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Avec Pierre Ouzoulias, sénateur PS et vice-président du Sénat

Retrouvez La France dans tous ses états avec Périco Légasse du lundi au jeudi de 12h à 14h sur #SudRadio.

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##LE_FACE_A_FACE-2025-12-22##

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Transcription
00:00Le face-à-face
00:01Vous êtes sur Sud Radio, il est 13h04 avec Perico Légas.
00:05Vous nous appelez au 0826 300 300, Haute-Saint-Hilaire prendra vos attelles
00:10parce que je pense que vous aurez beaucoup de questions à poser
00:12à la personne que je reçois, à la personnalité que je reçois.
00:15Il s'agit de Pierre Ozoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine.
00:19Il a un nom en consonance plutôt méridionale, mais il est élu des Hauts-de-Seine.
00:24C'est pas qu'un sénateur, c'est une personnalité, c'est un personnage.
00:27Je veux juste rappeler, monsieur le sénateur, que vous êtes le petit-fils d'Albert Ozoulias,
00:32grande figure de la Résistance, qui était le chef de Méliné et Missac Manouchian,
00:40l'affiche rouge, voilà.
00:43Votre papa également était aussi un militant communiste,
00:47adjoint au maire de Champigny-sur-Marne.
00:50C'était déjà ou encore Georges Marchais ou non ?
00:52C'était la ville de Georges Marchais déjà, tout à fait.
00:55Voilà, et le troisième, voilà, c'est vous le troisième personnage.
00:59Et vous êtes aussi engagé au Parti communiste français.
01:01Très fièrement, vous revendiquez votre étiquette communiste.
01:04Alors un peu tardivement en 2000, et comme vous dites,
01:06j'ai pas toujours été en accord avec la ligne du parti.
01:09J'ai peut-être fait un petit peu de libre-pensé.
01:10Ah non, je suis loyal, mais très indépendant.
01:12Voilà.
01:13Je vous invite aujourd'hui sur Sud Radio,
01:16parce qu'au départ, vous êtes quelqu'un qui a pris position sur la laïcité.
01:19Or, nous avons célébré le 120e anniversaire de la loi de 1905.
01:24Et puis, on fera un petit tour avec vous de l'actualité qui est riche,
01:28et fournit budget, agriculture, stabilité politique et orientation gouvernementale.
01:34On commence tout de suite par, comme c'est chaud, l'agriculture.
01:38Vous êtes solidaire évidemment de la didresse des agriculteurs.
01:41Je suis petit-fils d'éleveur.
01:44Vous avez dit que mon nom avait une consonance méridionale.
01:48Ma famille est originaire de la Haute-Corrèze,
01:50pays d'élevage, là où on élève la usine.
01:55Et le risque, c'est qu'un jour, il n'y ait plus du tout d'élevage français,
02:00et que nous consommions de la viande qui arrive d'ailleurs,
02:04élevée dans des conditions qu'on ne connaît pas.
02:07Ça sera un drame gastronomique.
02:09Ça sera un drame alimentaire pour ces pays.
02:15Parce que s'il n'y a plus d'agriculture dans certains départements de France,
02:19il n'y a plus rien.
02:20Et les paysages vont se refermer.
02:22Dans la commune d'où régénère ma famille,
02:26il y a déjà 80% de forêts.
02:28Il n'y a plus d'agriculteurs.
02:30L'espèce à protéger aujourd'hui, c'est surtout l'agriculteur.
02:32Je pense que ça, c'est fondamental.
02:35Donc il faut les aider, il faut absolument les aider.
02:37Vous considérez que ces orientations gouvernementales sont au service ?
02:42En fait, la finalité, c'est l'intérêt des profits,
02:44ce sont des intérêts financiers.
02:47On sait que la FNSEA, qui est le syndicat du productivisme, est derrière.
02:52Il y a quand même une connotation politique derrière cette décision d'affaiblir.
02:56Ça, ce n'est pas une décision volontaire.
02:57Enfin, on affaiblit l'agriculture.
02:58Une certaine agriculture.
02:59Oui, une certaine agriculture.
03:01Je pense que fondamentalement, il faudra avoir une vision critique sur la mondialisation.
03:09La mondialisation n'est pas nécessairement heureuse.
03:12La mondialisation, c'est ce qui a provoqué la fermeture en très grand nombre de nos usines.
03:18Et c'est ce qui aujourd'hui fait la ruine de nos paysans.
03:21Donc à un moment donné, il faudra mettre sur la table la discussion politique
03:26d'une nouvelle forme de protectionnisme.
03:28On est d'accord que nous mettons sur le marché international,
03:32à partir de l'acte unique de 1986, si cher à Jacques Delors,
03:35une agriculture qui n'est pas protégée contre ce marché,
03:38qui est totalement faussée, qui n'est pas du tout loyale et qui n'est pas libre.
03:42Exactement.
03:43On met en concurrence nos paysans qui doivent respecter des normes.
03:48Et très souvent, vous avez parlé de fromage tout à l'heure,
03:51les AOP, c'est une très bonne norme.
03:53C'est ce qui protège un savoir-faire.
03:56Mais on les met en concurrence avec d'autres agricultures extrêmement industrielles,
04:01extrêmement chimiques, extrêmement subventionnées parfois.
04:05Et bien évidemment, ils ne peuvent pas résister.
04:07Donc on va les faire crever.
04:09On attendait aussi peut-être que l'Europe, au départ,
04:11communauté économique européenne, le fameux marché commun,
04:14la préférence communautaire,
04:16on a l'impression que l'Europe, elle ne protège pas du tout nos agriculteurs.
04:18Non, mais elle ne protège ni nos agriculteurs, ni nos voitures, ni nos industries.
04:25Et en matière de défense et en matière de diplomatie,
04:29aujourd'hui, je ne vois pas quel jeu elle joue.
04:31On est pris en tenaille entre, d'un côté, Trump et Poutine.
04:37Je crois qu'il faut se ressaisir.
04:39Il faut se ressaisir et réaffirmer d'abord la primauté de la nation.
04:43Vous avez cité ma famille.
04:46On s'est battus.
04:47Ma famille, certains de ma famille sont morts
04:50pour défendre une certaine idée de la France, de la République, de la nation.
04:54On peut revenir à ça.
04:55Et ça n'empêche pas d'avoir des coopérations européennes.
04:59Les deux ne sont pas antagonistes.
05:01Je pense que la prise de conscience nationale
05:03sur la précarité de notre agriculture est totale.
05:06À gauche comme à droite,
05:07les communistes sont aussi des élus proches de la paysannerie.
05:11Parce qu'on a toujours dit, oui, le monde paysan rural
05:13n'est pas les plus conservateurs.
05:14Mais il y a eu des départements communistes comme la Corrèze,
05:17comme l'Allier, on se souvient, président du conseil généraux.
05:21Voilà, tout à fait.
05:21Donc, la cause paysanne n'est pas une cause étrangère.
05:24Non, elle est fondamentale.
05:25À l'idéal communiste.
05:26Elle est fondamentale.
05:27Bon.
05:28Alors, on va aborder un sujet qui nous a un petit peu étonnés de votre part.
05:32Je me doute que vous êtes très attaché à la laïcité.
05:34Oui.
05:34Ce n'est pas le problème.
05:35Vous avez apporté un petit bémol.
05:38En faisant une déclaration,
05:40vous avez dit qu'il ne fallait pas que la laïcité
05:43soit une police des consciences.
05:45Tout à fait.
05:46Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
05:47Je pense qu'il faut revenir à ce qu'était la loi citée,
05:52la loi de 1905 au moment de la séparation des églises et de l'État.
05:57La loi de 1905, c'est la neutralité religieuse de l'État,
06:01la neutralité des collectivités,
06:03la neutralité des agents publics.
06:06La loi de 1905 ne vise pas à abroger, interdire, supprimer, invisibiliser toute expression religieuse.
06:17La laïcité, ça n'a jamais été ça.
06:20Elle fait la différence entre la sphère privée et la sphère publique.
06:22Il y a une différence, bien sûr, entre la sphère publique et la sphère privée.
06:26Mais vous savez, dès 1905, juste après le vote de la loi,
06:30il y a eu des maires qui ont interdit le port de la soutane dans leur commune.
06:35Dans le Val-de-Marne, par exemple, c'est le cas du Kremlin-Bicêtre et d'autres.
06:39Et tout de suite, Aristide Briand, qui est le rapporteur de la loi de 1905,
06:45a bien expliqué que non, la laïcité, ça n'était pas bannir toute forme d'expression religieuse.
06:50Non, mais là, monsieur le sénateur, il s'agit de dire que les jeunes filles ne peuvent pas rentrer voilées dans l'enceinte de la classe,
06:56dans une école de la République. Nous sommes d'accord. Là-dessus, vous êtes d'accord.
07:00Mais moi, j'ai défendu la loi de 2004 et je vais plus loin.
07:03Et je vais plus loin et je vais là où, malheureusement, la droite ne me suit pas.
07:08Moi, je pense que si le voile doit être interdit dans les écoles publiques,
07:14il doit l'être aussi dans les écoles privées confessionnelles.
07:17Il n'y a aucune raison qu'on accepte que les jeunes filles soient voilées dans les écoles confessionnelles.
07:25Mon collègue, le sénateur Rotaillot, dit que le voile islamique, c'est l'étendard de l'islamisme.
07:34Et à ce titre, il est tout à fait normal, selon lui, de l'interdire dans les écoles publiques.
07:40Dans la rue, ça ne vous choque pas. Vous n'êtes pas pour l'interdiction totale du voile, ça, on est bien d'accord.
07:44C'est anticonstitutionnel, le Conseil constitutionnel l'a déjà dit plusieurs fois.
07:49En revanche, quand au Sénat, je dépose un amendement pour interdire le voile dans les écoles privées,
07:55la droite, dans sa totalité, vote contre.
07:59En considérant qu'il faut préserver une espèce, ce qu'ils appellent une laïcité ouverte,
08:04moi, je ne sais pas ce que c'est, au sein des écoles confessionnelles.
08:08Il y a là quelque chose qui n'est pas logique et qui n'est pas cohérent.
08:11Moi, je suis pour la laïcité, mais partout, partout.
08:15Et les écoles privées sont subventionnées à 80% par l'État.
08:19Je ne comprends pas pourquoi, là, on accepterait que le voile y soit présent.
08:24Vous partez du principe que là où il y a un enseignement, une transmission du savoir,
08:28la laïcité s'applique indistinctement, que ce soit public ou privé.
08:31Exactement.
08:32Est-ce qu'il y a quand même, j'allais dire, entre guillemets, des territoires où vous acceptez une école dite religieuse, proprement dite ?
08:38Là, vous estimez que peut-être ils ont le droit, mais attention, ce n'est pas subventionné par l'État.
08:43Mais quand ce n'est pas subventionné par l'État, malheureusement, je dis malheureusement, ils font ce qu'ils veulent.
08:50Parce qu'on sait très bien que dans les écoles sous contrat, il n'y a pas toujours un grand respect de la liberté de conscience,
08:58de la liberté des individus, et malheureusement, ce ne sont pas les écoles qui, aujourd'hui, sont les mieux surveillées par l'État.
09:04C'est un regret.
09:05Alors, quand vous dites qu'elle ne peut être une police des consciences, vous l'affaiblissez quand même, ce conseil ?
09:10Vous avez l'air de dire qu'elle est appliquée de façon abusive dans certains cas ?
09:13Non, ce que je ne veux pas, c'est que demain, l'État considère que c'est à lui de dire ce que doit être l'observation de la religion,
09:22pour les catholiques, pour les musulmans ou pour les juifs.
09:25Ça, c'est le respect du fort intérieur, de la conscience de chacun.
09:30Je ne veux pas que l'État rentre dans la gestion des consciences.
09:34C'est ce qu'on a reproché au régime totalitaire, à raison, et c'est un communiste qui vous le dit.
09:40Voilà. On ne peut pas rendre les gens heureux, malgré eux.
09:45On ne peut pas leur imposer une forme de pensée religieuse, politique, etc.
09:50Là-dessus, il faut strictement respecter la liberté individuelle.
09:54Et de nouveau, c'est un communiste qui vous le dit.
09:56Nous sommes avec Pierre Ozulia, sénateur communiste des Hauts-de-Seine.
10:00Nous faisons un large tour d'horizon.
10:01Là, on a débattu sur la légitimité.
10:03On va encore y revenir un petit peu, et puis on verra le reste de l'actualité
10:06avec le point de vue de cet élu libre-penseur.
10:11Vous nous appelez au 0826 300 300.
10:14Aude Satillère attend vos questions pour interpeller le sénateur,
10:17qui se ferait une joie de répondre à vos questions.
10:18A tout de suite.
10:19Nous sommes avec Pierre Ozulia, sénateur communiste des Hauts-de-Seine,
10:24qui assume son communisme, je voulais dire, de bon cœur.
10:26Et en toute liberté, parce que vous n'êtes pas un apparatchik aux ors des consignes du parti.
10:35Or, Fabien Roussel est un secrétaire national très ouvert aussi.
10:39Il partage beaucoup de choses.
10:40Moi, j'ai connu Ségui, j'ai connu à la CGT Krasouki,
10:45change marché au Parti communiste, il y a eu Maurice Thorez.
10:48Il y a une évolution du communisme aujourd'hui.
10:50Je crois que vous êtes...
10:51Alors, on peut ne pas vous aimer.
10:53On peut considérer que vous avez quelquefois des lectures très sectorielles.
10:58Mais vous êtes quand même le reflet d'une souffrance.
11:01S'il y a encore des élus communistes en France,
11:03c'est la souffrance, c'est l'attemagnage d'une souffrance, d'un malaise dans la population.
11:07Oui, d'une part.
11:08Et puis, je crois qu'au-delà, on incarne une certaine idée de la France.
11:13Parce que si la France, elle est ce qu'elle est aujourd'hui,
11:16on a notre part.
11:18On a notre part.
11:19Vous avez évoqué mon grand-père, le colonel André.
11:22Albert, Albert Auzulia, se dit qu'elle est l'André.
11:24Albert Auzulia, voilà.
11:251945, c'est quand même cette alliance tout à fait incroyable
11:29entre communistes et gaullistes
11:31pour mettre en place des choses qui nous sont chères,
11:34la sécurité sociale, les nationalisations, etc.
11:37Donc, on fait partie, quelque part, du patrimoine de ce pays.
11:43Et ça, c'est une grande fierté.
11:44Avec ce petit moment de confusion historique,
11:45parce qu'il y a le pacte germano-soémitique en août 1939,
11:48le Parti communiste français est évidemment tenu
11:50de respecter les engagements de Moscou et de Staline.
11:54Et là, on a un moment de malaise
11:55jusqu'à l'opération Barbarossa du 22 juin 1941.
12:00Et là, le Parti communiste qui était dans l'ambiguïté.
12:02On se souvient que Jacques Duclos avait demandé à Otto Abetz
12:05la reparution de l'humanité.
12:08Et là, on bascule dans le Parti des Résistants,
12:10les FTP, le Front National,
12:12qui était le nom du Parti communiste dans la Résistance.
12:14Et le Parti des Résistants, qui ont payé cher.
12:17Je vais vous dire, la période au 39 juin 1941,
12:21d'accord, il y a peut-être débat,
12:23elle aurait été payée cher par les communistes
12:25que dans la Résistance.
12:26Oui, mais alors, vous voyez,
12:27quand vous prenez l'histoire de mon grand-père,
12:29donc, il se bat sur la Somme,
12:31il est fait prisonnier, il est envoyé dans un...
12:32En 40, on parle de 40.
12:34Il est fait prisonnier, envoyé dans un stalag,
12:37il s'évade.
12:39Il s'évade.
12:40Il s'évade.
12:40Il s'évade bien avant l'attaque contre...
12:44Donc, il aurait pu, à ce titre-là, dire,
12:46bon, moi, je ne suis pas en guerre,
12:47c'est une guerre capitaliste, c'est ça, voilà.
12:49Il s'évade, pourquoi ?
12:51Parce qu'il est nourri par tout un idéal républicain français.
12:57Et donc, quand il s'évade,
12:58c'est pour aller libérer la France.
13:01Et il pense à la France avant de penser à l'Union soviétique.
13:04Il y a encore du Jean Jaurès en lui.
13:06Mais bien sûr.
13:06La rupture de 1920, c'est où Jaurès s'est-il trouvé ?
13:10Et moi, je me souviens, dans la maison familiale en Corrèze,
13:13le grand-père prenait les œuvres de Jaurès
13:15et déclinait comme ça les œuvres de Jaurès.
13:18Moi, je suis fondamentalement jaurèsien.
13:20On vient de parler de la laïcité.
13:22Quand vous relisez ce que Jaurès a écrit sur la laïcité,
13:25c'est d'une actualité absolue.
13:27Absolue.
13:28Il n'y a rien à enlever.
13:29Alors, quant à droite,
13:30et pas seulement qu'à droite,
13:30les gens vous disent,
13:31mais comment on peut encore utiliser le terme communiste
13:33avec tout ce que le communisme suppose
13:36comme crime contre l'humanité ?
13:38Staline, Pol Pot, bien sûr, le goulag.
13:41On a envie de dire, bon, d'accord,
13:43en face, il y a eu la même chose.
13:45Est-ce qu'on peut être aujourd'hui communiste
13:47en se libérant de ces épisodes douloureux,
13:50tragiques de l'histoire,
13:51fait au nom du communisme ?
13:52Vous dites quoi ?
13:53Non, ce n'était pas ça le communisme.
13:55Oui, bien sûr, ce n'était pas ça.
13:56Est-ce que l'acquisition, c'est les évangiles ?
13:59Non, non plus.
14:00Bon.
14:00Non plus.
14:00Mais je pense que ce qui a été fait au nom du communisme
14:05nous donne aujourd'hui une responsabilité supérieure
14:08par rapport à la démocratie.
14:10Voilà.
14:11En considérant que, c'est ce que disait Jaurès d'ailleurs,
14:14il ne peut pas y avoir de socialisme.
14:16Moi, je porte encore un projet socialiste.
14:19Vous êtes d'abord socialiste, on est d'accord.
14:21Fondamentalement.
14:22Fondamentalement.
14:23Je porte un projet socialiste
14:26qui ne peut se réaliser que par la démocratie.
14:30Et ça, c'est essentiel.
14:31Et ma critique de ce qui a pu se passer en Russie
14:35puis en Union soviétique, c'est celle-là.
14:37C'est qu'au moment de la prise du pouvoir par les soviets,
14:41ils ne pensent pas à la démocratie.
14:43Nous avons un tout autre héritage.
14:45C'est celui de 1789 et de la Grande Révolution
14:47que les Russes n'avaient pas.
14:49Et ça, c'est quelque chose qui nous change profondément.
14:53Et je reste profondément attaché
14:55à ce qu'a été l'esprit de 1789.
14:57Pour autant, le principe du centralisme démocratique
14:59tel que le définissent les codes du Parti communiste
15:02impose que le Parti applique la dictature du prolétariat.
15:06Et puis aujourd'hui.
15:07Oui, je suis d'accord.
15:08Et puis aujourd'hui.
15:09C'est cette interprétation que vous mettez en cause.
15:11On est comme tous les autres partis
15:12avec une grande diversité d'expressions.
15:15Dans les derniers moments, vous regardez,
15:16y compris sur les négociations municipales,
15:19tout le monde fait à peu près ce qu'il veut.
15:23Le Parti communiste tel qu'on l'a connu
15:24dans les années 50, 60 et jusqu'au début des années 70,
15:28celui-là, il n'existe plus.
15:29C'était celui de Maurice Torres.
15:31Bon, on va le décrocher.
15:32C'était encore peut-être une ouverture.
15:33Oui, déjà, ça a changé un peu.
15:34On a eu des partis communistes d'ouverture
15:36avec Enrico Berlinguer, Santiago Carillon en Espagne.
15:39Bien sûr.
15:39Il y a eu des évolutions.
15:40Bien sûr.
15:41Bien sûr, l'eurocommunisme a été quelque chose
15:44de tout à fait essentiel.
15:45La France est restée plus orthodoxe.
15:47Quand Georges Marché dit
15:48le bilan de l'Union soviétique est globalement positif
15:50depuis Moscou, ça fait un malaise quand même.
15:53Elle a fait trois pas en avant et deux pas en arrière
15:55sur l'eurocommunisme.
15:56Pour autant, aujourd'hui,
15:57Pierre Ozulia, sénateur communiste des Hauts-de-Seine,
16:00se satisfait de ce qu'on appelle la démocratie bourgeoise
16:02dans laquelle nous sommes libérales.
16:04Alors moi, je l'appellerais républicaine.
16:06La démocratie républicaine.
16:07Bien sûr, on est bien d'accord qu'elle est républicaine.
16:09Mais à vos yeux, voilà, c'est un système libéral
16:12d'économie de marché, avec un système démocratique.
16:15Finalement, vous vous y faites.
16:17Et si un jour vous arrivez au pouvoir,
16:18vous avez été deux fois au pouvoir, au gouvernement,
16:20en 1981 et en 1997.
16:23Bien sûr, et on est prêt à y retourner.
16:24Avec des ministres qui ont laissé de très bons souvenirs.
16:26Et moi le premier, dans un gouvernement gauche,
16:28demain, moi je me sentirais bien,
16:30en fonction du programme.
16:31Bien sûr.
16:31Il faut travailler sur le programme d'abord.
16:33Alors justement, mettons un petit peu les pieds dans le plat
16:37de ce que la gauche est devenue.
16:38Il y a, après la dissolution,
16:40cette incroyable initiative de la reconstitution
16:43du nouveau Front populaire.
16:44C'était la NUPES du nouveau Front populaire.
16:46Ça marche.
16:47Vous arrivez en tête aux élections législatives,
16:53même si vous n'avez pas la majorité absolue.
16:56Et loin de ça, on le voit bien à l'élection
16:58du président de l'Assemblée nationale,
17:00M. Chassay, il fait quand même moins de voix
17:01que Mme Brown-Pivert.
17:03Très peu.
17:04Très peu.
17:04Mais bon, vous n'aviez pas la majorité.
17:07Aujourd'hui, on a l'impression,
17:09lorsque l'on voit les débats entre M. Mélenchon,
17:11M. Bompard, M. Fort,
17:14Mme Tondelier et Fabien Roussel,
17:16qui a un petit peu de rififi,
17:17est-ce qu'il y aurait d'eau dans le gaz
17:18dans le nouveau Front populaire ?
17:21Je pense que sur beaucoup de sujets,
17:24nous sommes en phase.
17:25Est-ce que c'est insurmontable ?
17:28Sans doute pas.
17:29Mais il faut avoir la force,
17:34la volonté d'exprimer clairement.
17:36Je vous sens prudent dans votre façon de vous exprimer.
17:37On sent que vous marchez sur un terrain...
17:38Je suis sénateur.
17:39Oui.
17:40J'ai une expression sénatoriale.
17:42Parfait.
17:43Mais il faut qu'on revendique nos différences.
17:47Voilà.
17:47Et moi, je suis intimement persuadé
17:48qu'entre la France insoumise et le Parti socialiste,
17:51il y a la place pour un parti communiste
17:54fier de son histoire
17:56et qui, aujourd'hui, représente à la fois
17:59ce que vous avez dit,
18:00une vision très jauracienne de la République,
18:03l'indépendance nationale,
18:06la souveraineté nationale,
18:07une certaine forme de protectionnisme
18:10pour permettre une réindustrialisation de la France
18:12qui est fondamentale.
18:14Fondamentale.
18:14On ne peut pas se passer d'industrie,
18:16on ne peut pas se passer d'ouvrier.
18:17Et ça, je pense que c'est à nous de le dire
18:19très fortement à gauche.
18:21Et puis, vous l'avez dit aussi,
18:23la laïcité.
18:24La laïcité,
18:25c'est l'héritage fondamental
18:28du Parti communiste,
18:29on ne l'affirme pas assez.
18:30Alors, justement, la laïcité,
18:31Maud Coffert, vous vous posez une question.
18:32Juste une question avant la laïcité,
18:33très courte.
18:34Est-ce que vous vous êtes senti à l'aise,
18:35M. Ouzulias, M. le sénateur,
18:37dans la NUPES,
18:38avec, malgré ces innombrables polémiques,
18:41cette espèce d'union contre nature,
18:42quand même,
18:42entre le Parti socialiste, justement,
18:44et la France insoumise,
18:45qui ne partageait pas
18:46toutes les mêmes idées,
18:47y compris sur la laïcité, d'ailleurs ?
18:49Contre nature, je ne sais pas,
18:51mais je pense qu'à un moment donné,
18:53quand on est face aux électeurs,
18:56on a l'obligation de leur présenter
18:57un programme
18:58qui n'est pas le meilleur du monde,
19:00qui est...
19:01Avec beaucoup de compromis.
19:03C'est ça.
19:03Qui est le plus petit commun multiple.
19:05C'est-à-dire les choses
19:06sur lesquelles on s'entend
19:08pour gouverner.
19:09Ce que nous avons fait...
19:10C'est le principe.
19:11C'est le principe d'une coalition.
19:13Ce que nous avons fait,
19:15la droite ne l'a pas fait.
19:16Et c'est ce qui fait
19:17qu'aujourd'hui,
19:19nous sommes en difficulté.
19:20Parce que le cornu est arrivé
19:22sans aucune coalition.
19:24Sans un moment
19:25de réflexion collective
19:26où on dit
19:26voilà notre programme,
19:28voilà sur quoi on s'engage
19:29et voilà sur quoi
19:30on votera
19:31si vous nous présentez
19:32un budget
19:33qui est conforme
19:34aux engagements
19:34que nous avons signés.
19:36Là, il y a eu un problème.
19:38À gauche, on a fait l'effort.
19:39On a fait l'effort
19:41de la coalition.
19:42Aujourd'hui, ça ne marche pas.
19:43Sans doute parce qu'on a oublié
19:46de montrer
19:47quelles étaient
19:48nos différences fondamentales.
19:49Et pour s'unir,
19:50il faut d'abord expliquer
19:52de façon publique
19:53là où on n'est pas d'accord.
19:54Et ça, je pense
19:55qu'on ne l'a pas suffisamment fait.
19:56Les trois, j'allais dire,
19:58les trois ailes de la gauche,
19:59les quatre composantes
20:00du nouveau Fonds populaire,
20:01donc il y a la France insoumise
20:02dont on parlera juste après,
20:04on va essayer de la définir.
20:05Ce n'est pas vous,
20:06vous n'en faites pas partie.
20:07Mais est-ce qu'on peut,
20:08est-ce que,
20:09on peut, j'allais dire,
20:10désigner le type de gauche
20:11à laquelle elle correspond ?
20:13Ensuite, on a les écologistes
20:14qui sont très à gauche.
20:16Et c'est dommage
20:17parce que l'écologie,
20:17elle transcende tous les partis.
20:19Quand je dis dommage,
20:19je ne fais pas le jugement de valeur.
20:21Je dis que Brice Lalonde
20:22était un écologiste de droite
20:23et il a fait beaucoup
20:24pour l'écologie.
20:25On a les socialistes
20:26qui sont des sociodémocrates
20:27et puis on a des communistes
20:29qui sont toujours là
20:29à leur place.
20:31Est-ce que cette composition
20:33était viable dès le départ ?
20:35Elle l'a été par le passé.
20:37Oui.
20:38Par le passé,
20:39on a gouverné en soi.
20:40Je parle d'aujourd'hui, justement.
20:41A l'époque, oui.
20:42Aujourd'hui, je pense que la grande difficulté,
20:47c'est l'hyper-présidentialisation du système
20:49qui fait que quand vous essayez
20:52de rassembler des partis ensemble
20:54pour gouverner,
20:55tous pensent derrière à la présidentielle.
20:59Et la démocratie française
21:01ne s'en sortira pas
21:02tant qu'elle n'arrivera pas
21:04à essayer de diminuer le rôle du président
21:08qui est beaucoup trop présent
21:10dans nos institutions.
21:11Vous voyez qu'ailleurs,
21:12dans les pays qui nous entourent,
21:14l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, etc.,
21:16les coalitions fonctionnent
21:18parce que le président de la République
21:19a un rôle beaucoup plus annexe,
21:22beaucoup plus subalterne.
21:24Nous, le problème,
21:24c'est le présidentialisme.
21:25Ce sont des démocraties parlementaires.
21:27C'est toute la nuance
21:28avec une démocratie présidentielle
21:30au parlementaire.
21:31On continue à en discuter
21:33avec Pierre Auzulia,
21:35sénateur communiste des Hauts-de-Seine,
21:36qui n'a pas sa langue dans sa poche,
21:38qui parle avec franchise,
21:39clarté,
21:40et qui a l'air surtout convaincu
21:41par ce qu'il dit.
21:42Ce qui est très agréable.
21:43Vous nous retrouvez
21:44au 0 826 300 300.
21:46Vous appelez.
21:47Maud Sinclair recevra vos questions.
21:50Maud, c'est moi Maud.
21:50Maud, c'est Coflère.
21:52Maud Sinclair, Maud Sinclair et Maud Sinclair.
21:55Peu importe.
21:56Le sénateur répondra à vos questions
21:57avec détermination.
22:00Vous êtes avec Péricolega
22:02sur Sud Radio
22:02qui reçoit le sénateur Pierre Auzulias.
22:05Nous avons des auditeurs,
22:06monsieur le sénateur,
22:07qui vous appellent,
22:08qui veulent vous parler.
22:09Et Raphaël, qui est de Cachan.
22:11Alors, ce n'est pas les Hauts-de-Seine,
22:12mais ce n'est pas loin.
22:13Bonjour Raphaël.
22:14Bonjour Péricolega,
22:15bonjour monsieur le sénateur.
22:17Effectivement, la commune de Cachan
22:18est dans le Val-de-Mande,
22:19qui est le département
22:21dont Georges Marchais
22:21a été un élu
22:22pendant quelques années,
22:23effectivement.
22:25Absolument.
22:25Quelle question
22:26vous lui ai posé au sénateur ?
22:27Alors, c'est pas forcément
22:29des questions,
22:30c'est des constats.
22:34Monsieur le sénateur
22:35a évoqué la loi de 1901.
22:39Cinq.
22:391905.
22:40La 1905.
22:42Pardon, excusez-moi.
22:43Les catholiques étaient bancardés.
22:46Aujourd'hui, on s'aperçoit
22:47qu'une autre religion
22:48fait sa place
22:49dans l'espace public
22:50de manière assez
22:52proponérante,
22:53qui pose des difficultés.
22:56On s'aperçoit
22:56que les deux religions
22:57ne sont pas traitées
22:58de la même manière.
22:59Je souhaitais que
23:00le sénateur réagisse
23:01sur ce premier point.
23:03Pierre-Ozoulias.
23:04Alors,
23:04d'abord,
23:06un petit rappel historique.
23:07En 1905,
23:09l'islam est
23:10la deuxième religion
23:11de l'Empire français.
23:12Déjà.
23:13Déjà.
23:13Donc,
23:15la loi de 1905...
23:17Mais pas sur la métropole.
23:18Voilà.
23:18Dans l'Empire.
23:19Dans l'Empire.
23:20Il y avait
23:21trois départements français
23:22en Algérie.
23:23On l'a oublié.
23:24Avec des députés
23:25et avec des sénateurs.
23:26Et la République,
23:28en 1905,
23:29s'est posée
23:30la question
23:31de l'application
23:32de la loi de 1905,
23:33bien évidemment,
23:34aux populations musulmanes
23:36du Proche-Orient.
23:37Et elle avait décidé
23:38que la loi
23:40devrait s'appliquer.
23:41elle ne l'a pas été.
23:43Alors,
23:43pour différentes raisons,
23:44je ne rentre pas dans le...
23:45Avec cette particularité
23:46du décret Crémieux
23:47qui autorise aux Juifs
23:48le statut
23:49de citoyen de la République
23:50à part entière,
23:51ce qui n'est pas accordé
23:52aux musulmans.
23:52Tout à fait.
23:53Mais,
23:54dans les trois départements
23:55de l'Algérie,
23:56jusqu'à l'indépendance,
23:58les ministres du culte,
24:00imam,
24:00muezine,
24:01etc.,
24:01sont payés
24:02par l'administration coloniale.
24:04Il y a une forme
24:05de concordat
24:06très particulière
24:07qui fait que
24:08l'islam
24:09est une religion
24:10d'État.
24:10On l'a un peu oublié.
24:13Alors,
24:13si vous connaissez
24:15mes prises de position
24:16et vous pouvez le vérifier,
24:18vous verrez.
24:19Vous verrez
24:19que je ne fais
24:20jamais
24:21aucune distinction
24:22dans l'application
24:23de la loi de 1905.
24:24Jamais.
24:26Je considère
24:26toutes les religions
24:27sur un pied d'égalité
24:29et je m'oppose
24:30de la même façon
24:31aux transgressions
24:32de la loi de 1905
24:34d'où qu'elles viennent.
24:35Des catholiques,
24:36des juifs
24:36et des musulmans.
24:38Voilà.
24:38Par ailleurs,
24:39je suis athée
24:40et j'aimerais bien
24:41de temps en temps
24:42qu'on n'oublie pas
24:43les athées
24:44parce qu'aujourd'hui
24:44ils sont majoritaires
24:45en France quand même.
24:46Oui.
24:47D'autant qu'en 1905,
24:48l'Église catholique
24:49est partie prenante
24:50des institutions
24:51de la République.
24:52Bien sûr.
24:52Elle est beaucoup plus loin.
24:54Il faut se méfier aujourd'hui
24:55des tentatives
24:56de certains militants
24:58islamistes
24:58et leur vision
24:59de la République.
25:00mais la République
25:02de l'époque
25:03elle est co-catholique.
25:04Et donc
25:04de 1905
25:05c'est sortir
25:06à coup de pied
25:06dans les fesses
25:07l'Église
25:08des affaires de l'État.
25:09Tout en protégeant
25:10les cultes
25:11quels qu'ils soient.
25:12Mais c'est de dire
25:12voilà,
25:13la République laïque
25:14et sociale
25:15ne sera plus co-dirigée
25:16par une Église,
25:17par une confession
25:18telle qu'elle l'était
25:19à un point
25:19qui était sociologiquement
25:20on allait demander
25:22quasiment au curé
25:23pour qui il fallait voter.
25:24Exactement.
25:25Je vous signale
25:26qu'il y a certains endroits
25:27où ça existe encore.
25:27Oui, ça existe encore.
25:28Il y a cette phrase
25:30magnifique
25:31de Victor Hugo
25:32qui résume
25:33tout le principe
25:33de la laïcité.
25:35L'État chez lui
25:36l'Église chez elle.
25:37Voilà.
25:38Chacun chez soi.
25:39L'État ne se mêle pas
25:41de la religion.
25:42La religion
25:42ne se mêle pas
25:44des affaires
25:45de l'État.
25:46Il y a une indépendance
25:47qui profite à tout le monde
25:48et surtout
25:49qui est la garantie
25:51de la liberté de conscience
25:52qui est un point fondamental.
25:54Le truc de savoir
25:55Pierre Rosulias
25:56où commence le chez soi ?
25:57Est-ce que c'est à la piscine
25:58municipale ?
25:59Est-ce que c'est à la crèche ?
26:00Je m'en donne d'ailleurs
26:01à une question
26:01à vous poser là-dessus.
26:02Oui, monsieur le sénateur,
26:03on parle beaucoup
26:04de laïcité.
26:05Vous êtes très attaché
26:06à la République,
26:06à la loi de 1905.
26:08Moi, j'ai une question.
26:09J'aimerais parler
26:10à votre conscience
26:11mais vous allez me répondre
26:11en tant que sénateur.
26:13Comment on peut dépenser
26:14autant d'énergie
26:15dans la lutte
26:16contre le placement
26:18d'une crèche
26:18dans une mairie
26:19ou dans l'espace public
26:20et en même temps
26:21ne pas s'indigner
26:23quasi du tout
26:24de voir des jeunes filles
26:25voilées ?
26:25Vous en parliez tout à l'heure.
26:26Moi, c'est cette espèce
26:28de demi-mesure morale,
26:29de conscience morale
26:30qui m'embête un peu.
26:31Il y a deux choses
26:32sur le voile.
26:34Vous pouvez lire d'ailleurs
26:35ce que j'ai écrit
26:36dans Marianne récemment.
26:39Le voile,
26:40qu'il soit juif,
26:42catholique ou musulman.
26:44Parce que les trois religions
26:45d'Abraham
26:46ont la même utilisation
26:47du voile pour les femmes.
26:49Le voile,
26:50c'est la façon
26:51de montrer
26:54que la femme
26:55doit être soumise à l'homme.
26:56C'est un instrument
26:57du patriarcat.
26:58Dans la religion catholique,
26:59plutôt à Dieu.
27:01Je peux vous lire
27:03les actes des apôtres.
27:05L'épître,
27:06le premier épître
27:07au courant intien
27:07de Paul,
27:09Paul le dit clairement.
27:10Les femmes doivent porter
27:12le voile
27:12pour montrer
27:13leur soumission.
27:15La religion
27:16qui a le plus théorisé
27:18sur le port du voile,
27:19ce n'est pas l'islam.
27:21Dans le Coran,
27:22vous n'avez pas grand-chose.
27:23Non,
27:23c'est la religion catholique.
27:25D'accord,
27:25mais dans les faits ?
27:26Dans les faits,
27:27je considère,
27:29et je le dis,
27:30je le dis publiquement,
27:31qu'aujourd'hui,
27:31le voile,
27:32c'est une forme
27:34d'acceptation
27:34du patriarcat.
27:36Mais ensuite,
27:38je suis respectueux
27:39de la liberté
27:42de conscience
27:42de chacun.
27:43Et je n'imagine pas
27:44un régime autoritaire
27:45où l'État
27:45se donnerait
27:46la possibilité
27:48d'interdire
27:48des formes
27:49d'expression religieuse.
27:50parce qu'on sait
27:51où on commence,
27:52on ne sait jamais
27:53où on finit.
27:54Et la laïcité,
27:55ce n'est pas
27:56un athéisme d'État.
27:58Je suis athée,
27:59je ne veux pas imposer
28:00mon athéisme auto.
28:02Je pense que c'est
28:03au croyant,
28:03à un moment donné,
28:04de prendre de la distance
28:05par rapport
28:06à des dogmes religieux
28:08qui,
28:08aujourd'hui,
28:09ne sont plus en phase
28:10avec,
28:11notamment,
28:11la libération
28:12de la femme.
28:13Pierre Rosulias,
28:14aujourd'hui,
28:14comment un communiste
28:15peut gérer,
28:16j'allais dire,
28:17les épreuves
28:17auxquelles nous sommes
28:18confrontés
28:18qui sont laissés
28:19preuve de la société
28:20et de l'histoire.
28:21Est-ce qu'il y a
28:21trop d'immigrés ?
28:23Est-ce que la machine
28:24à intégrer,
28:24quelle école fonctionne bien
28:25comme elle a toujours
28:26fonctionné,
28:27par que la République
28:28est d'abord
28:28une République intégratrice ?
28:30Est-ce que cette machine
28:31est en panne ?
28:32Et est-ce qu'il faut
28:32avoir le courage
28:33de dire,
28:33comme l'avait fait
28:34le maire de Vitry
28:35dans les années 60 ?
28:37Je vous rappelle
28:37les souvenirs
28:38de la fiche communiste.
28:39D'abord,
28:39la France,
28:40voilà,
28:40consommant français,
28:42et puis,
28:42à un moment donné,
28:43est-ce que
28:43cette immigration
28:44n'est pas un instrument
28:46que le patronat
28:47utilise
28:48pour payer encore
28:49moins cher
28:50le prolétariat français ?
28:51Alors,
28:52sur la première question,
28:54est-ce que
28:54la République
28:55fonctionne encore bien
28:57dans...
28:59La machine à intégrer.
29:00C'est ça.
29:00Et surtout,
29:02sa capacité
29:03à garantir
29:05l'égalité
29:05des droits.
29:06Oui.
29:07Fondamental.
29:07Oui.
29:08Non.
29:08Non.
29:09Non.
29:10C'est l'est.
29:11Non.
29:11Quand vous êtes
29:12dans une commune
29:12populaire
29:13comme Nanterre
29:15et une commune
29:16un peu moins populaire
29:17comme Neuilly
29:18dans les Hauts-de-Seine,
29:19je prends deux exemples
29:19que je connais,
29:20vous n'avez pas
29:21le même accès
29:22aux droits.
29:23Vous n'avez pas
29:23le même accès
29:24à la santé,
29:25aux transports,
29:27à l'éducation.
29:28Voilà.
29:28Et quand vous êtes
29:29une famille
29:30dont les parents
29:31sont originaires
29:32d'autres pays,
29:33vous avez l'impression
29:34que vous êtes
29:35un sous-citoyen
29:36ou une sous-citoyenne
29:38parce que
29:39vos profs
29:39ne sont pas remplacés
29:40parce que les transports
29:41sont défaillants,
29:42parce que c'est compliqué
29:43de se soigner,
29:44alors que quand vous faites
29:44quelques kilomètres
29:45vers l'Est
29:46en Allain-en-Neuilly,
29:48là,
29:48tout est beaucoup
29:49plus facile.
29:50Donc,
29:51l'intégration
29:53doit se faire
29:54par une exigence
29:56républicaine
29:57absolue,
29:57celle de l'égalité
29:58des droits.
29:59Quel que soit
30:00l'endroit
30:00où je me trouve
30:01en France
30:03métropolitaine
30:04et encore plus
30:04dans les Outre-mer,
30:05je dois avoir
30:06la même facilité
30:08d'accès
30:09aux services publics.
30:10C'est fondamental.
30:11Et cette promesse
30:11républicaine
30:12aujourd'hui n'est pas
30:13respectée.
30:13Avec une incidence
30:14folle,
30:14je vais vous dire,
30:15et je vous le dis
30:15amicalement,
30:16c'est facile à dire,
30:16monsieur le sénateur.
30:18Comment on l'applique
30:18aujourd'hui ?
30:19C'est ce que vous dites ?
30:20Bien sûr,
30:20on en est où ?
30:21Je vous donne un chiffre
30:22que je ressors souvent.
30:24À la fin des années 60,
30:2569, 70, 71,
30:26donc fin du gueulisme,
30:27début de Pompidou,
30:2917% des jeunes
30:30issus de la classe ouvrière
30:32accédaient aux grandes écoles,
30:33hautes écoles.
30:34On est à 4,5
30:35et pourtant l'évolution sociale,
30:37le progrès a marché.
30:38Comment se fait-il
30:38que cette France
30:39du gaullisme
30:40et du Pompidou,
30:40qui était une droite
30:41un petit peu classique,
30:42ancienne,
30:43laissait plus de chance
30:44aux enfants des milieux
30:45modestes pour accéder
30:45aux écoles qu'aujourd'hui ?
30:47Vous avez entièrement raison.
30:48Vous avez entièrement raison.
30:49C'est un chiffre terrifiant.
30:51Ça inflige un chiffre terrifiant.
30:52Alors on parle
30:53de l'ascenseur social.
30:54Là, c'est fini.
30:55Il est en panne.
30:56Il est en panne
30:56très profondément.
30:59En sous-sol,
31:00il est en panne
31:00et puis on n'arrivera pas
31:01à le remonter.
31:03Et je crois
31:03qu'on a laissé faire
31:05une forme
31:06de géothéisation sociale.
31:09Et les hautes scènes
31:09sont l'exemple de ça.
31:11Pourtant, vous avez passé
31:11deux fois au pouvoir.
31:11Vous n'aviez pas
31:12tous les leviers
31:13en 80 et en 97.
31:15Oui, mais on ne s'est pas
31:15attaqué ce problème-là
31:16de façon suffisamment forte.
31:18Et ce qui fait sans doute
31:19que le message de la gauche
31:21aujourd'hui est brouillé.
31:22Parce qu'on n'a pas réussi.
31:23Elle le paye.
31:24En effet.
31:24Elle le paye cher.
31:25Mais quand vous prenez
31:27les hautes scènes,
31:27les hautes scènes,
31:29c'est la juste apposition
31:31de riches et de gâteaux
31:33de pauvres.
31:34Des populations
31:34qui s'excluent,
31:36qui ne peuvent plus
31:38vivre ensemble
31:39et qui sont dans
31:40une espèce d'affrontement
31:41et de rivalité.
31:42Ça, c'est quelque chose
31:43de terrifiant.
31:44Jusqu'en 1973,
31:45le parti communiste
31:46POPROU faisait
31:47entre 20 et 25 %
31:48des voix.
31:49Est-ce qu'aujourd'hui,
31:50sans que ce soit forcément
31:51la même sociologie,
31:52cette souffrance,
31:54cette détresse,
31:54cette colère,
31:55elle est représentée
31:56électoralement
31:57par le Front National
31:59puis le Rassemblement National ?
32:00Est-ce que c'est votre clientèle
32:01qui a changé de crèmerie
32:02parce qu'ils estiment
32:04que vous n'étiez pas
32:05à côté de leur souffrance ?
32:06Peut-être pas forcément
32:06le parti communiste tout seul,
32:08mais la gauche en général
32:08et que ce discours
32:11du Rassemblement National
32:12et d'autres,
32:13c'est un peu ce qu'ils ont envie
32:14d'entendre aujourd'hui
32:14dans leur souffrance,
32:15qui définit mieux
32:16leur souffrance
32:16et leur détresse ?
32:17Vous avez raison.
32:19La gauche a aujourd'hui
32:22oublié de parler
32:23à la classe populaire.
32:25À la classe populaire,
32:27à celle qui est privée de boulot,
32:29à celle qui a vu
32:29fermer ses usines.
32:31Et on est dans l'incapacité
32:33de leur présenter aujourd'hui
32:34un projet de société
32:35qui puisse les mobiliser
32:37pour un avenir
32:38dans lequel ils sont intégrés.
32:40Voilà.
32:40Vous avez entièrement raison.
32:41La classe populaire,
32:41Pierre-Ozulias,
32:42qui est aujourd'hui
32:42la classe moyenne.
32:43Le drame, c'est ça,
32:44c'est qu'il y a eu
32:44une vraie classe populaire.
32:45Il y a eu un prolétariat
32:46jusqu'à il n'y a pas très longtemps.
32:47Il y a eu un déclassement.
32:48Et aujourd'hui,
32:48la classe moyenne,
32:49c'est le phénomène
32:49des gilets jaunes.
32:51Elle est en train
32:52de redevenir
32:53une classe populaire défavorisée.
32:55Mais bien sûr.
32:55Mais ce qui fait
32:56l'élection de Trump,
32:57c'est ça.
32:58C'est que la classe moyenne
32:59qui jusqu'à présent
33:00votait plutôt démocrate,
33:01d'un seul coup,
33:02elle a changé de bord,
33:03elle vote Trump
33:03parce qu'elle se sent
33:04totalement déclassée.
33:06Elle vote Trump,
33:06elle vote Orban,
33:07elle vote Mélanie.
33:08Exactement.
33:09Parce qu'elle se sent déclassée,
33:11parce qu'elle ne comprend plus
33:13les logiques
33:14dans lesquelles nous sommes.
33:16Logique mondialisée,
33:19logique européenne,
33:21logique de métropolisation.
33:23Ma famille est originaire
33:24de la Haute-Corrèze.
33:25Je sais bien.
33:25Je vois très bien
33:27ce que c'est
33:27qu'habiter la Haute-Corrèze
33:29aujourd'hui.
33:29Quand vous êtes loin de tout.
33:31La devise.
33:32Quand le premier hôpital,
33:33c'est Clermont-Ferrand
33:34à une heure de voiture.
33:35Quand l'université,
33:36c'est Bordeaux, etc.
33:38Les gens qui vivent là
33:39ne sont pas des fascistes.
33:42Et surtout pas en Haute-Corrèze.
33:43Bien sûr.
33:43Avec ce qu'on a vécu.
33:45Mais ils ont le sentiment
33:46qu'ils ne sont plus écoutés.
33:48Qui sont les parias de la République.
33:50Donc il faut un discours de gauche
33:52qui les réintègre
33:53dans ce que j'appellerais
33:55le réenchantement de la République.
33:57Une République qui s'adresse
33:58à tout le monde.
33:59Nous sommes avec
34:00Pierre Ozzoulias,
34:00sénateur communiste
34:01des Hauts-de-Seine.
34:03Qui nous tient un discours,
34:04j'allais dire bouleversant
34:05de franchise et de sincérité.
34:07On a Chantal
34:08qui nous appelle de Bastia.
34:10Comprend.
34:10Voilà.
34:11On la prend dans 3 minutes.
34:12Et vous continuez
34:13à nous appeler
34:13au 0 826 300 300
34:16pour...
34:17Vous voyez,
34:17c'est un sénateur
34:18qui répond aux questions.
34:19Donc il faut en profiter
34:20tout de suite.
34:20Il est 13h46,
34:23Perico Légas
34:24et Maud Coffler
34:25reçoivent
34:25Pierre Ozzoulias,
34:27sénateur original,
34:28libre-penseur,
34:29franc,
34:30franc-parleur
34:31des Hauts-de-Seine.
34:32Et nous avons Chantal
34:33qui nous appelle de Bastia.
34:34Bonjour Chantal.
34:35Bonjour Perico.
34:38Je vous écoute Chantal.
34:38Bonjour M. le sénateur.
34:40Merci beaucoup
34:41de répondre à nos questions.
34:43Je voudrais juste
34:44remettre un petit peu
34:45l'église au milieu du village,
34:47M. le sénateur.
34:48Chez les catholiques,
34:49les petites filles
34:49ne portaient pas le foulard.
34:51Chez les catholiques
34:52et chez les juifs
34:53et même chez les grecs
34:54et les romains,
34:54c'était les femmes mariées
34:56qui portaient le foulard
34:57et pas les petites filles.
34:58Ça, c'est un premier point.
34:59Et ça a toujours existé,
35:01le foulard.
35:01Il a tout à fait raison.
35:02Deuxièmement,
35:03c'est vrai que c'est
35:04la France rurale
35:05qui est oubliée aujourd'hui,
35:06que ce soit au niveau
35:07des transports,
35:08de la santé
35:09et de l'éducation.
35:10Mais moi,
35:11je ne vous appelle pas pour ça.
35:13Je voulais vous dire
35:13que l'abstentionnisme
35:15est le premier parti
35:17de France aujourd'hui.
35:19Les gens ne votent plus.
35:20Moi, en 2024,
35:21c'est la première fois
35:22de ma vie
35:23où je ne suis pas allée voter
35:25pour les législatives.
35:28Parce qu'on en a un peu marre
35:30de toutes ces soupes.
35:31Ce mélange,
35:32on se met ensemble
35:33pour battre,
35:35contre le RN,
35:36contre ci,
35:37contre ça.
35:38Moi, j'aimerais voter
35:38pour quelque chose,
35:40pour un programme.
35:41Et je voudrais quand même
35:42remercier aussi
35:44le parti communiste.
35:45Et je ne suis pas communiste,
35:47je le redis.
35:48Parce que quand on voit
35:49les votes,
35:50parce que,
35:51bon, c'est bien,
35:51mais après,
35:52il faut voir le concret.
35:53Le parti communiste
35:54avait voté contre
35:55lors du congrès
35:56pour le traité de Lisbonne.
35:58C'est-à-dire que le parti communiste
36:00avait suivi
36:00le référendum populaire
36:03et le parti communiste.
36:06Donc ça,
36:06il faut quand même le dire.
36:08Et aussi,
36:09ils ont été
36:10ceux,
36:11au niveau de l'Assemblée nationale,
36:12qui ont voté contre
36:13avec LFI.
36:14Je ne suis pas LFI non plus.
36:16On votait contre
36:17les accords bilatéraux
36:18pour l'Ukraine,
36:22à savoir que
36:22si on devait être
36:24soumis
36:25à ce qui passait en Ukraine.
36:26Et pour ça,
36:27je voudrais remercier
36:28le parti communiste
36:29pour ses positions,
36:30pour son courage.
36:33Après,
36:33ce que je reproche
36:34à tous ces gens,
36:36c'est d'essayer
36:37de se mettre ensemble
36:38et de...
36:39Et nous,
36:39électeurs,
36:40électrices,
36:41on en a ras-le-bol.
36:43Défendez votre programme
36:44et on votera pour vous.
36:46Que ce soit
36:46le LR,
36:48le RN,
36:49les souverainistes
36:50qui n'ont pas beaucoup
36:51la parole,
36:51malheureusement,
36:52ou tous les autres.
36:53Moi, vous savez,
36:54la droite, la gauche,
36:55je n'y crois plus
36:55depuis longtemps.
36:56Vous l'avez bien dit,
36:57maintenant,
36:58on est dans un mondialiste.
37:00Donc, moi,
37:00je suis souverainiste
37:01et j'espère
37:03qu'on pensera
37:04à la France,
37:05à nos paysans
37:06et à tous ceux
37:07qui se battent aujourd'hui
37:08et demain
37:09aux Gilets jaunes.
37:10Voilà.
37:11Donc,
37:11qu'est-ce que vous pensez
37:12de cet abstentionnisme
37:14qui est le premier parti
37:16de France ?
37:16Message reçu,
37:17Chantal.
37:18Pierre Rosogas
37:18vous répond.
37:19Oui,
37:19c'est le symptôme
37:21de tout ce que vous avez décrit.
37:22C'est-à-dire que les gens
37:23ont du mal
37:25à se situer.
37:25Je pense que
37:27le macronisme
37:29a fait
37:29beaucoup de mal
37:31dans le sens
37:32où les gens
37:33ont pu estimer
37:34que finalement,
37:36droite et gauche,
37:37ce n'étaient plus
37:37des repères.
37:39Droite et gauche,
37:40en France,
37:41c'est consubstantiel
37:42de ce que nous sommes
37:43depuis 1789.
37:45Il y a la gauche
37:46et il y a la droite
37:47et je crois
37:47qu'il faut
37:48que de nouveau
37:49elles soient
37:50parfaitement identifiées.
37:51l'extrême-centre
37:52macroniste,
37:54on a vu
37:54ce que ça a donné.
37:55Aujourd'hui,
37:56l'épisode
37:57est couclé.
37:59Le bilan est douloureux.
38:00Le bilan est catastrophique.
38:02Donc,
38:02il faut redonner
38:03des repères
38:04de gauche
38:04et de droite.
38:05Ce qui ne veut pas dire
38:06que les deux camps
38:07sont dans
38:08l'incapacité totale
38:09de travailler ensemble.
38:11Au Sénat,
38:11je me retrouve
38:12de temps en temps
38:12avec mes collègues
38:13de droite
38:14pour défendre
38:15des choses
38:15que nous estimons
38:17tout à fait essentielles.
38:18mais encore une fois,
38:20il y a des repères
38:20de gauche
38:21et des repères
38:21de droite.
38:22Et le problème
38:22de la gauche,
38:23c'est qu'elle n'a pas
38:24suffisamment marqué
38:25ce à quoi
38:26elle était profondément
38:27attachée.
38:28Et notamment,
38:30une vision populaire
38:31de la France,
38:34une vision
38:34qui est liée
38:35au travail,
38:37à la dignité
38:37du travail.
38:38Il faut redonner
38:39sa dignité
38:40au travail.
38:41Des gens
38:42qui sont fiers
38:43de travailler
38:44pour gagner
38:45leur salaire
38:46et être indépendants,
38:47ça, c'est quelque chose
38:48de noble.
38:49Malheureusement,
38:50on constate aujourd'hui
38:51que c'est de moins en moins vrai
38:52parce que des travailleurs
38:53pauvres,
38:55il y en a,
38:55alors là, ici,
38:57dans les Hauts-de-Seine,
38:58partout.
38:59Peut-être un peu moins
39:00ici qu'ailleurs.
39:01Mais malheureusement,
39:02il y en a partout
39:03des gens
39:03qui travaillent la journée
39:05et qui dorment la nuit
39:06dans leur voiture.
39:07Comment on peut accepter ça ?
39:08Ça, c'est des choses
39:09qui me rend furieux.
39:10On ne peut pas accepter ça.
39:11Pierre Rosulias,
39:12le wokisme
39:13est une évolution,
39:14une déviance
39:15de la gauche
39:15ou ce n'est pas de la gauche ?
39:17Non, ce n'est pas de la gauche.
39:18Il peut y avoir
39:19quelques confusions,
39:20on est d'accord.
39:20Ah ben bien sûr,
39:21parce que certains d'entre eux
39:23se réclament de gauche,
39:25mais au cœur du message
39:26de gauche,
39:27il y a l'universalisme.
39:29C'est-à-dire que
39:30considérer que
39:31ce qui compte,
39:33c'est le progrès
39:34du genre humain
39:35dans son ensemble.
39:37Dans son ensemble.
39:38Et le wokisme,
39:39c'est une forme
39:40de tribalisme.
39:41C'est-à-dire que
39:42on défend
39:43sa petite tribu,
39:44qu'on distingue
39:47bien parfaitement
39:48des autres
39:48en considérant
39:50que ce qui compte,
39:50c'est d'abord
39:51le salut
39:52de sa petite tribu
39:53dans un grand tout
39:54qu'on ignore.
39:56Dans ce que veut
39:59la gauche,
40:00il y a un projet collectif.
40:01Un projet collectif
40:02d'émancipation humaine
40:04et qui est fondamental.
40:06qui est fondamental.
40:09Pendant longtemps,
40:09il s'est exprimé
40:10pour la classe ouvrière,
40:12prolétaire de tous les pays,
40:14unissez-vous.
40:15Ce n'est pas
40:16prolétaire de tous les pays,
40:18de telle couleur,
40:19de telle religion,
40:20etc.
40:20Non, c'est tout le monde.
40:21C'est tout le monde,
40:22c'est toutes les personnes
40:23qui sont dans un rapport
40:24de production
40:25qui fait qu'ils sont soumis
40:28au capital.
40:28Voilà, c'est du marxisme
40:30de base,
40:31je suis désolé,
40:32je vous le débite comme ça.
40:33Non, non, mais c'est fondamental.
40:34C'est une définition
40:35qui tient la route.
40:36Dans le hockisme,
40:38il n'y a plus ce projet collectif.
40:40Il n'y a plus rien.
40:41Ce qui compte,
40:42c'est la reconnaissance
40:43des individus pour eux-mêmes,
40:45c'est-à-dire ce qui fait
40:45leur différence
40:46par rapport aux autres.
40:47Il n'y a plus d'universalisme.
40:48Alors, pour autant,
40:49Pierre Rosulias,
40:50aujourd'hui, on voit bien
40:51que la France insoumise,
40:52Jean-Luc Mélenchon en particulier,
40:53a, j'allais dire,
40:54fait une forme de chasse électorale
40:56du côté de nos compatriotes
40:59et nos compatriotes musulmans
41:00français, bien entendu.
41:03En leur disant,
41:04vous êtes,
41:05à cause de la laïcité,
41:06vous êtes dénigrés,
41:07vous êtes mal aimés,
41:08vous êtes incompris,
41:10venez chez nous
41:11à la France insoumise,
41:12on préservera vos droits,
41:14on respectera
41:15cet identitarisme
41:17et on vous laissera
41:18exercer votre culte
41:20au-delà de ce que
41:20les lois de la laïcité
41:21prévoient en 1905.
41:23C'est une position
41:24que vous condamnez,
41:25qui vous inquiète.
41:26Vous en avez discuté
41:26avec eux plusieurs fois.
41:28Discuter avec eux,
41:28c'est difficile.
41:29Ah, ça en dit long déjà.
41:33Plusieurs choses.
41:35Que les Français
41:36de confession musulmane
41:37soient soumis
41:38à discriminisation
41:39du fait de leur religion,
41:40oui.
41:40Qui sont nos compatriotes
41:41à part entière,
41:42il n'y a pas de moindre doute.
41:43Oui.
41:44Ils sont soumis
41:44à la discriminisation
41:45du fait de leur religion,
41:46c'est évident.
41:47C'est évident
41:48et je le regrette.
41:50Ensuite,
41:52le message républicain
41:53s'adresse à tout le monde,
41:55indépendamment de la religion,
41:56de la couleur,
41:57de la peau
41:57et de votre origine.
41:58Ce que la République veut,
42:00c'est que vous assidiez
42:01pleinement
42:02à votre métier de citoyen,
42:04que vous pouvez exercer
42:05de façon totale,
42:06complète,
42:08sans aucune tutelle,
42:09ni religieuse,
42:10ni étatique.
42:12Et ça, là-dessus,
42:13c'est sans doute
42:13quelque chose
42:14qui nous distingue
42:14de la France.
42:15Au risque, par erreur,
42:16d'interprétation,
42:18d'encourager le séparatisme.
42:19On est bien d'accord
42:19sur la limite
42:20qu'il ne faut pas franchir.
42:21Ah, mais non.
42:22Parce que la République,
42:23c'était une personne de Corse
42:25qui nous parlait.
42:27Non, la République,
42:29elle est indivisible.
42:30On ne peut pas distinguer
42:32au sein de la République
42:33des communautés
42:34qui pourraient avoir
42:35des droits particuliers.
42:37Ça, c'est pas possible.
42:38En même temps,
42:39monsieur le sénateur,
42:39quand vous voyez un sondage
42:40comme celui paru,
42:41je crois,
42:42un sondage de l'IFOP
42:43sur les musulmans de France,
42:45plus de 30%
42:46des jeunes musulmans
42:46qui adhèrent
42:47à une idéologie radicale
42:49des frères musulmans,
42:51est-ce que vous ne dites pas
42:51quand même
42:52qu'on a raté quelque chose
42:53avec la communauté musulmane ?
42:55Parce qu'on parle
42:56de nos compatriotes musulmans,
42:57etc.,
42:57qui sont discriminés,
42:58etc.,
42:59toutes les religions le sont
43:00en France.
43:01Là, est-ce que vous ne dites pas
43:02quand même
43:02qu'on a raté un coche ?
43:03Ou qui considèrent
43:04que l'islam passe
43:05avant les lois de la République ?
43:07C'est plus large que ça.
43:08Il y a un repli
43:10vers une forme
43:11d'identitarisme religieux
43:13qui ne concerne pas
43:14seulement les musulmans,
43:16les chrétiens aussi.
43:17On parle des musulmans.
43:18Je suis d'accord,
43:18mais moi,
43:18je vous renvoie aussi,
43:19chrétiens,
43:19parce que je n'oublie personne.
43:21Comme disait Coluche,
43:22il y en aura pour tout le monde.
43:23Quand vous regardez
43:24de l'autre côté
43:25des États-Unis,
43:27Vance a fait,
43:29hier ou avant-hier,
43:30une déclaration
43:30pour devenir
43:31futur président
43:32des États-Unis.
43:34Il se présente
43:35comme nationaliste chrétien.
43:38Il y a un retour
43:39vers l'affirmation religieuse
43:42qui me fait très peur.
43:43D'où qu'elle vienne ?
43:44Des musulmans,
43:45vous avez raison,
43:46mais aussi des catholiques.
43:48Et avec la crèche d'Anière,
43:50je peux vous assurer
43:51que j'ai testé
43:52le dynamisme
43:53d'une frange,
43:54d'une frange,
43:55ce n'est pas tout le monde,
43:56du catholicisme
43:59qui considère
43:59que la laïcité,
44:01c'est bien,
44:02mais pour les religions
44:02des autres.
44:03Et que la leur,
44:04elle doit être à part
44:05parce que la République
44:07est la fille
44:07en est d'église,
44:08etc.
44:09Vous connaissez le discours.
44:10Tout à fait.
44:10Donc,
44:11la laïcité,
44:11c'est pour toutes les autres,
44:12mais ma religion chrétienne,
44:14elle doit être reconnue
44:15parce qu'elle est supérieure
44:16à toutes les autres.
44:17Voilà.
44:17Ça, c'est un discours
44:18que j'entends de plus en plus
44:19et qui m'est absolument
44:21impossible à entendre.
44:23Ça, c'est pas possible.
44:23Mais vous ne répondez pas
44:24tellement à la question ?
44:26Si, je vous ai répondu.
44:27Ben oui, mais...
44:27Si, si, je vous ai répondu.
44:29Mais parce que,
44:30parce que je pense que
44:31si les gens se réfusent
44:32dans leur religion,
44:35dans ce qu'ils ont
44:35de plus particulier,
44:36c'est que nous sommes
44:37dans l'incapacité
44:38de leur proposer
44:39un projet collectif
44:41d'émancipation.
44:42Et jusqu'à présent,
44:43c'était le projet républicain.
44:45En disant,
44:46la République va vous apporter
44:47des droits
44:47qui vont vous permettre
44:50de vivre comme les autres,
44:51d'une part,
44:51mais aussi de vous ouvrir l'esprit.
44:53C'est le but de l'école républicaine.
44:55L'école laïque,
44:56elle fait ça.
44:56C'est son objectif.
44:57Et ça,
44:58nous ne le faisons plus.
45:00Ferdinand Buisson
45:01disait en 1905,
45:03l'école de la République,
45:04elle doit former
45:05des républicains.
45:06Nous devons reformer
45:07des républicains.
45:08Voilà.
45:09Et ça, c'est quelque chose
45:09qu'on a oublié.
45:10En tout cas,
45:11une mission
45:11auxquelles peut s'atteler
45:12le Parti communiste,
45:13renouvelé,
45:15enfin,
45:16rajeuni,
45:16enfin,
45:17qui pour vous
45:17est toujours d'actualité
45:18et qui a son mot à dire.
45:20Monsieur le sénateur,
45:21merci d'être venu.
45:22Vous avez passé une heure avec nous.
45:24Je vous réinviterai
45:24parce que vous êtes archéologue.
45:26Je voudrais qu'un jour
45:26on consacre une émission
45:27aux racines romaines
45:29de la France républicaine,
45:31les pagus,
45:32les territoires.
45:33On est en train
45:33de les effacer.
45:34La réforme régionale
45:35a un peu tué tout ça.
45:36Et je suis sûr
45:37qu'en faisant un petit peu d'histoire,
45:38en remontant à cette époque,
45:39on va voir une certaine partie
45:40des fondements
45:41de ce qui fait la France unie
45:43et la France qu'on aime.
45:43En tout cas,
45:44merci d'avoir été avec nous.
45:45Bonne fête de fin d'année.
45:47Joyeux Noël.
45:48Merci.
45:48Alors, le père Noël.
45:53Péricot, bah oui.
45:54Le sénateur,
45:55le saut de Joyeux Noël,
45:55ça tombe bien.
45:56Le vainqueur
45:56du cadeau
45:58de Noël
45:59d'aujourd'hui
46:00de la France
46:01dans tous ses états.
46:01Je vous le rappelle.
46:02Le cadeau du sapin Noël
46:03de Sud Radio,
46:05c'est une machine à glace
46:06Creamy Swirl
46:07de la marque Ninja.
46:10Et le regagnant
46:12de cette...
46:13C'est Joël.
46:14C'est Joël qui a envoyé
46:15sapin par SMS
46:17au 7-28
46:18et c'est Joël
46:19qui a gagné ce...
46:21Qui recevra
46:21un message de Sud Radio.
46:22Et il recevra...
46:23Voilà, on n'a pas pu
46:24l'avoir en ligne.
46:25Mais en tout cas,
46:25il aura sa machine...
46:27Bravo Joël
46:27de nous écouter fidèlement.
46:29C'est ce qui vous a permis
46:30de remporter ce cadeau.
46:31Et donc, chers auditeurs,
46:32si vous souhaitez,
46:33vous aussi remporter des cadeaux
46:34jusqu'à mercredi,
46:35si je ne m'abuse.
46:37Écoutez Sud Radio
46:37toute la journée
46:38et tentez votre chance
46:39dans chaque émission.
46:40Très bonne journée à tous.
46:42Bonne émission
46:43avec Brigitte Lay
46:43et à demain.
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