Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Nous sommes à quatre mois des élections municipales.
00:02Il y a un thème qui va être au cœur de la campagne, c'est celui de la sécurité.
00:06D'après un sondage exclusif IFOP pour la tribune dimanche,
00:09la sécurité c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français avant les élections municipales.
00:13Regardez, pour 76% des personnes interrogées, la sécurité est devenue la priorité numéro un.
00:20Est-ce que c'était une évidence pour vous ?
00:22Les Français ont des raisons de se sentir de plus en plus en insécurité aujourd'hui ?
00:26Bien sûr, il suffit de regarder les chiffres, les statistiques.
00:30Ce n'est pas juste un ressenti ?
00:31Ceux qui parlent de sentiments d'insécurité, je crois,
00:36essayent seulement d'alimenter un déni de réalité qui est devenu intenable.
00:40Quand vous regardez l'explosion des chiffres de violence, des chiffres de vols avec violence,
00:45il suffit d'ailleurs, au-delà des chiffres et des statistiques, de parler simplement des faits.
00:53Est-ce qu'on peut se souvenir simplement du week-end qu'on vient de passer pour ne pas aller trop loin ?
00:56Est-ce qu'on peut se souvenir qu'hier, un enfant de 12 ans a été touché, peut-être mortellement,
01:03il est en train de se débattre aujourd'hui entre la vie et la mort, par des dealers qui voulaient sa peau,
01:09que quelques heures avant, c'est un jeune de 20 ans qui militait contre le narcotrafic,
01:14qui a été abattu à bout portant.
01:17Il suffit de regarder cette réalité quotidienne pour se rendre compte que oui,
01:20les Français ont raison de crier que l'insécurité est devenue leur première angoisse
01:24et que c'est d'ailleurs la première mission, le premier devoir de l'État,
01:28la première responsabilité politique de garantir la sécurité.
01:31– Mais alors pourtant c'était la droite qui était aux commandes du ministère de l'Intérieur ces dernières années.
01:37Est-ce que c'est…
01:38– Pardon ? Ces dernières années ? Ces derniers mois peut-être ?
01:40– Ces derniers mois, pardon, c'est vrai que j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de temps qui s'est écoulé depuis,
01:44mais voilà, la droite aussi était…
01:46– Et Bruno Retailleur en moins d'un an, je pense, a montré effectivement ce que c'était qu'une politique de droite
01:50au ministère de l'Intérieur.
01:50– Donc il n'a pas eu assez de temps justement pour remettre de l'ordre ?
01:54– Une politique de droite, ça consiste à ne pas nier la réalité
01:55et il avait fait de ce rétablissement de l'ordre sa première et unique mission.
02:01Et la deuxième chose, c'est qu'en quelques mois, il aura eu le temps de faire faire des pas décisifs à la lutte,
02:06par exemple contre le narcotrafic, en faisant adopter une loi qui va rendre à l'État
02:09les moyens d'agir face à ce danger existentiel pour notre pays.
02:14Évidemment, Bruno Retailleur n'avait pas tous les moyens politiques d'agir,
02:17parce qu'il n'avait pas de majorité à l'Assemblée nationale,
02:19mais le fait est qu'on aura vu, avec son passage au ministère de l'Intérieur,
02:22et tous les Français l'auront constaté,
02:24qu'une politique de droite sur les enjeux de sécurité,
02:26c'est une politique qui refuse de s'aveugler et de parler de ce sentiment d'insécurité
02:30comme Trô l'avait fait avant lui.
02:31– Si on part du principe que l'insécurité n'a pas changé de degré,
02:36mais plutôt de nature, est-ce que les politiques publiques
02:39que vous appelez à être mises en œuvre doivent-elles aussi changer de nature ?
02:43Et jusqu'où faut-il aller dans le renversement de table
02:45pour vraiment faire baisser drastiquement ce problème d'insécurité ?
02:49– Aujourd'hui, il faut que la logique soit renversée
02:53entre la protection des droits du délinquant et la protection de la société.
03:00On est là encore dans une situation proprement stupéfiante.
03:04Vous avez en France aujourd'hui une majorité de peines
03:07qui sont prononcées avec un délai très long
03:10et une majorité de peines qui ne sont pas exécutées,
03:13ce qui est exactement l'inverse de ce qu'une politique pénale sérieuse devrait faire.
03:17Je le dis d'ailleurs de ce point de vue-là, pas seulement comme élu,
03:19mais je le dis aussi comme professeur.
03:21J'ai eu la joie d'enseigner pendant des années
03:23et je vois à quel point notre système, notre doctrine pénale
03:28est exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire.
03:30Aujourd'hui, pour être condamné à une peine effective,
03:33pour aller par exemple en prison,
03:35il faut déjà, sauf quand on est, pour des raisons peut-être politiques,
03:38dans le viseur de la justice,
03:39il faut déjà avoir été à plusieurs reprises condamné.
03:43Il faut être déjà multirécidiviste.
03:45Il faut s'être déjà installé dans une vie marquée par l'habitude de la violence.
03:50Et ce n'est pas moi qui le dis,
03:51c'est par exemple le pédopsychiatre Maurice Berger qui dit
03:54que c'est l'exact inverse qu'il faudrait faire.
03:56Il faudrait sanctionner à des peines effectives,
03:59prononcées rapidement, dès le premier délit grave,
04:02pour faire en sorte que précisément,
04:04celui qui vient de commettre un crime, de commettre un délit,
04:07comprenne la gravité de ce qu'il a fait
04:09et puisse avoir une chance de sortir de cette habitude de la violence
04:13dans laquelle sinon il finira par s'installer.
04:16Donc oui, il faut renverser complètement la logique de notre système pénal aujourd'hui.
04:20Et ça, ça veut dire une série de propositions que nous avons mises sur la table,
04:23que Bruno Retailleau a portées,
04:25que nous continuerons de défendre avec les Républicains avant l'élection présidentielle,
04:28parce que ce sera un sujet des municipales,
04:29mais ce sera surtout le grand sujet de l'élection présidentielle.
04:32Mais j'entends pas beaucoup votre famille politique,
04:34justement, parce que ce que vous dites,
04:36ça sous-entend des moyens pour la justice en grande augmentation.
04:39J'en passe très souvent ce discours.
04:41On parle beaucoup de l'aspect réfrécif,
04:42on parle beaucoup de la construction des prisons
04:44qui, effectivement, sont nécessaires pour exécuter des peines,
04:46mais pour pouvoir juger les dossiers,
04:48c'est ça aujourd'hui dont on parle.
04:49On a besoin aussi de beaucoup plus de magistrats.
04:51Mais alors, vous avez parfaitement raison.
04:53Et si vous nous faites la bienveillance d'écouter ce que nous disons,
04:56vous verrez que c'est ce que nous répétons depuis des années.
04:58La justice française est l'une des moins financées d'Europe.
05:02Par rapport à nos voisins allemands,
05:03nous dépensons trois fois moins par habitant pour la justice.
05:06Et c'est évidemment un immense problème.
05:08C'est un problème du quotidien, d'ailleurs, pour beaucoup de Français,
05:11qui, qu'ils soient coupables aux victimes,
05:14sont tous lésés par le fait que la justice, aujourd'hui,
05:16soit contrainte de mettre tant de temps à rendre à la fin une décision.
05:20C'est vrai aussi dans les affaires de la vie quotidienne
05:23qui peuvent lui être confiées.
05:24Donc oui, notre programme, notre devoir, notre défi,
05:28c'est, et nous le disons depuis des années,
05:30de faire en sorte qu'on dépense beaucoup moins dans l'État social,
05:33beaucoup moins dans la dépense sociale,
05:35qui est précisément celle qui constitue les pompes aspirantes dont parle le Royaume-Uni,
05:39celle à laquelle il faut mettre fin pour sortir de la spirale de la cistana,
05:42faire baisser la dépense sociale et rendre des moyens à l'État régalien.
05:46C'est la clé.
05:47Aujourd'hui, vous avez, c'est le paradoxe total,
05:49une situation aberrante dans laquelle on n'a jamais payé autant d'impôts,
05:53et si on suit ce qui se passe à l'Assemblée, on devrait en payer encore plus.
05:57On n'a jamais vu la dette autant s'aggraver,
06:00et pourtant, on n'a jamais eu un État aussi faible sur tous les enjeux régaliens.
06:04Mais parce que justement, les ministères, la dépense publique,
06:09c'est une chose, mais à l'intérieur de cette dépense publique,
06:11il y a les services publics, et les services publics, eux,
06:13ne voient pas leur budget en augmentation.
06:14Ça dépend lesquels.
06:15Encore une fois, le vrai sujet...
06:16L'éducation, la justice, la santé, par exemple.
06:21Mais en revanche, la dépense sociale en France, elle atteint maintenant 34%.
06:23Oui, mais ce ne sont pas les services publics.
06:24Bien sûr, mais c'est aussi, d'une certaine manière, une dépense publique.
06:28C'est 34% du PIB aujourd'hui.
06:30C'est unique.
06:31La moyenne de l'OCDE, c'est 20%.
06:33Est-ce que ça veut dire qu'on arrive à lutter contre la pauvreté,
06:35que le pays est florissant, que personne n'est dans la misère ?
06:38Certainement pas.
06:39On n'a jamais vécu un tel appauvrissement en France.
06:42Et pourtant, on n'a jamais mis autant d'argent dans la dépense sociale.
06:44Il faut donc sortir de cette folie.
06:47Il faut faire baisser massivement la dépense sociale.
06:49Et il faut investir là où les Français attendent que l'État soit fort aujourd'hui.
06:53C'est-à-dire, précisément sur ces sujets essentiels,
06:56la sécurité, la justice, la santé, l'éducation.
06:59Ce sont les enjeux sur lesquels les Français attendent aujourd'hui
07:01que l'État soit capable de répondre à des besoins fondamentaux.
07:04On a une école qui envoie de délabrement.
07:06On a un hôpital qui n'arrive plus à soigner correctement les gens.
07:08Et surtout, vous le disiez à l'instant, on a une police, une justice
07:10qui sont en très grande fragilité malgré l'ampleur des défis auxquels nous sommes.
07:14Alors justement, c'est dans ce contexte d'insécurité
07:17que Laurent Nunez a pris la parole.
07:19Regardez, le ministre de l'Intérieur veut armer toutes les polices.
07:22Il dit qu'il est très favorable à l'armement des policiers municipaux
07:25car ça donne un caractère dissuasif plus fort.
07:29Il faut que les policiers puissent se défendre lors d'attaques terroristes.
07:32Les maires sont libres de le faire ou pas, ça c'est ce qu'il rappelle.
07:34Qu'en dites-vous ?
07:35Est-ce que vous êtes pour ou contre l'armement des policiers municipaux ?
07:38Moi, je pense que le ministre de l'Intérieur a parfaitement raison
07:40pour une raison très simple aussi qui est que,
07:43on le disait à l'instant et que Jal-Denis le rappelait,
07:46la nature même de la violence a changé
07:48par rapport à ce à quoi des policiers municipaux
07:51pouvaient être confrontés il y a 30 ou 20 ans.
07:54Aujourd'hui, on est devant une violence
07:56qui est devenue de plus en plus intense,
07:58de plus en plus armée.
07:59Il suffit de se souvenir de la commémoration d'il y a quelques jours
08:02des attentats de Paris pour voir que des forces de police
08:05qui arrivent pour une première intervention
08:07peuvent être confrontées désormais à des actes terroristes
08:10commis avec des armes lourdes.
08:12Et donc, il faut que les policiers municipaux puissent être,
08:14ne serait-ce que protégés,
08:16et puissent protéger les Français face à la réalité de cette délinquance.
08:19La seule chose à laquelle il faut qu'on soit tous très vigilants,
08:23c'est que la police municipale ne doit pas être
08:25le vecteur d'une mission de sécurité publique
08:35qui ne serait plus assurée par l'État.
08:36Et ça, c'est le risque.
08:37Aujourd'hui, il faut que l'État réinvestisse
08:39dans la police nationale, dans la gendarmerie nationale,
08:43dans la sécurité qui est sa mission fondamentale,
08:45et ne pas se décharger sur les mairies,
08:47sur les collectivités locales,
08:49d'une mission qui, lui, appartient
08:50et qui doit rester la sienne.
08:51C'est vrai qu'on voit souvent des municipalités
08:53qui investissent massivement dans leur police municipale
08:56et qui, en réalité, voient leur dotation de police nationale baisser.
09:00Après, je me permettrais d'ajouter qu'il y a une question
09:01quand même sur l'armement des policiers municipaux.
09:04C'est bien d'armer les policiers municipaux,
09:06mais est-ce qu'ils peuvent se servir de leurs armes ?
09:08C'est ça aussi, quand même, aujourd'hui, le problème,
09:10c'est qu'on a des policiers...
09:11Il faudrait mettre en place une formation légalement.
09:13Non, mais c'est surtout que...
09:14Le cadre légal.
09:15Un cadre légal.
09:16C'est-à-dire que les policiers, si vous voulez,
09:18aujourd'hui, ils ont l'impression
09:19qu'ils doivent réfléchir à 12 fois
09:21avant d'intervenir de telle ou telle manière.
09:23Et l'intervention ultime,
09:25qui est en l'utilisation de leur armes de feu,
09:26est quelque chose qu'ils auto-censurent énormément.
09:29Donc, on a quand même des policiers, si vous voulez,
09:30qui se font tirer dessus au KAC
09:31et qui n'osent pas répliquer
09:32parce qu'ils savent qu'il y a une atmosphère dans la société
09:37qui fait qu'on n'est pas toujours derrière eux.
09:39Il y a l'extrême-gauche qui parle de violences policières.
09:41Il y a des associations...
09:42C'est même pas, si je peux me permettre,
09:43c'est même pas seulement l'extrême-gauche.
09:44Souvenez-vous, le policier qui a ouvert le feu
09:48sur le jeune Naël qui avait commis un refus d'obtempérer.
09:53Son cas a été traité par le président de la République
09:55en direct quelques heures après l'événement
09:57qui se prononçait lui-même en disant
10:00qu'un tel comportement était inacceptable.
10:03Pardon, mais encore une fois,
10:05sans même qu'on ait jamais vu le résultat d'une enquête
10:07et qu'on puisse avoir les indications
10:09sur la dangerosité du véhicule que conduisait cet individu,
10:14que le président de la République lui-même
10:16ait condamné ce policier,
10:17était, je crois, en effet, un message qui a contribué à...
10:20Mais qu'est-ce qui permettrait, selon vous,
10:22que la police réapproprie la violence légitime
10:25qui est sa mission initiale ?
10:27D'abord, je pense qu'il faut rappeler une évidence.
10:29Aucun policier, aucun gendarme n'ouvre le feu de gaieté de cœur.
10:33Et pardon de le dire, mais la première chose à faire,
10:35c'est de mener le combat de manière déterminée
10:37contre tous ceux qui laissent entendre
10:39qu'il y aurait une confusion possible
10:42entre la force publique mise en œuvre
10:45par la police et la gendarmerie
10:47et la violence de ceux auxquels nous devrions tous
10:50assumer de mener le combat.
10:54Quand nous entendons un humoriste de Radio Nova,
10:57M. Barré, qui, il y a quelques heures seulement,
11:00expliquait que la police nationale,
11:03c'était, je le cite,
11:05Daesh avec la sécurité de l'emploi,
11:07quand on entend une phrase comme ça,
11:10on se dit que le combat, il est là.
11:12Le combat culturel, le combat idéologique,
11:14le combat contre tous ceux qui voudraient nous faire croire
11:16que la force publique est criminelle.
11:18La force publique, c'est ce qui garantit la sécurité des Français.
11:21Et que M. Barré puisse dire cela dans une indifférence quasi générale,
11:26moi je pense, mais je...
11:27Au lendemain, au lendemain de l'anniversaire du 13 novembre,
11:32moi je pense à tous les policiers, tous les gendarmes de France,
11:36et je pense à toutes leurs épouses et tous leurs époux,
11:40tous ceux qui aujourd'hui voient partir parfois avec angoisse
11:44leurs compagnes ou leurs compagnons dans les forces de l'ordre,
11:47en sachant qu'ils risquent leur vie,
11:50et qui entendent aujourd'hui ceux qui portent les couleurs du pays
11:54et qui garantissent la sécurité des Français au risque de leur engagement,
11:57être traités comme Daesh,
12:00mais pardon de le dire, mais c'est absolument insupportable.
12:04Insupportable.
12:05Et on a connu des polémiques médiatiques massives
12:07pour bien moins que ça.
12:10Aujourd'hui, c'est toute la France qui devrait dire sa révolte
12:13devant des propos qui sont d'une telle ignominie.
12:16Je voudrais qu'on avance sur les élections municipales.
12:19Écoutez, quelqu'un qui voudra que de plus en plus,
12:22c'est Jordan Bardella.
12:24Qu'il y ait évidemment dans le cadre d'un second tour,
12:28si nous arrivons très largement en tête des premiers tours,
12:30une dynamique de rassemblement.
12:32Et moi, je pense que pour gagner, il faut faire l'union,
12:34il faut faire le rassemblement, il faut la coalition la plus large possible.
12:36Donc s'il y a évidemment des patriotes sincères chez LR au niveau local,
12:39et il y en a, je leur tends évidemment la main.
12:41Bon.
12:42Vous dites non, c'est hors de question.
12:44Pour gagner, ne faudra-t-il pas une alliance,
12:46notamment avec le Rassemblement national, dans certaines villes ?
12:49Mais qu'on veuille bien nous pardonner d'assumer, de présenter des candidats sous nos couleurs.
12:54Les Républicains existent, ils représentent une force politique déterminante dans le pays,
12:59et notamment, précisément, sur le sujet des élections municipales.
13:03Le Rassemblement national, et je comprends qu'il puisse y avoir un intérêt,
13:06de ce point de vue-là, du président de cette formation politique,
13:09le Rassemblement national a, je crois, entre 10 et 15 maires en France.
13:12Les Républicains ont plusieurs milliers de maires,
13:14et ils sont la première force politique du pays en nombre d'élus locaux.
13:18Vous voulez dire qu'ils ont plus à y gagner là-dedans ?
13:20Ça, c'est un constat factuel.
13:22Moi, ce que je crois fondamentalement, c'est que notre devoir,
13:25et je n'ai jamais changé de ligne,
13:26et je le dis sans aucune animosité à l'égard de personne,
13:29mais notre devoir, c'est de reconstruire une famille politique de droite
13:32qui assume la cohérence de cette vision politique
13:35qui, aujourd'hui, de toute évidence, quand on regarde les débats rassemblés...
13:38Pourquoi vous dites reconstruire une famille politique ?
13:39Parce que cette famille, elle a traversé une crise profonde,
13:42comme notre vie démocratique dans son ensemble.
13:44Et donc, oui, aujourd'hui, on a besoin de reconstruire
13:46cette proposition politique dans les deux ans qui viennent,
13:49pour pouvoir faire en sorte que la cohérence de cette vision,
13:52qui n'est portée par personne d'autre,
13:54soit assumée devant les Français,
13:56en particulier au moment du grand choix
13:58que sera l'élection présidentielle.
14:00Et pardon de le dire, mais je ne vois pas
14:02d'autres familles politiques qui portent la clarté,
14:05la cohérence d'une vision politique de droite
14:07pour répondre à une gauche qui s'assume,
14:08on le disait à l'instant, et qui assume sa radicalité.
14:11Il faut une droite qui assume sa cohérence, sa clarté,
14:14sa constance et sa fidélité.
14:16Et les élections municipales seront une étape absolument déterminante
14:18dans ce chemin vers 2027.
14:20Mais est-ce qu'à tout le moins,
14:22dans ce climat où, effectivement,
14:24la droite cherche à reconquérir le pouvoir,
14:26et puis où le Rassemblement National a une assise politique
14:29assez indiscutable,
14:32est-ce qu'il faut songer à des accords de second tour
14:33dans certaines élections avec ce parti politique-là,
14:37plutôt que de regarder, comme hier,
14:40vers la majorité présidentielle ou le centre ?
14:44Et comment vous avez observé le rendez-vous
14:47qui a eu lieu cette semaine entre Laurent Wauquiez et Éric Zemmour,
14:50qui, dans le cadre de l'élection présidentielle,
14:52songe à une primaire allant de Sarah Knafow
14:54jusqu'à Gérald Darmanin ?
14:55Est-ce que c'est une initiative que vous trouvez intéressante ou pas ?
14:58Mais moi, sur la question des seconds tours,
15:00j'ai toujours été très clair.
15:02Et Bruno Retailleul a été aussi
15:03dans cette élection législative partielle
15:05dans le Tarn-et-Garonne.
15:07Il a très clairement indiqué
15:09que lorsque nous ne sommes pas représentés au second tour,
15:12la règle qui doit nous quitter,
15:13ce n'est pas une voie pour la gauche.
15:15Et je pense que les Français savent aujourd'hui
15:17que cette gauche qui s'est alliée,
15:19alors là, pour le coup, sans aucun complexe
15:20avec l'extrême gauche,
15:21les socialistes qui se sont mis dans la main de LFI
15:24jouent le même jeu d'une radicalisation de gauche
15:27qui est extrêmement dangereuse pour le pays.
15:28Et c'est cela qu'il nous faut combattre.
15:30Mais donc, entre un candidat RN et un candidat socialiste,
15:33vous choisissez le candidat RN ?
15:34Mais Bruno Retailleul a dit
15:35pour l'élection législative d'Enterme-Garonne.
15:36Mais vous, que dites-vous ?
15:37Moi, j'ai toujours dit la même chose.
15:38Vous l'aviez dit,
15:39mais vous aviez rétropédalé il y a un an.
15:41Je n'ai jamais rétropédalé.
15:42Un petit peu, non.
15:43En 2024, vous étiez revenu un petit peu.
15:45Après, vous aviez dit
15:46j'assume complètement cette position,
15:47mais en juin 2024,
15:50quand la question s'était posée,
15:52c'était...
15:53Vous aviez...
15:54Non, non, ça m'a été d'ailleurs beaucoup reproché.
15:55Ça, vous avez été reproché, justement.
15:56Oui, mais je n'ai jamais rétropédalé.
15:58J'ai toujours assumé.
16:00Mais encore une fois,
16:02je me permets de vous indiquer
16:05que concernant les élections municipales,
16:07le premier tour n'a pas eu lieu.
16:09Et il est même dans plusieurs mois.
16:10Et donc, si la question du deuxième tour se pose,
16:13elle se posera après le premier tour.
16:15Pour nous, la première question,
16:16c'est de garantir que nous serons présents au premier tour.
16:19Et nous faisons ce travail-là aujourd'hui
16:21pour que nos candidats partout en France
16:22puissent porter une perspective d'alternance.
16:24Et je reviens sur ce que je disais à l'instant.
16:26Le parti qui a une assise indiscutable
16:28aux élections municipales,
16:29ce n'est pas le Rassemblement National.
16:31Ce sont les Républicains.
16:32C'est la droite aujourd'hui
16:33qui est en mesure de faire basculer
16:35beaucoup de villes
16:36que la gauche avait conquises.
16:37Ce n'est pas le Rassemblement National
16:39qui va faire basculer
16:40Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Nantes.
16:42Dans ce cas-là,
16:43est-ce qu'on vous demande
16:43au Rassemblement National
16:44de s'effacer
16:45dans des seconds taux
16:48où ils empêcheraient la droite de gagner
16:50et il faut bien que vous leur apportiez
16:51quelque chose en échange ?
16:52Vous leur poserez la question.
16:53C'est vous qui êtes journaliste.
16:54Mais moi, ce que j'observe,
16:55c'est que quand on pose la question
16:56à Marine Le Pen,
16:57quand on lui demande de choisir,
16:58parce que la question lui a été posée
17:00chez vos confrères d'une autre télévision,
17:02est-ce que si vous deviez choisir
17:03entre Olivier Faure et Bruno Retailleau,
17:05quelle serait votre préférence ?
17:06Elle a répondu
17:07qu'elle ne pouvait pas choisir
17:08parce qu'elle voit son propre parti
17:12comme étant à équidistance
17:13de M. Retailleau et de M. Faure.
17:16Mais en l'occurrence, là,
17:17on parlait de Jordan Bardella.
17:19Ce n'est pas nous qui sommes
17:20sujets à quelqu'un de cohérence.
17:21Est-ce que vous trouvez ces derniers temps
17:22effectivement Jordan Bardella
17:23plus magnanime ?
17:24Parce qu'on l'a vu
17:24chez Apolline de Malherbe,
17:25ça a commencé comme ça
17:26il y a un mois,
17:27maintenant je dirais,
17:28utiliser pour un peu
17:30pour la première fois
17:30les mots rassemblement,
17:31les mots union,
17:32les mots de reconnaître
17:34qu'ils ne pourront pas gagner seuls.
17:35Vous pensez que cette démarche
17:36est sincère en ce moment
17:37ou elle est juste tactique ?
17:38Moi, je ne suis pas commentateur
17:40des débats internes
17:42au Rassemblement National.
17:43À la fin,
17:44cette formation politique
17:45a une ligne,
17:46elle aura une ligne.
17:47Ça met d'ailleurs,
17:49comment dire,
17:49ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus.
17:50Non, mais vous connaissez bien
17:51Jordan Bardella
17:52qui est député européen comme vous.
17:54Vous avez voté sa motion de censure d'ailleurs.
17:57De ce que vous savez de lui,
17:58est-ce que vous pensez
17:59que vraiment c'est quelqu'un
18:00qui peut-être demain
18:01va plus favoriser ses accords
18:03que d'autres dirigeants ?
18:04Je ne suis pas commentateur
18:07du Rassemblement National.
18:09Jordan Bardella et Marine Le Pen
18:11feront les choix
18:11qu'ils estiment devoir faire.
18:13Et ce que je sais,
18:14pour ma part,
18:14la seule chose que je vois,
18:16c'est que finalement,
18:18la ligne n'a pas changé
18:19puisque Marine Le Pen
18:20dit aujourd'hui
18:21sur l'éventualité
18:22d'un duel
18:22entre Olivier Faure
18:23et Bruno Rotaillot
18:24la même chose
18:25qu'elle avait dit
18:25sur le duel
18:26entre François Hollande
18:28et Nicolas Sarkozy.
18:29Et rappelons
18:31qu'à ce moment-là,
18:32Marine Le Pen
18:32avait fait clairement
18:33élire François Hollande
18:34qui lui devait
18:35sa victoire.
18:37De même que
18:38dans des débats
18:38qui sont très récents,
18:39quand j'entends
18:40M. Tanguy expliquer
18:41que le Rassemblement National
18:42est fier de tenir
18:43les promesses
18:43du Parti Socialiste,
18:45quand je vois
18:45que le Rassemblement National
18:46a voté
18:46et que c'est son vote
18:47qui a permis
18:48à M. Ferrand,
18:49ancien socialiste
18:50et macroniste,
18:51d'être élu
18:51à la tête du Conseil
18:52constitutionnel,
18:53nous, nous y étions opposés.
18:54Donc voilà,
18:55chacun assume
18:55encore une fois
18:56la cohérence sa vie.
18:56Ce qui compte pour moi,
18:57c'est de défendre
18:58la ligne que nous devons
18:59porter devant les Français.
19:00Et moi, je suis...
19:01Pardon, d'un certain...
19:02Sur la primaire,
19:03parce que comme on n'a pas...
19:04Vous n'avez pas répondu
19:05sur la primaire.
19:05Sur le rendez-vous
19:06entre Laurent Wauquiez
19:06et Éric Zemmour,
19:07c'est quand même pas rien
19:08ce qui s'est passé.
19:09Donc est-ce que vous pensez
19:10que comme certains,
19:12il faut une primaire
19:13qui va de Sarah Knafou
19:14jusqu'à Gérald Darmanin
19:15avec les LR au milieu ?
19:16Nous, on a lancé
19:17un travail interne
19:18chez les Républicains
19:19pour préparer la sélection
19:20de notre candidat
19:21à l'élection présidentielle.
19:22Et Bruno Retailleau
19:23a fait,
19:24et avec lui
19:25comme vice-président du parti,
19:26j'ai accompagné
19:27ce travail-là,
19:28qui était notre
19:29grand engagement de campagne
19:30de rendre aux adhérents
19:31la décision sur ce point.
19:32Donc, si vous voulez
19:33pouvoir choisir
19:34qui sera le candidat de LR
19:35à la prochaine élection présidentielle,
19:37adhérer aux Républicains,
19:39c'est la meilleure manière
19:40de pouvoir déterminer
19:42qui sera le candidat
19:42de la droite.
19:43Sur la question de la primaire,
19:44la seule question
19:45qui se pose,
19:46c'est que quand vous organisez
19:47une primaire,
19:47le principe même
19:48d'une primaire,
19:49c'est que celui
19:50qui perd s'engage
19:51à soutenir celui
19:51qui gagne.
19:52La question qui est posée,
19:54en fait,
19:54moi j'entends très bien
19:54ce que dit Laurent Wauquiez,
19:56et je comprends évidemment
19:57la question qui est posée
19:59aujourd'hui.
20:00La question qui est posée,
20:00c'est est-ce qu'il existe
20:02un monde dans lequel,
20:04au premier tour
20:04de l'élection présidentielle,
20:07Sarah Knafow soutiendrait
20:08Gérald Darmanin,
20:09ou Gérald Darmanin
20:10soutiendrait Sarah Knafow.
20:12C'est ça la question
20:12qui est posée.
20:13Et moi, encore une fois,
20:14je me borne à dire
20:16que notre devoir,
20:17ça n'est pas de spéculer
20:18sur les intentions
20:19des uns et des autres,
20:19mais c'est de reconstruire
20:21une proposition politique
20:22tellement claire,
20:23forte, consistante
20:24et crédible
20:25qu'elle suscitera
20:26derrière elle une dynamique.
20:27Et je suis convaincu
20:28que c'est possible.
20:29Parce que ce que je vois
20:30au Parlement européen,
20:30vous parliez du Parlement européen,
20:32mais ce que je vois
20:32en Europe aujourd'hui,
20:34quand j'ai été élu en 2019
20:35pour la première fois,
20:37il y avait 7 gouvernements
20:38de notre famille politique
20:40en Europe sur 28.
20:41Aujourd'hui,
20:42il y en a 15 sur 27.
20:43La formation qui gagne
20:45partout en Europe aujourd'hui,
20:47ça n'est pas celle
20:47des alliés de M. Macron,
20:49ça n'est pas celle
20:50des alliés de M. Faure,
20:52ça n'est pas celle
20:52des alliés de Mme Le Pen.
20:54La formation qui gagne
20:55partout en Europe aujourd'hui,
20:56c'est celle
20:56d'une droite de gouvernement
20:57qui assume de s'être reconstruite
20:59pour porter avec crédibilité
21:01l'alternance
21:02dont tous les pays européens
21:03ont besoin
21:03et dont la France
21:04a plus besoin que jamais.
21:06Merci beaucoup,
21:07François-Xavier Bellamy,
21:08d'avoir été notre invité.
21:09Merci.
21:10Merci.
21:11Merci.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations