00:00On va commencer par cette proposition de loi qui crée un droit à l'aide à mourir,
00:03qui doit faire l'objet d'un vote solennel cet après-midi à l'Assemblée Nationale.
00:07Le texte devrait passer.
00:08Est-ce que vous diriez que c'est une bascule que nous sommes en train de vivre ?
00:12Georges Fenech.
00:13Oui, c'est une bascule anthropologique en fait,
00:17avec un changement radical de ce qu'est la définition de la vie même,
00:21la protection de la fin de vie.
00:23Moi j'en suis resté à titre personnel à ce que j'avais voté avec mes collègues à l'époque,
00:28c'est-à-dire la loi Claes-Léonetti, qui allait au-delà des clivages,
00:33Claes-Socialiste, Léonetti-UMP,
00:36et qui avait trouvé je crois le bon curseur,
00:40c'est-à-dire pas d'acharnement thérapeutique,
00:44une possibilité pour chacun d'entre nous de faire part de ses souhaits,
00:49c'est les directives anticipées, au cas où nous arrivait une maladie grave,
00:53mais de là à passer à l'euthanasie, disons le mot,
00:57on parle de fin de vie, d'aide à mourir, etc.
01:00C'est de l'euthanasie, n'est-ce pas ?
01:02C'est un changement radical qui s'explique par l'abandon, quelque part,
01:06dans beaucoup de nos territoires, des établissements hospitaliers,
01:10aménagés pour les soins palliatifs.
01:12Mais vous parlez justement de la loi Claes-Léonetti,
01:15Philippe Juvin, le docteur Philippe Juvin,
01:16parce qu'il est député mais également médecin,
01:19il s'oppose au texte qui va être voté certainement cet après-midi,
01:23il y est très opposé,
01:24et il dit que cette loi Claes-Léonetti n'était pas parfaite évidemment,
01:28qui peut-être qu'il aurait fallu l'amender pour la faire évoluer un tout petit peu,
01:31mais que finalement elle était assez équilibrée.
01:33Elle était équilibrée, ce qui a manqué derrière c'est les moyens.
01:36Mais donc pourquoi remettre en cause cette loi ?
01:39Pourquoi refaire une autre loi ?
01:41Il y avait une urgence, un besoin absolu ?
01:43Vous avez un courant qui existe dans notre pays,
01:46qui souhaite faire ce qu'ont fait les Suisses,
01:48qu'ont fait d'autres législations,
01:51c'est-à-dire laisser à chacun d'entre nous le droit de mourir
01:54un peu comme il le prévoit,
01:57comme il le souhaiterait,
01:59dans la souffrance bien sûr,
02:01mais on ne laisse pas un sujet de cette importance
02:04au choix individuel,
02:06bien qu'il faille respecter les volontés de chacun,
02:08mais c'est un débat, un vrai débat de société,
02:11qui engage notre avenir à tous,
02:14car cette question évidemment concerne tous les hommes et les femmes.
02:17Et je crois qu'on s'engage sur un terrain glissant,
02:21avec des dérives possibles,
02:23et pas assez de garde-fous.
02:25Et moi je pense, voyez-vous,
02:27que cette loi ne sera pas votée avant la fin du quinquennat.
02:30C'est ma conviction.
02:31Vous pensez que cet après-midi il ne va pas y avoir un vote favorable ?
02:34Ah oui, après il y a de nouveau...
02:35Donc cet après-midi, vote favorable.
02:37C'est le Sénat, ensuite le Sénat.
02:38Qui a déjà rejeté une fois.
02:39Qui a déjà, voilà, en première élection.
02:40Commission mixte paritaire.
02:42Mais cet après-midi, à l'Assemblée nationale, en tout cas,
02:44devrait passer...
02:44Oui, oui, non mais les cessera votés.
02:45Il reste encore 2 à 300 amendements,
02:48on n'est pas tout à fait sûr que les débats soient terminés ce soir
02:52et qu'on puisse voter,
02:52j'en suis pas sûr, nous verrons bien.
02:54Certains opposants regrettent la précipitation.
02:56Ils disent, voilà, ils dénoncent un débat précipité,
03:01mal ficelé, trop rapide.
03:01Je veux dire, je ne suis pas sûr que les auditeurs
03:04qui nous écoutent aujourd'hui soient très au fait
03:07de ce qui est débattu actuellement à l'Assemblée nationale et au Sénat.
03:11Il y a eu une loi initialement,
03:12puis il y en a eu deux avec l'intervention de M. Béroud,
03:15et on ne sait pas trop ce que deviendra,
03:18encore une fois, le projet tel qu'il est actuellement débattu
03:21à l'Assemblée nationale.
03:23Moi, j'ai même beaucoup de difficultés à me faire une...
03:26à me forger une conviction sur ce dossier.
03:28Franchement, c'est compliqué, c'est pas simple.
03:30Et j'essaie de m'en sortir en disant qu'après tout,
03:35je ne concevrai pas une loi où les médecins n'auraient pas à dire
03:40et n'auraient pas le dernier mot.
03:42Ça me paraît indispensable.
03:44Cela étant, quand mon ami Bietry me dit qu'il a la maladie de Charcot
03:49et qu'il souhaite, lui, mourir comme il a vécu,
03:53c'est-à-dire dans la satisfaction et dans le bonheur de sa famille,
03:58j'ai du mal à lui répondre,
03:59ben voilà, telle ou telle chose devrait être prévue par la loi.
04:03Oui, mais c'était certainement déjà prévu par la loi.
04:06Il faudra quand même quelque part, sans doute, tenir compte,
04:09notamment de ces maladies rares,
04:12peu nombreuses heureusement,
04:13mais qui tout de même nous donnent beaucoup de soucis
04:15et qui confrontent aux médecins
04:17une décision qui est toujours extrêmement difficile à prendre.
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