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  • il y a 17 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Alors, je voudrais qu'on dise un mot sur la politique française, sur cette guerre des primaires.
00:05Il y a ce thème-là qui surgit depuis plusieurs heures particulièrement.
00:09La primaire de la gauche, sans LFI, on l'a appris, aura lieu le 11 octobre 2026, dans neuf mois environ.
00:15Mais évidemment, ce n'est pas ce qui vous intéresse le plus, Laurent Jacobelli.
00:18C'est peut-être ce qu'a dit Maude Bréjon, aujourd'hui, la porte-parole du gouvernement.
00:22Regardez ce qu'elle déclarait ces dernières heures.
00:25Face à un rassemblement national qui est très puissant et une gauche qui se structure,
00:29si on a deux ou trois candidats au premier tour,
00:34tout ce petit monde regardera le débat du second tour depuis son canapé.
00:39Est-ce qu'elle a tort de dire ça, Thierry Arnaud ?
00:40Ça veut dire qu'on aurait une primaire centre et droite, c'est ça ?
00:45Elle est fille d'un côté, le rassemblement national de l'autre,
00:47et au milieu des responsables politiques qui vivent dans la terreur
00:51de voir ces deux formations s'affronter au second tour de la prochaine élection présidentielle.
00:56Donc la question qu'il leur est posée à tous, c'est comment est-ce qu'on fait pour éviter ce scénario
01:01et dans un contexte, effectivement, où pour les camps que l'on vient d'évoquer,
01:06il n'y a pas encore de candidats évidents susceptibles de garantir qu'on rassemble suffisamment de monde
01:12pour avoir une qualification pour le second tour de la présidentielle.
01:15Et donc, le fait que la gauche discute pour organiser une primaire est, de ce point de vue, parfaitement logique,
01:22sauf qu'on se souvient du précédent, de la victoire de Benoît Hamon aux primaires,
01:28et du score de 6,36%, je pense, quelque chose comme ça ?
01:32Benoît Hamon, je crois que c'était pas...
01:34Du Aldenier a préféré les facettes de sa mémoire.
01:36Mais donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a une logique à vouloir organiser des primaires
01:41pour éviter d'avoir beaucoup de candidats, mais le fait d'avoir un candidat qui sorte des primaires
01:46ne garantit pas le succès par la suite.
01:49Même si François Hollande sortait d'une primaire aussi,
01:51et lui, ça ne l'a pas empêché de gagner la présidentielle.
01:53Oui, mais enfin, en tout cas, il n'y a pas de rapport automatique.
01:56Mais là, est-ce que ce serait logique qu'une primaire soit droite ?
01:59Moi, si vous voulez, je suis d'accord avec...
02:01Je vais juste compléter d'un mot, et après je vais te laisser répondre,
02:04pour dire que, par ailleurs, quand on regarde ce qui s'est passé à gauche là,
02:07on constate que tous les socialistes sont loin d'être sur une ligne
02:11consistant à dire que c'est une bonne idée d'organiser cette primaire.
02:13On entend Patrick Canard, par exemple, le patron des sénateurs socialistes,
02:18expliquer qu'il n'était pas forcément très content de voir Olivier Faure,
02:20le premier secrétaire du parti, participer à ce rassemblement.
02:23Évidemment. Là-dessus, c'est vrai que tout le monde n'est pas d'accord,
02:25et on entendra Raquel Garrido dans un instant, mais tu le dual Denis.
02:29C'est vrai, c'est vrai.
02:29Que pensez de ce que dit Maude Bréjon ?
02:31Déjà, je vais répondre pour Maude Bréjon, mais les primaires peuvent être une machine à perdre.
02:37Ça peut aussi être des machines à gagner.
02:39Moi, si vous voulez, je suis quand même plus à l'aise avec l'idée
02:42qu'on fasse voter le maximum de gens pour la primaire de la gauche.
02:46Je crois que c'est Clémentine Autain qui disait qu'elle espérait 2 millions de votants.
02:49Je préfère que 2 millions de personnes désignent un candidat de la gauche
02:52plutôt que le bureau politique d'un parti
02:54ou des tripatouillages entre les états-majors,
02:56de revêt que le gilet vert, la formation de François Ruffin ou que sais-je.
03:01Moi, je garde plutôt un bon souvenir de la primaire de la droite de 2016.
03:05Je garde plutôt un bon souvenir de la primaire de la gauche,
03:08même si, enfin, période de François Hollande,
03:10même si Strauss-Kahn avait explosé en vol pour les raisons dont on se souvient.
03:14En tout cas, c'était des bons débats à la télévision.
03:16Mais vous pensez qu'elle a l'air accepté de participer à cette primaire-là ?
03:20Alors, ça, c'est pour la primaire de la gauche.
03:21C'est ça qu'on a du mal à comprendre.
03:23L'idée de Maude Bréjon fait partie de ces gens qui pensent
03:27que le meilleur moyen de contrer le Rassemblement national,
03:30c'est d'additionner des chou-fleurs et des carottes.
03:33Je ne crois pas que si vous mettez Gérald Darmanin, Sarah Knafo
03:36et Gabriel Attal dans un shaker,
03:39à la fin, vous avez une espèce de synthèse des trois.
03:43Cette idée qui consiste à penser qu'on prend tous les candidats
03:46qui ne sont ni la gauche qui fait sa propre primaire,
03:49ni le Rassemblement national,
03:50et qu'à la fin, ça vous fait une plateforme programmatique
03:53ou une incarnation.
03:55Pour qu'il y ait une primaire,
03:56et pour que cette primaire soit légitime et, je dirais, féconde,
04:00il faut quand même une convergence de vues entre les gens.
04:02Donc, je suis désolé.
04:03Moi, je pense que Bruno Retailleau,
04:04il n'a rien de convergent avec Gabriel Attal.
04:07Alors, je sais qu'ils étaient dans un gouvernement...
04:10Enfin, ils n'ont pas été dans le même gouvernement au même moment,
04:12mais en tout cas, Bruno Retailleau a participé
04:14à un gouvernement d'Emmanuel Macron, entre guillemets.
04:17Mais pour autant, justement,
04:21la droite doit être de droite dans ce pays,
04:23si elle veut gagner.
04:24Moi, je crois à la politique de l'offre.
04:25Et c'est plutôt au centre,
04:27s'ils veulent présenter un candidat,
04:29d'avoir un très bon programme,
04:31un très bon candidat du centre,
04:32et qu'il soit vraiment, j'allais dire,
04:34cohérent et homogène sur ses bases,
04:37et à la droite, d'avoir un vrai candidat.
04:38Là, ça fait un peu l'alliance des gens paniqués
04:40et qui, tout d'un coup, se disent...
04:42C'est justement la question que j'ai pour Laurent Jacobelli.
04:45Les additions en politique, c'est pas comme ça.
04:47Est-ce que ça vous fait trembler, Laurent Jacobelli,
04:49ou au contraire, est-ce que vous dites,
04:51c'est du pain béni pour nous ?
04:52Ni l'un ni l'autre, je regarde ça avec un oeil un peu éclaté,
04:54si vous voulez, parce que...
04:55Forcément, ça vous fait forcément quelque chose.
04:57Parce qu'on l'a vu avec le budget,
04:58c'est-à-dire que des gens qui veulent absolument
05:00augmenter les impôts,
05:01qui s'associent avec ceux qui voudraient
05:02une politique plus libérale,
05:03ça donne un budget qui n'a ni queue ni tête.
05:05Quand on pense d'abord à son avenir personnel,
05:07avant de penser aux programmes politiques,
05:09aux réformes que l'on veut faire,
05:10ou aux idées qu'on veut défendre,
05:12on arrive à un échec.
05:13Donc, libre à eux de le faire,
05:14mais ça aurait au moins le mérite de l'éclaircissement.
05:17Parce qu'aujourd'hui, je le rappelle,
05:18le groupe des Républicains à l'Assemblée nationale
05:19est inscrit comme un groupe de la majorité,
05:22de même que le centre,
05:24et de même que les macronistes.
05:26Et donc, ça aurait au moins le mérite de la clarté,
05:28puisque dès qu'il y a eu un choix d'LR
05:30entre le camp patriote et la soupe centriste,
05:34ils sont allés à la soupe centriste.
05:35Donc, on verra bien ce qu'ils veulent faire.
05:37Moi, je vais vous dire,
05:37je sens le confort d'être dans un mouvement
05:40où on a deux leaders naturels
05:42prêts à aller aux présidentielles
05:44sans avoir besoin de tripatouillage
05:46ou d'alliances contre nature
05:47pour rencontrer l'assentiment des Français.
05:50C'est une vraie force pour nous.
05:52Moi, si j'avais un conseil à donner,
05:53mais je n'en ai pas,
05:54à la droite,
05:55c'est arrêter de vous dissoudre
05:57avec ceux qui veulent mener une politique
05:59contraire à la vôtre.
06:00Parce qu'au bout d'un moment,
06:00on a un peu l'impression que vous ne l'entendez pas la main.
06:04Et en même temps, vous ne l'entendez pas.
06:05Alors, c'est pas vrai.
06:05La gauche, elle donne quand même des leçons d'union
06:07de la droite très bien de s'inspirer.
06:10Mais vous avez la mémoire courte.
06:13Avant les législatives dernières,
06:15nous avons tendu la main au LR.
06:17Le président des LR, M. Éric Ciotti,
06:19a signé un accord avec le Rassemblement national.
06:21Donc, vous voyez, on l'a fait.
06:23Et les LR de l'époque l'ont fait.
06:24Mais il y a eu des gens qui se sont dit
06:26« Oh là là, c'est pas bon pour mon siège. »
06:27et qui ont fait une fronde interne.
06:29Donc, l'erreur ne vient pas de nous à l'origine.
06:31Vous savez, je me souviens souvent de Druon
06:34qui disait en France
06:35« Il y a deux gauches dont une s'appelle la droite.
06:38Et aujourd'hui, c'est exactement ce qu'on est en train de vivre.
06:41Mais maintenant, les électeurs ne vont pas s'y tromper.
06:43Et d'ailleurs, moi, je pense qu'il vaut mieux lancer
06:45un appel direct aux électeurs LR et de droite
06:47à travailler et à nous rejoindre
06:49plutôt que de laisser leur chef rejoindre la Macronie.
06:51Cette fois, l'appel est bel et bien clair.
06:53Merci beaucoup, Laurent Jacobelli, d'avoir été avec nous.
06:57J'accueille sur ce plateau Raquel Garrido.
06:59Bonsoir, Raquel.
07:01Merci d'être avec nous.
07:02On le rappelle, vous êtes ancienne députée de la France Insoumise,
07:05cofondatrice du mouvement L'après.
07:07Est-ce que ça vous fait trembler
07:09cette dernière proposition de Maude Bréjon
07:11qui veut finalement être un rempart
07:14face au Rassemblement national
07:15et face à une gauche qui se structure ?
07:18De toute façon, il y a trois grandes familles politiques
07:22qui sont dans un combat maintenant,
07:24qui va se dénouer par l'intervention populaire,
07:28par le vote des Françaises et des Français en 2027.
07:30Et c'est clair qu'il faut prendre très au sérieux
07:32cette bagarre qui vient parce que c'est quand même assez ouvert.
07:35L'extrême droite est forte.
07:36Elle l'a prouvé dans les urnes en juin dernier.
07:39Et donc, nous, à gauche, la bonne nouvelle,
07:43c'est qu'on commence déjà un premier effort de convergence
07:46pour au moins s'assurer qu'il puisse y avoir une candidature commune en 2027
07:51dont l'identité sera choisie par justement intervention,
07:56encore une fois, de, on va dire, le peuple de gauche.
07:58C'est 9 millions de personnes qui ont voté Nouveau Front Populaire en juin 2024.
08:02La bonne nouvelle, c'est que c'est elles qui pourront décider
08:05qui sera notre candidate ou notre candidat pour briguer l'Élysée.
08:09Stéphane Vernet, est-ce que vous pensez que c'est l'unique chance,
08:13pour le coup, pour le parti d'Emmanuel Macron,
08:15de continuer à exister avec cette éventuelle primaire ?
08:17D'avoir une primaire ?
08:18Bah, écoutez...
08:20Oh là, vous avez l'air très emballé par le sujet.
08:24En tout cas, par la proposition de Maude Brejon.
08:27Non, mais moi, je vois bien quelle est la problématique du centre,
08:30la difficulté d'ouvrir un périmètre.
08:33En fait, le problème, il est très simple.
08:35C'est qu'au moment où on se parle,
08:36on n'a qu'un seul candidat à la présidentielle qui est vraiment connu,
08:40dont on est sûr qu'il sera dans les starting blocks,
08:42c'est Jean-Luc Mélenchon.
08:43Parce qu'il a la volonté, il a les équipes, il a l'argent,
08:45il ira jusqu'au bout, quoi qu'il en coûte, quoi qu'il se passe.
08:48Et il y aura au moins Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
08:50Ah bah attendez, parce que d'abord, je pense qu'il faut laisser les choses un peu atterrir.
08:53D'abord, il faut savoir si Marine Le Pen est empêchée ou pas.
08:55Et puis après, le Rassemblement National aura décidé de qui il met sur la ligne d'arrivée.
09:01De départ, pardon, on part tous du principe que ce sera Jordan Bardella.
09:05Il faut voir si ce n'est pas un moment où le parti lui-même
09:07va avoir quelques tiraillements internes et quelques difficultés.
09:11Mais soit.
09:12La question, c'est qui est en face ?
09:15Qui sont les autres, en fait ?
09:16Et pour le moment, personne ne s'impose naturellement.
09:19Ça a été très bien dit.
09:20Donc, à gauche, il y a cette idée d'avoir une primaire, donc Front Populaire 2027.
09:27On en a eu les esquisses.
09:28À laquelle toute la gauche ne veut pas participer.
09:30Non, on est très très loin du compte quand même.
09:33C'est-à-dire que là, pour le moment, on a un début de quelque chose.
09:37Mais ça n'est qu'un début et ce n'est pas fait.
09:39Je veux dire, vous avez...
09:40Au PS, tout le monde n'est pas d'accord, il me semble.
09:44Pour l'instant, en tout cas, c'est sans la France insoumise.
09:47Mais c'est avec les écologistes et qui d'autres précisément ?
09:51Et l'après, debout ?
09:52Alors, pour le moment, on va dire les co-organisateurs des partis politiques et de la société civile.
09:58Alors qu'il y en a de la société civile, autour notamment et derrière Lucie Castel.
10:01Donc, vous connaissez cette personnalité.
10:03Et côté parti, c'est donc Génération, l'après, debout, le parti socialiste.
10:08Alors Raquel, je suis désolé, je pense que vous vous disiez des noms de gens qui vont avec
10:11parce que Génération, debout, l'après, etc., ça ne parle pas aujourd'hui.
10:14Mais à la limite, peu importe, le fond de l'affaire, il n'est pas ici.
10:17Non, mais il faut dire...
10:18C'est vrai qu'il y a Ruffin, il y a Clémentine Lottin, il y a Alexis Corbière, il y a Roux, il y a Marie Tondelier.
10:24Bon, il y a quand même deux absents, deux éléphants au milieu de la pièce qui sont absents.
10:27C'est Glucksmann, qui est quand même à 12% des sondages aujourd'hui,
10:31qui a le plus haut score d'intention de vote à part Jean-Luc Mélenchon,
10:35et donc Jean-Luc Mélenchon lui-même. Alors qu'est-ce que vous faites de ces deux absents ?
10:38Le Parti communiste aussi, le Parti communiste n'est pas dans les marches pour l'instant.
10:41Mais en tout cas, les deux figures majeures de la gauche aujourd'hui,
10:44et Mélenchon ne sont pas là, donc comment vous faites ça ?
10:47Le Parti socialiste n'est pas là non plus, il faut être clair.
10:52Non, le Parti socialiste, au moment de son congrès, a décidé de s'inscrire dans cette démarche,
10:58mais la condition pour que le Parti socialiste participe, c'est qu'il y ait une consultation de ses adhérents et de ses militants
11:06pour qu'ils valident ou pas la participation du Parti socialiste à cette primaire.
11:10Et là, il y a aussi des tiraillements à l'intérieur du Parti socialiste.
11:14Vous avez évoqué Patrick Cannaire tout à l'heure, mais ce n'est pas le seul.
11:17Vous avez un certain nombre de figures au sein du Parti socialiste.
11:18On m'accorderait que c'est quand même moins décisif que l'absence de Jean-Luc Mélenchon ou de Glucksmann à cette primaire.
11:22Si les socialistes n'y vont pas, cette primaire de la gauche unie, elle ne pèse pas grand-chose.
11:28Comme je suis co-organisatrice, peut-être que je peux vous en dire deux mots.
11:32De toute façon, la force de cette primaire sera la participation à la primaire elle-même
11:41par ces hommes et ces femmes qui ont milité et obtenu l'unité de la gauche en juin dernier
11:47avec la constitution du nouveau Front populaire.
11:49Je rappelle que lorsqu'on fonde le nouveau Front populaire, trois semaines avant aux Européennes,
11:54il y avait quatre listes différentes aux Européennes
11:57et tout le monde s'insultait copieusement de façon très agressive
12:01et personne ne pensait que c'était possible.
12:04Et en fait, ce fut possible parce que nous sommes dans une situation
12:06où déjà, ça fait deux fois deux élections présidentielles
12:09que la gauche n'est pas au second tour de l'élection présidentielle.
12:13Et cette fois, compte tenu de l'avancée dans les urnes de l'extrême droite,
12:15nous savons que si nous avons l'irresponsabilité d'y lapider, d'atomiser la gauche,
12:23eh bien, cette fois, ça peut être la victoire de l'extrême droite.
12:26Donc, vous avez face à vous des gens qui sont pétris de cette exigence-là et historique.
12:30Mais s'il y a deux millions de personnes qui vont à la prière,
12:31vous pensez que ça va faire plier Mélenchon et qu'il se dira
12:33« Ah bon, je me rallie derrière le panache du vainqueur de sa première ? »
12:36Oui, en tout cas, moi, c'est clairement mon objectif.
12:39Je pense, en effet, Jean-Luc Mélenchon, c'est un homme qui milite depuis 50-60 ans de sa vie.
12:44Je ne pense pas qu'il fait ça pour être celui qui donne les clés du pays à l'extrême droite.
12:48Donc, au fond, oui, je pense que si nous déclenchons cette dynamique
12:53sur la base d'une éthique, en fait, une éthique,
12:56c'est-à-dire que ce n'est pas de dire « Mettez-vous tous derrière moi et sinon vous dégagez ».
13:01L'aplomb qu'ont les gens qui se déclarent unilatéralement
13:04sans même travailler à un espace d'unité,
13:08je trouve que c'est quelque chose qui est profondément angoissant
13:11pour les gens de gauche et qui sera rejeté.
13:14Donc, pour vous, Jean-Luc Mélenchon voudra avant tout faire barrage au Rassemblement national
13:18et pas au reste de la gauche ?
13:20Ou alors, je me suis profondément trompée, ce n'est pas impossible non plus.
13:25– Avant même le premier tour ou entre les deux tours ?
13:27– Le premier tour, ce sera cette investiture populaire.
13:31En fait, la gauche n'a pas le luxe d'un premier tour,
13:35proprement dit, au sens institutionnel du terme,
13:37puisqu'on l'a fait déjà plusieurs fois et qu'on a été effacé de la carte.
13:41Donc, on se crée une sorte de pré-premier tour.
13:44On le fait en responsabilité et, effectivement, toute la gauche doit y venir.
13:50– Avant le premier tour, on se croit.
13:51– Bien sûr, et donc ce sera le 11 octobre 2026.
13:54Nous aurons des bureaux de vote physiques dans tous les cantons de France.
13:59J'espère aussi une modalité de vote en ligne,
14:02des modalités aussi de vote qui seront novatrices,
14:05parce que c'est vrai que le côté scrutin innominale qui crée des écuries,
14:11on l'a vu, dans d'autres primaires, ça laisse des traces.
14:13Donc, on travaille plutôt à quelque chose qui donne à voir
14:15une culture plus collégiale du pouvoir.
14:19Et puis, il y a un site web aussi,
14:22« Comptopulaire2027.fr ».
14:23– Qu'est-ce que ça veut dire une culture collégiale ?
14:25– Malheureusement, le temps nous manque.
14:26– Et la réserve sur le uniaménal,
14:30quand on vote pour une présidentielle, on vote pour une personne ?
14:32– Oui, mais justement,
14:35il faut aussi rompre avec cette idée,
14:37cette culture de la monarchie présidentielle.
14:39– Je pense que les Français sont prêts à tester autre chose
14:44que ce qu'a produit la Ve République comme concentration du pouvoir.
14:48– Pourquoi alors ?
14:49– Alors, par exemple, moi, par exemple, je plaide,
14:52je ne dis pas que ce sera ça au bout,
14:53mais moi, je plaide pour qu'on prenne le mode de scrutin
14:56qu'on a utilisé à New York dans l'élection de Mamdani.
14:59C'est un mode de scrutin très simple, à second tour, instantané.
15:03C'est-à-dire que vous classez les personnes,
15:05et si votre candidat, candidat numéro un, n'est pas arrivé numéro un,
15:09votre voix va directement à celui que vous avez mis en numéro deux.
15:13Donc, en réalité, ça organise le débat par grand courant de pensée,
15:17et ça ne divise pas, dans le cas démocrate,
15:20la gauche du Parti démocrate et, en l'occurrence, à New York,
15:23c'était le camp Cuomo.
15:25Donc, en fait, ça converge, ça a permis à Mamdani
15:28de prendre toutes les voix de la gauche du Parti démocrate
15:31et de battre Cuomo, et ça a aussi permis
15:33une mobilisation citoyenne exceptionnelle.
15:35Moi, je plaide pour ce type de mode de scrutin.
15:37Un, ce ne serait peut-être pas ça, ce serait peut-être un autre,
15:39il y a d'autres choix.
15:40Mais au fond, ce qui compte, c'est l'ADN démocratique.
15:42C'est l'ADN, c'est qu'il y a une génération militante,
15:45de responsables politiques,
15:46qui ne veulent pas être ceux qui donnent ce pays à l'extrême droite,
15:49et nous ferons tout pour surmonter
15:52des difficultés qui sont objectives.
15:54Et nous ne ferons jamais l'erreur de nous croire
15:56plus fort que ce que nous le sommes.
15:58La politique est garnie de gens qui font la bœuf
16:01alors qu'ils sont des grenouilles.
16:02Eh bien, aujourd'hui, à gauche,
16:04il ne faut pas faire l'erreur de penser
16:05qu'on est plus puissant que nous le sommes.
16:08Donc, nous avons besoin d'être sérieux,
16:10déterminés, aussi bienveillants
16:12et fondateurs d'un processus
16:14auquel j'invite tout le monde à participer.
16:16Merci Raquel Garideau d'avoir été avec nous sur ce plateau.
16:18Merci Raquel Garideau d'avoir été avec nous sur le plateau.
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