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  • il y a 3 heures
Brigitte Visan, 70 ans, à la tête d'une célèbre marque d'enceintes acoustiques destinées aux mélomanes, retrouvée chez elle, le crâne fracassé à coups de marteau. Pas beaucoup de mystère: c'est son fils aîné qui a frappé. En filigrane de cet accès de rage, des soupçons de sorcellerie, de magie noire, d'envoûtement.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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00:0014h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:07A trois après la mort de Brigitte Vizan, tuée à coup de marteau, son fils aîné vient d'être mis en examen.
00:12Il nie avoir tué sa mère. Les enquêteurs estiment qu'il aurait pu agir sous l'influence d'un marabout.
00:19Bonjour, Brigitte Vizan, 70 ans, à la tête d'une célèbre marque d'enceintes acoustiques destinées aux mélomanes.
00:28Retrouvée chez elle, le crâne fracassé avec un marteau, c'est son fils aîné qui a donné les coups.
00:33Pas de mystère donc, même si derrière cet accès de rage émergent des soupçons de sorcellerie, de magie noire, d'envoûtement.
00:42Et si le fils aîné avait été possédé ?
00:46Brigitte Vizan, mortel marabout, l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:58Jeudi 28 janvier 2016, 19h05, le commissariat de Troyes est appelé pour la découverte d'un corps sans vie au numéro 9 de la rue Capitaine Gauvin,
01:10une belle demeure bourgeoise à l'écart du centre-ville.
01:13Les policiers et les secours sont accueillis par l'un des fils de la maison, Olivier Vizan, 42 ans.
01:20Il est pâle, très choqué. La victime est sa mère, Brigitte, 70 ans.
01:25Elle gît dans l'entrée sur le carrelage, couverte de sang jusque sur les mains.
01:30Elle a reçu de nombreux coups à la tête, le crâne a en partie explosé.
01:35Brigitte Vizan n'a rien pu faire contre son agresseur qui s'est déchaîné sur elle.
01:40Elle a tenté de se défendre, ses bras et avant-bras en témoignent, mais sans aucune chance de s'en sortir.
01:46Dans sa voiture, garée devant la maison, les policiers découvrent un sac de course, du linge maculé de sang,
01:54une chemise d'homme, une cravate et un marteau, l'outil ensanglanté à tout de l'arme du crime.
02:01Olivier Vizan est tout de suite entendu. Il habite en face de chez sa mère, vers 18h45.
02:07Il a été intrigué en apercevant son frère aîné, David, 45 ans, tirer les volets de la maison.
02:14Elle a va vite. Il s'est inquiété car quelques jours plus tôt, David avait enfermé Brigitte Vizan chez elle.
02:21Il avait tenté de la frapper avec un chandelier.
02:24Le témoin dit avoir entendu le portail de la maison claquer.
02:28Il a aussitôt appelé sa mère au téléphone, pas de réponse.
02:31Il a filé chez elle et l'a trouvé inanimé.
02:36Jeudi 28 janvier, seulement un quart d'heure.
02:38Après la découverte du corps de Brigitte Vizan,
02:40le fils aîné, David, est interpellé, non loin de la maison.
02:44Il apparaît très calme.
02:45Il confirme qu'il est bien passé chez sa mère, mais il nie l'avoir tué.
02:49Leur discussion, agitée, a porté sur les dettes qu'il avait accumulées.
02:54Sur sa place, chez Davis Acoustics, l'entreprise familiale, une PME,
02:59créée par son père qui fabrique des haut-parleurs et des enceintes haut de gamme,
03:04matériel très prisé par les mélomanes.
03:06Lors du rendez-vous, sa mère lui a annoncé qu'il était licencié.
03:10Tout, alors, aurait dégénéré.
03:13David affirme que sa mère a empoigné un marteau et a commencé à le frapper.
03:18Il l'a repoussé.
03:19La tête de Brigitte Vizan aurait violemment heurté la tablette du radiateur.
03:23Il a paniqué.
03:24Il s'est mis à essuyer le sang qui s'est coulé.
03:27Il a débranché le téléphone pour, dit-il, ne pas être dérangé.
03:30Il a fermé les volets.
03:32Il a aperçu son frère dans la maison d'enfance.
03:34Il a préféré quitter les lieux de peur qu'Olivier s'en prenne à lui.
03:40David Vizan s'exprime de façon claire, lucide.
03:43Il répète qu'il n'a fait aucun mal à sa mère quand il a quitté les lieux, affirme-t-il.
03:48Elle était vivante.
03:49Elle n'avait qu'un petit trou dans la tête.
03:52David Vizan est grevé de dette.
03:54S'oucura-t-elle renforcée depuis un an après 48 heures de garde à vue ?
03:57Il est mis en examen pour meurtre sur ascendant, un matricide.
04:02Il est incarcéré à la prison de Troyes.
04:04Le juge d'instruction de Troyes, Joël Hennebois, poursuit ses investigations.
04:12Quelques jours après le meurtre de Brigitte Vizan, des carnets sont découverts chez David.
04:17Dans ses pages manuscrites, il se présente comme le prince David Vizan.
04:22Il rêve de grandeur.
04:23Admiratif de personnalité de la télé et de la politique.
04:27Il adore la journaliste Marie Drucker.
04:30Il souhaite pour sa part devenir un roi avec son grand ami dont il cite le nom Faudet Youssouf Barraud.
04:38Ce dernier est fils d'un marabout.
04:40Deux mois avant le drame, Brigitte et Olivier Vizan ont dénoncé à la police l'influence néfaste de cet individu sur David.
04:48David qui venait alors de frapper sa mère en disant qu'il allait lui enlever le mal.
04:55Et les enquêteurs vont évidemment s'intéresser à ce personnage de l'ombre qui apparaît dans le décor du crime.
05:02Le fameux Faudet Youssouf Barraud, qu'on appelle tout simplement Youssouf.
05:06Et bien effectivement, il va surgir dans cette enquête.
05:10Et peu à peu, sa place va prendre de plus en plus d'importance.
05:13Et notamment, il est entouré d'une famille de marabouts.
05:16Alors autant vous dire que, effectivement, ça pose beaucoup de questions.
05:19Est-ce que David était manipulé, téléguidé ?
05:22Pourquoi pas ? On va voir ça plus précisément dans la suite de l'heure du crime.
05:27Alors, il faut revenir pour l'instant sur la scène de crime.
05:31On le fait toujours évidemment dans l'heure du crime.
05:33Et c'est important parce que là, c'est là où tout se passe.
05:36Bonjour Maître David Parizon.
05:38Bonjour.
05:39Merci beaucoup d'être avec nous en direct aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:43Vous nous faites l'honneur de venir de Troyes pour venir à RTL.
05:46Et on vous en remercie.
05:48Dans cette affaire, vous êtes l'avocat de David Vizan, le fils de Brigitte.
05:53Je l'ai écrit d'ailleurs, il n'y a pas tellement de mystère.
05:56David Vizan, il n'a marché que quelques mètres après avoir frappé sa mère.
06:01Et on va le retrouver tout de suite.
06:03Exactement.
06:04On a retrouvé David Vizan 15 minutes après.
06:07Il l'a interpellé 15 minutes après avoir quitté le domicile de sa mère.
06:10Ce qui est étonnant, c'est que tout de suite, il dit, ce n'est pas moi.
06:13Exactement.
06:14Il dit, ce n'est pas moi.
06:16Il dit dans les premières déclarations de la garde à vue, il déclare, ce n'est pas moi.
06:21Elle était vivante quand je suis parti, quand j'ai quitté le domicile familial.
06:24Il n'y a pas beaucoup non plus de mystère sur les coups qui ont été portés.
06:27On retrouve le marteau, l'arme du crime.
06:30Évidemment, il y a les empreintes de David.
06:31Mais là, c'est chez lui aussi, c'est sa maison.
06:33Donc, il peut y avoir des empreintes.
06:35Le fait est, c'est que cette femme, elle a été vraiment massacrée.
06:40Exactement.
06:41Le médecin légiste parle dans le rapport d'expertise médico-légale, on parle d'objet concordant.
06:46Un objet concordant, c'est quoi ? C'est un marteau.
06:48Et donc, elle a été frappée vraiment à coups très puissants.
06:51Le médecin légiste conclut dans son expertise que la boîte crânienne a été explosée par plusieurs coups.
06:58C'est-à-dire, sur la face crânienne, elle a des coups de marteau.
07:00Un mot, maître David Parison, et c'est important aussi, on est dans une famille bourgeoise.
07:06On est à Troyes, dans une très belle maison.
07:08D'ailleurs, moi, j'ai vu les photos, c'est une maison qui est magnifique, dans un quartier tranquille.
07:13La famille Visan, qui sont-ils ? Ils sont bien implantés à Troyes, ils sont même très connus.
07:18Exactement.
07:19La famille Visan, c'est une famille bourgeoise troyenne, depuis des années.
07:22Mais on a les parents Visan, qui ont créé une société, comme on l'a dit tout à l'heure,
07:28où ils ont des sonos, des appareils de tout ce qui est au temps de la sono, des amphis.
07:32En fait, c'est une famille qui est très connue à Troyes, via la société Davis Acoustique,
07:38qui a fait l'objet du contentieux qu'on évoquera tout à l'heure.
07:41C'est ça.
07:41Et David, il n'est pas connu pour violences particulières, mais il est sous tutelle quand même.
07:49Il ne va pas très bien, ce garçon.
07:51Il est exactement sur curatel renforcé.
07:53C'est-à-dire qu'il est sur mesure de protection judiciaire,
07:57qui a été demandé, sollicité par qui ?
08:00Sa mère et son frère Olivier.
08:01Parce que ça fait quelques années qu'il travaille dans la société,
08:05il voit que son comportement a évolué au fil du temps,
08:08qui a, comment dirais-je, qui était déviant.
08:10Ils ont eu des soupçons.
08:11Des soupçons de ce que vous avez évoqué tout à l'heure,
08:13des soupçons d'être sous l'emprise de la famille Barrault,
08:16et sous l'emprise de Marabou.
08:18Sous l'emprise de la sorcellerie.
08:19Exactement.
08:20Et du Marabou.
08:21Alors ça, évidemment, on va développer ce point,
08:23parce qu'il est très important dans cette affaire.
08:25Bonjour Joël Enbois.
08:27Bonjour.
08:27Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime.
08:31Alors vous êtes le juge d'instruction qui a instruit justement tout ce dossier.
08:36C'est une procédure que vous connaissez bien,
08:38et qui pour vous d'ailleurs est exemplaire.
08:39Vous nous en direz un mot dans un instant.
08:41Joël Enbois, on en parlait avec maître David Parison à l'instant.
08:46Ce garçon, David, n'a laissé aucune chance à sa mère, Brigitte Vizan.
08:52Alors ce qui est certain, c'est que notamment vu ce que le médecin légiste a constaté à l'autopsie,
08:58c'est-à-dire des coups nombreux sur le haut du crâne,
09:02elle ne pouvait pas survivre.
09:05La mort de Brigitte Vizan,
09:08et d'ailleurs le fils cadet va le dire,
09:11on a un peu le sentiment que ce drame était annoncé.
09:13Il y avait déjà eu des incidents auparavant.
09:17Alors ce qui est certain, c'est qu'il y avait des signes de dangerosité
09:20dans la personnalité de David Vizan.
09:22Il avait une forme de bizarrerie, il avait l'important problème d'argent.
09:25Et Brigitte Vizan elle-même avait dénoncé le comportement de son fils,
09:29notamment auprès des services de police.
09:30Et il avait été interpellé dans la rue, porteur d'un marteau,
09:34quelques jours avant le drame.
09:36Mais personne ne pouvait imaginer qu'il allait s'en prendre physiquement à sa propre mère,
09:40surtout dans les conditions dans lesquelles le meurtre a été commis.
09:42Oui, c'est un meurtre épouvantable.
09:44Plusieurs coups de marteau, vous nous l'avez dit, monsieur le juge,
09:48effectivement, on n'a laissé aucune chance à la victime.
09:50Mais encore une question, et elle est importante cette question,
09:52on trouve des carnets chez David Vizan,
09:56des écrits, etc., qui sont un petit peu fantasques d'ailleurs,
09:59où il raconte sa vie, il se présente comme un prince, etc.
10:03Mais là, grâce à ses écrits, vous commencez à mieux cerner
10:05la personnalité de David Vizan, Joël Hennebois ?
10:09David Vizan, quand on le rencontre, on a l'impression d'un chef d'entreprise
10:13qui a une certaine bizarrerie,
10:15mais on n'imaginerait pas jusqu'où peut aller cette bizarrerie.
10:18Il y a les carnets dont vous parlez, en effet, on va retrouver des écrits de sa part
10:21dans lesquels il a créé une sorte d'ordre mondial.
10:25Il prend des personnalités du show business, de l'économie,
10:28qu'il met à des postes dans le monde qu'il fantaspe
10:31et qu'il croit pouvoir inventer.
10:34Des SMS d'encouragement à tuer.
10:39Brigitte Vizan, mortel marabout, David, va taper avec le marteau.
10:43Il faut du courage cette fois, ne sois pas têtu
10:45et surtout ne sois pas peureux.
10:47L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
10:50Au programme de l'heure du crime,
11:04la mort violente de Brigitte Vizan, janvier 2016.
11:07Cette patronne de PME, 70 ans, a été tuée à coup de marteau.
11:11Son fils cadet, David, est accusé du meurtre.
11:14Il nie, il a peut-être agi sous l'influence de marabout.
11:18Mercredi 20 avril 2016,
11:21trois mois après le meurtre de Brigitte Vizan,
11:24le psychiatre chargé d'expertiser le suspect ne note aucune anomalie.
11:29David Vizan est sain d'esprit, il ne présente pas de danger.
11:32Devant le psy, le meurtrier présumé maintient qu'il n'a pas tué sa mère.
11:37Ils disent que j'aurais donné des coups de marteau,
11:39mais je suis incapable de faire ça, confie-t-il.
11:41A une psychologue, il explique que c'est son frère Olivier
11:46qui a semé la zizanie dans la maison.
11:49Avec lui, les relations n'étaient pas au beau fixe.
11:52A propos de ses dettes, David Vizan accuse cette fois son ex-femme.
11:55Il maintient que c'est bien sa mère qui l'a agressée
11:58avant de se fracasser la tête contre le radiateur.
12:00L'autopsie contredit totalement ce scénario.
12:03Brigitte Vizan est morte à la suite de multiples coups
12:07probablement administrés avec un marteau, écrit le médecin légiste.
12:11Les investigations montrent qu'entre mars 2014 et août 2015,
12:16David Vizan, endetté à hauteur de 200 000 euros,
12:21a versé plus de 67 000 euros à son mystérieux ami,
12:26Youssouf Barraud, fils de marabout.
12:28Les mandats Western Union étaient envoyés à des adresses à Lille, en Grèce.
12:33La téléphonie indique que David Vizan a passé des milliers d'appels
12:37à Youssouf Barraud et à son entourage, 20 jours avant le meurtre.
12:41Les deux amis ont échangé des SMS accablants.
12:44Le 8 janvier, Barraud écrit au fils Vizan,
12:47« David, réfléchis un peu.
12:49Soit tu élimines le frère, soit tout est foutu.
12:53Il faut du courage cette fois. »
12:55Dans un autre message, Youssouf Barraud écrit,
12:57« Va trouver une masse, ça coûte 10 euros.
13:01Ne sois pas têtu et surtout ne sois pas peureux. »
13:04David Vizan est réinterrogé par le juge d'instruction.
13:06Il reconnaît avoir envoyé de l'argent à son ami Youssouf Barraud
13:10en échange d'une aide mentale et des prières.
13:13Selon lui, Youssouf lui avait demandé de ne pas enregistrer son nom dans ses contacts.
13:19Il préférait utiliser un pseudonyme.
13:21David Vizan reconnaît que Youssouf Barraud lui a ordonné
13:24d'éliminer son frère ou sa mère, peu avant le drame.
13:28Il a même reçu un appel lui demandant de tuer Brigitte.
13:31Les enquêteurs entendent les membres de la famille Barraud,
13:33« Le père de Youssouf, Marabou, sénégalais, présente David Vizan comme un ami proche de la famille.
13:39C'était comme un fils, dit-il.
13:41Il lui a envoyé de l'argent en échange d'une prière.
13:44Quant à Youssouf, étudiant à Lille, personne ne sait où il se trouve. »
13:51Le 20 juin 2017, la justice française délivre un mandat d'arrêt international à l'encontre de Youssouf Barraud,
13:57soupçonné d'escroquerie, d'incitation à commettre un crime.
14:01Selon Olivier Vizan, son frère David était manipulé.
14:05Il faisait tout ce qu'on lui disait de faire.
14:07Il ajoute, « David vivait sous emprise.
14:10Il ne décidait plus rien.
14:11Il cherchait l'amitié, il cherchait l'amour.
14:13C'était un garçon perdu qui est tombé entre les mains de mauvaises personnes.
14:18Les Vizan sont persuadés que Youssouf Barraud avait ensorcelé David
14:22dans le but de mettre la main sur ses biens et son argent.
14:2611 décembre 2017, presque deux ans après le meurtre de Brigitte Vizan,
14:30le marabout en fuite Youssouf Barraud, 29 ans, est interpellé à New York.
14:35La France demande son extradition.
14:39Faudet Youssouf Barraud, qui aurait donc placé sous emprise David Vizan
14:43au point de lui faire faire n'importe quoi, ouvrir ses comptes en banque
14:46et surtout, le plus épouvantable des crimes, tuer sa mère.
14:51Un matricide, on va voir évidemment ce que ce suspect numéro 1
14:54qui va être extradé en France, va raconter aux enquêteurs et aux juges.
14:59Ce sera dans le prochain chapitre de l'émission.
15:02On retrouve dans cette heure du crime l'un de nos invités, c'est Joël Enbois.
15:06Vous étiez le juge d'instruction dans ce dossier, Joël Enbois.
15:10Encore merci d'être avec nous dans l'heure du crime.
15:13Alors il y a, j'ai envie de dire dans votre enquête, tout va très vite,
15:17il y a le pot au rose qui est découvert et ce pot au rose, ce sont ces SMS
15:21et pas n'importe quel SMS, il y en a beaucoup.
15:24Et ce sont des SMS qui auraient été rédigés par Youssouf Barraud,
15:29des SMS pour encourager le crime.
15:31Alors dans ces SMS, il y a deux parties.
15:35Il y a une partie en effet, comme vous le dites, où on peut parler d'encouragement au crime.
15:39Mais moi j'irais beaucoup plus loin que cela,
15:41parce que dans ces SMS, on va surtout trouver des instructions.
15:44C'est-à-dire que Youssouf Barraud va dire à David Vizan
15:46quelle arme acheter, comment frapper.
15:49Il va lui dire qu'il ne sera pas seul au moment où il commettra ses faits.
15:52Et il faut aussi noter qu'avant d'arriver chez sa mère,
15:56David Vizan va encore échanger une soixantaine de messages avec Youssouf Barraud,
15:59il va encore être au téléphone avec lui, il va être avec lui au téléphone avant d'arriver,
16:04mais encore après le meurtre pendant une quinzaine de minutes.
16:08Et son téléphone, d'ailleurs David Vizan admettra de l'avoir jeté à la demande de Youssouf Barraud.
16:12Donc ce n'est pas que des encouragements,
16:14c'est aussi vraiment des instructions sur quoi faire pour tuer sa mère.
16:18Maître David Parizon, vous allez nous éclairer sur ce point.
16:21Vous êtes l'avocat de David Vizan.
16:23C'est étonnant ce que raconte le juge Gênebois,
16:25parce que ça va beaucoup plus loin qu'un simple encouragement comme ça,
16:29un petit peu lancé à la va-vite en disant
16:30« t'as qu'à tuer ta mère, etc. »
16:32Non, non, là c'est très précis.
16:34Et il suit presque un peu comme un automate, David Vizan,
16:37ce que lui dit finalement son ami.
16:40Exactement, je vais rebondir sur ce que dit M. le juge.
16:44Pour compléter M. le juge, en effet,
16:46on a, si vous voulez, dans ce dossier,
16:48plusieurs échanges téléphoniques, comme ça t'est dit,
16:50par Joël Hinebois, à juste titre,
16:53on a bien, avant le meurtre, plusieurs coups de fil.
16:57On a, par exemple, dans la journée,
16:59ils se sont appelés des dizaines de fois.
17:0257 SMS entre 16h17 et 17h58.
17:07Là, c'est une preuve qu'il y a une préparation.
17:10On est d'accord.
17:1057 SMS.
17:12On a bien aussi, M. le juge ne l'a pas dit,
17:15on retrouve une webcam au moment de la reconstitution sur place,
17:20chose que les enquêteurs au départ n'avaient pas retrouvée
17:22quand ils avaient figé la somme de crime.
17:24Au moment de la reconstitution sur place,
17:26on retrouve une webcam,
17:27et quand on espère les images de webcam,
17:29on voit David Vizan qui est au téléphone,
17:31il dit « j'ai débranché le téléphone,
17:33j'ai nettoyé la scène,
17:34j'ai fait ci, j'ai fait ça,
17:36et on soupçonne,
17:38j'allais plus loin que Joël Enbois,
17:40on soupçonne que finalement,
17:42c'était Jussouf Barraud,
17:43comme disait M. le juge,
17:44qui donnait des ordres. »
17:45Donc, il était en direct, finalement.
17:47Il y a ce crime qui se commet,
17:49il y a deux hommes qui se parlent à ce moment-là,
17:51alors ça va quand même très très loin.
17:53Ce n'est pas uniquement une emprise psychique,
17:55là, qui se passe,
17:56parce que là, on est dans les gestes,
17:58on est dans la pratique.
18:00Qu'est-ce qu'il vous raconte, vous,
18:02David Vizan,
18:04à propos justement de cette emprise
18:07dont il serait victime ?
18:09Pour lui, c'est son frère,
18:10il n'y a aucune emprise.
18:12Pour lui, les barreaux,
18:13c'est des saints hommes.
18:15Il reste comme ça, toujours sur cette ligne ?
18:16Exactement, sur cette ligne.
18:18C'est des bienfaiteurs pour lui,
18:20c'est des gens qui apportent du bonheur,
18:22du bien-être.
18:23Il faut remonter à l'origine de leur connaissance.
18:27C'est que David Vizan,
18:28ça a été dit par l'enquêtrise de personnalité,
18:30David Vizan a été marié,
18:31il a été divorcé,
18:32il a eu des problèmes pour avoir un enfant.
18:34pour avoir une des fécondités de son épouse,
18:37à l'époque.
18:38David Vizan s'est donc marié,
18:40avec une femme qui avait déjà un enfant,
18:43il voulait souhaiter avoir un enfant.
18:44Il n'arrivait pas à avoir un enfant,
18:46un ami,
18:47c'était dans le réseau La Fondationnerie,
18:50lui a dit contacte Baropère.
18:52C'est ça, ok.
18:53Contacte Baropère.
18:54C'est là qu'il connaît cette famille de Marabout.
18:56Exactement.
18:56Il contacte Baropère,
18:57il va faire des prières,
18:58il va faire des éléments,
19:01je veux dire,
19:02des gestes magnétiques,
19:02il va faire des prières
19:04pour ressortir le sort,
19:07le sacrilège qui t'empêche d'avoir un enfant.
19:10C'était,
19:11si tu m'envoies de l'argent,
19:12j'ai fait une prière pour toi,
19:13on m'envoie 100 euros,
19:14200 euros,
19:15j'ai fait une prière,
19:17ça va passer.
19:17Et puis, peu à peu,
19:19David,
19:19il est devenu le client,
19:20un des clients principaux de cette famille,
19:22il faut bien le dire,
19:23presque 100 000 euros,
19:25comme ça,
19:26qui ont été aiguillés sur ses comptes.
19:29Joël Enbois,
19:30un mot là-dessus,
19:32pour compléter ce que dit maître David Parison,
19:35Olivier Vizan,
19:37lui c'est le frère cadet,
19:39il décrit son frère,
19:40qui est là soupçonné de meurtre,
19:42il décrit son frère sous influence.
19:44Olivier Vizan,
19:46il est clair là-dessus,
19:47mon frère est sous influence,
19:48mon frère souffre.
19:50David Vizan,
19:51on apprendra qu'il n'a quasiment aucun ami,
19:54si ce n'est les membres de la famille Barreau,
19:55qu'il appelait quotidiennement.
19:58Avec Youssouf Barreau,
19:59il avait plus de 50 contacts chaque jour.
20:02C'est ça.
20:02Donc David Vizan,
20:03sur une très longue période,
20:04il va envoyer des milliers d'euros.
20:06Et lorsque j'ai interrogé David Vizan à ce sujet,
20:09il m'a expliqué qu'il obtenait en retour
20:11des prières,
20:11des aides mentales,
20:13pour pouvoir justifier
20:14d'envoyer autant d'argent,
20:15c'est qu'il était manifestement sous influence.
20:18Il faut aussi ajouter
20:19que durant l'enquête,
20:20David Vizan n'a jamais accusé directement
20:22Youssouf Barreau,
20:23ce qui peut laisser penser
20:24qu'il avait peur de lui.
20:25Alors il n'avait peut-être peur de lui.
20:26Justement, un mot là-dessus,
20:27je voulais une boîte.
20:28Est-ce qu'on en sait un peu plus
20:29sur cette famille de marabouts,
20:30les Barreaux ?
20:32Alors Youssouf Barreau, lui-même,
20:33ne se décrira jamais comme un marabout.
20:35Il va faire des prières pour David Vizan,
20:38mais ne se décrira pas comme ça.
20:40Tous les membres de cette famille
20:41vont être entendus durant l'enquête,
20:42et moi-même, j'ai entendu le frère
20:45et le père de Youssouf Barreau.
20:46Et dans cette famille,
20:47seul le père admet avoir une activité
20:50de marabouts et de médium.
20:52On peut plutôt penser
20:53que certains de ses fils
20:54ont abusé de la crédulité de David Vizan,
20:56en se faisant passer eux aussi
20:57pour des marabouts,
20:58afin d'obtenir de l'argent.
21:01Un meurtre, en direct,
21:03filmé et raconté au téléphone.
21:06Brigitte Vizan, mortel marabout.
21:08J'ai entendu David crier
21:10et être essoufflé.
21:11« Je ne savais pas qu'il tuait sa mère »,
21:13l'enquête de l'heure du crime.
21:14Le fils aîné était-il sous emprise
21:16lors des coups de marteau ?
21:17Avec qui parlait-il à ce moment-là
21:19au téléphone à suivre ?
21:20Dans un court instant sur RTL.
21:23L'heure du crime,
21:24présentée par Jean-Alphonse Richard,
21:26sur RTL.
21:27Il se retrouve seul
21:35et il a l'impression
21:36que sa famille
21:36se ligue contre lui.
21:39Donc il va trouver
21:39que son frère,
21:41qu'il n'aime pas,
21:42et sa mère
21:42sont des ennemis
21:43qui sont en train
21:44de le détruire.
21:46Retour aujourd'hui
21:46dans l'heure du crime
21:47sur l'affaire Brigitte Vizan,
21:48une directrice de PME,
21:5070 ans,
21:51tuée à coups de marteau en 2016.
21:53Son fils aîné
21:53est accusé du meurtre.
21:55Il aurait été sous l'influence
21:57d'un marabout et d'un escroc.
21:59Deux ans après les faits,
22:00cet individu est arrêté.
22:03Jeudi 18 janvier 2018,
22:06Youssouf Barrault, 29 ans,
22:08est interpellé
22:08à l'aéroport de Roissy
22:10en provenance des Etats-Unis,
22:11aussitôt présenté
22:12au juge d'instruction.
22:14Barrault est surpris
22:15par les accusations
22:16portées contre lui
22:17dans le dossier Brigitte Vizan.
22:19Il reconnaît avoir reçu
22:20de l'argent de son fils, David.
22:23Il a tout envoyé à son père.
22:25Un médium et marabout
22:26qui vit au Sénégal.
22:27À propos des SMS
22:28qui auraient incité
22:29à commettre le crime,
22:31Youssouf Barrault dément
22:32les avoir rédigés.
22:33Selon lui, c'est David
22:34en personne
22:35qui les aurait postés
22:36depuis un autre téléphone.
22:38David devenait fou,
22:40répète le suspect.
22:41Le suspect est interrogé encore
22:44sur les images filmées
22:46sur le lieu du crime
22:47par une caméra
22:47qu'avait fait installer
22:48Brigitte Vizan.
22:50Le jour du meurtre,
22:51entre 18h05 et 18h14,
22:54on voit sur les images
22:56David Vizan
22:57et sa mère.
22:58Un peu plus tard,
22:58après le crime,
22:59on entend David Vizan
23:00parler calmement au téléphone.
23:02Au bout du fil
23:03se trouve Youssouf Barrault.
23:06Interrogé,
23:07Barrault confirme
23:08ce coup de fil.
23:09À un moment,
23:10j'ai entendu David crier
23:12et être essoufflé,
23:14mais je ne savais pas
23:15qu'il était en train
23:15de tuer sa mère.
23:17Le suspect,
23:17mis un examen
23:18pour complicité de meurtre,
23:20il nie avoir commandité le crime.
23:22Le juge estime
23:25que David Vizan
23:25s'est enfermé
23:27dans un schéma mental
23:28très particulier.
23:30La lecture des messages
23:31qu'il échangeait
23:31avec la famille Barrault
23:32démontre qu'il pensait
23:34que des forces occultes
23:36manipulaient sa mère,
23:37écrit le magistrat,
23:38lequel ajoute,
23:39David Vizan
23:40a été conduit
23:41par Youssouf Barrault
23:42à croire
23:43que s'il frappait sa mère
23:45sur la tête,
23:46une nouvelle personnalité
23:47lui serait donnée.
23:48Dans un SMS
23:50daté du 9 janvier 2016,
23:5220 jours avant le crime,
23:54Barrault écrivait
23:55On va changer la mère,
23:58on va mettre une autre femme
24:00avec 100% de confiance
24:02en David.
24:03À la fois effrayant
24:06et étonnant
24:07ces messages
24:08effectivement
24:08qui auraient fini
24:10par intoxiquer
24:11David Vizan
24:12au point qu'il s'est jeté
24:14sur sa mère
24:14et l'a frappé
24:15à coup de marteau
24:16jusqu'à ce que la mort
24:18s'en suive.
24:19Maître David Parizon,
24:21vous,
24:21vous connaissez bien
24:22David Vizan
24:23parce que vous avez été
24:24son avocat,
24:25David Vizan,
24:25le meurtrier,
24:27le fils de Brigitte.
24:29Parlez-nous un petit peu
24:29de Youssouf Barrault,
24:31l'homme par qui
24:31tout serait arrivé finalement.
24:33C'est lui qui aurait
24:34monté la tête
24:35à David
24:36pour qu'il tue sa mère.
24:37David,
24:37un garçon plutôt faible.
24:40Youssouf Barrault,
24:40selon vous,
24:41c'est un manipulateur pervers
24:42ou bien surtout
24:43c'est un escroc profiteur ?
24:45J'ai envie de vous répondre
24:46les deux à la fois.
24:47Je vais développer.
24:49Youssouf Barrault apparaît
24:50première session d'assise
24:52très réservé,
24:56exubérant,
24:57j'ai rien fait,
24:58j'ai rien fait,
24:58j'ai rien fait.
25:00Procès d'appel,
25:01quelques mois plus tard,
25:03il change complètement
25:03de stratégie de défense,
25:06il apparaît
25:06quelqu'un de très transparent.
25:09C'est-à-dire
25:09très transparent,
25:10profil très lisse,
25:12profil très plat,
25:13dont la manipulation.
25:16Écoutez,
25:16moi je suis
25:17un agent de joueur,
25:18je fais du...
25:19C'est ça,
25:19il se présente,
25:20Barrault,
25:20il se présente
25:20comme un agent de joueur,
25:21un agent de joueur,
25:22businessman.
25:22Business man,
25:24moi je vais faire du draft
25:25aux Etats-Unis,
25:27je suis en lien
25:28avec la NBA,
25:28mais d'un côté,
25:30il est plus ou moins
25:31dans des affaires
25:32un peu d'escroquerie.
25:35Il explique clairement
25:37à la cour d'assises,
25:38je n'étais pas en train
25:40de commanditer le meurtre
25:41de Brigitte Visan
25:42quand le meurtre a eu lieu,
25:44j'étais en train
25:45de négocier
25:46avec David Visan
25:47des places du PSG.
25:49Ah oui,
25:49c'est pas du tout...
25:50Exactement.
25:51Ce ne serait pas du tout
25:52la même chose,
25:52alors il a bien eu au téléphone
25:53mais pas du tout
25:54pour parler de sa mère.
25:55C'était exactement
25:55pas pour parler de sa mère
25:56parce qu'il était en contact
25:58à des clients,
25:59plus ou moins
25:59il voulait disputer
26:00David Visan,
26:01tu n'as pas fait
26:02le travail nécessaire,
26:03je n'ai pas envoyé
26:03mes places.
26:04On sent bien
26:05que c'est fragile,
26:06on sent bien
26:07qu'il y a eu
26:07une affabulation.
26:08Affabulation,
26:09extrêmement fragile
26:10parce qu'on s'aperçoit
26:11plus ou moins
26:12il est plus ou moins
26:12poursuivi pour escroquerie,
26:14plus ou moins
26:14pour des arnaques,
26:17il est connu
26:17pour des arnaques.
26:18Donc c'est un escroc,
26:20ça c'est clair,
26:21le dossier l'établit.
26:24Joël Hennebois,
26:25vous allez peut-être
26:26nous aider aussi,
26:27vous aussi,
26:28à propos de ce
26:29Youssouf Barraud,
26:30vous êtes le juge
26:31qui a mené
26:31toute cette instruction
26:32et vous êtes avec nous
26:33dans l'heure du crime.
26:34Qui est Youssouf Barraud ?
26:37Il était en face de vous
26:38cet homme
26:39lors des gardes à vue.
26:42Quelle image
26:43dégage-t-il ?
26:45Alors quand je le rencontre,
26:46il se présente
26:47comme un jury
26:48qui voyage dans le monde entier,
26:49qui se déplace à Athènes,
26:50à New York
26:51et qui se présente
26:52comme un agent sportif.
26:54C'est ça.
26:54Ce qu'il ne prouvera jamais.
26:56Ce qui est intéressant,
26:57c'est que l'expert psychologue
26:57qui l'a examiné
26:58va le décrire
26:59comme quelqu'un
27:00qui a une très haute estime de lui,
27:01qui a des traits
27:02de personnalité narcissique,
27:03une volonté d'être admiré.
27:05Il veut se montrer différent,
27:06grandiose
27:06et c'est vraiment l'image
27:07qu'il renverra moi
27:08à chaque fois que je le rencontre.
27:10Il y a les images
27:11de la caméra
27:12de vidéosurveillance.
27:13Je précise,
27:14cette caméra
27:14avait été installée
27:15par la maman,
27:15par la victime.
27:16Ce n'était pas du tout
27:17pour filmer son fils
27:19ou filmer,
27:20en l'occurrence,
27:20cette scène.
27:22Donc,
27:22ces images,
27:22elles sont accablantes
27:23parce que là,
27:24vous avez,
27:25monsieur le juge,
27:26sous vos yeux
27:27et à votre oreille,
27:29toutes les circonstances
27:31de ce meurtre épouvantable.
27:35Quelques semaines
27:35après le meurtre,
27:36j'organise la reconstitution
27:37et à ce moment-là,
27:38il faut bien se rappeler
27:39que David Vizan
27:40dit toujours
27:40que c'est un accident,
27:42que sa mère est tombée
27:42contre un radiateur
27:43et à cette date-là,
27:44on ne sait pas
27:45qu'il est en contact
27:46avec cette famille Barreau.
27:48Et pendant la reconstitution,
27:49on va découvrir
27:50une webcam.
27:51On ne voit pas
27:52le meurtre en tant que tel,
27:53mais on voit
27:53ce qui se passe
27:53avant et après.
27:55Et juste après,
27:56ce qu'on va voir,
27:57c'est David Vizan
27:58qui est au téléphone
27:59avec un tiers
27:59et qui va expliquer
28:00ce qu'il vient de faire.
28:01Et donc,
28:02on va comprendre
28:02par ces images de vidéos
28:05et par les SMS
28:06qu'on retrouvera plus tard
28:07qu'il reçoit
28:08en réalité des instructions.
28:10D'où le renvoi
28:11de Youssouf Barreau
28:11pour complicité de meurtre.
28:12C'est bien ça,
28:13monsieur le juge.
28:14Absolument.
28:15Parce que dans les éléments
28:16de complicité,
28:17l'une des qualifications
28:18qui existent,
28:19c'est le fait
28:19de donner des instructions
28:20à une personne
28:21pour commettre
28:22un crime ou un délit.
28:23Et c'est ce qu'on a retenu
28:23pour Youssouf Barreau.
28:25Maître David Parizon,
28:27on a le sentiment
28:28que c'est un piège
28:29qui s'est refermé
28:30sur Brigitte Vizan.
28:33Oui.
28:34Même si le fils
28:35en question,
28:36même si David
28:36avait vraiment
28:37parfois eu envie
28:38presque de la tuer avant.
28:40Il y a ces coups
28:40de chandelier
28:41qui ont été portés.
28:42Exactement.
28:43Simplement,
28:44il faut revenir
28:44à l'histoire familiale.
28:45L'histoire familiale,
28:46c'est une situation
28:47conflictuelle
28:48entre son petit frère
28:50Olivier Vizan
28:50et David.
28:51On s'aperçoit
28:52que l'origine
28:54de ce problème,
28:55c'est pour David Vizan,
28:57il considère
28:58que David,
28:59sa acoustique,
28:59c'est David Vizan.
29:00C'est sa société
29:01à lui.
29:02Exactement,
29:02sa société à lui.
29:04Il s'avère
29:04que David Vizan
29:06est simplement
29:06commercial
29:07dans la société.
29:07son frère Olivier
29:09qui est ingénieur
29:10informatique,
29:11ingénieur de mémoire,
29:12de profession,
29:13il est plus ou moins
29:14considéré
29:15comme le PDG
29:16de la société.
29:17Au décès du papa,
29:19il y a eu un conflit
29:20entre les frères
29:20pour la propriété
29:21de la société.
29:22Le conflit,
29:23il est parti de là.
29:24C'est ça,
29:24et ça s'est envenimé.
29:25Et finalement,
29:26ce que David Vizan
29:27il est frustré,
29:28il se dit
29:28tout ça devait me revenir
29:30et c'est mon frère
29:30qui l'a.
29:31Donc ça aussi,
29:31ça va se surajouter
29:32à ce débat
29:34pour le moins
29:34nauséabond.
29:36Deux hommes
29:36qui vont être jugés.
29:38Brigitte Vizan,
29:39mortel marabout,
29:41il me demandait
29:41de l'argent
29:42pour les sortilèges.
29:43Il connaissait
29:43des personnes
29:44pour contrer le mal.
29:46L'enquête de
29:46l'heure du crime,
29:47on se retrouve
29:47dans un instant
29:48sur RTL.
29:49L'heure du crime,
29:51c'est avec
29:51Jean-Alphonse Richard
29:52sur RTL.
29:5614h15h,
29:57c'est l'heure du crime
29:58sur RTL.
30:00L'heure du crime
30:00consacrée aujourd'hui
30:01à l'affaire
30:01Brigitte Vizan
30:02à Troyes,
30:03cette patronne de PME
30:04a été tuée
30:05à coup de marteau
30:05en 2016.
30:07Son fils aîné,
30:07David,
30:08est le suspect
30:08numéro 1.
30:10Il aurait été
30:10sous l'emprise
30:11d'un marabout escroc.
30:13Il nie.
30:14Deux ans et demi
30:14plus tard,
30:15les deux hommes
30:15sont jugés.
30:18Mardi 18 décembre 2018,
30:20David Vizan,
30:2148 ans,
30:22et Youssouf Barraud,
30:2330 ans,
30:24comparaissent
30:24devant la cour
30:25d'assises
30:26de l'Aube
30:27à Troyes.
30:28Malgré les conclusions
30:29accablantes
30:30des légistes
30:31et des enquêteurs,
30:32le fils
30:32de la victime
30:33persiste
30:34dans cette dénégation.
30:35Ma mère
30:35n'était pas bien
30:37dans sa tête
30:37comme si elle était
30:38manipulée à distance.
30:40Ce jour-là,
30:40elle a pris le marteau
30:41pour essayer
30:42de me frapper.
30:43Par instinct,
30:43je l'ai repoussé.
30:44Elle ne voulait pas
30:45que j'appelle
30:46les secours,
30:47raconte-t-il.
30:48On lui demande
30:48d'expliquer
30:49la pluie de coups
30:50reçue par la victime.
30:51Réponse,
30:52je n'en sais rien,
30:53mais ce n'est pas moi
30:54qui ai fait
30:54cette monstruosité.
30:56À propos de son ami
30:57Youssouf Barrow
30:57qui le guidait,
30:58le soutenait,
30:59le conseillait.
31:00David Vizan
31:01ne se souvient plus
31:02s'il lui a demandé
31:04de tuer sa mère.
31:06Il ne se rappelle
31:07plus de rien.
31:08Si les souvenirs
31:08me reviennent
31:09d'ici à quelques jours,
31:11je reviendrai vers vous.
31:12Youssouf Barrow
31:13nie avoir hérité
31:14des dons de maraboutage
31:15de son père.
31:17Je n'ai jamais eu
31:17d'influence sur David,
31:18affirme-t-il.
31:19David n'est pas d'accord.
31:21Il me demandait
31:22de l'argent
31:23pour les sortilèges.
31:24Il me disait
31:25qu'il connaissait
31:26des marabouts
31:27pour contrer le mal
31:28et que mon frère
31:29envoûtait ma mère.
31:31Olivier Vizan,
31:32le fils cadet,
31:33se désole
31:34de la fragilité
31:34de son frère.
31:35Il est arrivé
31:36ce qui devait arriver.
31:38Avec ma mère,
31:39nous avions tout fait
31:40pour le faire interner
31:41mais en vain.
31:42L'un des psychiatres,
31:43le docteur Eric Maxita,
31:45assure que David Vizan
31:47était bien
31:47sous influence.
31:48Quelqu'un a profité
31:49de lui,
31:50de sa pathologie.
31:51Sans une tierce personne,
31:53le passage à l'acte
31:54n'aurait peut-être
31:55pas eu lieu.
31:56Pour l'avocat général,
31:57David Vizan nourrit
31:58ses jalousies,
31:59animosité,
31:59colère
32:00contre son frère Olivier.
32:02Sa mère dénonçait
32:03ses escroqueries.
32:04Elle allait lui couper
32:05les vivres.
32:06Il l'a donc tué.
32:07David Vizan
32:08risquait la réclusion
32:09à perpétuité.
32:10Il est condamné
32:11à 20 ans de prison.
32:13Les jurés ont tenu compte
32:14de son état psychique.
32:15Youssef Barraud,
32:16décrit comme un profiteur
32:18par l'accusation,
32:19écope pour sa part
32:20de 18 ans de prison.
32:21Et dans cette heure du crime,
32:24on retrouve l'un de nos invités.
32:25Tout de suite,
32:26c'est maître David Parizon,
32:28avocat,
32:28avocat de David Vizan,
32:31le fils de Brigitte,
32:31évidemment,
32:32maître Parizon.
32:33Vous êtes à ce procès.
32:34Déjà,
32:35donnez-nous un petit peu
32:36un aperçu
32:36de la photo d'ensemble.
32:38À quoi est-ce qu'ils ressemblent,
32:39ces deux accusés ?
32:40Est-ce qu'ils se parlent ?
32:42Est-ce qu'ils dialoguent entre eux ?
32:43Est-ce qu'ils se sont salués ?
32:45Du tout.
32:46En fait,
32:47on apparaît dans le cas
32:47de l'instruction.
32:48David Vizan dit
32:49Youssef Barraud,
32:50c'est un frère,
32:51même plus,
32:51c'est la même famille.
32:53Il se considère,
32:54la famille Barraud,
32:54comme sa seule et unique famille.
32:56Ça a été décrit
32:56par M. le juge.
32:58David Vizan,
32:59au fil du temps,
33:00il n'a plus d'amis.
33:01Et ses seuls amis,
33:02c'est la famille Barraud.
33:04Il est très désolé
33:05avant le passage à l'aide,
33:07avant le meurtre de sa maman.
33:08Et dans le cas des procès,
33:10notamment dans le cas
33:11du procès d'appel
33:11à Charles-Louis-Mézières,
33:12on voit bien qu'il y a
33:14une rupture,
33:16comment dirais-je ?
33:17Entre les deux hommes ?
33:18Exactement.
33:19C'est-à-dire une défense
33:20qui n'est pas,
33:21comment dirais-je,
33:23semblable,
33:23qui n'est pas
33:24une association de défense
33:25éventuellement
33:26au milieu des intérêts
33:27de nos clients
33:27entre les avocats
33:28pour réduire les peines,
33:30pour dire finalement
33:30la thèse de David Vizan,
33:32c'est Olivier Vizan
33:33qui a fini ma mère
33:34une fois qu'elle m'a
33:35essayé de me frapper
33:36avec le marteau
33:36qui est tombée par terre.
33:38Si on suit la thèse
33:38de David Vizan.
33:40Ensuite,
33:41on a Youssef Barraud
33:42qui dit
33:42moi j'ai strictement
33:43rien fait,
33:44l'autre Saint Fada
33:44qui a fait ça tout seul
33:46dans son coin,
33:46moi j'en supporte rien.
33:47Il apparaît
33:48dans le procès,
33:50il apparaît
33:50comme quelqu'un
33:51qui est,
33:52comment dirais-je,
33:53extrêmement effacé,
33:55qui s'est fait oublier
33:55et simplement
33:57qui apparaît
33:57un jeune étudiant,
33:58propre sur lui,
33:59petit costume,
34:00petite chemise.
34:01En gros,
34:01il remet toute la responsabilité
34:03sur David Vizan.
34:06Évidemment,
34:07maître David Parizon
34:08un mot là-dessus,
34:09le procès
34:10il tourne autour
34:10de l'emprise mentale.
34:11C'est la vraie question,
34:13c'est ce qui a été dit
34:14à l'époque
34:14par Brigitte Vizan
34:16et son frère
34:17et son fils Olivier.
34:19Ils ont mis
34:20David Vizan
34:20sur
34:21qu'aurait-elle renforcer
34:22parce qu'ils avaient
34:23le sentiment
34:24qu'il y avait des personnes
34:25qui s'abusaient lui.
34:26qu'ils étaient sous emprise
34:28entre guillemets sectaires.
34:29C'est tout le débat.
34:30Est-ce que,
34:31ou non,
34:31David Vizan
34:31était son emploi sectaire ?
34:33Est-ce que David Vizan
34:34obéissait à des forces occultes
34:36de manipulation
34:37via la famille Barrault ?
34:39Moi,
34:39je pense que oui.
34:41On a l'espermaxita
34:43qui dit
34:43au moment du procès
34:44d'assises,
34:45d'appel,
34:46c'est extrêmement intéressant,
34:47je m'arrête un instant.
34:48Allez-y.
34:48Il dit clairement,
34:49j'ai fait une expertise,
34:50j'ai vu qu'il y avait
34:51des troubles.
34:52Ça contredit
34:53l'espermaxita
34:54qui dit
34:54non,
34:55il n'y a rien du tout.
34:56L'espermaxita
34:57dit
34:57attention,
34:59je vois qu'il y a
35:00une certaine fragilité,
35:02je vois que finalement,
35:03au moment du passage
35:03à l'acte,
35:04je ne suis pas sûr
35:05qu'il n'était pas
35:06totalement irresponsable
35:07de ces actes.
35:08Il le dit
35:09devant la cour d'assises
35:10à tel point que moi,
35:12dans le cadre de ce procès,
35:13je fais des conclusions
35:14d'incident
35:15pour redemander
35:15une nouvelle expertise
35:16pour qu'on puisse
35:17arbitrer sur cette question.
35:18Parce que ce n'est pas clair
35:19effectivement
35:19et c'est très compliqué.
35:20Là,
35:20on est le problème.
35:21Le premier expert,
35:22il dit
35:22il n'y a rien,
35:23circuler,
35:23il n'y a rien à voir
35:24en quelque sorte.
35:25Puis ensuite,
35:25on voit que c'est bien
35:26plus compliqué.
35:26D'ailleurs,
35:27le juge Joël Hennebois,
35:28il avait vu
35:29que c'était beaucoup
35:29plus compliqué que ça
35:30et d'ailleurs,
35:31il met l'accent
35:31sur la sorcellerie
35:33et sur l'emprise
35:34sur fond de maraboutage.
35:36Joël Hennebois,
35:37on parle beaucoup
35:38de sorcellerie,
35:39on parle évidemment
35:41d'emprise.
35:42Vous qui avez
35:43instruit tout ce dossier,
35:46il y a aussi
35:46cette histoire
35:47qui est sur fond,
35:48il ne faut pas l'oublier,
35:49sur fond de haine
35:49fratricide.
35:52Ce qui est certain,
35:53c'est qu'en effet,
35:54David Vizan
35:54a laissé croire
35:56que son frère
35:57pouvait avoir un rôle
35:58dans le meurtre
35:59de sa propre mère.
36:00Ce qui est certain,
36:01c'est que grâce aux caméras,
36:03on voit cette scène
36:04terrible,
36:05peu après le meurtre,
36:06au cours de laquelle
36:07son frère Olivier
36:08arrive dans le salon,
36:10découvre avec effroi
36:12le corps de sa mère,
36:13donc il ne fait
36:13absolument aucun doute
36:14qu'Olivier Vizan
36:16n'a aucun rôle
36:16dans cette affaire.
36:17Et personne ne peut croire
36:19que les différents
36:19entre les deux frères
36:20ont pu conduire
36:21David Vizan
36:22à tuer sa mère.
36:23Par contre,
36:24pour David Vizan,
36:25dans son esprit,
36:26il existe des forces maléfiques
36:27qui influenceraient sa vie
36:28et lui,
36:29il est persuadé
36:30que son frère
36:31joue un rôle
36:32dans ces forces maléfiques.
36:34D'ailleurs,
36:34le frère Olivier Vizan
36:36est persuadé
36:37que son frère
36:38est ensorcelé,
36:39envoûté.
36:40Il va dire
36:40que ça devait arriver,
36:41c'est ce qu'il va dire.
36:43Je peux comprendre
36:44qu'Olivier Vizan
36:45ait ce sentiment
36:46a posteriori,
36:48mais je reste persuadé
36:50qu'on est dans des conditions
36:51extrêmement particulières
36:53et qu'on ne pouvait pas
36:55imaginer
36:56que David Vizan
36:57aille jusqu'à commettre
36:59un acte
37:00d'une gravité pareille.
37:01Les deux accusés
37:03font appel.
37:04Brigitte Vizan,
37:05mortel marabout,
37:06je sais que je ne suis pas coupable,
37:08la vérité sortira un jour,
37:09on veut me faire passer
37:10pour un fou,
37:11mais c'est raté,
37:12ce n'est pas le cas.
37:13L'enquête de l'heure du crime,
37:14je vous retrouve tout de suite
37:15sur RTL.
37:16Jean-Alphonse Richard
37:18sur RTL.
37:19C'est l'heure du crime
37:20jusqu'à 15h.
37:22L'heure du crime,
37:23c'est avec Jean-Alphonse Richard
37:25sur RTL.
37:27Dans l'heure du crime,
37:28la mort de Brigitte Vizan,
37:29une patronne tuée
37:30à coup de marteau
37:32chez elle
37:33à Troyes
37:33en janvier 2016.
37:35Son fils aîné,
37:35David,
37:36a été condamné
37:37à 20 ans de prison.
37:38Un ami présenté
37:39comme marabout
37:40a écopé lui
37:41de 18 ans de prison.
37:42Il comparaît
37:43son appel.
37:45Mardi 9 juin 2020,
37:46David Vizan
37:47et Faudet Youssouf Barraud
37:49sont rejugés
37:50par la cour d'assises
37:50des Ardennes
37:51à Charleville-Mézières.
37:53Les experts parlent
37:54cette fois
37:54d'emprise sectaire.
37:56Le fils aîné
37:56n'aurait pas été
37:57maître de ses gestes
37:58au moment
37:59de tuer sa mère.
38:00Youssouf Barraud
38:01de son côté
38:02l'admet.
38:03J'ai abusé
38:04de ses croyances.
38:05David s'est
38:06auto-convaincu
38:07que j'avais
38:08ses pouvoirs magiques.
38:09Je n'ai jamais pensé
38:10qu'il pourrait
38:11passer à l'acte.
38:12David Vizan
38:13est à nouveau
38:14condamné
38:14à 20 ans de prison,
38:1515 ans
38:16pour Barraud.
38:18Lors du procès,
38:19David Vizan
38:19n'aura cessé
38:20de répéter.
38:21Je sais que
38:21je ne suis pas coupable.
38:23La vérité sortira
38:24un jour.
38:24On veut me faire passer
38:25pour un fou,
38:26mais c'est raté.
38:27Ce n'est pas le cas.
38:29Il croit vraiment
38:30au pouvoir
38:31des forces occultes,
38:32de la magie.
38:34J'estime
38:34que le fils
38:35était totalement
38:37sous l'emprise
38:38du pseudo-marabout
38:39et que
38:40c'était quasiment
38:41une marionnette.
38:42Et c'est
38:42le manipulateur
38:43de marionnette
38:44qui doit être plus
38:44sanctionné
38:45que la pauvre marionnette.
38:46La voix de Jacques Louvier,
38:49procureur de la République
38:50et qui a eu affaire
38:52à ce dossier,
38:52c'était dans l'émission
38:53Crime.
38:54Maître David Parizon,
38:56vous êtes avec nous
38:56depuis le début
38:57de cette émission,
38:57avocat à Troyes,
38:58avocat de David Vizan,
39:00le fils de Brigitte Vizan,
39:02la victime.
39:03Il y a un peu plus
39:03de clarté quand même
39:04à ce deuxième procès,
39:06tout simplement
39:06parce que
39:07Youssouf Barraud,
39:09enfin,
39:10il reconnaît,
39:10il dit
39:11oui, c'est vrai.
39:11Voilà.
39:11j'ai abusé
39:13de ce garçon
39:14mais
39:14je lui faisais croire
39:16à peu près n'importe quoi.
39:18C'est un peu ce qu'il dit.
39:19Exactement.
39:20Ce second procès,
39:21il y a une clarté.
39:23On voit bien
39:24dans ce second procès,
39:25ce n'est pas mes mots,
39:27l'avocat à la défense
39:27de David Vizan,
39:29c'est les mots
39:30d'Olivier Vizan
39:30qui dit
39:31je constate mon frère,
39:33je vois bien
39:33qu'il y a une dégradation
39:33psychologique, physique,
39:35on voit bien.
39:36Il dit
39:36ça m'a interpellé
39:37qu'il y avait
39:38des difficultés
39:38de consultation,
39:39on voit bien
39:40qu'il y avait vraiment
39:40des troubles mentaux,
39:41psychiques
39:41de plus en plus
39:42qui apparaissaient.
39:44Au moment du procès,
39:45c'est une remarque
39:46que j'avais demandé
39:46une suspension de séance
39:48à la présidente,
39:49on a vu un moment
39:50dans ce procès,
39:51David Vizan
39:52qui a vacillé
39:52a fait tomber.
39:53On voit bien
39:54les difficultés.
39:55Il y avait un malaise, c'est ça ?
39:56Il y avait un malaise.
39:57L'ESPR,
39:58psychiatre Maxita,
39:59Eric Maxita
39:59avait dit
40:00je constate,
40:02je pense qu'il y a un problème,
40:03je pense
40:04qu'on voit bien
40:05que des difficultés
40:06psychologiques
40:06qui apparaissent.
40:07Dans ce procès,
40:09deux stratégies de défense.
40:10le début de mia culpa
40:11de Jussouf Barrault
40:12qui dit
40:13je pense que j'étais trop loin.
40:15De toute façon,
40:16les SMS,
40:17c'était une réponse automatique.
40:19C'est parlement moi
40:20qui les écrivais.
40:21D'accord.
40:21Je répondais à la même chose.
40:22sans faire attention.
40:25Je ne pensais pas
40:26qu'il irait aussi loin.
40:27Je ne pensais pas
40:28qu'il est procédé.
40:30On va changer ta mère.
40:32On va acheter une masse.
40:34Dans le mode opératoire
40:35qu'il lui avait...
40:36Selon lui,
40:37c'était une manière
40:37de le tenir
40:38finalement au bout du fil
40:39et pour continuer
40:41à gagner sa confiance
40:41et surtout gagner de l'argent.
40:43J'ai une conviction.
40:44C'est la même
40:44que l'avocat général
40:45Jacques Louvier.
40:46Il le dit à juste titre.
40:48Ce qu'il faut savoir
40:48dans ce cas
40:49de ce procès d'appel,
40:49l'avocat général
40:51a fait une séparation
40:53de réquisition
40:54en matière de peine
40:55et considère
40:56que David Vizan
40:57à l'époque
40:58était la marionnette
40:59de Youssouf Barraud.
41:01Youssouf Barraud
41:01était le commanditaire
41:02du meurtre
41:02et qu'il a téléguidé
41:04David Vizan.
41:05Oui, oui.
41:07Effectivement,
41:07on peut voir
41:08les choses comme ça.
41:09Est-ce que selon vous
41:10David Vizan
41:11devait être jugé ?
41:13Est-ce qu'à la réflexion
41:14il y a eu une progression
41:15de la part
41:15des experts psychiatres
41:16qui ne sont pas d'accord
41:17on l'a dit
41:17mais est-ce que cet homme
41:19tout simplement
41:19il avait toute sa raison ?
41:21Moi j'ai une conviction
41:21depuis le départ.
41:22La difficulté
41:23d'être avocat
41:24dans ce type de dossier
41:25c'est ce qu'on appelle
41:26plaider à court au courant.
41:29Dans ce type de dossier
41:30depuis le départ
41:31quelque soit l'avocat
41:32qui a pu avoir
41:34accès à ce dossier-là
41:34moi j'ai une conviction
41:35depuis le départ
41:36c'est que je pense
41:37qu'au moment des faits
41:39David Vizan
41:39n'était pas conscient
41:40il n'y avait pas
41:42un discernement
41:43total.
41:45Oui,
41:45qui était en partie
41:46aboli.
41:46Exactement.
41:47Effectivement,
41:47et ça ça aurait dû être
41:48souligné selon vous
41:49et démontré
41:51mais ça ne l'a pas été
41:52effectivement
41:53il y a eu ces deux procès
41:54puis lui il n'arrête pas
41:54de dire
41:55je ne suis pas fou
41:55je veux être jugé
41:56etc.
41:57Je démontrerai la vérité.
41:58Exactement.
41:59C'est un débat d'espères
42:00en fait.
42:00C'est là ce que je reproche
42:02à l'instruction.
42:03Le juge d'instruction fait
42:05une première expertise
42:07où le premier expert
42:08d'Auteur Fuentes
42:09conclut pas grand chose.
42:11Un second expert
42:11Eric Macita
42:12dit dans ce procès d'appel
42:14je le vois
42:14j'étais à 50-50
42:16j'ai fait altération
42:18abolition
42:18il est là aujourd'hui
42:19je pense
42:19qu'il n'y a clairement
42:20il ne devait pas être jugé.
42:22Oui mais c'est trop tard
42:22effectivement
42:23c'est trop tard
42:24on arrive trop tard
42:24dans cette démonstration
42:26Joël Hennebois
42:27vous êtes
42:28je le répète
42:29avec nous depuis le début
42:30de cette heure du crime
42:30vous aussi
42:31vous êtes juge d'instruction
42:32qui a instruit
42:33toute cette affaire
42:34on a le sentiment
42:36qu'avec ce deuxième procès
42:37pour Barrault
42:38c'est plutôt
42:39l'abus de faiblesse
42:40qui a été retenu
42:41sa qualité d'escroc
42:42et peut-être pas
42:44celle de criminel.
42:45Ce qui est particulier
42:47concernant Youssouf Barrault
42:48c'est qu'avant le meurtre
42:49il avait déjà été mis en cause
42:51dans d'autres affaires
42:52pour des petites escroqueries
42:53toujours dans le but
42:54d'obtenir de l'argent
42:55de ses proches
42:56mais ce qu'il faut aussi comprendre
42:58c'est que Youssouf Barrault
42:59il ne s'est pas limité
43:00à chercher cet argent
43:01là-dessus
43:03les conclusions
43:04de l'expert psychologue
43:05sont très intéressantes
43:06parce que l'expert relève
43:07que Youssouf Barrault
43:08il a un sentiment
43:09de toute puissance
43:10et le besoin
43:11de se servir
43:11de l'autre
43:12pour arriver à ses fins
43:13et d'ailleurs
43:14quand il est condamné
43:15il n'est pas condamné
43:16à des peines
43:17à hauteur
43:18d'une escrochie
43:18ou d'une avis de Cébès
43:19il est condamné
43:21pour avoir donné
43:22des instructions
43:22afin que David Dizan
43:23tue sa mère.
43:25Question Joël Enbois
43:26on en parlait à l'instant
43:27avec maître David Parizon
43:28c'est pas très clair
43:30on ne sait pas
43:31si cet homme
43:31avait toute sa tête
43:32finalement
43:32mais ça vient trop tard
43:34les experts
43:34se décident un peu tard
43:36est-ce que le scénario
43:37selon vous est clair
43:38ou bien est-ce qu'il manque
43:39des pièces à ce puzzle ?
43:42A mon sens
43:42la particularité
43:43c'est que
43:44les actes
43:45qui ont été commis
43:46par l'un comme par l'autre
43:47sont d'une telle gravité
43:48que tant David Dizan
43:49que Youssef Barou
43:50ils se sont enfermés
43:51pendant toute l'enquête
43:52dans des contestations
43:53et c'est ça qui peut donner
43:54cette impression
43:55de zone d'ombre
43:56mais en réalité
43:57tout ce qu'il manquait
43:58dans cette affaire
43:59c'est leur reconnaissance
44:00avec les caméras
44:02les images
44:03de la webcam
44:04les échanges de SMS
44:06le marteau retrouvé
44:07et les conditions
44:08dans lesquelles
44:09Youssef Barou
44:10a pris la fuite
44:11pour ne pas être interpellé
44:12selon moi
44:13le scénario est parfaitement clair
44:15et le rôle de chacun
44:15dans cette affaire
44:16est tout à fait clair
44:17affaire pas banale
44:18Joël Hannebo
44:18c'est une affaire
44:19qui vous a marqué
44:19alors oui
44:21c'est une affaire
44:21qui m'a marqué
44:22déjà parce que
44:23fort heureusement
44:24il est rarissime
44:25d'avoir des affaires
44:26dans lesquelles
44:27un homme
44:28tue sa propre mère
44:29avec usage
44:30d'une arme
44:31aussi terrible
44:33qu'un marteau
44:33et c'est aussi
44:35dans ma carrière
44:36la seule fois
44:36dans laquelle
44:37j'ai vu
44:38une personne
44:38réussir
44:40à en influencer
44:41une autre
44:42uniquement par message
44:44jusqu'à la conduire
44:45à tuer quelqu'un
44:46une mort au bout
44:48des messages
44:49c'est ce que vous nous dites
44:50Joël Hannebo
44:50merci à vous
44:51et merci également
44:52à maître David Parizon
44:53d'avoir été tous les deux
44:54aujourd'hui les invités
44:56de l'heure du crime
44:56merci à l'équipe de l'émission
44:58rédactrice en chef
44:58Justine Vignot
44:59préparation Lisa Canales
45:01Pauline Descillons
45:02réalisation en direct
45:03Nicolas Godet
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