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  • il y a 2 jours
DB - 09-03-2026

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TV
Transcription
00:00:00Musique
00:00:30...
00:01:00...
00:01:13Ça va pas ?
00:01:16Vous êtes blessé ou pas ?
00:01:17Restez avec lui, hein ?
00:01:33L'homme en pyjama, elle a perdu connaissance.
00:01:35Alors on le transporte à l'hôpital Viernois.
00:01:37Bon, et après ?
00:01:38Après, ben, j'ai téléphoné à ma femme pour la prévenir que je ne pouvais pas rentrer déjeuner.
00:01:42Mais les toubibs, qu'est-ce qu'ils disent ?
00:01:44Oui, blessure sérieuse, mais ne mettant pas l'avis du patient en danger.
00:01:48Là-bas, le petit calibre a traversé l'os pariétal et l'est ressortie.
00:01:52Ah ben, la même chose que le brigadier meurt, hein ?
00:01:54Pas grave, disaient les docteurs.
00:01:56En attendant, il est resté quatre mois dans le coma.
00:01:58Un interne m'a expliqué que sous le choc,
00:02:00l'homme a vraisemblablement eu le réflexe de nouer une serviette autour de sa tête.
00:02:04Il enfile un impair et il est descendu dans la rue pour se faire soigner.
00:02:07Vous l'avez interrogé ?
00:02:08J'ai essayé, mais le type est complètement perturbé.
00:02:11Il balbutie, je ne sais pas, je ne me souviens de rien.
00:02:16Il avait des papiers d'identité ?
00:02:17Non, ses poches étaient vides.
00:02:19Ses vêtements sont pyjamas, vous les avez examinés ?
00:02:22Oui, mais aucune marque, pas même de blanchisseurs.
00:02:25La serviette non plus.
00:02:26Quant au pantouple, c'est un modèle courant, très usagé.
00:02:29Bref, pas de moindre indice, nous permettons de savoir qui est cet homme.
00:02:32Pour l'instant, non.
00:02:33Quand pourra-t-on l'interroger ?
00:02:35Demain, peut-être, il est temps d'observation.
00:02:37Parfait, bon, suivez l'affaire tous les deux et tenez-moi au courant.
00:02:40Dites-moi, c'est un peu maigre, votre rapport sur les vols de voitures.
00:02:43Il faut m'étoffer tout ça.
00:02:44Allez, vite, tout de suite.
00:02:45Tout de suite ?
00:02:46C'est que moi, je...
00:02:47Quoi, qu'est-ce qui vous arrive ?
00:02:48J'ai faim, patron, j'ai rien à voir depuis ce matin.
00:02:51Vous savez, moi, les séjour dans les hôpitaux, ça me croit.
00:02:53Bon, allez, allez, mangez.
00:03:05Bonjour, monsieur.
00:03:07Nous avons quelques questions à vous poser.
00:03:14Comment vous appelez-vous ?
00:03:19Allons, répondez.
00:03:21Oh, elle est moche, votre cravate.
00:03:27Vraiment moche.
00:03:30Essayez de vous souvenir.
00:03:31On a tiré un coup de feu sur vous.
00:03:36Un coup de feu ?
00:03:43Vous, je...
00:03:44Je vous connais.
00:03:50Un coup de feu.
00:03:53Où habitez-vous ?
00:03:57Oh, elle est vraiment...
00:04:00Trop moche.
00:04:02Un coup de cravate.
00:04:03Oui, ça va, on le sait.
00:04:06Vous avez un métier ?
00:04:10Un métier.
00:04:18Vous croyez que ça va durer longtemps, cette amuse-y ?
00:04:20On ne peut jamais savoir.
00:04:23Et si c'était un simulateur ?
00:04:24Je ne le pense pas.
00:04:25De toute façon, dès qu'il aura récupéré, on essaiera un traitement.
00:04:29Est-ce que vous croyez qu'il peut supporter les flashs d'un photographe ?
00:04:32Oui.
00:04:33À condition que la séance ne dure pas trop longtemps.
00:04:36Fais prendre des photos.
00:04:37Tu les distribues au journois en invitant toutes les personnes qui croirent connaître le blessé à se présenter, etc.
00:04:42Enfin, le blabla habituel.
00:04:43Bon, bon, oui.
00:05:03Bonjour, mademoiselle.
00:05:05Bonjour, mademoiselle.
00:05:06Bonjour, monsieur.
00:05:09Mademoiselle.
00:05:10Jeannine Damien.
00:05:11Claude Leblanc.
00:05:12Je suis très heureux.
00:05:14Vous remplacez mademoiselle Moreau ?
00:05:15Oui, pendant la durée de son stage.
00:05:18Entrez, madame.
00:05:21Quand j'ai vu sa photo dans le journal, j'ai eu un choc.
00:05:24Moi qui n'achète jamais les quotidiens, pour une fois, ça m'a réussi.
00:05:27Asseyez-vous, madame.
00:05:28Vous êtes très aimable.
00:05:33Alors, selon vous, l'homme dont vous avez vu la photo est votre mari ?
00:05:37Mais j'en suis certaine, monsieur.
00:05:39Les mêmes yeux et puis ce sourire qui a toujours l'air de se ficher de vous.
00:05:44Je m'excuse de vous parler ainsi, mais votre mari est sensiblement plus jeune que vous.
00:05:48Au contraire.
00:05:49J'ai trois ans de moins que lui.
00:05:51Alors là, je crains fort que nous ne parlions pas du même homme.
00:05:53Joseph a toujours fait très jeune.
00:05:56Autre chose, qui moi ne me trompe pas, sur la photo, il portait un truc sur la tête.
00:06:02Oui, un pansement.
00:06:04Quand nous étions jeunes, nous allions souvent à des balles masquées.
00:06:08Eh bien, Joseph se déguisait toujours en sultan.
00:06:11Il adorait ça, penser pour un pacha.
00:06:14Je m'excuse, madame, mais vraiment...
00:06:16J'ai apporté une photo de lui.
00:06:18Tenez.
00:06:20Votre mari n'a plus de cheveux.
00:06:22Ah, ça, il est chauve.
00:06:24C'est presque de naissance.
00:06:26Quand je l'ai connu, il était déjà chauve.
00:06:28J'ai même hésité à l'épouser à cause de ça.
00:06:30La personne qui a été hospitalisée à des cheveux châtains est très drue.
00:06:33Alors, je crois inutile...
00:06:34Alors, ce n'est pas lui ?
00:06:37Non, madame.
00:06:41Excusez-moi.
00:06:42Je vous en prie, madame, asseyez-vous.
00:06:48Eh bien, je vous écoute.
00:06:50Personne ne nous entend ici.
00:06:52Non, pourquoi ?
00:06:53Je ne voudrais pas qu'on répète à madame le nôtre ce que je vais vous dire.
00:06:57Mais qui est madame le nôtre ?
00:06:58Ma voisine.
00:07:00La photo.
00:07:01Je sais qui c'est.
00:07:04Euh, ah oui ?
00:07:05C'est lui.
00:07:07Oui, mais qui, lui ?
00:07:09Chaque soir, madame le nôtre reçoit un homme chez elle.
00:07:12Toujours le même.
00:07:14Cet homme, c'est lui.
00:07:17Écoutez, madame, vous l'affirmez.
00:07:21Enfin, donnez-moi une preuve.
00:07:23Dans ma salle de bain, on voit très bien ce qui se passe dans son salon.
00:07:26Surtout en montant sur un escabeau.
00:07:30Autrement dit, vous les épiez.
00:07:31Mais dans quel but ?
00:07:32Pour savoir.
00:07:34Sans ça, je ne serais pas ici aujourd'hui.
00:07:35Et la vérité n'éclaterait pas.
00:07:38Écoutez, madame, je voudrais simplement...
00:07:39Convoquez ma voisine.
00:07:41Cuisinez-la sérieusement.
00:07:43Comme dans les films policiers.
00:07:45Et elle avouera.
00:07:47Vous n'aimez pas madame le nôtre.
00:07:50Je n'ai rien contre elle.
00:07:52C'est elle qui ne peut pas me voir.
00:07:54Savez-vous pourquoi il est devenu amnésique ?
00:07:57La semaine dernière, elle l'a frappé avec un bronze.
00:08:00Celui qui est sur sa cheminée.
00:08:01Une reproduction du bon Saint-Michel.
00:08:03J'ai tout vu.
00:08:04J'étais sur l'escabeau.
00:08:06Très bien, nous vérifierons.
00:08:07J'ajouterai que depuis qu'il a reçu le bon Saint-Michel sur la tête,
00:08:10l'homme n'est jamais revenu.
00:08:12Remarquez, c'est peut-être une simple coïncidence.
00:08:14Mais enfin, elle demande à être éclaircie.
00:08:16Surtout que madame le nôtre ignore ma démarche.
00:08:18Je tiens à conserver des rapports de bon voisinage.
00:08:20Comptez sur moi.
00:08:21Au revoir, madame.
00:08:22Au revoir, jeune homme.
00:08:26Je donnerai cher pour voir la tête que fera demain madame le nôtre.
00:08:29Elle m'a volé mon paillasson.
00:08:30Ça lui portera pas chance.
00:08:35Depuis deux jours, je me trimballe dans le quartier.
00:08:37J'ai montré sa photo à tous les commerçants.
00:08:39Quelques-uns croient l'avoir déjà vue, mais rien de positif.
00:08:43Marie et le Blanc ont déjà reçu six personnes qui prétendaient le connaître.
00:08:46Toutes des commerces de quartier ou des mythomanes.
00:08:50Oui ?
00:08:51Une dame sur la première au sujet de l'homme en pyjama.
00:08:53Très bien, passez-la-moi.
00:08:56Allô ?
00:08:57Monsieur le commissaire, bonjour.
00:08:59Je vous appelle parce que l'amnésique, je peux vous révéler son identité.
00:09:02Je vous écoute.
00:09:04Il s'appelle...
00:09:06Oh, tais-toi, veux-tu te faire ?
00:09:09Je m'excuse, monsieur.
00:09:11Il s'appelle Maxime Piana.
00:09:14Il habite 22 rue Doucard, deuxième étage.
00:09:1822 rue Doucard, deuxième étage.
00:09:20Vous le connaissez personnellement ?
00:09:24Elle est raccrochée, on y va.
00:09:41Dis donc, avec un coup de téléphone anonyme, on aurait quand même ça renseigné chez la concierge.
00:09:51Entrez, entrez.
00:09:52Bonjour, madame.
00:09:54Maxime Piana, vous connaissez ?
00:09:56Non.
00:09:57Pourtant, vous avez dit qu'il habitait ici, au deuxième étage.
00:09:59Oh, il y a un seul locataire par étage.
00:10:01Au deuxième, c'est madame Estagel.
00:10:03Interrogez-la.
00:10:03Elle soulue une chambre.
00:10:05À qui ?
00:10:05Un homme d'une quarantaine d'années.
00:10:10C'est lui ?
00:10:11On dirait.
00:10:12En tout cas, ça lui ressemble.
00:10:14Très bien, merci, madame.
00:10:15Madame Estagel m'a recommandé de ne jamais parler de cette sous-location.
00:10:20Pourquoi ?
00:10:21Elle ne la déclare pas à cause des impôts, paraît-il.
00:10:24Ne lui dites pas que je vous en ai avisé.
00:10:26Rassurez-vous.
00:10:39C'est vous qui avez téléphoné au commissariat il y a une minute.
00:10:42Mais, oui, c'est moi.
00:10:45Pourquoi le cachez-vous ?
00:10:46À cause de madame Estagel.
00:10:48Donc, monsieur Piana habite bien chez elle.
00:10:50Oui.
00:10:51Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
00:10:54Dimanche.
00:10:54Il est rentré de voyage.
00:10:55Ah, et lundi à midi, il déambulait en pyjama dans les rues.
00:10:59Vous l'avez vu sortir ce matin-là ?
00:11:01Non, c'est l'heure où je fais mon marché.
00:11:03Monsieur Piana, quelle est sa profession ?
00:11:05Je ne sais pas, il s'abstante souvent.
00:11:07Il n'habite ici que 4 ou 5 jours par mois.
00:11:09Il reçoit du courrier ?
00:11:10Très peu.
00:11:11Et cette madame Estagel, la vie seule ?
00:11:13Oui, c'est une ancienne artiste.
00:11:15Elle a fait du cinéma dans sa jeunesse.
00:11:18Bon, merci.
00:11:20Au revoir, monsieur.
00:11:38Qu'est-ce que c'est ?
00:11:39Police, madame.
00:11:41Revenez dans une heure.
00:11:42Je suis en train de manger.
00:11:44Mais je...
00:12:00Encore vous ?
00:12:01Allons, ouvrez.
00:12:03Montrez.
00:12:04Qui me dit que cette carte n'est pas faute ?
00:12:05Écoutez, madame Jean-Brie, maintenant, ouvrez.
00:12:07C'est bon, c'est bon.
00:12:10C'est le moment où vous me demandez poliment.
00:12:18Vous me dérangez.
00:12:19Je suis désolé.
00:12:21Des formules de politesse et horreur.
00:12:23À mon âge, on n'a plus le temps.
00:12:25Que me voulez-vous ?
00:12:26Vous venez au sujet de votre locataire.
00:12:29Mon locataire ?
00:12:30Mais l'homme qui vit chez vous ?
00:12:33Un homme, chez moi.
00:12:34Ça vous plaisantez.
00:12:35Regardez-moi, je suis un vieux débris.
00:12:37Vous savez parfaitement de qui nous voulons parler.
00:12:39Tenez, madame, regardez.
00:12:41Vous connaissez pas ?
00:12:51Très mauvaise photo.
00:12:53Mauvaise ou pas, vous l'avez reconnue ?
00:12:55C'est plus un art, bien sûr.
00:12:57Alors, vous prétendez qu'il n'habite pas chez vous ?
00:12:59Je le loge pendant ses séjours dans la capitale.
00:13:02C'est un ami.
00:13:03Je ne lui demande aucun loyer.
00:13:05Un ami ?
00:13:05Et depuis combien de temps ?
00:13:07Je ne sais pas.
00:13:08Un an.
00:13:09Vous l'avez connu où ?
00:13:11À Hauteuil, sur le champ de course.
00:13:15Je m'y rends parfois à l'après-midi.
00:13:17J'ai une grande tendresse pour les joueurs.
00:13:22Eux, au moins, ils comprennent la vie.
00:13:27M. Piana a son domicile en province ?
00:13:29Je crois.
00:13:31Où ça ?
00:13:32Je l'ignore.
00:13:35Sa profession.
00:13:37Il ne m'en a jamais parlé.
00:13:38C'est un garçon très secret.
00:13:40De quoi vit-il ?
00:13:42Je suis moi-même discrète.
00:13:44Je ne lui ai pas posé la question.
00:13:46Écoutez, vous vous moquez de nous.
00:13:50Dans un de mes films, jadis, c'était en 1927, non, en 1928, je voyais une pauvre fille victime d
00:13:59'une erreur judiciaire.
00:14:00Un policier me maltraitait.
00:14:03C'est drôle.
00:14:05Parce que l'acteur qui tenait le rôle vous ressemblait.
00:14:09En plus, élégant.
00:14:11Dimanche matin, M. Piana est rentré de voyage.
00:14:14Oui.
00:14:15Et lundi, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:14:19Je ne l'ai pas vu, ce jour-là.
00:14:22Écoutez, madame, il est sorti de chez vous en transière et midi, en pyjama, après avoir été blessé à la
00:14:26tête par une balle.
00:14:28C'est possible.
00:14:29Ça n'a pas l'air de vous étonner.
00:14:31Alors, vous avez lu les journaux.
00:14:33Vous avez vu sa photo.
00:14:35Comme tout le monde.
00:14:38Et vous n'êtes pas venu le trouver.
00:14:40Pourquoi ?
00:14:40Je ne me mêle jamais des choses qui ne me regardent pas.
00:14:43Il y a dans cette affaire des tenants, des aboutissants qui m'échappent.
00:14:46À vous de trouver la solution.
00:14:48Alors, lundi matin, vous prétendez ne pas l'avoir vue.
00:14:52Lundi, vous étiez à Fontainebleau, chez mon ami Jeanne Gimel.
00:14:57Vous connaissez ?
00:14:59Non.
00:15:02Et vous ?
00:15:06N'allez jamais à la cinémathèque.
00:15:10Et vous non plus.
00:15:13Jeanne Gimel a débuté avant moi.
00:15:16Elle tournait déjà à l'époque de Feuillade.
00:15:20Souvent, avec elle et quelques amis de notre âge, nous passons la journée ensemble.
00:15:26Lundi, pour aller à Fontainebleau, j'ai pris le train le matin à 8h14.
00:15:32J'appartiens, messieurs, à une génération qui se lève tôt.
00:15:35Conduisez-nous à la chambre de M. Piennard.
00:15:39Mouais.
00:15:45Voilà.
00:15:54On a fait le ménage ici depuis lundi.
00:15:56Je n'ai pas l'habitude de laisser la poussière s'installer chez moi.
00:15:59Mais avant d'entour de Fontainebleau, dans quel état se trouvait la pièce ?
00:16:02Le lit des faits, une chaise renversée, des transistors par terre, ici.
00:16:10Et un carreau cassé.
00:16:13J'ai mis un carton en attendant que M. le Vitrier veuille bien se déranger.
00:16:22Il recevait des visites ?
00:16:24Non, jamais.
00:16:25Vous lui connaissez des amis ?
00:16:27Non.
00:16:29Il avait une femme dans sa vie ?
00:16:31Non.
00:16:33Quoique, ces derniers temps, je l'ai aperçue deux fois avec une rousse.
00:16:38J'ai horreur des rousses.
00:16:39Je lui ai dit, il n'a rétorqué que lui aussi, mais que, faute de mieux, pour l'instant, il
00:16:44s'en contentait.
00:16:45Est-ce qu'il a prononcé le nom de cette personne devant vous ?
00:16:49Il l'appelait Misty Gris.
00:16:51D'ailleurs, il appelle toutes les femmes Misty Gris, même moi.
00:16:53Décrivez-nous cette femme.
00:16:56Vingt ans, des poches sous les yeux, qu'est-ce que ce sera à mon âge ?
00:17:01La tâche de rousseur abusive, le teint laiteux, le genre albinos, quoi.
00:17:06Bien, je vous demanderai de nous laisser seuls quelques instants.
00:17:09Comme vous voudrez.
00:17:11Mais ne touchez à rien sans mon autorisation.
00:17:13C'est entendu, et maintenant, laissez-nous.
00:17:20Vous, mon petit, vous devez savoir parler aux femmes.
00:17:38Ah, une carte d'identité.
00:17:43Piana Maxime, né en 25 à Bastia, courtier en céréales, adresse rue Collincourt, Paris 18e.
00:17:51De quand va-t-il cette carte ?
00:17:52Euh, attends, 53.
00:17:55Ah, il y a encore un papier avec quatre numéros de téléphone.
00:17:59Pas de nom ?
00:18:00Non, pas de nom et des numéros.
00:18:02Bon, reviens.
00:18:11Soirme d'âme.
00:18:20Soirme d'âme.
00:18:26Salut.
00:18:26Salut.
00:18:28J'ai ton dossier.
00:18:30Non, c'est celui-là.
00:18:32À propos, l'identité judiciaire est prévenue, il passe frangé la vieille, hein.
00:18:36Joli coco, ton Maxime Piana.
00:18:38Plusieurs condamnations pour braquage, la dernière en 55, six ans de prison en ferme, à la suite d'un hold
00:18:44-up.
00:18:47Il est interdit de séjour à Paris, il habite frangé dans le cerf.
00:18:50J'ai appelé la gendarmerie locale, tu trouveras là-dedans le compte-rendu de mon coup de fil.
00:18:54Selon le brigadier-chef, Piana va quitter frangé dimanche matin.
00:18:58Pour Paris.
00:19:00Ça correspond.
00:19:02Euh, courtier en céréales, c'est vraiment son métier ?
00:19:05Penses-tu ?
00:19:06Il a vaguement travaillé jadis chez un courtier, ça lui sert de couverture.
00:19:11Et alors, à la campagne, il mène quel genre de vie ?
00:19:14Il loge sous un ami aubergiste, farniante et pêche à la ligne.
00:19:17De temps en temps, il pointe à la gendarmerie.
00:19:20Et son adresse, la rue Connacourt ?
00:19:21Oui, j'ai demandé au commissariat du Montseny d'enquêter, il a effectivement habité là-bas de 50 à 54.
00:19:27Ton avis ?
00:19:28Un type, un ancien acolyte, avait des reproches à lui faire.
00:19:31Il vient en l'absence de la logeuse, il tire.
00:19:35Faut potasser le dossier, repérer les fréquentations de Piana depuis sa sortie de Taule.
00:19:38Ça sent le règlement de compte, tu crois pas ?
00:19:40Avec un S, comme Suzanne.
00:19:42Y.
00:19:44Bien, comme, oui, Yvan.
00:19:47Bon, merci.
00:19:50Bien, au revoir.
00:19:57Paris de l'hôpital.
00:19:58Fait-là, il ne va pas mieux.
00:20:00Pourtant, ils lui font suivre en traitement, mais cette fois, il ne m'a pas reconnu.
00:20:02Le numéro de téléphone, là, j'ai les noms des abonnés.
00:20:05Ah bon, qu'est-ce que ça donne ?
00:20:06Le premier numéro, c'est une brasserie appartenant à M. Mozak.
00:20:09Le second numéro, domicile personnel de M. Mozak.
00:20:11Le troisième, un self-service, propriétaire M. Jarzy.
00:20:14Le quatrième ?
00:20:15Une demoiselle Léry. C'est peut-être la belle-rouze d'en parler, madame la stagère.
00:20:19Parfait, on va se partager le travail.
00:20:28Eh, monsieur ?
00:20:29Eh, monsieur ?
00:20:30Eh ?
00:20:32Vous lesirez ?
00:20:33M. Jarzy, s'il vous plaît.
00:20:35Ah, il est absent de Paris.
00:20:37Ah ? Il va venir quand ?
00:20:39Oh, alors là, je ne peux pas vous dire.
00:20:40Je suis rôtisseur, ici.
00:20:42Eh, je cuis les poulets.
00:20:43320 tous les matins, ça ne vous dit rien ?
00:20:45Ben, il faut le faire.
00:20:47Attendez, M. Alfred, il vous renseignera peut-être s'il vient.
00:20:54Qui c'est ça, M. Alfred ?
00:20:55C'est le gérant.
00:20:56Ah, et pourquoi il ne viendrait pas ?
00:20:58Parce qu'il boit.
00:20:59Et quand il a bu, il dort.
00:21:00Résultat, ici, sa boîte, un self-service, c'est moi qui fais tout.
00:21:03La preuve.
00:21:06Dites, j'ai soif, là.
00:21:08Vous ne voulez pas me servir à boire, non ?
00:21:09Ah, non, non, pas le droit.
00:21:10On ouvre seulement dans 20 minutes.
00:21:11Oh, pour 20 minutes ?
00:21:12Eh, non, non, c'est le règlement, je ne veux pas risquer une amende.
00:21:15Non, des fois qu'un flic s'amènerait ici.
00:21:17Ah, justement.
00:21:19Oh, pardon, je ne pouvais pas savoir.
00:21:21Non, vas-y, ne bougez pas, je vous serre tout de suite.
00:21:24Et comme pour moi.
00:21:25Ah.
00:21:36Un cognac, une citron d'Inde.
00:21:44Une seconde, permettez.
00:21:49Bon, alors ?
00:21:51J'aimerais parler à votre patron.
00:21:53Ah, elle n'est pas là.
00:21:54Et bien, à quelle heure ?
00:21:55Ton voyage.
00:21:57Jusqu'à quand ?
00:21:58Je ne sais pas.
00:22:02Vous connaissez ?
00:22:03Attendez, j'en ai de mes lunettes, parce que c'est seulement pour les chiffres.
00:22:07Oh, beau garçon, hein ?
00:22:11Il ressemble à Clovis.
00:22:13C'est ça ?
00:22:13Ah, oui, c'est mon troisième fiancé, un chauffeur de taxi.
00:22:17Vous êtes sûr que ce n'est pas lui ?
00:22:19Oh, pensez-vous ? Clovis, il est martiniquais, il a tout plein de cheveux, tout frisés.
00:22:24Je vous remercie.
00:22:25Mais, pas de quoi.
00:22:33Voulez-vous prendre quelque chose ?
00:22:34Non, merci.
00:22:40Puis-je me permettre de vous offrir du thé ?
00:22:42Non, madame.
00:22:48Sauvage.
00:22:53Madame Mozak ?
00:22:55C'est moi-même, à quel sujet ?
00:22:56Police, madame. Je peux entrer ?
00:22:59Entrer.
00:23:00Merci.
00:23:00Merci.
00:23:05Vous voulez vous asseoir ?
00:23:06Non, merci.
00:23:07Je cherche à joindre votre mari.
00:23:09On m'a dit à la brasserie qu'il était en voyage.
00:23:12C'est exact.
00:23:13Quand est-il parti ?
00:23:15Mardi matin.
00:23:16Mardi ?
00:23:17Oui, mardi.
00:23:19Est-ce que vous connaissez un certain monsieur Piana ?
00:23:22Non.
00:23:23C'est peut-être un ami de votre mari ?
00:23:25Oh, ça m'étonnerait, il m'en aurait parlé.
00:23:32Jamais vu cet homme.
00:23:33Jamais ?
00:23:34Non, jamais.
00:23:35Très bien.
00:23:36Quand votre mari rentrera, vous lui direz de passer nous voir.
00:23:40Vous lui remettrez ceci.
00:23:51Coïncidence.
00:23:53Mozak a quitté Paris.
00:23:54Le lendemain du jour, on l'a tiré sur Piana.
00:23:57Moi, je n'ai pas réussi à savoir quand Jarcy est parti.
00:23:59Le cuisinier l'ignorait.
00:24:02Mais je suis persuadé que cette demoiselle Lery, là, va nous apporter la solution.
00:24:06C'était le dernier nom sur la liste.
00:24:13Le lendemain du ciel, elle, va nous reprendre.
00:24:19Police.
00:24:22Mlle Lery.
00:24:24C'est moi ?
00:24:26C'était mon jeune fille.
00:24:28À présent, je suis mariée.
00:24:34Entrez.
00:24:37Asseyez-vous, je vous prie.
00:24:38Non, merci.
00:24:42Puis-je savoir, messieurs, la raison de votre visite?
00:24:47Vous n'avez jamais été rousse?
00:24:49Non, jamais. Pourquoi?
00:24:51Pour rien.
00:24:52Pas la moindre décoloration, je vous jure.
00:24:54Ma couleur naturelle, je tiens.
00:24:56Ah, mais vous avez raison.
00:24:58Mais la couleur de mes cheveux n'est sûrement pas la cause...
00:25:01De votre présence ici, non, absolument pas.
00:25:04Est-ce que vous connaissez un certain Piana?
00:25:07Maxime Piana.
00:25:08Piana? Non.
00:25:10Pourtant, dans ses poches, nous avons trouvé votre numéro de téléphone inscrit sur un morceau de papier.
00:25:16Les renseignements nous ont communiqué le nom de Mlle Léry comme étant l'abonnée possédant ce numéro.
00:25:23C'est possible.
00:25:30J'habitais ici, avant mon mariage, il y a deux ans.
00:25:33Et je n'ai jamais pensé à signaler à la poste mon changement d'identité.
00:25:42Qui est-ce?
00:25:46Je ne sais pas, c'est la première fois que je vois ce visage.
00:25:49Cherchez bien.
00:25:51Non, vraiment.
00:25:52Et votre mari, comment s'appelle-t-il?
00:25:55Jarvis.
00:25:56Philippe Jarvis.
00:25:57Jarvis, mais...
00:25:59Il possède bien un sale service rue Grammer.
00:26:02Oui, en effet.
00:26:03Et il a quitté Paris.
00:26:07Comment le savez-vous?
00:26:10Où est-il?
00:26:12Dans le midi.
00:26:14Il envisage de céder son affaire à Paris et de prendre un restaurant du côté d'Aix-en-Provence.
00:26:18Et là-bas, il est descendu à l'hôtel?
00:26:20Oh, il en change tous les jours.
00:26:22Vous savez, il parcourt la région.
00:26:23On lui signale tous les fonds de commerce à vendre.
00:26:26Donc, vous n'avez pas son adresse.
00:26:36Quand rentre-t-il?
00:26:38Bientôt.
00:26:39Il était très décidé à acheter, et vite.
00:26:41Il a tellement envie de s'installer dans le midi.
00:26:44Moi aussi, d'ailleurs.
00:26:45Une dernière question, s'il vous plaît.
00:26:47Quel jour est-il parti?
00:26:49Mardi.
00:26:50Mardi matin.
00:26:52Quand votre mari rentrera de voyage, dites-lui de passer nous voir.
00:26:59L'adresse est dessus.
00:27:01Mais, pour quel motif? On a quelque chose à lui reprocher?
00:27:04Non, non, non, mais il peut nous être utile de nous rendre au service par un témoignage.
00:27:08Le monsieur Piana en question a été blessé à la tête par un coup de feu.
00:27:12Comptez sur moi.
00:27:21Bonjour, monsieur Piana.
00:27:24Bonjour, monsieur.
00:27:26Dites-le, monsieur Piana,
00:27:28essayez un peu de vous souvenir, là.
00:27:30Lundi dernier, hein, vous étiez chez Madame Estagel, on sonne.
00:27:33Vous allez ouvrir.
00:27:35Hein?
00:27:36Alors, qui était là?
00:27:38Qui?
00:27:41Qui était là?
00:27:42Oui, enfin, qui vous a tiré dessus?
00:27:44Un homme, une femme?
00:27:46Inutile d'insister.
00:27:50Je ne veux pas retourner en prison.
00:27:54Je ne veux pas retourner en prison.
00:27:56Je ne veux pas retourner en prison.
00:28:05C'est simple.
00:28:07Piana a noté quatre numéros de téléphone qui appartiennent en fait à deux personnes.
00:28:12Ainsi, Jarzy, le mari de l'ex-moselle Léry, se trouve être le propriétaire du self-service de la rue
00:28:17Cramer.
00:28:18Et Mossack, enfin, ça, nous le savions déjà, n'est autre que le propriétaire de la brasserie.
00:28:23Or, Mossack et Jarzy sont tous deux absents de Paris.
00:28:26Et tous deux depuis mardi.
00:28:27Le lendemain du jour, on a tiré sur Piana.
00:28:29Mais c'est une curieuse coïncidence.
00:28:32Et Piana, bien sûr, fréquentait la brasserie et le self-service.
00:28:35Ça, aucune preuve.
00:28:37Et les femmes, vous les avez interrogées?
00:28:39Oui, elles disent ne pas connaître Piana.
00:28:41Et ces deux types, Mossack et Jarzy, vous avez cherché au fichier?
00:28:45Ben, je sais pas, ce sont peut-être des trucs.
00:28:46Mais Martial s'en occupe.
00:28:48Autrement dit, vous venez me prouver pour m'annoncer qu'il n'y a rien de nouveau.
00:28:51Non, écoutez, Francin, la routine vous gagne.
00:28:53Non, non, mais vous perdez du temps.
00:28:54Moi, je devrais déjà avoir sur mon bureau un dossier avec le pédigré de ces gens-là.
00:29:01Allo, oui?
00:29:02Ah, bonjour, Martial.
00:29:03Comment allez-vous?
00:29:06Dites-moi, Francin vous a demandé des renseignements au sujet de deux individus.
00:29:10Oui, oui, j'ai cherché.
00:29:11Pas de fiches sur le casier judiciaire vierge.
00:29:14Bon, très bien, je vous remercie.
00:29:16Très bien, au revoir.
00:29:17Ah, dites-donc, allo?
00:29:19Oui, j'ai oublié de vous féliciter.
00:29:23Ben oui, vous voilà une fois de plus père de famille.
00:29:26Ça vous en fait combien à présent?
00:29:28Huit.
00:29:29Anne-Marie qui est née avant d'hier et la huitième.
00:29:32Bien.
00:29:33Bravo.
00:29:36C'est, voilà, c'est.
00:29:39Oui, oh là là.
00:29:41Quelle chance.
00:29:43Très bien, eh bien c'est parfait.
00:29:44Voilà, à bientôt.
00:29:45Au revoir.
00:29:47Vous avez entendu rien dans le fichier.
00:29:50Il faut me découvrir qui sont ces messieurs.
00:29:53Pourquoi ont-ils quitté Paris?
00:29:55Se connaissent-ils?
00:29:56Ont-ils été oui ou non en rapport avec Piana?
00:29:59Interroger les épouses, ça ne servirait absolument à rien.
00:30:01Si elles savent quelque chose, elles se tairont.
00:30:03Par contre, les employés, ça bavarde beaucoup plus facilement, surtout sur le dos du patron.
00:30:07Bon, je m'en charge avec Abadi, on va les faire parler.
00:30:10Seulement, pour découvrir le lien exact, enfin s'il existe, entre ces trois personnages,
00:30:14il serait préférable que les employés en question ignorent notre appartenance à la grande maison.
00:30:18Non, alors ça débrouillez-vous comme vous voulez, moi ça ne me regarde pas, hein.
00:30:21Mais d'ici ce soir, je veux du nouveau.
00:30:22Très bien.
00:30:30Bonjour, monsieur.
00:30:31Bonjour, c'est fermé.
00:30:33Eh bien, je viens pour de l'embauche.
00:30:35Il y a quelque temps, j'ai rencontré votre patron, monsieur Jarzy.
00:30:37Alors il m'a dit comme ça, si tu montes à Paris, viens me voir, je pourrai te trouver du
00:30:40boulot.
00:30:41Assieds-toi.
00:30:43Ah, t'es de quel pays, toi ?
00:30:45Eh, de Béziers.
00:30:46Où c'est ça ?
00:30:47Oh, à côté de l'Arbonne.
00:30:50Narbonne, on la connaît pas.
00:30:51Eh bien, en dessous du massif central, quoi.
00:30:53Ah, vu, compris.
00:30:54Non, je connais pas, je suis jamais descendu plus bas que la Loire.
00:30:56Ah bon, pourquoi ?
00:30:57Oh, encore par principe.
00:30:59Soleil, j'aime pas.
00:31:00La chaleur non plus, d'ailleurs.
00:31:01Dis donc, pour voir, monsieur Jarzy, à quelle heure il faut que je vienne ?
00:31:04Tiens, aide-moi à plumer la volaille, ce sera toujours ça de fait.
00:31:06Vous plumez encore les poulets, ici ?
00:31:08Ah, c'est spécial, ça.
00:31:09C'est pour moi, poulets de grains.
00:31:11Ah, oui.
00:31:13Tiens, attrape ça.
00:31:14Merci.
00:31:17Un suppléant aux cuisines, ce serait pas de trop ?
00:31:20Comment tu tombes mal ?
00:31:21Le cornac est en voyage.
00:31:23Et dans le temps que tu menses avec lui ?
00:31:26Euh, attends, c'était le lendemain d'Allemagne-Angleterre en Coupe du Monde, c'est-à-dire ?
00:31:31Ah oui, je me souviens, j'y étais.
00:31:33Enfin, je veux dire, devant le poste de télé, quoi.
00:31:37Ah, dis donc, le foot, ça t'intéresse ?
00:31:40Tu parles, j'y vais tous les dimages.
00:31:41Oh, on s'entendra bien, tous les deux.
00:31:44Hé, hé, hé, faut plumer plus vite.
00:31:47On voit bien que t'as pas la main.
00:31:49Dis donc, Jarzy, c'est un bon patron.
00:31:51Eh, oh, ben, comme tous les patrons.
00:31:54Ah, on aimerait mieux être à leur place.
00:31:57Oui.
00:31:59Dis donc, quand je l'ai connu, il avait un pote dont j'ai oublié le nom.
00:32:03Ah, attends, un grand brin, avec des oreilles décollées.
00:32:07Martin.
00:32:08Qu'est-ce qu'il fait dans la vie, celui-là ?
00:32:10Ah, il importe des dates.
00:32:11Il importe surtout ici, les frigos en sont pleins.
00:32:15Non, c'est pas lui.
00:32:16Le gars en question, il tient une brasserie à Paris.
00:32:19Ah, je vois ce que tu veux dire.
00:32:21Attends, mot, mot, mot, mot...
00:32:23Mosac.
00:32:24C'est ça ?
00:32:24Oui, oui.
00:32:25Il se pointe rarement dans les parages.
00:32:27Le cornac et lui, il se téléphone souvent.
00:32:29Surtout ces derniers temps.
00:32:30Ah oui ?
00:32:30Oui.
00:32:31Dis donc, à l'absence de Jarzy, là, au point de vue boulot, si j'allais trouver ce Mosac, il
00:32:35est sympa ?
00:32:36Mosac ?
00:32:36Ouf.
00:32:37Il fume le cigare, mais moi, le cigare, ça me coupe l'odorat.
00:32:41Je goûte plus mes sauces et les clients se plaignent.
00:32:44Dis donc, dans un seul service, ça n'a pas beaucoup d'importance.
00:32:46T'as raison.
00:32:47Je te conseille pas de dîner ici.
00:32:48À moins de manger cela.
00:32:49Ah, ça, c'est différent.
00:32:51Au bout du, il faut que je m'en aille.
00:32:53Ah bon ?
00:32:53Oui, j'ai un rendez-vous.
00:32:54Excusez-moi.
00:32:56Dis donc, si jamais il y a un beau match, je te téléphone.
00:32:58Ah, entendu.
00:32:59Salut, à bientôt.
00:33:00À bientôt.
00:33:00Au revoir.
00:33:11Bonjour, mademoiselle.
00:33:12Le téléphone, c'est au sous-sol.
00:33:14C'est vous que je viens voir.
00:33:16Moi ?
00:33:17Ah, mais, attention, il est 5h moins 5 et à 5h, je fais plus de service.
00:33:24Voilà, je fais une enquête au nom de la croisade pour l'amabilité.
00:33:28Alors, chaque semaine, dans un quartier de Paris, nous désignons le commerçant le plus aimable.
00:33:32C'est pas ?
00:33:33Bon.
00:33:33Et alors ?
00:33:34Ben, notre comité m'a chargé d'interviewer les gens qui travaillent avec M. Mozak, votre patron,
00:33:42afin de savoir si celui-ci mérite d'être désigné à la raison de tous pour son amabilité.
00:33:49Amabilité.
00:33:51Mon oeil, des prétextes comme ça, moi, je tombe pas dans le panneau, hein.
00:33:57Je comprends pas, excuse-moi.
00:33:58Si c'est tout ce que vous avez trouvé pour me faire du grain, je cherche pas du tout à
00:34:03vous faire du grain.
00:34:05Croyez-moi, les hommes, je les vois venir de loin.
00:34:08Je vous assure, mademoiselle, vous...
00:34:10Oh, n'assistez pas.
00:34:12D'abord, vous portez des moustaches, hein.
00:34:14Alors ça, moi, j'ai l'habitude, tous les moustaches huillent, même bien.
00:34:18Mais vous vous trompez, vous savez.
00:34:19Oh, mais donc, soyez polis, hein.
00:34:21Parlez-moi plutôt de M. Mozak, votre patron, hein.
00:34:23Ah, oui.
00:34:24Oh, mais les cinq heures.
00:34:26Service terminé.
00:34:27Vous avez pas l'air de me croire, je vous assure que...
00:34:29Mais oui, que vous faites partie de la croisade en faveur de l'amabilité.
00:34:34Avec des yeux comme les vôtres, ça m'étonnerait.
00:34:37Qu'est-ce qu'ils ont, mes yeux ?
00:34:38Oh, ils vous déshabillent.
00:34:56Dites, vous travaillez ici depuis combien de temps ?
00:34:58Oh, huit ans, monsieur.
00:34:59Oui, à cause d'un plongeur dont je suis tombée amoureuse.
00:35:03Lui, il a filé sur la côte d'Azur, puis moi, je suis toujours là.
00:35:06Donc, vous connaissez M. Mozak depuis longtemps, alors ?
00:35:08Oh, encore M. Mozak ? Mais c'est une idée fixe, hein.
00:35:12Et vous, comment vous vous appelez ?
00:35:14Albert.
00:35:15Oh, non, Albert, comme mon père.
00:35:19Non, écoutez, si vous voulez vraiment parler de M. Mozak, offrez-moi un verre.
00:35:23Et puis dites-le franchement.
00:35:24Bon, d'accord, avec plaisir.
00:35:26Eh !
00:35:26Oh, non, non, non, non, pas ici.
00:35:28Oh, alors, si je vois un verre ici, j'ai l'impression de continuer à travailler.
00:35:30On va aller au bistrot à côté.
00:35:32Bon, c'est ça, au bistrot à côté.
00:35:35Oh, quand même, alors, il y a des hommes, on se demande, et c'est qu'ils vont chercher leur
00:35:39béni-mortre.
00:35:41Allez, venez, Albert.
00:35:44J'arrive.
00:35:46Allô ?
00:35:47Un martial ?
00:35:48Oui, rebonjour.
00:35:50J'ai de bonnes nouvelles pour vous.
00:35:52Vous connaissez Bertrand, il passe son temps à fouiner dans les procès-verbaux de déposition.
00:35:56Il a fait une découverte qui va vous amuser.
00:35:58Au sujet de l'affaire Piana ?
00:35:59Non, ça concerne plutôt, messieurs, Mozak et Jarzy, sur lesquels vous cherchez des documentations.
00:36:05Ah, ben, vous avez enfin trouvé.
00:36:06Bon, ne m'engueulez pas, la paperasserie, c'est pas si simple.
00:36:09Je vous écoute.
00:36:10Il s'agit d'un hold-up.
00:36:12D'une affaire d'il y a trois ans.
00:36:14Je vous expliquerai de vivre, je peux venir ?
00:36:16Oui, je vous attends.
00:36:20Albert, bonjour.
00:36:21Bonjour, Martial. Alors, vous m'apportez quoi, au juste ?
00:36:24On ne fouille jamais assez les archives.
00:36:26Jamais.
00:36:28Il y a trois ans, monsieur Jarzy, qui possède aujourd'hui un seul service,
00:36:32était questionné à la biscuiterie Bruno, à Surin.
00:36:34Et monsieur Mozak, actuellement possesseur d'une brasserie,
00:36:38exercé dans le même établissement, la profession de chauffeur.
00:36:41Comment l'avez-vous appris ?
00:36:43Une fois par mois, ils allaient ensemble chercher la paie.
00:36:45Un jour, en traversant dans le voile Boulogne, une 404, le radar et la route,
00:36:49hold-up, trois hommes les attaquent.
00:36:51Butin, 35 millions anciens.
00:36:53Tout à l'heure, Bertrand, en cherchant dans les procès-verbaux,
00:36:55a retrouvé leur déposition.
00:36:57Ils se conduisirent d'ailleurs au cours du hold-up avec un certain héroïsme.
00:37:01Jarzy fut sérieusement blessé à la jambe et resta à moi l'hôpital.
00:37:05Intéressant, non ?
00:37:07Mais il n'y a peut-être aucune relation entre le hold-up et le coup de feu tiré sur
00:37:11Piana.
00:37:12Par acquis de conscience, j'ai vérifié si à l'époque du braquage, Piana était en liberté.
00:37:16Il l'était depuis six mois.
00:37:20Et vous pensez que Piana...
00:37:21Les auteurs du hold-up n'ont jamais été retrouvés.
00:37:23Aucun soupçon, aucun indice.
00:37:25Toutes les pistes s'effondrèrent les unes après les autres.
00:37:28Les deux victimes étaient les seuls témoins.
00:37:31Oui.
00:37:32Ils donnèrent le signalement de leurs assaillants.
00:37:34Et l'un d'eux ressemble à Piana.
00:37:36Justement.
00:37:37Non.
00:37:37Mais c'est merveilleux !
00:37:39On peut tout imaginer en partant de là.
00:37:41Allez-y, mon vieux.
00:37:42Je vous laisse qu'il y ait une de ces journées.
00:37:45Au revoir.
00:37:45Au revoir, Marseille.
00:37:52Patron, puissons à parler.
00:37:54Alors, tenez-vous bien, Mozak et Jarzy se connaissent.
00:37:57Non.
00:37:58Et ils se téléphonaient même assez souvent, c'est en dernier.
00:38:00Non, ça alors, c'est...
00:38:02Ah, vous saviez.
00:38:04Non, mais il y a mieux.
00:38:05Martial nous a apporté un dossier plutôt passionnant.
00:38:11Je vous ai eu du mal avec cette maudite caissière, mais ça en est la peine.
00:38:16Alors, on vous écoute.
00:38:18Mais d'abord, Mozak ne possède cette barasserie que depuis six mois.
00:38:22Avant, il avait un zinc à Belleville.
00:38:23Et auparavant ?
00:38:25Ah, ben alors là, vous ne le devineriez jamais.
00:38:27Ah, si, très bien.
00:38:28Ah, ça m'étonnerait, ça.
00:38:30Et lui et Jarzy travaillaient ensemble.
00:38:32Dans une biscuiterie à Suren, oui.
00:38:42Et dire que pour en arriver là, je me suis farci deux heures de parlotte avec la Follingue.
00:38:45Si j'avais su.
00:38:51Bonjour.
00:38:54Alors, il paraît que vous allez beaucoup mieux.
00:38:56Pareil, oui.
00:38:57Eh, on peut dire que vous avez eu de la chance, vous, hein.
00:39:00Qui êtes-vous ?
00:39:02Ah, vous êtes pique, oui, c'est ça.
00:39:03C'est ça.
00:39:04Oui, bon, j'ai l'habitude.
00:39:06Depuis que je porte des pantalons longs, j'en rencontre partout sur mon chemin.
00:39:10Peut-être bien que vous les cherchez.
00:39:12Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
00:39:14On vous a tiré dessus.
00:39:15Ah, oui.
00:39:17Si je connaissais l'enfant de salaud, tiens.
00:39:19Allons donc.
00:39:20Vous voulez aller ouvrir la porte.
00:39:24Moi ?
00:39:25Mon transistor était tombé par terre, je le ramasse.
00:39:28Dans le dos, il a tiré l'ordure.
00:39:31Après, j'ai perdu connaissance, je sais pas.
00:39:34Monsieur Mozak, vous connaissez ?
00:39:38Et Jarzy ?
00:39:42Oui, oui, oui, oui, oui, oui.
00:39:44Mais le hold-up du bois de Boulogne, il y a trois ans, c'était vous, hein ?
00:39:52Non, mon petit vieux.
00:39:57Le coup de l'amnésie, ça prend plus.
00:40:02Qu'est-ce que vous voyez-vous ?
00:40:06Je vous ai bien prévenu que vous étiez libre de tous vos mouvements, non ?
00:40:15Avec vous sur mes talons, charmant.
00:40:17Dites-nous où est votre mari.
00:40:20Je vous le dis encore une fois, je n'en sais rien.
00:40:35Allô ?
00:40:36Madame Jarzy, ici votre pénicure.
00:40:39Serait-il possible de reporter le rendez-vous de cet après-midi ?
00:40:41Quatre heures au lieu de trois.
00:40:44De toute façon, annulez le rendez-vous, je vous rappellerai.
00:40:53Monsieur Jarzy ?
00:40:54Monsieur Jarzy ?
00:40:58Bien oui, c'est moi.
00:41:01Enfin, je ne comprends pas.
00:41:04Que lui reproche-t-on ?
00:41:07Je ne sais rien, madame.
00:41:09Mais pourquoi me cachez-vous la vérité ?
00:41:11Pourquoi ?
00:41:12Calmez-vous de toute façon.
00:41:14Ne bougez pas.
00:41:19Raoul !
00:41:19Et qu'est-ce qui arrive ?
00:41:21Police, monsieur.
00:41:23Comment vous appelez-vous ?
00:41:25Raoul Mozak ?
00:41:27Je suis très heureux de vous connaître.
00:41:29Vos deux établissements ont bonne réputation
00:41:31et ma foi à Paris, il est toujours utile de dénicher des endroits où l'on mange bien.
00:41:35Monsieur le commissaire, c'est très aimable à vous.
00:41:37Je me ferais un plaisir de vous accueillir le jour de votre choix.
00:41:40On m'a dit que votre femme était charmante.
00:41:42Et à cette occasion, je serais ravi de la rencontrer.
00:41:47Malheureusement, il y a auparavant quelques petits détails à régler entre nous.
00:41:54Vous avez vu le calendrier.
00:41:57Aujourd'hui, nous sommes le 29.
00:42:00Le lendemain du 28.
00:42:02Et il y a trois ans, le 28, savez-vous ce qui se passe le 28 à 11h du matin
00:42:09au Bois de Boulogne ?
00:42:11Un hold-up.
00:42:14Quel anniversaire, n'est-ce pas ?
00:42:24Ne me dites pas que cet anniversaire, vous l'aviez oublié.
00:42:28Ce ne sont pas des choses qu'on oublie.
00:42:31Mais la loi française est ainsi faite que pour un délit simple, en admettant qu'aucun acte d'instruction ou
00:42:36de poursuite n'ait été déposé, il y a prescription au bout de trois ans.
00:42:42Je vous ferais remarquer, patron, que dans le cas d'un délit grave qu'on a hold-up, la prescription
00:42:47est de dix ans.
00:42:48Ah oui, c'est vrai.
00:42:50Mais imaginons que nos prévenus, avec un bon avocat, prétendent qu'il ne s'agissait pas d'une attaque à
00:42:54main armée,
00:42:54mais d'une simple mise en scène dont ils auraient été les complices, un faux hold-up, en quelque sorte,
00:43:01une escroquerie banale.
00:43:03Ce sera dur à avaler.
00:43:05Ah, mais on en a vu d'autres dans le prétoire.
00:43:07Ah, voyons.
00:43:08Le 26 au matin, on a tenté de tuer Maxime Piana, deux jours avant l'aimable anniversaire.
00:43:15Alors mettez-vous à la place des prévenus.
00:43:19Que font-ils ?
00:43:21Si Piana parle, c'est dangereux, mieux vaut s'éclipser, puisque dans deux jours, la prescription pourra jouer.
00:43:30Réellement, monsieur le commissaire, nous ne comprendrons pas ce que vous voulez dire.
00:43:37Voyez-vous, j'ai longtemps cherché la preuve de votre culpabilité dans l'affaire du hold-up.
00:43:44Vous vous plaisantez, monsieur le commissaire.
00:43:47Non, je ne plaisante pas.
00:43:50C'est en trouvant dans le rapport la date de ce hold-up que j'ai compris pourquoi vous étiez
00:43:54partis tous les deux le lendemain du jour où Piana a été blessé.
00:43:57Vous pensiez à la prescription, bien sûr.
00:43:59Nous avons fait lui et moi des voyages d'affaires.
00:44:01Non, monsieur, on a cessé de dire nous et de parler au nom de monsieur Jarcy.
00:44:04Vous allez le blesser.
00:44:05Moi, j'étais dans le midi.
00:44:07On peut vérifier.
00:44:08Vous avez quitté Paris l'un comme l'autre le mardi matin.
00:44:11Vous êtes rentrés tous les deux chez vous cet après-midi à une heure d'intervalle.
00:44:15Avouez que si vous ne vous êtes pas donné le mot...
00:44:17Je proteste.
00:44:19Autre chose, pourquoi n'avez-vous pas laissé à vos femmes une adresse où l'on puisse vous joindre durant
00:44:23votre voyage ?
00:44:25Parce que vous ne vouliez pas qu'on vous retrouve avant le 29.
00:44:28J'ai peur que vous ne fassiez fausse route.
00:44:30Ces élucubrations.
00:44:34Monsieur Mozak, il y a trois ans, avant ce malheureux hold-up, vous étiez chauffeur dans une biscuiterie.
00:44:43Ça ne gagne pas beaucoup, un chauffeur.
00:44:46Et pourtant, six mois après avoir quitté votre emploi, vous achetez un bistrot à Montmartre et puis une brasserie.
00:44:53J'ai emprunté pour m'installer à mon compte.
00:44:56Monsieur Jardy, vous vous étiez caissier, hein ?
00:45:00Vous touchiez un peu plus que votre collègue, je vous l'accorde.
00:45:04Néanmoins, comment avez-vous fait pour vous offrir un self-service ?
00:45:07Je sais que ce genre d'établissement ne nécessite pas beaucoup de personnel, mais tout de même...
00:45:11C'est effrayant.
00:45:12Vous avez insinué que monsieur Mozak et moi, nous étions complices du hold-up,
00:45:15alors que j'étais blessé à la jambe par les gangsters, un mois d'hôpital.
00:45:19Une balle dans la jambe, ça vaut bien douze briques, non ?
00:45:21Je vous défends !
00:45:22Du calme !
00:45:25Vous venez de dire que vous avez été blessé par les gangsters.
00:45:28C'est un lapsus, je pense.
00:45:29Ils étaient trois.
00:45:30Ils étaient trois dans votre imagination.
00:45:33Et dans celle de monsieur Mozak.
00:45:35En vérité, il n'y en a qu'un seul, Maxime Piana.
00:45:38Vous avez donné la description de trois gangsters, qu'on n'a jamais retrouvés d'ailleurs.
00:45:41Et pour cause.
00:45:43Nous sommes des honnêtes gens.
00:45:44Vous en dites la vérité.
00:45:46À l'époque du hold-up, vous n'étiez pas mariés, ni l'un ni l'autre.
00:45:49Par précaution vis-à-vis de vos épouses, vous avez fait semblant de ne pas vous fréquenter.
00:45:55Vous vous téléphoniez à vos lieux de travail respectifs.
00:45:58En particulier ces derniers temps.
00:45:59Et ces derniers temps, comme par hasard, votre complice d'il y a trois ans, Maxime Piana, faisait de brefs
00:46:05séjours dans la capitale.
00:46:06On se retrouvait tous les trois.
00:46:08On évoquait le bon vieux temps ?
00:46:09On faisait des projets d'avenir pour améliorer l'ordinaire.
00:46:11Ça avait réussi une fois.
00:46:12L'individu Piana, qui ne manque pas d'idées côté braquage, vous a donné un bon tuyau.
00:46:15Pourquoi partager un trois ? Le prochain coup, faisons-le un deux.
00:46:18Mais vous êtes fous, complètement fous.
00:46:20Vous avez été les victimes d'un hold-up il y a trois ans, c'est tout.
00:46:23Demandez qu'on aille chercher leur femme.
00:46:26Qu'elle vienne ici assister à la suite des débats, ça promet.
00:46:29Il est toujours bon d'ouvrir les yeux des conjoints sur leur mérite respectif.
00:46:37Non.
00:46:39Monsieur le commissaire,
00:46:43je vais te vous dire.
00:46:46Assiez-vous.
00:46:55Allez-y, je vous écoute.
00:46:59Le soir, après le travail, nous allions jouer au billard dans un bistrot de Surenne, le long des quais.
00:47:05C'est là qu'on a rencontré Piana.
00:47:07Pendant des semaines, il nous a relancés.
00:47:09Il avait opéré qu'on était chargés une fois par mois de porter la paye.
00:47:12Il nous a proposé l'opération.
00:47:15J'avais besoin d'argent, j'ai accepté.
00:47:19Et Julien a flanché lui aussi.
00:47:22Vous avez partagé en trois les 35 millions.
00:47:26Oui, monsieur le commissaire.
00:47:27Et pour plus de vraisemblance, Piana vous a tiré une balle dans la jambe.
00:47:31Oui.
00:47:32Il devait seulement m'y rafler.
00:47:35Il s'est mal pris.
00:47:42J'attends la suite.
00:47:45La suite...
00:47:47Piana, on l'avait perdu de vue.
00:47:49Nous deux, on était reclassés.
00:47:50Les affaires marchaient bien.
00:47:52Un jour, Piana a refait surface.
00:47:54Fauché.
00:47:55Il avait tout perdu sur les champs de course.
00:47:57Il nous a tapés.
00:47:59On lui a donné de l'argent pour l'aider.
00:48:01Un jour, quand on a plus voulu casquer, il a menacé.
00:48:04Le chantage.
00:48:06Alors on a encore payé.
00:48:08Et puis on a refusé.
00:48:10Voilà, c'est tout.
00:48:11Vous oubliez que lundi dernier, on a tiré sur Piana.
00:48:15Nous y sommes pour rien.
00:48:16Avouez plutôt que vous en aviez assez de Piana.
00:48:19Vous avez voulu vous débarrasser de lui.
00:48:21Piana était capable de vous donner.
00:48:23Alors en le descendant, on s'assurait la tranquillité pour les vieux jours.
00:48:26Jamais.
00:48:27Ni l'un ni l'autre, on a pensé à tuer Piana.
00:48:29Jamais.
00:48:32Nous dégoûtais.
00:48:33J'aimerais bien vous croire, mais les faits sont là.
00:48:35Pourquoi Piana revenait-il régulièrement à Paris ?
00:48:38Pour vous prendre de l'argent.
00:48:40Comment arrêter le chantage ?
00:48:42Un seul moyen.
00:48:45Une balle dans la tête.
00:48:47Nous ignorions que Piana était à Paris.
00:48:50Cette fois-là, il ne vous a pas téléphoné ?
00:48:52Non.
00:48:53Nous avons appris sa présence mardi matin par les journaux.
00:48:57Lundi entre 10h et midi.
00:48:58Où étiez-vous ?
00:48:59À une réunion de la chambre patronale des Limonadiers.
00:49:02Vous pouvez vérifier, il y a 12 témoins.
00:49:04Et vous ?
00:49:05À moi, tous les lundis matin, je fais de la culture physique.
00:49:08Pour me mettre en forme dans une salle de la rue de la Chaussée d'Antin.
00:49:12On se retrouve toujours les mêmes.
00:49:14François, prenez la déposition de monsieur dans votre bureau.
00:49:24Salut.
00:49:25Encore vous ?
00:49:27Cette fois-ci, on a un mandat d'arrêt.
00:49:29C'est gros, un mandat d'arrêt.
00:49:31Quel honneur ?
00:49:32Le hold-up du bois de Boulogne.
00:49:34Mouzac et Jarzy ont parlé.
00:49:36Mais ce n'est pas moi.
00:49:38L'habillez-vous.
00:49:40L'habillez, c'est une façon de parler.
00:49:43Je suis arrivé ici en pyjama, il m'est difficile d'en partir autrement.
00:49:46Non, enfin, j'ai levé.
00:49:48Vous n'avez pas de chaussures ?
00:49:49Non, gamin.
00:49:51Je pense apprendre vos affaires chez vous.
00:49:53Quand je pense que certains disent que je ne suis pas pantouflard.
00:49:56Si vous voyez.
00:49:59Ça ne sert à rien, ils vont me relâcher.
00:50:02À l'époque du braquage du bois de Boulogne, il y avait un gars qui se faisait passer pour moi
00:50:05dans tout Paris.
00:50:06Oh, les monocles.
00:50:07Il me ressemblait d'ailleurs comme deux gouttes d'eau.
00:50:09Ah, j'ai des imitateurs, moi.
00:50:11Bon, ben, vous expliquez tout ça au patron, hein.
00:50:13Venez.
00:50:20Messieurs, votre emploi du temps de la matinée de lundi a été vérifié.
00:50:23Vous avez l'un et l'autre suffisamment de témoins pour que l'on ne puisse pas mettre en doute
00:50:28vos alibis.
00:50:29C'est quelqu'un d'autre qui a tiré sur Piana.
00:50:33Tout est en règle ?
00:50:35Oui, oui, patron.
00:50:36Je vous demanderai de suivre un monsieur.
00:50:39Qu'il soit vrai ou faux, les hold-up incombent à la brigade des recherches.
00:50:44C'est à vous de conclure.
00:50:46Et le juge d'instruction décidera en ce qui vous concerne s'il y a prescription.
00:50:51Mais à ce sujet, ne vous faites pas trop d'illusions.
00:50:54Messieurs.
00:50:59M. le commissaire.
00:51:07Oui.
00:51:09Enfin.
00:51:10Oui.
00:51:11On a découvert un hold-up, mais pour ce qui est du point de départ, à savoir qui a tué
00:51:14Piana, on n'est pas plus avancé d'avant.
00:51:16Et pas la moindre piste.
00:51:17Ah, ça, on ne peut pas dire.
00:51:19Tout à l'heure, au téléphone, Martial me demandait où on en était.
00:51:21Je lui ai répondu, ça marche, ça marche.
00:51:23On va avoir bonne mine.
00:51:26Francin, si nous allions chez Mme Estagel...
00:51:29Pour quoi faire ?
00:51:30Non, je ne sais pas.
00:51:32Au point où nous en sommes...
00:51:41Mme Estagel.
00:51:42Oui ?
00:51:43Approchez, je vous prie.
00:51:51C'était bien ce carreau.
00:51:53Oui.
00:51:54Bon, quand vous avez ramassé les débris de verre, ils étaient bien là, à l'extérieur, sur le rebord de
00:51:59la fenêtre.
00:52:00Mais non, ils étaient par terre, sur le plancher.
00:52:03Qu'est-ce que vous dites ?
00:52:05Ici ?
00:52:06Ça signifierait qu'on a tiré du dehors.
00:52:14Exactement.
00:52:15Et alors la balle ?
00:52:17L'identité judiciaire aurait dû la trouver en examinant la chambre.
00:52:30Ce meuble a toujours été à cette place ?
00:52:33Non.
00:52:34Après le départ de M. Piana, j'ai mis un peu d'ordre.
00:52:37Vous ne pouviez pas le dire plus tôt ?
00:52:40Aidez-moi.
00:52:50Ce jour-là, j'ai ciré le parquet.
00:52:52Il en avait bien besoin.
00:52:54On ne vous demande rien.
00:52:56Moi, je vous le dis.
00:52:59Là, dans la plainte.
00:53:01La balle.
00:53:11Aucun doute.
00:53:12On a tiré de la fenêtre d'en face.
00:53:13En face, c'est un hôtel.
00:53:18Un hôtel ?
00:53:19C'est bien simple.
00:53:20L'assassin loue une chambre pour 24 heures et après, adieu, ni vu ni connu.
00:53:24Bon, au revoir, madame.
00:53:30Entrez.
00:53:37Police.
00:53:46Excusez-moi de ne pas bouger, mais je ne suis pas très en forme aujourd'hui.
00:53:52Je m'appelle Parent.
00:53:53J'ai 35 ans.
00:53:54J'habite ici depuis 6 mois.
00:53:55Mais je suis représentant.
00:53:57Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
00:53:59Connaissez-vous M. Piana, votre voisin d'en face ?
00:54:04Non.
00:54:06Pourquoi ?
00:54:08Fouillez la chambre.
00:54:13Lundi dernier.
00:54:15Le matin, où étiez-vous ?
00:54:18Ici, les Moulineaux.
00:54:20Je plaçais quelques aspirateurs.
00:54:26Dans la journée, vous restez au bureau en bas ?
00:54:28Généralement, oui.
00:54:29Mais lundi et mardi, j'étais absente.
00:54:30À la communion d'une nièce dans la Creuse.
00:54:32Oui, donc quelqu'un a pu entrer ou sortir sans qu'on le remarque.
00:54:35Oui, bien sûr, mais les autres jours aussi.
00:54:41Bien trouvée, patron.
00:54:43Par ça.
00:54:47Qui est-ce ?
00:54:48Vous n'avez pas le droit, ça m'appartient.
00:54:49Calmez-vous, Parent.
00:54:50On vous la rendra.
00:54:53Vous connaissez cette femme ?
00:54:55Oui, je l'ai déjà vue avec M. Parent.
00:54:57Mais pas depuis quelques jours.
00:54:59Elle est rousse, c'est ça ?
00:55:00Oui.
00:55:01C'est très bien, Francine.
00:55:02Foncez chez la vieille.
00:55:08Prenez une veste et venez avec moi.
00:55:32C'est bien elle qui sortait avec M. Piana.
00:55:35Il l'appelait Miss Tigris.
00:55:38Comme moi.
00:55:39Je vous remercie infiniment.
00:55:40Assiez-vous.
00:55:43Vous devez vous demander pourquoi j'étais nu à ce que vous nous accompagnez ici.
00:55:47Tout à l'heure, dans votre chambre, nous avons trouvé cette photo.
00:55:51Il nous faut joindre cette personne et vite.
00:55:55Pourquoi ?
00:55:56Pour un témoignage dans une affaire en cours.
00:55:59Une tentative de meurtre sur la personne d'un certain Piana.
00:56:04D'abord, comment s'appelle-t-elle ?
00:56:09Janine.
00:56:11Janine Martin.
00:56:13Prends ça.
00:56:17Domicile ?
00:56:19Elle habitait en meublé.
00:56:22Il y a quelques jours, elle a déménagé.
00:56:23Elle est partie sans laisser l'adresse.
00:56:25Lundi dernier, peut-être.
00:56:28Je ne sais pas.
00:56:30Excusez-moi de vous poser cette question, mais vous étiez sentimentalement attaché à elle.
00:56:37Oui.
00:56:39Et elle est partie sans vous prévenir.
00:56:41C'est ça, oui.
00:56:43Vous la connaissiez depuis longtemps ?
00:56:46Non.
00:56:48Selon certains témoins, Mlle Martin connaissait bien M. Piana.
00:56:53Je ne suis pas au courant.
00:56:54Ben, imaginons.
00:56:57Lundi dernier, vous partez placer vos aspirateurs.
00:57:00Mlle Martin arrive à l'hôtel.
00:57:02Il n'y a personne au bureau.
00:57:04Elle prend votre clé et monte.
00:57:07Ben, une fois dans votre chambre, quoi de plus simple que d'ouvrir la fenêtre et de tirer sur Piana.
00:57:11C'est invraisemblable, voyons.
00:57:12Pas elle.
00:57:13Pourquoi ?
00:57:15Parce que Johnny n'aura jamais fait ça.
00:57:19Et d'abord, pour quelle mobile ?
00:57:21Ben, c'est vrai, ça.
00:57:22Quelle mobile aurait-elle ?
00:57:24Avant de vous permettre de regagner votre domicile, il faut que je vous mette en présence d'un témoin.
00:57:30Ce ne sera pas long.
00:57:34Qui sait ?
00:57:37Que vous verrez.
00:57:51Alors, monsieur, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
00:57:56Tiens.
00:57:57Bonjour, Janine.
00:57:59Où avez-vous connu cette personne ?
00:58:02Dans une fête foraine, il y a un mois.
00:58:05C'est quel genre de fille ?
00:58:08Je peux parler carrément ?
00:58:09Ben, oui, bien sûr.
00:58:11Des filles comme ça, il n'y a qu'à se baisser pour les ramasser.
00:58:13Que voulez-vous dire ?
00:58:15La jolie fleur du pavé, quoi.
00:58:17Une petite cervelle dans un cœur, gros comme ça.
00:58:19Je vous défends !
00:58:22Monsieur le commissaire, c'est une crapule.
00:58:24Je ne sais pas ce qu'il raconte à Janine, mais il lui a certainement tourné la tête.
00:58:27Oh, la Janine, elle ne m'a pas attendu pour la tourner de tous les côtés, sa tête.
00:58:32Salaud.
00:58:33Selon vous, où se trouve Mademoiselle Martin à présent ?
00:58:36Au Maroc.
00:58:37Elle avait envie d'y aller.
00:58:39Un gagnant à hauteuil et j'ai pu lui offrir le voyage.
00:58:41Ce n'est pas vrai.
00:58:44Pour me débarrasser des filles, je fais toujours des cadeaux.
00:58:46C'est ma manière.
00:58:48C'est ça.
00:58:55J'avais bien raison.
00:58:58J'aurais dû te tuer, toi.
00:59:04C'est moi qui ai tiré, monsieur le commissaire.
00:59:09Janine était monté dans ma chambre pour me dire qu'elle me quittait.
00:59:13Je savais qu'elle partait avec lui.
00:59:17Alors j'ai voulu lui faire peur, pour qu'elle comprenne.
00:59:21Ah ben ça, alors.
00:59:23C'est toi qui m'as flingué ?
00:59:25Non mais tu ne tournes pas rondes et...
00:59:28Enfin quoi.
00:59:29Je comprends qu'on fasse un carton pour 20 briques, mais...
00:59:31La crime passionnelle, je ne pensais même plus que ça existait.
00:59:35Et puis d'y réfléchir, tu aurais pu m'abîmer.
00:59:38Emmenez-le.
00:59:40Non, je vous suis.
00:59:41Je vous suis.
00:59:52Je l'aimais trop, monsieur le commissaire.
00:59:56Vous savez, avant qu'elle le rencontre...
01:00:01C'était une fille formidable.
01:00:04Un ange.
01:00:07Un ange.
01:00:10Vous me croyez ?
01:00:11Un ange.
01:00:44...
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