- il y a 10 heures
Regardez L'esprit de l'info avec Anne-Charlène Bezzina avec Thomas Sotto du 27 janvier 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:0010. Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il vaut mieux sortir ses bottes, oui.
00:07Les prairies aux alentours ont débordé, tout est envahi, c'est un chemin ici normalement.
00:13Puis les bancs ont disparu aussi.
00:14Vous avez entendu le bruit de l'eau sur ce chemin, on est à Malais 3 dans le Morbihan,
00:18un des trois départements bretons placés en vigilance orange,
00:21c'était une habitante qu'on entendait tout à l'heure dans le journal de 7h sur RTL.
00:24L'esprit de l'info avec une question qui nous concerne tous,
00:27où que nous soyons, où que nous vivions, comment faire face,
00:30comment nous adapter aux événements naturels, aux catastrophes naturelles parfois.
00:34Pour en parler, Louis, Louis Baudin est resté avec nous.
00:36Et on accueille Gaëlle Musquet, bonjour.
00:37Bonjour.
00:38Météorologue et spécialiste de la prévention des risques majeurs.
00:41Déjà ces phénomènes météos, ces inondations, ces vagues de froid,
00:44comme aux Etats-Unis où on parle de moins 40, peut-être moins 45 degrés en ressenti,
00:48ces coups de chaud, est-ce qu'il y en a vraiment plus qu'avant ?
00:51Alors, on a effectivement une accélération des extrêmes,
00:55c'est-à-dire que ce que nous amène le dérèglement climatique,
00:58c'est à la fois une augmentation de l'intensité des phénomènes,
01:02que ce soit des sécheresses ou la pluviométrie,
01:04et en même temps, sur certains phénomènes, parfois, une accélération aussi,
01:09donc une fréquence plus élevée.
01:10Donc il y en a plus souvent et c'est plus fort ?
01:11Certains phénomènes sont plus fréquents et malheureusement plus intenses.
01:15Et donc là, aujourd'hui, l'objectif, évidemment,
01:17c'est de préparer au mieux les territoires et les populations pour faire face à ces phénomènes.
01:21Gaëlle Musquet disait à l'instant, c'est dû au dérèglement climatique.
01:24Si Donald Trump était en face de vous, Louis Baudin,
01:26il vous dirait, vous voyez bien Baudin, c'est la preuve qu'il n'y a pas de réchauffement climatique,
01:29on a moins 40 aux Etats-Unis.
01:30Qu'est-ce que vous lui répondriez ?
01:31Je lui réponds, c'est la moyenne.
01:32C'est-à-dire que moi, par exemple, vous ne me verrez jamais surréagir à un événement
01:36parce qu'il fait trop chaud ou trop froid.
01:37Non, c'est la moyenne.
01:38Et là, la moyenne, inéluctablement, quand on fait les courbes et l'évolution,
01:43ça monte.
01:45On en parle, un degré et demi, peut-être deux degrés,
01:48si on continue dans nos comportements.
01:49Donc, ce n'est pas un événement, mais c'est bien la moyenne qui traduit ce réchauffement climatique.
01:55Pourquoi les températures de New York ne sont pas les mêmes qu'à Madrid,
01:57pourtant sur la même latitude, vous demande un auditeur au 64 900 avec le mot Clématin ?
02:01Lequel veut répondre ?
02:02En fait, on n'a pas les mêmes influences en termes de relief.
02:06Déjà, il faut bien comprendre qu'on a des masses d'air.
02:08La Terre, c'est un grand géoïde.
02:10Et en fait, en fonction de ce que vous allez avoir comme relief, comme montagne, comme influence,
02:14la mer Méditerranée, l'océan Atlantique,
02:17et puis tous ces décrochages d'air froid des pôles,
02:24en fonction de ce que cet air froid va avoir comme résistance,
02:29le relief, la mer,
02:30on ne va pas avoir effectivement la même réaction,
02:33le même climat à Madrid qu'à New York.
02:35Donc, ce n'est pas parce qu'on est sur la même ligne qu'on a la même...
02:36Exactement, l'influence de l'Atlantique.
02:39Par exemple, on est protégé, je ne sais pas si c'est le bon terme,
02:42mais en tout cas, on a l'influence du Gulf Stream qui passe sur les côtes européennes
02:45et qui limite le refroidissement par rapport à un climat continental
02:48qu'on peut avoir sur une bonne partie du continent Nord-Amérique.
02:52Moi, quand j'étais à l'école et au collège,
02:53on m'a appris que la France était un pays autant modéré, je crois,
02:56tempéré.
02:57C'est encore vrai, ça, aujourd'hui, ou pas ?
02:59Bien sûr, même si on assiste à une tropicalisation, malheureusement, de notre climat,
03:03donc ces remontées de température, comme le disait très bien Louis,
03:06malheureusement, en moyenne, on assiste à l'apparition,
03:10et on le voit d'ailleurs, certaines espèces tropicales, des moustiques,
03:13qui arrivent...
03:14Les moustiques tigres, hein ?
03:15Les moustiques tigres, tout à fait, qui arrivent en Ile-de-France,
03:17c'est-à-dire qu'on a des vigilances de maladies tropicales qui n'existaient pas avant.
03:19On va venir sur le volet prévention dans un instant,
03:21mais encore quelques questions concrètes.
03:22Isabelle, au 64 900,
03:24j'ai entendu dire que l'île de Ré pourrait disparaître sous les eaux.
03:26Est-ce que c'est vrai, ça ?
03:27Alors là, pas très rapidement, quand même.
03:29Elle peut réserver ses vacances pour l'année prochaine.
03:31Elle peut encore réserver, je pense que même de son vivant,
03:33elle ne verra pas la disparition d'Ile-de-Ré.
03:36Mais en revanche, ça traduit effectivement une adaptation
03:38et forcément la nécessité de penser à cette élévation,
03:43même si elle est petite,
03:44même si j'espère qu'à l'avenir, on réduira ça
03:47parce qu'on va changer nos comportements.
03:49Eh bien oui, il faut adapter maintenant
03:51la façon dont on occupe un territoire,
03:53et notamment les littoraux.
03:54Ça, c'est clair.
03:54Question de Karine.
03:55Alors, c'est pour vous.
03:56Monsieur Musquet, y a-t-il des endroits
03:57où vous déconseillez d'acheter ou d'habiter aujourd'hui ?
04:00Alors, on ne construit plus pas
04:02dans des lits de rivières, des lits de cours d'eau.
04:05Là, évidemment, ça peut sembler être une évidence,
04:08mais on a aujourd'hui des communes
04:09qui n'arrivent même plus elles-mêmes,
04:10je parle de communes, à s'assurer.
04:12Les littoraux sont aussi des territoires à risque.
04:15Vous savez, on a la chance dans notre pays
04:16d'avoir un historique des communes.
04:18On a des 10 crimes,
04:19les documents d'information commune
04:21des risques majeurs.
04:21On a des PCS, les plans communaux de sauvegarde.
04:23On a les PPRI,
04:24les plans de prévention des risques d'inondation, incendie.
04:27On a bien théorisé, on a bien documenté
04:30l'histoire de nos communes.
04:31Lisez ces documents,
04:33regardez vos titres de propriété,
04:35vos baux de location.
04:36Vous verrez que la commune dans laquelle vous habitez
04:39a vécu, elle a traversé des difficultés,
04:42elle a eu un certain nombre de catastrophes
04:44qui ont jalonné son histoire.
04:45Et c'est à la lumière de cette histoire
04:48que vous pouvez faire un bon achat
04:50ou un mauvais achat.
04:51On ne peut plus acheter n'importe où
04:53et faire n'importe quoi
04:53parce qu'aujourd'hui on se met quasiment en danger.
04:56Et en tout cas, on peut le faire
04:57en toute responsabilité.
04:58On peut faire le choix
04:59de se mettre dans un endroit à risque.
05:00Il faut le savoir.
05:00Mais on peut le savoir maintenant
05:02où que l'on soit.
05:03Moi, j'ai été scotché par des images
05:05que j'ai vues hier au 20h de France 2.
05:07Des éboulements de terrain.
05:08Il y en avait un dans l'Oise
05:09qui était spectaculaire.
05:11Mais bon, il y a alors en Sicile
05:12un pan complet qui s'est effondré
05:14sur 4 km pendant une tempête.
05:16Plus de 1000 personnes
05:17qui ont dû être évacuées.
05:19Ça, c'est quelque chose
05:19auquel il faut se préparer.
05:21On voit aussi des pans de montagne
05:22parfois qui tombent
05:23parce qu'on dit
05:23que c'est parce que ça dégèle.
05:24C'est vrai tout ça ou pas ?
05:25Alors ça, c'est vrai.
05:26Mais il faut distinguer
05:27ce qui relève de l'évolution naturelle.
05:29Quand on parle des falaises, par exemple.
05:31Les falaises, ça a toujours existé.
05:33Que ça s'accélère éventuellement.
05:35Mais ça s'accélère ou pas ?
05:37Ça s'accélère dans certains endroits
05:38parce qu'on fragilise
05:40d'abord par un aménagement.
05:41On fragilise parce que
05:42des précipitations abondantes.
05:44On ne fait pas le travail
05:46qu'il faut pour préserver, par exemple.
05:48Donc, c'est un mélange de tout.
05:50C'est un réchauffement.
05:50C'est un comportement.
05:52Et moi, je dirais que le comportement,
05:53si déjà on le change,
05:54on va peut-être limiter un peu ses effets
05:56même s'il y en aura toujours.
05:57En matière de prévention,
05:59Gaël Musquet,
06:00qu'est-ce qu'il faut faire ?
06:00Alors maintenant qu'on connaît la situation,
06:02on sait que quand on est en Bretagne,
06:03il y a des risques d'inondations.
06:04On sait qu'à la montagne,
06:05il y a des risques d'avalanches.
06:06Comment on fait ?
06:06Qu'est-ce qu'il faut faire ?
06:07Alors, il faut s'entraîner.
06:09C'est faire des exercices.
06:10La loi va l'obliger.
06:11L'oblige déjà.
06:12Et là, les communes vont être obligées
06:14d'ici à septembre 2026
06:16de mettre en place au moins tous les 5 ans
06:17des exercices avec leur population.
06:20C'est très important que les populations
06:21vivent dans leur chair,
06:22ce que ça va leur demander,
06:24de s'adapter.
06:25Comment on va devoir se comporter ?
06:26Je pars au mois de mars prochain
06:28dans la zone caraïbe.
06:31Je vais m'entraîner avec 48 États et territoires,
06:34près de 600 000 personnes
06:35qui vont s'entraîner
06:36à évacuer leurs écoles,
06:37les bateaux de croisière,
06:38leurs universités, leurs communes.
06:40Comment on fait les exercices anti-intrusion
06:41dans les écoles ?
06:42C'est ça.
06:42Sur les attentats, il faut faire pareil.
06:44Exactement.
06:44Vous savez, et ça marche.
06:45On n'a pas d'éducation à ça.
06:46Non, on est très mal préparé.
06:48On a une très mauvaise culture du risque
06:49en France sur ces risques-là,
06:50sur tous les risques,
06:51des submersions liées à des ruptures
06:52de barrages hydroélectriques,
06:53par exemple.
06:54Vous savez, ça marche.
06:56Je vous donne juste un indicateur
06:57de réussite à quel point
06:59ces exercices dont je parle
07:00régulièrement fonctionnent.
07:02Le 31 juillet dernier,
07:04on a eu un séisme dans le Kamchamka,
07:06en Russie,
07:06qui a déclenché une alerte tsunami
07:08dans l'intégralité du bassin pacifique.
07:09Dans l'intégralité du bassin pacifique,
07:12on a réussi à évacuer
07:132 millions de personnes,
07:15dont 1,4 millions,
07:16uniquement au crédit du Chili,
07:18en 1h10,
07:19sans morts.
07:20Donc, pas de morts.
07:22Avec zéro mort, oui.
07:23Donc, c'est dire à quel point,
07:24quand une population est informée,
07:25formée et alertée
07:26en temps et en heure,
07:28on arrive à sauver des vies,
07:30on arrive à préserver la vie.
07:31C'est la priorité aujourd'hui.
07:32Louis Baudin,
07:33est-ce qu'il faut avoir des...
07:34Je vais dire une bêtise,
07:35mais du riz à la maison ?
07:36Est-ce qu'il faut avoir
07:37une lampe électrique ?
07:38Est-ce qu'il faut avoir...
07:39On en est là aujourd'hui ou pas ?
07:40Oui, alors peut-être pas
07:41d'en être déjà là
07:42en se disant...
07:43Ça vous rappelle le Covid,
07:44on faisait des stocks
07:44de papier toilette, de tout ça.
07:46Exactement.
07:46Mais en revanche,
07:47d'avoir la petite musique
07:48de cette sensibilité-là
07:49et de cette réception-là,
07:51notamment à tout ce que l'on peut
07:53nous apporter comme message
07:54d'alerte,
07:55de prévention,
07:56d'éducation,
07:57oui, ça je crois que petit à petit,
07:58il faut vraiment
07:59qu'on s'en imprègne.
08:00Maintenant,
08:01on ne va pas être non plus
08:02dans une urgence.
08:02On a la chance encore
08:03d'être dans un pays tempéré
08:05où certes on voit
08:06les premiers effets,
08:07mais où on peut être
08:08très bien informé
08:09et quand même se préserver
08:11bien avant de faire
08:12une réserve de dernier recours.
08:14Un petit kit de survie pour vous ?
08:15Oui, quand même.
08:16De quoi se soigner,
08:17de quoi avoir tenu
08:18en quelques heures
08:18avec de l'eau,
08:19quelques heures aussi
08:20avec de la nourriture.
08:21Vous savez,
08:22on ne peut pas mettre un maire,
08:23un pompier, un policier,
08:24un gendarme,
08:24d'ailleurs chaque Français,
08:25donc il faut être capable
08:26quand même
08:26de tenir quelques heures.
08:28Vous savez,
08:28on est très vite isolé.
08:29Souvenez-vous de Chiaran,
08:31de Caran,
08:31souvenez-vous de Domingos,
08:33un million et demi
08:33de Français sans électricité.
08:35Quand vous n'avez
08:35plus d'électricité,
08:36vous êtes très vite,
08:37très seul.
08:38Plus de réseau de télécommunication,
08:40plus d'énergie
08:41pour vous chauffer
08:42ou pour vous tenir informé.
08:43Une petite radio à pile,
08:45quelques petites bouteilles d'eau,
08:47quelques petites barres céréalières
08:48et évidemment,
08:49il y aura des stocks
08:49pour un an.
08:50Des bonbons,
08:51on se prend un paquet de bonbons
08:52quand même
08:52parce que ça ne peut pas faire de mal.
08:53Voilà, de quoi tenir.
08:54Question de Franck,
08:55de Saint-Anne-Doré.
08:56Moins de 32 États-Unis,
08:57est-ce que ça peut nous arriver ?
08:58C'est déjà arrivé en 68
09:00à Moots.
09:01Ah oui, mais Moots,
09:01c'est le congélateur du record.
09:03Moots, c'est le record
09:04et je crois que Paris-Ile-de-France
09:05est moins 23.
09:06Oui, c'est ça.
09:07Mais donc,
09:08a priori,
09:08il y a très très peu de chances.
09:10Même si,
09:11voilà,
09:11rien n'est impossible.
09:12Qu'un jour,
09:13il y ait une rupture,
09:14il y a certains modèles
09:15qu'ils prévoient
09:16de ce vortex
09:17qui est situé
09:18un peu plus au nord.
09:19Pourquoi pas ?
09:20Exceptionnellement.
09:21ça sera très très rare.
09:23Il n'est pas dit d'ailleurs
09:24que ça arrive
09:25dans les prochains
09:26mois ou décennies.
09:28Une petite dernière question
09:28pour vous deux.
09:29Est-ce que c'est plus compliqué
09:30de faire des prévisions météo
09:31avec tous ces changements climatiques ?
09:33On a des instruments,
09:34on a de la mesure déjà.
09:35C'est pas mal,
09:36on a des satellites,
09:36on a de plus en plus
09:37de capteurs performants.
09:39On arrive à alimenter
09:40de mieux en mieux les modèles.
09:41Ils sont appuyés
09:42par des machines
09:42de plus en plus performantes.
09:44Mais c'est vrai,
09:44on a une part d'imprévisibilité,
09:46surtout sur les petites cellules orageuses.
09:49Là,
09:49les grands phénomènes
09:50qui sont à l'échelle
09:50d'un département,
09:51d'une région,
09:52d'un pays,
09:52d'un continent,
09:53c'est facile.
09:53C'est de mieux en mieux prévu,
09:55en tout cas.
09:56Sur des petits phénomènes,
09:57c'est plus compliqué.
09:58Oui,
09:58en fait,
09:59le problème,
10:00alors moi,
10:01ça fait 40 ans
10:01que je fais de la prévision.
10:03J'ai vu l'évolution rapide,
10:05notamment dans les années 90-2000.
10:06Et c'est vrai que là,
10:07on stagne un peu.
10:08Mais voilà,
10:09on a également
10:10énormément progressé.
10:11Et puis,
10:12il y a aussi une petite dérive,
10:13c'est qu'on attend beaucoup maintenant.
10:15Et souvent,
10:15je fais cette question,
10:16on dit,
10:16vous n'améliorez pas en matière.
10:18Oui,
10:18sauf que maintenant,
10:19on voudrait kilomètre par kilomètre.
10:20On voudrait dans 15 jours,
10:22dans 3 semaines.
10:23Donc,
10:23il y a une exigence
10:24par rapport à la météo
10:25qui a aussi énormément progressé.
10:27Eh bien,
10:27merci à tous les deux.
10:28On a encore beaucoup de questions.
10:29C'est un sujet sur lequel
10:30on aura l'occasion de revenir.
10:31Merci.
Commentaires