Skip to playerSkip to main content
  • 18 hours ago
une émission de France télévisions

Un intitulé racoleur, une promesse de scandale et surtout un nouvel épisode d’une dérive désormais assumée : celle d’un média public qui a troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française.

Il faut appeler les choses par leur nom. Et dire que ce n’est ni une enquête, ni un travail d’information équilibré, mais une entreprise de désinformation méthodique, où l’Algérie sert de cible obsessionnelle et de fonds de commerce médiatique.

Category

📺
TV
Transcript
00:00:00Bonsoir ! Non, le couscous ne va pas être interdit en France, comme on peut le lire sur certains réseaux sociaux algériens.
00:00:08Et les bûches de Noël ne sont pas traquées en Algérie, comme le prétend CNews.
00:00:12Depuis plusieurs mois, c'est le festival des rumeurs de part et d'autre de la Méditerranée,
00:00:17entre deux nations qui parfois se caricaturent mutuellement et qui ne se comprennent plus toujours.
00:00:22Vous n'avez pas des millions d'Algériens qui n'attendent qu'une chose, c'est d'aller planter des gens dans le métro.
00:00:26Tout ça, c'est pas vrai. C'est de l'invention, c'est de la fake news.
00:00:29Alors que les deux pays ont chacun rapatrié leur ambassadeur respectif,
00:00:33on vous raconte ce soir la guerre secrète entre la France et l'Algérie.
00:00:36Nous avons récupéré des documents classifiés qui révèlent les coups tordus
00:00:40et la bataille d'influence que se livrent leurs services de renseignement respectifs.
00:00:44Quelles informations vous avez données aux services de renseignement algériens ?
00:00:47Non, je n'ai pas transmis de mon propre regret.
00:00:50Moi, j'avais une menace sur l'eau. J'avais une menace.
00:00:53Mes parents, ils vivent en Algérie.
00:00:54Et pour parler de ce que certains qualifient de nouvelle guerre d'Algérie,
00:00:57on s'est installé à l'Institut du Monde Arabe
00:01:00où on recevra une députée écologiste qui se revendique autant française qu'algérienne.
00:01:04Sabrina Sébailly était reçue il y a moins de 15 jours
00:01:07par le président de l'Assemblée nationale algérienne
00:01:09et elle a évoqué avec lui tous les dossiers qui fâchent.
00:01:12On la retrouve juste après l'enquête de Sébastien Lafargue,
00:01:15Baptiste Lègle, Vincent Bouchy et Alexandrou Sekilariou.
00:01:18C'est aujourd'hui le jour J, celui du jugement.
00:01:26En juin dernier, son frère a été condamné en Algérie à 7 ans de prison.
00:01:31Depuis, Maxime vit dans l'attente de ce nouveau procès en appel.
00:01:35Verdict, dans quelques heures.
00:01:37La cour de Tiziouzou, à l'est d'Alger,
00:01:45va statuer sur le sort du journaliste français Christophe Gleize
00:01:48et peut-être lui rendre sa liberté.
00:01:52Bien sûr qu'il y a du stress qui s'y met.
00:01:58C'est comme l'attente d'une réponse depuis très longtemps.
00:02:02Là, c'est ce désir ardemment de savoir ce qui va se passer.
00:02:07En tout cas, optimiste, mais prudent quand même
00:02:09parce qu'on est sûr de rien.
00:02:16Christophe Gleize, merci.
00:02:17Vous êtes journaliste à SoFoot et Society.
00:02:19Passionné de foot et d'Afrique,
00:02:22le journaliste, filmé ici en 2018,
00:02:25présente alors un livre qu'il vient de publier.
00:02:27Entre l'Europe et l'Afrique,
00:02:29s'organise un trafic assez opaque
00:02:31où le footballeur africain va être traité comme une marchandise.
00:02:39En mai 2024, le reporter se rend en Algérie.
00:02:43Il enquête cette fois sur un club de foot
00:02:45symbole de l'identité kabyle
00:02:46et la mort suspecte d'un de ses joueurs.
00:02:49Quelques jours après son arrivée,
00:02:57il est arrêté.
00:02:58La justice algérienne lui reproche
00:03:00d'être entré sur le territoire
00:03:02avec un simple visa touriste,
00:03:04sans visa presse.
00:03:06Et surtout,
00:03:08d'être en contact depuis plusieurs années
00:03:10avec des indépendantistes kabyle,
00:03:12membres d'une organisation classée terroriste par Alger.
00:03:15En juin dernier,
00:03:18le journaliste est lui-même condamné
00:03:19pour apologie du terrorisme.
00:03:27Au siège de l'association Reporters sans frontières,
00:03:31mobilisé pour la libération de son frère,
00:03:34Maxime retrouve ses proches,
00:03:36les amis
00:03:37et la famille.
00:03:40Je pense trop à Christophe.
00:03:42Je sais que lui, il est très fort,
00:03:44mais tout de même,
00:03:46on aimerait une issue favorable,
00:03:47c'est sûr.
00:03:49En ce début de journée,
00:03:51le 3 décembre dernier,
00:03:53c'est l'espoir qui domine.
00:03:55Les signaux seraient même au vert.
00:03:56Trois semaines plus tôt,
00:03:57l'écrivain Boilem Sansal,
00:03:59lui aussi détenu en Algérie
00:04:01pendant un an,
00:04:02a été gracié.
00:04:04Nous avons bon espoir
00:04:05que les avocats,
00:04:06parce que c'est une défense renouvelée
00:04:08de Christophe,
00:04:09puissent faire entendre
00:04:10que ce qu'il a fait en Algérie,
00:04:12ce n'est en rien une apologie du terrorisme,
00:04:14mais ce qu'on appelle du journalisme.
00:04:15Le journalisme sportif est uniquement ça.
00:04:19Mais quelques heures après le début du procès,
00:04:21une première alerte installe le doute.
00:04:23Depuis le tribunal,
00:04:24les parents de Christophe Gleize
00:04:26appellent pendant une interruption d'audience.
00:04:30On a eu le retour du procureur,
00:04:34qui est quand même très à charge,
00:04:37virulent.
00:04:38Donc c'est vrai que ça rappelle
00:04:39qu'il y a un vrai risque
00:04:40d'une peine lourde.
00:04:42Donc c'est normal,
00:04:44c'est le jeu de la justice,
00:04:47mais c'est vrai que si ça tourne
00:04:48du mauvais côté,
00:04:49ça peut être un peu périllot.
00:04:52Le temps s'étire.
00:04:53Les visages se ferment.
00:04:57Et en fin de journée,
00:04:59c'est le choc.
00:05:01Peine confirmée,
00:05:02c'est en ferme.
00:05:03Christophe Gleize
00:05:04retourne dormir en prison ce soir.
00:05:06On vous sent très ému, Maxime,
00:05:15ce soir.
00:05:17Très ému et surtout
00:05:18extrêmement sous le choc.
00:05:23C'est la définition
00:05:24un peu de l'abattement
00:05:25parce qu'on ne s'attendait pas
00:05:26du tout à ça.
00:05:27J'imagine mon frère
00:05:28dans les prisons algériennes
00:05:30pendant sept ans
00:05:30et c'est vrai que c'est...
00:05:31L'Algérie
00:05:32est en train
00:05:34de se créer
00:05:35une épine dans le pied
00:05:36qui va être
00:05:37quelque chose
00:05:38qu'elle va traîner
00:05:38pendant peut-être des années
00:05:40s'il n'y a pas une solution
00:05:41rapide qui est trouvée.
00:05:42Juste un dernier mot.
00:05:45Frigleize.
00:05:45Et s'il vous plaît,
00:05:46venez nous aider
00:05:47pour libérer mon frère.
00:05:48Merci.
00:05:49On va parler maintenant
00:05:57des relations
00:05:58entre la France
00:05:58et l'Algérie.
00:06:02L'Algérie,
00:06:03vous avez tapé
00:06:03du poids sur la table.
00:06:04Ensuite,
00:06:05sur l'Algérie.
00:06:05L'Algérie.
00:06:06L'Algérie.
00:06:07Régime algérien.
00:06:08L'Algérie.
00:06:09C'est l'algérophobie
00:06:10qui est votre...
00:06:11Dans le monde politique.
00:06:13Dans la sphère médiatique.
00:06:15On passe de l'Algérie française
00:06:16qu'on a connue
00:06:17à la France algérienne
00:06:17qu'on va peut-être
00:06:18connaître.
00:06:19Ou sur les réseaux sociaux,
00:06:21depuis maintenant
00:06:22un an et demi,
00:06:23l'Algérie est au cœur
00:06:24du débat public.
00:06:26Boilem Sensal
00:06:26incarcéré
00:06:27pour avoir écrit
00:06:28emprisonné
00:06:29pour avoir aimé la France.
00:06:30Mais Boilem Sensal
00:06:31est tombé sous le coup
00:06:32de la loi
00:06:32d'un État souverain
00:06:33qui s'appelle l'Algérie,
00:06:35qui a une justice.
00:06:36Les députés ont adopté
00:06:37à une voix près
00:06:38une proposition
00:06:38visant à dénoncer
00:06:40l'accord franco-algérien
00:06:41de 1968.
00:06:43Les sujets de tension
00:06:44s'accumulent.
00:06:46Il y a les polémiques
00:06:47qui prêtent à sourire,
00:06:48nourris à grand renfort
00:06:49de rumeurs.
00:06:50Il y a quand même
00:06:50des contrôles de pâtisserie
00:06:52pour traquer les bûches
00:06:53de Noël.
00:06:53de Noël.
00:06:55A partir d'aujourd'hui,
00:06:56le couscous interdit
00:06:57dans la France.
00:06:59Vous avez des bûches ?
00:07:00Ah bah oui,
00:07:01bah y'en a.
00:07:02Joyeux Noël C News !
00:07:03Il y a aussi
00:07:04les appels
00:07:05à la violence.
00:07:13Et les déclarations
00:07:15enragées.
00:07:15Vous avez des millions
00:07:17d'algériens
00:07:18qui peuvent sortir
00:07:19un couteau
00:07:19dans le métro,
00:07:20dans une gare,
00:07:21dans la rue,
00:07:22n'importe où.
00:07:22Je ne veux pas
00:07:23que mon pays
00:07:23devienne une colonie
00:07:24de l'islam
00:07:25et de l'Algérie.
00:07:26Ce sont des racistes
00:07:27qui n'aiment pas
00:07:28les musulmans
00:07:28et qui n'aiment pas
00:07:29les Algériens.
00:07:30Nous sommes là,
00:07:30c'est notre pays.
00:07:32À Paris,
00:07:33comme à Alger,
00:07:35on s'empare du dossier
00:07:36au sommet de l'État.
00:07:38C'est l'escalade.
00:07:39On voit bien
00:07:40que l'Algérie
00:07:40cherche à humilier
00:07:42la France.
00:07:43Nous ne voulons pas
00:07:43la guerre avec l'Algérie.
00:07:45C'est l'Algérie
00:07:45qui nous agresse.
00:07:46Bruno Retailleux
00:07:47a eu le courage
00:07:47de montrer
00:07:48la réalité telle qu'elle est.
00:07:50Non, Bruno Retailleux
00:07:51avait un agenda
00:07:52et a décidé
00:07:53de faire de l'Algérie
00:07:54son bouc émissaire
00:07:55pour se créer
00:07:56sa petite marque électorale.
00:07:59Bien.
00:08:02D'un côté
00:08:03comme de l'autre,
00:08:04il y a des forces
00:08:05qui tirent profit
00:08:06de la crise.
00:08:06Massacre après massacre,
00:08:11la France a fait
00:08:115 630 000 martyres.
00:08:15Ce sont leurs chiffres.
00:08:21France,
00:08:22Algérie,
00:08:23bientôt
00:08:24deux siècles
00:08:25d'histoire commune
00:08:26et de destins
00:08:27liés de part
00:08:27et d'autre
00:08:28de la Méditerranée.
00:08:30Eux,
00:08:30ils sont douloureux
00:08:31et nous,
00:08:31on est ignorants.
00:08:32Nous,
00:08:33on ne comprend pas
00:08:33leur douleur
00:08:34parce qu'on l'a oubliée.
00:08:36Comment faire en sorte
00:08:39que le passé
00:08:40finisse enfin
00:08:41par passer ?
00:08:42Cette volonté
00:08:43de l'Algérie
00:08:44et de la France
00:08:45de se rejoindre
00:08:46pour avancer
00:08:47sur les chemins
00:08:48de l'avenir.
00:08:49La question
00:08:50s'est posée
00:08:51pour tous
00:08:51les présidents français.
00:08:53Emmanuel Macron
00:08:54pensait lui régler
00:08:55la question
00:08:55là où ses prédécesseurs
00:08:57ont tous échoué.
00:08:58La colonisation
00:08:59fait partie
00:08:59de l'histoire française.
00:09:01C'est un crime.
00:09:02C'est un crime
00:09:03contre l'humanité.
00:09:04C'est une vraie barbarie.
00:09:05Il a cru qu'il ferait
00:09:06mieux que les autres.
00:09:07Y est-il arrivé ?
00:09:08Non.
00:09:09Des tensions
00:09:10aggravées ces derniers mois
00:09:11par la révélation
00:09:12d'opérations d'ingérence
00:09:13sur le sol français
00:09:15attribuées à Alger.
00:09:17Vous reconnaissez du coup
00:09:18que vous avez été
00:09:19un informateur
00:09:20pour les services
00:09:21de renseignement ?
00:09:22Merci.
00:09:22Enquête
00:09:26sur une relation
00:09:27franco-algérienne
00:09:28plus que jamais
00:09:30mise à l'épreuve.
00:09:35On l'a compris
00:09:36depuis des décennies
00:09:38Alger et Paris
00:09:39alternent le chaud
00:09:40le froid
00:09:41et le glacial
00:09:42comme ces derniers temps.
00:09:44Voilà neuf mois
00:09:45que Stéphane Romatet
00:09:46l'ambassadeur français
00:09:47a quitté Alger
00:09:49rappelé par Emmanuel Macron.
00:09:52Neuf mois
00:09:52sans ambassadeur
00:09:53en Algérie
00:09:53du jamais vu.
00:09:57Comme beaucoup
00:09:57de Français
00:09:58Monsieur l'ambassadeur
00:09:59s'est mis au télétravail
00:10:00depuis son salon.
00:10:04On rejoint la Réunion.
00:10:06Bon ben écoutez
00:10:07bonjour à vous tous.
00:10:08Salut les amis
00:10:09ça fait plaisir
00:10:09de vous voir
00:10:10même à distance.
00:10:11On va reprendre
00:10:12nos petites habitudes
00:10:13de faire régulièrement
00:10:14ce point là
00:10:15sur les sujets
00:10:16économie,
00:10:17business,
00:10:18conjoncture,
00:10:19etc.
00:10:20Auprès de son équipe
00:10:21restée sur place
00:10:22il prend des nouvelles
00:10:23fraîches d'Alger
00:10:24et de ses dirigeants.
00:10:25Le président
00:10:26Théboune
00:10:26on sait que
00:10:27les rumeurs circulaient
00:10:29sur son état de santé
00:10:29pendant le mois d'août.
00:10:31Donc là
00:10:31je l'ai vu
00:10:32sur la tribune
00:10:34debout
00:10:34prononcer un discours
00:10:35de plus d'une demi-heure
00:10:36donc
00:10:36il est
00:10:37dans l'état de santé
00:10:39normal
00:10:39d'un homme de son âge.
00:10:41Il y a de quoi
00:10:42être inquiet aujourd'hui
00:10:43vous ?
00:10:44Vous êtes inquiet
00:10:44aujourd'hui ?
00:10:46Moi je suis
00:10:46le mot inquiétude
00:10:50je le reprends
00:10:51à mon compte.
00:10:53Nous sommes tous
00:10:54inquiets
00:10:55d'une crise
00:10:57qui dure.
00:10:58Jusqu'où ça peut aller ?
00:11:00Ce qu'il faut
00:11:00je n'en sais rien
00:11:02je ne sais pas
00:11:03jusqu'où ça peut aller
00:11:04est-ce que
00:11:04nous pouvons aller
00:11:05encore plus bas
00:11:06dans la détérioration
00:11:08de la relation
00:11:09qui est déjà
00:11:09très abîmée
00:11:10dans la plupart
00:11:11de ses dimensions
00:11:12je ne vois pas
00:11:14quelles sont
00:11:15les marches
00:11:16de descente
00:11:16additionnelles
00:11:17que nous pourrions
00:11:20avoir devant nous
00:11:21et donc
00:11:21le travail
00:11:22que nous devons faire
00:11:23c'est justement
00:11:24de tenter
00:11:26de convaincre
00:11:27tout le monde
00:11:27tous les acteurs
00:11:28de cette relation
00:11:29que l'intérêt collectif
00:11:30c'est de redémarrer.
00:11:33Un diplomate
00:11:34coincé chez lui
00:11:34deux pays
00:11:36qui ne se parlent plus
00:11:37c'est le résultat
00:11:39d'une histoire
00:11:39surprenante
00:11:40l'histoire
00:11:42d'un homme
00:11:43traqué
00:11:43devenu
00:11:44affaire d'état
00:11:45Amir Bukorz
00:11:51a 42 ans
00:11:52cet influenceur
00:11:54algérien
00:11:54se dit lanceur
00:11:55d'alerte
00:11:55il est l'ennemi
00:11:56juré du pouvoir
00:11:57algérien
00:11:58plusieurs fois
00:11:59condamné
00:11:59à distance
00:12:00il y a deux ans
00:12:02la France
00:12:03lui a accordé
00:12:04le statut
00:12:04de réfugié politique
00:12:05ce 29 avril 2024
00:12:11il est bientôt minuit
00:12:12quand il s'apprête
00:12:13à rejoindre son domicile
00:12:14quelque part
00:12:15en banlieue parisienne
00:12:16soudain
00:12:17il est stoppé net
00:12:19sur son trajet
00:12:19vous voyez où il y a
00:12:21la voiture rouge
00:12:21il y avait
00:12:22une voiture noire
00:12:23elle est sortie
00:12:26de son stationnement
00:12:27elle m'a bloqué
00:12:27directement la route
00:12:28elle m'a fermé
00:12:30la route
00:12:30je ne peux pas
00:12:31je ne peux pas
00:12:32continuer
00:12:32il y avait
00:12:35un gyrophare
00:12:36sur la droite
00:12:37quatre hommes
00:12:38descendus
00:12:38de la voiture
00:12:39portant un brassard
00:12:40orange
00:12:40de police
00:12:41ils m'ont demandé
00:12:43d'éteindre la voiture
00:12:45moi j'ai décidé
00:12:46de contrôler papier
00:12:47alors elle m'a dit
00:12:51qu'on va aller
00:12:53au commissariat
00:12:53il y a l'officier
00:12:55de l'APG
00:12:55qui est à temps
00:12:56qu'est-ce que vous pensez
00:12:59à ce moment-là
00:13:00moi j'ai pensé
00:13:02j'ai pensé
00:13:02que c'est des vrais policiers
00:13:04comme je suis
00:13:05dans un pays de droit
00:13:07et tout ça
00:13:07je n'ai pas peur
00:13:08les kilomètres
00:13:11défilent
00:13:12mais toujours pas
00:13:13de commissariat en vue
00:13:14celui qui se dit
00:13:16menacé
00:13:16par le pouvoir d'Alger
00:13:17comprend ce qui se joue
00:13:19il vient de tomber
00:13:20dans un guet-apens
00:13:21qu'est-ce que vous avez
00:13:22imaginé à ce moment-là
00:13:23le scénario
00:13:25le plus proche
00:13:26dans ma tête
00:13:26c'est l'assassinat
00:13:28vous savez
00:13:35ce qu'il n'aime pas
00:13:36c'est qu'on révèle
00:13:37la vérité
00:13:38vous ne le connaissez
00:13:41peut-être pas
00:13:42mais Amir Boukhorz
00:13:44alias Amir DZ
00:13:45est une vedette
00:13:46sur les réseaux algériens
00:13:471,2 million d'abonnés
00:13:49sur TikTok
00:13:49autant sur Facebook
00:13:51dans ces vidéos
00:13:53l'agitateur
00:13:54dénonce face caméra
00:13:55la corruption
00:13:55supposée du pouvoir
00:13:56ces accusations
00:13:58sont difficilement
00:13:59vérifiables
00:14:00et parfois
00:14:00très violentes
00:14:01monsieur le gouverneur
00:14:07Doran
00:14:07en ce moment même
00:14:08ta fille
00:14:09est en train
00:14:10de coucher
00:14:10avec Khaled
00:14:11le fils de Teboun
00:14:12dans un pays
00:14:15où la presse est bridée
00:14:16ses contenus virulents
00:14:17et parfois obscènes
00:14:18font recette
00:14:19surtout quand il s'en prend
00:14:20au président algérien
00:14:21et à sa famille
00:14:22le fils de Teboun
00:14:25est impliqué
00:14:27dans une histoire
00:14:28de poudre blanche
00:14:29on parle de 750 kilos
00:14:31de cocaïne
00:14:32ce qui touche
00:14:37à l'unité nationale
00:14:38nous utiliserons
00:14:39contre tous les moyens
00:14:41et ils paieront
00:14:42le prix fort
00:14:43en 2021
00:14:45le président algérien
00:14:46laisse éclater
00:14:47sa colère
00:14:48à la télévision
00:14:48contre tous ceux
00:14:49qu'il présente
00:14:50comme les ennemis
00:14:51de la nation
00:14:51même s'ils ouvrent
00:14:53leurs bouches de loin
00:14:54le jour viendra
00:14:57où ils paieraient
00:14:58l'unité nationale
00:15:02est sacrée
00:15:02Amir Dezède
00:15:05en est convaincu
00:15:05ces menaces
00:15:07lui sont aussi
00:15:08destinées
00:15:08après le kidnapping
00:15:14l'influenceur
00:15:16échoue dans un décor
00:15:17entre terrain vague
00:15:17et casse automobile
00:15:18on le force alors
00:15:20à prendre un puissant
00:15:21somnifère
00:15:22quand il ouvre les yeux
00:15:23il est face
00:15:24à deux nouvelles geôlières
00:15:25qui selon lui
00:15:27ne savent pas
00:15:28à qui elles ont affaire
00:15:29je me suis réveillé
00:15:30j'ai trouvé deux filles
00:15:32j'ai demandé
00:15:33pourquoi je suis là
00:15:35pourquoi vous me ramenez
00:15:36ici
00:15:36qu'est-ce que je fais là
00:15:37alors j'ai demandé
00:15:38à la fille
00:15:39je l'ai dit
00:15:39est-ce que vous avez
00:15:40un téléphone
00:15:40dit qu'elle a tapé
00:15:42le nom Amir Dezède
00:15:44directement
00:15:44elle a tombé
00:15:45sur l'article
00:15:46du Le Monde
00:15:47le mot
00:15:48que je ne peux pas oublier
00:15:50je ne l'oublierai jamais
00:15:51elle a dit
00:15:52nous sommes dans la merde
00:15:53elle a dit
00:15:54nous sommes dans la merde
00:15:54parce que ce monsieur
00:15:55c'est un réfugié politique
00:15:56c'est une affaire politique
00:15:57ça va aller loin
00:15:59très loin
00:16:00visiblement
00:16:02les commanditaires
00:16:03de l'opération
00:16:04n'ont pas tout dit
00:16:05à leurs petites mains
00:16:06qui finissent par paniquer
00:16:07la nuit suivante
00:16:09après 27 heures
00:16:10de détention
00:16:11l'opposant
00:16:12est finalement relâché
00:16:13sous ce pont
00:16:14en lisière de forêt
00:16:15regarde les yeux
00:16:18ça se voit
00:16:19que j'étais très drogué
00:16:21alors qui a commandé
00:16:22cette opération ?
00:16:23pour moi
00:16:24qui a commandé
00:16:24cette opération
00:16:25bien sûr
00:16:26s'il n'y a pas
00:16:26l'accord du Théboune
00:16:27prise dans l'Algérien
00:16:28à Magy Théboune
00:16:29personne ne peut faire
00:16:30cette scandale
00:16:31comme ça
00:16:33parce que Théboune
00:16:34c'est un voyou
00:16:35les accusations
00:16:38de l'influenceur
00:16:39sont graves
00:16:39un kidnapping
00:16:41sur le sol français
00:16:42organisé par une puissance
00:16:43étrangère
00:16:45la police française
00:16:47se met immédiatement
00:16:48au travail
00:16:49elle va faire
00:16:52une étonnante découverte
00:16:53dans les semaines
00:16:56qui précèdent
00:16:56l'enlèvement
00:16:57deux téléphones
00:16:58bornes
00:16:59à de nombreuses reprises
00:17:00à proximité
00:17:00du domicile
00:17:01d'Amir DZ
00:17:02les titulaires
00:17:03des lignes
00:17:03sont identifiés
00:17:05et la stupeur
00:17:06il s'agit
00:17:07de deux Algériens
00:17:08officiellement diplomates
00:17:09pour les enquêteurs
00:17:11il s'agit plutôt
00:17:12de deux agents
00:17:13du renseignement
00:17:14sous couverture
00:17:14après plusieurs mois
00:17:17l'un d'entre eux
00:17:18est interpellé
00:17:19et placé
00:17:19en détention
00:17:20la crise
00:17:22déjà ouverte
00:17:23entre la France
00:17:23et l'Algérie
00:17:24va alors prendre
00:17:25un nouveau tour
00:17:26merci monsieur
00:17:30le secrétaire
00:17:30d'Etat
00:17:31d'être avec nous
00:17:32en direct
00:17:33Alger conteste
00:17:34toute implication
00:17:35cette affaire
00:17:36qui est en quelque sorte
00:17:37et pour dire vrai
00:17:38une affaire
00:17:39tout à fait
00:17:39fabriquée
00:17:41et réchauffée
00:17:41l'argument
00:17:43utilisé
00:17:44concerne
00:17:45un délinquant
00:17:45notoire
00:17:46qui prétexte
00:17:48avoir été
00:17:49enlevé
00:17:50il aurait été
00:17:52victime
00:17:52d'un ennèvement
00:17:54et il accuse
00:17:54les services
00:17:55de sécurité
00:17:55algériens
00:17:56d'avoir
00:17:57commandité
00:17:57cet ennèvement
00:17:58comme si
00:17:59nos services
00:18:00de sécurité
00:18:00n'avaient qu'à faire
00:18:03avec cette
00:18:04ville personne
00:18:05la France
00:18:07qui emprisonne
00:18:08un diplomate
00:18:09en théorie
00:18:09protégé par son statut
00:18:10un scandale
00:18:12la réaction
00:18:14est immédiate
00:18:15à Alger
00:18:16l'ambassadeur français
00:18:17Romathé
00:18:17est convoqué
00:18:18on lui remet
00:18:20une liste
00:18:2112 noms
00:18:2112 agents français
00:18:23ils ont 48 heures
00:18:24pour quitter le pays
00:18:25c'est un tournant
00:18:29c'est une
00:18:30mesure
00:18:31d'une réaction
00:18:33extrême
00:18:33de la part
00:18:34des autorités
00:18:35algériennes
00:18:36jamais je crois
00:18:37un pays
00:18:38n'a décidé
00:18:39d'expulser
00:18:41comme ça
00:18:41de manière
00:18:42aussi brutale
00:18:43autant
00:18:44d'agents
00:18:44sous statut
00:18:45diplomatique
00:18:46c'est donc une mesure
00:18:47inédite
00:18:47d'une inouïe
00:18:50soudaineté
00:18:51et d'une inouïe
00:18:52brutalité
00:18:52qui ne pouvait
00:18:53évidemment
00:18:53qu'appeler
00:18:54une mesure
00:18:55strictement
00:18:56réciproque
00:18:56de la part
00:18:57de la France
00:18:5712 agents
00:18:58algériens
00:18:59expulsés
00:19:00de France
00:19:00c'est dans
00:19:01les usages
00:19:01diplomatiques
00:19:02oeil pour oeil
00:19:03dent pour dent
00:19:04et la décision
00:19:06prise à ce moment-là
00:19:07de me rappeler
00:19:08c'était donc
00:19:09le 17 avril
00:19:11en quelques mois
00:19:14l'affaire Amir
00:19:15des aides
00:19:15a fait exploser
00:19:16les relations
00:19:16franco-algériennes
00:19:17mais aussi
00:19:20provoquer
00:19:21la colère
00:19:22des services
00:19:23secrets français
00:19:23contre leurs
00:19:24homologues
00:19:25nous avons pu
00:19:28consulter une note
00:19:29classée
00:19:29secret défense
00:19:30elle émane
00:19:32du contre-espionnage
00:19:33français
00:19:33et décrit
00:19:34les pratiques
00:19:35des espions
00:19:35algériens
00:19:36les services
00:19:40de renseignement
00:19:40algériens
00:19:41en France
00:19:42consacrent
00:19:42l'essentiel
00:19:43de leur travail
00:19:44à l'identification
00:19:45au contrôle
00:19:46et à la répression
00:19:47des personnalités
00:19:48et des mouvements
00:19:49d'opposition
00:19:50au régime algérien
00:19:51exilés
00:19:52dans notre pays
00:19:53dans ce document
00:19:55sont racontés
00:19:56ce que seraient
00:19:57les méthodes
00:19:57des services
00:19:58algériens
00:19:58pour obtenir
00:19:59des informations
00:20:00sur ce qu'ils visent
00:20:01les services
00:20:04de renseignement
00:20:04algériens
00:20:05un cible volontiers
00:20:06des fonctionnaires
00:20:07binationaux
00:20:08principalement
00:20:09au sein
00:20:09des ministères
00:20:09régaliens
00:20:10par l'intermédiaire
00:20:11desquels
00:20:11ils obtiennent
00:20:12l'accès
00:20:13à des bases
00:20:13de données
00:20:14souveraines
00:20:14s'attacher
00:20:21les services
00:20:21d'un employé
00:20:22de l'état
00:20:22ayant accès
00:20:23à des données
00:20:24sensibles
00:20:24c'est ce qui
00:20:26semble s'être
00:20:26produit dans
00:20:27l'opération
00:20:27contre Amir
00:20:28des aides
00:20:28un agent
00:20:30des services
00:20:31secrets
00:20:31algériens
00:20:31aurait frappé
00:20:32fort
00:20:33il aurait réussi
00:20:34à recruter
00:20:35un fonctionnaire
00:20:35français
00:20:36au sein
00:20:36du ministère
00:20:37des finances
00:20:38il aurait fait
00:20:39de cet ingénieur
00:20:40de Bercy
00:20:41né en Algérie
00:20:42son espion
00:20:43tout commence
00:20:46en 2023
00:20:47l'informaticien
00:20:49sans histoire
00:20:50de 56 ans
00:20:51se rend au consulat
00:20:52de Créteil
00:20:53pour des démarches
00:20:54administratives
00:20:55il est alors
00:20:56tamponné
00:20:57par le fameux agent
00:20:58quelques jours plus tard
00:21:00il aurait livré
00:21:01l'adresse personnelle
00:21:02d'Amir des aides
00:21:03et pendant deux ans
00:21:04il aurait fourni
00:21:05des informations
00:21:06sur une quinzaine
00:21:07d'opposants
00:21:07vivant en France
00:21:08c'est ce qu'il a
00:21:10affirmé au juge
00:21:11celui que la presse
00:21:14surnomme
00:21:14l'espion de Bercy
00:21:15est mis en examen
00:21:17notamment pour
00:21:18intelligence
00:21:18avec une puissance
00:21:19étrangère
00:21:20il est aujourd'hui
00:21:22libre
00:21:22mais sous contrôle
00:21:23judiciaire
00:21:24nous sommes allés
00:21:27à sa rencontre
00:21:27en caméra cachée
00:21:28bonjour
00:21:32je suis journaliste
00:21:33à France 2
00:21:33pour le magazine
00:21:34Compliment Enquête
00:21:34quelles informations
00:21:36vous avez données
00:21:37au service de renseignement
00:21:38algérien
00:21:39c'est une fiche
00:21:40terrible
00:21:42de manger
00:21:42c'est ça
00:21:43qui gère
00:21:43de mon avance
00:21:44mais grâce à ces informations
00:21:47les services de renseignement
00:21:49ont pu aller
00:21:50enlever
00:21:52Amir des aides
00:21:53est-ce que
00:21:54vous avez conscience
00:21:55quand vous transmettiez
00:21:56ces informations
00:21:57que vous pouviez
00:21:58mettre en danger
00:21:59ces opposants
00:22:00non
00:22:01non
00:22:02non
00:22:03j'ai pas transmis
00:22:04de mon propre gain
00:22:05ce qu'on n'arrivait pas
00:22:08ce que
00:22:08peut-être les hommes
00:22:10qui n'auraient pas compris
00:22:10moi j'avais une menace
00:22:12sur l'eau
00:22:13j'avais une menace
00:22:14mes parents
00:22:15ils vivent en Algérie
00:22:16d'accord
00:22:17voilà
00:22:19donc les services de renseignement
00:22:20vous ont mis la possession
00:22:21tous les services de renseignement
00:22:23les soirs
00:22:23français
00:22:25ou étrangers
00:22:26ils essayent toujours
00:22:28de prouver ça
00:22:29de prouver
00:22:30le bon
00:22:31qui me sert
00:22:31en fait
00:22:32on a compris
00:22:33quelqu'un de cadre
00:22:34quelqu'un de bien consulté
00:22:36et de détruire
00:22:36et vous reconnaissez du coup
00:22:38que vous avez été
00:22:39un informateur
00:22:40pour les services de renseignement
00:22:42merci
00:22:42l'homme se dit victime
00:22:45des pressions
00:22:45qu'aurait exercée sur lui
00:22:46l'agent du renseignement
00:22:48qui depuis
00:22:49a réussi à prendre
00:22:50la fuite en Algérie
00:22:51dans cette affaire
00:22:55huit personnes
00:22:56ont déjà été mises
00:22:57en examen
00:22:57et un mandat d'arrêt
00:22:58international
00:22:59a été délivré
00:23:00contre un agent algérien
00:23:01ce jour-là
00:23:02Amir Desaides
00:23:03et son avocat
00:23:04rencontrent le juge
00:23:05d'instruction
00:23:05pour la première fois
00:23:06vous êtes bien conscients
00:23:08que les chances
00:23:10de succès
00:23:11d'investigation
00:23:11en Algérie
00:23:12elles sont
00:23:12assez limitées
00:23:14sauf si
00:23:15par miracle
00:23:16les autorités algériennes
00:23:17vont y répondre
00:23:19mais on peut en douter
00:23:19non non
00:23:20d'être d'accord
00:23:21pour l'avocat
00:23:23de l'influenceur
00:23:24la justice
00:23:26n'a pour le moment
00:23:27mis la main
00:23:27que sur les exécutants
00:23:29pas sur les commanditaires
00:23:31ce n'est pas une initiative
00:23:38de fonctionnaires
00:23:40ou de pseudo-diplomates
00:23:41à Paris
00:23:42qui auraient dans leur point
00:23:43décidé de neutraliser
00:23:45voire de tuer
00:23:45un opposant politique
00:23:46c'est une initiative
00:23:48qui relève
00:23:49d'une décision
00:23:50au plus haut
00:23:50au niveau de l'état
00:23:51on ne peut pas
00:23:52le concevoir autrement
00:23:53que répond Alger
00:23:57à ces accusations
00:23:58nos demandes répétées
00:24:00d'interviews aux autorités
00:24:02sont restées sans réponse
00:24:03et nous n'avons pas
00:24:04obtenu de visa
00:24:05pour nous rendre sur place
00:24:06mais de nombreuses voix
00:24:08rappellent
00:24:09les opérations
00:24:10menées depuis longtemps
00:24:11par les services secrets
00:24:12français sur le sol algérien
00:24:13et il y a un an
00:24:16le ministère algérien
00:24:18des affaires étrangères
00:24:19convoque l'ambassadeur français
00:24:21sommé de s'expliquer
00:24:22dans un reportage
00:24:24la chaîne d'état
00:24:25AL24
00:24:26accuse
00:24:27la DGSE
00:24:28de tenter
00:24:29de déstabiliser l'Algérie
00:24:30en recrutant
00:24:31un ancien terroriste
00:24:33le quai d'Orsay
00:24:35a formellement
00:24:36démenti
00:24:37ces guerres d'espions
00:24:47ces coups tordus
00:24:48ont envenimé
00:24:49les relations
00:24:50entre la France
00:24:50et l'Algérie
00:24:51dans le sud
00:24:53de l'Italie
00:24:53va naître
00:24:54une autre histoire
00:24:55cette fois-ci
00:24:56une querelle de présidents
00:24:57sur fond de trahison
00:24:58juin 2024
00:25:00sommet du G7
00:25:02les grands de ce monde
00:25:03ont invité
00:25:03d'autres leaders
00:25:04dont le président algérien
00:25:05qu'est-ce que
00:25:07je suis content
00:25:08de te voir
00:25:08devant les caméras
00:25:11Emmanuel Macron
00:25:12et Abdelmajid Tebboune
00:25:14ont encore
00:25:14la mine des bonjours
00:25:16ils affichent même
00:25:17ostensiblement
00:25:18leur très grande amitié
00:25:19il y a une vraie relation
00:25:22personnelle
00:25:23entre les deux hommes
00:25:24ça je peux vous le dire
00:25:25Emmanuel Macron
00:25:26moi-même
00:25:27quand il me parle
00:25:28de son homologue algérien
00:25:29il me dit
00:25:29mon frère Abdelmajid
00:25:31mon grand frère
00:25:32Abdelmajid
00:25:32il me le répète
00:25:33souvent
00:25:34qu'il a beaucoup
00:25:35d'admiration
00:25:36d'affection
00:25:36pour le président algérien
00:25:38et le président Tebboune
00:25:41de l'affection
00:25:42quand il lui parle
00:25:42il appelle Emmanuel
00:25:43ils sont à
00:25:44tuer à toi
00:25:45et malgré la différence
00:25:48d'âge
00:25:49je vois que
00:25:51ces deux hommes
00:25:51s'apprécient
00:25:52énormément
00:25:53sur le plan personnel
00:25:54le recteur
00:25:55de la mosquée
00:25:55de Paris
00:25:56est présenté
00:25:57comme l'ambassadeur
00:25:58de l'ombre
00:25:58de l'Algérie
00:25:59en France
00:25:59il est en tout cas
00:26:01un témoin privilégié
00:26:02de cette relation
00:26:02entre les deux hommes
00:26:03alternant grandes embrassades
00:26:05et déchirements
00:26:06le rendez-vous italien
00:26:09va marquer
00:26:10un de ces moments
00:26:11de rupture
00:26:11aux sourires aimables
00:26:13vont bientôt succéder
00:26:14menaces et invectives
00:26:15le président Tebboune
00:26:17m'a dit
00:26:18que lorsqu'il était arrivé
00:26:20à Bari
00:26:20Emmanuel Macron
00:26:21va chez lui
00:26:22dans sa résidence
00:26:24et ils vont passer
00:26:25un moment
00:26:26à se parler
00:26:27et je pense
00:26:28que c'est là
00:26:29où il va lui dire
00:26:30voilà ce que je compte
00:26:32faire avec le roi du Maroc
00:26:33Emmanuel Macron
00:26:35informe Abdelmajid Tebboune
00:26:36qu'il va se rapprocher
00:26:37de son frère ennemi
00:26:38le roi du Maroc
00:26:39Mohamed VI
00:26:40et lui faire
00:26:42un très beau cadeau
00:26:42la France
00:26:44va reconnaître
00:26:45la souveraineté
00:26:46du Maroc
00:26:46sur le Sahara occidental
00:26:47et donc
00:26:48désavouer Alger
00:26:50car ce territoire
00:26:51est au coeur
00:26:52d'un conflit
00:26:52entre les deux voisins
00:26:53il est revendiqué
00:26:54par le Maroc
00:26:55alors qu'Alger
00:26:56soutient depuis 50 ans
00:26:58les indépendantistes
00:26:59le président Tebboune
00:27:03lui a répondu
00:27:04très directement
00:27:06comme ils l'ont
00:27:07toujours fait
00:27:07dans leur relation
00:27:08il lui a dit
00:27:09si tu le fais
00:27:09ça sera terminé
00:27:10entre nous
00:27:11et c'est ce qui s'est
00:27:12passé effectivement
00:27:13puisque
00:27:13dès que la déclaration
00:27:16a été faite
00:27:16l'ambassadeur d'Algérie
00:27:18a été rappelé
00:27:19à Alger
00:27:20Emmanuel Macron
00:27:21fait le choix
00:27:22du Maroc
00:27:22pour faire repartir
00:27:24sa relation
00:27:24avec le royaume
00:27:25à l'arrêt
00:27:26depuis plusieurs années
00:27:27une trahison
00:27:29pour l'Algérie
00:27:30est-ce que vous avez
00:27:31fait une erreur ?
00:27:32écoutez
00:27:32cette décision
00:27:33elle a été murement
00:27:34réfléchie
00:27:34c'est pas comme ça
00:27:35sur un coin de table
00:27:39que la nouvelle position
00:27:40de la France
00:27:40sur le Sahara occidental
00:27:41a été prise
00:27:42tout ça a été
00:27:42très longuement mûri
00:27:44pendant des semaines
00:27:45et des semaines
00:27:45la décision a été prise
00:27:46de manière éclairée
00:27:48et en assumant
00:27:49la totalité
00:27:50des conséquences
00:27:50que ça allait entraîner
00:27:51à la fois dans la relation
00:27:52avec le Maroc
00:27:53et dans la relation
00:27:54avec l'Algérie
00:27:55et donc nous n'avons pas
00:27:55été pris par surprise
00:27:56non
00:27:57dans la foulée
00:28:02le président de la république
00:28:04va aussi bouleverser
00:28:05les équilibres
00:28:05sur la scène française
00:28:06à la rentrée 2024
00:28:14un nouveau locataire
00:28:16fait son entrée
00:28:16place Beauvau
00:28:17Bruno Retailleau
00:28:23encore peu connu
00:28:24du grand public
00:28:25compte bien rapidement
00:28:27imprimer sa marque
00:28:28la politique
00:28:35que nous ferons
00:28:36c'est la politique
00:28:38de la majorité nationale
00:28:40avec trois priorités
00:28:42la première
00:28:43rétablir l'ordre
00:28:44la deuxième
00:28:45rétablir l'ordre
00:28:46la troisième
00:28:48rétablir l'ordre
00:28:50parce que je crois
00:28:51parce que je crois
00:28:51à l'ordre
00:28:52tenant d'une droite
00:28:54ferme
00:28:55celui qui n'a jamais
00:28:56été ministre
00:28:57hérite d'une place
00:28:58stratégique
00:28:59l'intérieur
00:29:00un tremplin
00:29:01inespéré
00:29:02quand on a de grandes
00:29:03ambitions politiques
00:29:04comme nous le confirme
00:29:06un fin connaisseur
00:29:08ancien collègue
00:29:09du gouvernement
00:29:10passé lui-même
00:29:11par la place Beauvau
00:29:11c'était quoi
00:29:12le but du jeu
00:29:13c'était de tirer profit
00:29:14au maximum
00:29:15de cette place
00:29:16de choix
00:29:16au ministère
00:29:17de l'intérieur
00:29:18oui mais ça c'est
00:29:19dans un temps
00:29:19relativement court
00:29:20où on est
00:29:21pas très loin
00:29:22de l'élection
00:29:23présidentielle
00:29:24où se jouait
00:29:25en plus à ce moment
00:29:25le leadership
00:29:26des républicains
00:29:28bien évidemment
00:29:30et donc
00:29:31est arrivée
00:29:32la question algérienne
00:29:33et donc la question algérienne
00:29:35les problématiques
00:29:36qui ne sont pas résolues
00:29:37il les prend
00:29:38à Brancor
00:29:40donc oui
00:29:41Bruno Retailleau
00:29:43s'est saisi
00:29:43de ce dossier
00:29:45pour des raisons
00:29:46éminemment politiques
00:29:47on ne va pas dire
00:29:48le contraire
00:29:48et il a envie
00:29:50d'avoir
00:29:51un destin national
00:29:53et donc
00:29:54il y a
00:29:55deux questions
00:29:56qui l'intéressent
00:29:58la question de l'Algérie
00:29:59et la question de l'Islam
00:30:00et il va
00:30:01grâce à ces deux
00:30:03sujets
00:30:03devenir président
00:30:05de LR
00:30:05et jusqu'à la fin
00:30:08jusqu'à la fin
00:30:09son sujet
00:30:10est l'Algérie
00:30:11le dossier algérien
00:30:14comme instrument
00:30:15au service
00:30:15d'une conquête politique
00:30:17en tout cas
00:30:18en un an à Beauvau
00:30:19Bruno Retailleau
00:30:20impose sa méthode
00:30:21le rapport de force
00:30:23l'actualité
00:30:25va lui en donner
00:30:25l'occasion
00:30:26novembre 2024
00:30:32l'écrivain
00:30:33Boilem Sansal
00:30:33plume critique
00:30:34du pouvoir d'Alger
00:30:35est arrêté
00:30:36puis condamné
00:30:37à cinq ans
00:30:37de prison
00:30:38puis vient
00:30:40la polémique
00:30:41des influenceurs
00:30:42algériens
00:30:42depuis la France
00:30:46certains appellent
00:30:47à commettre
00:30:48des actions violentes
00:30:49l'un d'entre eux
00:30:50en situation irrégulière
00:30:51est expulsé
00:30:52Alger
00:30:53le renvoie
00:30:53le jour même
00:30:54vers Paris
00:30:54je veux dire
00:30:56ma superfaction
00:30:57on voit bien
00:30:58que l'Algérie
00:30:58cherche
00:30:59à humilier
00:31:00la France
00:31:01et quelques semaines
00:31:02plus tard
00:31:03un événement
00:31:03tragique
00:31:04va le conduire
00:31:05à durcir
00:31:05sa position
00:31:06la France
00:31:08a donc été
00:31:09une nouvelle fois
00:31:10touchée
00:31:10par un attentat
00:31:11terroriste
00:31:12islamiste
00:31:13le 22 février
00:31:152025
00:31:15à Mulhouse
00:31:16un Algérien
00:31:17sous le coup
00:31:17d'une obligation
00:31:18de quitter
00:31:19le territoire
00:31:19tue une personne
00:31:21et en blesse
00:31:21sept autres
00:31:22dans une attaque
00:31:23au couteau
00:31:23selon Bruno Retailleau
00:31:28à dix reprises
00:31:30les autorités françaises
00:31:31ont tenté
00:31:32de l'expulser
00:31:32et à dix reprises
00:31:34Alger
00:31:35aurait refusé
00:31:36de l'accueillir
00:31:37aucun pays
00:31:41aucun pays
00:31:43quelle que soit
00:31:44l'histoire
00:31:44qui peut nous séparer
00:31:45n'a un droit
00:31:47de tirage
00:31:47pour humilier
00:31:48la France
00:31:49je suis
00:31:50partisan
00:31:51puisque
00:31:52la méthode douce
00:31:54a été utilisée
00:31:55avec l'Algérie
00:31:56de poser
00:31:58un rapport
00:31:59de France
00:31:59c'est une bascule
00:32:02dans la gravité
00:32:03de la crise
00:32:04et là
00:32:06il n'y a pas que
00:32:06Bruno Retailleau
00:32:08qui s'émeut
00:32:09de cet attentat
00:32:11c'est tous
00:32:12les français
00:32:12et Bruno Retailleau
00:32:14quand il parle
00:32:15des OQTF
00:32:17il est
00:32:17complètement dans son rôle
00:32:19mais il utilise
00:32:19un vocabulaire
00:32:20qui va bien au-delà
00:32:21du constat
00:32:23des faits
00:32:23il utilise
00:32:25un vocabulaire
00:32:26qui relève
00:32:27de l'honneur
00:32:29la France
00:32:29humiliée
00:32:30l'Algérie
00:32:31agresse la France
00:32:32nous ne voulons pas
00:32:33la guerre
00:32:34avec l'Algérie
00:32:34c'est l'Algérie
00:32:35qui nous agresse
00:32:36Alger décide alors
00:32:38de limiter
00:32:38davantage encore
00:32:39le nombre
00:32:40d'OQTF repris
00:32:41en France
00:32:42la cote de popularité
00:32:44du ministre
00:32:45explose dans les sondages
00:32:46durant son passage
00:32:47à Beauvau
00:32:48Bruno Retailleau
00:32:49est le ministre
00:32:49préféré des français
00:32:50de quoi inspirer
00:32:52d'autres aspirants
00:32:54dans le sillage
00:32:58de Bruno Retailleau
00:32:59vont s'engouffrer
00:33:00d'autres personnalités
00:33:01politiques françaises
00:33:02qui vont abonder
00:33:04dans ce discours
00:33:05qui consiste
00:33:07à jouer
00:33:09sur la corde
00:33:10de la fierté
00:33:11nationale française
00:33:12bafouée
00:33:13par l'agression
00:33:14algérienne
00:33:15dans le champ
00:33:17de la droite
00:33:18et de l'extrême droite
00:33:19le discours
00:33:20va parfois
00:33:20prendre un tour
00:33:21violent
00:33:21avec cette interview
00:33:23de Louis Sarkozy
00:33:24si j'étais aux manettes
00:33:26et que l'Algérie
00:33:27arrêtait
00:33:28Bouélem sans salle
00:33:29je brûlerais
00:33:29l'ambassade
00:33:30et très régulièrement
00:33:33sur les plateaux
00:33:33de télévision
00:33:34des chaînes d'info
00:33:35je ne veux pas
00:33:36que mon pays
00:33:37devienne une colonie
00:33:38de l'islam
00:33:39et de l'Algérie
00:33:40j'attends qu'il y ait
00:33:41plus d'OPTF
00:33:42renvoyé
00:33:43moins d'égorgement
00:33:44vous avez des millions
00:33:45d'Algériens
00:33:47qui peuvent sortir
00:33:48un couteau
00:33:49dans le métro
00:33:50dans une gare
00:33:51dans la rue
00:33:51n'importe où
00:33:52l'Algérie
00:33:53nous fait une déclaration
00:33:55de guerre
00:33:55perpétuelle
00:33:56tous les jours
00:33:56comment prétendre
00:33:58que la guerre
00:33:58d'Algérie
00:33:59est terminée
00:34:00c'est grotesque
00:34:01ce sont des propos
00:34:02qui sont des propos
00:34:03caricaturaux
00:34:04vous n'avez pas
00:34:04des millions d'Algériens
00:34:05qui n'attendent qu'une chose
00:34:06c'est d'aller
00:34:07planter des gens
00:34:07dans le métro
00:34:08ça c'est pas vrai
00:34:09ça n'existe pas
00:34:11c'est de l'invention
00:34:12c'est de la fake news
00:34:13c'est du trumpisme pur
00:34:14Farid Benlaga
00:34:16est un producteur
00:34:16franco-algérien
00:34:17à succès
00:34:18engagé à gauche
00:34:19il travaille
00:34:20sur les deux rives
00:34:21de la Méditerranée
00:34:22vous avez des gens
00:34:23qui sont très organisés
00:34:24et qui sont
00:34:26dans une activité
00:34:27de lobbying
00:34:28médiatico-politique
00:34:31très puissant
00:34:31et puis vous avez
00:34:32d'un autre côté
00:34:33des gens
00:34:34qui subissent
00:34:35en l'occurrence
00:34:36les franco-algériens
00:34:37d'une certaine manière
00:34:38sont tellement
00:34:39habitués
00:34:39à subir
00:34:40qu'ils laissent passer
00:34:42ces fractures
00:34:43qui sont en train
00:34:43d'être créées
00:34:44bien évidemment
00:34:44peuvent avoir
00:34:45des conséquences
00:34:45dramatiques
00:34:46et si demain
00:34:47le pays bascule
00:34:48dans l'extrême droite
00:34:49les conséquences
00:34:50seront très lourdes
00:34:51puisque là
00:34:52on ne parlera plus
00:34:52de fractures
00:34:53on parlera d'affrontements
00:34:54l'Assemblée Populaire Nationale
00:34:59a voté
00:34:59à l'unanimité
00:35:00une loi
00:35:01sur la colonisation
00:35:02française
00:35:03en Algérie
00:35:04côté algérien
00:35:06la tension
00:35:07est aussi montée
00:35:08d'un cran
00:35:09là-bas
00:35:10le discours
00:35:11dénonçant
00:35:11le colon français
00:35:12redouble d'intensité
00:35:13il y a un mois
00:35:15les députés algériens
00:35:16drapés d'écharpes
00:35:17aux couleurs du pays
00:35:18décident
00:35:19de faire de la colonisation
00:35:20un crime d'état
00:35:22une fois la loi promulguée
00:35:26nous exigerons
00:35:29des réparations
00:35:30pour les ressources
00:35:32qui ont été pillées
00:35:33et spoliées
00:35:34en Algérie
00:35:34instrumentaliser l'histoire
00:35:39la mémoire
00:35:40pour le pouvoir civil
00:35:41ça lui permet
00:35:42d'avoir une légitimité
00:35:44d'utiliser un bouc émissaire
00:35:46qui est la France
00:35:47pour que la population
00:35:50fasse bloc
00:35:50ni repentance
00:35:52ni excuse
00:35:53c'est la ligne
00:35:54de Julien Aubert
00:35:55vice-président
00:35:56des républicains
00:35:57pour ce proche
00:35:58de Bruno Retailleau
00:35:59désormais
00:36:00il faut regarder devant
00:36:01nous avons besoin
00:36:02en fait
00:36:03que
00:36:03le souvenir
00:36:05de la guerre d'Algérie
00:36:06reste au vestiaire
00:36:07qu'on dise
00:36:07ben voilà
00:36:07c'est de l'histoire ancienne
00:36:08et que les générations
00:36:10qui n'ont pas connu
00:36:10ces événements-là
00:36:11puissent se parler
00:36:12sans faire référence
00:36:14à des choses
00:36:15qui ont eu lieu
00:36:15il y a 50 ans
00:36:1660 ans
00:36:17dans ce climat
00:36:20d'extrême tension
00:36:20certains points de vue
00:36:22deviennent inaudibles
00:36:23même s'ils s'appuient
00:36:25sur des réalités historiques
00:36:26vis-à-vis de l'Algérie
00:36:28si la France
00:36:29présentait des excuses
00:36:30pour 130 ans
00:36:31de massacres
00:36:32de meurtres
00:36:34je ne suis pas du tout
00:36:35d'accord
00:36:36de coopérisation
00:36:37d'un peuple
00:36:38d'une violence
00:36:39incroyable
00:36:40il va aller se prosterner
00:36:41devant un régime
00:36:42dictatorial
00:36:43qui nous crache
00:36:43à la figure
00:36:44en allant faire
00:36:46de la repentance
00:36:46au secours
00:36:47c'est un dossier complexe
00:36:49l'éditorialiste
00:36:50Jean-Michel Apathy
00:36:51s'y est pourtant risqué
00:36:52il sera mis à pied
00:36:54une semaine
00:36:55par RTL
00:36:56pour ses propos
00:36:56et finira
00:36:57par quitter la radio
00:36:58je ne savais pas
00:36:59que j'allais parler
00:36:59précisément de ça
00:37:00et c'est d'ailleurs
00:37:01une question du journaliste
00:37:02Thomas Soto
00:37:03mais pourquoi
00:37:04on a d'aussi mauvaises relations
00:37:05avec l'Algérie
00:37:06qui m'a fait
00:37:07tomber dans le piège
00:37:09ou entrer dans le tunnel
00:37:10ou dire
00:37:11ce que j'avais
00:37:11sur le ventre
00:37:12à la radio
00:37:14ce matin-là
00:37:14face à Florence Portelli
00:37:16du parti
00:37:16Les Républicains
00:37:17il décrit
00:37:18la violence
00:37:19de l'armée française
00:37:20au 19ème siècle
00:37:21en empruntant
00:37:22une comparaison historique
00:37:23qui va choquer
00:37:24vous savez
00:37:25chaque année
00:37:26en France
00:37:26on commémore
00:37:28ce qui s'est passé
00:37:28au Radour-sur-Glane
00:37:29c'est-à-dire
00:37:30le massacre
00:37:30le massacre
00:37:32de tout un village
00:37:33mais on en a fait
00:37:33des centaines
00:37:34nous en Algérie
00:37:35est-ce qu'on en a conscience ?
00:37:36On n'a pas fait
00:37:37au Radour-sur-Glane
00:37:38en Algérie
00:37:38On a mis des gens
00:37:40on a mis des femmes
00:37:41et des enfants
00:37:41dans une église
00:37:42et on a mis le feu
00:37:42vous ne connaissez pas du tout
00:37:46l'histoire
00:37:46de la conquête
00:37:47de l'Algérie
00:37:49par la France
00:37:49mais vous ne savez pas du tout
00:37:51vous ne savez pas du tout
00:37:52que les villageois
00:37:53fuyaient les colonnes
00:37:55des soldats français
00:37:56c'est horrible
00:37:58comparez ça au nazisme
00:38:00nous ce que nous avons fait
00:38:01c'est que les villageois
00:38:02algériens
00:38:03se réfugiaient
00:38:04dans des grottes
00:38:05on a muré les grottes
00:38:07on a mis du bois
00:38:08devant les grottes
00:38:09on a allumé du feu
00:38:11et on les a
00:38:12asphyxiés
00:38:13j'avais l'impression
00:38:14d'avoir égrené
00:38:15un chapelet de gros mots
00:38:17mais pas du tout
00:38:18alors je le dis
00:38:19comme je le dis
00:38:19on peut toujours critiquer
00:38:20certaines formules
00:38:21etc
00:38:21celle-là je n'aurais peut-être
00:38:23pas formulée comme ça
00:38:24si j'avais écrit quelque chose
00:38:25mais j'ai dit
00:38:26une partie
00:38:27de l'histoire de France
00:38:28l'université française
00:38:29a beaucoup travaillé
00:38:31sur ces questions-là
00:38:32moi tout ça
00:38:33je l'ai lu dans les livres
00:38:34moi je n'ai été
00:38:35dans aucune archive
00:38:36je ne sais pas
00:38:36je n'ai pas fait un travail
00:38:38que personne n'a fait
00:38:39non non
00:38:39j'ai lu le travail des autres
00:38:41et comme Thomas Soto
00:38:42et Florence Portelli
00:38:43des millions de français
00:38:44ne veulent pas
00:38:45m'entendre parler
00:38:46c'est une vieille histoire
00:38:47n'en parlons plus
00:38:48c'est terminé
00:38:49non
00:38:49bien sûr que ça n'est pas
00:38:51une histoire infinie
00:38:52parce que nous avons
00:38:53sur notre terre
00:38:54aujourd'hui
00:38:54beaucoup de gens
00:38:55qui sont liés à cette histoire
00:38:57à des titres divers
00:38:58une histoire
00:39:01qui touche notamment
00:39:02les franco-algériens
00:39:03comme Farid Ben Laga
00:39:04il dénonce
00:39:06un deux poids
00:39:07deux mesures
00:39:08quand il est question
00:39:09de l'Algérie
00:39:10dans les médias
00:39:10quand une déclaration
00:39:12est faite
00:39:12pour susciter
00:39:14de l'émoi
00:39:14en braquant
00:39:15et en pointant du doigt
00:39:16les Algériens
00:39:17ça passe crème
00:39:18et quand vous avez
00:39:20des déclarations
00:39:21pour mettre un peu
00:39:22d'intelligence
00:39:23pour mettre un peu
00:39:24de relief
00:39:24dans l'histoire
00:39:25de la France
00:39:26et de l'Algérie
00:39:26et reconnaître
00:39:27un certain nombre
00:39:28de crimes
00:39:30qui ont pu être commis
00:39:30par la France
00:39:31et qui nous grandiraient
00:39:33de le reconnaître
00:39:34ça, ça ne passe pas
00:39:36combien d'habitants
00:39:42en France
00:39:43d'origine algérienne
00:39:44environ 2 millions
00:39:47comme le dit l'INSEE
00:39:484 à 6
00:39:49comme la sur-Alger
00:39:50une certitude
00:39:52beaucoup d'entre eux
00:39:54se sentent visés
00:39:54par ces polémiques
00:39:55ce jour-là
00:39:57c'est une soirée
00:39:58de gala
00:39:59celui du conseil mondial
00:40:00de la diaspora
00:40:01algérienne
00:40:02autour de 130 euros
00:40:04l'entrée
00:40:04pour développer son réseau
00:40:05dans le monde des affaires
00:40:06ça va nous permettre
00:40:08de rencontrer des personnes
00:40:09voir les différents styles
00:40:10de métiers qu'ils font
00:40:11peut-être pouvoir
00:40:12développer notre business
00:40:13en fonction de ce qu'ils font
00:40:15ou de nous
00:40:15pour pouvoir voir
00:40:17si on peut se tirer
00:40:17tout simplement vers le haut
00:40:19entrepreneurs
00:40:20cadres
00:40:21ou encore élus locaux
00:40:23ils défendent
00:40:24leur double culture
00:40:24et regrettent
00:40:25d'être devenus des cibles
00:40:27quand nous on est une diaspora
00:40:30et qu'on va parler de nous
00:40:31en disant français de papier
00:40:32ne pas se sentir complètement
00:40:33on ne se sent pas
00:40:35complètement intégré
00:40:36dans le discours
00:40:36et le narratif
00:40:37qu'ils proposent en face
00:40:38alors que nous aujourd'hui
00:40:38on se considère
00:40:39complètement français
00:40:40c'est ça aujourd'hui
00:40:40qui nous crée de la douleur
00:40:42en réalité
00:40:43être essentialisé
00:40:44à une chose
00:40:44juste à l'origine
00:40:45et en plus ça
00:40:46de manière négative
00:40:48c'est dommage qu'on résume ça
00:40:49malheureusement
00:40:49que à ça
00:40:50la crise inquiète aussi
00:40:52pour ses répercussions
00:40:53sur les relations économiques
00:40:55entre les deux pays
00:40:56le président
00:40:57de la chambre de commerce
00:40:58française à Alger
00:40:59a lui aussi
00:41:00fait le déplacement
00:41:01vous avez 6000
00:41:02entreprise française
00:41:02qui exporte pour quelques
00:41:045 milliards d'euros
00:41:05en Algérie
00:41:06et qu'aujourd'hui
00:41:07on a un peu
00:41:08à mon avis
00:41:09jeté le bébé
00:41:10avec l'eau du bain
00:41:10et qu'il faut quand même
00:41:12montrer aux gens
00:41:13que les Algériens
00:41:15de la diaspora algérienne
00:41:16les 4 ou 5 millions
00:41:17d'Algériens
00:41:17qui vivent en France
00:41:18ce ne sont pas que
00:41:19des OQTF
00:41:20et des voyous
00:41:21à l'origine de ce club
00:41:24select
00:41:24Karim Zeribi
00:41:25ancien élu de gauche
00:41:27français
00:41:27habitué des plateaux télé
00:41:29il est aujourd'hui
00:41:30réputé proche
00:41:30du pouvoir algérien
00:41:31Monsieur Zeribi
00:41:33c'est une diaspora
00:41:36à laquelle
00:41:36jusque là
00:41:37on ne s'est pas
00:41:37assez intéressé
00:41:38pourquoi vous avez
00:41:41commencé cette initiative ?
00:41:42Il n'y a pas
00:41:42à s'intéresser
00:41:43je pense que la diaspora
00:41:44elle n'a pas besoin
00:41:47qu'on s'intéresse
00:41:47ou qu'on ne s'intéresse pas
00:41:48c'est est-ce qu'elle a
00:41:49un besoin
00:41:49de se retrouver
00:41:50ou est-ce qu'elle n'en a pas ?
00:41:51Jusqu'à présent
00:41:52les franco-algériens
00:41:53ne ressentaient pas
00:41:54ce besoin
00:41:55d'abord parce qu'ils ont
00:41:56trouvé leur place
00:41:57à la société française
00:41:57pour l'immense majorité
00:41:59d'entre eux
00:41:59on ne le dit pas
00:42:00ils sont chefs d'entreprise
00:42:01ils sont cadres
00:42:03ils sont dans les services publics
00:42:04ils ont des postes
00:42:05à responsabilité
00:42:06et c'est la majorité
00:42:08silencieuse
00:42:09c'est toujours pareil
00:42:09on parle des trains
00:42:11qui arrivent en retard
00:42:11on ne parle jamais
00:42:12des trains qui arrivent à l'heure
00:42:13s'il y en a bien
00:42:14des citoyens français
00:42:14qui doivent dire stop
00:42:15nous avons quand même
00:42:17une longue histoire
00:42:18qui nous lie
00:42:19et surtout
00:42:20un avenir
00:42:20à écrire ensemble
00:42:21c'est la diaspora
00:42:22franco-algérienne
00:42:24cette diaspora
00:42:25c'est français
00:42:26liés aux deux pays
00:42:27depuis peu
00:42:28le pouvoir algérien
00:42:29s'y intéresse
00:42:30les valorise
00:42:31à condition
00:42:32qu'ils ne s'opposent pas
00:42:33à lui
00:42:33car ne pas adhérer
00:42:39à la ligne d'Alger
00:42:40c'est prendre le risque
00:42:42d'être combattu
00:42:43y compris
00:42:43sur des terrains inattendus
00:42:45dans nos rues
00:42:46dans nos rues
00:42:46a commencé une guerre des mots
00:42:48la pluie ne gâchera pas
00:42:55ce jour important
00:42:56pour Nadia Matoub
00:42:57en septembre dernier
00:43:01une rue de Drancy
00:43:02en banlieue parisienne
00:43:03est baptisée du nom
00:43:05de son mari
00:43:05le célèbre chanteur
00:43:07Lounès Matoub
00:43:08figure emblématique
00:43:13de la Kabylie
00:43:14pour laquelle
00:43:15il a évoqué
00:43:15l'autonomie
00:43:16sa si chère région
00:43:18où le chanteur
00:43:19fut assassiné
00:43:20en 1998
00:43:21la justice algérienne
00:43:25a condamné
00:43:26deux personnes
00:43:27de la mouvance islamiste
00:43:28mais ce verdict
00:43:33a toujours été controversé
00:43:35à la mort de l'artiste
00:43:37des dizaines de milliers
00:43:38de manifestants
00:43:39accusent le pouvoir algérien
00:43:40d'être impliqués
00:43:42dans son exécution
00:43:43tous ceux qui sont là
00:43:44sont aussi là
00:43:45pour dire aussi
00:43:46qu'on n'a pas oublié
00:43:47Lounès Matoub
00:43:48et qu'on revendique aussi
00:43:49la vérité
00:43:50surtout la vérité
00:43:51sur son assassinat
00:43:52et qu'on est là
00:43:53pour continuer son combat
00:43:54on est là pour dire
00:43:55aussi non
00:43:56aux récupérations
00:43:58qui sont tentées
00:43:59régulièrement
00:44:00au coeur de cette bataille
00:44:02pour la mémoire
00:44:03les plaques de rue
00:44:04comment présenter
00:44:08Lounès Matoub
00:44:09plusieurs communes
00:44:10le qualifient
00:44:11de chanteur algérien
00:44:12mais Drancy
00:44:21a décidé
00:44:22d'écouter
00:44:23la veuve Matoub
00:44:24un autre choix
00:44:25a été fait
00:44:26vous savez
00:44:29en une année
00:44:29il y a eu
00:44:31trois inaugurations
00:44:32de Lounès Matoub
00:44:33on est ici
00:44:34pour rendre hommage
00:44:35à Lounès
00:44:36et je parlerai
00:44:37en toute liberté
00:44:38sur cette plaque
00:44:43c'est un chanteur
00:44:44et poète kabyle
00:44:45aucune référence
00:44:47à l'Algérie
00:44:47dans l'assistance
00:44:52ce jour-là
00:44:53des militants
00:44:54du MAC
00:44:55le mouvement
00:44:56pour l'autodétermination
00:44:57de la Kabylie
00:44:58un parti politique
00:44:59radical
00:45:00classé terroriste
00:45:01par Alger
00:45:02sur la plaque
00:45:03il est inscrit
00:45:04chanteur kabyle
00:45:05s'il avait été écrit
00:45:07chanteur algérien
00:45:08ça vous aurait été
00:45:10égal ?
00:45:11ça aurait été la même chose ?
00:45:12personnellement non
00:45:13pourquoi ?
00:45:15parce que je vous l'ai dit
00:45:16il y a quelques secondes
00:45:18c'était le premier
00:45:19qui a parlé
00:45:19de l'indépendance
00:45:20de la Kabylie
00:45:21donc il ne se sentait
00:45:21pas algérien
00:45:22c'est un Kabylie
00:45:23il a dit
00:45:24je suis Kabylie
00:45:25assumons-nous
00:45:27il a dit
00:45:28avec les autres
00:45:29c'est l'incompatibilité
00:45:30totale
00:45:32donc c'était un Kabylie
00:45:34et aujourd'hui
00:45:35on ne peut pas le présenter
00:45:36en tant qu'Algérien
00:45:37moi je serais cons
00:45:39à Drancy
00:45:45la nouvelle plaque
00:45:46n'aurait suscité
00:45:47aucune réaction
00:45:48côté algérien
00:45:49mais ce serait loin
00:45:51d'être le cas
00:45:51dans d'autres villes
00:45:52cette note récente
00:45:58du contre-espionnage
00:45:59semble indiquer
00:46:00que les services algériens
00:46:01n'hésitent pas
00:46:02à mettre sous pression
00:46:03des élus
00:46:04de la république française
00:46:05en novembre 2024
00:46:08une conseillère municipale
00:46:10franco-algérienne
00:46:11d'une grande ville
00:46:12de région parisienne
00:46:13est invitée
00:46:14à se rendre
00:46:14au consulat de Créteil
00:46:16selon la note
00:46:18des services français
00:46:18un agent
00:46:19la soumet
00:46:20à un entretien
00:46:21dans une ambiance oppressante
00:46:22pendant deux heures
00:46:24il lui a reproché
00:46:28d'avoir inauguré
00:46:28une plaque de rue
00:46:29à la gloire
00:46:30du chanteur
00:46:30Lounes Matoub
00:46:31mentionnant uniquement
00:46:33sa qualité de Kabylie
00:46:34et non la nationalité algérienne
00:46:36il a exigé
00:46:39une rectification
00:46:40et un changement
00:46:41de plaque
00:46:42la conseillère municipale
00:46:45ne cède pas
00:46:45l'entretien se tend
00:46:47selon la note
00:46:48son statut d'élu
00:46:50intéresse particulièrement
00:46:51l'agent du renseignement
00:46:52sur le ton
00:46:55de la menace
00:46:56il lui a indiqué
00:46:57qu'elle faisait l'objet
00:46:58d'un suivi
00:46:58de la part du consulat
00:46:59en raison de ses connexions
00:47:01politiques françaises
00:47:02intéressantes
00:47:03pour l'Algérie
00:47:03par la suite
00:47:07il a relancé
00:47:08l'élu plusieurs fois
00:47:09par téléphone
00:47:10lui en joignant
00:47:11de revendiquer
00:47:12publiquement
00:47:12son attachement
00:47:13à l'Algérie
00:47:14nous avons joint
00:47:19l'élu
00:47:19qui aurait été victime
00:47:20de ce coup de pression
00:47:21elle ne sait pas
00:47:23qu'elle est enregistrée
00:47:24si elle refuse
00:47:26de certifier
00:47:26le récit du rendez-vous
00:47:28elle nous confirme
00:47:29avoir été approchée
00:47:29par les services algériens
00:47:31et d'après son témoignage
00:47:32elle est loin
00:47:33d'être la seule
00:47:34alors en cas
00:47:35ce que je peux vous dire
00:47:36c'est qu'effectivement
00:47:37il y a énormément
00:47:38de lieux locaux
00:47:38qui ont été
00:47:39qui ont été approchés
00:47:41par les consulats
00:47:42et puis on va rappeler
00:47:43à ses élus
00:47:44qu'ils sont les enfants
00:47:46de l'immigration algérienne
00:47:47qu'ils sont les enfants
00:47:48d'Algérie
00:47:48et donc ils ont un devoir
00:47:50vis-à-vis de l'Algérie
00:47:51vis-à-vis de leurs ancêtres
00:47:52de prendre partie
00:47:54pour l'Algérie
00:47:55et puis s'ils font ça
00:47:56quelque part
00:47:57en Algérie
00:47:57on leur promet
00:47:58de leur ouvrir
00:47:59toutes les portes
00:47:59s'il y a un problème
00:48:01on sera là pour vous aider
00:48:03on pourra vous valoriser
00:48:04et dans quel but
00:48:06les autorités algériennes
00:48:07mèneraient ce genre d'opération ?
00:48:08on demande à tous les élus
00:48:10de faire la promotion
00:48:11de l'algérianité
00:48:12de contre-carver
00:48:13le discours actuel
00:48:16qui est officiel
00:48:17le discours médiatique
00:48:18qui tape sur l'Algérie
00:48:19donc voilà
00:48:20ils estiment
00:48:21que la diaspora
00:48:22et tous ceux
00:48:23qui ont une influence
00:48:24qu'elles soient politiques
00:48:25médiatiques
00:48:26ou autres
00:48:27ont un rôle à jouer
00:48:28tout le monde
00:48:30aurait un rôle à jouer
00:48:31même les opposants
00:48:33déclarés au régime
00:48:34l'objectif
00:48:39les faire changer
00:48:40de camp
00:48:40leur proposer
00:48:42la repentance
00:48:43en échange
00:48:44de l'extinction
00:48:44d'éventuelles poursuites judiciaires
00:48:46Jamila est une activiste
00:48:49cabile
00:48:49dans les transports
00:48:51en commun
00:48:51elle est toujours
00:48:52sur ses gardes
00:48:53oui on peut me reconnaître
00:48:55maintenant
00:48:56parce que j'interviens
00:48:57dans des manifestations
00:48:58je me suis fait remarquer
00:49:01à plusieurs reprises
00:49:02donc je me dis
00:49:03et j'ai une
00:49:04il y a une militante
00:49:06qui a été gravement agressée
00:49:07sa vigilance a redoublé
00:49:09depuis qu'elle a aussi eu affaire
00:49:11au service secret algérien
00:49:12en 2024
00:49:13elle souhaite aller en cabili
00:49:15pour se recueillir
00:49:16sur la tombe de sa soeur
00:49:17son passeport est périmé
00:49:19elle est obligée
00:49:20de se rendre au consulat
00:49:21pour le renouveler
00:49:22sur place
00:49:23elle est reçue
00:49:24par un agent
00:49:25qui selon elle
00:49:25exerce un chantage
00:49:27son passeport
00:49:28contre des informations
00:49:29d'après notre enquête
00:49:33ces opérations
00:49:34se sont multipliées
00:49:35ces derniers mois
00:49:36nos confrères
00:49:37de l'œil du 20h
00:49:38sont parvenus
00:49:38à se procurer
00:49:39l'enregistrement
00:49:40d'un de ses rendez-vous
00:49:41on y entend
00:49:42un fonctionnaire algérien
00:49:44tenter
00:49:44de retourner
00:49:45un activiste cabile
00:49:46je m'engage à cesser
00:50:12toute activité subversive
00:50:14ou hostile
00:50:14susceptible de porter atteinte
00:50:16aux intérêts de mon pays
00:50:17l'Algérie
00:50:18a dévoilé
00:50:19tous les noms et plans
00:50:20de mon mouvement
00:50:20a collaboré
00:50:22avec les services
00:50:23de renseignement algérien
00:50:24je certifie
00:50:26n'avoir subi
00:50:26aucune sorte de pression
00:50:28l'œil du 20h
00:50:30a contacté
00:50:31l'homme chargé
00:50:32d'approcher
00:50:32les opposants
00:50:33l'Algérie
00:50:34a initié
00:50:35donc
00:50:36une procédure
00:50:37pour
00:50:37tout Algérien
00:50:39égaré
00:50:41qui veut rentrer
00:50:41à son pays
00:50:42mais ça veut dire quoi
00:50:43égaré ?
00:50:44un Algérien
00:50:46qui se considère
00:50:47Algérien
00:50:48et
00:50:48il est aux côtés
00:50:50de son pays
00:50:50et il va
00:50:51défendre l'Algérie
00:50:53face à la France
00:50:53Djamila appartient
00:50:59à ceux
00:50:59qu'Algérie appelle
00:51:00les égarés
00:51:01lors de son face-à-face
00:51:02au consulat
00:51:03elle a refusé
00:51:04de faire allégeance
00:51:05et de livrer
00:51:06l'identité
00:51:07de ses amis
00:51:07dans le haut canon
00:51:08moi je ne suis pas
00:51:09venu ici
00:51:10pour balancer
00:51:11moi je ne suis pas
00:51:12une balance
00:51:13et là j'ai senti
00:51:14vraiment
00:51:14j'ai dit
00:51:15oh je suis peut-être
00:51:16partie un peu trop loin
00:51:17je dis écoutez
00:51:18je vais réfléchir
00:51:20à tout ce que vous
00:51:20m'avez demandé
00:51:21je ne suis plus revenu
00:51:23qu'est-ce que ça raconte
00:51:24selon vous
00:51:25des méthodes
00:51:26des autorités algériennes
00:51:28à l'égard
00:51:29des mouvements
00:51:30d'opposition
00:51:30comme le vôtre
00:51:31c'est la répression
00:51:32c'est la répression
00:51:34ça n'a pas d'autre nom
00:51:35ils ont un but
00:51:36avoir des documents
00:51:37avoir des noms
00:51:38et sortir les militants
00:51:40et jurer
00:51:41que je ne ferai plus
00:51:42de politique
00:51:43que je ne rentrerai plus
00:51:43dans le MAC
00:51:44c'est des méthodes
00:51:45policières
00:51:46de la dictature
00:51:47la crainte de Djamila
00:51:50ne jamais revoir
00:51:52sa terre de Kabylie
00:51:53France
00:51:56Algérie
00:51:57une relation complexe
00:51:59et des millions
00:52:00de vies impactées
00:52:01mais alors
00:52:03quelle est la suite
00:52:04comment rebondir
00:52:06les deux pays
00:52:07peuvent-ils enfin
00:52:08recoller les morceaux
00:52:09la méthode
00:52:12de la confrontation
00:52:13et de l'intimidation
00:52:14a échoué
00:52:14et la méthode
00:52:16du dialogue
00:52:16et de l'interaction
00:52:18diplomatique
00:52:19a échoué également
00:52:21et c'est ça
00:52:22qui est grave
00:52:23ce qui signifie
00:52:23qu'on va redéfinir
00:52:24tous les rapports
00:52:25entre la France
00:52:25et l'Algérie
00:52:26d'un côté comme de l'autre
00:52:27nous les enfants
00:52:29des deux pays
00:52:29nous devons faire en sorte
00:52:32pour que
00:52:32enfin ils puissent
00:52:34se réconcilier
00:52:35enfin ils puissent
00:52:36voir ensemble
00:52:37leur avenir
00:52:39pour éviter
00:52:40je dirais
00:52:41de se taper dessus
00:52:43pour se taper dessus
00:52:44je pense qu'un jour
00:52:45il y aura évidemment
00:52:46un redémarrage
00:52:47de cette relation
00:52:48parce que
00:52:50il ne peut pas
00:52:52en être autrement
00:52:52selon l'ambassadeur
00:52:54depuis quelques semaines
00:52:56des canaux de communication
00:52:58auraient été rétablis
00:52:59entre les deux pays
00:53:00en crise
00:53:00mais pour l'heure
00:53:02le retour de Stéphane Romaté
00:53:04en Algérie
00:53:04n'est toujours pas envisagé
00:53:06et on est de retour
00:53:09avec Sabrina Sebailly
00:53:09bonsoir
00:53:10bonsoir
00:53:10vous êtes députée
00:53:12Europe Écologie Les Verts
00:53:13vice-présidente
00:53:14du groupe d'amitié
00:53:15France-Algérie
00:53:16vous étiez à Alger
00:53:17il y a 15 jours
00:53:18où vous avez rencontré
00:53:19comme souvent
00:53:20les autorités
00:53:21vous venez de voir
00:53:22notre reportage
00:53:23et notamment
00:53:24ces documents
00:53:25secrets défenses
00:53:26ce témoignage
00:53:27d'une élue locale
00:53:28qui explique
00:53:29que les élus
00:53:30d'origine algérienne
00:53:31sont très souvent
00:53:33contactés
00:53:33par les services algériens
00:53:34pour porter la bonne parole
00:53:35en tant que députée
00:53:36on imagine que ça vous est
00:53:37déjà arrivé ?
00:53:39et bien pour tout vous dire
00:53:40et vous surprendre peut-être
00:53:41non
00:53:41ça ne m'est jamais arrivé
00:53:43jamais jamais
00:53:43aucun contact
00:53:44avec les services
00:53:45de renseignement algérien ?
00:53:46pas du tout
00:53:46y compris d'ailleurs
00:53:47quand j'étais élue locale
00:53:48puisqu'avant d'être parlementaire
00:53:50j'étais élue localement
00:53:51et ça ne m'est jamais arrivé
00:53:52on va en discuter
00:53:53dans quelques instants
00:53:54de ces documents classifiés
00:53:56qui quand même
00:53:57posent quelques questions
00:53:58en termes d'ingérence potentielle
00:54:00de l'Algérie
00:54:00sur le sol français
00:54:01mais avant cela
00:54:02on va vous écouter
00:54:03c'était il y a deux mois
00:54:04à Paris
00:54:05dans l'hémicycle
00:54:06vous étiez en colère
00:54:07et vous avez pris à partie
00:54:08vos collègues députés
00:54:10du Rassemblement National
00:54:11écoutez
00:54:11oui
00:54:13oui
00:54:14je suis française
00:54:15et oui
00:54:16je suis algérienne
00:54:18et je suis fière
00:54:19de mon histoire
00:54:20car la mienne
00:54:21fait partie
00:54:22d'une lignée
00:54:22de résistants
00:54:23tandis que la vôtre
00:54:25est le produit
00:54:25de la collaboration
00:54:26mon grand-père
00:54:28lui était au front
00:54:30pour la France
00:54:30à combattre le fascisme
00:54:32pendant que Jean-Marie Le Pen
00:54:34lui
00:54:34aiguise son couteau
00:54:35pour torturer les Algériens
00:54:37et nouer des alliances
00:54:38avec les Waffen-SS
00:54:39pour fonder
00:54:40votre parti politique
00:54:41alors je vous le demande
00:54:43qui est du bon côté
00:54:45de l'histoire
00:54:46certainement pas vous
00:54:47vous dites
00:54:49Sabrina Sebaï
00:54:50que l'extrême droite
00:54:51et la population française
00:54:52en général
00:54:53est algérophobe
00:54:55c'est un mot
00:54:55que vous employez souvent
00:54:56alors je ne dirais pas
00:54:58l'ensemble de la population
00:54:59par contre
00:54:59ce qui est certain
00:55:00c'est qu'aujourd'hui
00:55:01il y a une instrumentalisation
00:55:03de la question Algérie
00:55:04et une algérophobie
00:55:05qui s'est développée
00:55:06sur certains plateaux télévisés
00:55:07c'est clair
00:55:08par certains médias
00:55:09ça veut dire quoi
00:55:09l'algérophobie ?
00:55:10et bien ça veut dire
00:55:11qu'on utilise
00:55:12on parle de l'Algérie
00:55:13en très mauvaise
00:55:14en donnant une très mauvaise image
00:55:16matin, midi et soir
00:55:17c'est ce qui remonte d'ailleurs
00:55:18de la plupart
00:55:19de nos concitoyens
00:55:20qui sont d'origine algérienne
00:55:21ou qui sont même algériens ici
00:55:22on peut critiquer l'Algérie
00:55:24néanmoins
00:55:24et ce n'est pas toujours
00:55:25des critiques qui sont illégitimes
00:55:26bien sûr
00:55:27mais quand vous en arrivez
00:55:28à un stade
00:55:28où par exemple
00:55:29vous expliquez
00:55:31que des millions d'Algériens
00:55:32seraient prêts
00:55:33à prendre des couteaux
00:55:34pour agresser
00:55:34des ressortissants en France
00:55:36c'est blessant
00:55:37moi je ne connais pas
00:55:38aujourd'hui
00:55:38de personnes d'origine algérienne
00:55:40qui ne m'ont pas dit
00:55:41j'en peux plus
00:55:42je ne supporte plus
00:55:43ce climat en France
00:55:44je ne comprends pas
00:55:45pourquoi on parle de moi
00:55:46comme ça
00:55:46je travaille
00:55:47je paye mes impôts
00:55:48je suis française
00:55:49oui je suis d'origine algérienne
00:55:51mais on ne comprends pas
00:55:52en fait cette violence
00:55:52qui s'exprime
00:55:53à longueur de journée
00:55:54vous avez peur vous parfois ?
00:55:57oui ça m'arrive
00:55:57parce que je reçois
00:55:58je dois dire
00:56:00que depuis que je suis députée
00:56:01je traite pas mal de sujets
00:56:03qui sont d'actualité
00:56:04bien sûr
00:56:04je suis en commission
00:56:05des affaires étrangères
00:56:06donc que ce soit
00:56:06la question palestinienne
00:56:07l'Iran
00:56:08l'Afghanistan
00:56:09mais c'est vrai
00:56:10qu'il y a une particularité
00:56:11quand je traite
00:56:12la question de l'Algérie
00:56:13parce que je ne reçois
00:56:14jamais autant
00:56:15de torrents de violences
00:56:16d'insultes ou de menaces
00:56:17que quand j'aborde
00:56:18la question algérienne
00:56:18c'est ça que vous publiez
00:56:19souvent sur vos réseaux sociaux
00:56:21des menaces que vous recevez
00:56:23on a pu voir
00:56:24ce poignard
00:56:25ensanglanté
00:56:26ce message
00:56:27on va te trancher
00:56:28de ta sale gueule
00:56:29ou encore
00:56:30un autre message reçu
00:56:31nous avons la faculté
00:56:33de pister
00:56:33un ou deux parlementaires
00:56:34de l'Assemblée
00:56:35jusqu'à chez eux
00:56:36ou sur leur lieu de rendez-vous
00:56:37certains des nôtres
00:56:37savent faire
00:56:38c'est leur métier
00:56:39quand vous ouvrez
00:56:40vos messages
00:56:40et que vous recevez
00:56:42ce type d'image
00:56:42ou ce type de propos
00:56:43vous réagissez comment ?
00:56:46alors d'abord
00:56:47c'est un peu
00:56:48la sidération
00:56:49parce que je dois dire
00:56:50que j'ai plutôt été préservée
00:56:52pendant toute mon enfance
00:56:53jusqu'à très tardivement
00:56:55en fait je découvre
00:56:55cette haine
00:56:57vis-à-vis de l'Algérie
00:56:58c'est nouveau
00:56:58c'est parce que vous êtes
00:56:59devenue femme politique
00:57:00ou c'est parce que
00:57:01le climat a changé ?
00:57:03on en a fait un sujet
00:57:03de haine
00:57:04vous avez
00:57:05on en a
00:57:06qui est on ?
00:57:07des responsables politiques
00:57:08des journaux
00:57:09des
00:57:10enfin je ne vais pas citer
00:57:11les gènes en question
00:57:12mais c'est devenu
00:57:12un fonds de commerce
00:57:13et vraiment je pense
00:57:15que cette question
00:57:16de l'Algérie
00:57:16pour eux est un levier électoral
00:57:17est-ce qu'en miroir
00:57:18il n'y a pas aussi
00:57:19une responsabilité
00:57:20des autorités algériennes
00:57:22qui parfois
00:57:24attisent aussi
00:57:25un petit peu le feu
00:57:25on l'a vu sur la question
00:57:26des OQTF
00:57:27il y a eu des faits divers
00:57:28tragiques
00:57:28bien évidemment
00:57:29que les responsabilités
00:57:30sont partagées
00:57:30tout n'est pas blanc ou noir
00:57:31d'un côté ou de l'autre
00:57:32et je crois que
00:57:33sur la question des OQTF
00:57:34il faut être très clair
00:57:34il y a des personnes
00:57:35il faut pouvoir les mettre en oeuvre
00:57:37les OQTF
00:57:37on a vu l'exemple
00:57:38de l'attentat de Mulhouse
00:57:39le meurtrier présumé
00:57:40était sous le coup
00:57:41d'une OQTF
00:57:41d'après le ministre de l'Intérieur
00:57:43la France aurait
00:57:44à dix reprises
00:57:45demandé son expulsion
00:57:47vers l'Algérie
00:57:47à dix reprises
00:57:48les autorités algériennes
00:57:50auraient dit non
00:57:50est-ce que vous comprenez
00:57:51que ça puisse choquer
00:57:53l'opinion publique ?
00:57:54Oui
00:57:54et je
00:57:55personnellement
00:57:56j'ai été choquée
00:57:57comme tout le monde
00:57:57de cet attentat
00:57:58et bien évidemment
00:58:00que ça choque
00:58:01l'opinion publique
00:58:01de se dire
00:58:02que cette personne
00:58:02n'avait rien à faire
00:58:03sur le territoire national
00:58:04et qu'il aurait dû être
00:58:05expulsé par le biais
00:58:06de cette OQTF
00:58:06il y a aussi
00:58:08un échec
00:58:09d'une méthode
00:58:10qui fait qu'on en est arrivé
00:58:11à une situation de blocage
00:58:12où on est en incapacité
00:58:13aujourd'hui
00:58:14de pouvoir faire en sorte
00:58:15que ces OQTF se réalisent
00:58:16Des deux côtés
00:58:16côté français
00:58:17côté algérien ?
00:58:18Des deux côtés
00:58:18C'est une double responsabilité
00:58:19un double échec ?
00:58:20Oui je pense qu'il faut
00:58:21une désescalade aujourd'hui
00:58:22je pense qu'il faut renouer
00:58:23le dialogue
00:58:24entre les deux rives
00:58:25de la Méditerranée
00:58:26parce que c'est notre intérêt
00:58:27Et en même temps
00:58:28le raisonnement de Bruno Retailleau
00:58:29c'est il faut arrêter
00:58:30de se faire marcher sur les pieds
00:58:31est-ce qu'il a
00:58:32complètement tort ?
00:58:36Ces derniers mois
00:58:37quand on en arrive
00:58:38à rappeler son ambassadeur
00:58:39quand on en arrive
00:58:40à expulser des diplomates
00:58:42tout ça en fait
00:58:43en réalité
00:58:44c'est des deux côtés
00:58:45la responsabilité
00:58:45est totalement partagée
00:58:46Donc le président Tebboune
00:58:47c'est le Bruno Retailleau algérien ?
00:58:49Je ne sais pas
00:58:50si c'est à ce niveau-là
00:58:51mais en tout cas
00:58:51je pense que des deux côtés
00:58:52ce qui est certain
00:58:53c'est qu'il y a des volontés
00:58:54de faire en sorte
00:58:55que cette relation
00:58:56ne s'apaisse pas
00:58:57ça c'est sûr
00:58:57Vous étiez à Alger
00:58:59il y a 15 jours
00:58:59vous avez rencontré
00:59:00le président
00:59:00de l'Assemblée nationale
00:59:01vous lui avez dit tout ça
00:59:02vous lui avez dit
00:59:03il faudrait peut-être
00:59:04essayer d'avoir une attitude
00:59:05un petit peu plus
00:59:06coopérative
00:59:07conciliante ?
00:59:08Alors absolument
00:59:09il y a 15 jours
00:59:10je crois
00:59:11j'ai été reçu
00:59:11par le président
00:59:12de l'Assemblée nationale
00:59:12on a pu aborder
00:59:13énormément de sujets
00:59:14la question des OQTF
00:59:16où moi je pense
00:59:18qu'il faut avancer là-dessus
00:59:19on ne peut pas rester
00:59:20dans des situations
00:59:20de blocage
00:59:21Il a répondu quoi
00:59:21le président
00:59:23de l'Assemblée nationale
00:59:23quand vous l'avez parlé ?
00:59:24Il a dit qu'ils étaient
00:59:24ouverts à travailler
00:59:26avec les parlementaires
00:59:27à discuter des sujets
00:59:29sans tabou
00:59:30et de pouvoir avancer
00:59:31Mais ça c'est un peu
00:59:31du blabla
00:59:32il va faire des choses
00:59:33vous pensez ?
00:59:34Eh bien en fait
00:59:34oui d'abord
00:59:35nous avons convenu
00:59:36qu'il fallait que
00:59:37des parlementaires français
00:59:39et algériens
00:59:39puissent se rencontrer
00:59:40pour travailler ensemble
00:59:41mettre sur la table
00:59:42les sujets qui crispent
00:59:43mais aussi les sujets
00:59:44sur lesquels on peut avancer
00:59:45Vous avez parlé
00:59:45de Christophe Glaze
00:59:46bien sûr
00:59:47aussi
00:59:47ce journaliste français
00:59:48qui est emprisonné
00:59:49qui a été condamné
00:59:50à 7 ans de prison
00:59:51ferme
00:59:52Tout à fait
00:59:52on a évoqué
00:59:53alors moi j'ai plaidé
00:59:56pour sa libération
00:59:56forcément
00:59:57je suis très attachée
00:59:58à la liberté de la presse
00:59:59et je crois
01:00:00qu'il a déjà passé
01:00:02beaucoup trop de temps
01:00:03en prison
01:00:03en Algérie
01:00:04j'ai bon espoir
01:00:05en tout cas
01:00:06que sa situation
01:00:06comme pour Boilem Sansal
01:00:08qui a été libérée
01:00:09par le biais du grasse
01:00:10Mais que vous ont répondu
01:00:11les autorités algériennes
01:00:12à vos demandes de libération ?
01:00:14Alors pour tout vous dire
01:00:14ils m'ont dit
01:00:14qu'il y avait encore
01:00:15une procédure
01:00:15qui n'était pas totalement finalisée
01:00:17qu'à la fin de la procédure
01:00:18on verra ce qui se passe
01:00:20Comment vous qualifiez
01:00:21sa détention ?
01:00:22C'est une détention
01:00:23arbitraire
01:00:24injuste
01:00:24inacceptable ?
01:00:26Vous savez
01:00:27j'ai pour habitude
01:00:28de ne pas forcément
01:00:28commenter les décisions
01:00:29de justice
01:00:30mais en tout cas
01:00:31ce sur quoi je suis attachée
01:00:32c'est la question
01:00:32de la liberté de la presse
01:00:33L'arrestation d'un journaliste
01:00:34pour apologie du terrorisme
01:00:35on est sur a priori
01:00:36une justice qui fonctionne
01:00:37évidemment
01:00:38Je suis totalement attachée
01:00:39à cette liberté de la presse
01:00:40et donc pour moi
01:00:41je le disais
01:00:42il n'a rien à faire en prison
01:00:43Vous ne commentez pas
01:00:44les décisions de justice
01:00:45mais là en l'occurrence
01:00:45c'est une décision politique
01:00:46l'arrestation de ce journaliste
01:00:49Alors je ne peux pas vous dire
01:00:50si c'est une décision politique
01:00:51moi je n'évoque que
01:00:52la question de sa libération
01:00:52Ce n'est pas un terroriste
01:00:53on est d'accord
01:00:53Non ce n'est pas un terroriste
01:00:55pas du tout
01:00:55mais oui
01:00:56moi je pense
01:00:57qu'il n'aurait pas dû être arrêté
01:00:58Parfois certains
01:00:59vous reprochent
01:01:00de ne pas suffisamment
01:01:01communiquer typiquement
01:01:02sur ce genre de sujet
01:01:03qui pourrait froisser Alger
01:01:05C'est vrai que
01:01:05vous n'avez pas fait de tweet
01:01:06par exemple
01:01:07pour rappeler à la libération
01:01:09de Christophe Gnais
01:01:09alors que vous êtes
01:01:10très impliqué
01:01:11très investi
01:01:11sur les questions
01:01:12qui concernent l'Algérie
01:01:13Parce que je ne veux pas
01:01:15interférer
01:01:16dans des sujets
01:01:17où on l'a vu
01:01:17qui sont très sensibles
01:01:18et qui pourraient faire pencher
01:01:20la balance d'un côté
01:01:20ou de l'autre
01:01:21Par contre
01:01:21ce qui est certain
01:01:21Pourquoi ça peut énerver Alger
01:01:22si jamais vous prenez position
01:01:23Non ce n'est pas une question
01:01:23d'énerver Alger
01:01:24c'est que je pense que
01:01:25par exemple
01:01:26si on prend la question
01:01:27de Christophe Glez
01:01:28il est plus intelligent
01:01:29de travailler par les voies
01:01:30diplomatiques
01:01:31pour obtenir sa libération
01:01:32que d'être dans
01:01:33une instrumentalisation
01:01:34à outrance
01:01:35comme ça a pu être le cas
01:01:35sur l'affaire Boilem Sansal
01:01:36Donc je n'ai pas de tabou
01:01:38à le dire
01:01:38et je n'ai absolument pas peur
01:01:39d'énerver qui que ce soit
01:01:40je le fais des deux côtés
01:01:41Et sur Boilem Sansal
01:01:43justement
01:01:44qui est un autre dossier
01:01:45qui a déchiré
01:01:46la France
01:01:46et l'Algérie
01:01:47on a vu que
01:01:48à l'Assemblée Nationale
01:01:50il y a eu
01:01:50le vote
01:01:52d'une résolution
01:01:53pour appeler
01:01:53à la libération
01:01:54immédiate
01:01:55et inconditionnelle
01:01:56de l'écrivain
01:01:57Vous faites partie
01:01:57des rares députés
01:01:59à ne pas l'avoir voté
01:02:00pour quelles raisons ?
01:02:02Même votre groupe
01:02:03était pour ?
01:02:03Oui oui
01:02:04ce jour-là
01:02:04Pour tout vous dire
01:02:05j'étais je crois
01:02:06rapporteur
01:02:07d'un texte
01:02:09en commission
01:02:10à côté
01:02:10donc je n'ai pas voté
01:02:11en tout cas
01:02:12on a été très clair
01:02:13et moi je l'ai été
01:02:13d'ailleurs
01:02:14pour dire que nous étions
01:02:15pour la libération
01:02:15de Boilem Sansal
01:02:16c'est une bonne chose
01:02:17qu'il a été libéré
01:02:18Tout en ne votant pas
01:02:19la résolution
01:02:19appelant à sa libération
01:02:21qui est votée
01:02:21par quasiment tout le monde
01:02:22Oui
01:02:23mais je n'étais pas
01:02:23dans l'hémicycle
01:02:24Oui mais vous auriez pu l'être
01:02:25J'aurais pu l'être
01:02:26Et puis vous êtes
01:02:27publiquement
01:02:28vous avez publiquement
01:02:29dit que vous étiez
01:02:30contre le vote
01:02:30de cette résolution
01:02:31J'étais
01:02:32alors on s'est
01:02:33abstenu en commission
01:02:34je n'étais pas
01:02:34contre le vote
01:02:35de cette résolution
01:02:36je précise quand même
01:02:36Pour l'abstention
01:02:37On était pour l'abstention
01:02:38pour des raisons
01:02:38encore une fois
01:02:39je pense que
01:02:40ce n'a pas servi
01:02:41en réalité
01:02:42cette résolution
01:02:42vous voyez
01:02:42ce n'est pas ça
01:02:43qui a permis
01:02:43la libération
01:02:44de Boilem Sansal
01:02:44Ce qui a permis
01:02:45la libération
01:02:46de Boilem Sansal
01:02:46Non mais les symboles
01:02:47sont importants
01:02:47parfois
01:02:47Oui mais quand on est
01:02:48sur des sujets
01:02:49aussi graves
01:02:50je crois que le symbole
01:02:52ce n'est pas ça
01:02:52qui compte
01:02:52c'est le résultat
01:02:54C'est une démocratie
01:02:54l'Algérie
01:02:55aujourd'hui
01:02:56vous diriez ?
01:02:57Est-ce qu'il y a
01:02:58des élections ?
01:02:59Oui
01:02:59On peut toujours
01:03:00critiquer
01:03:00Ça suffit pas
01:03:01On peut toujours
01:03:01critiquer
01:03:02Rélection je crois
01:03:03au premier tour
01:03:03avec 95% des voix
01:03:05Oui on peut toujours
01:03:06critiquer bien sûr
01:03:07Est-ce qu'aujourd'hui
01:03:08il y a un parlement
01:03:08Justice pas tout à fait
01:03:10indépendante
01:03:11Un pouvoir militaire
01:03:12très important
01:03:13Vous savez on peut
01:03:13critiquer tout à fait
01:03:15ce qui dysfonctionne
01:03:17Après oui moi
01:03:18je considère aujourd'hui
01:03:18que c'est une démocratie
01:03:19C'est pas un pouvoir
01:03:20autocratique
01:03:21autoritaire ?
01:03:22Bah écoutez moi
01:03:23en tout cas
01:03:23les parlementaires
01:03:24que je rencontre
01:03:25ils font partie
01:03:25de groupes très différents
01:03:26ils ont des idées
01:03:27très différentes
01:03:27ils ont des débats
01:03:28aussi entre eux
01:03:29ils ne sont pas d'accord
01:03:30donc je considère
01:03:30qu'il y a du débat
01:03:31qui s'exprime
01:03:32Maintenant sur l'état
01:03:33je ne pourrais pas vous dire
01:03:34ce qu'il en est exactement
01:03:35je ne vis pas en Algérie
01:03:36donc ça serait difficile
01:03:37pour moi
01:03:37Sans vivre sur place
01:03:38quand on regarde
01:03:39les éléments qui existent
01:03:40l'indice de démocratie
01:03:41qui est rendu chaque année
01:03:43par le journal
01:03:44The Economist
01:03:44qui est la référence
01:03:45en la matière
01:03:46qui explique que l'Algérie
01:03:47est classée
01:03:48110ème mondiale
01:03:49elle classe
01:03:50le régime algérien
01:03:52comme autoritaire
01:03:53et non pas une démocratie
01:03:54la France d'ailleurs
01:03:54est 26ème mondiale
01:03:56démocratie imparfaite
01:03:57mais régime autoritaire
01:03:59pour l'Algérie ?
01:04:00Oui bah écoutez
01:04:00je découvre ce score
01:04:02mais oui
01:04:04oui dans le cadre
01:04:05de ce classement
01:04:05ils sont définis
01:04:07comme un régime autoritaire
01:04:08Est-ce que c'est difficile
01:04:09pour une élue française
01:04:11qui a des liens
01:04:11avec l'Algérie
01:04:13de dénoncer
01:04:13certaines pratiques
01:04:14autocratiques
01:04:15du pouvoir algérien ?
01:04:17Non je ne crois pas
01:04:18que ça soit difficile
01:04:19quand il y a des choses
01:04:19à dire et à critiquer
01:04:20on le fait
01:04:21et d'ailleurs
01:04:22on l'a fait
01:04:23je l'ai dit
01:04:24sur la question
01:04:24Vous estimez quand même
01:04:25que c'est une démocratie ?
01:04:26De l'extérieur
01:04:27comme ça moi je vous dis
01:04:28à partir du moment
01:04:28où j'ai des relations
01:04:29avec des parlementaires
01:04:31avec qui on travaille
01:04:31sur plein de sujets
01:04:32que les débats s'expriment
01:04:34chez eux ?
01:04:34Il y a des autocrates
01:04:35sympathiques sans doute
01:04:36Ce n'est pas une question
01:04:37de sympathisme
01:04:37là c'est vraiment
01:04:39pour le coup
01:04:39on les rencontre
01:04:41on discute avec eux
01:04:42donc forcément
01:04:43c'est une vision
01:04:44qu'on a très parcellaire
01:04:46en réalité
01:04:46de ce qui se passe là-bas
01:04:47Vous avez vu
01:04:48un autre document
01:04:48secret défense
01:04:49il est question
01:04:50d'une élue locale
01:04:51convoquée au consulat
01:04:53on lui aurait expliqué
01:04:53qu'elle faisait l'objet
01:04:54d'un suivi
01:04:55de la part
01:04:56des autorités algériennes
01:04:57on a réussi
01:04:58à l'avoir au téléphone
01:04:59et elle nous a dit ceci
01:05:00Il y a énormément
01:05:01de l'élu locaux
01:05:02qui ont été approchés
01:05:04par les consulats
01:05:05Ils estiment
01:05:06que la diaspora
01:05:07et tous ceux
01:05:09qui ont une influence
01:05:10qu'elle soit politique
01:05:11médiatique
01:05:12ou autre
01:05:12ont un rôle à jouer
01:05:14Vous avez de l'influence
01:05:15Vous êtes députée
01:05:17vice-présidente
01:05:17du groupe d'amitié
01:05:18France-Algérie
01:05:19donc forcément
01:05:20on se dit
01:05:21que vous êtes
01:05:22un objet très intéressant
01:05:24pour les services algériens
01:05:24Écoutez
01:05:27très sincèrement
01:05:28j'ai été élue locale aussi
01:05:29et je découvre
01:05:30ce témoignage
01:05:31et cette pratique
01:05:32puisque personnellement
01:05:33je n'ai jamais été contactée
01:05:35par un consulat
01:05:35pour me demander
01:05:36d'agir
01:05:37de quelque façon
01:05:38que ce soit
01:05:38Donc la DGSI
01:05:39se trompe
01:05:40et cet élu
01:05:40se trompe ?
01:05:41Non je ne dis pas
01:05:42forcément qu'il se trompe
01:05:42peut-être que c'est le cas
01:05:43mais moi ce que je dis
01:05:45c'est qu'on ne m'a jamais
01:05:46sollicité pour ça
01:05:47Donc moi je suis vice-présidente
01:05:48du groupe d'amitié
01:05:49France-Algérie
01:05:50en tant que parlementaire
01:05:51française
01:05:51et moi mon rôle
01:05:52c'est aujourd'hui
01:05:53en tout cas dans le cadre
01:05:54de cette crise
01:05:54c'est de prendre en considération
01:05:56les aussi
01:05:57et surtout
01:05:58les intérêts de la France
01:05:59et les intérêts de la France
01:06:00aujourd'hui ce n'est pas
01:06:01la rupture du dialogue
01:06:01avec l'Algérie
01:06:02Vous n'avez jamais été
01:06:03personnellement convoqué
01:06:04au consulat
01:06:05on a pu entendre
01:06:05dans le reportage
01:06:06cette discussion
01:06:07entre un opposant algérien
01:06:09et un interlocuteur
01:06:11au consulat
01:06:12c'est assez musclé
01:06:13Vous avez déjà rapporté
01:06:14ce genre d'agissement
01:06:15qui a l'air d'être
01:06:16relativement courant ?
01:06:18Pas du tout
01:06:18Vraiment c'est la première fois
01:06:19que je l'entends
01:06:20Ça vous choque
01:06:21d'entendre ça ?
01:06:22Bien évidemment
01:06:22c'est inacceptable
01:06:23il n'y a pas d'ingérence
01:06:25à avoir
01:06:25Vous savez moi je suis
01:06:26quand même très claire
01:06:26je suis pour que l'Algérie
01:06:27ne s'occupe pas
01:06:29des affaires internes
01:06:30de la France
01:06:30tout comme je suis pour que
01:06:31la France ne s'occupe pas
01:06:32des affaires internes
01:06:32de l'Algérie
01:06:33Voilà chacun chez soi
01:06:34et on travaille ensemble
01:06:35quand c'est nécessaire
01:06:36pour nos intérêts communs
01:06:37et le reste du temps
01:06:38chacun est souverain
01:06:39chez lui
01:06:39En 2022
01:06:40vous avez rencontré
01:06:41le président algérien
01:06:42Abdelmajid Tebboune
01:06:43en compagnie
01:06:44d'Emmanuel Macron
01:06:45à l'époque
01:06:48c'était plutôt
01:06:48la lune de miel
01:06:50vous avez été déçu
01:06:51par Emmanuel Macron
01:06:51ou pas ?
01:06:52Ce que je regrette
01:06:54c'est qu'on a le sentiment
01:06:55parfois que le président
01:06:56de la République
01:06:56fait un pas en avant
01:06:57et trois pas en arrière
01:06:58quand il s'agit
01:06:59de ces questions-là
01:07:00sur lesquelles on pourrait avancer
01:07:01Il fait des déclarations
01:07:02par exemple où il dit
01:07:03que la colonisation
01:07:03est un crime
01:07:04contre l'humanité
01:07:05en 2017
01:07:05pendant sa campagne
01:07:06puis ensuite il revient
01:07:07en arrière
01:07:08En réalité
01:07:08tant qu'on n'aura pas avancé
01:07:09sur cette histoire
01:07:10je pense qu'on ne peut pas
01:07:12écrire l'avenir ensemble
01:07:12Cette histoire
01:07:13elle n'est pas enseignée
01:07:14Vous voyez
01:07:14on est sur la télévision française
01:07:16Combien de Français savent
01:07:17par exemple
01:07:17que la France
01:07:19a déposé 3 millions de mines
01:07:21sur les frontières algériennes ?
01:07:22Qui connaît
01:07:23les essais nucléaires
01:07:24dans le Sahara
01:07:24et ses conséquences aujourd'hui ?
01:07:25Personne
01:07:26Cette histoire n'est pas enseignée
01:07:27dans les manuels scolaires
01:07:27Elle n'est pas connue
01:07:28Elle n'est pas partagée
01:07:29Alors on a parlé
01:07:30des essais nucléaires
01:07:31dans Complément l'enquête
01:07:32Merci beaucoup Sabrina Sebailly
01:07:34Avant de se quitter
01:07:35je voudrais vous signaler
01:07:36que la semaine prochaine
01:07:38l'association
01:07:39Reporters sans frontières
01:07:39organise une grande soirée
01:07:41de soutien
01:07:41aux journalistes emprisonnés
01:07:42Christophe Gleize
01:07:43C'est donc le 29 janvier
01:07:45au Bataclan
01:07:46Vous irez peut-être ?
01:07:47Peut-être oui
01:07:48Du coup je découvre la date
01:07:49donc c'est très bien
01:07:50Sous-titres par Jérémy Diaz
01:07:50C'est très bien
Comments

Recommended