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  • il y a 2 jours
26 Janvier 2026

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Transcription
00:00Musique
00:30Gilles de Cefeuilleton est le héros.
00:38Il a trouvé des amis, des indifférents, des pauvres et des riches, des gentils et des pas beaux.
00:44Qu'importe si la vie emporte tout comme un torrent.
00:48Gilles a une idée.
00:50Vendre à tous la santé.
00:53Sous forme de produits naturels.
00:55Quelle bonne idée.
01:00Musique
01:01Musique
01:02Musique
01:30Tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir de voir que tu t'es décidé à reprendre la suite de tes parents, ma petite Colette.
01:47Bien sûr, Madame Chevalier. Qu'est-ce que vous désirez ?
01:50Et comment vont tes parents ? Ils vont t'habiter à aller chez eux ?
01:53Ils vont très très bien. Papa est en pleine forme et maman aussi.
01:58Formidable. Votre idée, moi qui étais obligée de cavaler à travers tout Paris pour trouver du riz naturel.
02:02Et surtout celui-là, voici il est tout à fait exceptionnel.
02:04J'ai choisi au milieu de dix sortes différentes.
02:06Je ne pourrais pas trouver mieux.
02:07Ah bah vous m'en donnez une livre.
02:08Une livre ?
02:08Oui. Vous savez que je suis votre voisine. J'ai la boutique de fruits juste à côté.
02:12Vos chemises américaines sont formidables.
02:13Ils viennent du surplus. J'ai simplement eu l'idée de les faire teindre.
02:16Qu'est-ce que c'est, Colette ? Du riz naturel.
02:20Du riz non décortiqué brun.
02:22Oh, j'ai horreur du riz. Donne-moi du cassoulet. Tu sais, c'est lui que me donnait toujours ton père.
02:27Mais nous n'en faisons plus, Madame Chevalier.
02:30Uniquement des produits diététiques.
02:32Mais moi, je ne suis pas en régime.
02:33Je veux de la vraie nourriture.
02:35Je crois que vous feriez mieux d'aller dans une épicerie traditionnelle.
02:39Moi qui me servais chez ton père depuis l'avant-guerre.
02:42Veux-tu que je te dise qu'il est comme les nouveaux, complètement folle ?
02:45Non. Non.
02:46Une épicerie où on ne vend pas de cassoulettes.
02:49Tu veux que je te dise ?
02:50C'est scandaleux.
02:52Des choses comme ça ne seraient pas interdites.
02:55Interdites !
02:56Cette vieille bique, elle m'a toujours gâté les pieds.
03:01Ne t'inquiétez pas, elle m'a fait le même cinéma chez moi parce qu'elle ne trouvait pas le peignoir qu'elle voulait.
03:05Ah bah tiens, je prendrais bien des oeufs aussi.
03:07Oui.
03:08On peut les faire à coq, hein ?
03:09Ah bah bien sûr, c'est moi-même qui vais les chercher chez le producteur.
03:12Et le producteur, c'est mon père.
03:14Alors donnez-moi en six.
03:15Ah non, c'est impossible, je suis désolée.
03:17Je vais juste vous en donner deux, parce que j'en ai qu'une douzaine par jour, alors ils font laisser pour les autres.
03:21Ah vous, au moins vous êtes sérieux, hein ?
03:22Mais pour après-demain, vous m'en réservez six.
03:25On va essayer parce que c'est vous.
03:27Mais je vous promets rien.
03:28Ah puis des légumes aussi, des carottes et des poireaux.
03:30Ah oui.
03:30Et alors ils sont sans insecticides, hein ?
03:33Et ils sont dans de chimiques.
03:34Bon, bah vous m'en donnez deux kilos de poire.
03:36Deux kilos ?
03:37Vous dansez, mademoiselle ?
03:52Tu avais raison, c'est formidable, extraordinaire.
03:57Un vrai silence.
03:58Alors, qu'est-ce que tu penses de notre première ?
04:00Oh, ça dépasse tout ce que j'avais pu imaginer.
04:02Tu m'embrasses.
04:03Et puis tu verras, on aura beaucoup de représentations.
04:07Mais avec quoi ?
04:08Ah oui, ça, évidemment c'est le problème.
04:11Tu te rends compte ? Les ans ont duré une demi-heure.
04:13Avec une douzaine, on pouvait pas aller bien loin.
04:14Et à dix heures, il n'y avait plus aucun légume.
04:16Mais tu vas en prendre, mais dix fois plus.
04:18Tiens, c'est comme les produits diététiques, là.
04:20Et les gens se sont jetés dessus, comme sur des petits pains.
04:22Tu vois, ils sont complètement fous.
04:23Je te l'avais dit.
04:25Mais qu'est-ce qu'on va faire ?
04:26Je pense aller dès maintenant acheter d'autres produits diététiques.
04:29Mais pour le reste, papa n'a plus aucun légume.
04:31Et avec ces deux poules, il faudra attendre une semaine pour avoir une douzaine d'eux.
04:35Ah oui, alors ça, c'est ce qu'on appelle en économie politique
04:36le classique problème des goulots d'étranglement.
04:39Qu'est-ce que c'est que ça ?
04:40Alors, je serais trop loin à t'expliquer.
04:42Tiens, vide la caisse, s'il te plaît.
04:44Alors, t'en prends à moitié.
04:46Puis tu me donnes l'autre moitié.
04:47Et tu files en vitesse chercher des produits.
04:49Pour le reste, moi, je vais me débrouiller.
04:51Tu vas pas aller à la campagne, il y a ce torsine.
04:53Ben bon, il n'y a pas d'heure pour les braves dans le commerce.
04:55Ça, c'est comme en médecine.
04:56Quand il y a urgence, il y a urgence.
04:58Allez, filme.
05:01Oh, arrête de c'est que j'ai horreur de ça.
05:03Arrête de râler, la crémière.
05:05Hum.
05:05Hum.
05:06Hum.
05:06Merci.
05:36Merci.
06:06Merci.
06:36Tiens.
06:39Sans moi, c'est l'heure des tables.
06:42Ben, pourquoi tu défais les paquets ?
06:44Ma pauvre chérie, nous faisons du produit naturel.
06:46Tu as déjà vu le petit fermier en train de faire ses petits paquets de beurre ?
06:49Mais tu n'es pas sérieuse ? Tu n'es jamais allé à la campagne.
06:51Toi, alors tu me stupéfies.
06:54Tu sais, on m'a tellement tapé sur la tête depuis que je suis à Paris
06:57que maintenant, je me débrouille.
07:00Tiens.
07:02Regarde ce que je t'ai acheté.
07:06Toi, alors, tu es vraiment un amour quand tu veux.
07:09Oh, embrasse-moi.
07:14Ils sont superbes.
07:15Je vais les mettre sur la caisse.
07:17Oh, attends, attends, attends, attends, j'en ai besoin.
07:20Qu'est-ce que tu vas leur faire ?
07:21Rien, tu vas voir, on n'aie pas peur.
07:29Tu comprends ?
07:31Nos poules, elles sont élevées au grain naturel,
07:33pas dans un élevage moderne.
07:36Forcément, les œufs, ils ne sont pas très propres.
07:42En fait, ça me fait penser que vous l'achetez du fumier.
07:44Allez, donne-moi un coup de main, Colette.
07:46Tu sais que j'ai horreur de ce prénom.
07:48Alors, travail, la crémière.
07:51Mais les gens ne vont jamais nous croire quand ils verront si douzaine d'œufs.
07:53Après ce que tu leur as dit ce matin.
07:55Goulot d'étranglement.
07:56Encore ?
07:57Si tu veux, pour simplifier, c'est qu'en un stade de la production ou de la distribution, il manque un produit.
08:02Et alors ?
08:03Alors, on va appliquer le principe.
08:05Il n'y aura jamais plus d'une douzaine d'œufs dans la chambre froide et le reste, ils attendront tranquillement ici et je les remplacerai au fur et à mesure.
08:11Qu'est-ce que tu ne vas pas chercher ?
08:13C'est ton père qui m'a donné cette idée de rationnement.
08:18Ils vont baver les clients.
08:20Tu as vu la fille ce matin ?
08:21Quand j'ai refusé deux œufs, elle m'a demandé six.
08:23Alors, on va les rationner.
08:25Bon, écoutez, madame, je vous en donne six, mais vous ne dites à personne, vous comprenez, il faut en garder pour tout le monde.
08:31Tu comprends, finalement, les Français qui ne jurent que par l'égalité, ils adorent par-dessus tout être des privilégiés.
08:37Eh bien, on va faire beaucoup de privilégiés, mais sans qu'ils le sachent.
08:41Tiens, attention.
08:45Tu es quand même incroyable. On t'invite à dîner et il faut que tu apportes tes provisions.
08:49Tu me connais, j'ai toujours été d'une prudence maladive.
08:52Comme disait le bon Siburi Grandin Queen, un milligramme de précaution vaut un double quintal de regrets.
08:58Tu seras toujours un afro-sceptique.
09:00Que veux-tu, à mon âge, il est difficile de changer.
09:04Et donc, j'ai l'impression que ça va tous les deux.
09:06Vous n'avez pas l'air de bouder vos assiettes.
09:08Ça va, l'appétit ?
09:09On fait exception pour vous.
09:10Depuis un mois, on mange ma cuisine.
09:12Strictement basse-calorie.
09:13Et vous voyons, on se porte bien.
09:15Loin de moi l'idée de vous contredire.
09:17D'ailleurs, j'ai vu en Asie des habitants qui vivaient avec deux bols de riz et qui se portaient très bien.
09:22Tant qu'il y a du riz, il y a de l'espoir.
09:25En tout cas, vous avez l'air heureux.
09:29On aurait tort de se plaindre.
09:31Tu sais combien on a fait le chiffre d'affaires ce mois-ci ?
09:33Oh, ne me le dis pas. Tu me rendrais jaloux et j'ai horreur des chiffres.
09:36Papa n'arrive pas à comprendre nos bénéfices.
09:38Ni comment on a pu le rembourser si vite.
09:40Eh ben, ça fait une bonne moyenne. Mon père ne comprend pas comment je dépense l'argent qu'il m'envoie.
09:44Eh bien, tout ce qu'on a gagné jusqu'à présent, c'est des clopinettes.
09:48La limonade, il y a que ça de vrai. Surtout quand on vend autre chose.
09:52Mais j'ai deviné.
09:53J'ai deviné quoi ? Vous allez vendre de la limonade ?
09:57Mais la limonade, c'est la petite bière. Intéression de définition.
10:01Réfléchis un peu. Tu sais que j'achète de la marchandise et que je vends le double.
10:05Honnête modestie qui t'honore.
10:08Eh bien, tout ça, c'est fini.
10:11Tu augmentes tes prix. Solution simple et efficace.
10:15Mais non, crétin, je les transforme. Tu piges ?
10:18Si tu les transformes, tu les augmentes.
10:20Il faut tout lui expliquer à ton copain.
10:22Si vous croyez que vous êtes clairs tous les deux.
10:24Mais c'est pas les prix que je transforme, c'est la marchandise.
10:27Et c'est ça notre grand coup dans la boutique.
10:29Alors je vais transformer un étal en comptoir et les gens pourront consommer sur place
10:32des plats cuisinés, naturels, biologiques et tout et tout.
10:35La restauration. Tu vois grand, hein ?
10:39Oh, pas tellement pour commencer. Non, juste quelques couverts comme ça.
10:43Alors les gens pourront consommer sur place, choisir leurs plats et se les faire servir.
10:48Épicerie nouvelle, quelque chose de très simple.
10:50Parce que tu vois, la carotte crue, c'est un bon rapport.
10:52Mais alors cuite, c'est une véritable mine d'or.
10:55J'avais toujours cru que l'expression les carottes sont cuites signifie autre chose.
10:58Fais-moi confiance.
11:00Total, mon vieux.
11:02Mais qui va faire la cuisine ?
11:04Et pourquoi depuis un mois je fais tous les repas moi-même ?
11:06Savez-vous que j'ai essayé plus de 50 recettes ?
11:09Si vous pouviez imaginer la diversité des plats que l'on peut faire.
11:12Tenez par exemple, seulement avec les carottes.
11:14Inutile. Je suis convaincu. Vous avez raison.
11:18Et comment ouvre ce pomme ?
11:20Laisse-moi faire, ça va marcher.
11:22Dans les nuits de la tendresse,
11:27Les visiteurs ont la couleur du bonheur.
11:31Tous les matins ont le parfum des succès.
11:36Ça, c'est la vie dont je rêvais.
11:40Et près de moi, il y a
11:44Des prairies et des forêts,
11:46Des oiseaux sur le sable.
11:49Plus près de moi, tu verras
11:53Les reflets gris de Paris
11:55Et Paris qui sourient
11:57Dans les nuits bleues, la tendresse.
12:01Les baladins ont des points de satin.
12:05Tous les matins ont le parfum des sacrés.
12:10Ça, c'est la vie dont je rêvais.
12:14Ça, c'est la vie dont je rêvais.
12:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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