- il y a 6 semaines
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Amandine Bégot du 18 décembre 2025.
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00:0012h30, 14h, RTL midi, les auditeurs ont la parole, avec Amandine Bégaud.
00:09Et elle a eu cette journée d'extrême tension à Bruxelles.
00:13Plusieurs milliers d'agriculteurs, 10 000 au moins, sont réunis en ce moment même pour protester contre le Mercosur.
00:20Des agriculteurs bien décidés à faire pression sur les chefs d'État européens
00:25qui, eux, sont réunis en Conseil européen pour évoquer notamment ce traité avec l'Amérique du Sud.
00:33Manifestation, je vous le disais, extrêmement tendue qui en déçoit même certains participants.
00:38Mais ça, ce qui m'énerve, c'est ce que je m'enveille ici maintenant.
00:40Ça, ça m'énerve, j'ai une énergie.
00:42J'ai reçu une grenade ici, naturellement, j'ai un dans mon je-dou.
00:44Est-ce que vous voyez quelque chose ici qu'on fait de mal ?
00:47Vous êtes avec moi, est-ce qu'on fait quelque chose de mal ?
00:48Rien, on est ici en train de parler.
00:50Ça a commencé vers 10h. Pourquoi ? Je ne sais pas.
00:53Vous êtes venu comment, vous ?
00:54Moi, mon tracteur, il est là.
00:55Vous avez fait combien de kilomètres ? 45 kilomètres.
00:58Ça vaut le coup ?
00:58Il faut qu'on se monte, mais pas comme ça.
01:01Comme ça, je ne suis pas d'accord.
01:03À son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron, de son côté, l'a assuré.
01:08Pas question de signer ce traité en l'État.
01:10Le compte n'y est pas, dit le président français.
01:14L'autre grand titre du jour, c'est le verdict au procès de Frédéric Pécier.
01:19L'anesthésiste condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, reconnu coupable de l'empoisonnement de 30 de ses patients.
01:2712, on le rappelle, sont morts.
01:29Un échec, disait à l'instant sur RTL son avocat qui annonce son intention de faire appel de cette décision.
01:36Et puis, fin de cavale pour ce deuxième évadé de la prison de Dijon.
01:41Un jeune de 19 ans qui était activement recherché depuis le 27 novembre dernier.
01:46Il a été retrouvé ce matin à Marseille, dans un appartement de la Cité des Rosiers, dans les quartiers nord.
01:50La météo avec vous, Peggy.
01:53Une journée extrêmement douce.
01:54Est-ce que ça va se poursuivre demain ?
01:56Alors, les températures vont légèrement baisser, mais on sera toujours au-dessus des normales de saison.
02:008 à 13 dans la moitié nord l'après-midi, 13 à 16 dans le sud.
02:04Mais toujours 20 degrés à Ajaccio demain après-midi, exactement.
02:08Côté ciel, alors on aura deux zones pluvieuses.
02:10Une perturbation qu'on va retrouver de l'Aquitaine à la Champagne-Ardenne en passant par l'Île-de-France.
02:15Elle va se décaler dans la journée lentement pour gagner la Bourgogne et la Lorraine.
02:19Et on va retrouver des éclaircies sur la Bretagne et la Normandie.
02:22Et l'autre zone pluvieuse, ce sera des Cévennes à la Provence, avec des pluies qui vont se renforcer en journée.
02:27Ailleurs, ce sera un temps sec, mais souvent voilé.
02:31Et samedi et dimanche, malheureusement, ce sera gris quasiment partout,
02:34avec des pluies qui seront plus localisées samedi sur l'ensemble du pays, sauf sur les Cévennes où elles seront soutenues.
02:40Et dimanche, des pluies plus marquées sur l'est du pays, plus éparses dans l'ouest,
02:45et toujours des pluies soutenues dans le sud-est entre les Cévennes et la Provence.
02:49Vous nous parliez hier d'un possible retour du froid pour la semaine prochaine, ça se confirme ?
02:53Ça se confirme, les 24 et 25 décembre, les températures vont chuter.
02:57Cette fois, on sera sous les normales de saison.
02:59Ce ne sera pas du grand froid, mais on sera à 2-3 degrés sous les normales de saison.
03:02Merci beaucoup Peggy, il est 13h05.
03:04RTL s'engage pour redonner vie à nos centres-villes.
03:10Depuis le 1er décembre et jusqu'au 24, RTL cache chaque jour une valise RTL dans un centre-ville.
03:18Et aujourd'hui, la valise était cachée à Saint-Brieuc et on a deux gagnants, Vincent et Charlène.
03:23Bonjour à tous les deux.
03:25Bonjour.
03:26Bonjour.
03:26Bonjour et bravo d'abord.
03:30Racontez-nous.
03:31D'abord, vous vous connaissiez avant.
03:33Oui, nous sommes collègues de travail.
03:35On travaille tous les deux chez un bailleur dans le logement social, dans une agence de Saint-Brieuc.
03:41Et puis, moi, j'écoute RTL le matin en faisant au travail.
03:45J'ai entendu le premier indice de Louis Baudin que la valise se trouve à Saint-Brieuc.
03:48Puis, le second d'Olivier Daubert, notamment autour des voyageurs, de la tête de Lyon, du colombage.
03:56Et tout de suite, ça a fait tilt.
03:58En arrivant au travail, j'ai demandé à qui voulait bien me suivre d'aller à la chasse à la valise dans le centre-ville de Saint-Brieuc.
04:05Donc, sur votre temps de travail.
04:07Oui, tout à fait.
04:08Mais ça met en avant la cohésion d'équipe et puis l'entente qu'il existe aujourd'hui entre nos collègues au sein de notre travail.
04:21Bon, et elle a été difficile à trouver, cette valise ou pas ?
04:25Oui, oui, parce que dans le vieux centre-ville de Saint-Brieuc, vous savez, vous avez beau avoir l'indice au colombage et tête de Lyon,
04:31il y a pas mal de maisons à colombage et puis le griffon étant l'emblème de la ville de Saint-Brieuc,
04:38mélange d'un aigle et d'un mignon, il y a pas mal de griffons partout aussi.
04:41Et elle a été cachée où, finalement ?
04:44Elle était cachée à l'ancien hôtel des Ducs de Bretagne, dans la rue Fardel, à côté de la place Louis-Guilloux, en plein centre-ville de Saint-Brieuc.
04:53Et vous avez croisé d'autres personnes qui cherchaient dans le centre-ville ?
04:57Tout à fait, nous ne mettions pas les seuls sur l'affaire, comme on dit.
05:01Et puis, chacun est parti dans des directions différentes.
05:07Nous, on a la chance de reconnaître cet ancien hôtel.
05:12Et donc, ça fait-il.
05:14Et alors, à l'intérieur de la valise, qu'est-ce qu'il y avait ?
05:16Alors, à l'intérieur de la valise, on a aujourd'hui des bons d'achat d'entreprises locales,
05:23que ce soit des restaurants ou des partenaires d'hiver.
05:28On a aussi quelques bouquins de partenaires d'RTL, quelques goodies, des places de concert pour le Star 80.
05:38Donc, on s'appelle Star 80, quelques vinyles.
05:41L'idée étant, aujourd'hui, on est pour la semaine de Noël, de faire une grande tombola de Noël de notre agence,
05:47et ainsi, faire gagner l'ensemble de l'équipe.
05:51Ah oui, donc vous allez profiter.
05:52Vous avez emmené Charled avec vous, mais tout votre service va en profiter.
05:56C'est génial.
05:57Tout à fait, tout à fait, exactement.
05:59Oui, mais c'est sympa.
06:01Pour le coup, vous n'envisagiez pas de garder tout pour vous ?
06:04Non, non, tout à fait.
06:06Ça a été collectif.
06:08Bon, écoutez, super.
06:09Je disais l'autre jour, après je ne sais plus quel gagnant,
06:13RTL Ensemble, ce n'est pas qu'un slogan.
06:15Eh bien, vous nous le démontrez une fois de plus.
06:18Merci à vous, Vincent et Charlène, et encore un grand bravo.
06:21Demain, bien sûr, nouvelle valise dans un nouveau centre-ville.
06:25Et c'est Louis Baudin, dès 8h30, qui vous donnera la ville en question.
06:31Amandine Bégaud.
06:32RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
06:35Je pense que l'État devrait lancer une sorte d'aide, de solution qui permette aux Français de consommer français.
06:40Point barre.
06:41Si on commence à consommer du français, on va créer une spirale où les agriculteurs sont mieux rémunérés,
06:47les commerçants locaux aussi.
06:49Et de fil en aiguille, tout le monde sera dans la même dynamique.
06:53Et ça ne peut faire que du bien au pays.
06:55Et comme Sébastien, vous êtes nombreux à réagir à ce Mercosur qui suscite de nombreuses tensions.
07:02On l'a entendu à Bruxelles aujourd'hui.
07:05On a beaucoup entendu ces derniers jours et c'était bien normal.
07:07Les agriculteurs, je voulais aussi vous entendre, vous, consommateurs ou salariés d'un des secteurs
07:15qui pourraient profiter de ce traité.
07:17Parce qu'il y a un certain nombre de secteurs, et notamment celui du vin, des champagnes,
07:22mais aussi d'autres, qui attendent vraiment ce traité.
07:27Vous avez la parole et on va échanger.
07:29Appelez-nous au 3210.
07:30On commence avec un habitué.
07:31Bonjour Cédric.
07:33Bonjour Amandine.
07:34Vous allez bien ?
07:35Ça va, vous-même ?
07:36Ben oui, très bien.
07:37Vous, vous travaillez dans la grande distribution.
07:39Voilà.
07:40Cet accord, il est intéressant, important ?
07:44En fait, c'est paradoxal.
07:46Parce qu'il est important et intéressant, mais il est injuste.
07:51C'est-à-dire que je pense qu'il aurait fallu faire un Mercosur, mais par branche peut-être.
07:55Parce qu'aujourd'hui, effectivement, ceux qui vendent des automobiles, ça les arrange.
07:59Je connais, on ne va pas importer aujourd'hui des automobiles d'Argentine ou de Brésil, ça n'existe pas.
08:05Le vin, c'est pareil.
08:06Le vin, c'est pareil.
08:07Les viticulteurs, ils sont heureux d'aller exporter leur vin là-bas.
08:10Mais aujourd'hui, un agriculteur ou quelqu'un, un agriculteur qui fait de la viande, par exemple, il va exporter quoi là-bas ?
08:17Il ne va rien exporter du tout parce que là-bas, au fait, ils n'ont pas les mêmes normes que nous en Europe ou en France.
08:22C'est-à-dire qu'ils vont faire de l'élevage à grande échelle, ils vont nourrir leurs animaux aux protéines, etc.
08:27Tout ce qui est interdit chez nous.
08:28Donc, si vous voulez, l'agriculteur, lui, il est totalement lésé dans l'histoire.
08:33Et effectivement, le Mercosur, pour lui, c'est totalement injuste.
08:36Mais c'est le principe de tout accord, Cédric. Il y a des gagnants, des perdants, non ?
08:40Oui, mais alors, si vous voulez, je pense que la filière agricole en France, elle est perdante depuis un petit moment.
08:47Là, je pense qu'avec ce qui se passe actuellement, c'est leur mettre un coup de massue sur la tête.
08:51Je crois que c'est Sully qui disait que l'élevage et le labourage étaient les deux mamelles de la France.
08:57Enfin, je veux dire, les deux mamelles, pour l'instant, ça ressemble à des gants de toilette.
09:01Ce ne sont plus des mamelles.
09:02Je vais être honnête, on est en train de perdre notre agriculture.
09:04Et ce Mercosur, il va finir de tuer notre agriculture.
09:08J'en suis convaincu parce qu'on n'est pas sur les mêmes pieds d'égalité.
09:13C'est un peu comme si je me battais, moi, en poids coq contre un poids lourd.
09:17Je veux dire, il n'y a pas de...
09:18Ce n'est pas juste.
09:19Voilà, pour l'agriculture, ce n'est pas juste.
09:20Pour les viticulteurs, c'est très bien.
09:22Alors justement, Cédric, vous me faites la transition parfaite,
09:26puisqu'on va accueillir, et vous restez avec nous, un viticulteur.
09:28Bonjour Mathieu.
09:29Bonjour.
09:30Vous êtes viticulteur où ?
09:32En Champagne.
09:33En Champagne.
09:34Et vous, vous l'attendez de pied ferme, ce Mercosur ?
09:37Ce n'est pas qu'on attend de pied ferme.
09:39C'est un nouveau marché,
09:40sachant qu'on oublie que les États-Unis, Donald Trump, a taxé fortement les vins,
09:46plus une dévaluation de son dollar, ce qui a fait augmenter quasiment la bouteille de 30 %,
09:52donc avec une baisse des ventes.
09:55De l'ordre de combien pour vous, par exemple ?
09:57Alors, je ne peux pas vous dire, parce que moi, je ne suis pas, je suis seulement viticulteur, voilà.
10:03Donc, je ne suis pas vigneron, voilà.
10:06Donc, mais en tout cas, les ventes baissent, les ventes baissent fortement,
10:11et il ne faut pas oublier que la viticulture emploie des centaines de milliers de personnes en France, voilà.
10:15Donc, c'est un nouveau marché.
10:18Mais alors, il n'y a pas que la viticulture qui est gagnante.
10:20Les fromagers, les produits laitiers vont être gagnants également.
10:24Les grands perdants, on oublie, la plupart du temps, ça va être les sucriers, les betteraviers,
10:29parce que c'est vrai que la mer du Sud produit énormément de sucre, voilà.
10:34Dans les gagnants, il y a aussi les producteurs d'huile, je crois ?
10:37Voilà. Alors après, il faut arrêter de faire un bashing sur l'agriculture, vous savez.
10:41On a l'impression que tout est misérable.
10:42Donc, dans l'agriculture, je connais des gens, des fois, ils travaillent sur du qualitatif,
10:47et ils peuvent aller sur des marchés aussi concurrents.
10:49Parce que vous avez des consommateurs qui vont peut-être être attachés,
10:52nous, par exemple, en viticulture, dans les pays nordiques,
10:53ils sont très attachés à la politique environnementale.
10:56Vous trouvez qu'on tape trop sur ce Mercosur ?
11:00Vous savez, sincèrement, moi, je n'ai pas lu le document.
11:04Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui parlent,
11:05il y a aussi beaucoup de politiques qui sont des manipulateurs, voilà.
11:08Je vous le dis en toute honnêteté, la coordination rurale est quand même,
11:12sous le joug du Rassemblement National, voilà.
11:15Donc, ils manipulent, mais ils ne proposent rien.
11:18Par exemple, dans la viticulture, on n'a rien entendu,
11:20le Rassemblement National, nous défendre concernant les augmentations de droits de douane
11:24sur le vin, voilà, aux États-Unis.
11:27Donc, je crois que c'est un jeu de dupe, voilà.
11:30Alors, comme vous l'avez dit, je crois précédemment,
11:31il y a à la fois des gagnants et des perdants.
11:34C'est comme quand on négocie, on achète une voiture,
11:37on passe un contrat, on passe un accord.
11:41Alors, c'est vrai que je plains aussi les personnes,
11:43mais je pense qu'au-delà du sujet, il faudrait se rendre compte du réchauffement climatique.
11:48Par exemple, ce qui se passe, les troupeaux,
11:50c'est ce qui se passe en Afrique du Nord,
11:52et aujourd'hui, ça arrive chez nous avec le réchauffement climatique.
11:54Mathieu, je sais que votre temps est compté,
11:56on va faire une toute, toute petite pause,
11:58et si vous voulez bien, on se retrouve dans un tout petit instant,
12:02et je voudrais vous entendre encore et vous faire réagir avec Cédric notamment.
12:05A tout de suite.
12:06Contactez-nous gratuitement via l'appli RTL ou au 3210.
12:09...santé, attention à l'abus d'alcool.
12:13Amandine Bégaud, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
12:17Il est 13h16 sur RTL, dans quelques minutes, on va parler de Noël.
12:22On est à une semaine pile, et l'angoisse des repas en famille,
12:27souvent source de conflits, quels sont les sujets à éviter,
12:31est-ce que vous avez des conseils, des trucs, des astuces,
12:34est-ce que vous êtes déjà arrivé d'avoir un gros clash lors d'un repas de Noël ?
12:39J'attends vos témoignages et vos conseils au 3210,
12:43mais pour l'heure, on parle de ce Mercosur,
12:44ce traité avec l'Amérique du Sud, entre l'Europe et l'Amérique du Sud,
12:49qui provoque de vives tensions à Bruxelles.
12:53Conseil européen, les chefs d'État et de gouvernement sont réunis,
12:55justement, pour en débattre.
12:57Et dans le même temps, 10 000 agriculteurs sont à l'extérieur en train de manifester,
13:01une manifestation d'ailleurs sous tension.
13:03Mathieu, vous êtes toujours avec nous, vous êtes viticulteur,
13:06vous nous disiez, ce traité, on l'attend, en tout cas,
13:10il peut aussi aider notre filière.
13:12La filière viticole, il faut le rappeler, qui va mal.
13:15Oui, les ventes de vin, nous en Champagne,
13:19on exporte plus de 50% de notre production à l'export.
13:23Et avec les Etats-Unis et ces droits de douane qui ont augmenté,
13:27ça fait un marché en moins ?
13:28Le marché des Etats-Unis, c'est un marché énorme, oui.
13:32Et un marché de valeur en plus.
13:34Les bouteilles que vendues sont des bouteilles qui sont à un certain prix.
13:38Denis est aussi avec nous, Mathieu, vous allez pouvoir échanger.
13:44Denis, bonjour.
13:45Bonjour.
13:46Vous êtes artisan, c'est la première fois que vous nous appelez.
13:49Vous nous appelez d'où ?
13:50Je vous appelez du Ménéloir.
13:52Eh bien, écoutez, bienvenue sur RTL,
13:53on est ravis de vous accueillir dans la grande famille des auditeurs.
13:57Vous avez entendu le témoignage de Mathieu,
13:59cette filière viticole qui attend ce traité.
14:02Vous, vous êtes contre le Mercosur ?
14:05Je suis contre le Mercosur, sachant que moi, je parle plutôt des petits producteurs de viande,
14:09de volailles, etc.
14:11Nous, dans le Ménéloir, on est entouré de vignes.
14:13Comme tout le monde le sait, c'est vrai que mes confrères,
14:16mes confrères artisans, producteurs, viticulteurs,
14:20tous les gens qui me mettent en bouteille ici,
14:22je ne les ai pas consultés avant mon appel, bien sûr.
14:24Mais moi, je suis là surtout pour prôner un petit peu la parole des agriculteurs
14:29qui, effectivement, aujourd'hui, vont monter sur les grandes villes pour manifester.
14:32On entend dire dans les sondages que 52% des Français sont derrière les agriculteurs,
14:37mais est-ce qu'ils vont vraiment se poser la question
14:38et de quelle manière on peut promouvoir, en fait, cette parole
14:42de ces petits producteurs qui vont être mis à mal ?
14:44Ce que vous dites, c'est-à-dire que c'est aux consommateurs aussi d'agir et de les soutenir ?
14:49Oui, tout à fait.
14:49Parce qu'à Noël, comme vous le disiez au préalable,
14:52pour les fêtes de Noël, on va s'organiser pour le fondamental
14:56et pour les conversations qu'il faudra établir avec nos convives.
15:00Mais il faudra aussi se poser la question de savoir ce que l'on va manger.
15:04Donc, je pense qu'un bon chapeau de Bresse, bien de chez nous,
15:07non piqué aux protéines ou aux hormones,
15:09sera beaucoup mieux ou non gonflé avec des seringues d'eau
15:11pour augmenter le poids de la viande.
15:14Ce sera quand même le bienvenu sur notre table,
15:17plutôt que d'avoir des produits frelatés et modifiés génétiquement, etc.
15:22et dont on ne connaît pas, en fait, la qualité de production
15:26puisqu'ils vont être fabriqués et élaborés en Amérique du Sud,
15:29en bonne entente dans tous ces pays-là,
15:32la Bolivie, l'Uruguay, l'Argentine, etc.
15:35C'est déjà le cas aujourd'hui.
15:37On pèse un blanc de poulet sur un poulet qui pèse 3 kg ou 2,5 kg.
15:41On ne peut pas avoir des blancs de poulet qui font 600 grammes chacun.
15:44Ce n'est pas possible.
15:46Si on achète ce type de produit-là et si on consomme ce type de produit-là,
15:49je pense que Jimmy Mohamed nous parlera d'ici quelques temps,
15:53le matin, à la matinale,
15:55qu'effectivement, les Français sont malades comme les Américains
15:57parce qu'on va finir par bouffer de la merde, excusez-moi du peu.
16:02Vous avez raison et de parler librement, ça a le mérite d'être clair.
16:05Mathieu, vous aussi, vous en appelez à la responsabilité du consommateur ?
16:10De toute façon, le dernier arbitre, c'est le consommateur.
16:13Moi, je suis désolé, quand j'achète ma viande,
16:14je regarde, je retourne les étiquettes, je vois l'origine.
16:17Alors, c'est vrai que c'est compliqué parce qu'il y a des origines Europe.
16:20Il y a des poulets, par exemple, en France qui circulent
16:22et qui vont être abattus dans des usines abattoirs, etc., de transformation.
16:27Mais après, moi, je connais des éleveurs qui font du qualitatif,
16:31de la viande vraiment très qualitative,
16:33qui fournissent à des restaurateurs, etc.,
16:35et qui vendent très bien leurs bêtes.
16:37Et donc, c'est toute une histoire de qualitatif.
16:40Et c'est plus cher ou pas, forcément, quand même, Mathieu ?
16:42Oui, mais c'est ce qu'on appelle un marché.
16:45Je dirais, dans le vin, quand vous achetez un château Margaux,
16:50vous savez très bien que la bouteille, vous ne l'aurez pas à 10 euros.
16:53Merci beaucoup, Mathieu, pour votre témoignage.
16:56Je sais que votre temps est compté.
16:57Denis, restez avec nous.
16:58Cédric, juste un petit mot des consommateurs,
17:01puisque vous, vous travaillez dans le secteur de la grande distribution.
17:03Il y a eu des efforts, de fait, dans la grande distribution,
17:06ces dernières années, avec un étiquetage,
17:09mais il y a encore beaucoup à faire.
17:11C'est vrai que, quand on voit écrit « Europe »,
17:14on ne sait pas forcément d'où ça vient.
17:17Et puis, il y a toujours cette guerre des prix dans la distribution
17:19qui fait que le consommateur,
17:22on le conduit aussi à être attiré vers le moins cher
17:25et pas forcément le meilleur.
17:27Mais après, en fait,
17:28alors, moi, je suis dans le secteur de la grande distribution,
17:31mais je suis dans une enseignée un peu particulière
17:32où la majorité de nos viandes sont françaises.
17:34Par contre, moi, j'aurais aimé demander à Mathieu,
17:38je crois que c'était,
17:39parce qu'en fait, on entend tout le monde parler.
17:42Et quand on entend tout le monde parler,
17:43ou sur les réseaux,
17:44moi, je vais chez l'agriculteur,
17:45moi, j'achète français,
17:46mais ce n'est pas vrai.
17:46Ce n'est pas vrai.
17:47Sinon, il ne serait pas dans la panade
17:48dans laquelle il se trouve aujourd'hui.
17:50Et moi, j'aimerais lui demander
17:51si un petit malin comme moi, demain,
17:53il décide de s'installer en Argentine
17:54et d'aller faire du champagne
17:56et de produire ça à vitesse grand V,
17:58parce que je peux me le permettre,
17:59et de vendre des brouteilles à 3,99,
18:01est-ce qu'ils vont être pour le Mercosur, ces gens-là ?
18:04Mathieu, bien sûr.
18:07C'est exactement ce qui se passe pour les agriculteurs.
18:08Attendez, Mathieu, allez-y.
18:10Monsieur ne doit pas connaître,
18:12le champagne est une marque déposée,
18:14délimitée avec un secteur.
18:15Aucune personne dans le monde ne fait du champagne.
18:18Mais il devrait savoir que,
18:19même en Argentine, on fait du mousseux.
18:21Oui.
18:21Voilà.
18:22Donc, après, les gens ont le choix.
18:25En France, il n'y a pas que du champagne.
18:28Vous avez du crément d'Alsace.
18:29Dans l'Anjou, on fait du vin pétillant, du mousseux.
18:33Après, c'est le consommateur qui décide.
18:36Mais nous, on est protégés.
18:37On a déposé notre marque.
18:39Voilà.
18:39Et donc, vous voyez, même le nom champagne,
18:42vous n'avez pas le droit de l'utiliser, vous.
18:43Oui, on se souvient du scandale
18:45avec le parfum qu'ils appelaient champagne.
18:47Voilà.
18:48Non, mais je suis bien d'accord avec ça.
18:49Je connais la réglementation.
18:51Je n'ai pas de souci avec ça.
18:52Moi, ce que je veux dire par là,
18:53c'est est-ce que vous, vous trouvez normal
18:55qu'aujourd'hui, on puisse avoir des fermes
18:58avec des milliers de vaches au Brésil,
19:00avec une agriculture intensive,
19:03est-ce que vous trouvez normal
19:04que ces gens-là exportent chez nous
19:06et que nous, on n'est pas le droit de le faire en France
19:09pour exporter chez eux ?
19:10Est-ce que vous trouvez ça normal ?
19:12Alors là, vous trompez, on peut exporter.
19:15Non, vous n'avez pas compris.
19:16Nous, on ne peut pas se permettre de produire
19:18de la même manière qu'eux.
19:19Donc, on ne peut pas exporter chez eux.
19:21Oui, mais on en revient toujours aux consommateurs.
19:25Vous êtes dans la distribution, le consommateur.
19:27Je suis désolé, quand vous vendez des nuggets,
19:29vous savez très bien ce qu'il y a dedans,
19:31dans les nuggets.
19:32Il n'y a pas beaucoup de liens.
19:33Bon, ben alors, après, les gens,
19:35ils vont se ruer sur des nuggets.
19:37Il y a nuggets chez le boucher,
19:39nuggets chez le restaurateur,
19:40le nuggets de distribution,
19:41le nuggets chez McDo ou d'une autre marque.
19:45Il y a aussi peut-être une éducation
19:47à faire du consommateur.
19:49Moi, je trouve que le problème
19:51que vous n'évoquez pas assez,
19:52c'est qu'on a des gros problèmes
19:54avec le réchauffement climatique en agriculture.
19:56L'élevage, par exemple,
19:57vous voyez ce qui arrive,
19:59cette angoustique,
20:02ça existe en Afrique du Nord.
20:05Avec le réchauffement.
20:06Nous, en Champagne, personne ne le dit.
20:08On a des problèmes de flavescence dorée.
20:11Et vous voyez, on n'a même pas de débat.
20:12On a une injonction.
20:13Quand le pied est marqué,
20:14une injonction préfectorale.
20:16On doit arracher sous couvert,
20:18sinon, d'une amende très élevée.
20:21Voilà.
20:23Et puis, d'une peine de prison.
20:25C'est écrit sur le document.
20:26Mais on n'a pas le choix.
20:28Et ça, ce sont les conséquences
20:29du réchauffement climatique.
20:31Ah, ça, je ne peux pas vous dire.
20:32Mais c'est quelque chose
20:33qui prend de l'ampleur.
20:34Là, les chiffres viennent de sortir
20:35de la part d'un organique
20:36qui s'appelle le CIVC.
20:38Il y a des zones totalement infestées.
20:40Il va falloir arracher peut-être
20:41des dizaines,
20:42peut-être pas des dizaines d'hectares.
20:44Mais il n'y a pas le choix.
20:45De toute façon,
20:46si vous n'enrayez pas,
20:48vous contaminez toute une zone.
20:49Toute une zone.
20:51Je voudrais qu'on accueille aussi Jean-Luc.
20:52Bonjour Jean-Luc.
20:53Oui, bonjour.
20:54Vous êtes ancien agriculteur.
20:56Vous nous appelez d'où ?
20:57Moi, je suis à Cantaloup,
21:00mais je suis en Charente.
21:01Vous entendez nos discussions
21:03autour de ce Mercosur
21:04depuis tout à l'heure.
21:05Vous en pensez quoi, vous ?
21:07Moi, je trouve...
21:08J'ai bien aimé l'auditeur
21:11qui travaille dans la grande distribution.
21:14Cédric ?
21:15Voilà, Cédric.
21:17Autre auditeur sur la véticulture,
21:19bon, un peu...
21:20Déjà, je n'ai pas du truc
21:22quand on parle des gens
21:25qui sont affiliés au RN.
21:27Qu'on laisse tomber tout ça
21:28parce que le combat...
21:29Non, mais ce n'est pas ce que disait...
21:31Pardon, ce que disait Mathieu ?
21:33Ce que disait Mathieu ?
21:34Ce sont des gens qui sont pilotés par le RN.
21:38Ce n'est pas vrai.
21:38Non, il n'a pas dit ça.
21:39Il a dit que certains partis...
21:40Pardon, et je me fais son avocate,
21:42mais que certains partis
21:44instrumentalisaient
21:46la crise et le désespoir
21:47des agriculteurs.
21:48Oui, mais il a parlé du RN
21:50à la CR.
21:51Moi, c'est quelqu'un...
21:53Mon fils est à la CR.
21:55Et je rencontre plein de gens
21:56parce que moi,
21:56je suis un ancien agriculteur.
21:57Mais vous n'avez pas le sentiment
21:58que le Rassemblement national,
21:59par exemple,
22:00instrumentalise un peu cette crise ?
22:02Pas du tout.
22:03Je veux dire,
22:03à un moment,
22:03on ne parle même pas...
22:04Quand on est sur les rassemblements,
22:06voilà,
22:06on parle de solidarité.
22:09On n'en a rien à foutre
22:10que ce soit la gauche,
22:10la droite.
22:11Nous, on veut que ce soit
22:12tout le monde
22:12qui soit rallié à ça.
22:14On n'en a pas.
22:15Après, c'est les débats de clochers
22:16entre syndicats.
22:17Mais nous,
22:17ça ne rentre pas
22:18en ligne de compte.
22:19Moi, j'étais avec des jeunes
22:20agriculteurs qui étaient avec nous,
22:22qui sont venus,
22:22qui étaient jeunes agriculteurs
22:23qui sont passés à la CR.
22:25Mais voilà,
22:26il n'y a pas tout ça.
22:27Le Mercosur,
22:27après,
22:28qui est des marchés.
22:29Des marchés,
22:30bien sûr,
22:30il en faut,
22:31je veux dire,
22:31dans le monde où on vit,
22:32il en faut.
22:33Mais on ne peut pas
22:33sacrifier
22:35nos éleveurs
22:37pour vendre des voitures,
22:39je veux dire.
22:40Voilà.
22:41Le marché de la voiture,
22:42c'est un marché de la voiture.
22:43Bien sûr qu'il faut
22:44démarcher comme ça.
22:45Mais on n'a pas le droit
22:47de sacrifier l'élevage.
22:49On n'a pas le droit de...
22:50Ce n'est pas possible,
22:50je veux dire.
22:51C'est deux choses différentes.
22:52Là,
22:53on est en train
22:54de sacrifier l'élevage.
22:55Mais on ne peut pas,
22:56on ne peut pas,
22:57en France,
22:57on ne peut pas apporter
22:59des produits
22:59que nous,
23:00on n'a pas le droit
23:01de produire,
23:01que nos enfants
23:02qu'on est ferme
23:03n'ont pas le droit
23:03de produire.
23:04Je ne sais pas,
23:05c'est du bon sens,
23:06on n'a même pas
23:06des discussions à voir.
23:09Sinon,
23:09on les produit,
23:10on va en prison,
23:10je veux dire.
23:11Sinon,
23:11on produit la même chose,
23:13on va en prison.
23:15Sinon,
23:15on a une descente chez nous,
23:16on va en prison,
23:17on n'a pas le droit
23:18de les produire.
23:19Et par contre,
23:20on a le droit
23:20de les vendre chez nous,
23:20on a le droit
23:21de les vendre dans nous.
23:21Mais je ne sais pas,
23:23c'est du bon sens.
23:24Merci beaucoup Jean-Luc.
23:26Je voudrais juste
23:26donner la parole aussi
23:27à Sébastien
23:28avant qu'on change
23:29de sujet.
23:30Bonjour Sébastien.
23:32Bonjour Amandine.
23:32Vous nous appelez d'où ?
23:34De l'Hérault,
23:35de Montpellier.
23:36Je vais vous laisser
23:37clôturer ce débat,
23:38si vous voulez.
23:39Très rapidement,
23:40parce que c'est vrai
23:40que j'entends
23:41tous les auditeurs
23:42passer à l'antenne
23:43et c'est vrai
23:44que c'est très intéressant.
23:46Et pour aller rapidement,
23:47je suis d'accord
23:47avec Cédric
23:47dans le sens
23:48où ça rejoint mes propos.
23:50C'est-à-dire que je pense
23:51qu'il faut un Mercosur
23:52à différents niveaux
23:53qui permettent
23:55des avantages
23:55de notre côté
23:56et autant de l'autre côté aussi.
23:58Pour ce qui est de Mathieu,
24:00bon,
24:01les vignobles,
24:01je suis d'accord.
24:03Il peut y avoir
24:03peut-être des soucis,
24:04mais sachez
24:05qu'on va très vite
24:06se faire rattraper
24:07par des sortes
24:09de répliques
24:09de champagne,
24:10entre guillemets,
24:11qui ne s'appelleraient pas
24:12champagne,
24:12mais autres,
24:13et du coup,
24:14qui seraient déposées
24:15dans nos rayons.
24:16Et étant donné
24:17que nous,
24:17on a une qualité de vie
24:18où des personnes
24:20n'ont pas forcément
24:21les moyens
24:21de s'acheter du champagne
24:23parce que malheureusement,
24:24c'est cher
24:24et qu'on ne leur donne
24:25pas aussi les moyens
24:26de pouvoir se le payer,
24:27et du coup,
24:28ils achèteront toujours
24:29des produits venant
24:31du Mercosur
24:31ou ailleurs.
24:32Et pour finir,
24:33le Mercosur,
24:34pour moi,
24:34c'est la partie visible
24:37de l'iceberg,
24:38c'est-à-dire qu'il y a
24:38un mal-être,
24:39et on le sait,
24:40chez les agriculteurs,
24:41il y a un taux de suicide
24:41important,
24:42énorme,
24:43ce n'est pas possible.
24:44et je ne comprends pas
24:46pourquoi l'État
24:48ne crée pas
24:49une dynamique
24:49pour permettre
24:51à nous,
24:51Français,
24:52de pouvoir consommer
24:53Français,
24:53tout simplement.
24:54Merci beaucoup,
24:55Sébastien,
24:56et merci à tous,
24:57Jean-Luc,
24:58Cédric,
24:58Denis,
24:59Mathieu.
25:01Merci pour ces échanges
25:03constructifs,
25:03vous avez tous eu la parole,
25:05même si vous n'étiez pas
25:05du tout d'accord.
25:08Jean-Alphonse Richard
25:08a fait son entrée
25:09dans ce studio.
25:10Bonjour Jean-Alphonse.
25:10Bonjour Amandine.
25:11L'heure du crime,
25:12c'est à 14h,
25:13et le programme,
25:13vous nous le donnez
25:14juste après ça.
25:16Jusqu'à 14h,
25:17RTL midi,
25:18les auditeurs ont la parole.
25:21Soir, 18h,
25:23Amandine Bégaud,
25:24RTL midi,
25:25les auditeurs ont la parole.
25:27Bientôt 13h32 sur RTL.
25:29Dans un instant,
25:30on va parler
25:30de cette mobilisation
25:31des médecins
25:32qui sont appelés
25:33à carrément abandonner
25:35leur cabinet,
25:36leur clinique
25:36en tout début
25:38d'année prochaine
25:39pour un mouvement
25:41historique
25:41pour protester
25:43contre un certain
25:44nombre de choses.
25:44On va en parler
25:45dans un instant.
25:45Et puis à 14h,
25:46l'heure du crime,
25:47coche chaque jour
25:47avec vous,
25:48Jean-Alphonse Richard.
25:49Et Jean-Alphonse,
25:50vous nous emmenez
25:50aujourd'hui en Corse
25:51avec un fils
25:52qui a tué
25:52toute sa famille.
25:53Oui,
25:53c'est extrêmement rare
25:54d'ailleurs dans
25:55l'histoire criminelle.
25:56C'est une affaire
25:56qui avait défrayé
25:57la chronique
25:58et qui continue
25:58à la défrayer
25:59parce que c'est une histoire
26:00qui garde encore
26:01tous ses secrets.
26:01C'était en Corse
26:02à l'été 2009.
26:04Andy,
26:05il a 16 ans,
26:05il se lève
26:06en pleine nuit
26:07comme ça,
26:07il ne sait pas pourquoi.
26:09Il sort de son lit,
26:10il va chercher
26:10le fusil de son père
26:11et puis il va tuer son père,
26:12il va tuer sa mère,
26:13il va tuer ses frères jumeaux
26:15qui ont 10 ans
26:16au fusil de chasse.
26:17Alors il se souvient de tout,
26:19Andy,
26:19il est rapidement arrêté,
26:21mais il est incapable
26:22de dire ce qui s'est passé.
26:23Les psychiatres
26:24vont défiler
26:25au moins une dizaine
26:26des rapports,
26:27des contre-rapports,
26:28des expertises,
26:28des contre-expertises
26:29et puis toujours,
26:31c'est incroyable,
26:32mais il y a cette question
26:32qui subsiste.
26:33Est-ce qu'Andy,
26:34il est vraiment dérangé
26:36psychologiquement
26:36ou bien
26:37est-ce que c'est un tueur
26:38de sang-froid
26:39qui serait en train
26:40de manipuler tout le monde
26:41en disant que ça allait pas ?
26:43Impossible de le dire.
26:45C'est ce qui fait
26:45de cette histoire
26:46un immense secret
26:47qui perdure aujourd'hui.
26:48On l'entendra
26:48un des psychiatres
26:49qui est notre invité
26:50aujourd'hui,
26:51le docteur Laillet.
26:52Andy,
26:52la nuit du fils meurtrier,
26:55l'heure du crime,
26:56c'est à 14h.
26:57Merci beaucoup Jean-Alphonse
26:59et on sera là
27:00bien sûr à 14h,
27:01il est 13h33.
27:04Jusqu'à 14h,
27:06les auditeurs
27:07ont la parole.
27:08Amandine Bégaud
27:08sur RTL.
27:10Et je voulais
27:11qu'on s'arrête
27:11à présent,
27:12enfin vous vouliez,
27:13c'est vous qui avez réagi,
27:14qu'on s'arrête
27:15sur cette mobilisation
27:16annoncée des médecins libéraux,
27:17les médecins spécialistes
27:19notamment,
27:19qui annoncent
27:19un mouvement historique
27:21pour le début
27:22du mois de janvier,
27:24appelé à partir
27:25pendant plusieurs jours
27:26en Belgique.
27:28Bonjour Denis.
27:29Bonjour Amandine,
27:30merci de me recevoir.
27:32Mais merci à vous
27:32de nous appeler,
27:33vous êtes médecin,
27:34chirurgien,
27:35c'est ça ?
27:36Oui, oui,
27:36tout à fait,
27:37je suis chirurgien urologue
27:38libéral et je voulais
27:41expliquer aux gens
27:42parce qu'ils ne comprennent pas,
27:43on passe toujours
27:44pour des nantis,
27:46mais si on compare
27:47à ce qui se passe
27:48dans les autres pays européens,
27:49on est loin d'être
27:50dans ce cas-là.
27:51Juste,
27:51vous allez,
27:52pardon Denis,
27:52je vous coupe,
27:53vous allez partir
27:54en Belgique
27:55pendant plusieurs jours,
27:56c'est prévu ?
27:57Oui, oui,
27:57tout à fait,
27:58là on est en train
27:59de s'organiser,
27:59on est 60 chirurgiens
28:02anesthésistes
28:03dans l'établissement
28:03privé dans lequel je travaille,
28:05on a une réunion
28:05ce soir pour s'organiser
28:07parce que bien entendu
28:08il faut qu'on parte
28:09avec une clinique vide,
28:10donc il faut qu'on anticipe
28:11toutes les dernières interventions
28:13et les possibles complications
28:15qu'on peut avoir
28:16avec nos patients,
28:17qu'on doit bien sûr assumer,
28:18mais après l'établissement
28:19sera vide.
28:20D'accord,
28:20et alors l'objectif c'est quoi ?
28:21Qu'est-ce qui vous met en colère ?
28:23Non mais écoutez là,
28:25le PLS c'est clairement
28:26une attaque frontale
28:27de la médecine libérale,
28:28ils attaquent tout,
28:29le secteur 1,
28:30ils perdent de la liberté
28:31d'installation,
28:33vous n'imaginez pas
28:33la qualité,
28:34la dégradation
28:35de la qualité du travail
28:36des médecins en secteur 1,
28:38aujourd'hui les arrêts de travail
28:39c'est une grosse galère,
28:41maintenant on va limiter
28:41les arrêts de travail
28:42à 15 jours,
28:43imaginez un médecin de campagne
28:45qui pose une attelle
28:45plâtrée à un patient
28:47qui a une entorse,
28:4845 jours d'arrêt de travail,
28:49il aura pas l'air de faire
28:50plus de 15 jours,
28:51il va faire comment ?
28:52Vous allez sur le site internet
28:53pour faire l'arrêt de travail
28:54parce qu'on nous donne
28:56en toute petite quantité,
28:59il faut aller sur le site internet,
29:00ça plante à chaque fois,
29:02une fois qu'on a fini
29:03par remplir et trouver
29:04la réponse exacte
29:05à la pathologie,
29:06parce que ce sont des menus
29:07déroulants épouvantables,
29:09vous cliquez sur envoyer
29:10et là comme par hasard
29:11après 5 minutes
29:11de manipulation,
29:12c'est la MGEN
29:13qui prend pas
29:14les formulaires internet
29:15donc il faut retrouver
29:16un formulaire papier
29:17et c'est comme ça
29:18sans arrêt.
29:18Mais alors pour vous,
29:19chirurgien urologue ?
29:21Parce que donc je...
29:22Nous, secteur 2,
29:23secteur 2,
29:24moi je suis en secteur 2,
29:25il faut que les gens sachent
29:26que le secteur 2,
29:27le tarif de la consultation
29:29d'un chirurgien
29:30BAC plus 12
29:31en secteur 2,
29:33c'est passé de 140 francs,
29:35c'est-à-dire 21,50 euros
29:36en 30 ans
29:37à 23 euros.
29:39En 30 ans ?
29:401,50 euros
29:42d'augmentation.
29:43Exactement.
29:44Vous regardez
29:44les classements du point
29:45aujourd'hui.
29:46A chaque fois qu'il y a
29:47de la chirurgie,
29:48on parle de chirurgie robotique.
29:50Pour la première fois
29:50cette année,
29:51notre établissement
29:52n'est pas classé.
29:53Pourquoi ?
29:53Parce que comme la chirurgie
29:55robotique,
29:55ça coûte 650 euros
29:57d'utiliser l'appareil,
29:59plus 3 heures d'aide opératoire
30:00à 80 euros
30:01l'aide opératoire,
30:02plus 10% de redevances
30:04à la clinique,
30:05ça fait un coût
30:06de 900 euros minimum
30:07pour opérer au robot.
30:08Donc toutes les chirurgies
30:09que je peux faire
30:10sans robot
30:10parce que techniquement
30:12je peux encore les faire
30:13avec des très bons résultats,
30:15je les fais sans robot
30:16parce que sinon
30:16je suis obligé
30:17de demander 1000 euros
30:18aux patients.
30:19Voilà où on en est.
30:20Donc on limite
30:21l'activité chirurgicale
30:22robotique
30:23au simple cancer de prostate,
30:25cancer du rein,
30:26cancer de vessie
30:27parce que le reste
30:27on ne peut pas
30:28et pourtant ça fait partie
30:29des critères de qualité.
30:31Tout est comme ça.
30:32Mais Denis,
30:32par exemple,
30:33vous pratiquez,
30:33j'imagine,
30:34des dépassements d'honoraires
30:35dans votre clinique,
30:35non ?
30:36Mais je n'ai pas le choix.
30:37Alors quand j'entends
30:38M. Monnet
30:38et M. Vigier
30:39qui insultent
30:40le secteur 2
30:41alors que si je faisais
30:42du tarif secteur 1,
30:44je gagnerais
30:44entre moins 200 euros
30:45sur une chirurgie
30:46au robot
30:47et plus 10 euros.
30:49Voilà ce que je gagnerais
30:50si je n'avais pas
30:50de secteur 2.
30:51Sur une circoncision,
30:53madame.
30:53Pardon,
30:53ce qui est important Denis,
30:54vous avez commencé
30:55comme ça d'ailleurs
30:56en disant
30:56les gens pensent
30:57que nous sommes des nantis.
30:58un chirurgien,
31:01vous êtes d'accord avec moi,
31:02il gagne plutôt bien sa vie
31:03aujourd'hui.
31:04Tout à fait.
31:05Voilà.
31:06Mais ce que vous dites
31:07aujourd'hui,
31:08au-delà de ce que vous gagnez
31:09et effectivement vous donnez
31:10le tarif des consultations
31:12revalorisées d'un euro 50
31:14seulement en 30 ans,
31:16ça paraît assez dingue,
31:18ce que vous nous dites
31:18c'est qu'en fait
31:19on prive aussi
31:20les patients
31:21sauf ceux qui ont
31:22beaucoup d'argent
31:23et qui paieraient
31:24donc des dépassements
31:24d'honoraires
31:25de certains,
31:26pas forcément soins
31:27mais examens par exemple.
31:30Alors non,
31:30on ne les prie pas,
31:31c'est nous qui nous adaptons.
31:32Moi je me débrouille.
31:34Par exemple,
31:35je fais de la chirurgie robotique
31:36depuis 18 ans.
31:37Vous n'allez pas le croire
31:38mais je suis à côté
31:39de l'ARS
31:40qui est à 13 kilomètres d'ici.
31:42Ça fait 18 ans
31:43que je fais du robot,
31:43j'en ai fait à l'étranger,
31:44j'en ai fait partout,
31:45je forme des confrères
31:46à la chirurgie robotique
31:47en Europe
31:48et je l'ai fait
31:48dans le monde entier.
31:49L'ARS qui est à 5 kilomètres
31:51de 13 kilomètres
31:52de chez nous
31:52nous a envoyé un mail
31:54pour nous expliquer
31:56l'intérêt de la chirurgie robotique
31:57qu'on pratique depuis 5 ans
31:58dans l'établissement
31:59auquel je travaille.
32:00Cette même ARS
32:01qui nous demande des contrôles
32:02tous les mois
32:03de notre activité
32:03et qui nous conseille
32:05d'acheter un robot,
32:06elle ne sait même pas
32:06qu'on a le robot.
32:07On est en plus gérés
32:08par des gens
32:09qui sont totalement lunaires.
32:11Et quand vous avez
32:12les députés Monnet et Vigier
32:13qui passent leur temps
32:14à critiquer le secteur 2
32:16alors que le secteur 2
32:17est lié au fait
32:18que nos honoraires
32:18n'ont pas évolué
32:19depuis 30 ans,
32:20je vous reprends l'exemple
32:21de la chirurgie
32:21du cancer à la prostate.
32:22Reprenez 30 ans avant.
32:24Une baguette, 1 franc.
32:26Une prostatectomie radicale,
32:282025 francs.
32:30Aujourd'hui,
32:31la baguette,
32:32elle est à 1 euro.
32:33Notre intervention,
32:33elle est à 900 euros.
32:35Elle devrait être
32:36à 2025 euros minimum.
32:38Et dans ces 900 euros,
32:39vous enlevez
32:39650 euros de robots,
32:41200 euros d'aide opératoire,
32:4310% de redevance
32:44à la clinique.
32:45Ça fait moins 30 euros
32:47sur 3 heures d'opération.
32:48Une opération
32:49extrêmement technique,
32:50extrêmement difficile
32:51qui permet de sauver
32:52d'abord des vies
32:53et beaucoup de choses.
32:54J'ai deux questions,
32:55Juste Denis.
32:56D'abord,
32:56on nous parle sans arrêt
32:57du déficit de la sécurité sociale.
32:59Il faut bien faire des économies,
33:00vous êtes d'accord ?
33:01Oui,
33:02je vais vous en donner une piste.
33:03Oui.
33:04Très simple,
33:04l'AME,
33:051,5 milliard d'euros.
33:06Sur l'AME,
33:07je n'ai rien contre soigner les gens,
33:09bien au contraire.
33:10Les urgences vitales,
33:11les infections,
33:12oui.
33:13Ce matin,
33:13je vois un monsieur
33:14en couple,
33:15en situation irrégulière,
33:16en OQTF,
33:17avec une autre femme,
33:19AME.
33:19ils viennent pour une stérilité de couple.
33:23Pourquoi est-ce que la sécurité sociale,
33:24pourquoi est-ce qu'on paye ça ?
33:26Hier matin,
33:26un jeune homme de 20 ans,
33:28AME,
33:29en situation irrégulière,
33:31il vient pour un problème d'érection.
33:33La semaine dernière,
33:33une dame africaine,
33:34en vacances,
33:35elle a ses enfants ici,
33:36ça fait trois semaines qu'elle est là,
33:38elle a obtenu l'AME,
33:39elle vient me voir pour une cure de prolapsus.
33:41Donc vous dites qu'il faut la limiter aux soins d'urgence et aux...
33:44Exactement.
33:45Et autre question,
33:46Denis,
33:47en partant tous comme ça,
33:48je ne sais pas combien vous serez à partir en Belgique
33:50et pendant plusieurs jours,
33:52mais vous avez conscience qu'il y a certains de vos patients
33:55que ça va mettre en difficulté,
33:57non ?
33:57Madame,
33:58demandez aux agriculteurs s'ils ne mettent pas en difficulté
34:00les gens autour des autoroutes.
34:03Je pense qu'à un moment,
34:04il faut que les gens soient conscients que s'il ne se passe rien,
34:06c'est eux qui vont être en difficulté.
34:07Je vais prendre juste ma clinique.
34:08On est 60 chirurgiens.
34:10On est 20 à avoir plus de 60 ans,
34:12dont moi.
34:13Si ça passe ce PLFSS,
34:16je prends ma retraite anticipée.
34:18Denis,
34:18il est voté ce PLFSS ?
34:19Les décrets d'application ne sont pas passés,
34:21ne vous inquiétez pas.
34:22On connaît le truc parce que M. Bertrand nous a couillonné
34:25il y a 30 ans avec un décret qui n'a jamais été signé.
34:29On était parti en Angleterre il y a 30 ans.
34:31On avait obtenu 20% d'augmentation.
34:33M. Doustoblasi est parti à l'ONU.
34:35M. Bertrand a pris sa place.
34:37Il n'a jamais signé le décret d'application.
34:38Donc ce que vous demandez,
34:39c'est au gouvernement de ne pas signer les décrets d'application.
34:42Denis, restez avec nous.
34:43Je voudrais juste qu'on donne la parole à Christian.
34:44Bonjour Christian.
34:46Oui, bonjour.
34:47Vous êtes médecin, vous aussi, à la retraite, je crois.
34:50Ah non, non.
34:51Moi, je suis médecin à la retraite,
34:52mais je suis médecin expert.
34:54Avant, j'étais généraliste et urgentiste.
34:57Vous soutenez ce mouvement et Denis notamment ?
34:59Bien évidemment.
35:00Bien évidemment.
35:02La médecine libérale est attaquée.
35:04On attaque, on fait baisser les tarifs de patients autoritaires.
35:07On va punir des médecins s'ils n'utilisent pas correctement le DMP avec des amendes de 25 000 euros.
35:13C'est quoi DMP, pardon ?
35:14Le dossier médical partagé, qui n'est pas du tout ergonomique,
35:19pas du tout adapté à la profession et qui devrait être fait avec des professionnels.
35:24On va sanctionner les médecins qui font les arrêts de travail,
35:27mais il faut savoir qu'en particulier les généralistes qui font les arrêts de travail,
35:30ça dépend de la population.
35:32Si vous êtes dans une banlieue avec beaucoup de travailleurs,
35:35la demande d'arrêt de travail sera bien supérieure
35:37que si vous êtes dans une situation à soigner des enfants.
35:41Ou à soigner des personnes âgées qui ne travaillent plus.
35:43En Europe, les tarifs par médecin sont plutôt corrects.
35:47Ils ont du personnel, 2 à 3 collaborateurs par médecin.
35:51Ils travaillent dans des structures, des groupes, des maisons médicales.
35:54Le médecin français, lui, il a des tarifs insuffisants.
35:58Il est isolé.
35:59Il a 0,5 personnel par médecin.
36:03Et donc, la réponse, on demande aux médecins d'assurer les soins,
36:08d'assurer les urgences, d'assurer les permanences de soins,
36:11d'avoir une accessibilité et d'avoir une dispersion.
36:14Ça veut dire au niveau du territoire qu'il y a un maximum de médecins.
36:18Vous savez qu'il y a des départements où il n'y a même pas un dermatologue.
36:20On marche et les fous.
36:21Mais ça, c'est les pouvoirs publics.
36:23Les pouvoirs, ce n'est pas les médecins.
36:24On est harcelé comme les paysans et on revendique à cause des normes.
36:30Et en plus, on nous demande de faire beaucoup de travaux
36:32et on nous coince de plus en plus.
36:34Alors qu'on a un exemple, les médecins européens sont bien mieux organisés
36:38et bien mieux protégés et ils ont moins de problèmes.
36:41Merci beaucoup.
36:42Et la réponse, Amandine, c'est les déserts médicaux.
36:45Ça veut dire qu'à force à harceler les médecins,
36:48la moitié des médecins qui sont formés en leur temps,
36:5010 000 ne travaillent plus, ne font plus de la médecine soignante.
36:56Et donc, ça aggrave la crise, effectivement.
36:59Merci beaucoup, Christian.
37:01Denis, juste à partir de quand, ce mouvement,
37:03à partir de quand vous partez pour Bruxelles ?
37:05On parle le 10 janvier.
37:07Mais je voulais juste rajouter un petit mot.
37:10Oui, oui, le DMP, parce qu'il en a parlé,
37:13le dossier médical partagé.
37:15C'est 2 500 euros d'amende par patient dont on n'aura pas rempli le dossier.
37:19Mais il faut savoir, comme j'ai essayé,
37:21c'est entre 5 et 7 minutes pour arriver à se connecter à ce bazar.
37:24Et dès qu'on s'est connecté, si on n'y touche pas tout le temps,
37:27ça se recoupe.
37:28Donc, à chaque patient, il faut relancer le système.
37:30Mais c'est infernal.
37:32C'est impossible.
37:33Merci à tous les deux, en tout cas, pour votre témoignage.
37:36Et on a bien compris avec vous, en tout cas,
37:38les enjeux de cette mobilisation dont je suis sûre.
37:41On reparlera, bien sûr, au début du mois de janvier.
37:44Avant cela, il y a Noël.
37:45C'est dans une semaine.
37:47Et c'est parfois compliqué pour les repas en famille.
37:50On en parle dans un instant.
37:51J'attends vos témoignages au 3210.
37:53Envoyez-nous vos messages sur l'application RTL
37:56ou appelez-nous au 3210.
37:58npparibas.fr
37:59Jusqu'à 14h.
38:02Les auditeurs ont la parole.
38:04Amandine Bégaud sur RTL.
38:06Pour ma part, j'évite de parler de sujets relatifs à ma profession.
38:12Et notamment parce que je suis responsable RH.
38:14Et je peux être sollicitée sur des sujets comme le syndicat,
38:19comme la fonction publique ou des choses comme ça.
38:21Si le sujet arrive sur la table, à un moment donné, gentiment, je vais partir sur autre chose.
38:25Parce que voilà, je reste sur le fait que le repas de famille,
38:28notamment à Noël, c'est un repas où on doit être de bonne composition
38:33et que chacun y mette du sien.
38:35Puisqu'on est tous réunis ici pour chanter les démons de minuit,
38:39manger de la mousse de canard sur des blinis,
38:41danser sous les stroboscopes de J-Fuie,
38:42j'ai préparé un petit speech,
38:44parce que je dois vous avouer un petit détail de ma vie.
38:47Je déteste les fêtes de famille.
38:49Voilà, choc de deux mondes, je vais dire Aurel Sade d'un côté,
38:58qui déteste les fêtes de famille et puis ces chants de Noël.
39:01C'est vrai que les repas de famille à Noël, ce n'est pas toujours facile.
39:04Et on va en parler avec vous, Janine. Bonjour.
39:07Bonjour, Amandine. Merci d'accorder mon témoignage.
39:10Eh bien non, mais je suis ravie de vous entendre, Janine.
39:12Vous nous appelez d'où ?
39:14Alors, je vous appelle de Branche.
39:15Ça se trouve dans Lyon.
39:16Très bien.
39:17Et alors vous, comment faites-vous vos repas de famille ?
39:20Racontez-moi.
39:21Alors moi, c'est très difficile.
39:23J'ai 83 ans, j'ai trois enfants et c'est sacré trois enfants.
39:27Quand ils sont ensemble, ils ont toujours des réflexions à faire.
39:30Ça fait qu'il y a une petite dispute qui démarre.
39:33Alors ça fait que maintenant, je suis veuve depuis quelques années.
39:36Alors j'ai trouvé le moyen.
39:38Chacun à leur tour, toutes les années.
39:40J'en reçois un.
39:42Sinon après, les autres, je les reçois en dehors des grandes fêtes comme Noël.
39:46Ah mais c'est un peu triste, ouais.
39:48Mais oui, mais bon, on est obligé de faire comme ça parce que sinon, c'est la catastrophe.
39:52Même entre eux.
39:54Mais quoi par exemple, Janine ?
39:55Mais par exemple, sur le travail, sur la manière de manger.
40:00J'en ai une qui ne mange pas de viande.
40:03Ah bah alors là, c'est catastrophe pour les autres.
40:05Vous voyez, c'est toujours des petites réflexions comme ça.
40:07Mais il n'y a pas un moment, Janine, où vous leur avez dit, écoutez, stop, ça peut être sympa.
40:12Juste le temps d'un repas, d'essayer au moins pour moi.
40:17Oh que si, je l'aurais dit.
40:18J'aurais dit, vous savez, à l'âge que j'ai, je serais bien heureuse de vous avoir tous.
40:22Parce que j'ai des petits-enfants aussi.
40:24Mais pareil, les petits-enfants, je les ai eus quand ils étaient petits.
40:28Mais maintenant qu'ils sont grands, ils ne se voient pas souvent parce qu'ils ont des métiers différents.
40:33Alors, c'est pareil, je leur sois chacun leur tour.
40:37C'est le seul moyen d'avoir le calme et le seul moyen de ne pas avoir de problème.
40:42Parce que sinon, on est obligé de mettre les pieds dans le plat.
40:44Et puis, voilà, ça fait des disputes.
40:46Alors, je préfère faire comme ça.
40:48Et du coup, vos petits-enfants, ils se voient entre eux, les cousins-cousines ?
40:53Pas beaucoup.
40:54Pas beaucoup.
40:55Parce que, bon, j'en ai une qui travaille le dimanche.
40:59Une autre qui travaille dans la semaine, mais qui est très pris.
41:01Et vous voyez, il y a des...
41:03Oh là là, c'est une catastrophe.
41:05Et puis, c'est les jeunes maintenant, ils ne se téléphonent plus entre eux.
41:10Et ils vous téléphonent, vous, Janine, ou pas ?
41:12Ah oui, toutes les semaines, j'ai le téléphone.
41:16Bon, c'est déjà ça, j'allais dire.
41:19Vous avez des souvenirs, vous, de Noël, de votre enfance ?
41:22Oui, j'ai de très, très bons souvenirs.
41:25À l'âge de 6 ans, j'étais avec une mère adoptive qui était dans le midi, qui était à Jouan-les-Pins, parce que je suis née là-bas.
41:33Elle me faisait des Noëls sensationnels.
41:37Et puis après, bon, ben, ça a été fini.
41:39Ma mère m'a repris, et puis voilà.
41:43Janine, restez avec nous, on va accueillir Pierre.
41:45Bonjour, Pierre.
41:46Bonjour, vous m'entendez ?
41:52Oui, je vous entends, vous appelez d'où, Pierre ?
41:55De Charente-deux, sur la région de Cognac.
41:57Bon, vous, il y a carrément des gens que vous avez décidé de ne plus inviter à Noël ?
42:01Ah bah oui, provisoirement, oui, il y a des gens qu'on a arrêté d'inviter, parce que il suffit qu'il y ait un peu d'alcool, ils ont un alcool mauvais.
42:10Et stop, on a eu trois anniversaires, et trois anniversaires à suivre, et trois anniversaires à suivre ont été gâchés à cause de ça.
42:20Et ce sont des gens de famille, Pierre ?
42:22Ah oui, oui, oui.
42:23Ah oui, proches ?
42:24Ah oui, très proches, oui, oui.
42:26Donc on a dit stop.
42:27Et puis quand ça s'est calmé, ils reviennent, et puis voilà.
42:31Ah oui.
42:31Parce qu'on ne va pas gâcher un anniversaire ou un Noël, un soir pour l'alcool.
42:38C'est point de vue, c'est...
42:40Même si on n'est pas d'accord avec des sujets, chacun livre de ses opinions politiques,
42:47on peut être capable de discuter en incédisant.
42:53Et supprimer l'alcool, non ? Je ne sais pas.
42:55Ah bah oui.
42:56Oui, c'est ce que...
42:58Quand cette personne est revenue, on a dit, bah non, mais tu ne vois pas.
43:01Bon, Pierre, je ne vous entends pas très très bien, je ne sais pas si vous êtes dehors.
43:04Ah oui, je suis dehors, on est en train de travailler.
43:06Ah, pardon, vous êtes agriculteur, c'est ça ?
43:09Oui, voilà, je suis dans les vignes, je suis en train de tailler mes vignes.
43:11Ah, vous êtes dans les vignes, là.
43:12Voilà.
43:13Vous avez entendu notre débat sur le Mercosur tout à l'heure ?
43:16Oui, oui, j'ai entendu, oui, oui, bon.
43:19Après, j'ai 30 secondes, oui.
43:23Moi, je suis à fond avec les éleveurs, parce que j'ai des diplômes agricoles, mais dans l'élevage.
43:28Donc là, je suis retombé dans les vignes, mais moi, je défends mes éleveurs, je défends mes collègues.
43:35Et voilà, après, moi, je pars du principe qu'on demande chez nous à produire des Mercedes.
43:40On les vend à la prix d'une d'Afia, et après, on va importer des Fiat Punto des années 80.
43:47Donc, forcément, ça ne va pas, quoi.
43:49Bon, t'as un bon gros raccourci, mais on ne va pas rentrer dans la...
43:54C'est malheureux.
43:54Mais non, mais oui, je comprends.
43:58C'est sur les sujets qui fâchent, c'est la politique, d'après vous ?
44:01Il y a la politique, la religion.
44:04Par exemple, j'avais mis dans le message,
44:06on prend toujours des tontons fachos, des tontons racistes,
44:10mais les tontons gauchos aussi, c'est pas mal.
44:13Ouais, le cœur à gauche, mais par contre, le portefeuille, il est bien à droite, là.
44:17C'est le bonheur de leçons et compagnie.
44:19Alors, moi, par contre, comme on est obligé d'un dîner de famille,
44:24on ne peut pas, même si on a envie de leur rentrer dans l'art,
44:26leur dire que moi, je ferais pour Bernard Arnault.
44:30Ah, ça fait mal, Bernard Arnault, une excellente réussite industrielle.
44:35Ah là là là là, je suis l'ennemi, quoi.
44:38Pierre, ça fait du bien de vous entendre aussi,
44:40parce que vous gardez un certain humour autour de ça.
44:43Restez avec nous. Bonjour, Brigitte.
44:45Bonjour, Anandine.
44:46Merci à vous de nous avoir appelés.
44:51Alors vous, ce sont des Noëls sous tension, parfois ?
44:54Alors, ça a été des Noëls sous tension, parce que maintenant, il n'y en a plus.
44:56Donc, c'est pas compliqué.
44:57Voilà.
44:58Moi, c'est un Noël particulier,
45:00puisque notre fille nous avait choisi ce moment-là pour nous annoncer son mariage.
45:04Bon, comme beaucoup de jeunes, maintenant, aujourd'hui, ils sont baxés.
45:07Ils avaient leur petite-fille.
45:08Ils ont décidé de se marier à la suite du décès de ma maman.
45:12Bon, c'est une bonne nouvelle, quelque part.
45:14Ils m'ont été ravis.
45:15Le souci, c'est qu'entre l'annonce et la date retenue, c'est un peu jeudi.
45:20Ben, écoutez, ça va être un peu jeune, parce que vous faites ça, vous nous annoncez ça en fin d'année.
45:23Vous mariez au mois de juin, ça va être compliqué pour trouver quelque chose.
45:26Non, non, non, non.
45:27Mais non, vous exagérez.
45:28Tu exagères, tu exagères, on trouvera, il n'y a pas de souci.
45:31Bon, je ne suis pas très bien.
45:32Alors, ils ont trouvé, mais vendredi.
45:34Donc, je leur ai fait comprendre.
45:35Je leur ai fait comprendre, le vendredi, c'est compliqué.
45:37En plus, il y a de la famille de partout, de province.
45:39Un vendredi, les enfants sont à l'école, les gens peuvent prendre un congé.
45:42Bon, voilà.
45:43Je dis maintenant, s'ils vous trouvez, parfait.
45:44Mais ils n'ont pas trouvé.
45:45Donc, ils se sont mariés en septembre.
45:48Et le problème, c'est septembre, ils ont trouvé un endroit très cher que prévu pour la belle famille.
45:53Ça a créé des tensions.
45:53Mais moi, on m'a reproché, comme j'avais mis, pas mon nom dedans, parce que je m'en conseillais,
46:01que je me mêle de leur mariage, que je n'avais pas à m'aider.
46:03Ça a pris des proportions pas possibles.
46:06Si bien que c'était un peu, mais c'était tendu.
46:10On est partis plutôt prévus.
46:12On est resté de nids, donc on est resté de nids.
46:14Ça a créé des tensions parce qu'il y avait une autre petite fille.
46:17Et c'est vrai que la pauvre, quand il y a des échanges comme ça, ce n'est pas très agréable.
46:20Mais ce qui est un petit peu dommage, c'est que ce que je trouve aujourd'hui, c'est que quand on nous demande notre avis,
46:26qu'on le donne, il faudrait presque répondre un petit peu dans le sens de ce qu'ils veulent entendre.
46:31Donc, aujourd'hui, on est arrivé, il y a eu un gros problème, un deuxième flash ensuite, un second Noël,
46:37suite à la robe de mariée.
46:40Ça a pris des proportions.
46:41Oh là là, mais ce mariage, un calvaire quand même.
46:44Oui, et ensuite, ma fille m'a reproché de lui avoir gâché son mariage.
46:49Et donc, depuis, il n'y a plus de Noël, Brigitte ?
46:52Ah non, il n'y a plus de Noël.
46:53Non, non, c'est fini.
46:53Et vous avez des petits-enfants ?
46:55Bien sûr, j'ai deux petites filles de 17 ans et 12 ans que je ne vois pratiquement plus.
47:01La première, la petite, je la vois très peu, on l'a vu très peu, il y a des grosses tensions entre les...
47:05Mais ça a créé de telles tensions, si vous voulez, que des choses ont été dites, il n'y a pas eu d'échange.
47:12Et pour ce... Bon, j'ai trouvé ça dommage et voilà, il n'y a pas d'explication.
47:17Mais si vous voulez, on arrive, quand on est allé chez eux, à avoir une apprehension.
47:20C'est-à-dire qu'on fait attention à ce qu'on dit, on marche sur des oeufs, il ne faut pas contrarier, il ne faut pas ceci, cela.
47:27Et c'est très compliqué.
47:28Donc moi, je suis quelqu'un d'enjoué, j'aime bien.
47:31Alors, c'est pareil, je suis quelqu'un d'enjoué.
47:33Moi, je dis les choses, on peut s'expliquer gentiment, mais ça part en vrille à chaque fois.
47:37Ça part en vrille.
47:38Merci beaucoup, Brigitte, pour votre témoignage.
47:41Bonjour, Sylvie.
47:41En tout cas, je soutiens les agriculteurs, c'est ce que je voulais dire.
47:45Mais on est sur la route, on rentre sur Biarris, l'autoroute est bloquée, donc on prend les petites routes.
47:50Mais bravo à eux, je les soutiens.
47:51Bon, même si ça vous gêne dans vos déplacements, vous les soutenez.
47:54Ah oui, on n'est pas arrivés, ça c'est clair.
47:56Bon, bon courage, en tout cas, Brigitte.
47:58Merci beaucoup.
47:58Bonjour, Sylvie.
48:00Oui, bonjour, voilà.
48:01Je voulais vous dire que ça fait 2-3 ans que je passe Noël toute seule, parce que je pense, au fond de moi, qu'un Noël se prépare tout au long de l'année.
48:15C'est-à-dire que je ne veux plus servir de paillation avec ma famille, ma soeur plutôt, mes parents.
48:23Je veux du respect, j'ai beau le dire, on ne me comprend pas.
48:28Eh bien, écoutez, je vais m'acheter quand même un bon repas, je vais boire une coupe de champagne, et puis au moins j'ai la paix.
48:36Mais vous allez être toute seule, Sylvie, du coup ?
48:38Avant, je ne fais pas comme ça.
48:40Vous êtes toute seule, du coup, Sylvie, pour Noël ?
48:42Je pense que c'est 2-3 ans que je passe des Noël lamentables, mais tant pis, tant pis, tant pis, voilà.
48:51Mais c'est triste.
48:53Je pense que le respect, c'est tout au long de l'année, madame, tout au long de l'année.
48:56Ça, vous avez raison.
48:57Il ne s'agit pas que ce soit Noël, alors il faut faire bonne figure, et puis le restant de l'année où on ne se voit jamais, jamais,
49:04ou alors des insultes sans arrêt sur ma façon d'être, ma façon de vivre, voilà.
49:11Merci beaucoup, Sylvie, pour votre témoignage.
49:13Olivia Bokobza, vous étiez avec nous tout à l'heure dans le journal journaliste à la rédaction de psychologie.com,
49:19qui consacre un grand dossier, justement, pour vous donner les clés pour survivre au repas de Noël.
49:24Olivia, vous avez écouté les témoignages des auditeurs.
49:28C'est conforme à votre enquête, à votre dossier ?
49:31Oui, mais malheureusement, il y a beaucoup de souffrance qui en ressort,
49:34et le dernier témoignage est intéressant, puisque ça touche à un point sensible,
49:38c'est-à-dire que dans la famille, on a tous des étiquettes,
49:42et souvent, on a une étiquette qui date de très, très, très longtemps.
49:45Là, la dame, en l'occurrence, elle a dit stop, ras-le-bol,
49:49et elle a bien fait, puisque l'idée, c'est de se protéger et de savoir à quel moment ça nous coûte trop.
49:55Mais, en fait, effectivement, souvent, ça arrive à des situations extrêmes,
49:58parce que les gens n'ont jamais osé poser leurs limites.
50:01Si on a l'étiquette de la personne qui n'a pas trop osé,
50:05tout le monde se permet tout, jusqu'au moment où ça clashe.
50:10Merci beaucoup.
50:10La pauvre malheureuse qui finit par s'exclure.
50:15Merci beaucoup, Olivia Bocomza.
50:17Et donc, si vous voulez tout savoir de ce dossier, sur le site psychologie.com.
50:24Merci à tous pour vos témoignages.
50:26J'en profite pour vous souhaiter de très, très belles fêtes de fin d'année.
50:31Prenez soin de vous, de vos proches, pour vous dire aussi à quel point c'est un plaisir d'être avec vous chaque jour.
50:37Je vais prendre quelques tout petits jours de vacances.
50:38J'aurai le plaisir de vous retrouver en janvier.
50:40Mais les auditeurs ont la parole continue chaque jour.
50:43Pas de vacances pour les auditeurs.
50:45Vous nous appelez au 3210 et on continuera à évoquer l'actualité dans un instant.
50:50Jean-Alphonse Richard.
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