Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 jours
Chaque week-end, l’émission pilotée par Philippe Gaudin avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Soyez les bienvenus si vous nous rejoignez dans l'affaire suivante.
00:03Rebonjour Dominique.
00:05On s'intéresse pour commencer à ce que l'on appelle un cold case.
00:08Une affaire non résolue en français, comme il y en a un certain nombre en France actuellement,
00:12dont celle du violeur d'Antibes.
00:15Il n'a ni nom, ni visage et surtout il court toujours.
00:18Entre 1994 et 2006, il s'en est pris à au moins 16 femmes en région parisienne,
00:24dans le sud de la France, avec un mode opératoire qui n'a jamais varié ou presque
00:28et un ADN, son ADN, systématiquement retrouvé.
00:31Bonjour Sylvaine.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour Sylvie.
00:34Bonjour.
00:34Bienvenue à toutes les deux.
00:36Vous avez toutes les deux été agressées par cet homme au début des années 2000.
00:41Vous allez nous raconter dans un instant ce qui vous est arrivé.
00:43A vos côtés, votre avocat Didier Seban.
00:45Bonjour.
00:46Bonjour.
00:46Bonjour maître.
00:47Vous êtes l'avocat de Sylvaine et de Sylvie.
00:48Vous représentez dans ce dossier au total cinq victimes.
00:52Soyez le bienvenu.
00:52Général François d'Aoust, bonjour.
00:54Bonjour.
00:54Vous êtes directeur du centre de recherche de la Gendarmerie nationale,
00:57ancien directeur de l'IRCGN, l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.
01:02A vos côtés, Jean Arca, bonjour.
01:04Bonjour.
01:04Vous êtes journaliste au Progrès et à Marianne.
01:06Vous êtes le premier à avoir mis en lumière, mis au jour cette affaire,
01:11ce dossier qui en 2024 a donc été rouvert par les juges du pôle Cold Case de Nanterre.
01:17Bienvenue à tous les cinq.
01:19On va regarder deux images, deux photos, deux visages.
01:22Pour commencer, si vous le voulez bien, ce sont les vôtres.
01:24Sylvaine, Sylvie, les vôtres il y a 20 ans, on les voit à l'antenne.
01:30À une époque où votre vie s'apprête à basculer.
01:35Vous ne le savez pas encore à ce moment-là.
01:38Et 20 ans après, vous êtes ici.
01:41Quand vous revoyez ces photos, vous, notamment Sylvaine,
01:44qui à l'époque est maquilleuse dans la mode.
01:48C'est ça.
01:48Que vous dites-vous ?
01:51Des destins qu'on ne soupçonne pas, qui vont être soudainement chamboulés.
01:55Il y a une vie avant et il y a une vie après.
01:57Et ce genre d'événement vous stigmatise à vie.
02:01C'est votre état d'esprit à vous aussi, Sylvie.
02:02Tout à fait.
02:04Il y a une vie avant et une vie après.
02:06Avant, le avant, après.
02:08Bien sûr, vous faites référence à l'agression, au viol, même, dont vous avez été victime, vous, Sylvaine.
02:15Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ce soir de canicule du 12 juillet 2003 ?
02:20Vous habitez alors à Aix-en-Provence.
02:22C'est ça.
02:23C'est ça.
02:24Je rentrais de Paris, puisque maquilleuse, je venais de faire le défilé Givenchy.
02:29Le lendemain, je fais un shooting photo pour le Figaro Magazine.
02:32Je rentre à mon domicile.
02:33Jusque-là, ma routine étant exactement la même, je vais me coucher.
02:37Et alors que je suis profondément endormie, je sens une masse, mais qui me saute dessus.
02:44J'ai un sursaut, mais de torpeur.
02:47Et cette torpeur, d'ailleurs, qui ne me quitte plus, parce que c'est un souvenir de panique totale.
02:52À un moment où vous êtes le plus vulnérable, c'est-à-dire pendant votre sommeil,
02:56cette masse m'immobilise dans mon lit, me menace d'un couteau.
03:01Et là, vous ne vous branchez pas, parce que vous avez peur de mourir.
03:06C'est automatiquement ce qui vous vient à l'esprit.
03:10Et le mec qui vous dit, ne bouge pas, je viens te voler.
03:14Et rapidement, je comprends qu'il est là pour me violer.
03:18Et je me laisse attacher, les mains derrière le dos.
03:21Il me bande les yeux avec un scotch bien spécifique dont on parlera.
03:25Il me met une espèce de cagoule en tissu sur la tête.
03:30Et rapidement, je lui demande qu'il m'enlève cette cagoule, parce que j'arrive pas à risper.
03:34Et là, je suis prise de panique.
03:36Et alors qu'il commence à se déshabiller et à commencer avec des gestes intrusifs, etc.,
03:42je le vois un petit peu sur ma gauche.
03:44Et donc, il me retourne.
03:45Et comme je suis sur le dos, j'ai le scotch qui se décolle un petit peu.
03:50Et c'est là qu'avec les lumières de fond, des appareils électriques, des appartements,
03:54je distingue une silhouette, je distingue un toc.
03:57Il a tendance à... Il repousse ses lunettes métalliques avec le centre.
04:02Il sent très, très fort. Il dégage une odeur, mais abominable.
04:05Il pue, clairement.
04:07Et il attaque un mode opératoire qui est vraiment sa signature,
04:12c'est-à-dire un cunnilingus suivi d'un doigtage vaginal.
04:17Et pour le coup, c'est entre 4h et 4h30 du matin.
04:21Et il part soudainement, il se rhabille, il quitte les lieux.
04:24Et il part en courant.
04:26Et c'est là où j'ai pu, moi, le suivre, vite par mon balcon,
04:29et noter qu'il a une cicatrice sur la tête,
04:31puisqu'il est coupé très, très court, les cheveux, à la prison break,
04:34de type concasien.
04:36Il zozote, puisque j'échange avec lui.
04:39Et j'essaye de savoir qui il est, d'où il me connaît.
04:42C'est là que je comprends qu'il m'a suivi,
04:44qu'il est capable de décrire des vêtements que je porte,
04:48donc dans ma voiture, etc.
04:50Il n'est pas là par hasard.
04:52Il est monté au premier étage de mon appartement.
04:54Il a grimpé sur ma poubelle.
04:56On découvre plus tard qu'il a sectionné les fils électriques.
05:02Quand vous dites j'échange avec lui,
05:03qu'est-ce que vous lui dites ?
05:05C'est lui qui vous parle ?
05:06Non, c'est moi.
05:06C'est moi, j'essaye de l'amadouer,
05:08j'essaye de savoir qui il est, d'où il vient.
05:12Il répond.
05:13Il répond, mais brièvement,
05:15il n'entame pas plus que ça la conversation.
05:18Il me dit surtout, tais-toi.
05:19Alors je parle encore plus,
05:21parce que je sens que ça le désarme.
05:23Il n'arrive pas à érectorer.
05:25Il a un problème sexuel à ce niveau-là.
05:30De toute façon, ce n'est pas ça qu'il vient chercher.
05:31Il vient instaurer la torpeur et le contrôle.
05:33Quand on fait ce genre de choses comme ça,
05:35en pleine nuit et en attendre que vous dormiez.
05:38Sylvie, le récit de Sylvaine, à vos côtés,
05:42fait écho à au moins une partie de ce que vous-même
05:46avez aussi vécu un an plus tard.
05:49Vous, vous êtes alors chez vous à Antibes.
05:52À Antibes, dans une résidence très sécurisée.
05:55J'habite en Réjardin avec mon fils.
05:57Mon fils est chez son papa parce qu'on n'est plus ensemble.
06:00et moi, c'est un petit peu différent.
06:06Effectivement, été 2004, la veille de l'anniversaire de mon fils,
06:12je suis chez moi, tout est ouvert.
06:14J'ai un petit chien qui a un comportement assez bizarre,
06:18mais sans pour ça aboyer.
06:20Et puis, je converse sur MSN à l'époque.
06:25C'était tout nouveau avec des amis sur Paris.
06:29Donc, j'ai un déroulé très précis de ce nuit-là,
06:33grâce à cet échange.
06:35À minuit et demi, je ferme mes volets.
06:38En plus, je plaisante en disant que
06:40si un cambrioleur, ce n'est pas bien grave,
06:42il y aura les cacas de chien pour le stopper.
06:49Je continue à converser.
06:51Je vais me faire un café.
06:52Je reviens.
06:54Et à 5 heures du matin,
06:55donc là, je vous parle, il est minuit et demi,
06:57quand je ferme mes volets.
06:595 heures du matin, mes plombs sautent.
07:01Chose qui ne m'avait jamais trop perturbée
07:03parce qu'on commençait à avoir pas mal d'outils technologiques
07:07dont les plombs sautaient régulièrement.
07:08J'avais quand même un petit laptop,
07:11donc j'avais la lumière de ce laptop.
07:14Et je dis à mon ami, mes plombs sautent,
07:16et je reviens tout de suite.
07:18Et au moment où je me dirige vers ma porte d'entrée,
07:21donc où mon tableau électrique,
07:24une grosse masse se jette sur moi,
07:26m'attrape au cou, me met à terre
07:29et met son genou sur mon estomac
07:31et commence à me taper.
07:34C'est-à-dire que là, je sens qu'il n'est pas là
07:37pour me violer, il est là pour me faire beaucoup de mal.
07:41C'est quelqu'un qui est très en colère,
07:44qui a une odeur, comme Sylvaine a disé.
07:48Moi, j'aimais à dire
07:49de sac de rugby de mon fils oublié dans mon coffre,
07:53parce que c'était une immondice.
07:57Et il m'a tapé pendant 3 minutes 40
08:02sur tout mon côté droit.
08:04Donc j'ai estimé qu'il était gaucher.
08:07Cela va de soi.
08:09Et grâce à ma bague
08:11et à mon esprit un petit peu fort,
08:15j'ai réussi à me débattre,
08:16à le taper.
08:18Du coup, il s'est dégagé.
08:19Et il a continué à me taper debout.
08:24Et puis, quand il a vu que je ne cédais pas,
08:26il est parti.
08:27Ce qui est intéressant, Dominique,
08:30dans ces deux récits,
08:31c'est, et on peut en parler avec vous,
08:32Jean-Arca, parce que vous êtes, on le rappelle,
08:33journaliste, et vous êtes l'un des premiers
08:35à vous être intéressé à ce dossier,
08:37à l'avoir mis au jour,
08:38à l'avoir mis sous la lumière,
08:39des projecteurs médiatiques.
08:40C'est le mode opératoire, d'abord.
08:43Les points communs,
08:44et dans les récits de nos deux victimes,
08:47notamment ici même,
08:48et le mode opératoire de cet homme
08:50qui court toujours,
08:51plus de 20 ans après, n'est-ce pas ?
08:54Oui, on peut constater qu'il a un mode opératoire
08:56qui est très, très défini.
08:57Il vient toujours avec une cagoule.
08:59Il a toujours du gros scotch type chantier
09:01qu'il utilise pour bander les yeux de ses victimes.
09:05Il rentre, il s'introduit la nuit dans l'appartement,
09:07soit en rez-de-jardin,
09:08soit en passant par les balcons.
09:09Il y a quand même une victime dans les garages aussi.
09:12Mais ce qui est sûr,
09:13c'est qu'il y a eu une partie de repérage.
09:14Pour savoir que ce sont des femmes célibataires,
09:17qu'elles sont seules chez elles,
09:19il y a un mode opératoire très précis.
09:20Il ne s'attaque pas à des victimes en pleine rue.
09:22Donc ce qu'il commet,
09:24ce ne sont pas des crimes d'opportunité.
09:26C'est sûr qu'il y a une partie repérage avant,
09:29il sait pourquoi il vient,
09:30il sait ce qu'il vient faire.
09:32Il y a aussi cette odeur,
09:34qui est récurrente chez les victimes.
09:37Par contre, malheureusement,
09:38il y a beaucoup de victimes
09:38qui n'ont pas pu voir son visage.
09:39Et Sylvain est une des rares
09:40à avoir pu voir son visage,
09:42ce qui forcément a compliqué
09:43un peu les investigations.
09:45Ça, c'est la similitude
09:46entre vos deux agressions,
09:48l'odeur du type,
09:49il agit la nuit,
09:51il a repéré,
09:53il a prémédité,
09:54il a coupé le courant,
09:55c'est sans doute lui.
09:56C'est ça ?
09:56Tout à fait.
09:57Donc à l'époque,
09:58comment est-ce qu'on fait le lien ?
09:59C'est le salvac,
10:00le système d'assistance en lien
10:03des victimes d'agressions criminelles,
10:05c'est ça ?
10:05Oui, c'est ça.
10:06Alors, comment ça marche ?
10:08Eh bien, c'est-à-dire que
10:09pour chaque enquête
10:10et chaque fait
10:11est rentré dans ce logiciel,
10:13eh bien,
10:14tout ce qui constitue
10:15la matérialité des faits.
10:18Le profil des victimes,
10:19le physique,
10:20l'âge,
10:20où elles étaient,
10:21est-ce qu'elles vivaient seules,
10:22avec quelqu'un,
10:23au leur,
10:23etc.
10:24la façon de procéder,
10:26donc le modus operandi,
10:28et derrière,
10:30le logiciel rapproche des faits
10:33et dit,
10:33là, nous sommes face à une série,
10:35donc c'est un violeur sériel.
10:38Je précise,
10:38parenthèse,
10:40que,
10:40puisqu'on parle de violeur en série,
10:42d'agresseur en série,
10:44que dans la résidence
10:45dans laquelle vous habitiez
10:46au moment des faits,
10:48Sylvie,
10:49il y a eu au total
10:50trois agressions.
10:52Il a sévi à trois reprises,
10:54vous,
10:54en 2004,
10:55puis 2005,
10:56puis 2006.
10:57Et dans ce profil
10:58de l'agresseur violeur,
11:00on s'aperçoit
11:01qu'il repère les lieux,
11:04il rentre dans les appartements
11:05et il les connaît,
11:07c'est-à-dire qu'il a dû
11:09venir au moins
11:10largement avant ses victimes,
11:12voir se cacher,
11:13pour certains cas,
11:14il s'est caché
11:14pendant plusieurs heures
11:16pour attendre
11:16que la victime s'endorme,
11:18etc.
11:18Donc,
11:19le repérage des lieux
11:20était là aussi.
11:21On voit quelqu'un
11:22de méthodique,
11:23après,
11:24avec tous les travers
11:25psychologiques
11:26que vous avez donnés,
11:27d'agressivité,
11:28de frustration,
11:29d'impuissance,
11:30qui vient rajouter
11:31de la violence.
11:33Et là,
11:34le salvage,
11:34il sort en disant
11:35qu'il y a quelque chose.
11:37Et dans cette enquête,
11:38en revanche,
11:40il y a des cas
11:40qui n'étaient pas rentrés
11:41dans le salvage.
11:42Ce sont les cas
11:43à Châtonnet-Malbry,
11:44en 1994 jusqu'en 1996,
11:47en région parisienne,
11:47où il n'y avait pas
11:50l'ADN
11:51et les scellés
11:52ont été conservés,
11:54mais ils n'étaient pas rentrés.
11:56Ce n'est qu'en 2010
11:57que ça sera retrouvé
11:59et étudié.
12:00Pour retracer un peu
12:01la chronologie,
12:02l'enquête,
12:03elle démarre véritablement
12:04dans le sud,
12:05en 2005,
12:06à Antibes.
12:07C'est pour ça
12:07que l'affaire s'appelle
12:08le violeur d'Antibes
12:09au niveau police.
12:11C'est un an après
12:11l'agression de Sylvie
12:12au Flavia.
12:13L'agresseur revient,
12:14commet une agression
12:15au Flavia
12:16et une agression
12:16dans une autre résidence.
12:18Et à ce moment-là,
12:18on récupère l'ADN.
12:20Et c'est avec cet ADN commun
12:21que les policiers
12:24commencent à sortir
12:25les scellés
12:25de toutes les affaires similaires,
12:27de récupérer les ADN.
12:28Et là,
12:28on se rend compte en 2005
12:29qu'il en est déjà
12:30presque à dix viols
12:31en région PACA,
12:32donc dans six villes,
12:34dans trois départements,
12:37Vars,
12:38Alpes-Maritimes,
12:40et ensuite...
12:40Boucheronne,
12:40oui.
12:41Dans ma résidence,
12:42d'ailleurs,
12:42en 2001.
12:44Dans ma résidence aussi.
12:45Moi, c'était en 2003.
12:47Restez avec nous.
12:48On va se quitter
12:49quelques tout petits instants,
12:50une courte publicité.
12:51On revient ensuite
12:51pour parler
12:52de la suite de l'enquête
12:54avec vous,
12:54notamment,
12:55Maître Seban
12:56qui représentait Sylvie,
12:58Sylvaine
12:58et au total,
12:58cinq victimes
12:59du violeur d'Antibes.
13:01Parlez de l'enquête,
13:02parlez d'un appel
13:02à témoignage
13:03et parlez aussi
13:04de la généalogie génétique
13:06qui pourrait éventuellement
13:08permettre
13:08de faire avancer
13:09cette enquête
13:09vieille de 30 ans
13:10au départ.
13:12C'est le violeur d'Antibes
13:13qui court toujours.
13:14A tout de suite
13:14dans Affaire suivante.
13:1413h30,
13:18vous regardez
13:18Affaire suivante.
13:19La suite,
13:19soyez les bienvenus
13:20ici.
13:20Vous nous rejoignez,
13:21on s'intéresse
13:22à ce cold case,
13:23le violeur d'Antibes
13:24qui n'a ni nom
13:24ni visage,
13:25qui court toujours.
13:2630 ans après
13:26les premiers faits,
13:27entre 1994 et 2006,
13:29il s'en est pris
13:29à au moins 16 femmes
13:31dont deux sont ici présentes
13:32aujourd'hui.
13:33Rebienvenue,
13:34Sylvaine et Sylvie.
13:36Le mode opératoire
13:36n'a jamais varié.
13:37L'ADN,
13:38son ADN,
13:39l'ADN de cet homme
13:39a été systématiquement retrouvé.
13:41Intéressons-nous
13:41à cet élément
13:42pour revenir
13:45sur cette affaire.
13:46Général Daouz,
13:46vous êtes l'ancien patron
13:47de l'IRCGN.
13:49L'ADN de cet homme,
13:50on l'a,
13:50mais il ne matche pas
13:51comme on dit.
13:52C'est-à-dire qu'il n'est
13:52dans aucun fichier
13:54aujourd'hui en France.
13:54Il n'est pas dans
13:56le fichier national
13:57automatisé
13:58des empreintes génétiques
13:59qui est celui
14:00qui a tous les condamnés
14:02qui sont passés
14:02ou les mises en cause.
14:04Donc, ça veut dire
14:05qu'il n'a jamais été
14:06attrapé
14:07comme primo-délinquant
14:09dans une affaire quelconque.
14:10Ce qui fait
14:10qu'on ne l'a pas.
14:11En revanche,
14:12la partie trace
14:13de ce fichier
14:14a permis
14:15de...
14:16Lorsqu'on a
14:17remis
14:19les scellés
14:20au laboratoire
14:22pour analyse
14:22et de...
14:24Je parle là
14:24des scellés
14:25de Châtenay-Malabri
14:26des Trois-Viols.
14:28Ça a été
14:29injecté
14:30de l'Eufnègue.
14:31Toujours pas
14:31d'identification.
14:33En revanche,
14:33ça a matché
14:34avec toutes les affaires
14:36du sud de la France
14:37qui ont montré
14:37que c'était
14:38le même violeur.
14:39Le FNAEG,
14:40c'est le fichier national
14:41automatisé
14:42des empreintes génétiques.
14:43Donc, c'est comme ça
14:44qu'on a regroupé.
14:45On sait
14:46qu'il était
14:46en région parisienne
14:47jusqu'à la fin
14:49des années 90
14:50et qu'après,
14:51il était
14:51dans le sud
14:52de la France.
14:53Mais on n'a pas
14:53pu le faire avant
14:54parce que le FNAEG
14:56n'a été créé
14:56qu'en 1998.
14:58C'est pour ça
14:59que ces affaires
15:00sont passées aussi
15:00sous le radar.
15:01C'est une affaire
15:02parmi d'autres.
15:03Il y a d'autres affaires
15:03qui ont vu
15:04leur cours basculer
15:06grâce à cause
15:07de l'ADN.
15:08Dominique,
15:09juste,
15:09Maître Semon est avec nous.
15:10Il est l'avocat de Sylvain
15:11et Sylvie.
15:12Et alors,
15:13hors antenne,
15:13vous nous disiez
15:14l'importance
15:15d'évoquer le regroupement
15:16des affaires.
15:17Parce qu'on est
15:1730 ans après
15:18les premiers faits.
15:19Il n'a plus agi,
15:20en tout cas,
15:21officiellement,
15:22si je puis dire,
15:23depuis 20 ans,
15:24cet homme,
15:25qui n'a jamais été retrouvé.
15:27Comment ça se passe
15:27aujourd'hui ?
15:29Du point de vue
15:29de l'enquête
15:30ou des enquêtes ?
15:31Le Paul Colquais
15:32a repris le dossier
15:33l'année dernière.
15:33C'est la chance
15:34d'avoir en France
15:35ce Paul Colquais
15:36qui est unique en Europe,
15:38qui se dévoue
15:39aux affaires
15:40non élucidées,
15:41qui les regroupe
15:42et qui recherche
15:43la sérialité.
15:44Vous savez,
15:45la difficulté souvent,
15:46c'est que ces affaires
15:47sont suivies
15:47par des gendarmeries,
15:49des polices,
15:50des juges différents.
15:52Et puis,
15:52disons-le,
15:53à l'époque,
15:54les affaires de viol,
15:55c'est un peu traité
15:56à minima.
15:58Les dossiers,
15:59la proximité,
16:00l'enquête de proximité,
16:01ce qu'ont pu voir,
16:02les gardiens,
16:03les voisins,
16:04ce qui a pu être remarqué,
16:07c'est quelques feuillets.
16:09Donc,
16:09on repart
16:10d'une enquête
16:11au départ
16:12très, très brève.
16:13sans relier
16:16les dossiers
16:16avec une masse
16:19d'informations
16:19à constituer.
16:21Vous savez,
16:21par exemple,
16:22on a cette idée
16:22que ça pourrait être
16:23quelqu'un qui travaille
16:24dans le bâtiment
16:24ou qui intervient
16:25un ascensoriste
16:27ou un agent immobilier
16:29pour connaître
16:29aussi bien
16:30les résidences
16:31et pour y passer du temps.
16:32Mais il faut
16:33coordonner
16:34les informations,
16:35interroger
16:35les syndics,
16:36interroger.
16:36et tout ça,
16:3915 ans après
16:39ou 20 ans après,
16:40c'est difficile.
16:41Mais je suis convaincu
16:42qu'on va y arriver
16:43parce qu'il y a cette ADN
16:44qui est quand même
16:45un atout phénoménal
16:47aujourd'hui dans le dossier
16:48qui nous permet
16:48d'écarter des pistes
16:50ou d'en retenir.
16:51Et on est convaincu
16:53qu'avec le travail
16:54qui est mené,
16:55l'engagement,
16:56je crois que c'est
16:56l'OCRVP,
16:57l'Office Central
16:58de Recherche
16:59sur les Violences
17:00aux Personnes
17:00qui est chargée
17:01de cette affaire,
17:01je crois,
17:02j'en suis sûr,
17:03et qui en fait
17:04est une de ses priorités.
17:06Mais encore faut-il
17:07aussi qu'on évolue
17:09sur la génétique.
17:10Quand on parle
17:10du pôle Colquès,
17:12vous êtes quand même
17:12un peu à l'origine
17:13avec Jacques Dallès
17:14et avec quelques autres,
17:15vous, votre tribunal,
17:16le cabinet Sebon
17:16qui a la réputation
17:18de rien lâcher,
17:19de l'installation
17:21de ce pôle,
17:21en tout cas de la création
17:22de ce pôle.
17:23Est-ce que vous,
17:24vous avez tout un tas
17:24de dossiers comme celui-ci,
17:26les disparus de Lyon,
17:28les disparus de Lassis,
17:29Émiloui fournirait,
17:32est-ce que vous avez,
17:33vous comptez uniquement
17:34sur la gendarmerie,
17:36la police,
17:36ou est-ce que vous,
17:37de votre côté,
17:37vous avez des avocats
17:38spécialisés
17:39qui vont aller
17:40au pôle Colquès
17:41faire des suggestions
17:42ou alors des enquêteurs privés,
17:44vous avez le droit
17:44de le faire,
17:45est-ce que vous travaillez
17:46en plus des services
17:47de police,
17:47des gendarmeries
17:48sur des dossiers
17:49comme celui-ci ?
17:49On a un ancien gendarme
17:51qu'on a recruté,
17:54un gars qui a travaillé
17:55à l'OCRVP
17:56et à Diane
17:56dans les deux services
17:58centraux.
17:58Diane ?
17:59Diane,
18:00c'est le service central
18:01de la gendarmerie
18:02d'enquête sur ces affaires-là
18:03et qui reprend
18:05les dossiers
18:05et on a
18:07une intervention active,
18:09c'est-à-dire qu'on va,
18:10d'abord on reçoit longuement
18:11les personnes,
18:13les victimes
18:13pour savoir
18:14si un détail,
18:15un point
18:15pourrait être intéressant
18:16parce que dans leur témoignage,
18:18il y a évidemment
18:18peut-être des choses
18:19qui ont échappé
18:20aux premiers enquêteurs.
18:21Ça aurait peut-être
18:22dû être fait avant ?
18:23Ça aurait dû être fait avant,
18:24évidemment.
18:24Et puis deuxièmement,
18:26on fait ce travail,
18:28on a fait une dizaine
18:29de pages de demandes
18:30au pôle en disant
18:31il y a des vérifications
18:32à faire,
18:33aller par exemple
18:33consulter toutes les mains
18:35courantes à Châtenay-Malabry
18:36pour savoir
18:37si à Châtenay-Malabry
18:39qui est le point de départ,
18:40il n'aurait pas été
18:41interpellé une fois.
18:42Mais alors ce qui est intéressant,
18:43pardonnez-moi,
18:43parce que précisément
18:44je rebondis sur ce que
18:46vous nous disiez
18:46en antenne,
18:47Sylvaine,
18:47il y a quelques mois,
18:49au pôle cold case,
18:50vous vous êtes retrouvée
18:51face à un profiler.
18:51Oui,
18:53j'ai été interrogée
18:54ce qu'ils appellent
18:55un interrogatoire cognitif
18:57et qui permet
18:58de vous mettre
18:59dans un état d'hypnose,
19:00d'auto-hypnose
19:01pour essayer
19:02de faire ressurgir
19:05des souvenirs
19:06camouflés
19:07par ce qu'on appelle
19:07l'amnésie traumatique
19:09et ça nous est arrivé,
19:11moi par exemple,
19:11je ne me rappelais plus
19:12du couteau.
19:13C'était des choses
19:14qui m'avaient
19:15mais complètement échappé
19:16et quand on me pose
19:17la question
19:17mais pourquoi
19:18vous vous êtes laissée
19:19attachée ?
19:20Je ne sais pas.
19:21Donc effectivement
19:23le but étant
19:24de faire ressurgir
19:25parce que ce qu'ils cherchent
19:26c'est les dénominateurs communs
19:28et comme le dit Maître
19:30effectivement
19:30ce qui est dommageable
19:31c'est qu'on n'ait pas été
19:32réunis sous forme
19:34de brainstorming
19:35entre victimes
19:36comme ça a été le cas
19:37pour d'autres affaires
19:38entre autres on parlait
19:39de l'affaire Casio
19:40par exemple
19:40où on peut échanger
19:42et c'est là
19:43où il y a des dominateurs communs
19:44qui peuvent surgir
19:46parce que c'est ce que
19:47le pôle de Nanterre
19:48cherche activement.
19:49Il y a des choses
19:50qui vous sont revenues
19:50quand on vous a hypnotisé ?
19:52Des sensations
19:56des impressions
19:57des...
19:59comme je vous disais
20:00pourquoi il était là
20:01vous créez
20:03une espèce de lien
20:04assez bizarre
20:05votre corps se détache
20:07votre...
20:08vous vous détachez
20:08de votre corps
20:09déjà
20:09c'est un mécanisme
20:11de défense
20:11qu'on a tous en nous
20:12et donc vous êtes
20:14partisan de la scène
20:15mais sans la subir
20:17vous vous dégagez
20:18et c'est ça
20:19qu'il a vraiment essayé
20:20de travailler
20:21par exemple avec moi
20:22pour essayer
20:24d'avoir des indices
20:25sur justement
20:26la description
20:27du personnage
20:29et c'est sa motivation
20:30ce qui le pousse
20:32à être là.
20:33En fait
20:33ce qu'on constate aussi
20:34c'est que
20:35c'est un violeur
20:36qui a opéré
20:38dans des villes
20:38assez espacées
20:39mais qui à l'intérieur
20:40de ces villes
20:40a opéré
20:41dans des zones
20:41assez restreintes
20:42ce qui fait que
20:43les victimes
20:44sur ces villes-là
20:45elles avaient tendance
20:46à fréquenter les mêmes lieux
20:47la même salle de sport
20:49la même salle de danse
20:50ou le même salon de coiffure
20:51ce qui peut faire
20:52qu'en fait
20:53ça fait d'autant plus
20:54froid dans le dos
20:55ça renforce la conviction
20:56d'un vrai repérage
20:57d'un vrai rôdeur
20:58mais ça veut aussi dire
20:59qu'elles l'ont peut-être croisé
21:00qu'elles l'ont peut-être aperçu
21:01et qu'en en discutant entre elles
21:02elles peuvent établir des liens
21:04tirer des fils
21:05qui auraient pu permettre
21:06de l'identifier
21:07Et alors justement
21:08sur la question
21:09de qui est cet homme
21:11et aussi pourquoi
21:12n'a-t-il en tout cas
21:13officiellement plus agi
21:15depuis 2006
21:15depuis quasiment 20 ans
21:18Vous, vous émettez une hypothèse
21:20Sylvie ?
21:21Pour moi, il n'a pas arrêté
21:22il s'est juste protégé
21:24il s'est mis en protection
21:25il s'est mis en sécurité
21:26Suite à quoi ?
21:26Suite à cet article
21:28qu'il y a eu en 2006
21:30sur le Nice Matin
21:31concernant ma résidence
21:32et la troisième victime
21:34où le journaliste
21:36a fait le point
21:37et a mis le point
21:38le doigt sur
21:39un ADN concordant
21:41avec d'autres affaires
21:42et bizarrement
21:43depuis
21:44on n'en a plus jamais
21:46en entendu parler
21:47mais nous
21:48entre nous
21:49nous sommes cinq
21:50les cinq
21:52défendus
21:53par le cabinet
21:53ce banc
21:54on s'est
21:55on s'est fait
21:56un petit groupe
21:56WhatsApp
21:56entre nous
21:57on se parle
21:58entre nous
21:59on essaie
22:00d'établir des liens
22:02on essaie aussi
22:03de se
22:04vous avez monté
22:04un collectif
22:05oui
22:06c'est ça
22:07Sylvaine
22:07les voies des balcons
22:09c'est quoi ça
22:10l'appel à témoignage
22:11c'est une façon
22:12d'enquêter
22:12à votre niveau
22:15à votre manière
22:16c'est quoi ?
22:17se donner la voie
22:18déjà
22:18c'est très important
22:19parce qu'on a été tenus
22:20au silence
22:21pendant des années
22:21cette affaire
22:22a été méconnue
22:23donc pouvoir prendre
22:24la parole
22:25c'est déjà
22:25important
22:27en tant que victime
22:28effectivement
22:30récolter des témoignages
22:31et c'est le cas
22:33en plus
22:33on en récolte
22:34aujourd'hui
22:34on a des personnes
22:35qui se manifestent
22:36en message privé
22:38mais
22:39maître
22:40est-ce qu'un homme
22:41comme lui
22:42ça peut s'arrêter
22:42vous avez déjà vu ça
22:43dans vos dossiers
22:44en 2006
22:44d'un seul coup
22:45il l'arrêterait
22:46non
22:46soit parce qu'il soit mort
22:48ou pas en prison
22:49parce qu'on aurait son ADN
22:51on l'a vu dans le grêlé
22:52par exemple
22:52le cas du grêlé
22:54enfin en tout cas
22:55on pense
22:57c'est la même chose
22:58pour lui
22:58on parle de 16 affaires
23:00mais est-ce qu'il y a des affaires
23:01où il n'y a pas eu
23:01d'ADN
23:02est-ce qu'il y a des affaires
23:03qui n'ont pas été reliées
23:04est-ce qu'il y a des affaires ailleurs
23:05ces appels à témoignages
23:06ça peut permettre
23:08on en a reçu d'ailleurs
23:09depuis
23:09deux
23:10un cas
23:11qui nous disent
23:12moi ça m'est arrivé
23:12à tel endroit
23:13moi
23:13tel voisin
23:15s'est comporté comme ça
23:16donc
23:16faire remonter
23:18je suis sûr
23:18qu'il n'y en a pas que 16
23:19maintenant
23:20est-ce que ça s'est vraiment
23:21arrêté à ce moment-là
23:22c'est possible
23:23quelquefois
23:23pour des raisons familiales
23:25pour des raisons
23:26parce qu'il a retrouvé
23:27un autre
23:28un nouvel équilibre
23:29parce qu'il a peur
23:30parce qu'il a déménagé
23:31ça s'arrête
23:32ça veut pas dire
23:33qu'il est mort
23:34ou qu'il est emprisonné
23:35mais peut-être
23:36voilà
23:37c'est possible
23:38et on l'a déjà rencontré
23:39dans l'histoire criminelle
23:40vous êtes favorable
23:40à l'utilisation
23:43pour que
23:44ça avance
23:45et que ça avance
23:46vraiment
23:46qu'on retrouve cette personne
23:48cet homme en clair
23:49à l'utilisation
23:50d'une technique
23:51on va s'arrêter là-dessus
23:52quelques minutes
23:54pour terminer
23:54la généalogie génétique
23:56une technique interdite
23:57en France
23:58c'est interdit par la loi
23:59c'est les articles 16, 10
24:01et suivants
24:02du code civil
24:02qui l'interdisent
24:04c'est la loi bioéthique
24:05qui fait que
24:06pour faire de l'ADN
24:08il faut que ça soit
24:09médical
24:09que ça soit
24:10recherche scientifique
24:11ou que ça soit judiciaire
24:13donc on ne peut pas
24:14à titre récréatif
24:15donner son ADN
24:17pour voir
24:17d'où proviendrait
24:19notre famille
24:19alors qu'aux USA
24:20on a parfaitement le droit
24:22et il y a une généalogiste
24:24généalogiste généticienne
24:26Sissimor
24:26qui a dit
24:29mais après tout
24:30on peut s'en servir aussi
24:31au regard
24:32du chromosome X
24:34et du chromosome Y
24:35pour faire simple
24:35et de l'ADN mitochondrial
24:37à remonter
24:38comme ça
24:38des lignées familiales
24:40et du cousinage
24:41jusqu'à là
24:42cousin
24:43au sixième degré
24:45ce qui va
24:45très très loin
24:46et à partir de 2018
24:48un certain nombre
24:48d'affaires aux USA
24:49ont été résolues
24:50ce procédé a déjà
24:51été utilisé en France
24:52avec succès
24:53notamment dans l'affaire
24:54dite du prédateur des bois
24:55tout à fait
24:56mais indirectement
24:57c'est à dire que
24:58les forces de l'ordre
25:00demandent
25:01au FBI
25:02s'ils ont des bases
25:03ou en tout cas
25:04peuvent leur approcher
25:05et le FBI
25:05lui
25:06va aller dans les bases privées
25:08qui sont ces bases
25:09de généalogie
25:10pour essayer de retrouver
25:12des concordances
25:13donc c'est simple
25:14on prend l'ADN qu'on a
25:15de votre agresseur
25:16violeur
25:17la police française
25:19l'envoie
25:19à la police américaine
25:21au FBI
25:21le FBI demande
25:23aux banques privées
25:24qui nous informent
25:26sur nos origines
25:28oui à toutes celles
25:28et ceux qui cherchent
25:29à connaître
25:30leur parenté
25:31on peut avoir aussi
25:32un portrait robot
25:33génétique
25:34oui ça c'est
25:35ça encore
25:35ils sont encore
25:35mis élaborés
25:36non mais je vais vous dire
25:37on s'est mis en colère
25:38dans l'affaire Dumont
25:40qui est une petite fille
25:41qui a été assassinée
25:42mais aussi
25:43Sabine Dumont
25:43Sabine Dumont
25:44parce que
25:45ça faisait deux ans
25:46qu'on nous disait
25:47après l'affaire
25:48du prédateur des bois
25:49on va
25:50on va faire
25:51on va saisir
25:52et les obstacles
25:53administratifs
25:54de savoir
25:55quels services
25:55pouvaient payer
25:56comment on pouvait faire
25:57empêcher que ça soit
25:58mis en place
25:59on s'est mis en colère
26:01ça a débloqué
26:02cinq dossiers
26:03mais pas encore
26:04celui des prédateurs
26:05des bois
26:05on est sur le
26:06pas encore celui
26:07d'Antibes
26:08on est sur le point
26:10de le faire
26:10donc on va le faire
26:11et on nous dit
26:12ça y est c'est parti
26:13c'est sur le point
26:14de partir
26:14c'est plus qu'un problème
26:16de papier
26:16et ainsi de suite
26:17mais ces dames attendent
26:19cet homme agit
26:20peut-être encore
26:21il a peut-être
26:24il commet peut-être
26:25encore des faits
26:25sans laisser son ADN
26:26donc il y a urgence
26:28et il y a urgence
26:29à ce que cette technique
26:30soit mise en oeuvre
26:31et qu'on puisse dire
26:32c'est lui
26:32qui soit jugé
26:33qui soit condamné
26:34et que peut-être
26:36les victimes
26:38que je représente
26:39puissent
26:39réouvrir la fenêtre
26:42se dire
26:43il ne va pas arriver
26:44parce que
26:45et on va terminer par là
26:46parce que
26:47Sylvaine et Sylvie
26:48vous souhaitiez
26:49parler aussi
26:51aujourd'hui
26:52des séquelles
26:53des séquelles
26:5420 ans après
26:54vous voulez pouvoir
26:55tourner la page un jour
26:56pour l'instant
26:56c'est pas possible
26:5720 ans après
26:58quelles sont ces séquelles
27:00moi en ce qui me concerne
27:02j'ai appris l'agression
27:03j'ai enchaîné
27:04les anorexies
27:05sans m'en apercevoir
27:06vraiment
27:06parce que
27:07je menais une belle carrière
27:09professionnelle
27:09sur Sophia Antipolis
27:11j'ai levé mon fils
27:12du mieux que je pouvais
27:15mais mon corps
27:17parlait
27:17parlait
27:18parlait
27:18jusqu'à ce que
27:19je reçoive
27:20la lettre
27:21du Paul Colquès
27:23de Nanterre
27:23pour me signaler
27:25que j'étais
27:25une victime
27:26alors que
27:26il y a 20 ans
27:28on m'a certifié
27:29que je ne l'étais pas
27:30parce que je n'ai pas
27:31été violée
27:32parce que je me suis
27:33défendue
27:35malgré tout
27:36il m'a même
27:37bon j'ai quand même
27:38eu un ébranlement cérébral
27:39j'ai perdu la vision
27:40de l'œil droit
27:41pendant des années
27:42mais depuis
27:44l'ouverture
27:45de ce dossier
27:46mon système digestif
27:49et mon estomac
27:49s'est complètement arrêté
27:50j'ai fini
27:51là je suis en gastrostomie
27:53c'est à dire
27:54que je suis nourrie
27:55la nuit
27:55je suis reliée
27:58à une pompe
27:59qui me nourrit
28:01la nuit
28:01avec un tuyau
28:03et un trou
28:03dans le ventre
28:05et
28:05ce que je trouve
28:07dommage
28:08c'est que
28:09les instances
28:10de la civile
28:11ne veulent pas
28:12reconnaître
28:12nos stigmates
28:13ne veulent pas
28:15reconnaître
28:15que
28:16s'il y a eu
28:17un non-lieu
28:17nous le non-lieu
28:19on ne l'aura pas
28:19Sylvain
28:20c'est pour vous
28:21la même chose
28:22vous ne pourrez
28:22tourner la page
28:23que si cet homme
28:25est retrouvé
28:26oui
28:26j'ai très envie
28:27qu'on mette un nom
28:28sur son visage
28:29au niveau de
28:30on est quand même
28:31un pays
28:32qui est fort
28:32de justice
28:33enfin c'est des
28:34des choses
28:35qui nous sont
28:36qui nous tiennent
28:37à coeur
28:37et qui
28:38d'un pays
28:38on est fort
28:39de ça
28:39donc moi
28:40j'estime
28:40que peu importe
28:41le parti
28:42aujourd'hui
28:42ça fait partie
28:43de nos priorités
28:44la sécurité
28:45la justice
28:46c'est commun
28:46à tous
28:47moi j'avais
28:48ma vie avant
28:49j'avais une carrière
28:50devant moi
28:50j'étais vraiment
28:52promise à pouvoir
28:53faire de belles choses
28:54une dépression
28:55qui vous
28:55qui vous accapare
28:57de l'insomnie
29:00vous êtes
29:00très honnêtement
29:02pas vraiment
29:03au courant
29:04de comment
29:04les recours
29:05que vous avez
29:06aussi
29:06parce que la police
29:07nous a pas vraiment
29:08accompagnés
29:10avec ça
29:10donc bon voilà
29:11et puis il faut se réinventer
29:13il faut déménager
29:13parce que bien évidemment
29:14c'est chez soi
29:16que ça se passe
29:16il faut se réinventer
29:17se reconstruire
29:18au niveau professionnel
29:19et puis faire face
29:21aux insomnies
29:21faire face
29:22aux migraines
29:24enfin moi personnellement
29:25j'ai un terrain
29:25où j'introvertis beaucoup
29:27j'ai l'air très pétillante
29:28comme ça à l'extérieur
29:29moi j'introvertis beaucoup
29:30donc voilà
29:31c'est des migraines
29:32du bruxisme
29:33des dents
29:34qui n'arrêtent pas
29:34de se casser
29:35qu'on me refait
29:36et puis
29:37le spectre professionnel
29:39et puis les stigmates
29:40sexuels
29:41je veux dire
29:42à un moment donné
29:43il faut aussi en parler
29:44je veux dire
29:45ça c'est toute une reconstruction
29:47et c'est tout
29:48un apprentissage
29:49nouveau
29:49qui font
29:51qu'on a toutes
29:51des vies
29:52qui sont chaotiques
29:53et qui le seront
29:54à vie
29:55merci
29:56merci franchement
29:58merci d'avoir trouvé
29:59la force
30:00de venir témoigner
30:01dans la version
30:02toujours
30:02merci à tous les 5
30:03merci
Commentaires

Recommandations