- il y a 10 heures
Ce jeudi 22 janvier, Frédéric Simottel a reçu Lucas Perraudin, cofondateur d’AI Partners, Philippe Dewost, fondateur de Phileos et cofondateur de Wanadoo, et Marion Moreau, journaliste et fondatrice d’Hors Normes Média. Ils se sont penchés sur les débats de Davos autour de l’IA et de l’emploi, l’avancée des négociations concernant le rachat de SFR, le non-paiement de la fibre par les Gafam, ainsi que sur l’accélération des fuites de données, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Allez, retour Tech & Co avec nos trois débriefeurs du soir.
00:08Lucas Perraudin, expert en IA.
00:10Philippe De Vos, fondateur de Phileo.
00:11C'est Marion Moreau, journaliste et fondatrice d'Ornorm Media.
00:14On va partir à Davos, parce que l'intelligence artificielle
00:17est bien sûr au cœur des discussions.
00:20Là-bas, dans la petite ville suisse,
00:23de nombreux patrons de la tech ont fait le déplacement.
00:24On a vu Jensen Wong, je crois qu'Elon Musk y était d'ailleurs cet après-midi.
00:28On a vu Satya Nadella, enfin ils y sont tous.
00:31Ce qui a frappé la plupart des commentateurs,
00:33c'est toute la réflexion autour de l'impact de l'IA sur le monde du travail.
00:37On écoute Jensen Wong, le patron de Nvidia.
00:40Il en a parlé lors de sa table ronde. Écoutez.
00:45L'IA va créer de nombreux emplois.
00:49C'est formidable qu'ils soient liés à des savoir-faire techniques.
00:55Nous allons gagner des plombiers, des électriciens,
00:58des ouvriers du bâtiment, des métallurgistes.
01:04Les salaires vont augmenter, voire doubler.
01:06Nous parlons de salaire à six chiffres
01:08pour les personnes qui créeront des usines de puces,
01:11d'ordinateurs ou d'IA.
01:12Et vous y croyez vraiment, là, tout ce qu'il dit, les capers d'armes ?
01:20Bon, il prêche pour sa paroisse, clairement.
01:23Il a une armée de robots qui attend derrière, avec des puces Nvidia.
01:26Il y a une disruption.
01:29Moi, j'en suis le premier acteur, puisqu'avec mes entreprises,
01:32on fait de l'adoption de l'IA dans les entreprises plutôt internationales,
01:37plutôt larges, avec des niveaux de...
01:39On transforme des jours en minutes.
01:41C'est ce qu'on fait.
01:41On fait presque des jours en minutes.
01:43Donc, on en fait partie.
01:44Est-ce que ça va créer des salaires de plombiers à 150 000 euros par an ?
01:50Je ne le vois pas.
01:52Alors, bon, Jensen, il est intelligent.
01:56Est-ce que son plombier, à lui, pour sa maison,
01:57lui, il a payé 150 000 euros par an ?
01:59Mais c'est sûr qu'on va vers une modification du marché du travail.
02:05On va vers des...
02:06Aujourd'hui, nous, on conseille des entreprises sur leur réorganisation.
02:09Les nouveaux postes de cadre, dans les qualifications,
02:15il y a connaissance, bonne connaissance des promptes IA
02:17et compréhension de l'IA agentique.
02:21Que vous soyez cadre en finance, en ressources humaines, en vente ou quoi que ce soit.
02:24Donc, il faut connaître la tech.
02:25Il faut que vous ayez monté en compétences.
02:27Donc, il y a une transformation du marché du travail.
02:30Il y a des nouveaux postes.
02:31Il y a certaines choses qui étaient faites par des humains qui ne le sont plus.
02:34Le net-net, pour l'instant, c'est pas...
02:37Moi, j'ai l'impression que cette année 2026, c'est quand même l'année charnière
02:40où il va falloir éluder un peu tout ça et dire
02:44oui, l'IA va avoir un gros impact sur l'emploi.
02:47Juste un petit point de ce qui s'est passé sur CIS, je suis désolé,
02:49mais c'est hyper...
02:51Il y a un énorme changement en 2026.
02:542023, 2020...
02:54Enfin, même depuis 2022, 2022, 2023, 2024, 2025,
02:58on parlait beaucoup du coût des IA d'entraînement.
03:01OK ?
03:01Et de la puissance nécessaire.
03:03Là, on est passé dans l'année de l'inférence.
03:04Ce qui a été annoncé par NVIDIA CIS Rubin,
03:08c'est une plateforme qui ne sert pas à entraîner des modèles,
03:11mais qui sert à faire de l'inférence,
03:13donc de l'utilisation des modèles.
03:15On est en train d'optimiser l'infrastructure
03:17parce qu'on pense que les modèles,
03:18bon, ils vont continuer à progresser dans le background,
03:20mais il faut les distribuer
03:21et que les consommateurs et les entreprises puissent s'en servir
03:24et qu'ils soient hautement disponibles.
03:26Donc, tout le monde est en train de passer
03:27d'investissement pour entraînement
03:29à investissement pour pouvoir venir brancher des gens.
03:32Modèles as a service.
03:33Là, on n'est vraiment pas en passé dans l'année de l'inférence.
03:35Et là, ça va forcément avoir un impact sur l'emploi.
03:37Oui, ça veut dire qu'on va déployer de manière très, très forte.
03:40Philippe ?
03:40Oui, mais ça va avoir un impact sur l'emploi
03:44comme tout ce qui relève de l'automatisation
03:48a un impact sur l'emploi,
03:49ce qui change radicalement.
03:51Mais là, ça va plus loin que l'automatisation quand même.
03:53Mais attends, ce qui change radicalement pour moi
03:55par rapport à tout ce qu'on a connu,
03:56c'est la fenêtre de temps dans laquelle ça se passe.
03:58Et cette fenêtre de temps, elle s'est raccourcie à tel point
04:01qu'elle est maintenant plus petite
04:03que la durée de formation des études supérieures après le bac.
04:08Quelle école aujourd'hui est capable de savoir
04:12ce que sauront faire ces diplômés dans cinq ans ?
04:16Et on rappelle, tu as pu y réfléchir
04:18parce que tu as dirigé l'Épita pendant quelques temps
04:21et que l'ingénieur...
04:22Et à la tête de l'Épita, je me levais quasiment tous les matins
04:25avec cette question qui était
04:26comment est-ce qu'on tient la promesse
04:29qu'on fait à des jeunes ou à leurs parents
04:31qui investissent, puisque l'Épita est complètement privée,
04:35pour dans cinq ans être à l'état de l'art.
04:37Alors l'état de l'art dans l'informatique,
04:39il fallait déjà deviner.
04:41Mais l'état de l'art maintenant qu'il y a l'IA,
04:43ça devient de la folie.
04:45Et ça veut dire quoi ?
04:46Ça veut dire qu'il faut avoir une agilité extrême
04:48pour être capable de refondre ces programmes
04:51quasiment à l'année.
04:53Et ça veut dire, petit message à ceux qui encadrent
04:56et qui administrent l'enseignement supérieur en France,
04:59ça veut dire qu'il faut une agilité extrême
05:00de la part des fonctionnaires du ministère
05:02de l'enseignement supérieur et de la recherche
05:03pour continuer à qualifier les écoles sérieuses
05:07parce qu'il y a tellement de formations sur la place
05:11que tout le monde s'y perd.
05:12Donc il faut des labels de qualité,
05:14c'est extrêmement important.
05:14mais on ne peut plus les baser, ces labels,
05:17sur la qualité des programmes sur 5 ans
05:20et sur le syllabus qui est proposé en dernière année.
05:23Parce que ce syllabus, la bonne ou la mauvaise nouvelle,
05:26c'est qu'il a vocation à changer tous les 6 mois.
05:29Et donc c'est ça ce moment très particulier.
05:30C'est la vitesse d'adaptation,
05:33à la fois individuelle et collective.
05:36Lucas puis Marion.
05:38Il y a quand même un certain nombre de choses.
05:40Alors nous, on pratique l'IA depuis avant.
05:43Enfin moi, je suis parti de chez Facebook
05:44parce que j'ai rencontré quelqu'un qui m'a dit
05:45on fait quelque chose qui s'appelle un perroquet stochastique.
05:49C'était l'ancien nom des LLM.
05:50Et il m'a dit un jour, on aura des conversations
05:52tellement satisfaisantes dans WhatsApp avec des robots
05:54qu'on fera nos achats et ça change.
05:57Ça c'était avant.
05:58Donc je suis parti, j'ai dit il faut monter une boîte,
05:59on va le faire.
06:00Et heureusement que Chase Deputy est sorti
06:01parce que ça nous a mis sur une rampe de lancement.
06:04Mais il y a des choses dont je pensais
06:06qu'elles allaient s'améliorer,
06:08enfin qu'elles allaient changer.
06:08Par exemple, la capacité à compter,
06:10à comprendre qu'on passe d'outils déterministes
06:13à outils non déterministes
06:15et à les apprivoiser et non plus les maîtriser.
06:18C'est un savoir fondamental
06:20qui doit être au cœur de toutes les études d'ingénierie,
06:22de commerce.
06:23Et ça, pour moi, ce sera vrai dans dix ans
06:26parce qu'on a changé vers du probabiliste
06:29par rapport aux déterministes.
06:30Donc il faut reformer les savoirs.
06:33Mais il y a vraiment des savoirs fondamentaux
06:34qui sont evergreen,
06:37qui sont des investissements à long terme
06:39et qui sont l'esprit critique,
06:41le jugement.
06:42Donc toutes ces choses-là,
06:44il faut les travailler.
06:46Donc pas apprendre par cœur,
06:47mais tout ça pour moi,
06:48ça va durer encore dix ans.
06:50Marion ?
06:51Avec quand même quelques effets sur le cognitif.
06:53qui ne sont pas neutres quand même.
06:54Parce que le fait d'apprendre en tant qu'être humain
06:57nous fait devenir aussi.
06:59Et ça, c'est vrai que,
07:00comme tu dis,
07:01je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis.
07:02La fenêtre de temps,
07:03elle est presque trop courte
07:05par rapport à tout ce qu'on nous promet.
07:06Je dis bien nous promets
07:07parce que je pense que parfois,
07:09il faut un peu redescendre aussi sur Terre.
07:10Quand on regarde les études,
07:12je les ai regardées cet après-midi
07:14avant de venir ici,
07:16Oxford a mené une étude très sérieuse
07:18comme Yale a sorti une étude
07:20au mois d'octobre dernier
07:21sur l'impact de l'IA sur l'emploi
07:22aux États-Unis.
07:24Il n'y en a pas tant que ça aujourd'hui.
07:25Alors après,
07:26il y a des facteurs contextuels
07:28qui font que
07:29ce n'est pas encore la révolution explosée.
07:31On n'a pas la tête de fusée.
07:33Ça va se mettre en place
07:34et il va y en avoir,
07:35c'est certain.
07:36Mais aujourd'hui,
07:36depuis la naissance de Chad GPT en 2022,
07:38il n'y a pas sur les emplois
07:40exposés à l'IA,
07:42exposés un peu,
07:43beaucoup,
07:43pas trop,
07:44aucun mouvement.
07:46Il faut se méfier.
07:48Ça, c'est dû à l'humain
07:49et pas à l'IA.
07:50C'est dû à l'inertie d'adoption.
07:52Ce n'est pas dû aux capabilités
07:54des modèles d'IA.
07:54Moi, je ne suis pas dans le manichéisme
07:56à dire c'est bien, c'est mal.
07:57En fait,
07:58on parle d'adoption...
07:59Également,
07:59mais ce que je veux dire,
08:00c'est qu'il faut...
08:01En tout cas,
08:02ils ont étudié de près
08:03dans le monde des entreprises
08:05qui ont prise directe
08:07avec ces études-là
08:08qui sont encore une fois
08:09très sérieuses.
08:10Ils ont dit,
08:10non, nous,
08:12on ne va pas changer nos postes
08:14pour ça.
08:15Je suis d'accord,
08:16ça avance.
08:16Mais je trouve quand même
08:17que là...
08:18Et c'est pour ça que je dis,
08:19moi, je pense que 2026,
08:20ça va être l'année où on va
08:21éluder un peu cette question
08:22et dire, oui,
08:22ça supprime les emplois.
08:23Oui, tu enlèves.
08:25En fait, ça modifie
08:25le marché du travail.
08:26Je parlais hier
08:27avec un patron de SN,
08:29il m'a dit,
08:29aujourd'hui,
08:30on en a plus facilement
08:31sur le marché.
08:32Alors, en France,
08:33il y a un peu cette histoire
08:34parce que vous avez vu
08:35que Capgemini avait licencié
08:362400 personnes.
08:37Alors, c'est plus parce que
08:38les contrats baissent aussi,
08:39les entreprises s'interrogent
08:41beaucoup,
08:41le contexte géopolitique,
08:42etc.,
08:43les incertitudes fiscales,
08:44etc.
08:45Donc, on voit,
08:46les contrats de Capgemini
08:49ont reculé,
08:50Atos aussi a des ventes
08:51moins bonnes
08:53au dernier trimestre.
08:55Il n'y a pas encore
08:55cet impact fort de l'IA,
08:57mais moi,
08:58je trouve que ça commence
09:00à se...
09:00Moi, je fais des keynotes,
09:02j'en ai fait une en Angleterre,
09:03j'en fais une en Italie,
09:04j'en ai fait dans le monde entier.
09:05Et nous, on transforme.
09:07Il faut être clair
09:08avec les gens qui nous écoutent.
09:10Aujourd'hui,
09:10si vous êtes cadre
09:11et que dans votre journée,
09:13vous n'êtes pas en train
09:14de parler à un humain,
09:15vous devriez probablement
09:16être en train de parler
09:17à une IA.
09:18Pourquoi ?
09:18Parce que si vous n'êtes pas
09:19en train de donner
09:21des instructions à une IA
09:22pour qu'elle fasse le travail
09:23que vous auriez fait manuellement
09:25ou d'avoir une stratégie,
09:27vous êtes en train
09:28d'utiliser une calculette
09:30au lieu d'utiliser Excel.
09:31C'est exactement
09:31ce qui est en train de se passer.
09:33Et ça,
09:33alors je sais que les études,
09:36et je comprends tout à fait,
09:36et je le crois
09:37parce que nous,
09:38on fait la transformation,
09:39on fait l'adoption.
09:39En fait, l'adoption,
09:40il y a une inertie d'adoption,
09:41une résistance au changement,
09:42il y a une peur,
09:42ce qui est tout à fait normal.
09:45Mais...
09:45La puissance sous-jacente
09:50de ce qui est en train d'arriver
09:51est indiscutable.
09:53Il y a beaucoup d'externalités
09:54négatives aussi,
09:55il faut le dire,
09:55l'IA,
09:56ce n'est pas que formidable,
09:57c'est aussi beaucoup,
09:58beaucoup quand même
09:59de questionnements...
10:01Enfin, je veux dire,
10:02on ne va pas refaire
10:03les débats sociétaux
10:03qui ont lieu à Davos,
10:04d'ailleurs, j'imagine,
10:05mais il y a des questionnements
10:07importants à faire aujourd'hui.
10:09Et c'est normal
10:10que cette adoption,
10:11elle soit un peu lente,
10:11quelque part.
10:12Parce qu'il faut autant
10:13se poser les questions maintenant.
10:14Du point de vue sociétal,
10:15oui, mais du point de vue économique,
10:16du point de vue productivité,
10:17je suis tout simplement d'accord avec ça.
10:19Elles ne vont pas vers d'époque
10:19pour d'époque.
10:20Les entreprises,
10:21elles ont besoin de pragmatisme,
10:22de dire, voilà,
10:23qu'est-ce que ça fait ?
10:24Est-ce que c'est utilisé
10:24dans ma boîte ?
10:25La productivité ?
10:26Je vois, hier soir,
10:27j'étais avec un DSI,
10:28il m'a dit,
10:29nous, je pense que d'ici
10:30la fin de l'année,
10:30on a divisé notre nombre
10:31de développeurs par trois.
10:33Alors, ça va se reporter
10:33sur les prestataires,
10:35pas sur l'interne,
10:36mais voilà.
10:37Et donc, je pense
10:37qu'on va y arriver.
10:39Moi, mes développeurs,
10:39ils font cinq fois plus de devs
10:41que les développeurs que j'avais
10:42quand j'étais le boss d'HP.com.
10:44Ils sont cinq fois plus productifs.
10:46Enfin, je le vide tous les jours.
10:47Après, il faut que les...
10:48Si tu as cinq fois plus de projets,
10:49tant mieux.
10:49Oui, c'est ça.
10:51Alors moi, j'ai sondé
10:52un patron d'une école
10:54très connue de code
10:55qui m'a dit,
10:55je suis désolée,
10:56mais moi, le code simple,
10:57oui, ça le fait,
10:58mais les codes compliqués
10:59aujourd'hui
10:59et les nouvelles versions
11:01de code,
11:01l'IA ne le fait pas.
11:03L'IA ne le fait pas.
11:04Courageable.
11:06Non, mais je ne veux pas
11:07me manquer.
11:08Je pense qu'il faut garder
11:09les mains tous les jours.
11:10Moi, j'avais ce débat hier.
11:11Il faut garder les mains dedans,
11:13il faut rester curieux.
11:15Moi, ce que je vois,
11:15c'est que ça progresse
11:16à toute vitesse.
11:19Alors, ce qui est très déroutant,
11:19c'est que comme ça progresse
11:20à toute vitesse,
11:21toutes les trois semaines,
11:23il faut changer d'environnement
11:24si on veut pouvoir craquer
11:25des problèmes qu'on s'échine
11:26à essayer de craquer
11:27et qu'on n'arrive pas
11:27à craquer.
11:29Mais non, je...
11:31Mais il y a de la gestion
11:32du changement
11:32avec les développeurs aussi.
11:33Le problème,
11:33c'est que le développeur
11:34doit arrêter de développer,
11:35doit apprendre à utiliser
11:36le bon outil au bon moment
11:37pour la bonne tâche.
11:39Et finalement,
11:39c'est aussi difficile
11:41pour un développeur expérimenté
11:42de se laver à lire.
11:43Dans une boîte à outils
11:44dans laquelle,
11:45je te rappelle,
11:46ton monsieur bricolage
11:48de service
11:49vient très régulièrement
11:49toutes les semaines
11:50enlever deux marteaux,
11:51rajouter une pince
11:52et un outil
11:52que tu ne connaissais pas.
11:53Et puis, peut-être
11:54que ce n'est pas au niveau
11:54du développeur,
11:55c'est peut-être en amont
11:56aussi, tout ce qu'on doit
11:57monter en amont,
11:58l'architecture et tout ça,
11:59où l'IA va être importante.
12:00Ouais, mais les offres,
12:01elles ont le temps.
12:03Allez, tiens,
12:04autre sujet,
12:05on va...
12:06Vous savez que les négociations
12:07s'accélèrent.
12:08On change...
12:08On reste dans la tech,
12:09finalement.
12:10Les négociations,
12:11on change de sujet,
12:11on va reparler Télécom,
12:12les négociations s'accélèrent
12:13entre SFR et ses concurrents.
12:15Bouygues, Orange et Free
12:16sont prêts à augmenter
12:17le prix de leur offre
12:18pour SFR.
12:19Selon nos informations
12:20exclusives BFM Business,
12:22ils ont signifié
12:23au propriétaire de SFR,
12:24Patrick Dariy,
12:25leur intention de débourser
12:27non plus 17 milliards,
12:28mais 20 milliards
12:29à l'automne.
12:31Ils viennent de lancer
12:32d'ailleurs un audit
12:32des comptes de SFR
12:33pour présenter
12:34cette offre ferme
12:35d'ici fin mars.
12:36On écoute Mathieu Peschperty
12:37qui a enquêté là-dessus
12:38et on revient juste après.
12:40Bouygues, Free et Orange
12:41ont entamé il y a quelques jours
12:43un examen approfondi
12:44des comptes de l'opérateur Télécom.
12:46Jusqu'ici,
12:46son propriétaire,
12:47Patrick Dariy,
12:48refusait cet audit.
12:49Mais juste avant
12:50les fêtes de Noël,
12:51les trois opérateurs
12:52lui ont signifié
12:53qu'ils envisageaient
12:53de réviser à la hausse
12:55le prix de leur offre
12:55de rachat de SFR.
12:57Selon nos informations,
12:58ils sont désormais
12:59prêts à mettre
13:00près de 20 milliards d'euros
13:01sur la table,
13:02soit 3 milliards d'euros
13:03de plus que le premier prix
13:05proposé au mois d'octobre.
13:06Un prix minimum
13:07que demandait Patrick Dariy
13:08pour poursuivre
13:09les discussions
13:10avec ses concurrents.
13:11Les audits
13:12devraient maintenant
13:12durer environ deux mois.
13:14Bouygues, Free et Orange
13:15veulent proposer
13:16une nouvelle offre ferme
13:17fin mars
13:17pour l'envoyer ensuite
13:18à l'autorité
13:19de la concurrence.
13:20Un examen d'un an
13:21sera alors nécessaire
13:22pour valider
13:23le rachat de SFR
13:25que tout le monde
13:25espère signer
13:26avant l'élection présidentielle
13:27en avril 2027.
13:30Alors,
13:31on va suivre cet épisode.
13:32Ça dure depuis un moment.
13:35Ça va encore durer
13:36puisqu'ils espèrent
13:37boucler tout ça
13:38avant l'élection présidentielle
13:392027.
13:41En tout cas,
13:41qu'est-ce qu'il faut ?
13:43Oui,
13:43trois opérateurs.
13:44Alors,
13:44François Sorel
13:46avait eu
13:46le patron,
13:48la patronne d'Iliade,
13:49il me semble,
13:49lui a demandé
13:50si vous n'êtes plus
13:50que trois opérateurs,
13:51est-ce que les prix
13:52augmenteront ?
13:53Elle avait dit non.
13:54Exabinelle s'est toujours
13:55engagée à ça
13:55parce que c'est la crainte
13:56que l'on peut avoir.
13:57Après,
13:58oui,
13:58il y aura peut-être
13:58un peu de casse sociale
14:00parce qu'évidemment,
14:00il y a des choses redondantes.
14:03Mais est-ce que c'est bien ?
14:05Philippe,
14:05toi qui as bien connu ça,
14:06je rappelle,
14:07tu es un des cofondateurs
14:08de Waladou,
14:08tu es un expert
14:09dans tout ce suivi
14:10de ce marché télécom.
14:13Voilà,
14:13de toute façon,
14:13on ne peut pas continuer
14:14avec ces quatre
14:14sous cette forme-là.
14:16SFR a beaucoup
14:17trop de dettes.
14:18Manifestement non.
14:20On est en train
14:20de refermer
14:21un chapitre
14:22de l'aventure
14:23de la dérégulation
14:25des télécoms européennes
14:26imitant avec 20 ans
14:28de retard
14:28la dérégulation américaine.
14:30Au moment
14:31où ça se produit,
14:32les Américains étaient
14:32revenus à trois opérateurs.
14:34On va peut-être arriver
14:35à trois opérateurs
14:35en France.
14:36On a les prix
14:37les plus bas d'Europe
14:37ou presque.
14:39Sauf que quand on a
14:40les prix les plus bas,
14:40les marges d'investissement
14:41sont relativement plus faibles.
14:43Et il faut continuer
14:44à investir.
14:44Voilà.
14:45Pour moi,
14:46ce qui m'intéresse,
14:47ça va être de savoir
14:48si une fois que cette
14:49consolidation éventuelle
14:50sera faite,
14:51on aura droit
14:52à moins de fuites
14:52de données
14:52puisque je rappelle
14:53que dans les quatre
14:54protagonistes,
14:55il y en a trois
14:55qui ont fuité
14:56et qui ont perdu.
14:58Ça, c'est ton dada.
14:59Tu voulais qu'on parle
15:00de ce sujet.
15:01Il y a quand même
15:03eu des fuites de données
15:04chez trois des quatre opérateurs
15:05qui allaient
15:06de quelques millions
15:07à quelques dizaines
15:08de millions
15:08de comptes dans la nature.
15:10Alors, pas d'informations
15:10sensibles,
15:11mais néanmoins
15:12des informations
15:12d'identification.
15:14Ce que j'espère au moins,
15:15c'est que les Français
15:16soient un peu plus sécurisés
15:17quand ils téléphoneront.
15:18D'ailleurs,
15:20le groupe IDIAD
15:20à travers FreeMobile
15:21et FreePro
15:23ont pris,
15:23je crois,
15:24une quarantaine
15:24de millions
15:25d'amendes
15:26pour justement
15:26cette fuite de données
15:27en octobre 2024.
15:29On y reviendra.
15:32Comment,
15:32tiens,
15:33un regard,
15:34tu vis en Angleterre.
15:35En Angleterre,
15:36c'est trois opérateurs aussi.
15:37Oui.
15:38Il y a des MVNO aussi
15:39puisque chez nous.
15:42Three
15:42et O2.
15:43Oui.
15:43Alors moi,
15:46quand je vis en France,
15:47j'ai un forfait free
15:49en France
15:49parce que
15:49il me fait rêver.
15:52Le marché français
15:53des télécoms.
15:54C'est combien
15:54en moyenne ?
15:56Allez,
15:56un abonnement standard
15:58en Angleterre ?
15:58En dessous de 35,
16:00vous ne trouvez rien du tout.
16:02Bon,
16:02après,
16:02ça va être data illimitée,
16:04pas illimitée en Angleterre
16:05et puis en roaming,
16:06c'est des charges monstrueuses.
16:08Ça,
16:08c'est la France
16:09des années 2005,
16:10les prix en Angleterre.
16:11Bon,
16:12moi,
16:12je trouve qu'ici,
16:13on est gâtés.
16:14J'ai une virtual sim free
16:15et comme ça,
16:16quand je suis en France,
16:17je passe dessus.
16:18J'ai un truc illimité
16:19au début,
16:19incroyable.
16:21Donc,
16:21je pense que les Français
16:21sont gâtés pour le coup.
16:23J'espère que
16:24je n'y connais pas grand-chose
16:25en opérateur
16:27mais j'espère que
16:28ça ne va effectivement
16:29pas leur coûter
16:30et que j'aimerais bien
16:31avoir un acteur comme Free
16:32en Angleterre.
16:33Alors,
16:33dans l'offre,
16:34il faut savoir que
16:35ils vont compartimenter
16:36parce qu'il y a la
16:37SFR,
16:37bien entendu,
16:38partie entreprise
16:39qui va être,
16:40enfin,
16:40tout ça va être découpé
16:41en tranches
16:42et puis repris
16:43par les uns et les autres.
16:44Enfin,
16:44si ça se fait,
16:45encore une fois,
16:45il faut que Patrick Dreyer
16:46accepte,
16:47il faut que,
16:48voilà,
16:49il y ait du droit social
16:51aussi derrière
16:51parce que derrière tout ça,
16:54il y a quand même
16:54des hommes,
16:55des femmes.
16:56Donc,
16:56il y aura le choix longtemps.
16:58Marion ?
17:00Je ne vais pas refaire
17:02l'histoire des télécoms
17:03en France
17:03mais c'est vrai
17:04qu'on a été longtemps
17:05la grande patrie
17:05des télécoms
17:06et des télématiques
17:06et que c'était quand même
17:08déjà assez,
17:10un fait assez rare
17:11d'avoir autant d'opérateurs.
17:14Donc,
17:14la concentration de marché,
17:16elle est un peu évidente.
17:18Oui,
17:18de toute façon,
17:19globalement,
17:19qu'est-ce qui va les intéresser ?
17:21Ça va être le parc d'abonnés,
17:22ça va être...
17:2320 milliards quand même,
17:24je trouve que le coût,
17:26pour moi,
17:26me paraît énorme.
17:2820 milliards,
17:29oui,
17:29mais il y a quelques assets
17:30quand même derrière.
17:31Il y a une année
17:31de chiffre d'affaires
17:32d'AirPods
17:32chez Apple.
17:33C'est ça.
17:35Et SFR Entreprises,
17:36je crois que c'était quand même
17:36une filiale
17:37qui m'a pas mal...
17:39Non,
17:39non,
17:39mais c'est sûr que...
17:39Attends,
17:40ces chiffres-là,
17:40ça appuie sur des...
17:41Ça l'est fait,
17:42mais je trouve que...
17:43Je serais curieux
17:43de voir le coefficient...
17:45Il y a beaucoup de dettes,
17:46il y a énormément de dettes,
17:47non ?
17:47Ah oui,
17:47pour SFR,
17:50oui,
17:50je ne sais plus
17:50comment se monte la dette,
17:51mais c'était en l'ordre
17:52de 36...
17:54Patrick Drahi a fait
17:57du montage financier
17:58une priorité
18:00au détriment
18:01de l'industriel.
18:03Ce qu'il faut voir,
18:04c'est derrière,
18:04si ce n'est pas le consommateur,
18:06l'entreprise qui va tirer,
18:09on va voir en tout cas...
18:11Oui,
18:11en Europe,
18:12on a 27 pays,
18:14on a 27 multipliés
18:15par 2,
18:16par 3 aux opérateurs,
18:17les Chinois,
18:18c'est 3 opérateurs,
18:18les Américains,
18:19c'est 3 opérateurs,
18:20avec des prix
18:21beaucoup plus élevés,
18:22tu l'as dit,
18:23même en Grande-Bretagne,
18:25et c'est vrai que nous,
18:26aujourd'hui,
18:26derrière,
18:26il faut investir,
18:29et justement,
18:29on va arriver au sujet.
18:30C'est moins cher en France
18:30qu'aux US,
18:31enfin aux US par exemple,
18:32c'est incroyable.
18:33Et ça ne marche pas très bien.
18:34Oui,
18:35ça ne marche pas très bien,
18:35on est quand même plus avancés.
18:37Et justement,
18:38on va venir à un sujet
18:40qui a vraiment un lien
18:41avec ces opérateurs,
18:43c'est les GAFAM
18:43qui ne paieront pas
18:44pour la fibre européenne,
18:45un pas en avant,
18:46un pas en arrière,
18:46le Parlement européen,
18:47hier,
18:48a mis en pause
18:49l'accord commercial
18:50durement négocié
18:51l'été dernier
18:53de s'imposer face
18:54à l'agressivité
18:54de Donald Trump.
18:55Mais le même jour,
18:56la Commission,
18:57elle,
18:57a confirmé
18:58une concession majeure
19:00faite à Trump
19:01lors des négociations commerciales.
19:02Les GAFAM
19:03ne paieront pas
19:04pour financer
19:05les réseaux télécoms européens.
19:07On écoute
19:08ce que nous en dit Astrid Olivier,
19:09on revient juste après.
19:11Google,
19:11Meta,
19:12Netflix
19:12ou Disney+,
19:13ils n'auront pas
19:14à financer
19:14la fibre européenne.
19:15C'était pourtant
19:16une demande de longue date
19:17des opérateurs télécoms.
19:19Faire payer l'utilisation
19:20de leurs réseaux
19:21aux plateformes américaines
19:22à l'image des camions
19:23qui paient le péage
19:24pour utiliser les autoroutes.
19:26D'abord retenu par Bruxelles
19:28qui cherche 200 milliards d'euros
19:29pour rénover
19:30et étendre ses réseaux.
19:32Le péage du numérique
19:32a finalement été abandonné
19:34dans la dernière mouture
19:35du règlement.
19:36Une concession
19:37de la Commission européenne
19:38lors des négociations
19:39de l'accord commercial
19:40avec les Etats-Unis.
19:42Plutôt une occasion manquée
19:43selon l'eurodéputé
19:44place publique
19:45Aurore Laluc.
19:46À un moment,
19:47il faudra de toute façon
19:48cibler les points forts
19:50des Etats-Unis.
19:52Les GAFAM,
19:52les Big Tech
19:53font 25%
19:54de leur chiffre d'affaires
19:55chez nous.
19:56Il faut à un moment
19:57menacer de les taxer
19:59parce que
19:59ce n'est pas possible
20:00qu'on laisse
20:01les Etats-Unis
20:02nous traiter de la sorte.
20:04Si la situation
20:05s'envenime
20:05avec Donald Trump,
20:06les GAFAM
20:07pourraient être utilisés
20:08par les 27
20:09comme arme de négociation.
20:11Ce qui reviendrait
20:12à devoir réécrire
20:13le règlement du numérique
20:14qui vient d'être présenté
20:15par la Commission
20:16et qui retarderait
20:17de fait
20:18la mise en place
20:19prévue dans deux ans
20:20du marché unique
20:21des télécoms
20:22censé moderniser
20:23et assurer
20:24la compétitivité européenne.
20:26Pour résumer,
20:27les GAFAM
20:27génèrent 50 à 60%
20:30des trafics Internet.
20:32On ne les voit pas
20:32du tout
20:32dans le financement
20:33des réseaux
20:34sauf les grands réseaux
20:36les fibres optiques
20:37et tout ça
20:37intercontinentales
20:38sous-marines
20:40notamment.
20:40La fibre est financée
20:41sur les continents
20:43quasi exclusivement
20:44par les opérateurs.
20:45On en a parlé
20:46de trois tout à l'heure
20:47et les plateformes
20:48elles,
20:48elles monétisent des usages
20:49et puis il n'y a pas
20:50de rétrocession.
20:51C'est normal,
20:52ce n'est pas normal,
20:53c'est compliqué.
20:53La Commission européenne,
20:54il y a un Donald Trump
20:56qui vient un peu
20:57mettre la pagaille
20:58dans l'équation.
21:00Lucas ?
21:00C'est un peu plus compliqué
21:01que ça parce que
21:02les opérateurs
21:03vendraient moins de boxe
21:04et de forfaits
21:05s'il n'y avait pas
21:05les GAFAM.
21:06Oui, ils n'auraient pas
21:07de contenu.
21:07Oui, ils n'auraient pas
21:08de contenu.
21:08Donc, c'est beaucoup
21:10moins manichéen que ça.
21:11Bon, moi, j'ai bien connu
21:12de l'intérieur en plus.
21:13Eux, ils disent,
21:14on investit donc
21:15à la fois dans les contenus,
21:16à la fois dans les data centers,
21:17à la fois dans tout ce qui est
21:18le CDN,
21:19les contenus de réseau,
21:22dans la fibre optique
21:23de ce marine.
21:24Donc, voilà,
21:26d'abord,
21:28très clairement,
21:29ils peuvent,
21:30ils ont des clients
21:30parce qu'il y a des GAFAM,
21:32pas à 100%,
21:33mais on va dire
21:34que la moitié de leurs clients
21:34sont là parce qu'il y a
21:35des GAFAM
21:35pour consommer la bande passante.
21:37Parce qu'il faut rappeler,
21:38un Français,
21:39un Européen moyen,
21:40ça passe
21:406 heures en ligne par jour
21:43et à peu près la moitié
21:44sur les réseaux sociaux.
21:45Donc, sans réseaux sociaux,
21:46il n'y a pas de consommation.
21:47Ceci dit,
21:48c'est assez contre-productif
21:49pour les GAFAM
21:50parce que les GAFAM,
21:50elles ont besoin
21:51d'une bonne infrastructure
21:51pour améliorer leur service
21:53et proposer
21:54de la réalité virtuelle,
21:55de la réalité augmentée.
21:56On veut la santé
21:57et on ne veut plus
21:57l'écran qui...
21:59Si on veut faire
21:59de la réalité augmentée
22:00avec du Edge Computing
22:02sur des lunettes connectées,
22:03il faudra que le réseau
22:04soit meilleur.
22:05Si les gouvernements
22:06ne laissent pas
22:06les GAFAM construire
22:07leur propre réseau privé
22:08sur les marchés,
22:09ce qui ne va pas être le cas,
22:10de toute façon,
22:11elles ont intérêt
22:11à ce que le réseau
22:12soit meilleur.
22:12Donc, je ne serais pas surpris
22:15que ça se refasse
22:16de gré à gré
22:17parce que Google a besoin
22:19qu'il y ait
22:19une meilleure fibre en Europe
22:20pour pouvoir vendre
22:21plus de services.
22:22Ils pourraient les négocier
22:22en direct.
22:24C'est dans leur intérêt,
22:24c'est contre-productif pour eux
22:26d'avoir une moins bonne infrastructure.
22:28Marion ?
22:28C'est exactement
22:28ce genre de sujet
22:29qui me fait lancer
22:30sur une newsletter
22:31dédiée à sa technologie géopolitique
22:33parce que,
22:34en fait, là,
22:36dans le contexte actuel
22:37pour rebondir
22:37sur cette actualité,
22:40là, je vais y arriver
22:40en particulier,
22:42c'est qu'il y a un jeu
22:43de coercition
22:43entre Trump
22:44et Van der Leyen
22:45qui ont,
22:47évidemment,
22:48comme ça a été dit
22:48dans le sujet,
22:49quelques petites frictions
22:51sur les droits de douane
22:52et ça va être un petit peu
22:53non pas pétrole
22:55contre dollars
22:55mais DSA
22:56contre dollars.
22:57tu m'embêtes,
22:59je t'embête.
23:00Donc,
23:00on voit bien que,
23:00d'ailleurs,
23:01c'est maintenant assez connu
23:03que toute la régulation européenne
23:05va être au centre du jeu
23:06de Trump
23:07qui va mettre la pression
23:08sur les Européens
23:09pour ne pas,
23:10surtout pas barrer la route
23:11aux GAFAM.
23:13Ceci dit,
23:14ce sujet-là,
23:16si on le remet un peu
23:16dans l'histoire,
23:17il est très ancien,
23:18en fait,
23:18depuis qu'Internet existe
23:20et d'ailleurs,
23:21on oublie
23:21au passage
23:23des data centers
23:24comme Equinix
23:25qui aujourd'hui
23:26sont garants
23:27du trafic Internet
23:28en Europe
23:28avec un des premiers
23:29noeuds Internet
23:30au monde
23:30qui se trouve
23:31en Allemagne.
23:32Donc,
23:33tout ça,
23:33c'est un écosystème.
23:34Mais qui héberge lui-même
23:35tous ces GAFAM.
23:36Mais c'est toute une chaîne
23:37de valeurs,
23:38on le sait,
23:39enfin,
23:39tous ceux qui sont là
23:40depuis un moment
23:40dans le secteur tech
23:42le savent très bien,
23:43mais c'est aujourd'hui
23:44ce qui est très différent,
23:46c'est qu'on touche
23:47aux bijoux de famille,
23:48c'est-à-dire
23:48les GAFAM
23:49et leur profit,
23:51en fait,
23:51leur méga-profit,
23:52effectivement,
23:5225% de chiffre d'affaires,
23:54des trafics monstrueux.
23:57Et au cœur de ça,
23:58des acteurs
23:59qui sont un peu démunis
24:00par rapport au fait
24:01de ne pas finalement
24:02avoir ce péage.
24:03On parlait d'ailleurs
24:04de péage avec les verchers.
24:05Et en plus,
24:06de devoir investir
24:06pour répondre à la...
24:08Et de devoir investir.
24:09Attention,
24:10parce que,
24:11juste pour terminer là-dessus,
24:12attention aux GAFAM
24:13et surtout aux opérateurs,
24:15c'est qu'il va y avoir
24:17d'autres acteurs demain.
24:18Ça ne vous a pas échappé
24:19qu'Amazon,
24:21Jeff Bezos,
24:22va lancer,
24:23comme Starlink,
24:24son réseau Internet
24:25extraterrestre
24:26avec des data centers.
24:27Donc,
24:28le jeu
24:28qu'on discute aujourd'hui
24:29ne sera peut-être plus le même.
24:30Le satellite,
24:31c'est le factor X.
24:33Philippe ?
24:34Moi,
24:35je pense qu'il va falloir
24:36que je vienne
24:37dans ta news editor,
24:38Marion,
24:38parce qu'on a
24:38deux-trois trucs
24:39à se raconter.
24:40En t'écoutant,
24:41je me disais,
24:41c'est intéressant...
24:42Hors normes médias,
24:43je le rappelle.
24:44Merci.
24:44C'est intéressant.
24:46Donald,
24:47finalement,
24:47sur ces sujets-là,
24:48pour se faire son opinion
24:49ou pour se faire
24:50le porte-voix
24:51ou peu importe,
24:52il écoute dix personnes.
24:55Il y a dix personnes,
24:56il y a dix conversations
24:57qui vont lui permettre
24:58de décider
24:59de l'orientation géopolitique
25:02des USA dans la tech.
25:04Je ne sais pas
25:04combien de personnes
25:05Ursula doit écouter,
25:06je ne sais pas
25:06si elle comprend
25:06ce qu'il leur raconte,
25:08mais je pense déjà
25:09qu'on a un déficit de culture
25:11qui est lié
25:12à cette fragmentation.
25:13Ça,
25:13c'est la première chose.
25:14La deuxième chose,
25:15Marion l'a très bien rappelé,
25:16tout repose depuis le début
25:19sur un gigantesque malentendu
25:20qu'on n'a jamais vraiment expliqué
25:22et jamais vraiment assumé.
25:24C'est que l'architecture d'Internet,
25:25elle est construite
25:27sur le peering,
25:28c'est-à-dire sur l'échange
25:29de trafic
25:29sans rémunération.
25:31Et les opérateurs
25:32ont à l'époque
25:34et sont encore aujourd'hui
25:35des réseaux d'accès
25:36à cette infrastructure.
25:37Ils ont deux points de faiblesse.
25:40La première,
25:40c'est que ce à quoi
25:42ils donnent accès,
25:42ils ont un mal de chien
25:43à le valoriser.
25:44C'est ce que tu disais
25:45tout à l'heure, Lucas,
25:46quand tu parlais du rêve
25:47de venir en France
25:47pour avoir du débit.
25:49Mais est-ce que tu serais prêt
25:50à payer ton débit
25:51à un prix plus élevé ?
25:53La réponse est non.
25:55Tu attends que ça...
25:56Le même débit,
25:56mais le moins cher en France.
25:57C'est ça.
25:58Non, mais voilà.
25:58Mais pourquoi ?
25:59Parce que regardez aujourd'hui
26:01les offres des opérateurs
26:02et notamment des opérateurs mobiles.
26:04La Voix, c'est fini,
26:05on n'en parle plus.
26:06On vous parle juste de gigas.
26:08Quelqu'un est capable
26:09de mettre une valeur
26:10sur un giga ?
26:11Non.
26:12Et donc,
26:12on se retrouve avec
26:13des opérateurs d'accès
26:14qui se battent sur des prix
26:17pour essayer de vendre
26:17quelque chose
26:18qui est complètement intangible
26:19et dont les GAFA
26:21ne veulent surtout pas.
26:22Parce qu'on pourrait se dire,
26:22après tout,
26:23dans cette histoire,
26:24pourquoi les GAFA
26:24ne viennent pas des telcos ?
26:26Surtout pas.
26:27Surtout pas.
26:27Parce qu'un telco,
26:28c'est hyper régulé.
26:29C'est hyper régulé
26:31sur le plan géographique,
26:32sur le plan des fréquences.
26:34L'accès à tous.
26:35Et c'est exactement
26:35ce que disait Lucas tout à l'heure.
26:38Alors, Starlink
26:38est un tout petit peu régulé
26:39parce qu'il y a quand même
26:40des bandes de fréquences
26:41qu'il faut utiliser
26:42pour passer de l'espace au sol
26:44et puis il y a des stations au sol.
26:45Mais la régulation,
26:46elle est minimale.
26:49Et donc,
26:50les telcos sont en risque
26:51et les régulateurs...
26:52Et d'ailleurs,
26:53le régulateur
26:53de l'Union internationale
26:55des communications,
26:56la gouvernance est américaine.
26:57Donc, elle est en faveur
26:58des Américains.
26:58La question,
26:59c'est est-ce qu'on peut
26:59passer par-dessus
27:00de l'infrastructure
27:00avec du satellite ?
27:02Mais ce qu'on a...
27:03Et l'expérience utilisateur
27:05de Starlink
27:06montre que oui.
27:08Montre qu'on est capable
27:09de rendre
27:09toute une série de services.
27:11Pourquoi ?
27:11Parce que tous les services
27:12qui étaient au départ
27:13les accès permis
27:14par les telcos
27:15sont devenus des apps.
27:17Aujourd'hui,
27:17il n'y a plus
27:18une manière de téléphoner,
27:19il y a 5 ou 10 apps
27:20qui permettent
27:21de faire comme si
27:21on téléphonait.
27:22Mais c'est le cadre,
27:23la question,
27:23c'est le cadre réglementaire.
27:25C'est si les telcos
27:26sont réglementés
27:27et pas les accès satellites,
27:29il y a un problème
27:31de faire competition
27:32et là,
27:32ça va être très compliqué.
27:34Mais bon.
27:35Bon, en tout cas,
27:36très rapidement,
27:38tu l'as rapidement évoqué,
27:39tu as fait une petite étude
27:40sur le périmètre du CAC 40,
27:42sur la fuite de données.
27:42Je voulais juste
27:43qu'on en dise un mot.
27:44Oui,
27:44il nous aura...
27:45Allez.
27:45Oui,
27:45mais il se trouve
27:46que dans les activités
27:48de Phileos,
27:49il y a un volet cyber
27:51sur lequel j'ai beaucoup
27:53travaillé cette année
27:55et à l'occasion
27:56d'une mission que j'ai faite
27:57et dans la foulée
27:58de cette mission,
28:00on s'est aperçu
28:01d'un sujet
28:01qui n'est pas forcément
28:02très très bien
28:03et toujours très bien expliqué.
28:04Quand on parle
28:04de fuite de données,
28:06et Dieu sait
28:06si les fuites de données
28:07aujourd'hui,
28:08elles sont massives,
28:10elles sont de plus en plus fréquentes,
28:11elles touchent notamment
28:12des acteurs,
28:13y compris des acteurs publics,
28:14je pense à l'URSSAF.
28:15Le France Travail.
28:17Ce sont des fuites
28:18essentiellement
28:18de données d'identité
28:20ou de coordonnées
28:21qui déjà sont très graves
28:23parce qu'en tant que telles,
28:24elles permettent par recoupement
28:25d'en savoir beaucoup
28:26sur quelqu'un
28:27et de pouvoir éventuellement
28:28faire levier aux pressions sur lui.
28:30Mais il y a autre chose
28:31dont on parle
28:32beaucoup moins souvent
28:32qui sont les fuites
28:34de ce qu'on appelle
28:35les credentials,
28:36c'est-à-dire
28:36des couples identifiants
28:38mot de passe.
28:39Il y en a une partie
28:40qui remonte
28:40sur des sites publics
28:42comme par exemple
28:43Have I Been Pound ?
28:45Mais il y en a toute une partie
28:46qui ne remonte jamais
28:46et qui circule
28:48et qui circule
28:50et moi j'ai pu
28:51avec une des équipes
28:53avec laquelle je travaille
28:54regarder.
28:54Très rapidement
28:54juste pour qu'on arrive
28:55à...
28:56Eh bien c'est pas compliqué
28:57sur le mois de décembre
28:58sur le mois de décembre
29:00il y a eu 3 millions
29:013,3 millions
29:03de données
29:04de credentials
29:05concernant
29:07l'ensemble des sociétés
29:08du CAC 40
29:08et tous les domaines
29:10sur lesquels
29:11dont elles ont contrôle.
29:12Sur le dernier trimestre 2025
29:13on est à 10 millions
29:14et ce qui est intéressant
29:16je ne vais pas donner
29:17de nom là
29:17mais quand on creuse
29:18on s'aperçoit
29:19qu'il n'y a pas nécessairement
29:20de corrélation
29:21entre le type d'entreprise
29:22son chiffre d'affaires
29:23et son exposition
29:25à des fuites de données.
29:27Même si 90%
29:29de ces identifiants
29:30mots de passe
29:31ne sont probablement
29:32plus actifs
29:33ou bien que les mots de passe
29:34ont été changés
29:34s'il en reste 10%
29:36c'est 10% de portes d'entrée
29:39qui peuvent concerner
29:39absolument toutes les entreprises.
29:40Comme on dit avec l'IA
29:41tu peux un peu mélanger tout ça
29:42et faire...
29:42Shadow et R.
29:43Si vous voulez savoir
29:44si vous êtes dedans
29:45faites-moi signe
29:47parce que je pense
29:47qu'il y a vraiment
29:48un énorme sujet
29:49dont on n'a pas
29:50la mesure aujourd'hui correctement.
29:52Eh bien on te fera
29:52revenir ici
29:53voire même dans Tech&Co Business
29:54pour voir comment on cible
29:55beaucoup les entreprises.
29:56Avec plaisir.
29:57Merci Philippe De Vos
29:58fondateur de Phileos
29:59Lucas Perrodin
30:00expert en IA
30:02qui revient en février
30:03avec beaucoup de changements
30:04beaucoup d'histoires
30:05à nous raconter
30:06et Marion Moreau
30:07journaliste et fondatrice
30:07d'OrNorme Média
30:08tu as déjà un nouveau pigiste
30:10là en face de toi
30:11on va se parler
30:11merci à tous les trois
30:13de nous avoir apporté
30:14votre éclairage
30:15sur cette actu
30:15merci à tous les deux
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