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  • il y a 19 heures
Les débats de l'été avec Didier Lemaire, Député Horizons du Haut-Rhin, ex-sapeur-pompier professionnel

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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-30##

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Transcription
00:00Les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:04Soyez les bienvenus sur l'antenne de Sud Radio Midi 35, vous en avez l'habitude désormais,
00:08notre grand entretien pour prendre le temps de poser certaines choses,
00:11s'arrêter sur quelques informations, prendre aussi le temps de réfléchir,
00:14et pourquoi pas, tiens, de réfléchir autrement, et on va le faire avec notre invité du jour,
00:18qui est député horizon du Haut-Rhin, Didier Lemaire, bonjour.
00:21Bonjour Maxime, bonjour à toutes et à tous.
00:23Double casquette, parce que certes, la casquette du député va énormément nous intéresser
00:26pour essayer de penser l'avenir, mais il y a aussi un regard précieux,
00:31parce que vous êtes ancien sapeur-pompier professionnel,
00:34on voit à quel point il y a différentes remontées de terrain,
00:36il y a différentes polémiques, il y a beaucoup de discussions sur le matériel,
00:40sur l'équipement, sur les moyens qui sont déployés, ce qu'on en a fait trop.
00:43La France, finalement, n'était pas à nouveau, comme on a pu le dire pendant le Covid,
00:47concernant la santé, en voie de tiers-mondialisation.
00:50On évoquera tous ces sujets, bien sûr, avec vous,
00:51mais ma première question, au député, à l'homme qui est devenu député,
00:56avant vous étiez sapeur-pompier professionnel,
00:59comment vous regardez cette situation qui se passe notamment du côté de la Gironde
01:02depuis plusieurs semaines ?
01:03Je ne vous cache pas que c'est très difficile pour l'ancien sapeur-pompier,
01:06mais aussi pour le citoyen, parce que quand on voit un feu comme celui-là,
01:09qui est historique, en fait, avec plus de 115 000 hectares de brûlés,
01:12avec plus de 240 000 évacuations,
01:15j'ai une pensée, évidemment, pour mes frères d'armes,
01:18les sapeurs-pompiers, qu'ils soient professionnels, volontaires, civils ou militaires,
01:21mais également pour la population qui souffre dans ces moments-là,
01:24avec des évacuations importantes,
01:26enfin bref, tout un écosystème qui est mis à mal.
01:28Mais la solidarité nationale, encore une fois, joue son rôle.
01:32Il y aura un temps pour tout, moi je suis très attaché à chaque chose en son temps.
01:36Vous êtes plutôt du style du président de la République qui a dit
01:39qu'on ne fait pas de retour d'expérience au milieu de la bataille.
01:41Il faut d'abord affronter tout ça, et après ?
01:43Évidemment, même si je peux comprendre qu'il y a énormément de questions
01:45qui se posent à l'échelle du pays,
01:47mais là, on a besoin de solidarité.
01:49La nation fait corps avec l'ensemble de la Gironde
01:52et d'autres territoires touchés.
01:54Eh bien, ça me paraît plus qu'important.
01:56Je disais chaque chose en son temps,
01:57parce que là, on est dans le dur.
01:58Même si les choses sont en train de se calmer,
02:00il y a une forme d'accalmie d'après ce que j'ai cru comprendre.
02:03Je ne suis pas sur place,
02:04mais néanmoins, une reprise est possible.
02:06Enfin voilà, on ne peut pas être le chat noir,
02:08mais on ne peut pas l'écarter non plus.
02:10Donc, il viendra un moment donné
02:11où il faudra rediscuter
02:12ce sur quoi je travaille maintenant depuis 2022.
02:16Parmi tout ce qu'on a vu,
02:17des images qui ont pu interpeller,
02:19il y a eu le fameux symbole des Canadaires.
02:21On y reviendra bien sûr,
02:22mais vous parliez de la solidarité.
02:24Je pense que beaucoup de gens sont à la fois admiratifs
02:26de la solidarité qui s'est mise en place,
02:28notamment dans les communes,
02:28l'ouverture de domiciles,
02:31que ce soit les agriculteurs,
02:32que ce soit les restaurateurs,
02:33que ce soit ceux qui pouvaient avoir des hôtels
02:35qui ont ouvert leurs portes
02:36pour accueillir les évacués.
02:37Mais quand on a vu notamment ces images
02:39de tracteurs, de camions-citernes
02:41venant des agriculteurs
02:41qui allaient aider les pompiers,
02:43on s'est dit à la fois « Waouh, c'est extraordinaire »
02:45et à la fois « Mince, c'est accent, la solidarité,
02:48c'est ce que certains pompiers nous ont dit
02:50au 0826-300-300 ».
02:52En fait, on ne tient pas.
02:53On n'est pas capable de lutter contre les incendies.
02:56Disons, c'est plus difficile.
02:57Cette solidarité, elle est importante.
02:59On l'a vu, les sapeurs-pompiers le disent,
03:01comme vous venez de l'expliquer, très justement.
03:03Mais moi, ce qui me surprend,
03:04on a déjà fait,
03:06on a déjà, j'allais dire légiféré,
03:08souvent on me dit « il faut légiférer plus sur ce sujet ».
03:10Je ne dis « non, surtout pas, il faut légiférer moins, mais mieux ».
03:14Et pourquoi je vous dis ça ?
03:15Parce qu'il existe des dispositifs,
03:17notamment parce que je suis aussi président
03:18de l'Association française de prévention
03:20contre les catastrophes naturelles et technologiques.
03:22Eh bien, le rôle de cette association,
03:24avec d'autres associations et son écosystème,
03:27c'est d'amener cette culture
03:28de la gestion de crise aux élus locaux.
03:30On l'a vu, ils sont aussi devant,
03:32ils sont aussi sur le front,
03:33mais aussi aux citoyens,
03:35parce que quand on subit ça de front,
03:36y compris des évacuations,
03:38c'est très traumatisant,
03:39et ça ne s'improvise pas,
03:40la gestion de crise
03:42et les bons gestes à apporter.
03:44Donc, pourquoi je vous dis ça ?
03:45Parce qu'à travers cette cohésion nationale
03:47et ces gens qui veulent bien faire,
03:48il existe un dispositif
03:50qui s'appelle
03:51les réserves communales de sécurité civile.
03:53Ce dispositif,
03:54il existe depuis 2004.
03:58Plus de 22 ans.
03:59Et lorsque j'avais fait
04:01cette mission pour l'Assemblée nationale
04:02en 2023 sur la sécurité civile,
04:05j'avais demandé le nombre
04:06de réserves communales
04:07de sécurité civile
04:08qui permettent en fait
04:09d'organiser pour le citoyen,
04:10pour les élus,
04:11dans une structure pyramidale
04:12organisée
04:13et ne pas être chacun de son côté.
04:15Eh bien, il en existait en 2023
04:18850 réserves communales
04:20sur 35 000 communes.
04:22Vous voyez qu'on a peut-être
04:24loupé quelque chose
04:24en matière de prévention
04:25et en tous les cas
04:27d'avoir préparé
04:27les populations et les élus.
04:29Il faut absolument
04:30qu'on y revienne
04:30et qu'on rattrape ce retard.
04:31Il y a des outils possibles
04:32avec des associations formidables
04:33qui font un grand travail sur le terrain.
04:35Et on aura l'occasion
04:36de l'aborder
04:36tout au long de notre entretien.
04:38Une question quand même
04:39quand on voit
04:40tout ce qui s'est passé.
04:42Je suis surpris
04:42depuis plusieurs jours,
04:43j'ai l'impression
04:44que la pieuvre
04:45de l'État français
04:46continue à faire des ravages.
04:48L'administratif
04:49dans cette situation,
04:50on parlait de prévention.
04:51Est-ce qu'on ne doit pas
04:52non plus apprendre
04:53à certaines personnes
04:53qui ont les mains dans le cambouis,
04:54on pense aux administrations,
04:55on pense aux préfectures éventuellement,
04:57qui visiblement
04:58ne sont pas capables
04:59de comprendre
04:59l'urgence de la situation.
05:00On pense à ce maire
05:01qui a voulu faire des pare-feux,
05:02qui n'a pas pu les faire à temps
05:03parce qu'il n'a pas réussi
05:07à mettre ces pare-feux en place
05:08pour la simple et bonne raison
05:09qu'il n'avait pas eu
05:10les bons papiers.
05:11On pense à ces agriculteurs
05:12incapables d'aller faire
05:13quelques récoltes
05:13parce que là aussi,
05:14un problème de papier,
05:15de discussion.
05:16Est-ce qu'il ne faudrait pas
05:17aussi faire de la prévention
05:18sur certaines administrations
05:19pour qu'elles disent
05:20de temps en temps
05:21la paperasse,
05:22le double tampon,
05:23la double signature,
05:24on peut peut-être
05:25s'en passer ?
05:26Vous avez entièrement raison.
05:27Je l'ai beaucoup entendu
05:29ces derniers temps,
05:29notamment sur les feux de Gironde,
05:30mais pas que.
05:31Une suradministration
05:32qui peut d'ailleurs poser problème
05:35par des incompréhensions
05:36et par des mauvais gestes.
05:37En tous les cas,
05:38des mauvais réflexes.
05:39Pourquoi je dis cela ?
05:40On a un État centralisateur
05:42et on le voit,
05:43quand il y a un événement national
05:44comme celui-là,
05:45une cohésion nationale,
05:46c'est important
05:46d'être centralisé.
05:48Néanmoins,
05:49quand les décisions
05:50se prennent à Paris,
05:51dans des directions générales,
05:52mais y compris
05:52lorsque l'on légifère,
05:54eh bien,
05:55évidemment,
05:56il faut un cadre
05:57à l'échelle du territoire national,
05:59que ce soit l'Hexagone
06:00ou dans les Outre-mer.
06:02Mais il me paraît
06:03déterminant,
06:04impératif,
06:05et ça,
06:05c'est une culture de terrain
06:06qui doit revenir,
06:07le bon sens dont vous parliez,
06:08parce que,
06:09en fait,
06:10quand vous faites un feu
06:10en Gironde,
06:11le terrain n'est pas le même
06:13dans les Vosges,
06:14dans les Alpes,
06:15dans les Pyrénées
06:15ou dans le nord de la France.
06:16Donc,
06:16il faut laisser
06:18cette souplesse,
06:19notamment en matière de crise,
06:20d'avoir cette réactivité-là.
06:21Et c'est pour ça que,
06:22moi,
06:23je prône beaucoup,
06:24d'ailleurs,
06:24en matière de gestion de crise
06:25et de gestion
06:27à un autre ministère,
06:29uniquement sur la sécurité civile,
06:30où forcément,
06:31on ne sait plus trop
06:32ce qu'on y met dedans,
06:33en tous les cas,
06:33qui est rattaché uniquement
06:34au ministère de l'Intérieur,
06:35pour des raisons évidentes.
06:37Oui,
06:37pour des raisons évidentes,
06:38et on voit d'ailleurs
06:38à quel point c'est aujourd'hui
06:39le ministère de l'Intérieur
06:40qui est vraiment sur le front
06:43dans la lutte
06:43contre ces incendies.
06:44Didier Lemaire,
06:45qui êtes député
06:45au Raison du Haut-Rhin,
06:46ex-sapeur pompier professionnel,
06:48vous réfléchissez
06:48à beaucoup de questions,
06:50notamment sur l'équipement
06:51des pompiers,
06:52notamment sur les symboles.
06:54Il y en a un,
06:54le Canadair.
06:55Il y a eu une polémique
06:57assez étonnante quand même,
06:58peut-être un mot
06:59pour y revenir
06:59avant ensuite
07:00d'aller sur le cœur de métier,
07:01à savoir qu'il y a peut-être
07:02une autre manière maintenant
07:03beaucoup plus innovante,
07:04beaucoup plus intelligente
07:04de lutter contre les incendies.
07:06Le Canadair,
07:07qu'est-ce qu'on doit comprendre
07:08quand on apprend
07:09qu'ici et là,
07:10on n'a que 4 ou 5,
07:116, 7 maximum
07:12Canadair qui tournent,
07:13et que le ministre de l'Intérieur
07:14nous dit
07:14non, non,
07:14on a une flotte de 12.
07:19A priori,
07:20moi je n'ai pas forcément
07:21tous les éléments
07:22et tous les détails.
07:23C'est pour ça que je ne suis pas
07:24dans la polémique,
07:25mais quand sera passé
07:26le côté de l'action,
07:27évidemment,
07:29le rôle parlementaire
07:31est celui de comprendre
07:32pour faire évoluer le système.
07:34Si je reviens sur les Canadair,
07:35j'ai écouté quelques pilotes
07:37qui disaient
07:37nous en avons 8,
07:38il y en a en maintenance,
07:39il y en a en réparation.
07:41Effectivement,
07:42puis il y a eu des sujets
07:44sur les achats de Canadair
07:46ou de bombardiers d'eau.
07:47C'est un sujet.
07:49Est-ce qu'il faut
07:49uniquement raisonner
07:51sur les bombardiers d'eau ?
07:52Non,
07:53c'est une partie du dispositif.
07:54Il y a des A400M,
07:55moi j'avais eu l'occasion
07:56d'aller chez Airbus
07:57pour voir en 2023
07:58ce système
07:59avec le kit notamment.
08:00Il y a des hélicoptères
08:02bombardiers d'eau.
08:03Mais je crois
08:03qu'il faut arrêter
08:04en fait
08:05de rester figé
08:06sur un dispositif
08:07qui ne correspond pas.
08:08Alors il s'avère
08:09que maintenant en France,
08:10nous avons des entreprises
08:11qui savent faire,
08:13y compris sur le plan européen.
08:15Eh bien moi,
08:15j'ai eu cette réflexion
08:16puisque je viendrai
08:17en un rapport
08:17sur la guerre électronique
08:19au mois de mars
08:20et que lorsque j'ai demandé
08:23aux armées
08:23et aux fabricants de drones
08:25s'il était possible
08:26de soulever
08:26une tonne de matériel,
08:28ils m'ont répondu
08:29qu'ils savaient faire
08:30à travers l'autonomie,
08:31à travers l'articulation
08:33de ces drones.
08:35Eh bien j'ai fait le lien
08:35avec la sécurité civile
08:36dans laquelle je baigne
08:38depuis l'âge de 16 ans
08:39et je me suis dit
08:40il faut absolument proposer
08:41quelque chose
08:42qui va en ce sens-là.
08:42Il faut innover,
08:43il faut oser.
08:44Eh bien on va innover,
08:45on va oser avec vous
08:46Didier Lemaire,
08:46député Horizon du Haut-Rhin,
08:48ex-tapeur-pompier professionnel.
08:49On poursuit la conversation,
08:50on marque tout simplement
08:51une très courte page
08:52de publicité
08:53et on va revenir justement
08:54peut-être sur ces luttes
08:55contre les incendies du futur,
08:57à comment on va pouvoir lutter
08:58contre toutes ces catastrophes naturelles.
08:59D'ailleurs on parle des incendies,
09:01ce sera peut-être même le cas
09:01pour les inondations
09:02qu'on voit aussi se répéter
09:04généralement les fins d'année.
09:05Est-ce qu'on va
09:06penser de nouveaux avions ?
09:07Est-ce qu'on va penser
09:08beaucoup plus par drone ?
09:09Est-ce que nous la France
09:10avons l'industrie nécessaire
09:11pour fabriquer tout ça,
09:12pour être souverain aussi
09:13sur ces questions-là ?
09:14On se posera la question
09:15dans une poignée de minutes.
09:16Avec vous Didier Lemaire,
09:17vous restez avec moi
09:18tout de suite sur Sud Radio.
09:29Et on poursuit notre conversation
09:31ici sur Sud Radio
09:32sur en réalité
09:33les problématiques de demain
09:34qu'il faut déjà penser.
09:35Une question quand même
09:36monsieur le débuté,
09:37on entend beaucoup
09:37des maires,
09:38des pompiers,
09:39des habitants,
09:40sans aucun doute
09:41d'autres corps de métier
09:43que je ne cite pas
09:43mais qui sont confrontés
09:45assez brutalement
09:46à ce qui se passe
09:46du côté de la Gironde
09:47et qui disent,
09:49Didier Lemaire,
09:49en réalité,
09:50on risque l'amnésie.
09:53Là ça se passe,
09:53on est au cœur de l'été
09:54mais à partir de septembre
09:55quand on se penchera
09:56sur le budget,
09:57quand on se penchera,
09:58quand on commencera
09:59à rentrer dans le dur
10:00de la campagne présidentielle,
10:02on aura oublié tout ça.
10:03Est-ce que vous pensez
10:03que c'est possible ?
10:06Je crois que malheureusement
10:06c'est possible
10:07parce qu'on l'a déjà vécu
10:08à travers différentes crises.
10:10Regardez,
10:11la canicule,
10:11elle tue silencieusement.
10:13Là,
10:14il y a les feux de forêt.
10:15Nous avons déjà connu
10:16des épisodes
10:16d'inondations très sévères
10:18avec des pertes
10:18de vie humaine,
10:20etc.
10:21Il y a des crises
10:22qui s'additionnent
10:23et qui se succèdent
10:25sans arrêt.
10:26Donc,
10:27moi je pars du principe
10:27qu'on ne prend pas
10:28comme étendard
10:29la sécurité civile
10:30uniquement quand elle fait
10:31la lune de l'actualité.
10:32L'adage dit
10:34que la guerre
10:36se prépare
10:36en temps de paix.
10:37Eh bien là,
10:38c'est pareil.
10:39Ce n'est pas parce qu'on passera,
10:40malheureusement,
10:40on est dans une société
10:41où collectivement
10:42nous avons nos responsabilités,
10:43nous passons d'un sujet
10:44à l'autre très rapidement.
10:45Probablement que l'actualité
10:46chassera à un moment donné
10:48cette actualité malheureuse.
10:50Eh bien,
10:51c'est une des difficultés
10:51que nous avons notamment,
10:52je crois,
10:53en France
10:54sur lequel il faut absolument
10:55nous puissions retravailler
10:56là-dessus
10:57et ne pas passer à autre chose
10:58sans avoir résolu
10:59tout un tas de sujets.
11:01Il faudra se concentrer
11:01sur ces problèmes.
11:02Justement,
11:03ce problème,
11:03il faut les penser.
11:04Généralement,
11:05il veut aussi,
11:07il se doit
11:07de la part du politique
11:09de penser ces problèmes,
11:10de préparer tout ça.
11:11Vous vous dites,
11:12en réalité,
11:12le Canadair,
11:13on s'est beaucoup cristallisé,
11:14on s'est beaucoup focalisé
11:15dessus sur cette crise-là,
11:17mais ce n'est pas
11:17le véritable instrument
11:19pour lutter contre les incendies.
11:21On doit en penser d'autres.
11:22Mais évidemment que oui.
11:23Alors,
11:24que ce soit le symbole
11:25en matière de feu de forêt,
11:26parce que depuis plus de 30 ans,
11:27il équipe la flotte
11:28française.
11:29Je peux le comprendre.
11:30Mais,
11:31vous savez,
11:31en matière de réflexion,
11:33on ne peut pas réagir
11:34uniquement quand les éléments
11:36ou les événements sont là.
11:37On se doit de penser
11:38déjà à la saison prochaine,
11:39aux 2, 3, 5, 10, 15, 20 ans
11:41à venir
11:42en matière de sécurité civile.
11:44Eh bien,
11:44on a vu aussi les limites
11:45des bombardiers d'eau
11:46qui sont nécessaires
11:47dans le dispositif,
11:48mais il existe
11:48des possibilités
11:50beaucoup moins chères
11:51et beaucoup plus faciles
11:53à utiliser.
11:53Et c'est pour ça
11:54que j'ai fait le lien
11:55avec les drones,
11:56puisque je suis allé
11:57retourner voir
11:57les constructeurs français
11:59de drones
12:00qui savent faire,
12:01qui peuvent faire
12:01à des coûts
12:02beaucoup moins chers.
12:03Donc,
12:04on peut le faire,
12:04on sait le faire,
12:05parce qu'on a beaucoup
12:05parlé de drones,
12:06notamment quand on évoquait
12:07le conflit en Ukraine.
12:09On avait beaucoup
12:10d'inquiétudes
12:10sur notre capacité
12:11à en produire.
12:12Vous vous dites,
12:12non,
12:12non,
12:12on a en réalité
12:13la base industrielle
12:14pour le faire,
12:15pour en fabriquer,
12:16sans problème.
12:16Évidemment.
12:17Vous savez,
12:17moi,
12:18je ne suis pas fabricant,
12:18je ne suis pas spécialiste
12:19de drones.
12:20Je suis retourné les voir
12:21justement pour être sûr
12:22d'avoir les bons éléments.
12:23et j'ai été notamment
12:24au nord de l'Alsace
12:26rencontrer un constructeur.
12:27Eh bien,
12:28et d'autant plus
12:29qu'on connaît aussi
12:30les difficultés
12:30d'un bombardier d'eau.
12:31C'est-à-dire que...
12:33Ah ben là,
12:33on l'a bien vu.
12:33Quand il y a les écrans de fumée,
12:34ils ne peuvent plus forcément
12:36voler.
12:36Quand il fait nuit,
12:38ils ne peuvent plus voler.
12:39Il faut des pilotes,
12:41il y a un coût de maintenance
12:41très important.
12:43Derrière,
12:43il faut des pièces détachées
12:44qu'on ne reçoit pas forcément,
12:45ce qui peut expliquer des fois
12:46pourquoi on est pris un petit peu...
12:47Et on l'a vu avec la maintenance
12:48des Canadiennes notamment.
12:49Entre autres.
12:50Alors que le drone
12:51de fabrication française,
12:52ça existe déjà
12:53en matière de surveillance.
12:54Les pompiers s'en servent déjà,
12:56mais pas en tant que bombardier d'eau.
12:58Donc là,
12:58on pourrait créer spécifiquement
12:59des drones très légers,
13:01mais bombarder...
13:02Donc,
13:02des essais.
13:03Bien sûr.
13:03Avec 1000 litres,
13:04a priori,
13:05ça peut aller jusqu'à 1500,
13:06mais on va prendre 1000 litres.
13:07Si vous prenez 6 drones,
13:09c'est 6000 litres.
13:10Ça ne remplace pas le Canadien.
13:12Un drone,
13:131000 litres ?
13:13Oui,
13:14c'est possible.
13:15Ils arrivent à le faire.
13:15Par contre,
13:17facilité d'exécution
13:18pour les opérateurs spécialisés
13:19chez les sapeurs-pompiers,
13:20c'est déjà le cas.
13:21Ils peuvent voler de nuit
13:22de manière discontinue.
13:23Ils peuvent voler
13:24dans les écrans de fumée.
13:27Il n'y a pas de difficulté.
13:28Et pour un coût
13:30qui est nettement inférieur
13:31à un Canadair...
13:33Par exemple,
13:34un S1,
13:35on va dire,
13:35d'une centaine de drones,
13:36ça pourrait compter combien ?
13:37Alors,
13:38faites le ratio.
13:39Moi,
13:39j'ai fait,
13:39si vous voulez,
13:40pour que les auditeurs comprennent,
13:416000 litres d'eau
13:42pour un bombardier d'eau.
13:43Ça vous fait 6 drones.
13:45À peu près,
13:46ils ne sont pas encore industrialisés.
13:48Sur une moyenne
13:48de 2 millions d'euros,
13:49le drone,
13:49ça fait 12 millions
13:51pour 6000 litres.
13:52Alors qu'un Canadair,
13:53ça va être 80 millions d'euros
13:56pour 6000 litres.
13:57Mais encore une fois,
13:58ce n'est pas l'un contre l'autre.
13:59Ce n'est pas l'un contre l'autre.
14:00C'est un dispositif commentaire.
14:02Donc,
14:02si vous prenez 6 S1 de 6,
14:04ça vous permet aussi
14:05de les dissimuler
14:07sur les 4 coins du territoire,
14:09plus encore une fois,
14:10au centre de la France
14:10et que vous pouvez les concentrer
14:12comme les renforts
14:13sont en train d'opérer
14:14au niveau national.
14:15Et que,
14:16par exemple,
14:16en Gironde.
14:17Quand on parle technologie,
14:18on parle aussi
14:18de plus en plus
14:19d'intelligence artificielle.
14:20On pourrait utiliser,
14:21par exemple,
14:21l'intelligence artificielle
14:23pour,
14:23je ne sais pas,
14:24renforcer la surveillance
14:25des incendies,
14:26pour éventuellement
14:26anticiper la trajectoire
14:28de certains incendies,
14:28le sens des vents
14:29ou pas du tout ?
14:30Mais évidemment que oui.
14:31Je vous disais
14:32qu'il existe déjà
14:32un système de détection.
14:34Donc,
14:35en matière de feu de forêt,
14:36le plus important,
14:37c'est la détection.
14:38Plus tôt le feu est pris,
14:40plus facile c'est
14:41de le combattre
14:42et de le vaincre.
14:43Plus on attend,
14:44évidemment,
14:45plus il prend du volume
14:45et ça devient un ogre
14:46comme on a vu à Bordeaux
14:48pour des raisons diverses
14:49et variées.
14:49Donc,
14:50si vous avez
14:51un massif forestier,
14:53même escarpé,
14:54qui est surveillé
14:55par un drone
14:55couplé à l'intelligence artificielle,
14:58eh bien,
14:58ils peuvent déclencher
14:59les bombardiers d'eau
15:00en matière de drone
15:01et venir compléter
15:02les actions nécessaires.
15:03Il y a aussi
15:05d'autres questions
15:05concernant l'intelligence artificielle.
15:07Je rebondis sur ce que
15:07vous disiez tout à l'heure.
15:08Vous avez rendu
15:09notamment un rapport
15:09sur les catastrophes
15:10numériques,
15:11technologiques,
15:12je ne sais plus comment...
15:13Naturelles et technologiques.
15:14Naturelles et technologiques.
15:15Si on commence à mettre
15:16de l'IA dans ce type
15:18d'intervention,
15:19est-ce que la France
15:20est suffisamment forte
15:21et suffisamment,
15:22on va dire,
15:23souveraine
15:24pour sécuriser
15:25cet ensemble-là ?
15:25Parce qu'il ne faudrait pas
15:26qu'avec cette nouvelle
15:27technologie,
15:28on encourage
15:28d'une certaine manière
15:29ou on provoque
15:30un enchaînement
15:31de piratage,
15:32de trafic ou autre.
15:35Évidemment,
15:36c'est à prendre en compte
15:37comme toute nouvelle technologie.
15:38Mais vous savez,
15:39il existe en matière
15:40des forces armées
15:41ce qu'on appelle
15:42la BITD.
15:43Donc c'est la base
15:43industrielle et technologique
15:44de la défense.
15:45Moi, je souhaite
15:46la création
15:47de la même chose
15:48mais pour la sécurité civile.
15:50Parce que nous avons
15:51des fabricants.
15:52Il y a un savoir-faire incroyable,
15:53je l'ai vu à travers
15:53la mission de la guerre électronique
15:55qui sont des entreprises françaises
15:57en matière de détection,
15:58en matière de drones,
15:59en matière de beaucoup de choses.
16:00Mais une fois que,
16:02j'allais dire,
16:02la technologie est là,
16:04d'une,
16:04il faut faire avec
16:05mais évidemment,
16:06il faut l'accompagner
16:08et faire suivre la doctrine.
16:09Vous savez,
16:09le monde sapeur-pompier,
16:10entre autres,
16:11mais je pourrais vous parler
16:12des autres associations agréées,
16:14savent s'adapter
16:15et évoluer
16:16avec la technologie.
16:18Ça me paraît
16:19plus que primordial.
16:20Monsieur le député,
16:21vous avez interpellé
16:22l'un de nos auditeurs
16:23qui s'appelle Eric
16:23qui vient nous passer
16:24un coup de fil,
16:24qui est pompier lui aussi
16:26et qui ne connaît justement
16:27pas trop encore
16:28ce système de drones-pompiers.
16:29Je crois qu'il a quelques questions
16:30à vous poser.
16:30Bonjour Eric.
16:32Bonjour Maxime,
16:33bonjour monsieur le député.
16:34Merci beaucoup
16:35d'être avec nous ce midi Eric.
16:36Vous, vous aviez quoi ?
16:37Quelques interrogations
16:38par rapport à cette nouvelle forme
16:41en fait de lutte
16:41contre les incendies,
16:42c'est ça ?
16:43Oui, on connaît les drones
16:46sur l'aspect détection,
16:48recherche, localisation,
16:51caméras et plus de photos,
16:53vidéos.
16:54Mais l'aspect largage d'eau
16:57avec les drones,
17:00sauf avoir vu ça
17:01sur quelques salons,
17:04je n'ai rien vu de très concret
17:05pour l'instant sur ce domaine.
17:07Donc vous pensez quoi
17:09que c'est une...
17:10Enfin, de ce que je comprends,
17:11Eric, dites-moi si je me trompe.
17:12Pour vous, il y a peut-être
17:14un peu de prudence
17:14à avoir vis-à-vis de cet outil,
17:16si je devais résumer,
17:16c'est ça ?
17:18Le souci,
17:19ce n'est pas tant l'outil.
17:20Je pense que l'idée,
17:21elle peut être intéressante.
17:22Sauf que l'idée,
17:23elle vient,
17:24et ça a été dit par monsieur le député,
17:27elle vient toujours après coup.
17:28C'est-à-dire,
17:29il y a les feux,
17:30tiens, il faut...
17:30Monsieur le député acquiesce
17:31en vous écoutant, Eric,
17:32sachez-le.
17:32On est à la radio,
17:33vous ne pouvez pas le voir,
17:33mais il acquiesce.
17:36Donc, savoir si c'est intéressant
17:39d'utiliser les drones
17:40parce qu'on a des feux
17:41qui sont conséquents en ce moment.
17:43Et je vais vous dire,
17:44dans les années 90,
17:46on avait déjà des feux,
17:48on utilisait un Hercule C-130,
17:50un énorme avion,
17:51comme la 400N.
17:52C'est l'équivalent de la 400N.
17:54Et depuis,
17:56écoutez,
17:57on en est où ?
17:58On n'en est nulle part.
17:59Vous avez l'impression parfois
18:00qu'on n'avance pas
18:01sur certaines choses.
18:02Monsieur le député,
18:02vous répond,
18:03Eric Didier-le-Mer,
18:04qu'est-ce que vous dites à Eric ?
18:05Bon, visiblement,
18:06un peu de prudence
18:06vis-à-vis des drones
18:07et sur cette sensation
18:08que la France arrive,
18:09mais elle arrive toujours trop tard.
18:11Alors, je ne crois pas
18:12que sur ce coup-là,
18:13la France arrive trop tard
18:13puisque ce n'est pas diffusé
18:15dans d'autres pays
18:16à ma connaissance.
18:18Mais là où vous avez raison,
18:20c'est que nous sommes actuellement
18:22confrontés à la crise.
18:24Moi, cette réflexion m'est venue
18:25pour les raisons
18:25que je vous ai évoquées
18:26parce que j'ai eu
18:26dans ma carrière d'avant
18:27l'occasion de faire
18:28plusieurs campagnes
18:29de feu de forêt
18:30et que ce lien
18:31avec les forces armées,
18:33je l'ai conduit
18:34à la sécurité civile
18:35et d'où ma proposition.
18:36J'ai écrit il y a 15 jours
18:37au Premier ministre
18:38et au ministre de l'Intérieur
18:39en leur disant
18:39« Soyons audacieux,
18:41soyons pionniers en la matière.
18:43Nous avons une base industrielle
18:46qui sait faire
18:47et il nous faut absolument
18:49avoir cette volonté.
18:50C'est là où ça va partir.
18:51C'est là où la volonté politique
18:52est nécessaire. »
18:52La volonté fait beaucoup,
18:53il ne faut jamais oublier.
18:54Je ne suis pas en train de vous dire
18:55que cette année
18:56que ça va être fait possible.
18:57Mais par contre,
18:58je crois qu'il faut se poser
18:59les bonnes questions,
19:00notamment en matière financière
19:02où on sait que les difficultés
19:04qui sont les nôtres,
19:07par le passé,
19:07notamment sur le champ
19:09de la défense
19:10et des forces armées,
19:11vous vous souvenez,
19:11il n'y a encore pas
19:12si loin que ça,
19:13on parlait souvent
19:14des chars
19:15et des unités de combat.
19:16Aujourd'hui,
19:16on parle moins des chars,
19:17ils sont nécessaires,
19:18mais on parle surtout des drones.
19:20Ça veut bien dire
19:20que c'est possible
19:21et qu'il faut aller de l'avant.
19:22Est-ce que vous avez eu
19:23vos réponses,
19:24camarade Eric ?
19:25Oui, oui.
19:28Merci beaucoup
19:29d'avoir appelé Sud Radio
19:30au 0826 300 300
19:31pour poser cette question,
19:33interpeller M. le député
19:34et puis partager aussi
19:35parfois les interrogations.
19:36Vous parliez de la volonté politique,
19:38pas encore de réponse,
19:39j'imagine,
19:39de la part du ministre
19:40de l'Intérieur
19:41et du Premier ministre ?
19:42Pas à ce stade.
19:43Je suis,
19:44comme vous,
19:45l'actualité,
19:45effectivement,
19:46l'actualité est très...
19:47Elle est impudence.
19:47Elle est très dense,
19:48elle est prenante,
19:49mais ce que je voulais vous dire
19:50pour éviter ce que Eric
19:51vient de décrire
19:52et que je partage,
19:53ce n'est pas à ce moment-là
19:54où on doit réfléchir
19:54quand on est dans l'action.
19:56face à la crise.
19:58Par contre,
19:59les feux de forêt
20:00de 2027,
20:0128,
20:0129,
20:0230,
20:02etc.
20:03se préparent d'aise aujourd'hui.
20:04Il nous reste 45 secondes,
20:06M. le député.
20:07Peut-être aussi insister,
20:08on parle de technologie,
20:09c'est bien,
20:09d'équipement,
20:10c'est bien,
20:10de moyens humains
20:11et financiers,
20:11c'est bien,
20:12mais s'il n'y a pas
20:12quelque chose
20:12de beaucoup plus simple,
20:13on en parlait hors antenne,
20:14c'est la prévention.
20:15La prévention,
20:16mettre le paquet dessus peut-être.
20:17Mais bien sûr,
20:18c'est la mer des batailles
20:19et c'est là où je disais
20:20qu'il faut créer
20:21ce nouveau ministère
20:22parce que quand vous avez
20:22une direction générale
20:23de prévention des risques
20:24qui est rattachée
20:24à l'environnement,
20:25la DGSCGC,
20:26la sécurité civile
20:27au ministère de l'Intérieur,
20:28je crois qu'il faut
20:29mettre tout ce monde-là
20:30à travailler ensemble.
20:31Je suis président
20:31de l'Association française
20:32de prévention des catastrophes
20:34naturelles et technologiques.
20:35Ce travail auprès du citoyen,
20:37parce que qui meilleur acteur
20:39que le citoyen lui-même
20:40pour sa propre sécurité ?
20:41Et quand le citoyen
20:42est acteur de sa propre sécurité,
20:44on n'oublie personne.
20:45Et on voit dans les autres
20:46pays européens
20:46qui sont par exemple
20:47beaucoup plus en avance
20:48sur les gestes
20:49de premiers secours
20:50ou sur cette prévention
20:50en sens large,
20:51à quel point cela est
20:52plus que très utile.
20:53Merci beaucoup,
20:53monsieur le député,
20:54d'avoir été avec moi
20:55ce midi sur Sud Radio.
20:56Didier Lemaire,
20:57député Horizon du Haut-Rhin,
20:58ex-tapeur,
20:58pomperie professionnelle.
20:59Et puis on aura l'occasion
21:00visiblement de se recroiser
21:01et de se reparler
21:02parce que c'est des sujets
21:03qu'on va continuer à aborder
21:04dans les prochaines semaines,
21:05dans les prochains mois
21:06et certainement peut-être même
21:07au cœur de la campagne présidentielle
21:08qui s'annonce.
21:09Midi 58,
21:10c'était un plaisir
21:10que vous accompagnez
21:11durant ces trois heures
21:12de conversation,
21:12de discussion,
21:13d'échange dans un instant.
21:14C'est Jacques Pessy
21:15sur Sud Radio
21:15de 13h à 14h.
21:16Je vous souhaite donc
21:17une belle après-midi
21:18et je vous retrouve demain
21:19pour la dernière
21:19de 10h à 13h.
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