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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Prendre notre débat sur la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir, je le disais,
00:04un texte qui a profondément fracturé, qui divise la société française et qui a fracturé même au sein même de
00:11l'hémicycle,
00:12qui était transpartisan, c'est-à-dire que sur ce type de texte, je parle sous votre contrôle,
00:19Georges Fenech, vous qui connaissez l'Assemblée Nationale, et là il n'y a plus vraiment d'appartenance politique, chacun
00:26est libre.
00:26Il y a une liberté de vote, c'est ce que j'ai connu, en fonction de sa conscience, de
00:35ses convictions personnelles sur ce qu'est la vie,
00:38la fin de vie bien sûr, et qui dépasse tous les climages politiques.
00:43Vous aviez des pours et des contres à gauche comme à droite, mais il y a eu une majorité qui
00:48s'est dégagée pour cette bonne loi,
00:49encore une fois, qui aurait mérité un soutien matériel avec des moyens, avec l'installation d'unités de soins palliatifs.
00:57La ministre de la Santé a dit qu'elle allait rallonger une enveloppe au sujet des soins palliatifs.
01:01Il serait peut-être temps, oui.
01:02Écoutez Claire Forcade, médecin en soins palliatifs, qui estime qu'il est encore temps de faire marche arrière sur ce
01:07texte,
01:07je rappelle après qu'il repassera au Sénat.
01:09Elle était l'invité de Jacques Serret ce matin sur Europe 1.
01:12Ce que j'espère, c'est qu'un certain nombre de députés prennent conscience complètement du texte qu'ils votent,
01:18parce que je pense que beaucoup ne réalisent pas forcément les implications et ce que deviendra ce texte.
01:24Je pense que beaucoup de députés pensent voter un texte pour des situations exceptionnelles,
01:29alors qu'on est devant un texte très proche du texte qui est actuellement en vigueur au Canada,
01:35et qui va ouvrir un très grand nombre d'euthanasies.
01:38Et donc ce que j'aimerais, c'est que ces députés-là prennent conscience de ce qu'ils votent,
01:42pour qu'on n'ait pas dans dix ans de députés qui nous disent
01:44« Ah mais moi, c'était absolument pas ça que je voulais ».
01:47Et donc il y a vraiment cette nécessité d'ouvrir les yeux sur la nature du texte qui arrive à
01:51l'Assemblée.
01:51Alors on va suivre évidemment le vote, ça aura lieu à 15h.
01:54Jean-Claude Dacier, est-ce que vous pensez qu'on est allé trop loin ?
01:58On va trop vite peut-être ?
02:00Trop vite ?
02:00Je ne sais pas.
02:01Écoutez, je disais tout à l'heure que j'avais du mal à me forger une opinion, pour une fois,
02:06sur ce dossier qui est extrêmement compliqué et qui appartient à chacun, chacun d'entre nous.
02:11Nous disions tout à l'heure qu'après tout, pourquoi ne pas essayer de consulter les Français ?
02:16Alors on le disait, justement, contextualiser, on le disait pendant la pause.
02:20Oui, on le disait pendant la pause.
02:21La Constitution, en effet, je ne dis pas que c'est une monstruosité,
02:25elle autorise au contraire, la Constitution autorise les gouvernants à faire appel au jugement des Français.
02:30Alors maintenant, je vois bien les reproches que nous pouvons faire à cette approche politique,
02:37qui est de dire quelles questions, ou quelle série de questions nous poserons aux Français.
02:43Mais enfin, je trouve que ce serait sans doute le seul moyen, ensuite, de faire une loi
02:51qui corresponde aux soins de l'opinion nationale française.
02:57Alors, je me fais, encore une fois, peut-être des illusions,
03:01mais entre les soins palliatifs, première partie de la loi,
03:04puisqu'elle a été, je le répète, coupée en deux par M. Béroud,
03:08les soins palliatifs, chacun sait qu'il manque cruellement de moyens.
03:12La plupart du temps, chacun se débrouille comme il peut.
03:16En fait, les médecins, ça fait déjà longtemps qu'ils pratiquent l'euthanasie,
03:20sans le dire, avec l'accord de la famille, ce sont des choses qui se font.
03:24L'aide à mourir, encore une fois, deuxième partie de la loi,
03:28moi, je n'arrive pas à accepter ce concept.
03:31Aide au suicide. Aide à mourir.
03:34J'ai du mal. Alors, en même temps, je serais prêt à accepter,
03:38si on me convainquait de la pertinence d'une modification allant dans ce sens,
03:42qu'il y ait une ou deux unités en France, une au nord, une au sud,
03:46à Paris et une au sud,
03:49qui pratiquerait, comment dire, la piqûre létale,
03:54avec l'accord, évidemment, des médecins.
03:57La liste serait déposée et connue.
03:59Certains médecins, sans doute, accepteraient de rendre ce,
04:02je n'ose dire, cet ultime service aux malades.
04:06Peut-être qu'il y a là une solution possible.
04:08Mais enfin, encore une fois, reconnaissons que c'est une affaire plus que compliquée.
04:13Et je ne sais pas si, en principe,
04:15madame la présidente de l'Assemblée nationale,
04:18madame Robillet, espère que la loi soit votée avant l'été.
04:22Je ne suis pas sûr que Georges n'ait pas raison.
04:25Alors, parmi les amendements qui font débat,
04:29il y a la création, cette création d'un délit d'entrave
04:31qui inquiète les soignants.
04:33Georges Fenech.
04:34C'est-à-dire qu'on ne peut pas s'opposer au...
04:36Ah bon, alors Jean-Claude Gassier, si vous voulez.
04:37Ça pourrait effectivement remettre en cause,
04:41je dirais, la clause même de conscience des médecins.
04:43Les médecins n'ont pas prêté serment pour ça.
04:46On l'a connu d'une certaine manière avec l'avortement aussi,
04:51thérapeutique.
04:51Mais je pense qu'en réalité,
04:54on a une vision qui est beaucoup trop,
04:56encore une fois, radicale.
04:59Il aurait fallu être beaucoup plus dans la nuance.
05:02J'ai été personnellement assez choqué
05:04de voir que cette nuit,
05:06ceux qui organisaient une veille devant l'Assemblée nationale,
05:10un sitting,
05:11se sont assis sur les pavés en face, vous savez,
05:13pour faire part de leurs protestations pacifiques,
05:18avec des prières,
05:19ont été délogées quand même,
05:22pas de manière très violente,
05:23mais de manière assez musclée.
05:25On a des images,
05:26je ne sais pas si vous avez vu,
05:28par la Bravem,
05:29qui est là normalement pour les manifestants violents,
05:31par les CRS et tout.
05:33Je trouve qu'il faut respecter un peu
05:35cette conscience d'une grande partie de nos concitoyens
05:39qui veulent manifester pacifiquement,
05:42par un sitting,
05:43leur opposition, c'était des veillés.
05:45Ça m'a particulièrement choqué.
05:46En même temps, choisir sa mort
05:48n'est pas non plus quelque chose
05:49dont le concept nous heurte profondément.
05:53Choisir sa mort est une voie que l'on peut explorer.
05:55Je parlais il y a un instant,
05:56tout à l'heure,
05:57de mon ami Bietry,
05:59frappé,
05:59alors qu'il est encore jeune,
06:00par la maladie de Charcot,
06:02et qui dit,
06:03je veux mourir dans de bonnes conditions
06:05telles que j'aurais choisi,
06:06et qui s'apprête, semble-t-il,
06:08à moins que la loi soit votée rapidement,
06:10à partir en Suisse.
06:11Est-ce qu'il n'y a pas...
06:12Je reconnais que là,
06:13je n'ai pas de réponse.
06:14Où sont les limites ?
06:15Je ne sais plus.
06:15Je ne sais pas.
06:16C'est quoi une fin de vie ?
06:17C'est combien d'années qui restent ?
06:18Combien de mois ?
06:19Quel est le niveau de la souffrance ?
06:20C'est la difficulté,
06:21et c'est vrai que la modernité
06:22conduirait peut-être à réfléchir,
06:24à trouver une solution,
06:25avec des médecins,
06:26encore une fois,
06:27consentants,
06:27et un lieu où on pourrait,
06:29plutôt que d'aller en Suisse,
06:30en Belgique ou ailleurs,
06:32on pourrait peut-être,
06:33au Québec,
06:34j'ai vu,
06:34il y avait un papier dans le Figaro,
06:35d'ailleurs, ce matin,
06:36qui disait,
06:37française, français,
06:37ne vous engagez pas
06:39dans la voie qui a été adoptée
06:41au Québec,
06:41c'est trop dangereux,
06:42et on voit les écarts
06:43qui se produisent.
06:45Encore une fois,
06:45c'est très compliqué.
06:46Écoutez,
06:47Maud Bréjean,
06:47la porte-parole du gouvernement,
06:48qui a estimé, elle,
06:49que le texte sur la fin de vie
06:50va trop loin,
06:51elle était sur France Info ce matin.
06:53J'estime que ce texte
06:55ouvre une boîte de Pandore
06:56et ne pose pas
06:57les limites suffisantes
07:00pour prémunir
07:01la société des dérives.
07:03Mais c'est-à-dire,
07:03c'est quoi les dérives ?
07:04Certains disent, par exemple,
07:05une telle loi.
07:05J'estime que ce texte
07:07va trop loin.
07:08J'estime que la priorité
07:09doit être donnée aux soins
07:10et que tant que
07:11nous n'avons pas
07:12été suffisamment loin
07:14sur les soins palliatifs,
07:15tant que partout
07:16sur le territoire,
07:18ces soins palliatifs
07:19ne sont pas développés
07:20à un niveau suffisant,
07:21alors nous ne devons pas
07:22emprunter la seconde voie.
07:24Jean-Jean Fenec.
07:26Pour lui,
07:26ce n'est pas un projet
07:27gouvernemental,
07:28c'est une proposition de loi.
07:29Celle de mon ami,
07:30d'ailleurs Olivier Falorni,
07:32que j'ai bien connu,
07:33député du côté de la Rochelle.
07:35Ça vient du Parlement.
07:35Ça vient Olivier Falorni,
07:37ça fait des années et des années
07:37qu'il se bat pour ça.
07:39Je respecte moi
07:40cette conviction
07:41parce que c'est un homme
07:42de conviction.
07:43Mais on voit bien
07:44que le gouvernement
07:45ne suit pas.
07:46Donc on est loin du compte.
07:48Moi je vous le dis,
07:49ça ne sera peut-être pas voté
07:50ni avant l'été,
07:51peut-être même pas
07:52avant la fin du quinquennat
07:53parce qu'il y aura
07:54des obstructions législatives.
07:55On sait faire,
07:56à droite notamment.
07:56Merci à vous.
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