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  • il y a 8 heures

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Transcription
00:00Toujours en compagnie d'Eliott Maman et Antonin, André, on parle de Sébastien Lecornu qui semble sous pression.
00:05Il s'exprime ce soir chez nos confrères du Parisien.
00:09Il tente de décourager manifestement ceux qui rêveraient de le voir disparaître, lui et son gouvernement.
00:15La motion de censure enverrait un signal dramatique au moment où on cherche un compromis, dit-il.
00:20En précisant, je ne veux pas de la censure, encore moins de la dissolution.
00:23Alors hier, le couple exécutif brandissait pourtant la menace de cette dissolution au cas de chute du gouvernement.
00:31On a du mal à suivre, Antonin André, quand même.
00:34Non, en fait, Sébastien Lecornu ne s'attendait pas à ce que deux motions de censure émergent en fin de semaine,
00:40émises par LFI et par le Rassemblement National et qui sont discutées la semaine prochaine,
00:43alors même qu'on est en pleine discussion budgétaire.
00:45Sur le Mercosur.
00:46Alors, c'est tout l'objet de sa colère, c'est-à-dire que ces motions de censure sont déposées
00:50pour protester contre l'adoption du Mercosur.
00:53Or, il se trouve que la France a voté contre l'adoption du Mercosur.
00:56Et donc, sauf à ce que Sébastien Lecornu aille à Bruxelles faire un coup de force,
01:00mettre une camoule sur la tête à Ursula von der Leyen pour l'enlever et faire du chantage à l'Union Européenne,
01:05il n'y a pas d'autre moyen, en dehors que de s'opposer, à marquer son désaccord avec le Mercosur.
01:10Donc, cette motion de censure est parfaitement inepte,
01:12d'autant que dans celle réligée par LFI, le deuxième paragraphe concerne le Venezuela.
01:17Là encore, on aurait pu attendre Sébastien Lecornu qu'il aille dans le bureau ovale
01:20pour mettre un pistolet sur la tempe de Donald Trump en empêchant l'exfiltration de Maduro.
01:25Ça n'était pas possible.
01:26Donc, en fait, ce que souligne la colère de Sébastien Lecornu, c'est la dinguerie,
01:31ce sont les termes qui sont employés à Matignon, la dinguerie de ces motions de censure.
01:34Et donc, puisque ces dingues veulent déposer des motions de censure,
01:38la règle est très simple, s'il y a censure, il y a dissolution.
01:41Et là, chaque parti politique qui est aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
01:44va faire ses comptes, puisqu'on est dans la politique politicienne,
01:47et voir s'il a avantage ou non à censurer et à la dissolution.
01:49Évidemment, cela visent principalement les LR et les socialistes,
01:53qui ne souhaitent pas une dissolution.
01:55Et s'ils ne votent pas la censure, il n'y aura pas de censure, et donc pas de dissolution.
01:58Vous en êtes bien sûr qu'ils ne souhaitent pas la dissolution, les LR et les socialistes ?
02:02Non, les LR et les socialistes ne la souhaitent pas.
02:03Alors ensuite, comme toujours en la matière, il faut rester prudent,
02:07parce que ce que n'exclut pas Sébastien Lecornu,
02:10c'est que quelques socialistes la votent pour faire la pointe.
02:13Du côté des LR, il y a beaucoup de bruits contradictoires.
02:16Bruno Retailleau est farouchement opposé à Sébastien Lecornu,
02:20et lui souhaiterait même la chute de Sébastien Lecornu,
02:22parce que Bruno Retailleau, ce qu'il veut, c'est revenir au gouvernement.
02:24Donc il veut la chute de ce gouvernement.
02:26Les députés LR, eux, sont beaucoup plus circonspects
02:29quant à l'idée de censurer, surtout au prétexte du Mercosur et du Venezuela.
02:33Bon, alors derrière, il y aura quand même le budget,
02:37la discussion du budget, puisqu'elle va revenir mardi
02:39après des discussions très compliquées en commission des finances.
02:44Là encore, on a du mal à voir ce qui va se passer
02:47entre l'EPS et LR, qui ne sont pas tout à fait sur la même ligne.
02:52Est-ce que, justement, ce n'est pas l'arrière-pensée
02:55de se maintenir au moment où peut-être certains seront tentés
02:59d'une motion de censure dans ces discussions ?
03:03Oui, c'est vrai, ce qui est assez intéressant,
03:05c'est qu'il y a un peu deux phénomènes qui viennent se faire pression
03:08l'un contre l'autre, à savoir que d'un côté,
03:11on a une classe politique des élus à l'Assemblée nationale
03:13qui ont tellement perdu tout sens du débat constructif
03:16que l'on se retrouve à déposer des motions de censure
03:18pour exprimer des désaccords sur des sujets
03:20qui sont en effet, en réalité, assez décorrélés
03:22de ce que pourraient être les prérogatives,
03:24notamment des députés et même, à un certain égard,
03:28de l'exécutif.
03:29Donc on peine quand même à comprendre la pertinence
03:31de ces motions de censure qui viennent tout de même
03:33interroger le sens de la responsabilité de nos élus
03:36qui, de toute évidence, ne savent plus exprimer une opposition
03:39sinon par une position particulièrement intransigeante,
03:42ce qui n'est pas nécessairement la plus constructive des choses.
03:45Et, en parallèle, on a quand même aussi un président,
03:49un exécutif qui lit ses prérogatives,
03:52quitte à déformer un tout petit peu la Constitution,
03:55puisque estimer qu'il y a nécessairement un lien direct
03:59entre le vote, enfin le dépôt, puis le vote d'une motion de censure
04:02et ce que serait immédiatement une dissolution,
04:05on est là aussi quand même dans une forme de déformation des évidences.
04:09Non, ce n'est pas une déformation des évidences,
04:11c'est la Constitution qui le prévoit.
04:12Non, absolument pas, s'il y a une censure, c'est le gouvernement qui tombe.
04:15Si le gouvernement tombe, libre au président de la République de dissoudre,
04:18considérant qu'on en est maintenant à trois gouvernements successifs
04:22qui ont été censurés, dissoudre à nouveau, c'est passé.
04:25On est au troisième gouvernement depuis un an,
04:31donc si jamais ça ne fonctionne pas,
04:33que les Français retournent aux urnes et qu'on réalise une assemblée.
04:36C'est tout à fait dans ses prérogatives,
04:37ce n'est pas déformer les institutions.
04:38Est-ce que si dissolution il y avait,
04:42est-ce qu'il n'aurait pas fallu la faire avant ?
04:43D'abord, on n'en est pas là.
04:45Vous n'y croyez pas, vous ?
04:47Non, je ne pense pas qu'il y aura une motion de censure qui passera.
04:49Et par ailleurs, les discussions budgétaires cette semaine,
04:51et c'est aussi à mettre en lien avec le dépôt d'évolution de censure,
04:54les discussions budgétaires ont avancé cette semaine.
04:57La réunion qui a eu lieu à Bercy,
04:59où la ministre des Comptes Publiques a convoqué les partis d'opposition,
05:03alors tous n'y sont pas allés,
05:04mais les socialistes y sont allés,
05:05et les sujets ont beaucoup avancé avec les socialistes.
05:08Le sujet qui reste aujourd'hui un peu embarrassant et qui est au milieu de la table...
05:12Vous m'inquiétez quand vous dites ça,
05:13je me dis que ça sent la taxe,
05:15si les sujets ont avancé avec les socialistes.
05:18Justement, le sujet le plus important qu'il y a à traiter,
05:21et c'est pour ça qu'ils vont ouvrir la discussion budgétaire mardi,
05:24puisque la discussion budgétaire reprend mardi à l'Assemblée Nationale,
05:26avec Sébastien Lecornu au banc,
05:28traitera des collectivités territoriales,
05:29parce que c'est un sujet qui est majeur,
05:31sur lequel le gouvernement avait prévu entre 3 et 4 milliards d'euros d'économies.
05:35Les sénateurs, non seulement, ont supprimé les économies,
05:37mais ont même rehaussé un peu le budget des collectivités territoriales,
05:41parce qu'il y a des municipales et des sénatoriales.
05:42Évidemment, les sénateurs pensent avant tout à leur propre siège.
05:46Donc, on va commencer par les collectivités territoriales,
05:49mais à l'heure où on se parle,
05:50les discussions budgétaires, en réalité, avancent et avancent bien,
05:53ce qui explique la raison pour laquelle LFI est très embarrassée,
05:57est très en colère,
05:58et pose cette notion de censure de façon à ce que ça vienne perturber
06:01et interrompre le débat budgétaire.
06:03Mais la réalité, au risque d'en décevoir certains,
06:06c'est que les discussions budgétaires avancent,
06:08et que, quelle que soit l'issue,
06:10ordonnance ou 49.3,
06:12vraisemblablement, l'avancée vers un compromis
06:14n'est pas totalement exclu pour le moment.
06:16– Et il prendrait quelle forme ?
06:17Vous avez des informations sur ce point ?
06:19– Ça veut dire qu'on se mettrait d'accord
06:20sur une surtaxe de l'impôt sur les sociétés
06:22qui tournerait autour de 4 milliards, 5 milliards d'euros
06:24pour les 330 plus grandes entreprises de France,
06:26et non pas pour l'ensemble des entreprises.
06:28Un effort sur les collectivités locales
06:29qui serait aux alentours de 3,5, 4 milliards d'euros,
06:32donc là, vous avez déjà 8 milliards d'euros,
06:34il en reste deux à trouver,
06:35d'une façon ou d'une autre, deux ou trois,
06:36mais c'est-à-dire qu'on a fait quand même l'essentiel du chemin
06:38une fois qu'on a réglé ces deux problèmes.
06:40Donc, encore une fois,
06:42l'idée d'un compromis progresse,
06:44et une fois que ce compromis sera fait,
06:46il sera tôt de se poser la question du 49.3,
06:48parce que là, les socialistes n'auront plus
06:50aucune raison de le censurer,
06:51puisque le compromis aura été trouvé,
06:52et à ce moment-là, on pourra espérer un budget
06:54avant l'un fin janvier,
06:55car c'est la date butoir qui a été fixée
06:56pour une raison simple,
06:58c'est que la loi spéciale, en fait,
06:59ne coûte pas grand-chose sur le mois de janvier,
07:01mais commence à coûter cher à partir de février.
07:03– Sous-titrage FR 2021
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