservateur
00:24et un défenseur des droits civils des musulmans.
00:27Je le présenterai comme ça.
00:28Qui a fini sur un assassinat.
00:29On dit qu'il s'est emparé de cette affaire sur la base des mensonges d'une jeune élève
00:35qu'on va appeler Zora, car elle était mineure.
00:37L'élève qui a affirmé avoir été là ce jour-là et qui n'y était pas.
00:40Qui n'y était pas.
00:41Mais le problème, c'est que cette jeune élève, elle n'a menti que sur un point,
00:45c'est-à-dire son absence ce jour-là.
00:47Mais sur ce qui s'est passé au moment de ce cours, elle n'a pas menti.
00:52A savoir que Samuel Paty, après avoir montré trois caricatures de Mahomet parfaitement acceptables,
00:58à l'ensemble de la classe, et avant de montrer une quatrième caricature obscène,
01:02aux limites de la portographie, disait aux élèves musulmans,
01:06et ça, une vingtaine d'élèves le disent dans le dossier.
01:08Mais ça, c'est dit par personne d'autre que moi.
01:10Disait aux élèves musulmans, en 2020, en 2019, en 2018, en 2017, sur plusieurs années,
01:15face à plus de 200 élèves, dont 20 viennent témoigner,
01:20qui ont été entendus par la police,
01:22il disait, les élèves musulmans, levez le doigt.
01:25Et ça, vous l'avez vu, ou mettre ?
01:26Dans le dossier, c'est ce que je vais plaider.
01:29Pour ensuite les inviter, leur suggérer, les inciter à sortir de la classe.
01:34Vous pouvez...
01:34Et à partir du moment...
01:35C'est ce qui a été dit lors de la première audience.
01:37Vous croyez que j'invente ça ?
01:38Je me permettrais de dire des choses aussi graves ?
01:40Si je peux me permettre, lors de la...
01:41C'est-à-dire que, quand il dit ça, il signe la discrimination.
01:45C'est une évidence.
01:47C'est le texte 225-1 du Code de procédure final.
01:50Il a été dit au premier procès,
01:51et je vais donner la parole à Émilie Frèche dans un instant,
01:55que Samuel Paty, avant de montrer ses caricatures,
01:58avait demandé aux élèves, sans prononcer le mot musulman...
02:02Ils prononcent le mot musulman, 20 élèves le disent.
02:05Ça, je ne sais pas où vous l'avez vu.
02:06Démontrer au procès, c'est tout le problème.
02:08Je termine simplement.
02:08Et qu'il leur a été demandé, pour ceux qui pourraient se sentir offensés par ça,
02:12de se boucher les oreilles ou de quitter la classe.
02:14Ça, pour vous, c'est de l'islamophobie ?
02:16Alors, qui a parlé d'islamophobie ?
02:18Est-ce que j'ai dit que Samuel Paty était raciste ?
02:20Il a discriminé ses élèves musulmans.
02:21Est-ce que j'ai dit que Samuel Paty était raciste ?
02:23Jamais.
02:24Est-ce que j'ai dit qu'il était islamophobe ?
02:25Jamais.
02:26Est-ce que j'ai dit qu'il méritait ce qui lui était arrivé ?
02:28Jamais.
02:29Je dis que c'est toute la complexité paradoxale de ce dossier,
02:32d'un prof qui n'est ni raciste ni islamophobe,
02:35mais qui, sous prétexte de protéger ses élèves, leur demande de lever le doigt.
02:38Qu'est-ce qu'on aurait dit s'il avait dit
02:40« Les catholiques, levez le doigt, je vais montrer Jésus-Christ caricaturé. »
02:43Qu'est-ce qu'on aurait dit s'il avait dit
02:45« Les élèves juifs, levez le doigt, je vais vous montrer Moïse dans une situation obscène. »
02:49Qu'est-ce qu'on aurait dit ?
02:50C'est-à-dire qu'il dit qu'il les protégeait en faisant ça,
02:53sauf qu'un cours s'est fait pour être entendu par tous les élèves.
02:56Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires