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  • il y a 2 jours

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Transcription
00:00et on enchaîne à présent avec l'actualité nationale en compagnie d'Adeline Fratteur.
00:09A Bruxelles, le carrefour de l'info sur Arabel.
00:16Et à présent c'est l'heure de la chronique pause technique d'Amzabel Akwir. Bonjour.
00:21Bonjour Tariq.
00:22Merci d'être avec nous sur Arabel.
00:23Alors aujourd'hui à partir du 1er mars prochain, une réforme de l'aide sociale entre en vigueur.
00:28Alors de quoi parle-t-on exactement ?
00:31On parle d'un glissement jusque-là qui a été discret mais qui sera très brutal pour les familles.
00:37Imaginez une porte de secours sociale déjà étroite qu'on referme encore d'un cran sans bruit et surtout sans débat public pour le moment.
00:44Et oui, à partir du 1er mars, quand une personne demandera l'aide du CPAS, ce ne sera plus seulement sa situation personnelle qui comptera,
00:52mais celle de toutes les personnes vivant sous son toit, donc des partenaires, des parents, des enfants majeurs, même les grands-parents.
00:59Et le gouvernement justifie cette réforme par plus d'équité, c'est bien ça ?
01:03C'est un petit peu le mot qu'ils utilisent en effet, mais regardons la mécanique réelle de cette mesure.
01:08Cette réforme portée par la ministre NVA de l'intégration sociale, Anne-Lise Van Bossert,
01:12elle impose au CPAS de prendre en compte l'ensemble des revenus du ménage, même ceux qui n'ont aucun lien de dépendance avec la personne aidée.
01:20Et pourtant, le Conseil d'État a été très clair.
01:23On est face à un grand recul de la protection sociale sans justification chiffrée sérieuse ni démonstration d'un gain budgétaire réel qui justifierait la mesure.
01:31Et surtout, surtout, en fait, ce texte touche le droit de base au revenu minimum qui est, rappelons-nous, le dernier filet, celui qui existe précisément pour éviter le pire.
01:40Et alors, ce qui va être concrètement touché par cette mesure ?
01:44Ce sont toujours les mêmes, cher Tariq, c'est des jeunes de 18 ans, majeurs de familles très précaires qui sont encore aux études par exemple.
01:51Avec cette mesure du gouvernement MR engagé et NVA, suivre une formation deviendra un luxe pénalisant tout le foyer.
01:59Des parents solos, majoritairement des mamans solos, vivant avec des enfants majeurs et mineurs, qui verront leur revenu fondre brutalement.
02:05Et puis, ces situations invisibles, mais qu'on connaît quand même très fréquentes, une famille pauvre qui héberge un grand-parent à la pension trop faible pour vivre seul et trop pauvre pour être en maison de repos.
02:16Avec cette réforme, la solidarité familiale devient donc non seulement criminalisée, mais un handicap financier.
02:23On appelle ça un statut cohabitant dans le jargon technique, mais en réalité, c'est un prix de l'amour, un prix que seuls les plus crécaires vont payer.
02:30Déjà aujourd'hui, le revenu d'intégration maintient largement sous le seuil de pauvreté, avec le fameux taux cohabitant.
02:38Nos auditeurs doivent le connaître très bien, quelques-uns d'entre eux, en tout cas qui sont en CPS, en tombent à 876 euros par mois maximum.
02:45C'est un système que peu de pays européens osent encore assumer.
02:48Un système qui influe les choix de vie, dissuade la cohabitation et, on ne le rappellera jamais assez, fragilise les femmes et punit la solidarité.
02:56Le Conseil d'État a alerté, les associations de terrain ont alerté, les CPS ont alerté, et le gouvernement de droite et maire engagée NVA est passé en force quand même.
03:06Alors Hamza, certains diront que l'aide sociale ne doit pas remplacer la solidarité familiale.
03:11En effet, mon cher Tariq, la ministre NVA utilise cet argument, mais il n'en est rien.
03:15La solidarité familiale ne peut pas être une condition préalable à la dignité humaine.
03:19L'aide sociale existe parce que toutes les familles n'ont pas les mêmes moyens, pas la même stabilité, pas la capacité de compenser les défaillances économiques de tous ses membres.
03:28Transformer la pauvreté en affaires privées, c'est dépolitiser la misère et individualiser la culpabilité.
03:34Et surtout, c'est oublier que, même quand les budgets sont sous pression, le droit à une existence d'île n'est pas négociable dans un État qui se voit encore démocratique.
03:43Voilà, merci beaucoup Hamza Belakmir, on se retrouve très bientôt.
03:46A très bientôt et tout de suite la suite de votre carrefour de l'info.
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