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Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Thomas Sotto du 26 janvier 2026.
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00:00Radio Thomas Soto, RTL Matin
00:03L'esprit de l'info à 9h13 sur RTL, il n'y a pas un matin, il n'y a pas un jour, il n'y a pas une nuit où Donald Trump ne fait pas parler lui.
00:10Et hier le Parisien s'interrogeait dans un article titré « La santé mentale de Donald Trump interroge jusque dans son camp ».
00:16Bonjour Alain Duhamel.
00:17Bonjour.
00:18Vous êtes un observateur politique avisé, vous savez ce qui relève, j'allais presque dire, du médical et du politique.
00:24Est-ce que vous êtes troublé par cette question sur Donald Trump ? Est-ce que vous vous interrogez sur ses capacités aujourd'hui ?
00:29Alors déjà, je ne suis pas psychiatre, mais qu'il soit caractériel, ça, ça ne fait aucun doute.
00:37Il suffit de voir son passage express de la fureur ou rire, des propos contradictoires, les jours où il est en forme et les jours où il peste depuis qu'il est levé, etc.
00:50Bon, il est caractériel.
00:51Ce qui n'est pas, j'imagine, un fait isolé en politique d'être caractériel, vous en avez connu beaucoup.
00:54Mais ce qui est assez rare, c'est de l'afficher à ce point.
00:57En général, ceux qui sont caractériels, bien sûr qu'il y en a en politique et peut-être même un peu plus que dans d'autres métiers.
01:02Je vais vous demander des noms, faites attention.
01:04Mais ils essayent de le contrôler ou de le camoufler.
01:08Lui, il l'exhibe.
01:10C'est-à-dire qu'à aucun moment, il ne s'auto-censure.
01:14Il a envie d'être hyper grossier, comme il l'a été en Suisse.
01:21Puisque devant une assemblée composée en majorité d'Européens, il a expliqué qu'en gros, les Européens, c'était une espèce de race inférieure, complètement débile.
01:32Et que heureusement qu'il y avait les Etats-Unis et en particulier lui-même pour que le monde continue à tourner.
01:37Mais bon, je veux dire, c'est au-delà du grossier, c'est au-delà de la provocation, c'est déjà de l'inconscience.
01:45Ce n'est pas une méthode ?
01:46Parce que finalement, il a été élu là-dessus, même lors de son premier mandat, même s'il était plus calme à la Maison Blanche.
01:52Ce n'est pas la méthode Trump, ça ?
01:53Alors, qui ne s'auto-censure pas, c'est certain.
01:58Est-ce qu'il exhibe ses défauts pour peser davantage ?
02:05Ça n'est pas exclu, parce que c'est un homme rusé aussi.
02:09Bon, mais son instabilité, elle n'est pas simplement patente.
02:13C'est presque une méthode.
02:15Il passe son temps à avancer, ensuite à reculer, à menacer, puis à féliciter.
02:21C'est assez fatigant, mais c'est surtout systématique.
02:24Et ça lui a quand même valu une déconvenue sans précédent, justement, en Suisse,
02:32dans la mesure où il y a un moment où son discours était tellement offensant pour les Européens
02:37que de nombreux responsables, à commencer par la présidente de la BCE,
02:43se sont levés et sont partis.
02:45Se sont levés de table, pas levés du public.
02:50Levé de table et sont partis.
02:52On n'avait jamais vu ça.
02:53On n'avait jamais vu ça.
02:54Cette politique, cette façon de faire, cette façon d'être, elle a des conséquences.
02:58Aujourd'hui, on en a beaucoup parlé depuis 7h ce matin,
03:00avec notamment cette police anti-immigration, l'ICE.
03:03On a deux anciens présidents, et pas des moindres,
03:05Bill Clinton et Barack Obama, qui disent maintenant ça suffit, levez-vous.
03:09Est-ce que vous craignez, j'allais presque employer le terme de guerre civile aux Etats-Unis,
03:14est-ce que vous pensez qu'il y a un risque comme ça, ou on a du mal à percevoir ?
03:18De toute façon, les Etats-Unis sont un pays violent.
03:22Et armés, c'est ce que j'allais dire.
03:25Le fait qu'on ait le droit de se promener avec une arme, évidemment, ça décuple les risques.
03:31Mais au-delà de ça, dans ce pays violent, on est dans une crise particulière.
03:37Et cette crise particulière, on le voit bien, qui est largement raciste, qui est largement liée à l'immigration,
03:42qui est largement liée aussi aux méthodes de répression choisies par Trump,
03:48et qui sont des méthodes délibérément, moi j'insiste sur le délibérément,
03:53délibérément spectaculaires, c'est-à-dire qu'il joue des images de violence.
03:58Il a exactement ce qu'il veut.
04:00Il souhaite les images de violence, et évidemment, il les obtient sans mal.
04:04Et il les obtient avec, en plus, ce système de police d'immigration,
04:07dont il faut quand même rappeler à chaque fois que ceux qui en font partie
04:11n'ont pas le plus petit commencement de formation.
04:16C'est-à-dire, ils prennent des gros bras, ils les arment.
04:19Ils sont déjà armés, mais enfin, ils leur donnent des armes supplémentaires,
04:22et puis allez-y.
04:23Et ils leur garantissent l'impunité quasiment.
04:24Parce qu'à chaque problème, à chaque bavure, on entend un responsable américain,
04:28y compris parfois Donald Trump, c'était le cas avec Mme Goud,
04:30avec cette première victime à Minneapolis il y a quelques jours,
04:33qui disent non, non, c'était la légitimité.
04:35Il y a rien à voir.
04:36Il a un culte de la violence, il a une méthode de la violence,
04:40et je dirais même, il a une exhibition de la violence.
04:44Et il en fait une méthode de gouvernement.
04:46Et c'est vrai, aux Etats-Unis, pour les questions d'immigration, de race, etc.
04:51Mais au fond, c'est la même méthode qu'il utilise sur le plan international,
04:55qui est tout le temps de menacer,
04:58et de dire ce que font les Etats-Unis, ça ne se discute pas,
05:01c'est américain, donc c'est bien.
05:02Et ce qui est sûr, en tout cas, c'est que ça secoue les mondes politiques,
05:06y compris la classe politique chez nous.
05:08Écoutez ce que disait Gabriel Attal, qui est quasiment candidat pour 2027,
05:12c'est un secret de Polichinelle, l'ancien Premier ministre qui était l'invité d'RTL ce matin,
05:15et qui parlait de Trump et de ses méthodes.
05:18Il est le reflet de l'état du monde aujourd'hui.
05:22Il est un monde de rapports de force avant tout.
05:25Je pense qu'il faut assumer maintenant un multilatéralisme lucide, conditionnel,
05:29c'est-à-dire qu'avec des pays qui respectent les mêmes règles,
05:32on les respecte aussi.
05:34Mais quand des pays assument ne pas respecter les règles,
05:37on ne les respecte pas avec eux,
05:38parce qu'on est toujours les victimes et les dindons de la farce.
05:40On est toujours les victimes et les dindons de la farce.
05:42Il a raison de se mettre dans les rails de Donald Trump ou pas ?
05:46Ce n'est pas du tout la position d'Emmanuel Macron, par exemple.
05:48Non, mais dans les rails, pour réellement lui emboîter le pas,
05:55parmi les chefs d'État et de gouvernement, c'est rarissime.
05:58Il y a le Hongrois...
06:01Orban.
06:01Oui, c'est à peu près tout.
06:04Pour ostensiblement reprendre les mêmes principes et appliquer la même technique.
06:10Non, mais ce qui est frappant, c'est que ce que fait Trump sur le plan national aux États-Unis,
06:15c'est ce qu'il fait sur le plan international.
06:18C'est-à-dire la politique du gros bras velléitaire.
06:23C'est-à-dire, d'un côté, je tape très fort, et d'un autre côté,
06:26mais je n'hésite pas brusquement à faire trois pas en arrière.
06:29Est-ce que ça ne risque pas de fatiguer tout le monde au sens reproducteur ?
06:32Moi, je ne parle pas vraiment de...
06:34Ça crée de l'instabilité, c'est une évidence.
06:37Ça crée de l'instabilité ?
06:38Pour tenir quatre ans, vous pensez ? Ce rythme-là, avec ses...
06:42Alors, d'abord, c'est plus que trois ans.
06:45C'est vrai.
06:45Avec lui, il faut compter les années, quand même.
06:48Bon, ensuite, il a été élu nettement.
06:54Donc, c'est difficile de remettre ça en cause,
06:55et je ne crois pas que ça le sera, sauf problème de santé.
06:58Sauf problème de santé.
06:58Parce qu'avec lui, on peut quand même se poser des questions.
07:02On peut se poser des questions sur sa stabilité mentale.
07:07Bon, je disais, au moins caractérielle, et peut-être davantage.
07:10Et on peut aussi se poser des questions sur sa santé physique.
07:13Oui.
07:13Parce que quand on le voit se déplacer, je sais bien qu'il fait du golf.
07:17Mais enfin, quand on le voit descendre d'un avion, par exemple,
07:20on se dit qu'il n'est pas dans une forme olympique.
07:23Qu'est-ce que vous pensez de l'homme aux lunettes de soleil, Emmanuel Macron ?
07:25Il a bien fait, il voudrait qu'il a bien joué sa partition, qu'il a...
07:29On a l'impression quand même, on se dit, heureusement qu'il était là.
07:32Non, mais en tout cas, le fait que ce soit lui qui est avec ou sans lunettes,
07:39mais que ce soit lui qui est tenu tête à Trump,
07:42et entraîné les autres Européens,
07:45pour une fois, l'ensemble de la classe politique française était d'accord.
07:50Ça n'arrive pas, tous les ans, ça n'arrive même pas.
07:52Y compris Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs.
07:53Oui, oui, oui, tout le monde, tout le monde.
07:56Bon, il a bien joué.
07:59Bon, c'est un hasard qu'il ait eu ses lunettes au départ.
08:01Vous pensez que c'est un artifice, ou que ça peut compter dans le logiciel de Trump ?
08:05Parce que finalement, il les a remarquées, ses lunettes.
08:08Il ne devrait pas les remarquer, cela dit.
08:09Il en a parlé à Davos.
08:11Est-ce que dans son espèce de virilisme, ça peut compter ?
08:14En tout cas, pour Trump, les symboles physiques sont essentiels.
08:20La preuve, c'est la façon dont lui-même se balade toujours
08:24avec cette grotesque casquette à visière rouge.
08:28qui est une façon de se célébrer lui-même.
08:32Bon, évidemment, les symboles physiques comptent.
08:36Vous savez, pour rester dans notre sphère franco-française,
08:42le chapeau de François Mitterrand,
08:45ou l'écharpe rouge de Mélenchon à un moment,
08:51tout ça, ce sont les pouleveurs de Valéry Giscard d'Estaing.
08:55Ou de Sébastien Lecornu, maintenant.
08:57Alors oui, ce ne sont pas les mêmes.
08:58Ce ne sont pas les mêmes.
08:59Ceux de Giscard étaient en cachemire, impeccablement coupés.
09:05C'était un raffinement.
09:07Alors que chez Lecornu, je dirais que c'est plutôt un archaïsme entretenu.
09:13Entretenu, c'est-à-dire que tout ça ne doit rien au hasard.
09:15Absolument.
09:16S'il voulait s'acheter un poule en cachemire, il pourrait.
09:17Je suis sûr qu'il a envie d'avoir ses pouleveurs.
09:20Mais je suis sûr aussi qu'il ne les arbore pas par hasard.
09:25C'est son style.
09:27C'est-à-dire son style, je suis comme tout le monde,
09:30même si c'est la preuve que c'est tellement bien fait
09:32qu'il n'est pas comme tout le monde.
09:34Vous avez acheté des lunettes de soleil, vous, chez le fameux...
09:36Non, moi je ne suis pas tellement gadget, vous avez peut-être remarqué.
09:39Ça ne m'a pas échappé.
09:40Merci beaucoup, en tout cas, Alain Duhamel.
09:43Il faudra qu'on parle aussi des municipales bientôt, parce qu'il y a...
09:45Volontiers.
09:46Il y a de quoi dire, mais bon...
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