- il y a 7 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00— 496 pour, zéro contre. C'est assez rare à l'Assemblée nationale, par les temps qui courent.
00:06Marie Chantret, bon, on savait qu'il n'y avait pas de suspense.
00:08— D'avoir un vote avec une telle unanimité, en effet, oui.
00:10— Je pense que ça fait plaisir Sébastien Lecornu, même s'il aurait préféré cela pour le budget.
00:14Donc la loi spéciale est votée à l'Assemblée par tous les députés présents qui ont voté pour.
00:19Pourquoi cette unanimité ?
00:21— Parce qu'on considère que pour que l'État continue de fonctionner normalement,
00:26que l'impôt puisse être levé, que les fonctionnaires soient payés,
00:29pour schématiser, finalement, qu'il n'y ait pas l'équivalent du shutdown à l'américaine,
00:33même si notre fonctionnement démocratique est un peu différent.
00:36Mais en tout cas, pour que l'État continue de fonctionner normalement,
00:39il faut cette loi spéciale, qui n'est qu'un sparadrap dans la bouche du Premier ministre
00:43et qui n'est qu'une cour dans la bouche de l'économie.
00:45— Les débats vont prendre après, aux environs du 10 janvier dans l'hémicycle.
00:50Nouvelle lecture du texte et de ce budget.
00:52Mais il faut cet outil, cet outil parlementaire,
00:56pour que, en effet, l'État continue de fonctionner normalement.
00:59Il n'y avait, en effet, aucune forme de suspense quant à ce vote.
01:03Mais c'est désormais fait.
01:05À l'instar, d'ailleurs, de ce qui s'était passé l'année dernière,
01:07après la chute de Michel Barnier, la nomination de François Bayrou,
01:11une loi spéciale avait aussi été votée largement à l'unanimité.
01:15Donc là, joyeuse fête à tous.
01:17La présidente de l'Assemblée l'a dit.
01:19Et on se retrouve en janvier pour un nouveau round.
01:21— Alors il faut préciser les choses.
01:23La loi spéciale permet de lever l'impôt et de payer les fonctionnaires.
01:27— Grosso modo, en effet, c'est ça.
01:29— Mais elle ne comprend pas de dépenses nouvelles,
01:32y compris sur la défense, puisqu'il y a eu des annonces.
01:35Visiblement, ces annonces, pour l'instant, ne peuvent pas être accomplies.
01:38Et cette loi spéciale autorise aussi à prélever l'impôt, bien entendu,
01:45notamment pour les collectivités territoriales, parce que sinon, le pays s'arrêterait.
01:48— Exactement. Là, on est dans une phase de trêve, trêve de Noël, trêve qui ne veut pas dire trêve de Coroumi.
01:53— Puisque la présidente de l'Assemblée nationale a pris la parole.
01:55— En tant que présidente de l'Assemblée nationale a pris le vote,
02:02et donc il faut que l'on remette l'ouvrage sur le métier en ce début d'année 2026
02:08pour pouvoir doter la France d'un budget.
02:10Je pense que c'est ce qu'attendent de nous, nos compatriotes.
02:12Et donc nous allons simplement continuer à nous retrousser les manches,
02:16nous asseoir autour de la même table, discuter, échanger pour réussir à trouver le chemin.
02:20Et je ne doute pas que nous soyons capables de le faire.
02:23Nous l'avons fait sur le budget de la Sécurité sociale.
02:25Et nous l'avons fait aussi, j'ai fait les comptes, parce que les fins d'année, c'est aussi le moment des bilans.
02:31Nous avons adopté en 2025 152 textes dans cette Assemblée nationale,
02:37dont d'aucuns disent qu'elle ne sert à rien. C'est pas vrai.
02:41On a fait beaucoup de choses, notamment des lois très importantes sur le narcotrafic,
02:45sur le registre national contre le cancer, sur le remboursement des soins
02:49pour les personnes qui sont atteintes de maladies graves.
02:53Beaucoup d'avancées pour nos compatriotes ultramarins, avec un texte sur la vie chère, etc.
02:57C'est une Assemblée nationale qui est au travail. Nous allons continuer.
03:00Et moi, je suis toujours optimiste.
03:02Et donc je forme le vœu qu'en 2026, nous puissions, dès les premiers jours de l'année,
03:06doter la France d'un budget. Je vous remercie.
03:10Voilà, Madame Brune Pivet, l'Assemblée nationale,
03:12qui a donc adopté cette loi spéciale pour pallier l'absence de budget,
03:16pour l'instant, pour l'année 2026.
03:18Les discussions vont reprendre au mois de janvier,
03:21sans, d'accord, sans...
03:23Bon, c'est pas sûr que ça marche, c'est très clair,
03:24puisque pour l'instant, Sébastien Lecornu ne veut pas utiliser 49.3,
03:28mais il ne trouve pas de majorité pour faire voter son budget.
03:30Yann Brossat est avec nous, le sénateur communiste,
03:33sachant que vous allez devoir voter, vous aussi.
03:35Je ne sais pas comment vous faites, à distance,
03:36parce que maintenant, c'est le Sénat qui va devoir...
03:38Un peu plus tard dans la journée.
03:39Un peu plus tard, mais nous voterons, évidemment, la loi spéciale.
03:42Pourquoi ?
03:43Parce qu'il faut que le pays fonctionne et que nous sommes des gens responsables.
03:46Donc nous allons, évidemment, la voter...
03:48Donc finalement, on est capable de trouver des consensus en France,
03:51mais uniquement sur des lois spéciales.
03:52Oui, enfin, tout le monde voit bien que c'est un pis-aller.
03:54Il faut le faire, mais ça ne règle pas pour autant les problèmes.
03:57Et le vrai débat aura lieu au mois de janvier,
03:59quand on débattra des orientations budgétaires.
04:01Mais la vraie question qu'il faut se poser,
04:03c'est pourquoi est-ce qu'on en est arrivé là ?
04:05Et en l'occurrence, la responsabilité de cette situation,
04:08elle incombe aux Républicains, à la droite sénatoriale,
04:12qui a fait le choix de bloquer toute espèce de compromis
04:15au sein de la commission mixte paritaire.
04:17C'est la droite de Bruno Retailleau,
04:19qui considère que dès qu'on fait un pas en avant
04:21dans le sens de la justice sociale, du progrès social...
04:24On se trouve pas gauche, en fait.
04:25Oui, d'accord, mais à un moment donné,
04:27il faut aussi tenir compte du rapport de France dans la société.
04:29Il y a une majorité de Français qui considèrent qu'aujourd'hui,
04:32on a besoin de faire plus de justice sociale,
04:34plus de justice fiscale.
04:35Et on a face à nous des gens qui ont fait jouer leur droit de veto
04:38et qui ont bloqué la situation, bloqué le pays.
04:40Donc si on en est là, c'est à cause de la droite ?
04:42À cause de la droite sénatoriale, à cause de Bruno Retailleau,
04:45qui ne veut pas qu'on aille dans le sens de plus de justice sociale.
04:48Il faudrait juste rappeler deux choses.
04:49Comment vous allez vous mettre d'accord,
04:50puisque après deux mois de discussion,
04:53finalement, Sébastien Lecornu a échoué.
04:55Pourquoi ça changerait au mois de janvier ?
04:57Parce que je pense qu'il faut faire la politique de la majorité
04:59et pas la politique de la minorité.
05:01Il y a une majorité de Français qui considèrent que, par exemple...
05:04Oui, mais là, ce n'est pas les Français, c'est les parlementaires.
05:05Oui, mais il faut mettre davantage à contribution les grandes fortunes
05:08plutôt que d'imposer des punitions supplémentaires
05:11aux classes populaires, aux classes moyennes.
05:12C'est ce que les Français ont dit aux dernières élections législatives.
05:15À un moment donné, si les parlementaires pouvaient profiter
05:17de leur soirée de Noël pour écouter un peu ce que disent les Français,
05:20je pense qu'on en sortirait un peu mieux.
05:22On va retrouver à l'Assemblée nationale notre envoyée spéciale,
05:24Milane Argelas.
05:25Milane, pas de surprise, la loi spéciale a été adoptée.
05:28En fait, tous les députés présents ont voté pour.
05:31Oui, alors Olivier, une loi spéciale adoptée, vous l'avez dit,
05:35à l'unanimité, il n'y avait pas vraiment de surprise.
05:37On a vu juste des abstentions du côté des rangs insoumis
05:41qui nous avaient déjà annoncé qu'ils comptaient s'abstenir sur ce texte.
05:45Mais donc, cette loi spéciale a été adoptée à l'unanimité.
05:49496 voix pour, zéro contre.
05:52La loi spéciale qui termine donc ici son parcours à l'Assemblée nationale,
05:56car on le rappelle, pour qu'une adoption soit définitive sur cette loi spéciale,
06:00il va falloir maintenant que les sénateurs adoptent ce texte
06:03avec des discussions et un vote prévu dans la soirée.
06:07On a entendu, Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
06:10se féliciter de cette adoption de cette loi spéciale.
06:14Maintenant, tous les regards sont tournés ici à l'Assemblée nationale
06:17vers les discussions budgétaires qui reprendront en janvier 2026.
06:21Une prise de parole du Premier ministre est d'ailleurs attendue en fin de journée sur le sujet.
06:26Alors, merci Milane.
06:28Il faut préciser que Sébastien Lecornu va prendre la parole tout à l'heure à 19h30.
06:31Pour dire quoi, en fait ?
06:33Pour acter que cette loi spéciale, pour assurer les Français que la continuité de l'État est assurée ?
06:39Ce qui est sûr, en tout cas, c'est qu'il n'a pas prévu de faire d'annonce supplémentaire.
06:42On a parlé, je crois, toute la journée, toutes les dernières heures, du 49-3, pas 49-3.
06:47On ne saura pas dans les prochaines heures.
06:50Il n'a pas prévu de redire comment il comptait de faire adopter ce budget en janvier.
06:56C'est une sorte de point d'étape, comme il en a fait régulièrement lors des débats budgétaires.
07:00Fidèle à la stratégie qui a été la sienne jusqu'ici,
07:03qui est de prendre à témoin les Français pour dire
07:05« c'est les parlementaires qui doivent être responsables, c'est eux qui votent le texte,
07:09le gouvernement ne fait que faciliter les discussions,
07:12enfin, chaque député, chaque sénateur doit bien avoir conscience que c'est sur lui qu'il repose la charge, etc. »
07:17Donc, il se sert de ce qui est, pour l'instant, l'un des outils à sa main, l'opinion,
07:23pour essayer de continuer à travailler ce corps parlementaire,
07:28le préparer pour le mois de janvier, et sans doute aussi pour annoncer les échéances à venir,
07:32puisque, de ce que l'on comprend, le chef du gouvernement compte profiter de ce répit de Noël
07:38pour poursuivre les échanges avec les groupes, pour voir jusqu'où il est possible d'aller en janvier.
07:46Je rappelle que Philippe Jumain...
07:46– Et sur quelle copie vont-ils reprendre les discussions ?
07:48– Celle du Sénat.
07:49– La copie du Sénat, c'est-à-dire Roland Lescure, ministre de l'Économie,
07:52le confirmer aujourd'hui sur BFMTV.
07:53– Celle, la dernière qui a été votée par des parlementaires.
07:57– Et avec des objectifs de déficit, pas du tout, rendez-vous aussi.
08:01– Ça vous convient, ça, de reprendre la copie sénatoriale ?
08:03– C'est affreuse, la copie qui sort du Sénat, qui a donc été écrite par la droite sénatoriale,
08:08elle est affreuse, personne ne l'a dit, mais vous vous rendez compte que la droite sénatoriale,
08:12la même semaine, quand on discutait du PLFSS, elle a gelé les prestations sociales
08:18et elle a supprimé la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises,
08:21celles qui ont plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
08:23– Que voudrait remettre le gouvernement, Roland Lescure, l'avis ce matin ?
08:26– Heureusement, ça vous dit un peu le niveau de prise en compte de l'exigence de justice sociale ?
08:31– Avec des déficits plus importants, alors étonnamment, la droite laisse filer les déficits à 5,3.
08:37– Oui, exactement.
08:37– Évidemment, parce qu'elle a supprimé des recettes,
08:39parce qu'elle a supprimé en l'occurrence des recettes qui pesaient sur de très grandes entreprises.
08:43– Pour qu'on arrête un peu ce manège qui fatigue tout le monde,
08:45pourquoi ne pas demander à M. Lecornu de passer par le 49,3 et puis on passe à autre chose ?
08:50– Mais une fois de plus, la question c'est, le 49,3 pour imposer quel type de budget ?
08:54Un budget qui demande des efforts à qui ? Est-ce qu'on demande encore des efforts ?
08:57– Le 49,3 vous dites oui, mais ça dépend de la copie.
09:00– En vrai, le sujet, non mais moi je ne dis pas oui au 49,3,
09:02jusqu'à présent, le 49,3 a systématiquement servi ces dernières années
09:06à imposer des budgets qui rendaient la vie plus difficile aux classes populaires et aux classes moyennes.
09:11– Alors je repose ma question, si la copie qui est soumise au 49,3 vous convient,
09:16vous ne censurez pas, vous laissez passer.
09:17– Vous avoue que ce serait quand même un sacré changement.
09:19– Il va falloir faire des concessions du côté du gouvernement.
09:21– Très bien, et bien dans ce cas-là, regardons ce que le gouvernement est prêt à consentir.
09:27Mais pour le moment, on n'a pas eu de signaux majeurs
09:30qui montrent qu'il y a de la justice sociale et de la justice fiscale qui est prise en compte.
09:33– Pourquoi ce qui a été possible avec le budget de la Sécurité sociale
09:36coince avec le budget de la nation ?
09:38– Sans doute parce que les gestes que fait le gouvernement et le deal qui a été passé avec le Parti socialiste
09:48ne se passent pas de la même manière sur le budget de la Sécurité sociale que sur le budget de l'État.
09:55Et que les économies proposées par le gouvernement ne vont pas dans le sens de ce que demande le Parti socialiste.
10:02il faut quand même revenir à l'origine aussi de ce qui a été topé.
10:06Même si Matignon refuse l'idée, le terme de deal avec le PS.
10:11Mais c'est quand même entre les mains de 69 députés socialistes
10:15que repose ou pas l'avis du gouvernement de Sébastien Lecornu.
10:21– Il faut acheter la non-censure d'Olivier Faure, c'est ça ?
10:25– C'est sans doute l'Olivier Faure.
10:29Il y avait la réforme des retraites dans le budget de la Sécurité sociale,
10:32la suspension justement en l'occurrence de la…
10:34– Et là, qu'est-ce qui pourrait faire bouger les choses ?
10:35– Là, il ne s'agissait pas de non-censure, il s'agissait de vote favorable
10:39pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale des socialistes.
10:41– Non mais là, si on va vers un 49.3.
10:43– Et d'abstention, juste pour poursuivre, d'abstention des écologistes.
10:46Donc en réalité, il fallait faire bouger deux groupes.
10:49Et un certain nombre de membres éminents de la majorité disaient
10:52précisément parce que chacun a fait l'effort sur le projet de loi
10:55de financement de la Sécurité sociale, il devient plus coûteux
10:58de le faire aussi sur le budget de l'État.
10:59Les efforts ont été faits si le Parti socialiste,
11:02si les écologistes laissaient passer le budget de l'État,
11:05je pense que l'ensemble de leurs partenaires de gauche disaient
11:07« Bon, c'est bon, vous faites partie du Bloc central ».
11:10Donc, de toute façon, il était difficile, même politiquement,
11:12d'assumer ces deux gestes à deux semaines d'écart.
11:16Pourquoi est-ce que le mois de janvier peut être plus facile ?
11:18Parce qu'il y a un calendrier politique qui est de fait plus favorable,
11:21ou en tout cas que le Premier ministre espère plus favorable, en janvier.
11:23En janvier, il y a certes le retour du budget à l'Assemblée nationale,
11:27il y a la signature du Mercosur qu'Ursula von der Leyen souhaite au 12 janvier,
11:31il y a le procès de Marine Le Pen qui reprend en appel,
11:33il y a des municipales qui sont prévues par la suite.
11:36Et donc, de fait, autour du Premier ministre,
11:39on espère que tout cela bouge un peu aussi les positionnements des uns et des autres
11:42que là où, au fond, il était gratuit, si j'ose dire,
11:46d'exprimer sa mauvaise humeur, ou en tout cas son désaccord en décembre,
11:49il le sera peut-être un peu plus coûteux en janvier.
11:52C'est un pari qui est risqué parce qu'il peut être aussi un peu plus coûteux
11:55de laisser passer un budget qui demande beaucoup d'économie et beaucoup d'efforts.
11:59C'est la théorie, vous savez, du filtre à café qu'on a théorisé aussi à Matignon,
12:03c'est-à-dire qu'on met les gros grains de café, on laisse infuser tout ça,
12:07et puis on ne retient à la fin qu'un café le plus filtré possible.
12:10Après, il faut voir si ça contente les uns et les autres
12:13et que les positions ne se dire si ce n'est pas au cours des nouveaux débats au mois de janvier.
12:17– Que pense ce monde économique ?
12:19Et là, je vais me tourner vers Frédéric Bianchi,
12:21élector en chef BFM Business, et Christian Fontaine,
12:24élector de la rédaction du revenu.
12:26Bon, la loi spéciale va passer.
12:28À l'Assemblée et le Sénat, il n'y a pas vraiment d'enjeu, de suspense.
12:32Mais il n'y a toujours pas de budget.
12:34– Il n'y a pas de budget.
12:35– Est-ce que c'est vraiment rassurant pour le monde économique ?
12:36– Non, ce n'est absolument pas rassurant.
12:38Vous savez, les acteurs économiques, que ce soit les ménages ou les entreprises,
12:40sont un peu aujourd'hui dans la situation des automobilistes.
12:43Ils sont obligés de conduire par temps de brouillard.
12:45Et lorsque vous conduisez par temps de brouillard,
12:47vous appuyez sur les deux freins.
12:49Et donc très concrètement, ça signifie des chefs d'entreprise
12:51qui repoussent leurs décisions d'investissement.
12:54Ça signifie des particuliers inquiets,
12:56et donc des particuliers qui épargnent.
12:5819% d'autos d'épargne en France est absolument un record.
13:03Et donc bien sûr, il faut en sortir.
13:05Et plus les semaines vont avancer, plus les mois vont s'écouler,
13:09plus il y a un risque d'impact de l'absence de budget sur l'activité économique,
13:15qui pour l'instant a à peu près bien tenu.
13:18Mais très vite, dès le mois de janvier,
13:20vont se poser des questions pour les impôts à payer en 2026,
13:26sur les revenus de 2025, notamment l'indexation.
13:29Il va bien falloir prendre une décision sur l'indexation du barème.
13:34Donc non, les acteurs économiques attendent d'y voir un tout petit peu plus clair
13:38pour repartir de l'avance.
13:39Donc cette situation ne peut pas durer encore très longtemps ?
13:41Elle ne peut absolument pas durer.
13:43On a gagné un peu de temps, mais il faut aller...
13:44On a gagné du temps, c'est vrai que sur le plan budgétaire,
13:48on a un peu l'impression, vu de l'extérieur, c'est 4 mois pour rien.
13:51Mais sur le plan très concret, le budget est toujours généralement adopté
13:55dans les derniers jours du mois de décembre.
13:59Là, pendant un mois, un mois et demi, on a mis cette rustine.
14:02Mais pour les acteurs économiques, ce n'est clairement pas satisfaisant.
14:05Alors avant de vous faire réagir, Frédéric, on va retourner à l'Assemblée nationale.
14:08Nous sommes avec le député macroniste, député ensemble pour la République de l'Essonne,
14:11Paul Midy.
14:12Bonsoir, Paul Midy, à cause de vous et de vos collègues.
14:15Le monde économique est dans le brouillard.
14:16Oui, vous savez, on travaille depuis plusieurs mois pour réussir à aboutir sur un budget.
14:22Et c'est le travail qu'on va évidemment continuer maintenant que la doula spéciale a été adoptée.
14:27Et vous avez raison, il faut qu'on arrive à donner rapidement le plus de visibilité,
14:32de stabilité à toutes les Françaises et tous les Français,
14:35mais aussi en particulier à nos acteurs économiques.
14:37Et donc le travail continue.
14:39Il faut que nous arrivions à aboutir sur un budget le plus rapidement possible
14:44dans les prochains jours et les prochaines semaines.
14:47Ça doit se faire par le compromis.
14:49C'est possible et c'est nécessaire, comme vous le dites, vous avez raison.
14:52D'accord, Paul Midy, mais pourquoi la méthode Lecornu fonctionnerait en janvier
14:56alors qu'elle a échoué en décembre ?
14:58Non, vous ne pouvez pas dire que ça a échoué, puisque nous avons réussi...
15:01Il y a eu un semi-échec.
15:02Vous avez réussi avec la Sécu et vous avez raté avec le budget de la Nation.
15:05Oui, non mais attendez, regardez, il faut reprendre les choses dans le bon ordre.
15:10Nous avons réussi à faire voter le PLFSS, c'est 60% de la dépense publique.
15:15Nous avons fait ça il y a 10 jours.
15:18C'est revenu sur le PLF, qui est l'entièreté de la dépense publique.
15:23Et le travail est en cours.
15:24Et donc ça continue, si vous regardez le temps qui a été pris...
15:26Sur quoi vous allez lâcher pour...
15:28Vous avez vu le temps qui a été pris pour réussir à faire voter le PLFSS.
15:31Il faut au moins le même temps pour arriver sur le PLF.
15:34Donc nous y arriverons.
15:35Mais ça demande encore un petit peu de travail.
15:38Sur quoi vous allez lâcher pour satisfaire les députés socialistes ?
15:42Alors, pardon, je n'utiliserai pas ce mot-là, désolé de vous embêter, mais on ne lâche pas des choses.
15:48Vous avez lâché la suspension de la réforme des retraites.
15:51On fait un compromis avec parfois effectivement des mauvaises mesures qu'on accepte dans le compromis,
15:55parce que ce sont nécessaires pour avoir un budget,
15:58et des mesures sur lesquelles on arrive à avancer.
16:00Nous, on va continuer à pousser.
16:02Le fait de soutenir le travail, de ne pas augmenter l'impôt sur le revenu sur les travailleurs,
16:07de ne pas augmenter les charges pour tous ceux qui travaillent.
16:10On va continuer à soutenir nos entreprises.
16:13Et on repoussera évidemment les horreurs qui ont été votées par le Rassemblement National et la France Insoumise,
16:18main dans la main, 34 milliards d'euros d'impôts sur nos entreprises petites et grandes.
16:22Et bien ça, on va les repousser.
16:24Et puis on continuera à soutenir la recherche et l'innovation,
16:27parce que c'est ça notre sens de demain.
16:29Et donc, nous, on poussera ces sujets-là.
16:32Vous savez très bien que les socialistes ou les écologistes n'ont pas intérêt à voter un budget,
16:36puisqu'ils sont dans l'opposition.
16:38Donc il faut le 49-3.
16:40Pourquoi attendre ? Pourquoi tergiverser, alors que beaucoup en coulisses réclament ce 49-3 ?
16:46Écoutez, le 49-3, c'est la responsabilité du Premier ministre.
16:49Donc je vous laisserai lui poser la question.
16:50Ce qui est important au 49-3 ou pas, c'est qu'il faut qu'on ait un texte de compromis.
16:57Mais est-ce que vous êtes pour le 49-3 ?
16:59Ça n'est pas ma responsabilité.
17:02Vous pouvez avoir un avis quand même, vous êtes député.
17:04Le Premier ministre a proposé qu'on n'utilise pas le 49-3 à la demande des socialistes.
17:08Oui, mais vous, qu'en pensez-vous ?
17:10Il n'a pas changé d'avis.
17:11Écoutez, moi je pense que le travail que nous faisons depuis plusieurs mois avance et marche.
17:16Nous avons réussi à faire voter le PLFSS.
17:19Il faut qu'on continue pour réussir à avoir un PLF.
17:22Donc on a du temps à perdre comme ça dans les discussions interminables.
17:25Il n'y a pas d'autre chose à réformer dans ce pays.
17:28Ça fait déjà deux mois, plus de deux mois que vous êtes sur le budget.
17:30C'est un spectacle quand même que vous offrez aux Français qui semble assez incroyable.
17:35Non mais attendez, vous ne pouvez pas balayer d'un revers de la main les discussions qui pèsent sur 1 600 milliards d'euros de dépenses publiques et sur autant d'impôts.
17:45Donc pardon, bien sûr que ça prend du temps.
17:48Bien sûr qu'il faut qu'on aille le plus vite possible, qu'on accélère.
17:51Moi je pense qu'on peut aboutir dans les prochains jours et les prochaines semaines.
17:54C'est ce à quoi on s'emploie jour, nuit, semaine et week-end.
17:59Et donc nous y arriverons.
18:01C'est le travail que nous faisons en ce moment.
18:04Mais on ne peut pas bâcler totalement ce travail non plus.
18:08Et donc on a réussi avec le PLFSS.
18:10Eh bien nous réussirons avec le PLF, avec le projet de loi de finances.
18:14Et donc il ne faut pas générer du stress inutile pour nos compatriotes ou pour les acteurs économiques.
18:19Bien sûr qu'il faut de la visibilité, de la clarté, il faut que ça arrive le plus vite possible.
18:24Mais ne générez pas plus de soucis que le pays n'en a.
18:29Et donc moi je veux donner un peu d'optimisme.
18:32Et nous y arriverons, j'espère, le plus rapidement possible.
18:36On y travaille.
18:37Et c'est ce que nous devons faire dans les prochains jours.
18:41Continuons à travailler dans les prochains jours et dans les prochaines semaines s'il le faut.
18:44Merci Paul Midy en direct de l'Assemblée nationale.
18:46Alors cette loi spéciale qui vient d'être adoptée à l'Assemblée nationale,
18:49de quoi s'agit-il précisément ?
18:50Qui gagne ? Qui perd avec cette loi ?
18:53On va voir tout cela avec Julien Migaud-Muller.
18:55Bonsoir, rebonsoir Julien.
18:57Rebonsoir.
18:57Peut-être tout d'abord les perdants alors ?
18:59Oui les perdants.
19:00Il y en a plusieurs évidemment.
19:02200 000 ménages déjà qui pourraient se mettre à payer l'impôt sur le revenu.
19:06Pourquoi ?
19:06Eh bien parce que le barème de cet impôt se retrouve gelé.
19:10Or d'habitude il est indexé sur l'inflation.
19:13Ce qui veut dire que si votre salaire a augmenté même de quelques euros,
19:16eh bien vous pourriez y laisser quelques plumes.
19:19Dans la liste des perdants, il y a également celles et ceux qui comptaient sur le dispositif,
19:23ma prime Rénov' pour faire des travaux et obtenir ensuite une subvention.
19:27Eh bien le guichet est fermé tant que le budget n'a pas été voté.
19:31Et puis il y a également le budget défense qui devait bénéficier d'une rallonge de 6,7 milliards d'euros.
19:37Là encore pour le moment c'est compromis.
19:39Malgré ça, il y a quand même quelques gagnants et ce sont les grandes entreprises.
19:44Pourquoi ? Eh bien parce que l'année dernière, enfin plutôt cette année, j'ai pris un petit peu d'avance,
19:48elles ont dû payer une contribution exceptionnelle de 8 milliards d'euros.
19:53Et pour le moment, pas de budget et donc pas de prolongation de cette taxe.
19:58Merci Julien.
19:58Frédéric Bianchi, on voit quand même que ça a des conséquences, cette loi spéciale.
20:02Par exemple sur la prive Rénov', c'est une mauvaise nouvelle pour les artisans
20:05qui voudraient savoir précisément comment ça va se passer en 2026 avec cette plume.
20:09La loi spéciale, c'est une mauvaise nouvelle pour tout le monde.
20:10Ce n'est pas anodin, ce n'est pas un simple pisalet.
20:12Alors comme disait ce matin le ministre de l'économie,
20:14alors chacun membre du gouvernement a sa métaphore.
20:16Un coup c'est la rustine, un coup c'est la roue de secours pour aller au garage.
20:19Alors c'est vrai qu'il y a beaucoup de créativité en matière de métaphore.
20:22Il n'empêche que ça sert simplement à éviter une chose,
20:25le shutdown à l'américaine, la banqueroute en fait.
20:27Ça va permettre aux organismes de sécurité sociale de s'endetter,
20:30de pouvoir relever de l'argent sur les marchés,
20:34et ça va permettre de payer les fonctionnaires.
20:35C'est tout, ni plus ni moins.
20:37En revanche, ça va avoir des conséquences pour nous tous
20:38si on passe une année en loi spéciale.
20:41Imaginons, imaginons qu'on ne se mette pas d'accord sur le budget.
20:43L'année dernière on s'était mis d'accord en février finalement.
20:45Un an de loi spéciale, c'est à peu près un déficit qu'on estime
20:49entre 5,5, 5,6, 5,7% du PIB.
20:53Quasiment d'un niveau jamais vu en période...
20:55– Pardon, mais selon Bercy, parce que là aussi il y a débat,
20:58ça aurait coûté l'année dernière 12 milliards sur 6 semaines.
21:01– 12 milliards, c'est des chiffres qui sont un peu contestés.
21:03– 4,3 PIB, alors après voilà c'est très difficile.
21:05– En même temps on fait des économies puisqu'on n'embauche plus de fonctionnaires là.
21:08– Oui, alors on fait des économies, on n'embauche plus de fonctionnaires,
21:10mais quand même il faut faire des économies.
21:12En tout cas l'objet aujourd'hui de ce budget, de ce PLF 2026,
21:16si justement on n'arrive pas à se mettre d'accord,
21:17c'est qu'il y a des économies à faire.
21:19Sans ça, une année de loi spéciale, c'est des dépenses en plus,
21:22et c'est des impôts en plus comme l'a dit tout à l'heure notre journaliste.
21:28Il y a plein de gens qui vont rentrer dans l'impôt
21:29parce qu'on ne va pas indexer le barème de l'impôt sur l'évolution des revenus,
21:34ça fait des centaines de milliers de Français qui vont payer plus d'impôts
21:37ou qui vont rentrer dans l'impôt alors qu'ils ne sauraient pas rentrer.
21:39Si on n'a pas de budget, d'ici avril, c'est ce que précisait la ministre des Comptes publiques.
21:47C'est un lieu noir, on n'y est pas encore.
21:48Frédéric Bianchi, il est comme ça lui, un an de loi spéciale.
21:51On peut quand même espérer un scénario comme l'année dernière,
21:54parce qu'on est en train de revivre à peu près le même scénario.
21:56Et donc l'année dernière, effectivement, on avait eu une loi de finances promulguée
21:59pour la Saint-Valentin au 14 février.
22:03Et c'est vrai qu'il n'y avait pas eu de réforme fiscale très approfondie.
22:08Il y avait quand même eu une hausse de la taxation sur les grandes entreprises
22:12et puis une hausse sur les épargnants les plus aisés.
22:14On peut peut-être imaginer un scénario assez analogue à l'année dernière.
22:19La seule certitude qu'on a aujourd'hui, c'est la loi spéciale.
22:21Et le budget, on n'a aucune certitude.
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