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  • il y a 7 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Alexandre Peyrout revient sur les questions qui font l’actualité avec Serge Papin, ministre des P.M.E, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat.

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Transcription
00:00– Absolument, bonjour à tous et bonjour Serge Papin.
00:04– Bonjour Alexandre Pérou.
00:05– Merci d'être notre invité ce matin dans les 4V.
00:07Alors avant de parler de ces chiffres sur la sécurité des jouets,
00:10chiffres inquiétants que vous venez nous dévoiler ce matin,
00:14on va parler de l'autre actualité de la nuit,
00:15c'est évidemment l'accord du Mercosur qui a été décalé,
00:19dont la signature a été décalée cette nuit au mois de janvier.
00:22C'est la présidente de la commission Ursula von der Leyen qui l'a annoncé.
00:25Est-ce que c'est une bonne chose ?
00:27– Écoutez, si l'accord a été décalé, c'est qu'il n'y a pas d'accord.
00:30Pour l'instant, le président de la République s'est exprimé,
00:32il a dit le compte n'y est pas.
00:34Et pourquoi le compte n'y est pas ?
00:35C'est parce que ce qu'on appelle les conditions miroirs,
00:40c'est-à-dire la réciprocité…
00:42– Les clauses miroirs, oui.
00:43– Clause miroirs, pardon.
00:44Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures.
00:47C'est-à-dire on ne peut pas demander des normes à l'agriculture française
00:50et à l'élevage français qui sont de respecter l'environnement,
00:54ne pas utiliser de pesticides dangereux,
00:56ne pas utiliser par exemple d'hormones ou d'antibiotiques dans l'élevage,
01:03alors même que les pays du Mercosur les utilisent.
01:07Donc il ne peut pas y avoir de poids.
01:08Il faut qu'on ait cette clause miroir, ce qui n'est pas simple,
01:11parce que ça veut dire que pour ces pays-là,
01:13qui vont exporter vers l'Europe, s'il y a l'accord,
01:16ça veut dire qu'ils aient deux types de production.
01:19C'est-à-dire qu'ils aient une production pour leur marché intérieur
01:21qui soit plus permissif et une production pour l'Europe
01:25qui respecterait nos normes.
01:27Donc pour l'instant, il faut qu'il y ait ces garanties-là.
01:30– D'accord, on a bien vu quand même que cet accord,
01:34ça a provoqué la colère des agriculteurs.
01:36À l'instant, votre collègue Maude Bréjon,
01:38la porte-parole du gouvernement,
01:40dit que le gouvernement ne tolérera plus aucun blocage sur les routes.
01:44Ça veut dire quoi ?
01:44Que les agriculteurs ont intérêt à très vite rentrer chez eux ?
01:47– Non, ça veut dire qu'il y a des enjeux…
01:48– Des menaces ?
01:49– Non, je ne crois pas qu'il y ait des menaces.
01:51Non, mais il y a des enjeux.
01:52Écoutez, on est à la veille des fêtes de Noël.
01:55Moi, je suis aussi ministre du Tourisme.
01:57J'ai eu des discussions, bien sûr,
01:59avec les responsables des stations, les maires des communes de montagne,
02:04que ce soit dans les Pyrénées, que ce soit dans les Alpes.
02:06Donc pour ces fêtes, écoutez, ça semble naturel
02:11que des gens veuillent se rendre dans des lieux de vacances.
02:15Il y a un enjeu économique, il y a un enjeu aussi pour les salariés,
02:19aussi des stations.
02:21Donc voilà, c'est cette question-là aussi qui est en jeu.
02:24– Alors, on en vient à cette étude que vous venez nous dévoiler ce matin,
02:27des chiffres exclusifs qui sont très inquiétants
02:30pour la santé des enfants français.
02:33À une semaine de Noël, la DGCCRF a mené une grande analyse des jouets,
02:37présents notamment sur les plateformes de e-commerce.
02:3990% d'entre eux, vous nous le dites ce matin, étaient non conformes.
02:44Pire, 60% de ces jouets seraient dangereux.
02:49Une question claire, est-ce que la semaine prochaine,
02:50les petits Français pourront jouer sereinement avec leurs cadeaux sous le sapin ?
02:54– Oui, non, mais ça confirme.
02:56Ça confirme que le modèle de ces plateformes,
02:59c'est le non-respect des normes.
03:01Alors, c'est d'autant plus dangereux quand il s'agit de jouer.
03:04– Alors, évidemment, moi, j'invite au discernement
03:08des parents qui ont acheté des jouets.
03:11Tous les jouets, d'ailleurs, qui ont fait l'objet de ce contrôle,
03:15ensuite, ont été détruits.
03:17Donc, ça, c'est une bonne chose.
03:19Par contre, si les jouets qui ont été achetés,
03:21il faut bien sûr dire aux parents, faites attention.
03:24Vous savez, je suis allé en voir des jouets.
03:26Il y a par exemple un plastique qui est destiné aux enfants,
03:29il est friable comme une chips, vous vous rendez compte ?
03:33– Est-ce que les enfants sont en danger ?
03:37– Ils sont classés dangereux.
03:40Alors, s'il y a de l'ingestion,
03:42il peut y avoir une ingestion de plastique toxique.
03:46– Mais est-ce qu'il n'y a pas un problème de contrôle
03:48si on se rend compte aujourd'hui que 60% des jouets
03:51sur les plateformes qui peuvent arriver chez nous en France
03:54sont dangereux ?
03:55Est-ce que l'État contrôle assez ce qui arrive sur notre sol ?
03:58– Il ne faut pas inverser la charge de la preuve.
04:01Ces plateformes doivent respecter nos normes.
04:05On ne va pas mettre un douanier derrière chaque livraison.
04:10C'est comme si on mettait un agent de la DGCCRF
04:14dans chaque magasin physique.
04:16Donc, c'est à eux de respecter.
04:19On a un code, vous savez, on est un État de droit,
04:21on a ce qu'on appelle un code de la consommation.
04:24Les mises en marché de produits sur notre territoire national
04:26doivent respecter ce code de la consommation.
04:28Ce qu'elles ne font pas aujourd'hui.
04:30– Quand on apprend cette semaine, selon un rapport parlementaire,
04:33que 82 colis sur 1 million venant d'Asie
04:37sont contrôlés à leur entrée dans l'Union européenne,
04:40est-ce qu'il n'y a quand même pas un problème de contrôle ?
04:42– Non mais, encore une fois, même si on contrôlait 100 fois plus,
04:46d'accord ?
04:48Alors, on va dire, ça ne ferait que 1% des contrôles.
04:51C'est impossible.
04:52Donc, il faut que ces plateformes-là,
04:56ce qui n'est aujourd'hui pas le cas,
04:59respectent nos normes et notre code de la consommation.
05:02Et si elles ne le font pas, il faut les suspendre.
05:06C'est aussi simple que ça.
05:08– Alors, justement, vous parlez de suspension,
05:10il y a le tribunal judiciaire qui doit rendre aujourd'hui
05:12sa décision concernant la suspension pour 3 mois
05:14de la plateforme chinoise Xi'in.
05:17suspension qui avait été demandée par le gouvernement
05:19après la découverte sur cette plateforme
05:21de poupées pédopornographiques.
05:23Qu'est-ce que vous attendez, vous, de cette décision ?
05:25– Et d'armes.
05:26– Et d'armes, effectivement.
05:27– Oui, alors, ce qu'on attend,
05:28c'est le juge qui prendra sa décision.
05:31Moi, j'attends clairement une suspension.
05:34Bon, s'il n'y a pas suspension,
05:38le combat va continuer.
05:39Évidemment, ça serait un signe important
05:42s'il y avait cette suspension, bien sûr.
05:44– Ces plateformes, elles se sont développées
05:47notamment par leur coût très peu élevé
05:49par rapport aux produits en France,
05:52aux produits « made in France ».
05:53Comment est-ce qu'on développe
05:55un « made in France » accessible aujourd'hui ?
05:57– Alors, il y a plein d'exemples,
06:00déjà, de « made in France » accessible.
06:02J'ai su aller visiter…
06:03– Pas assez selon les consommateurs.
06:05– Non, vous savez, il y a deux conditions
06:06pour qu'on puisse avoir du « made in France » abordable.
06:11Il faut, je crois, que les entreprises
06:13qui produisent soient productives,
06:16donc il faut qu'elles aient des outils
06:18qui soient modernes,
06:20et puis en même temps,
06:21il leur faut des volumes.
06:23Alors, on a une dynamique là
06:24qui est en train de se mettre en place.
06:26Vous parliez des jouets,
06:27donc on a parlé des jouets des plateformes.
06:29Moi, je vous parlais des jouets français
06:30qui sont produits, par exemple, dans le Jura.
06:33Je suis allé visiter Smobie.
06:35Smobie, c'est un exemple,
06:37il progresse d'ailleurs de 10%,
06:39ils vendent des jouets durables,
06:41accessibles,
06:42parce que, quand j'ai été frappé
06:44en visitant l'usine,
06:46il a des machines-outils,
06:48la robotisation,
06:49qui lui permet d'avoir des coûts
06:51de production très compétitifs.
06:53Et derrière, donc, il a les volumes.
06:55– Ça reste moins compétitif
06:56que les plateformes chinoises ?
06:57– Pareil, si, si, si, c'est comparable.
07:00Non, mais en prix, c'est comparable
07:01par rapport à ce qu'il fait.
07:02Je vais vous donner un exemple,
07:03il ne vend pas que des jouets,
07:04il vend des petits jouets,
07:05des petits sauts de plage.
07:06Vous voyez, l'été,
07:072,99€ à la vente.
07:09Donc, il est aussi compétitif.
07:11On fabrique des vélos.
07:12– Donc, c'est quoi ?
07:13Donc, c'est une question d'habitude
07:14de consommation, d'un peu de français ?
07:16– Oui, parce qu'on a laissé
07:17trop à penser
07:18que le Made in France,
07:20c'était des produits de niche,
07:22que c'était réservé à l'élite.
07:25Alors que là,
07:27vous savez, quand je suis allé voir
07:28au salon du Made in France
07:30qui s'est tenu il y a quelques jours,
07:33120 000 personnes
07:35sont venues visiter ce salon.
07:36Toutes les entreprises que j'ai vues
07:38m'ont dit,
07:39mais, monsieur le ministre,
07:40surtout, dites que les produits
07:43que l'on fait,
07:44c'est des produits
07:44pour le quotidien des Français.
07:45Donc, il faut qu'on change l'image.
07:47Et regardez,
07:48on fait des vélos en France
07:50qui sont aussi compétitifs
07:52que les vélos chinois
07:53à Mashkul,
07:55en Loire-Atlantique,
07:56par exemple.
07:57– Alors,
07:57l'autre actualité du jour,
07:59c'est cette commission mixte paritaire
08:00qui va débuter
08:02dans un peu plus d'une heure,
08:03maintenant,
08:04à l'Assemblée nationale.
08:05sept députés, sept sénateurs
08:06qui doivent se mettre d'accord
08:08sur le budget de l'État.
08:09La partie s'annonce très serrée.
08:10Est-ce que vous,
08:11vous y croyez ce matin,
08:13Serge Papin ?
08:14– Alors, d'abord…
08:16– Ça n'a pas l'air très enthousiaste.
08:18– Non, non, non, non.
08:18– Si, si, je vais vous dire.
08:19Je vais vous dire.
08:20Moi, j'ai vu beaucoup
08:21de chefs d'entreprise,
08:22y compris hier.
08:24Donc, ils ont besoin d'un budget.
08:28C'est…
08:28Bien sûr, on sait que ce budget,
08:30il est imparfait.
08:30On sait que ce budget,
08:31c'est un budget de compromis.
08:33Mais il nous faut un budget.
08:34Avoir un budget,
08:34c'est mieux,
08:35beaucoup mieux
08:36que de ne pas en avoir.
08:38– Il y en aura un,
08:38avec peut-être une loi spéciale.
08:40– Alors, il y a des points…
08:41Non, il y a des points de convergence.
08:43Moi, j'ai noté
08:43qu'il y avait des points de convergence
08:44entre les députés et les sénateurs.
08:48J'ai lu des choses
08:49de ce point de vue-là.
08:51Donc, on a des rapprochements
08:53qui peuvent se faire.
08:54J'espère que la CMP
08:55sera conclusive.
08:58J'espère qu'ensuite,
08:59il pourra y avoir un vote
09:00à l'Assemblée
09:01qui permettrait d'avoir un budget.
09:04Vous savez pourquoi c'est important
09:05aussi d'avoir un budget ?
09:06Il y a une reprise qui se profile.
09:08Je rappelle que la France
09:08a la plus grande croissance
09:10des pays d'Europe.
09:12On va finir l'année
09:12à plus 0,9.
09:14On fait trois fois
09:14la croissance de l'Allemagne.
09:16Et là, maintenant,
09:17on s'apprête à redémarrer
09:19l'année 2026.
09:20Les entreprises,
09:21elles sont prêtes
09:21à embaucher.
09:22Elles sont prêtes à investir,
09:24mais il leur faut un budget.
09:25Une dernière question,
09:26cherche Papin.
09:26Est-ce que si ce budget,
09:28il n'est pas adopté,
09:29s'il n'est pas voté,
09:30ça sera un échec
09:31pour Sébastien Lecornu ?
09:32Est-ce qu'il devra partir ?
09:33Non, ce n'est pas un échec.
09:35Ça sera un échec
09:36si ce n'est pas adopté.
09:37Non, non, attendez.
09:38L'échec,
09:39je vais vous dire une chose,
09:40il y a une loi spéciale
09:41qui est prévue,
09:41il faut bien qu'il y ait
09:42la continuité de l'État.
09:44Et on va perdre du temps,
09:46mais on rediscutera
09:47du budget en début d'année.
09:48Il faut bien que ce pays
09:49ait un budget.
09:50Et je rappelle
09:51qu'on a un demi-budget,
09:53on a le budget
09:54de la sécurité sociale,
09:56donc ça,
09:57c'est plutôt un succès.
09:58Merci beaucoup,
09:59Serge Papin,
09:59d'avoir été notre invité
10:00ce matin sur France 2.
10:01Je rappelle cette information.
10:02Merci à vous.
10:02Cette étude de la DGCCRF
10:04de 60% des jouets
10:06analysés sur les plateformes
10:07de e-commerce
10:07qui seraient dangereux
10:09pour les enfants.
10:10Johanna, Samuel,
10:11c'est à vous
10:11pour la suite de Télématin.
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