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  • il y a 4 minutes
Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00A la une de BFM, grand soir également, de nouvelles sanctions américaines sur le pétrole iranien.
00:05Elles ont été annoncées juste après de premières négociations entre Américains et Iraniens dans le sultanat d'Oman.
00:12On vous expliquera dans un instant le climat extrêmement tendu qui règne,
00:16notamment à cause de la présence d'un très haut gradé militaire américain
00:21qui a fait peser la menace militaire sur ces négociations.
00:23Et on va revenir justement sur cette première journée de négociations avec vous, Jeanne Daudet.
00:27Merci d'être là. Vous êtes l'une des envoyées spéciales de BFM TV dans la région.
00:31Que faut-il retenir précisément, Jeanne, de ces discussions qui ont été prêtes,
00:36et Mathieu vous le disait, immédiatement suivies de nouvelles sanctions américaines.
00:39Et on y reviendra sur ce fameux pétrole iranien.
00:44Oui, effectivement, des sanctions américaines que l'on a apprises quelques heures seulement après la fin de ces négociations.
00:50Et c'est finalement la seule réaction côté américain.
00:56S'il n'y a pas eu de déclaration officielle justement de la part de haut gradé aux Etats-Unis
01:02ou de la part de porte-parole aux Etats-Unis.
01:05Les deux délégations qui se sont parlé de manière indirecte via le ministre des Affaires étrangères d'Omane,
01:13c'est lui qui a fait la navette entre les deux délégations.
01:16D'abord pour aller parler aux Iraniens, ensuite pour parler côté Etats-Unis.
01:20Et à chaque fois les deux parties qui se sont exprimés et qui ont exposé chacun leurs conditions en vue de prochaines négociations.
01:28Alors on a appris quand même ce soir que certains diplomates côté américain s'étaient entretenus là directement avec le ministre des Affaires étrangères iranien.
01:38Ce ministre qui s'est exprimé lui un peu plus tard dans l'après-midi, vous allez l'entendre un ton optimiste certes,
01:47mais il veut rester tout de même un peu réservé. Écoutez.
01:51Dans l'ensemble, je peux dire que c'est un bon début, mais il y a une méfiance très profonde qui est apparue après les frappes cet été
02:01et qui s'ajoute à la méfiance plus ancienne avec les Etats-Unis et qui constitue bien sûr un défi sérieux pour les négociations.
02:11Alors les deux camps se sont tout de même entendus.
02:14Pour poursuivre ces négociations, reste à savoir quand et comment elles auront lieu, mais surtout sur quel sujet,
02:20puisque du côté iranien, eh bien le chef de la diplomatie iranienne assure ce soir que cela porterait exclusivement sur la question nucléaire.
02:29Mais on l'a dit, on l'a répété, Washington veut pourtant élargir ses échanges, d'abord sur le programme des missiles balistiques,
02:37mais également sur les liens de l'Iran envers des groupes armés dans la région comme le Hezbollah ou encore le Hamas.
02:43Remercie Jeanne Daudet avec Olivier Saint-Paul.
02:46Si vous nous rejoignez, on va continuer à vous parler de cette première journée de négociations.
02:49On va parler aussi, bien évidemment, du peuple iranien.
02:52Parce que c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup et vous êtes là pour en parler.
02:55Voilà, en ce moment, vous regrettez qu'on ne parle que, justement, de cette répression américaine.
02:59Mais on vous donnera la parole.
03:00Merci d'être avec nous, Fariba Ashtroudi.
03:01Merci à vous.
03:02Vous êtes journaliste écrivaine iranienne et présidente de l'association ô combien important, Moussen Ashtroudi.
03:07Vous nous direz tout dans un instant.
03:09Vous êtes également avec nous, Emmanuel Gallichet, pour le volet nucléaire.
03:12Vous êtes enseignante, chercheuse en physique nucléaire, consultante BFM TV.
03:15Ulysse Gosset est toujours là.
03:17Et de l'autre côté de la table, il y a Antoine Bassebouze.
03:19Merci d'être là, cher Antoine, politologue associé chez Forward Global, directeur de l'Observatoire des Pays Arabes.
03:24Jean-Claude Beaujour est toujours là.
03:26Et le général Bruno Dari, aussi ancien gouverneur militaire de Paris.
03:29On va s'interroger et on va regarder ensemble deux images.
03:33Deux images qui nous ont marquées.
03:35Parce que pendant ces négociations, il y a une guerre de communication qui se joue entre les Etats-Unis et l'Iran.
03:42Vous voyez d'un côté les images de ce missile balistique iranien, le Koromachar 4.
03:50C'est bien ça, le Koromachar 4.
03:52Ce sont des images de propagande diffusées hier par la télévision iranienne,
03:56mais si capables d'atteindre Israël en 12 minutes.
03:59Et puis de l'autre, celle de l'immense porte-avions américain, l'USS Abraham Lincoln,
04:04publié cette fois ces images par le commandement central des Etats-Unis.
04:07Et pour les analyser, nous sommes avec Marion Boucher, ancienne pilote de Mirage 2000.
04:11Merci d'être là.
04:12Et nous sommes aussi avec Gaëtan Powys, journaliste Air Défense à Air Cosmos.
04:17Merci d'être là, Gaëtan.
04:18On va commencer par vous, Marion Boucher.
04:19Ces images en accéléré, notamment de l'immense porte-avions américain, l'USS Abraham Lincoln,
04:25elles ont été donc publiées hier.
04:27Vous qui avez piloté des avions de chasse, est-ce qu'elles vous impressionnent ?
04:31Et qu'est-ce que ces images nous disent ?
04:33Elles ont été publiées à la veille des négociations, justement, sur la puissance américaine dans la région.
04:37Oui, c'est extrêmement impressionnant.
04:41Alors moi, je n'ai pas eu la chance de pouvoir évoluer sur un porte-avions,
04:46puisque c'est réservé aux pilotes de la marine.
04:48Mais ceci dit, l'aéronautique qui met en œuvre des procédures extrêmement précises
04:56et extrêmement ordonnées, c'est encore pire sur des espaces extrêmement exigus,
05:06comme un porte-avions, où la piste d'envol, enfin le pont d'envol plutôt,
05:11fait environ 350 mètres, là où nous utilisons des pistes de 2 km.
05:16Donc il faut arriver à stocker tous ces appareils.
05:18Un porte-avions américain emporte à peu près 70 appareils,
05:24arriver à les faire évoluer depuis l'endroit où ils sont parqués jusqu'au pont d'envol
05:30et ensuite arriver à tous les envoyer.
05:33Donc moi, je trouve ça extrêmement impressionnant.
05:35Ça montre la maîtrise et la puissance de feu des États-Unis.
05:39Et évidemment, le message envoyé à l'Iran est qu'ils sont extrêmement prêts à la mettre en œuvre.
05:44– Alors on voit une douzaine d'avions de chasse environ sur ces images.
05:49Il en faut combien pour mener des frappes ?
05:51Voilà, si les États-Unis voulaient, par exemple, faire tomber le régime des MOLA,
05:56ce serait quoi l'option retenue pour une telle opération ?
06:00– Alors vous direz exactement combien il faut d'avions, c'est un peu compliqué
06:04parce qu'il faudrait en fait déjà connaître les cibles qu'ils vont taper.
06:10Donc certainement, soit des centres du pouvoir, soit des éléments qui peuvent être tactiquement intéressants.
06:21Est-ce qu'ils ont par exemple une idée d'où peuvent se cacher les dirigeants iraniens ?
06:26Ce qui est sûr, c'est qu'on prévoit toujours beaucoup plus d'avions que ce qui serait nécessaire
06:31puisqu'on anticipe les différents cas.
06:33Donc il est évident que les Américains ont envoyé ce qu'il faut pour pouvoir mener les raids.
06:41Ce sont des raids extrêmement complexes.
06:42Vous allez effectivement avoir des avions comme les F-18 ou les F-35 qui peuvent réaliser des attaques,
06:48mais aussi des avions qui vont servir en appui pour brouiller par exemple les radars
06:52ou la défense aérienne iranienne et ainsi éviter que le raid américain soit intercepté.
06:59Donc vous avez effectivement les avions qui frappent, mais vous avez aussi toute la coalition,
07:04enfin tout le raid qui va les accompagner.
07:07– Tout ça est passionnant Marion Boucher.
07:09Alors en face de vous, il y a Gaëtan Powys qui lui est journaliste défense au magazine Air et Cosmos.
07:15Il se trouve que vous avez fait un reportage sur un porte-avions américain justement.
07:19Qu'est-ce qui vous a le plus impressionné pendant ce reportage ?
07:24– Concrètement, un porte-avions américain, comme ce qui a été dit en dehors du volet avion et puissance,
07:29c'est une véritable chorégraphie.
07:31Pourquoi ? Parce que les images ne le montent pas spécialement.
07:35C'est l'un des endroits les plus dangereux au monde.
07:38Il suffit qu'une simple accroche, un simple bout métallique lâche sur un des avions.
07:43Le problème c'est que ce bout métallique permettait d'emporter une bombe.
07:47Résultat, l'avion qui apponte ou l'avion qui est catapulté projette sa bombe sur le pont d'envol
07:53avec à côté d'autres avions qui sont eux aussi armés.
07:57Ce qui fait qu'en très très très peu de temps, ce pont d'envol peut devenir une véritable fournaise,
08:01peut devenir une véritable catastrophe.
08:03Donc c'est extrêmement chorégraphié.
08:05Chacun sait où il doit se trouver, où il ne doit surtout pas se trouver.
08:08Et il y a toute cette, vraiment c'est comme une chorégraphie avec de nombreux systèmes de sécurité,
08:15avec des relais, avec les chiens jaunes.
08:18C'est des personnels qui sont habillés de couleur jaune.
08:20Il y a tout un code couleur sur le pont d'envol.
08:22Et puis il y a aussi tout ce qu'on ne voit pas sur la vidéo qui est montrée ici par le commandement central.
08:27Ce sont les trois destroyers, dans le cas de l'Abraham Lincoln,
08:30qui servent à la fois de points de feu, de points d'appui feu,
08:35puisque peuvent frapper avec des missiles Tomahawk l'Iran,
08:38mais aussi pouvoir intercepter les nombreux missiles, en ce compris les missiles balistiques,
08:43avec par exemple le missile SM-3.
08:45Donc c'est à la fois une option qui est offensive avec les avions,
08:48mais aussi défensive avec les destroyers.
08:51Alors parlez-nous maintenant de cette autre image de propagande
08:53qui nous vient des Iraniens, cette fois diffusée hier.
08:56On nous dit que ces images remontent à 2024.
08:59On y voit un missile Koramshar 4.
09:01On va le voir ce missile, on le voit à l'antenne actuellement.
09:05Quelles sont ces caractéristiques ?
09:06On nous dit qu'il pourrait atteindre Israël en 12 minutes.
09:09C'est bien ça Gaëtan.
09:11Et qu'est-ce que veut nous dire aussi ce régime iranien
09:13en diffusant ça à la veille de négociations ?
09:16Concrètement, l'Iran montre ses muscles.
09:19A la fois, comme vous l'avez montré avec les images,
09:23d'un côté les Américains montrent leurs muscles avec le porte-avions,
09:25de l'autre, les Iraniens montrent qu'ils peuvent aussi frapper Israël
09:29avec deux puissants moyens.
09:30Concrètement, le missile Koramshar 4 représente un nouveau missile,
09:35un missile qui pourrait sembler classique,
09:37puisque l'Iran dispose de missiles équivalents.
09:39On est sur 2000 km de portée, un système qui est mobile,
09:43qui est transporté depuis un camion et tiré depuis ce camion.
09:46Avec une vitesse, on est à max 16,
09:48donc on est légèrement en dessous de 20 000 km heure,
09:52donc c'est très rapide.
09:52Mais inversement, ce n'est pas ça qui fait la nouveauté,
09:56c'est ce qui est annoncé.
09:57Il peut être mirvé, à savoir qu'il peut emporter,
10:00non pas spécialement une charge d'une tonne et demie,
10:03mais différentes charges militaires qui font au total une tonne et demie.
10:08Et de fait, vous pouvez avoir cette capacité de frappe
10:11sur des cibles qui sont extrêmement protégées.
10:15Je pense notamment aux différents systèmes anti-missiles israéliens.
10:18Mais au lieu de devoir abattre en plein vol un seul missile,
10:22ils devront pouvoir abattre différents systèmes,
10:25différents missiles, différentes charges militaires
10:29qui auront été transportées par un seul missile.
10:31Donc ça devient beaucoup plus compliqué.
10:33Et le problème dans cette histoire,
10:35c'est qu'une poignée de ces missiles
10:37peuvent permettre d'ouvrir la voie à des missiles
10:40qui sont moins spécifiques, moins techniques,
10:44mais qui de fait, de par les tirs précédents,
10:47les Israéliens ne peuvent plus répliquer
10:49et donc ouvrent la voie à des frappes bien plus conséquentes.
10:53Merci beaucoup Gaëtan Poiss.
10:55Merci aussi à Marion Boucher, ancienne pilote de Mirage 2000.
10:58Alors Gaëtan le disait,
11:00s'il y a un pays qui observe attentivement ces missiles,
11:04c'est Israël.
11:05Igor Saïry, vous êtes l'envoyé spécial de BFM TV à Tel Aviv.
11:10Quel est le niveau d'inquiétude de la population
11:12et est-ce que ces négociations sont d'ailleurs très suivies ?
11:16Ces négociations sont évidemment très suivies ici
11:20parce que l'Iran en tant que tel représente une menace existentielle pour Israël.
11:25D'abord parce que l'Iran a toujours considéré Israël comme le petit Satan,
11:29a toujours voulu sa disparition,
11:31notamment en aidant ces milices paramilitaires
11:35que sont les Houthis au Yémen,
11:37le Hezbollah au Liban
11:38ou encore le Hamas ou le djihad islamique.
11:42Et puis aussi parce qu'ici on se souvient
11:43de la guerre des 12 jours il y a 7 mois maintenant
11:46qui avait fait une trentaine de morts,
11:49plusieurs dizaines de blessés
11:50et des dégâts matériels extrêmement importants
11:53à cause des fameux missiles balistiques iraniens.
11:57Et ici on est persuadé que depuis la fin de cette guerre de 12 jours
12:00la production de ces missiles se poursuit.
12:03on dit même qu'elle se poursuivrait à un rythme
12:06de fabrication de 200 missiles balistiques par mois.
12:10Donc on a peur évidemment d'un côté
12:12que cette guerre ne recommence,
12:15qu'elle fasse des dégâts,
12:16qu'elle tue des Israéliens.
12:18Mais d'un autre côté on souhaite plus que tout
12:20la chute du régime des Mola.
12:22Ici on est persuadé que c'est le moment
12:24que ce régime est affaibli
12:26à cause de cette guerre il y a 7 mois
12:29mais aussi parce que Donald Trump
12:30a déployé son armada
12:33dans le golfe Persique et dans la mer d'Arabie.
12:35Et que donc tous les éléments,
12:37tout est prêt pour que cette guerre démarre
12:40et mette fin définitivement
12:42à cette menace existentielle pour Israël.
12:44Alors on a parlé des Israéliens avec Igor Saïry.
12:47On peut aussi évoquer avec vous Antoine Basseboud,
12:49Niamin Netanyahou.
12:51Il ne s'est plus exprimé publiquement à ce sujet
12:52depuis la mi-janvier.
12:54Même s'il a rencontré mardi à Jérusalem
12:56Steve Wittkoff qui est l'émissaire américain.
12:59En janvier, CNN nous disait qu'il aurait,
13:01je dis bien, il aurait freiné Donald Trump
13:03parce qu'il estimait que le régime
13:04ne pouvait chuter rapidement.
13:06Est-ce que ça vous paraît possible ?
13:08Et est-ce qu'au contraire il hésite
13:09parce qu'il sait que le bilan des frappes
13:10de missiles sur son pays,
13:12et bien justement ça a fait
13:14beaucoup de grabus, si j'ose dire,
13:16avec une trentaine de morts ?
13:18Oui, les Américains ont demandé aux Israéliens
13:23de se mettre un peu à l'écart
13:25des déclarations publiques.
13:27Et Netanyahou lui-même a demandé
13:28à ce ministre de ne pas commenter
13:30le conflit en cours entre les Etats-Unis
13:33et les Iraniens.
13:34Pourquoi ?
13:35Tout simplement pour ne pas forcer
13:36les pays arabes et islamiques
13:38à prendre position pour l'Iran
13:41parce que c'est un pays islamique
13:42face à un allié des Etats-Unis.
13:45En revanche, si les Américains
13:47mènent la danse, eux-mêmes directement,
13:50en première ligne,
13:51et bien leurs alliés arabes
13:53ne vont pas protester.
13:55C'est ça le sujet,
13:56sauf que les spécialistes
13:59du renseignement israélien
14:02sont en contact permanent.
14:04Ils ont été à Miami,
14:05ils ont été à Washington,
14:07au Pentagone,
14:08pour coordonner avec leurs homologues
14:10les éventuels plans de frappe,
14:14les banques de cibles possibles.
14:17Bref, l'expérience israélienne de l'Iran
14:20est très probante, en quelque sorte.
14:23Rappelez-vous,
14:24Haniyeh qui a été assassiné à Téhéran,
14:26le chef du Hamas,
14:27le soir de son arrivée.
14:29Rappelez-vous,
14:29le père du programme nucléaire iranien
14:32a été assassiné dans la banlieue de Téhéran.
14:36Rappelez-vous,
14:36à la première heure du 12 juin,
14:3920 généraux les plus importants
14:41ont été éliminés
14:41et 14 scientifiques du programme nucléaire.
14:44Donc, il y a une coordination,
14:46mais celui qui prend les devants,
14:48ce sont les États-Unis
14:49et les Israéliens restent en arrière.
14:51Général Bruno Dari,
14:52comment concrètement les Israéliens
14:54pourraient aider les Américains
14:57dans des frappes s'il y en avait ?
14:59La première aide qu'ils pourraient apporter,
15:01c'est d'avoir une carapace
15:02anti-balistique, anti-missile,
15:06qui protège l'État d'Israël
15:08contre tous les missiles,
15:10les drones, etc.,
15:12qui viennent d'Iran
15:13et qui pourraient frapper le sol d'Israël.
15:18Dans la guerre des 12 jours,
15:20on a parlé quand même de quelques morts,
15:22mais c'est rien à côté du nombre de missiles
15:24qui ont été tirés par l'Iran,
15:27parce que, pour l'Iran,
15:29la cible principale, c'est Israël.
15:31C'est beaucoup plus facile
15:32de toucher un territoire comme Israël
15:34qu'essayer de toucher un porte-avions.
15:37Est-ce que les Israéliens, eux, peuvent assister les Américains ?
15:41Oui, ils pourraient, oui.
15:43Moi, je pense qu'ils ont des missiles,
15:45mais ils ne le cherchent pas,
15:47parce que c'était intéressant tout à l'heure,
15:49les points de vue,
15:50ils ne veulent pas mettre Israël en première ligne.
15:53Donc, c'est les États-Unis
15:54qui se mettent en première ligne,
15:56qui ont renforcé,
15:57qui continuent à renforcer
15:58leurs dispositifs,
15:59et pour protéger, à mon sens, Israël,
16:05et qu'Israël dépense,
16:08utilise ses capacités militaires
16:11à se protéger.
16:13Alors, et le peuple iranien dans tout ça ?
16:15C'est vrai que c'est le grand oublié
16:17de ces derniers jours,
16:18ces dernières semaines.
16:19Alors, on va y revenir avec vous, Farida,
16:21bien évidemment.
16:22Il y a quand même eu le secrétaire d'État,
16:23on va l'écouter, Marco Rubio,
16:24qui a rappelé mercredi
16:25qu'on devrait y penser,
16:27danser pour parler.
16:28Réécoutons-le.
16:28Pour que les négociations avec l'Iran
16:31aboutissent à quelque chose
16:32de significatif,
16:33elles devront inclure certains éléments.
16:35Cela inclut la portée
16:37de leurs missiles balistiques,
16:38leur soutien aux organisations terroristes
16:40dans toute la région,
16:41leur programme nucléaire
16:42et le traitement réservé
16:43à leur propre population.
16:45Alors, parler du traitement
16:46réservé à leur propre population,
16:48pour parler, rappelons que
16:49les chiffres officiels,
16:50ils parlent de 6 000 morts
16:51dans ces répressions,
16:51mais les ONG parlent
16:52de 30 000 morts
16:53et même davantage.
16:54On va partir en Irak tout de suite,
16:56retrouver l'un des envoyés spéciaux
16:58de BFM TV dans la région,
16:59Nicolas Poincaré,
17:00dans le Kurdistan irakien,
17:02plus précisément,
17:03à la frontière avec l'Iran.
17:05Parce que, Nicolas,
17:06vous avez rencontré
17:08ceux qui ont vécu l'enfer
17:10pour certains en janvier,
17:12ceux qui ont fui l'Iran aussi
17:14et son régime.
17:15Que vous disent-ils ?
17:16Oui, on a pu échanger
17:18avec un activiste,
17:19un commerçant iranien
17:21qui vit de l'autre côté
17:22de la frontière,
17:23à quelques dizaines
17:24de kilomètres d'ici,
17:25et qui nous a décrit
17:25en détail
17:26les manifestations
17:27et la répression
17:29qui a eu lieu
17:29au cours du mois de janvier.
17:31Lui-même a été blessé.
17:33Et à propos
17:34de la possible intervention
17:36américaine en Iran,
17:37tout simplement,
17:38il dit qu'il la souhaite.
17:39Il nous dit
17:39« ça peut vous paraître bizarre,
17:41mais on rêve ici
17:42d'être bombardé,
17:44d'être bombardé par les Américains,
17:45que les forces de répression
17:47le soient ».
17:48Il nous dit aussi
17:49que les gens actuellement
17:50ont tellement peur
17:51que tout le monde
17:52est caché à la maison
17:53et qu'il règne
17:55une sorte de tristesse.
17:56Il a cette formule,
17:57il dit « c'est comme si
17:58on nous avait interdit
17:59de rire,
18:00on ne rit plus aujourd'hui
18:01en Iran ».
18:01Voilà ce qu'il nous dit.
18:02Et puis,
18:03avec Jérémy Muller,
18:04on a pu aussi rencontrer
18:05une jeune femme
18:06qui vient de quitter l'Iran.
18:08Elle est de Téhéran,
18:09elle a participé
18:09à des manifestations,
18:10elle décrit des scènes
18:11terribles où elle a dit
18:12avoir vu des manifestants
18:14blessés et achevés au sol.
18:17En tout cas,
18:17elle a quitté le pays
18:18avec son fils de 7 ans,
18:20elle a passé la frontière
18:21à pied pour arriver ici
18:22au Kurdistan irakien
18:24et elle a beaucoup hésité
18:25à témoigner,
18:26elle avait peur,
18:27elle a même pleuré
18:28en disant
18:28« si je témoigne,
18:30je prends des risques,
18:30si je ne témoigne pas,
18:32je suis lâche ».
18:33Et donc finalement,
18:33elle a décidé
18:34de témoigner
18:35et de nous dire
18:36effectivement qu'elle souhaite
18:37elle aussi
18:38que le régime chute,
18:40naturellement,
18:41que les Américains
18:41participent à la chute
18:43du régime.
18:44Et ce qu'elle dit,
18:44c'est que quoi qu'il arrive,
18:46les Américains ont déjà gagné
18:47parce que le régime
18:49des Mollahs a peur.
18:50Grâce aux menaces américaines,
18:51les Mollahs disent-ils
18:52vivent dans la peur
18:52et ça ne peut qu'accélérer
18:54la chute du régime.
18:55Nicolas Poincaré,
18:57Farida Achroudi,
18:59vous êtes journaliste
19:00écrivaine iranienne,
19:01présidente de l'association
19:02Mossen Achroudi.
19:04Vous avez regardé
19:05avec attention,
19:05je vous ai vu,
19:06ce que disait Nicolas Poincaré,
19:08ces témoignages recueillis
19:10parce que vous regrettez
19:11en fait d'une certaine façon
19:12qu'on se concentre trop
19:13sur les frappes,
19:15sur cette menace militaire
19:16et qu'on ne parle pas assez
19:18des populations
19:18qui ont été tuées
19:19et d'autres qui sont
19:21aujourd'hui menacées,
19:22emprisonnées.
19:22Il n'y a pas simplement que ça.
19:25C'est le fait qu'on parle
19:27de ni moi,
19:28ni votre correspondant,
19:29ni personne ne peut parler
19:32de l'ensemble du peuple iranien.
19:33Je ne suis pas plus
19:34porte-parole du peuple iranien
19:37que les excellents journalistes,
19:40mes compatriotes,
19:41qui font des analyses
19:42parfois brillantes,
19:43parfois un peu loin
19:45de la réalité du terrain.
19:48Le problème est que,
19:49vous savez,
19:51je vais faire une comparaison,
19:52les peuples de l'Europe
19:54qui réclament en grande partie
19:57dans beaucoup de pays,
19:58y compris ici,
20:00l'extrême droite.
20:01Est-ce que c'est parce
20:02qu'ils réclament
20:04l'extrême droite
20:04que c'est une chose
20:06extraordinaire ?
20:07Je veux dire,
20:08c'est évident
20:09qu'avec ce qui s'est passé
20:10en Iran,
20:10avec l'horreur
20:11qu'on a vécue,
20:13à l'intérieur
20:14comme à l'extérieur,
20:15chacun d'entre nous,
20:16là,
20:17j'ai des membres
20:19de notre association
20:21qui aident les gens
20:22sur place
20:22qui sont calmes.
20:24Comment ils les aident,
20:25justement ?
20:26Est-ce qu'ils aident aussi
20:26ces prisonniers politiques ?
20:27Comment vous,
20:28vous leur venez en aide,
20:29actuellement ?
20:30On envoie de l'argent.
20:32On envoie...
20:33On essaye d'envoyer de l'argent
20:35pour qu'ils aient
20:36un avocat,
20:39pour qu'ils puissent aller...
20:41Les gens qui ont accès
20:42dans les prisons,
20:44pour qu'on les aide,
20:45on aide les familles
20:47de victimes,
20:48on aide pour qu'ils puissent
20:49être opérés.
20:50Avant de venir ici,
20:51je suis allée voir quelqu'un
20:53et j'ai l'impression
20:54que je prends mon chapeau
20:55de mendiante
20:56et que je demande de l'argent
20:58parce qu'on ne demande
20:59de l'argent,
21:00notre association ne demande
21:01de l'argent
21:01qu'aux populations françaises
21:04qui sont extrêmement généreux,
21:06qui envoient de l'argent
21:07sur notre cagnotte
21:08ou des particuliers,
21:12que ce soit iraniens, etc.
21:14M. Salgado,
21:15qui est décédé maintenant,
21:17nous avait donné
21:17deux photographies
21:18pour qu'on est en train
21:21d'en vendre une.
21:22Mais pour revenir
21:23à ce que j'étais en train
21:24de vous dire,
21:24c'est que la population iranienne,
21:26évidemment,
21:27j'ai entendu par mes garçons
21:30qui étaient pacifistes,
21:32légalistes jusqu'à maintenant,
21:33après ce qui s'est passé
21:35en Iran,
21:36j'ai entendu
21:36qu'ils viennent nous achever.
21:38Ce n'est même pas
21:39qu'ils viennent nous libérer,
21:40on n'en peut plus.
21:41Mais ce sont des réactions
21:43compréhensibles
21:45sur le...
21:47Moi qui ai vécu
21:48la guerre de 12 jours,
21:50je peux vous dire
21:51à quel point
21:52ça a été terrorisé,
21:54terrorisant pour la population.
21:56À quel point
21:57ça a été...
21:57Maintenant,
21:58on a des bombes en plus.
22:00Donc c'est...
22:02Vous étiez là-bas
22:03pendant la guerre des 12 jours
22:04en juin dernier, c'est ça ?
22:04Absolument.
22:05J'étais là-bas
22:06et je peux vous garantir
22:08que...
22:09Alors,
22:09ce n'est pas le cas maintenant,
22:10ce n'est pas le cas de maintenant
22:11parce qu'après cette tuerie,
22:14je vais dire,
22:14il y a un rejet total
22:16de tous,
22:17y compris
22:18de ceux
22:20qui avaient ouvert
22:21une petite fenêtre
22:22d'espoir.
22:24Mais il y a aussi
22:25le fait que
22:26l'Iran,
22:27ce que moi j'appelle
22:28l'Iran pensante,
22:29c'est-à-dire
22:29les professeurs,
22:31les intellectuels,
22:32les artistes,
22:33y compris
22:34le grand cinéaste
22:37Jafar Tadhani
22:39qui veut rentrer,
22:40y compris
22:41son scénariste,
22:44co-scénariste
22:45qui en tôle
22:46en ce moment
22:47parce qu'il a dit
22:48directement
22:49à M. Kamenei
22:50partez,
22:51ça suffit,
22:52y compris
22:54les mollas
22:55et les religieux,
22:56je dis les religieux
22:57parce que
22:58les mollas
22:59généralisés,
23:02je déteste
23:02de plus en plus ça,
23:03ils disent
23:04M. Partez
23:05avant qu'il y ait
23:06d'autres morts,
23:07c'est votre faute,
23:08tout le monde pointe
23:10Kamenei
23:10parce qu'effectivement
23:11c'est quelqu'un
23:13qui ira jusqu'au bout.
23:14Et on entend
23:15votre indignation,
23:16vous parliez
23:17de la situation
23:17économique,
23:18elle est effectivement
23:19déplorable,
23:20on a sorti
23:20ces chiffres,
23:21l'inflation a atteint
23:2252%,
23:23la monnaie iranienne
23:25a perdu 90%
23:26de sa valeur
23:27en 10 ans,
23:2840% de la population
23:29en dessous
23:29du seuil de pauvreté,
23:32vous voyez que
23:32la situation est terrible
23:34et Ulysse Gosset,
23:36une des informations
23:37de cette journée
23:38de Pourparler,
23:39c'est qu'à peine
23:40les discussions
23:41terminées,
23:42les Américains
23:42ont imposé
23:43de nouvelles sanctions
23:44sur le pétrole
23:46iranien,
23:47ce qui va
23:48potentiellement
23:48aggraver
23:49cette situation.
23:50Oui,
23:51mais c'est un signal
23:51politique très clair
23:52adressé par Trump
23:53au Molla,
23:54au guide
23:55de la Révolution
23:55suprême,
23:56ne croyez pas
23:57que ces négociations
23:58vont nous dissuader
23:59d'intervenir,
24:00nous n'interviendrons pas
24:01si vous cédez
24:02et si vous renoncez
24:04à tout ou partie
24:05du programme nucléaire
24:06iranien,
24:06si vous renoncez
24:07au missile balistique.
24:08Si vous ne le faites pas,
24:09nous allons poursuivre
24:10les sanctions
24:11et nous irons également
24:12vers l'intervention
24:13qui est réclamée
24:14par une bonne partie
24:15de la population
24:15en Iran.
24:16Donc c'est une façon
24:17de dire,
24:18oui,
24:18on dialogue,
24:19mais d'abord,
24:19on n'y croit pas beaucoup,
24:21il faut reconnaître
24:21qu'il y a un grand scepticisme
24:23parce que les Iraniens
24:24affirment haut et fort
24:25qu'ils ne veulent pas
24:26renoncer
24:27à leur programme nucléaire,
24:28mais surtout
24:28en sanctionnant
24:31des pétroliers
24:33de la flotte
24:33fantôme iranienne,
24:34c'est-à-dire des pétroliers
24:35qui chargent du pétrole
24:36en Iran
24:37pour l'amener
24:37en Chine essentiellement,
24:39Washington montre
24:40ses muscles
24:41et fait une piqûre
24:42de rappel
24:43alors que l'on ne sait pas
24:44encore,
24:45en fait,
24:45la vérité,
24:46c'est qu'on ne sait pas
24:46encore ce qui s'est dit
24:47dans les discussions
24:49qui ont eu lieu
24:49aujourd'hui
24:50au Sultanat d'Omane,
24:52on ne sait pas
24:52exactement le détail,
24:53on sait simplement
24:54que du côté iranien,
24:55on dit qu'elles se sont
24:56bien passées,
24:56du côté américain,
24:57on reste très silencieux,
24:58c'est intéressant
24:59et on ne sait pas encore
25:00quand elles pourraient
25:01reprendre ou pas.
25:03Donc,
25:03c'est un nouveau signal
25:04de la fermeté de Trump
25:06qui ne veut pas
25:07se laisser mener en bateau,
25:09notamment sur l'agenda
25:09des négociations
25:10par les Iraniens
25:12qui sont extrêmement habiles
25:13et qui ont une grande expérience
25:14de ces négociations.
25:16La référence,
25:16c'est la négociation
25:18sur le programme nucléaire
25:19qui a duré pendant des années
25:20et qui finalement
25:21n'a jamais abouti.
25:23Et on va en parler
25:23du nucléaire
25:23dans un instant avec vous,
25:24Emmanuel Gallichet,
25:25mais Antoine Bassebouze,
25:26qui sont les grands gagnants,
25:27si je peux m'exprimer ainsi,
25:28aujourd'hui.
25:29Je vous montre
25:30ce qu'a dit la journaliste
25:31américaine Joyce Karam
25:32qui est rédactrice
25:33en chef du média indépendant
25:34All Monitor.
25:35Elle traite de l'actualité
25:36au Moyen-Orient
25:36et voici ce qu'elle dit.
25:38Le régime iranien
25:38a jusqu'à présent
25:39bien géré la situation.
25:40Les discussions se limitent
25:41aux Etats-Unis.
25:42C'est vrai que le bloc
25:42arabo-musulman,
25:43il a été exclu
25:45des négociations.
25:46Elle nous dit
25:47que ça s'est fait
25:48dans le lieu de prédilection
25:49de l'Iran,
25:50à savoir Oman,
25:50qu'il n'y a pour l'instant
25:51aucune frappe,
25:52que Trump a adouci son langage
25:58sur le papier,
25:59a tout gagné aujourd'hui.
26:01Le conflit est inachevé
26:03et que l'Iran a su
26:05anesthésier les Américains
26:07déjà en acceptant
26:10la négociation
26:11au lieu d'accepter
26:12les conditions imposées
26:13par Trump.
26:14Donc ils l'ont amené
26:15non seulement en Turquie,
26:17là où les Américains
26:18voulaient rencontrer
26:19les Iraniens
26:20et d'autres pays voisins,
26:23mais aussi ils ont exigé
26:25que ce soit à Oman.
26:27Et en Oman,
26:27ça ne s'est pas passé
26:28au ministère des Affaires étrangères,
26:30ça s'est passé
26:31au domicile
26:31du ministre des Affaires étrangères,
26:33donc dans un endroit intime.
26:37De ce fait,
26:37les Iraniens ont communiqué
26:39tout va bien
26:40madame la marquise
26:41et qu'il y aura
26:42d'autres négociations.
26:44On est dans un caractère
26:45un peu positif aussi,
26:46c'est la propagande iranienne.
26:47En lançant
26:48Khoram Shah
26:49leur missile
26:50en démonstration de force,
26:52mais en même temps,
26:53est-ce que les Américains
26:54sont à ce point naïfs ?
26:56Je ne sais pas.
26:57Pour l'instant,
26:58ils ont envoyé
26:59l'amiral Cooper
27:00à la Réunion,
27:01ce qui n'était pas
27:02très actuel.
27:03Les Iraniens ont dit
27:04qu'aux Iraniens,
27:06les négociateurs,
27:07ont dit au peuple iranien
27:08qu'il n'y a pas eu
27:09de négociations directes
27:11avec les Américains.
27:12Et ils ont dit
27:13aux Occidentaux
27:13qu'il y a eu
27:14des négociations directes.
27:15Donc,
27:16deux doubles langages.
27:17Et les Américains aussi
27:18ont imposé des sanctions.
27:21Et dernier point,
27:22ils ont demandé
27:23aux ressortissants américains
27:24de quitter rapidement
27:26l'Iran
27:27via l'Arménie
27:28ou la Turquie.
27:29Donc,
27:29on est encore
27:30dans une phase
27:31où tout le monde
27:32se jauge,
27:33mais l'essentiel,
27:34c'est que
27:35les Iraniens
27:36ont anesthésié
27:37les Américains.
27:38Est-ce que Trump
27:39va jouer avec les Mollahs
27:40comme il avait été
27:41roulé dans la farine ?
27:42Une victoire des Iraniens
27:43à ce stade,
27:44vous pensez ?
27:45Je vous dis
27:45qu'ils ont anesthésié
27:46les Américains,
27:47c'est très important.
27:48Oui,
27:48anesthésié pour le moment.
27:50Parce que les Américains
27:50sont venus en disant
27:51voilà les conditions,
27:53il faut signer ici,
27:54ils les ont anesthésiés.
27:55Et il y a un précédent,
27:57c'est que M. Trump
27:57a été roulé dans la farine
27:59par Kim Jong-un
28:01il y a quelques années.
28:02Anesthésié,
28:02vous n'êtes pas convaincu.
28:03Et à l'époque,
28:05il a dit
28:05bon,
28:06j'ai réglé le problème
28:07du nucléaire nord-coréen
28:08six mois après,
28:09c'est le test de la bombe.
28:12Donc voilà,
28:13j'espère que les Iraniens
28:14ne seront pas
28:14les dindons de la farce
28:16des promesses de M. Trump.
28:18Ils sont anesthésiés
28:19mais ils renforcent quand même
28:20leur force
28:20dans le Moyen-Orient,
28:22les Américains.
28:23Je voudrais rappeler
28:24une donnée quand même,
28:25c'est que dans tous ces conflits,
28:27les premières victimes
28:27c'est la population civile.
28:29La guerre de 1914,
28:3190% des tués
28:32à la guerre de 1914,
28:33c'est des militaires,
28:3410% des civils.
28:35Et à la fin du XXe siècle,
28:37début du XXIe,
28:38la proportion s'est inversée.
28:40Ça veut dire que 90%
28:42des victimes
28:42de tous ces conflits
28:43sont des populations civiles
28:46et 10% des soldats,
28:48des combattants.
28:49Il y a une question
28:49qui nous préoccupe ce soir
28:50et je voulais qu'on la pose.
28:52Et si l'Iran
28:53avait déjà colmaté
28:54en quelque sorte
28:55les brèches
28:56de ce qui s'est passé
28:56il y a huit mois
28:57pendant la guerre
28:58des 12 jours ?
28:59Le New York Times
29:00publie des images satellites,
29:02on va les voir,
29:03qui nous montrent
29:03l'avant
29:04et l'après.
29:06Et vous allez
29:07les analyser avec nous
29:08Emmanuel Gallichet,
29:09première image,
29:10une image satellite,
29:11qui nous montre
29:12l'avant le 4 juin
29:15et juste après
29:16des installations nucléaires
29:18qui sont
29:19partiellement reconstruites.
29:23Oui,
29:23ça c'était évident.
29:24Ils ne vont pas laisser
29:25des installations
29:26qui ont un prix énorme.
29:28On dit que l'Iran
29:30va mal
29:30au niveau de la population,
29:32mais une partie
29:33de cet argent
29:34est partie
29:34dans le programme nucléaire.
29:36donc c'est des milliards
29:38d'euros
29:39qui ont été dépensés
29:40pour ce programme nucléaire.
29:42Il n'est pas question
29:42pour les Iraniens
29:43de le laisser à l'abandon
29:45après les frappes.
29:46Ils ont les compétences,
29:48ils ont les industriels
29:49pour reconstruire.
29:50Donc c'est évident.
29:51Qu'est-ce qu'on voit
29:52sur les images ?
29:54Deux missiles balistiques
29:54et voilà le complexe nucléaire
29:56de Natanz.
29:56Alors entre le 3 décembre
29:57et le 24,
29:58on voit,
29:59et vous allez les commenter
29:59avec nous,
30:00Emmanuel Gallichet,
30:01qu'il y a eu les dommages
30:03qui ont été faits
30:04par les frappes du mois de juin
30:05et que là,
30:06le 24 décembre,
30:06on voit un nouveau toit.
30:08Est-ce qu'on se dit
30:09que le programme
30:10d'enrichissement d'uranium
30:11a été beaucoup impacté,
30:13pas beaucoup impacté ?
30:14Est-ce qu'il a repris ?
30:15Est-ce qu'il n'a pas repris ?
30:16Est-ce que ce toit
30:16veut nous dire quelque chose ?
30:18Ce toit pour l'instant
30:19veut dire qu'ils sont en train
30:20de reconstruire les installations
30:23et là,
30:24on voit exactement
30:26l'installation
30:28qui est un pilote
30:30pour tester
30:31les nouvelles centrifugeuses
30:33qui ont été détruits
30:35au mois de juin
30:36et donc si évidemment
30:37ils n'ont plus de centre
30:38où il y a des centrifugeuses,
30:41eh bien,
30:41ils doivent remettre
30:42en priorité
30:43ce centre pilote,
30:45cette usine pilote
30:46pour pouvoir retester
30:47les nouvelles centrifugeuses
30:49et ensuite les mettre
30:50sur un site
30:51d'industrialisation.
30:52On peut rappeler aussi
30:53qu'à l'époque
30:54de cette guerre,
30:56les services
30:56de renseignement américains
30:58avaient eux-mêmes dit
30:59que les installations
31:00n'avaient pas été
31:01autant détruites
31:02que cela.
31:04Oui, alors,
31:04elles n'ont pas été
31:05autant détruites
31:06mais quand même,
31:07vous avez,
31:08Nathan, surtout,
31:09il y a eu
31:09beaucoup de destruction
31:10en surface.
31:12Il y a eu par exemple
31:12toute la partie électrique
31:13de l'installation
31:14qui a été complètement détruite.
31:16Donc, quand vous voulez
31:17reconstruire ensuite,
31:18eh bien,
31:18il faut quand même
31:19avoir de l'électricité,
31:20des fluides,
31:21de l'air,
31:22etc.
31:22Et donc,
31:23vous avez besoin d'abord,
31:25même si, par exemple,
31:26en dessous,
31:27à Natanz et à Fordo,
31:29je vous rappelle
31:29que les sites
31:30des centrifugeuses
31:32étaient en souterrain.
31:33Donc, un petit peu
31:34à côté,
31:35quand on voit
31:35le plan de Natanz,
31:38vous avez toute la partie
31:39avec, justement,
31:41en superficie,
31:41puis à côté,
31:43une grande...
31:43Donc, ça,
31:44ça a pu être détruit
31:44ou pas,
31:45mais en tout cas,
31:46en superficie,
31:48il y a des choses
31:48qui ont été détruites
31:49et qui doivent être reconstruites.
31:51Merci à tous.
31:54Vous vouliez ajouter quelque chose ?
31:55Oui, moi,
31:55je voulais juste ajouter
31:56en disant que
31:57je ne pense pas
31:58qu'on ait oublié
31:59le peuple iranien
32:00parce que je trouve
32:00que nous avons été nombreux
32:02à chaque fois.
32:03Non, bien sûr,
32:03mais c'est vrai
32:03que depuis quelques semaines,
32:04on n'en parle plus
32:05et depuis ces frappes,
32:06on ne se concentre
32:07que sur les frappes.
32:07C'est Donald Trump
32:08qui n'en parle plus.
32:09Exactement.
32:10C'est Donald Trump
32:10qui n'en parle plus,
32:11mais nous,
32:11nous en parlons
32:12et nous avons beaucoup
32:13d'invités comme vous,
32:14madame,
32:14pour en parler.
32:15Il vaut mieux d'ailleurs
32:16si Donald Trump
32:17n'en parle pas.
32:17Pardonnez-moi.
32:18Donald Trump promet des choses
32:20comme M. le petit chat.
32:21Excusez-moi,
32:22ils sont responsables
32:23de la mort
32:24de dizaines,
32:27de centaines d'Iraniens.
32:28Je suis navrée.
32:29On ne balance pas
32:30comme ça des choses
32:31en disant
32:32le petit chat,
32:35il y a des gardiens
32:35de la révolution
32:36derrière moi.
32:36Excusez-moi,
32:37c'est absolument criminel.
32:40Quand on se dit leader,
32:42on sait ce qu'on dit
32:44mot par mot.
32:44Et votre message
32:45est bien passé,
32:46mais on doit revenir
32:47sur un autre grand titre
32:48de l'actualité
32:49ce soir.
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