Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 minutes
Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Olivier Boy du 09 février 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00L'esprit de l'info sur RTL jusqu'à 9h30 avec Alain Duhamel. Bonjour Alain Duhamel.
00:08Bonjour.
00:09Alors jusqu'où ira la déflagration Epstein ?
00:10Évidemment depuis une semaine on ne parle que de ces millions de fichiers rendus publics par le ministère de la Justice
00:15et notamment le nom de l'ancien ministre de la Culture Jacques Lang cité à plus de 600 reprises, celui de sa fille à plus de 900 reprises.
00:23Il a fini par démissionner ce week-end alors qu'il ne le souhaitait pas à l'origine.
00:28C'était inévitable selon vous Alain Duhamel ?
00:31Quand les liaisons dangereuses sont établies à ce point, c'était totalement inévitable.
00:38C'était souhaitable d'ailleurs, je pense qu'il aurait dû en prendre l'initiative bien avant.
00:44Bon, Jacques Lang, je le connais par cœur, on sait très bien qui c'est.
00:49Ça a été de très loin le ministre de la Culture le plus imaginatif, le plus entreprenant, le plus novateur qu'on ait connu,
00:58disposant de moyens considérables grâce à François Mitterrand,
01:03ce qui le différencie d'André Malraux qui était un grand bonhomme, un grand écrivain mais qui n'avait pas d'argent.
01:07Lui, vraiment, il en a beaucoup dépensé, intelligemment dépensé.
01:12Bon, comme ministre, vraiment, il n'y a que des compliments.
01:15Bon, et puis il y a l'homme, et on sait qu'il était assoiffé terriblement d'honneur, de mise en scène, de théâtre.
01:27De reconnaissance, il appelait les rédactions lui-même pour réagir à la mort des gens, par exemple.
01:33Non, non, mais bien sûr, bien sûr, et il appelait des rédactions pour être invité.
01:37Oui.
01:38Normalement, c'est les rédactions qui appellent pour inviter.
01:40Bon, mais surtout, il avait une espèce de mise en scène et de théâtralisation de lui-même en permanence.
01:48Bon, il voulait qu'on le voit, il voulait qu'on l'écoute, il voulait être important,
01:54il voulait être avec les gens qui réussissent, quels qu'ils soient, et ça, c'est très dangereux.
02:01Il a démissionné de la présidence de l'Institut du Monde Arabe.
02:04Il avait été renommé récemment à l'âge de 83 ans.
02:07Comment ça se fait qu'il ne se soit pas rendu compte lui-même que c'était inévitable ?
02:10Parce que vraiment, quand on l'entendait la semaine dernière au micro de Marc-Olivier Fogel,
02:14il ne voyait absolument aucun problème à avoir utilisé l'avion privé de Jeffrey Epstein
02:19ou de lui avoir rendu potentiellement des services,
02:21ou en tout cas d'avoir profité des largesses de cet homme.
02:25Non, mais il vivait et il voulait vivre avec les gens, comme on dit, riches et célèbres.
02:31Il voulait appartenir à la Jet Set Society.
02:34Il voulait être vu avec les plus grandes vedettes.
02:37Il voulait être vu aux plus grandes réceptions du monde.
02:42Il voulait, voilà, il avait un côté professionnel remarquable
02:46et un côté mondain, pour être très gentil dans le choix des termes, hyper dangereux.
02:52Il se rendait vulnérable sans arrêt.
02:55Et d'un côté, il avait l'orgueil légitime de ce qu'il avait fait
02:58et de l'autre côté, une vanité incommensurable de ce qu'il voulait apparaître.
03:02Est-ce que c'est là aussi le signe d'un homme politique, peut-être d'une autre époque ?
03:06Écoutez juste ce qu'a dit Sébastien Chenu, hier, lors de son grand jury sur RTL,
03:11le vice-président de l'Assemblée Nationale, membre du Rassemblement National.
03:15Je pense que Jack Lang ne pouvait pas se maintenir à la tête de l'Institut du Monde Arabe.
03:19Et ça dit d'autres choses, d'ailleurs.
03:22Ce qu'on découvre de Jack Lang, de cet homme de 86 ans,
03:26qui vit sur la bête depuis 60 ans, en réalité,
03:29qui vit sur l'argent public depuis 60 ans.
03:31qui vit sur la bête depuis 60 ans.
03:34Elle est sévère, cette phrase.
03:35Non, je pense qu'il est involontairement indulgent, Chenu,
03:40parce qu'il ne vivait pas simplement sur l'argent public,
03:42il vivait aussi sur l'argent privé.
03:44Oui, c'est tout le problème.
03:45Parce que quand il se faisait inviter partout,
03:47quand il voulait un avion à sa disposition, une voiture ici,
03:52bon, évidemment, c'est se rendre vulnérable.
03:57Et puis, je veux dire, c'est le contraire de ce que doit être un homme politique,
04:00de ce point de vue.
04:01C'est-à-dire qu'il n'est plus homme politique ?
04:03Il avait le talent, la prouesse,
04:06il n'avait ni la prudence, ni l'exigence.
04:09Paradoxalement, il n'est plus homme politique,
04:11il était à la tête d'une grande institution.
04:13On demande beaucoup à nos hommes politiques en termes de transparence.
04:16Maintenant, la moindre nomination est vue, revue, etc.
04:18Un ministre ne pourrait pas aller comme ça dans un avion de milliardaires
04:21sans se faire attraper.
04:23Est-ce qu'on n'a pas assez d'exigence avec les responsables,
04:25comme ça, de grandes institutions qu'on nomme quasiment ad vitam aeternam ?
04:28Alors, il est sûr qu'en ce qui concerne les politiques,
04:32nous sommes devenus scandinaves.
04:34C'est-à-dire qu'ils sont surveillés, contrôlés, mesurés, limités.
04:40Bon, et que c'est à la fois bien, et puis quelquefois excessif d'ailleurs.
04:45En ce qui concerne les responsables des grandes entreprises,
04:48il n'y a pas des centaines de Jack Lang.
04:53Bon, moi j'ai...
04:54Il y a un problème d'éthique personnelle, de morale personnelle quand même.
04:57Quand on est à la tête d'une institution,
04:59et en plus d'une institution qui a une existence diplomatique réelle,
05:04bien entendu, on a des exigences, on doit être...
05:07Ben oui, mais voilà, on ne peut pas à la fois vouloir frayer
05:11avec tout ce qui brille et scintille,
05:14et en même temps ne pas prendre de risques.
05:15Est-ce que l'exécutif a bien géré cette affaire ?
05:18On a vu tout de suite qu'il y avait un problème,
05:20et tout de suite que la pression était maximale sur les épaules de Jack Lang
05:23avec cette convocation annoncée,
05:25d'ailleurs qui a mis le feu aux poudres et qui a provoqué sa démunition,
05:28qui était dans un long prévu hier.
05:29Je pense que Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères,
05:32a réagi vite, et je dirais heureusement.
05:36Heureusement ?
05:37Parce qu'ils ont d'autres problèmes à gérer en ce moment ?
05:39Non, mais parce que c'est aussi une image française qui apparaît,
05:43parce que Jack Lang, ça n'est plus un homme politique en activité.
05:48Il n'empêche, c'est un des souvenirs politiques les plus marquants.
05:53Alors justement, ce remaniement,
05:54on parlait de Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu,
05:57qui avaient autre chose à gérer.
05:59Pourquoi un remaniement qu'on annonce avant le 22 février ?
06:02Deux ministres qu'on n'a pas encore pleinement pris le temps de connaître ?
06:05Au final, pourquoi se rythmer encore le débat d'une vie politique
06:08qui est déjà bien immobile,
06:09avec un remaniement qui n'est pas d'une absolue nécessité ?
06:13Non, mais le remaniement,
06:14c'est réellement un épisode de quatrième catégorie, en l'occurrence.
06:18D'abord parce qu'on ne connaît pratiquement pas ceux qui s'en vont.
06:23Même moi, je ne connais pas leur nom.
06:26Bon, je le découvre.
06:27Je le découvre parce qu'ils partent.
06:29Et d'autre part, parce que les gouvernements sont...
06:32Alors, tous les gouvernements, depuis un bon moment,
06:35sont infiniment trop nombreux.
06:38Et le nombre de ministres délégués et de secrétaires d'État
06:41est totalement déraisonnable.
06:43Et ça complique les choses.
06:45Vous voulez dire que les promesses de gouvernement resserré
06:47ne sont jamais tenues ?
06:48Oui, moi, j'ai entendu depuis 60 ans,
06:5160 fois,
06:53on va faire un gouvernement avec 15 ministres.
06:55C'est toujours le chiffre qui est donné.
06:5715 ministres.
06:57Et 32 secrétaires d'État.
06:58Voilà.
06:59Alors, il y a un nom qu'on connaît, c'est Rachida Dati.
07:03Ça fait au passage un clash avec la tonitruante ministre de la Culture,
07:08quand même, entre Sébastien Lecornu et elle.
07:11De toute façon, avec Rachida Dati, tout est tonitruant.
07:15C'est ce qu'elle veut, c'est ce qu'elle est,
07:17c'est ce qu'on entend,
07:18c'est ce que tout le monde voit et sait.
07:21Qu'est-ce que vous voulez ?
07:22De toute façon, il est évident qu'elle ne peut pas être ministre
07:25et candidate à la mairie de Paris en même temps.
07:27Elle va cesser d'être ministre
07:30et elle ne sera peut-être pas élue à la mairie de Paris.
07:33Vous allez nous éclairer sur un autre cas.
07:36Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
07:38pour le coup, l'un des ténors de ce gouvernement
07:41qu'elle a depuis quasiment le début.
07:44Il n'avait pas le droit de parler de politique nationale.
07:46Il l'a fait le week-end dernier.
07:47Il a même dit qu'il était intéressé
07:49ou prêt, en tout cas potentiellement, pour 2027.
07:53Et pourtant, il va rester.
07:54Qu'est-ce que ça veut dire ?
07:55Ça veut dire qu'il y a une contradiction.
07:57Alors, c'est vrai que
07:59Darmanin, c'est le plus populaire des ministres.
08:02C'est vrai que c'est un bon ministre
08:04dans le genre répressif, évidemment.
08:07Mais enfin, bon, c'est aussi sa fonction
08:08comme garde des sceaux avant,
08:11comme ministre de l'Intérieur.
08:12C'est quelqu'un de très actif,
08:13très entreprenant,
08:14très imaginatif, etc.
08:15Mais dire qu'il ne fait pas de politique,
08:19il ne fait que ça.
08:21Parce que la politique qu'il mène
08:22comme ministre de l'Intérieur,
08:23puis comme garde des sceaux,
08:25c'est la politique aussi d'un candidat
08:27à l'élection présidentielle.
08:29Évidemment.
08:30Il piaffe.
08:30Il piaffe et ça se sent.
08:32Il est protégé par sa relation privilégiée
08:34avec Sébastien Lecornu ?
08:35C'est vrai qu'il y avait un groupe
08:37de très bons amis,
08:39Édouard Philippe, Lecornu, et lui.
08:43Bon, les trois, c'était un trio.
08:46Ça doit jouer, quand même.
08:47Ça doit jouer.
08:48Et puis, surtout, il est populaire.
08:51C'est ça, le problème.
08:53C'est difficile de...
08:54Un ministre populaire ancré dans un territoire
08:56et qui a la prétention de parler aux gens.
08:59Et un ministre populaire dans un gouvernement
09:02qui est impopulaire.
09:03Donc, évidemment, il est précieux.
09:05Il en joue.
09:06De toute façon, il mène campagne.
09:09Il est plus dangereux à l'extérieur qu'à l'intérieur.
09:10On entend souvent ce gouvernement-là.
09:12Oui, il le serait.
09:12Oui, oui, sûrement.
09:13Mais, de toute façon, il est candidat.
09:16Ça, c'est bien clair.
09:16Il veut se comporter comme tel.
09:18Et si on lui dit qu'il ne doit pas le montrer,
09:20il le montre quand même.
09:21Merci beaucoup, Alain Duhamel.
09:23L'Esprit de l'Info avec vous.
09:24Chaque lundi, à lundi prochain, M. Duhamel.
09:27Et bonne semaine à vous.
09:28Merci, mais vous aussi.
09:29Dans un instant, la pépite d'Anthony Martin.
09:31Bonjour, Anthony.
09:32Bonjour, bonjour à tous.
09:33Alors, votre pépite, c'est tout simplement un tube.
09:36Oui, qui a résonné vendredi dans le stade San Siro de Milan
09:38pour l'ouverture des Jeux Olympiques.
09:40Nel Blu di Pinto di Blu, vol arrêt.
09:43Revisité par Maria Carré, c'est une chanson à pépites.
09:45On va écouter d'autres reprises de ce classique.
09:48Et puis, juste après, Un jour, une vie avec Faustine Bollard
09:50qui va nous apprendre...
Commentaires

Recommandations