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  • il y a 1 semaine
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Yves Tréard qui est là, tout le temps, à mes côtés. Bonsoir, je suis ravi que vous soyez là.
00:05Thierry Arnaud, bonsoir. Thierry, Boris Karlamov du service Police Justice, bonsoir Boris.
00:10Julie Graziani, bonsoir et bienvenue éditorialiste politique.
00:14Et Jérôme Poirot, ancien adjoint de la Coordination Nationale du Renseignement.
00:18Bonsoir Julie.
00:18On va aussi avoir besoin de vous, parce qu'on va parler dans un second temps des voeux de Poutine,
00:22alors qu'il y a, et on va y revenir, cette attaque supposée de drones contre l'une des résidences de Vladimir Poutine.
00:31Mais d'abord, les voeux d'Emmanuel Macron, les neuvièmes et les avant-derniers voeux du président.
00:37Une allocution courte de dix minutes. Il souhaite une année 2026 utile, dit-il, malgré l'instabilité politique.
00:43Et pour la première fois, vous allez l'entendre, il parle de la fin de son mandat. On écoute Emmanuel Macron.
00:48À la fin de l'année, quand le moment sera venu, s'ouvrira peu à peu la prochaine campagne pour l'élection présidentielle de 2027.
01:00La première à laquelle je ne participerai pas depuis dix ans.
01:04Pour autant, je serai jusqu'à la dernière seconde au travail, tâchant chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez confié.
01:13Et je ferai tout pour que l'élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible.
01:18En particulier à l'abri de toute ingérence étrangère.
01:22Yves Tréhard, vous le disiez, pour vous, ces voeux-là, ces voeux 2026 d'Emmanuel Macron, ce sont des voeux crépusculaires.
01:29Oui, tout à fait, crépusculaires. Vous le voyez sur la forme d'ailleurs.
01:33Des voeux pas très souriants, avec un décor qui est quand même assez austère,
01:37même s'il y a un sapin de Noël qui est très sobrement décoré d'ailleurs.
01:42Et puis, de deux choses l'une, soit il prenait l'initiative, un homme d'offensive quand même, qui a de l'audace,
01:49donc il nous annonçait quelque chose, soit, eh bien, c'était le contraire.
01:53Et comme il est aujourd'hui dans une situation particulièrement difficile,
01:57eh bien, il était le spectateur, on dira, de sa sortie.
02:02C'est le début de sa sortie aujourd'hui.
02:03Donc, il ne nous a rien annoncé.
02:05Il nous a dit simplement qu'il espérait, eh bien, que la France, qui tient bon,
02:10rendez-vous compte, comme si on était une île et comme si le président était assailli de toutes parts,
02:16eh bien, qu'on résistait, je dirais, au souffle extérieur.
02:22Sauf que, Julie Gradiani, est-ce qu'il a vraiment les moyens de faire preuve d'audace ?
02:27Est-ce qu'il n'est pas tout simplement réaliste, lucide, Emmanuel Macron, pour l'année qui arrive ?
02:32En tout cas, l'annonce politique de ses voeux, c'est le fait qu'il n'y aura pas de démission qu'il ne l'envisage pas.
02:39Il ne l'a sans doute jamais envisagé, mais ça a été suggéré, conseillé, par beaucoup de commentateurs,
02:46et même dans son propre camp, avec des formules très dures, d'ailleurs,
02:49rappelez-vous Édouard Philippe, disant l'État n'est pas tenu, c'était extrêmement sévère.
02:53Donc là, ce qu'il nous dit, c'est qu'il restera jusqu'au bout, comprendre jusqu'à l'élection.
02:58Ça, c'était important qu'il le martèle, qu'il le fasse comprendre ce soir ?
03:03Mais sans doute pour faire pièce à ses tentatives de le pousser dehors,
03:07qui se faisaient ou qui pouvaient se faire de plus en plus pressantes.
03:10La question, c'est que fera-t-il de ce temps additionnel ?
03:14Et là, il a donné des pistes sur « je serai le garant des institutions en empêchant toute ingérence étrangère ».
03:21Mais sur le plan de la politique intérieure, que fera-t-il réellement ?
03:25Est-ce que son rôle sera conçu comme facilité pour celui ou celle qui va lui succéder,
03:31la survie de ce qui était un peu sa marque de fabrique,
03:34donc en même temps le centrisme, ce qu'on a pu appeler la Macronie parfois, détachée d'Emmanuel Macron ?
03:39Ou est-ce que son rôle serait, au contraire, de mettre des bâtons dans les roues
03:43à ceux qui voudraient prendre sa place et qui auraient tendance à le mettre un peu trop dehors ?
03:47On dit souvent que le président de la République est le maître des horloges.
03:50Il n'est plus le maître des horloges.
03:52C'est fini, effectivement.
03:54Alors on peut dire qu'il est réaliste, il regarde passer les trains, d'une certaine façon.
03:58Et c'est ce qu'il va faire, d'ailleurs.
04:00Vous êtes un peu dur, là.
04:01Non, pas du tout. Pourquoi ?
04:03Il nous a dit qu'est-ce qu'il a besoin d'un budget ?
04:05Mais ce n'est pas lui qui est le maître du vote du budget, c'est le Premier ministre.
04:10Il va falloir trouver un accord.
04:11La négociation avec les oppositions, c'est le Parlement.
04:13Il l'a très bien dit, d'ailleurs.
04:15Il a quand même parlé des trois pistes concrètes pour l'année 2026.
04:21L'instauration d'un service militaire, la régulation des réseaux sociaux et une loi sur la fin de vie.
04:29C'est ça, mais il n'a pas de majorité.
04:30Est-ce que ces trois initiatives qui pourraient être votées pendant l'année à venir ?
04:38Alors, le service militaire, le service national volontaire, peut-être.
04:42D'ailleurs, on peut peut-être se passer d'une loi pour essayer de le mettre en place.
04:47La fin de vie, il faut une loi.
04:49Ça, c'est clair.
04:49C'est très clair.
04:50Ce n'est pas sûr qu'il y ait une majorité.
04:52J'en doute, moi, personnellement.
04:53Même si je dirais que l'ambiance générale dit que tout le monde est d'accord.
04:59J'en suis pas du tout certain.
05:01Ça, c'est une chose.
05:03Et puis, il y a la question principale sur laquelle les Français l'attendent, c'est le pouvoir d'achat.
05:09Et sur le pouvoir d'achat, il a été quasiment absent.
05:11Non, sur le pouvoir d'achat, est-ce que sur le pouvoir d'achat, Thierry Arnault, il a quand même parlé du budget.
05:17Il faut trouver un accord sur le budget pour pouvoir permettre aussi de régler ces problèmes de pouvoir d'achat.
05:21Mais il s'en est remis au gouvernement et au Premier ministre.
05:25Donc, il a reconnu implicitement le fait qu'il n'avait pas les clés, il n'avait pas la solution.
05:32Ce qui est, jusqu'à présent, en tout cas, une impasse budgétaire.
05:35Et c'est ça qui a été frappant tout au long de ces allocutions.
05:37C'est qu'il y a, au fond, une forme de résignation, au fond, chez Emmanuel Macron.
05:41Même s'il termine son allocution par cet anaphore, ne renonçons pas, ne renonçons pas.
05:45Comme si, d'une certaine manière, il s'adressait à lui-même, tout autant qu'aux Français.
05:50Mais, au fond, on a l'impression qu'il n'a plus la parade.
05:56Lui, qu'on l'a vu sortir de la crise des gilets jaunes par le grand débat.
06:00Sortir de la pandémie, du Covid, par le quoi qu'il en coûte.
06:05Essayer de sortir d'une crise politique par la dissolution.
06:08À chaque fois, il avait, en quelque sorte, une parade, un truc qu'il sortait,
06:12une sorte de riposte pour essayer de renverser la table et de passer à autre chose.
06:15Là, on a l'impression qu'il est arrivé au bout de ce qu'il était capable de sortir
06:20et qu'au fond, il est obligé d'aller, j'allais dire, en boitillant jusqu'à la fin de son mandat.
06:26Avec des opposants qui pèsent de plus en plus dans les sondages.
06:30Je pense, bien sûr, au Rassemblement national.
06:32Et Jordan Bardella et Marine Le Pen ont fait leur vœu.
06:34D'ailleurs, ont devancé Emmanuel Macron.
06:36Et parlent, presque comme si eux avaient déjà gagné la prochaine présidentielle,
06:42parlent d'un basculement, de conquête.
06:44Le RN très offensif ce soir.
06:46On écoute Marine Le Pen.
06:48Chacun a conscience que la solution réside dans le retour au peuple pour une vraie alternance.
06:53Cette alternance nationale à laquelle nous travaillons depuis tant d'années
06:56et dont le pays, à l'image d'un nombre croissant de nations dans le monde,
06:59a désormais impérativement besoin.
07:02Vous sentez d'ailleurs que le basculement est proche.
07:05C'est pourquoi il ne faut rien lâcher.
07:07En attendant la grande alternance de 2027,
07:10l'année nouvelle offre cette occasion pour le peuple français
07:12de reprendre la main pour chacun d'entre vous
07:15afin de vous exprimer dans les urnes avec force et détermination
07:19lors des élections municipales de mars, les 15 et 22 mars.
07:23L'année 2026, Julie Graziani, pour le Rassemblement national, va être décisive.
07:28Déjà parce qu'on va savoir, suite à la décision de la justice,
07:32si oui ou non, ce sera Marine Le Pen ou pas la candidate du RN en 2027.
07:36Oui, avec une année 2025 qui a déjà été bousculée.
07:39Parce que rappelez-vous, en début d'année 2025, Marine Le Pen est vraiment sur orbite pour la présidentielle.
07:43Trois mois plus tard, il n'en est quasiment plus question du fait de la condamnation intervenue entre-temps,
07:48avec ce faible espoir que ce ne soit pas confirmé en appel.
07:51Fin d'année 2025, elle commence à pousser Jordan Bardella comme présidentiable,
07:55mais ça se fait vraiment en toute fin d'année.
07:57Donc l'année 2026 sera celle de la confirmation de toutes ces hypothèses.
08:01En tout cas, son discours extrêmement porté vers le peuple français
08:05nous fournit la réponse à une question qu'on aurait pu se poser.
08:08Pourquoi Emmanuel Macron n'a-t-il pas joué la dernière carte qui était encore possible ?
08:11Celle de l'annonce d'un référendum qu'on avait senti venir d'ailleurs aux derniers vœux,
08:16ceux de l'année précédente, rappelez-vous, quand il disait
08:18on demandera au peuple de trancher sur certains sujets.
08:20Là, il n'en est plus question, mais sans doute parce qu'il a analysé
08:23que ça serait bien trop dangereux pour lui un référendum
08:25et que ça serait ouvrir un boulevard au Rassemblement National.
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