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Eliot Deval et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros2WE à 20h du vendredi au dimanche
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00:00Il est quasiment 20h sur CNews, merci d'être avec nous pour l'heure des pros à invités exceptionnelles, émissions exceptionnelles.
00:07Le général Philippe Devilliers, notre invité, ancien chef d'état-major des armées, Pierre Devilliers, vous savez le lapsus, voilà, exactement.
00:13Pierre Devilliers, ancien chef des états-major des armées, auteur de Pour le succès des armes de la France.
00:19Mon général, merci d'être avec nous et votre livre sera notre boussole tout au long de cette émission.
00:25Et nous allons parler de la sécurité intérieure et extérieure, bien sûr, et de savoir si notre France est désarmée.
00:34Mais avant cela, puisqu'il est 20h, et dans un instant je vous présenterai nos éditorialistes, c'est d'abord un point sur l'information, un point complet avec Isabelle Pipoulou.
00:45Bonsoir Eliott, bonsoir à tous, à la une, Donald Trump espère trouver un accord avec l'Iran, c'est ce qu'il a affirmé devant la presse en Floride.
00:52La voie diplomatique semble être privilégiée jusqu'alors.
00:56Le guide suprême iranien a tout de même mis en garde contre une guerre régionale dans le Golfe face aux menaces d'intervention militaire des Etats-Unis.
01:04Médecins sans frontières devra quitter la bande de Gaza d'ici le 28 février.
01:08Une décision annoncée par Israël et déplorée par MSF qui pointe un prétexte pour empêcher l'aide humanitaire dans le territoire.
01:15Cet arrêt prochain des activités de l'ONG survient après son refus de fournir à l'Etat hébreu la liste détaillée de ses employés palestiniens, faute de garantie pour leur sécurité.
01:27Une exigence applicable à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région.
01:32Drama en République démocratique du Congo, Kinshasa craint un bilan d'au moins 200 morts après un glissement de terrain survenu mercredi dans la cité minière de Roubaïa.
01:40Un site contrôlé par le groupe armé M23 et qui approvisionne une grande partie du monde en coltan.
01:47Ce minerai indispensable à l'industrie électronique et dont la RDC détiendrait au moins 60% des réserves mondiales.
01:53Enfin, dans l'actualité nationale, les ventes de voitures neuves en France toujours en baisse en janvier par rapport à l'an dernier.
02:00Une chute de 6,55% soit leur niveau le plus bas en 15 ans.
02:05Or, la crise des semi-conducteurs en 2022 rappelle la plateforme automobile.
02:09Le général Pierre Devilliers est avec nous, ancien chef d'état-major des armées, pour le succès des armes de la France.
02:15Mon général, bonsoir.
02:17Bonsoir, monsieur.
02:17Merci d'être avec nous.
02:19Je vais vous présenter les chroniqueurs qui vont nous accompagner pendant toute notre émission.
02:24Jules Thorez, journaliste politique au journal du dimanche.
02:27Naïman Fadel.
02:28Alors, Naïman Fadel, je suis vraiment ravi de vous avoir sur le plateau parce qu'on va, avec le général, aussi parler de la ville et du réarmement moral et de l'identité française.
02:39Et ensemble, vous allez pouvoir échanger là-dessus.
02:42Et un homme de lettres, un homme de combat, Éric Nolon.
02:46Un combat sur le plateau, non pas sur le terrain.
02:49Quoique, on ne sait jamais.
02:50Ça peut parfois arriver.
02:51On s'est arrivé de déborder, oui.
02:53Je le disais, mon général, cette émission, votre livre sera notre boussole.
02:57Et au gré de cette actualité qui bouge, incertaine et parfois vertigineuse, votre livre pourra aussi être une boussole pour les prochains mois, voire les prochaines années pour les nouvelles générations qui viennent.
03:11Il y a une phrase, et c'est la première phrase qui m'a marqué dans votre livre.
03:15Et je voudrais qu'on aille sur la notion de la guerre.
03:18Et est-ce que la France est aujourd'hui désarmée ?
03:20Vous dites, je crains que le sens de l'histoire n'aille dans la mauvaise direction, vers la guerre.
03:26Et j'ai repensé bien sûr à votre titre pour le succès des armes de la France.
03:30Quelles sont nos armes face à cette guerre qui viendrait ?
03:33Et sommes-nous désarmés ?
03:35Oui, la guerre, elle arrive.
03:37Alors là, il y a eu un réveil brutal il y a quatre ans, quand les troupes russes ont envahi l'Ukraine.
03:43Donc la guerre revenait en Europe et on n'avait pas senti venir.
03:47C'était la raison principale de ma démission en 2017.
03:50J'avais un désaccord de fond parce que je voyais bien le monde changer et un monde de rupture.
03:57Pourquoi ? Parce qu'on avait affaire au terrorisme islamiste radical.
04:01Cette idéologie qui vise à éradiquer l'organisation de nos sociétés, en particulier nos sociétés occidentales.
04:08Et puis simultanément, de manière distincte mais pas disjointe, le retour des États-puissances,
04:14pour l'essentiel des anciens empires, qui cherchent à regagner leur influence perdue
04:18et qui réarmait depuis une vingtaine d'années de 5 à 10% par an,
04:22quand nous on a savouré les délices des dividendes de la paix en Europe et singulièrement en France.
04:28Haute pression, basse pression. Donc ces deux lignes de conflictualité qui nous arrivaient depuis,
04:33en gros, j'ai ce discours-là depuis 2015, donc ça fait 10 ans,
04:38eh bien ça nous amène à un monde qui est de nouveau presque binaire,
04:42avec d'un côté l'Occident aligné derrière les États-Unis pour l'Europe,
04:46les États-Unis qui sont en train de faire un virage vers le Pacifique,
04:49et ce n'est pas nouveau et on l'a senti venir.
04:52Et puis de l'autre côté, un conglomérat d'États puissants,
04:55avec des stratégies de long terme qui sont capables de s'unir pour une seule chose,
05:01c'est la haine de l'Occident et du grand Satan américain.
05:05Et ce monde binaire, on en voit les manifestations avec finalement des zones régionales de puissance
05:11sous contrôle, la Chine, la Turquie pour l'Empire Ottoman,
05:16la Russie pour la Grande Russie orthodoxe, la Chine avec la route de la soie,
05:20et puis l'Inde avec une démographie plus d'un milliard trois,
05:27la puissance dans le sous-continent indien,
05:30et finalement l'Europe divisée, abandonnée par les États-Unis,
05:35qui devient finalement la faible du monde.
05:38Et dans l'histoire du monde, c'est très simple,
05:41l'effort attaque les faibles, toujours.
05:43Justement, cette faiblesse, vous en parlez également longuement dans votre ouvrage,
05:47vous dites que nos dirigeants ont sacrifié pas à pas les ministères régaliens,
05:50notamment la défense, la sécurité et la justice,
05:52au profit du bien-être et du progrès social.
05:56Et vous dites que ça fait dix ans que j'alerte,
05:59que de temps perdu.
06:00Pourquoi vos alertes n'ont pas été entendues ?
06:05Puisque aujourd'hui, il apparaît cette évidence qui est là aussi vertigineuse
06:10de voir cette Europe, vous employez le mot de faible,
06:14qu'il ne fait plus peur en soi.
06:16Que s'est-il passé ?
06:17Alors, je me dis toujours, comment en 1865,
06:22ils n'ont pas senti que ça allait mal finir ?
06:26Comment en 1910, ils n'ont pas senti la guerre arriver ?
06:30Comment dans les années 36, on n'a pas senti que ça allait recommencer ?
06:34Et en fait, on est en train de vivre la même chose.
06:36C'est-à-dire que crise politique, crise économique, crise sociale,
06:41crise financière, endettement massif, impossibilité de réarmer, défaite.
06:45C'est la mécanique infernale.
06:48Et j'espère qu'on ne va pas aller jusqu'à la défaite
06:51et qu'on ne va pas aller à la guerre demain matin.
06:53Mais on a perdu du temps.
06:55Alors bien sûr, on a réarmé, je salue l'effort qui a été fait,
06:58mais qui est un peu un faux-semblant finalement.
07:00Parce que dans les matériels majeurs, il faut être concret.
07:05On avait 200 chars en 2017.
07:07On a le même chiffre aujourd'hui.
07:08On avait 200 avions de combat.
07:10C'est la même chose aujourd'hui.
07:12On avait 15 frégates de premier rang.
07:13C'est la même chose.
07:14On a bouché les trous avec les efforts budgétaires qui ont été faits
07:17et qui sont, à mon avis, nettement insuffisants
07:20par rapport à la gravité de la situation
07:23et à l'accélération de cette gravité.
07:25Jules Torres.
07:25Ce que vous dites, mon général, c'est qu'Emmanuel Macron,
07:28quand il dit qu'il partira de l'Élysée,
07:30donc probablement en 2017 à la fin de son décennat,
07:32il dit qu'il aura augmenté le budget des armées.
07:35Il aura fait fois deux.
07:36Mais vous dites que ça n'aura servi à rien
07:38puisque les carnets de commandes des grandes entreprises d'armement
07:41ne sont pas pleins.
07:43Et surtout qu'on a bouché les trous plutôt
07:45que d'avoir un projet extrêmement ferme
07:47pour mener une guerre de haute intensité
07:49puisque c'est ce qui nous menace.
07:50– Oui, alors, on ne va pas parler chiffres dans le détail.
07:54Il y avait 32 milliards quand je suis parti.
07:5832 vrais milliards.
07:59On est à 50 milliards aujourd'hui.
08:00Ce n'est pas 50 vrais milliards.
08:01Je suis désolé, mais il y a 8 milliards de reports de charges.
08:04Ce n'est pas rien.
08:05C'est-à-dire 8 milliards qui n'ont pas été payés aux industriels.
08:08Pour leur demander de faire un effort,
08:09ce n'est pas évident non plus.
08:11Ensuite, il y a 1 milliard en gros par an parti à l'Ukraine
08:14et on n'a pas compté l'inflation.
08:16Donc déjà, la base de 50 milliards est discutable.
08:19Ensuite, on a fait 18 milliards de plus.
08:22On est admettant que c'est 18 vrais milliards.
08:25En deux ans, pour doubler, 32, 64,
08:29je suis sincère lettre, mais j'arrive encore à faire ça,
08:3264 milliards.
08:33Ça veut dire qu'on va faire 14 milliards en deux ans
08:36quand on en a fait 18 en huit ans.
08:40Je n'y crois pas.
08:41D'autant moins que les 7 milliards pour l'année prochaine,
08:446,7 milliards exactement,
08:46pour le moment, ils ne sont pas dans le tuyau.
08:48puisque le budget n'est pas encore finalisé de voter.
08:53Enfin, on ne sait plus où on en est d'ailleurs.
08:55Donc, les industriels attendent les commandes.
08:58Et le mécanisme, parce qu'on n'est pas dans une économie de guerre,
09:02on n'a rien changé des mécanismes habituels.
09:04Le mécanisme fera que les 7 milliards ne seront pas dépensés.
09:07C'est d'ores et déjà impossible, on le sait.
09:09Et comme on ne veut pas changer la mécanique budgétaire,
09:13parce qu'on ne veut pas passer en économie de guerre,
09:15parce qu'on est endetté,
09:17et que c'est vrai que pour Bercy, c'est très compliqué,
09:19c'est complètement schizophrène,
09:21eh bien, on n'aura pas ces 14 milliards.
09:23Je vous le dis.
09:25Et ce qui me gêne aujourd'hui dans tout ça,
09:28c'est un peu l'impression que je sens chez les Français.
09:32Vous savez, je fais deux déplacements par semaine en ce moment
09:34pour la promotion de mon livre.
09:35« J'étais à Metz, à Angoulême, là j'arrive de Guy Rangrange,
09:40j'étais à Annecy. »
09:43Les gens, ils disent, on a l'impression qu'on se moque de nous.
09:46Ce n'est jamais vrai, ce qu'on nous dit.
09:48Finalement, on ne croit plus personne.
09:51Parce que c'est vrai que ce n'est jamais complètement faux,
09:53mais ce n'est jamais complètement vrai.
09:55Alors, moi, j'aime bien les choses claires.
09:57Vous savez, on ne peut pas emmener des jeunes Français au combat
10:00si les choses ne sont pas claires.
10:02Et sur cette affaire de chiffres, ce n'est pas clair.
10:05Et de toute façon, ce n'est pas suffisant.
10:08Il faut accélérer.
10:08Regardez ce que mettent les Allemands.
10:10Regardez ce que mettent les Polonais.
10:12Eux, ils ont pris conscience de la gravité de la situation.
10:15Parce qu'en face de nous, on a des bases industrielles
10:18qui sont prêtes.
10:20La base chinoise, la base russe, la base américaine.
10:24Ils sont prêts à fournir plein pot.
10:26Nous, nous avons des industriels qui exportent leur armement,
10:29mais qui ont quitté cette logique de stock.
10:32La logique de stock, c'est la logique de guerre.
10:33Mon général, vous êtes avec nous.
10:3620h10 sur CNews pour cette émission exceptionnelle de l'heure des pros
10:39pour le succès des armes de la France.
10:41Et on reviendra sur cette France que vous sillonnez
10:43pour rencontrer vos lecteurs, notamment des jeunes générations.
10:47Et on parlera aussi du réarmement moral dans cette émission.
10:51Je veux qu'on revienne sur l'actualité brûlante,
10:53cette actualité internationale instable.
10:56Et évidemment, tous les regards du monde sont tournés vers l'Iran et vers Téhéran.
10:59Faisons très attention, puisqu'on nage en plein doute.
11:03Il y a des communications, si et là, du guide suprême Khamenei,
11:06de Donald Trump, qui il y a quelques instants expliquait
11:09que les négociations étaient en cours et qu'il croyait en la diplomatie.
11:14Vous avez là aussi cette prudence que vous notez dans votre ouvrage.
11:20Et il y a une chose qui vous exaspère, ça m'a fait rire,
11:22vous dites les géostratèges vous exaspèrent.
11:24Une profession magnifique, ils peuvent se tromper régulièrement,
11:27ils continueront d'être invités et considérés sur les plateaux de télévision.
11:32Et ensuite, vous avez cette formule qui est beaucoup plus importante
11:35sur qu'est-ce qu'un pays peut faire quand il en fait tomber un autre
11:40avant de déboulonner un tyran ?
11:42Il faut se demander par qui on pourra le remplacer.
11:46Et cette question que je vais vous poser, elle ne vient pas de moi,
11:48elle vient du général Paloméros, qui a été élogieux à votre endroit.
11:52Un homme de grand talent et en qui j'ai totale confiance.
11:57Et il voulait vous poser cette question,
11:59quelle cohérence de l'action militaire, si aucune anticipation politique,
12:02est-ce là la plus grande difficulté, le plus grand drame dans notre société ?
12:10Oui, c'est l'anticipation.
12:12J'explique ça dans mon livre « Qu'est-ce qu'un chef ? ».
12:15Si vous voulez, un chef, il n'est pas payé pour gérer,
12:18il y a des gens pour le faire et il doit déléguer.
12:20En revanche, le chef, il est là pour éclairer le chemin,
12:23il est là pour anticiper.
12:25Et aujourd'hui, plus que jamais, il faut penser l'impensable
12:27parce qu'on est dans un monde volatile, incertain, instable
12:31et que tout est possible.
12:33Tout est possible.
12:34Donc oui, on n'a pas vu venir cette situation,
12:37mais globalement, aujourd'hui, je trouve,
12:41et ce n'est pas simplement dans la politique,
12:43on est dans le temps présent.
12:45C'est l'urgence de l'après-midi.
12:47Et on apprend à nos jeunes à être en déséquilibre arrière.
12:51Au contraire, il faut leur apprendre à prévoir.
12:54C'est comme ça que le mot « risque » n'est pas un gros mot.
12:59Aujourd'hui, le mot « risque » est un gros mot,
13:01le principe de précaution de notre Constitution.
13:03On n'ose plus rien faire.
13:04Mais si on a cette logique,
13:06commander, c'est prévoir,
13:08anticiper pour percer avec le laser le brouillard de la guerre,
13:12eh bien, on voit les choses différemment.
13:13Et on aurait vu arriver cette situation.
13:16Parce que la question, c'est de savoir si ce n'est pas trop tard maintenant.
13:19C'est ce que je dis dans mon livre.
13:20Alors, il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt,
13:23mais il est mauvais d'arriver trop tard.
13:24Revenons sur l'Iran et la question que tout le monde se pose.
13:28Si, si, intervention, quelle intervention ?
13:31Et surtout, quelle menace pour la France ?
13:34Le monde est devenu un puzzle interdépendant.
13:38Quand vous parlez Iran,
13:40vous avez la Chine qui immédiatement sort du bois
13:44parce que la plupart de son pétrole vient d'Iran.
13:47Vous avez la Russie qui a réussi à continuer en Ukraine à avancer
13:54en partie grâce au soutien de l'Iran
13:56et qui aide l'Iran, j'en suis absolument persuadé, au plan nucléaire.
14:02Vous avez des liens pour les matières premières dans tous les domaines.
14:09Donc, il faut faire très attention à ce qu'on dit et à ce qu'on fait sur l'Iran.
14:13Ce qui est clair, c'est que l'Iran, si l'Iran est attaqué, l'Iran réagira.
14:20Elle peut réagir de différentes manières.
14:22Mais concernant la France,
14:24on peut imaginer des cellules dormantes terroristes chiites
14:27qui pourraient passer à l'action.
14:28On a déjà connu ça en France dans les années 80.
14:32Donc, tout est lié.
14:33Et dans cette période de grande instabilité,
14:37moi, je recommande la sagesse des anciens
14:40et surtout, ne pas trop parler.
14:46Soyons prudents,
14:47parce qu'on a affaire à des chefs d'État
14:51qui ont des stratégies de long terme.
14:53Moi, j'ai eu l'opportunité de les rencontrer.
14:56Ils sont tous en place encore.
14:58Et quand vous les regardez,
15:00les yeux dans les yeux en petits comités,
15:01il y a de la profondeur dans leur regard.
15:03Et il y a un volontarisme incroyable par rapport à leur stratégie.
15:06Ce ne sont pas des enfants de cœur.
15:07Donc, il faut faire attention à ce qu'on dit et à ce qu'on fait.
15:11Sur l'Iran, j'espère qu'on va vers un scénario plutôt diplomatique
15:15où on trouverait un cadre de négociation
15:18qui permettrait à chacun de sortir du tunnel dans lequel il s'est mis.
15:24Parce qu'aujourd'hui, il faut trouver une voie de sortie
15:27et la position américaine.
15:28Et j'espère que la voie de sortie, ça ne sera pas le bombardement.
15:30Parce que je me demande comment ça peut déboucher,
15:34un bombardement, pour chasser un dictateur.
15:37En tout cas, quelle est la solution derrière ?
15:39Parce que c'est ça qu'il faut voir.
15:41C'est toujours pareil.
15:42Éric Noulot.
15:44Il a été question des États-Unis et de l'Iran.
15:47Vous avez par ailleurs dénoncé le court-termisme.
15:50Alors, anticipons un peu.
15:51Parce que dans la guerre que vous sentez venir,
15:53il faut faire définitivement le deuil de notre ancienne alliance
15:56avec les États-Unis.
15:58Se penser sans eux.
15:59Alors, on est dans un monde de partenaires adversaires.
16:03Et on ne peut pas dire que les États-Unis sont nos adversaires.
16:07Mais on ne peut plus dire qu'ils sont parfaitement nos partenaires fiables.
16:10Donc, le mieux, c'est de s'équiper soi-même et d'incarner la force soi-même.
16:16Soi-même, pour la France.
16:18Parce qu'un pays est d'abord responsable de la protection de ses frontières,
16:22de sa population, de la patrie, la terre des pères, de la nation.
16:26Cette communauté d'hommes et de femmes qui vivent sur un territoire,
16:29sur des valeurs communes.
16:30Donc, l'autonomie stratégique, l'indépendance nationale,
16:34revenir à ce concept gaullien articulé autour de la dissuasion nucléaire
16:39et d'une force conventionnelle suffisamment robuste
16:42à la hauteur de la dissuasion nucléaire pour éviter d'avoir la guerre.
16:47Et c'est la meilleure façon de préserver la paix,
16:49civis pacem, parabellum.
16:51Voilà, ça, c'est ce que je pense.
16:53Ensuite, il y a la partie européenne, coopération européenne,
16:57parce que c'est notre continent qui est faible.
16:59C'est notre continent qui est menacé.
17:01Et là, je pense que nous sommes sur une fausse piste,
17:03avec cette Europe fédérale qui ne dit pas son nom.
17:06Et moi, je préconise la défense de l'Europe
17:08à partir de coopérations inter-étatiques,
17:11à géométrie variable, sur des projets très concrets.
17:14Arrêter cette histoire de défense européenne, d'armée européenne.
17:19J'y consacre un chapitre complet, le chapitre 5.
17:22Et je n'arrête pas de le dire.
17:24Je constate que les voix sur l'Europe fédérale
17:27sont de plus en plus faibles.
17:29Parce que les faits sont têtus.
17:31Et ce sera un échec.
17:33Et moi, je suis pour une Europe qui soit une Europe des États-nations,
17:37qui soit forte.
17:38On a déjà perdu beaucoup de temps.
17:40Quand on pense qu'on n'est même pas capable de faire un avion,
17:43un char, un bateau, des drones en commun,
17:46qu'on n'est pas capable d'avoir une vraie politique
17:49d'intelligence artificielle en commun.
17:51Là, l'Europe pourrait être utile.
17:52Mais l'Europe, elle s'intéresse aux boîtes de camembert
17:55et à la transposition de nos lois.
17:5970% de nos lois sont des transpositions.
18:02Vous savez, j'ai refusé, quand j'étais chez l'état-major,
18:04de transposer la loi européenne sur les 35 heures pour les armées.
18:07Où en est-on ? 35 heures pour les armées.
18:10Non, je crois qu'il faut, à tout prix et de manière urgente,
18:14aller vers cette Europe de coopération inter-étatique.
18:18Vous dites d'ailleurs dans ce chapitre sur le mythe de l'armée européenne,
18:22sur ce plan, j'ai pu observer que souvent,
18:24les dirigeants politiques étaient plus bellicistes
18:27que les responsables militaires.
18:29Les mauvaises langues diront que cela est dû au fait
18:31que ce ne sont pas eux qui ont à faire la guerre.
18:35et vous racontez un échange que vous avez avec votre homologue russe.
18:39Oui, c'est sûr que nous, on est des pacifiques.
18:44On sait ce que c'est que la guerre.
18:45Ça peut surprendre d'ailleurs cette formule, on est des pacifiques.
18:47On est des pacifiques, évidemment.
18:49Nous, ce qui compte, c'est la paix, parce que la guerre,
18:51c'est nous qui la ferons, on le sait, et puis on l'a faite.
18:55Donc moi, j'ai été chercher les enfants au fond des puits au Kosovo,
18:58j'ai vu ce que c'était que des décapitations,
19:00je sais ce que c'est que les horreurs de la guerre.
19:02Donc avant de gesticuler et de jouer aux gros bras,
19:05je réfléchis.
19:07Et il faut tirer toutes les cartouches pour préserver la paix.
19:10Et la meilleure cartouche pour préserver la paix, c'est quoi ?
19:13C'est la force.
19:14Seule la force fait reculer la violence.
19:16Et quand on est faible, on se fait attaquer
19:18par ceux qui ont envie de nous attaquer.
19:23Et dans le conflit actuel entre les États-puissances
19:27et les États-Unis,
19:29nous pourrions bien faire les frais de cette faiblesse.
19:31– Mon général, vous dites, moi je sais ce que c'est la guerre,
19:35j'ai évidemment, du fait de votre expérience,
19:39une connaissance parfaite des conséquences d'un conflit.
19:43On a échangé notamment cet après-midi pour préparer cette émission,
19:46et je vous ai dit, moi je suis issu des années 90.
19:49C'est une génération qui a été biberonnée à la mondialisation heureuse,
19:55à Fukuyama, la fin de la guerre, au vivre ensemble.
19:59Et c'est une génération molle,
20:01qui n'a pas du tout, qui peut être certes patriote,
20:04mais sans véritablement cette notion de se dire,
20:07peut-être que demain,
20:09notre pays sera engagé dans un conflit international.
20:14Donc comment on remet en route cette machine
20:17que les générations qui viennent,
20:20les nouvelles générations,
20:21puissent se dire,
20:23demain peut-être que notre pays sera engagé dans un conflit ?
20:27– C'est une question centrale,
20:28et vous avez raison,
20:29en fait on vient de vivre 80 ans de paix,
20:32et on voit bien la paix avachie,
20:35la paix amolie,
20:36et surtout quand on articule cette paix autour du bien-être,
20:40et ça le bien-être matériel.
20:43Donc ça, ça ne rend pas heureux.
20:45Et moi je côtoie beaucoup les jeunes,
20:48les jeunesses,
20:48parce qu'il y a des jeunesses différentes,
20:50on ne vit pas pareil dans les cités,
20:53dans les zones rurales reculées,
20:55ou au centre de Paris.
20:57J'ai été professeur à Sciences Po Paris pendant 5 ans,
21:00j'ai fait toutes les grandes écoles,
21:02mais je suis allé aussi dans les cités,
21:06voir les dealers,
21:08voir les jeunes au carnet de chansons bien rempli,
21:10notamment au Mureau.
21:11Je vais souvent dans les zones rurales,
21:14parce que je suis un rural,
21:15que j'habite la Vendée,
21:17et que ce sont mes attaches,
21:19et je vois bien que les jeunes
21:21attendent quelque chose de grand,
21:24et que autant la génération des cadras
21:26a été biberonnée à cette mondialisation heureuse
21:29que vous décrivez à la fin des frontières,
21:31et à la paix éternelle,
21:33autant les jeunes,
21:34ils attendent quelque chose de grand.
21:36Et ils attendent de la boisson énergisante,
21:41on leur parle à l'intelligence,
21:43on leur parle des normes,
21:44on leur parle des réseaux sociaux,
21:46du bien-être,
21:47du matériel du week-end,
21:49des 35 heures.
21:50Ils attendent qu'on leur parle de la France,
21:53de l'amour de la France,
21:54de la grandeur,
21:55de l'honneur,
21:55de la fidélité,
21:56de l'engagement.
21:57C'est ça qu'ils attendent les jeunes.
21:59Et nous en parlons dans la deuxième partie de l'émission.
22:01J'ai pris un petit coup de vieux
22:03en comprenant que ma génération
22:05n'était plus la génération des jeunes.
22:07Eh oui, il faut être plus chède.
22:09On revient dans un instant
22:10pour la deuxième partie de cette émission.
22:12A tout de suite.
22:16Il est quasiment 20h30 sur CNews.
22:18Merci d'être avec nous pour la deuxième partie
22:20de l'heure des pros.
22:21Un heure des pros exceptionnel
22:22avec comme invité le général d'armée
22:25Pierre Devilliers pour son ouvrage
22:27« Pour le succès des armes de la France ».
22:30Ce livre, je le dis et je le répète,
22:32c'est notre fil rouge de l'émission.
22:34Et ça sera peut-être une boussole
22:37pour les prochaines années
22:38pour bon nombre de téléspectateurs,
22:40de jeunes générations
22:41qui aspirent à retrouver le sens
22:44de la nation française.
22:46On va justement parler de ce réarmement.
22:49On a parlé du réarmement militaire,
22:51de cette France qui doit se préparer,
22:54anticiper les conflits
22:56et donc se réarmer militairement.
22:58Mais mon mot général, dans cet ouvrage,
23:00ce qui est également très fort,
23:01c'est que vous parlez du réarmement moral.
23:03Et vous dites « Comment peut-on imaginer
23:06défendre ce que l'on ignore,
23:08puis encore ce que l'on méprise ?
23:10Les temps 68ards sont derrière nous,
23:13même s'il reste encore quelques séquelles
23:15antipatriotiques ou antimilitaristes. »
23:18Pour vous poser la question,
23:20Naïma Mfadel,
23:21et je rappelle que Naïma est chargée
23:22de mission de la politique de la ville,
23:24donc aussi intimement liée
23:26à ces jeunes générations
23:27qui aspirent à un réarmement moral.
23:29Oui, effectivement.
23:30Alors, Général,
23:31moi je travaille effectivement
23:32sur les quartiers depuis plus de 30 ans.
23:35J'ai connu, quand il y avait
23:36le service militaire
23:37qui permettait cette unité,
23:39cette appartenance commune
23:40qui était un espace d'altérité
23:42et qui permettait même
23:44de décloisonner les quartiers.
23:45Parce que, comme vous le savez,
23:47Général, malheureusement,
23:48on a eu une politique de cloisonnement
23:49qui a conduit à des quartiers
23:51qui sont homogènes culturellement
23:53et religieusement.
23:54Donc, les possibilités
23:55de rencontrer l'autre,
23:56le français, son compatriote,
23:59eh bien, malheureusement,
24:00ça s'est résolu.
24:03Enfin, il y a peu d'espace aujourd'hui.
24:06Et le service militaire
24:06permettait cela,
24:07permettait justement
24:09d'accéder à cette citoyenneté
24:11et de faire cette appartenance
24:13à la France.
24:14Et même de susciter
24:15le désir de France.
24:16Moi, je l'ai vu chez des jeunes.
24:18Et moi, je le regrette,
24:19vraiment, beaucoup,
24:20parce qu'aujourd'hui,
24:20nous n'avons plus ces espaces-là.
24:22Donc, effectivement,
24:23nous avons un pays
24:24qui est fragmenté,
24:26qui est cloisonné
24:26et qui, malheureusement,
24:28aujourd'hui, voit
24:29qu'il y a une juxtaposition
24:31de communautés
24:32les unes à côté des autres
24:33sans qu'il y ait
24:34une vraie volonté,
24:35aujourd'hui,
24:36de résoudre ce problème.
24:39Oui.
24:39Alors, le constat,
24:42bien sûr,
24:42l'archipel français,
24:44les fractures.
24:45Et je vois bien
24:47dans les cités,
24:48j'y suis allé souvent.
24:49moins maintenant,
24:51parce que ça devient compliqué
24:52en termes de sécurité,
24:54c'est dire.
24:55Mais quand même,
24:56effectivement,
24:57c'est vraiment
24:59par pays,
25:04par ethnie
25:05et chacun chez soi.
25:07Donc, la communication
25:08est très difficile.
25:10A fortiori,
25:11l'unité nationale
25:12et l'amour de la France.
25:13Les forces morales,
25:14pour nous,
25:15c'est très important.
25:17On n'emmène pas
25:18des jeunes de 20 ans
25:19jusqu'au sacrifice suprême,
25:21si nécessaire,
25:22si on n'a pas
25:22ces forces morales
25:24chevillées au cœur.
25:25Et ça s'apprend.
25:27L'amour de la France,
25:29l'engagement,
25:30l'amour du drapeau,
25:32le service de la France,
25:34la fidélité,
25:35le sens de la mission,
25:37l'honneur,
25:38la patrie,
25:38etc.
25:39Ce sont des mots
25:40qui ont un sens
25:41et qui ont été
25:42ringardisés,
25:44placardisés,
25:45extrémisés
25:46pendant des décennies.
25:48Alors,
25:48ils reviennent,
25:49heureusement,
25:50et je ne peux
25:52que m'en réjouir,
25:53et je sens
25:54revenir un patriotisme,
25:56en particulier
25:57chez les jeunes générations,
25:59même s'il y a
26:00des jeunesses
26:01incontestablement.
26:02Mais général,
26:03est-ce qu'il ne faut pas
26:03remettre
26:05le service militaire
26:06obligatoire ?
26:07Alors,
26:08la mesure
26:08annoncée par le Président
26:09de la République
26:10est déjà un premier pas
26:11encourageant.
26:12On a arrêté
26:13le service national
26:15universel
26:15qui durait depuis
26:17huit ans
26:17et qui végétait
26:18parce qu'au départ,
26:20il y a un vice de forme.
26:21Ce sont des mineurs
26:24qui venaient
26:25quelques jours
26:26pour parler
26:28du drapeau
26:29et faire
26:30deux,
26:30trois bricoles.
26:31C'est les colonies
26:31de vacances.
26:32Ça,
26:32ce n'est pas sérieux.
26:33On aurait mieux fait
26:34de sponsoriser
26:34les associations
26:35et les mouvements
26:36de jeunes,
26:36notamment le scoutisme.
26:37Ça aurait été
26:38beaucoup plus efficace
26:39pour le creuset national.
26:42Je passe.
26:43La décision du Président
26:44d'annoncer
26:45le service militaire
26:46volontaire
26:47est déjà un premier pas.
26:48Je le salue.
26:49Mais il n'est pas
26:51suffisamment rapide.
26:523 000 aujourd'hui,
26:5310 000 en 2030,
26:5450 000 en 2035.
26:56Je rappelle
26:56qu'une classe d'âge
26:57aujourd'hui,
26:58c'est 800 000
26:59garçons,
27:00filles.
27:01C'est insuffisant.
27:02Il faut aller
27:02beaucoup plus vite
27:03parce que,
27:04imaginons que nous
27:05nous trouvions
27:05dans la situation
27:06des Ukrainiens
27:07aujourd'hui en France.
27:09Que feraient
27:10les Français ?
27:11Pour qui mourir
27:12aujourd'hui ?
27:12Mourir pour la France,
27:13est-ce que ça résonne
27:14chez nos jeunes Français ?
27:16Parce que la guerre,
27:17c'est d'abord
27:18des moins de 30 ans
27:19qui font la guerre.
27:20Est-ce que vraiment
27:21on fait les efforts
27:22nécessaires
27:22pour réarmer
27:24les forces morales
27:25de notre pays ?
27:26Moi, je crois
27:27qu'on ne le fait pas.
27:28Ça part dans la famille,
27:31il faut encourager
27:31les familles,
27:32encourager la démographie.
27:33C'est la première année
27:34où on est en baisse
27:36en plus.
27:36Alors, la puissance démographique,
27:37c'est le premier instrument
27:39de puissance
27:39et a fortiori,
27:41ça se lit en creux.
27:42Ensuite,
27:43évidemment,
27:44c'est l'éducation nationale.
27:46Il faudrait que,
27:47dans l'éducation nationale,
27:48on apprenne
27:49à nos petits Français
27:50à aimer la France,
27:52à apprendre la Marseillaise,
27:53à respecter le drapeau
27:54et à connaître
27:56l'histoire de France,
27:58cette nuée
27:58de tous les gens
27:59qui sont morts pour nous
28:00et qui nous ont amené
28:01la liberté,
28:02ce bonheur sans fin
28:04de vivre en France
28:05aujourd'hui.
28:06Avançons,
28:07mon général,
28:07si vous me le permettez,
28:08et parlons d'une menace
28:09existentielle pour la France
28:11qui est la lutte
28:13contre l'islamisme.
28:14Et vous en parlez
28:15dans votre livre,
28:17vous dites
28:17la deuxième véritable
28:18rupture stratégique,
28:20puisque vous parlez
28:20de nombreuses ruptures
28:21stratégiques
28:22dans votre livre,
28:25la deuxième véritable
28:25rupture stratégique
28:26depuis 1945
28:28survint brutalement
28:30le 11 septembre 2001.
28:32Il était la manifestation
28:33du fléau islamiste.
28:35J'ai pensé
28:36que ces attaques
28:36constitueraient
28:37un électrochoc
28:38suffisant
28:39pour le pays
28:40du monde libre.
28:41Je me suis trompé.
28:43Pourquoi considérez-vous
28:44que l'Occident
28:45n'a pas su répondre
28:46à ce tournant,
28:48à cette bascule
28:49de l'histoire
28:49avec un grand H
28:50le 11 septembre 2001 ?
28:53Parce qu'on a minimisé
28:55comme d'habitude,
28:56parce qu'on n'a pas
28:57les bonnes lunettes
28:58et qu'on a des tacticiens
29:00et on n'a pas
29:01des stratèges.
29:03Les tacticiens,
29:03ils gagnent les batailles.
29:05Ceux qui gagnent
29:05les guerres,
29:05c'est les stratèges.
29:07Et pour être un stratège,
29:08il faut avoir une vision,
29:09pour voir loin,
29:10il faut arrêter
29:11d'être tiré vers le bas
29:12et vers l'urgence
29:13de l'après-midi
29:13et la dépêche
29:14d'agence de l'après-midi.
29:16Donc,
29:17ce n'est pas nous
29:18qui avons été attaqués
29:19les premiers,
29:20ça a été effectivement
29:21les États-Unis.
29:22Ensuite,
29:23on est parti
29:24en Afghanistan.
29:25On voit le résultat final.
29:27La situation aujourd'hui
29:28est probablement pire
29:29que celle que nous avons connue
29:30quand nous sommes intervenus
29:32au début des années 2000.
29:34Donc,
29:35un échec,
29:36de mon point de vue,
29:36cuisant.
29:37Et puis,
29:38dès qu'il n'y a plus
29:40d'attentats,
29:41on voit bien
29:42qu'on ne parle plus
29:43du terrorisme
29:44ni samis radical.
29:45Certains sont même
29:46gênés.
29:48Je me souviens
29:49des premiers attentats
29:50en 2015,
29:51quand la première fois
29:52j'ai parlé du terrorisme
29:53islamiste radical,
29:54on m'a expliqué
29:55que le mot islamiste
29:57ne pouvait pas coller
29:58avec terroriste
29:59et que c'était une attaque,
30:01la stigmatisation.
30:03Donc,
30:04on a fait un peu de chemin,
30:05mais pas assez.
30:06La menace,
30:06elle est toujours là.
30:07On a des services
30:08exceptionnels
30:09de renseignement
30:10en France
30:10qui permettent aujourd'hui
30:12que nous soyons épargnés.
30:13Mais regardez
30:14ce qui se passe
30:14avec Daesh
30:16qui arrive en Afrique.
30:17Regardez
30:18la descente
30:19du terrorisme
30:19du nord vers le sud
30:20dans les pays africains.
30:22Ils sont aux portes
30:23de certains pays.
30:24Ça va faire mal.
30:26Je rappelle
30:26que l'Afrique,
30:27c'est notre arrière-cours.
30:29On l'a oublié.
30:30Tous les grands États
30:31sont dans la doctrine
30:34de Monroe,
30:34en quelque sorte,
30:35avec une capacité régionale
30:37d'extension.
30:38Et nous,
30:38l'Europe,
30:39on est en train
30:40de se corréler
30:40et on a oublié ça.
30:41Donc le terrorisme
30:43s'est mis radical,
30:44que ce soit
30:44des individus radicalisés
30:46ou des réseaux,
30:47il existe encore
30:48et il nous menace
30:50et il faut être vigilant
30:52et savoir
30:53qu'à l'intérieur
30:54de notre pays,
30:55aujourd'hui,
30:56vous avez
30:56les cellules dormantes.
30:58Éric Nolot.
30:58Vous parliez
30:59d'électrochocs
31:00avec le 11 septembre,
31:00ça c'est aux États-Unis,
31:02mais les électrochocs
31:03ils n'ont pas manqué
31:03en France.
31:04Il y a eu Charlie,
31:05il y a eu le Bataclan,
31:06il y a eu Nice,
31:07il y a eu des dizaines d'affaires.
31:08Comment vous expliquez
31:09qu'en effet,
31:10on ne peut pas parler
31:11d'électrochocs
31:11puisqu'il n'a pas lieu en fait.
31:13Il y a eu une émotion
31:13sur le coup
31:14et puis ça disparaît
31:15assez vite.
31:16Vous n'aurez pas ma haine,
31:16des fleurs,
31:17des nounours,
31:17mais rien de plus.
31:18Toujours la même chose
31:19et vous avez raison,
31:21moi j'ai vécu
31:22ces attentats,
31:22j'étais chef d'état-major
31:23donc je les ai
31:24dans ma chair
31:25et je n'ai pas oublié.
31:28Mais la société française,
31:30moderne,
31:31mondialisée,
31:33événementielle,
31:35sur le court terme,
31:36le temps présent,
31:37a complètement perdu
31:41cette capacité de mémoire
31:43et nos gouvernants
31:45n'ont pas l'air
31:46de s'intéresser à la mémoire.
31:48Ils font des anniversaires
31:49mais c'est ponctuel,
31:50c'est événementiel.
31:52Mais quand vous voyez
31:52la politique de mémoire
31:53pour le 11 novembre,
31:54le 8 mai,
31:55tout ça,
31:56il n'y a plus personne,
31:56je raconte ça dans mon livre,
31:58cérémonie du 11 novembre
31:59l'année dernière,
32:00dans mon village,
32:01j'ai été sidéré
32:03quand j'étais petit,
32:04il y avait tout le village,
32:05plusieurs centaines de personnes
32:07et la rue était bloquée.
32:10Là, on voyait la circulation,
32:11les gens ahuris
32:12de voir qu'est-ce qui se passe
32:13au monument aux morts
32:14avec une gerbe.
32:15Non, il faut retrouver
32:17le sens de la mémoire.
32:19Et quant au terrorisme
32:20islamiste radical,
32:21à mon avis,
32:22ils vont se rappeler
32:23à notre bonne mémoire
32:25assez rapidement.
32:27Quand vous voyez
32:27la politique d'expansion
32:29des frères musulmans
32:30en Europe,
32:31je pense qu'il y a
32:32tout lieu de s'inquiéter
32:33et nous devrions,
32:34nous devrions
32:35cultiver cette mémoire
32:37au service
32:38de l'amour de la France.
32:40Précisément,
32:41il n'y a pas d'amour
32:43de la France
32:43sans l'histoire de France.
32:45Alors là,
32:45c'est pire maintenant.
32:46Quand on parle
32:47d'histoire de France,
32:48il faut faire repentance
32:49et on nous parle
32:50des pages noires
32:52de l'histoire.
32:52Il n'y a que ça
32:53qui compte.
32:54Alors, je ne sais pas
32:54comment ils font ces gars-là
32:55pour gagner
32:56des campagnes électorales
32:57mais pour gagner
32:58des campagnes électorales,
32:59il vaut mieux parler
33:00des belles pages.
33:01Mon général,
33:02je voudrais qu'on revienne
33:03sur ce que vous avez dit
33:04sur l'Afghanistan.
33:05Vous avez dit
33:05qu'on est intervenu
33:06en Afghanistan,
33:07la situation est peut-être
33:08pire aujourd'hui.
33:09On peut penser aussi
33:10à la Libye,
33:12on pense à la Syrie
33:12et on sait à quel point
33:14aujourd'hui la Syrie,
33:15malgré l'intervention
33:17et la guerre en Syrie,
33:18il y a une nouvelle fièvre
33:20islamiste
33:21qui se propage.
33:22J'aurais pu parler
33:23également du Mali.
33:24Tant d'interventions
33:25françaises
33:27qui ont été sur
33:28l'instant
33:29une réussite parfois
33:31et sur le temps long
33:33un échec.
33:34Comment l'expliquer,
33:35mon général ?
33:36Parce que
33:36l'action militaire
33:38ne résout pas
33:40tous les problèmes.
33:41Elle présente
33:42un avantage
33:43au plan politique,
33:44c'est qu'elle est efficace,
33:46elle est organisée
33:47et en plus,
33:48les militaires
33:48nous obéissons
33:49au doigt et à l'œil.
33:51C'est notre honneur
33:52et notre loyauté.
33:53Mais si l'action militaire
33:55n'est pas précédée
33:57par une anticipation
33:58politique
33:59sur ce que l'on fait
34:00après,
34:02après notre action,
34:03et j'avais cette conversation
34:04souvent avec le président
34:05de la République,
34:06eh bien à ce moment-là,
34:08il manque la partie
34:09développement.
34:10La sécurité,
34:11c'est bien,
34:11mais s'il n'y a pas
34:12le développement,
34:13c'est-à-dire le bonheur
34:14qu'on apporte aux populations,
34:16eh bien dans le rapport
34:17de force,
34:18la population rebascule
34:19du mauvais côté.
34:20Le développement,
34:21c'est quoi ?
34:22C'est un État qui fonctionne,
34:24c'est de la justice,
34:25de l'éducation,
34:26de l'eau,
34:26des puits,
34:26de l'électricité,
34:27quelque chose de tangible
34:28pour que la vie
34:29soit meilleure après.
34:31Et une intervention,
34:33quand elle n'est que militaire,
34:36eh bien elle se termine
34:37toujours par
34:38ce sont les envahisseurs
34:39et ça se termine mal.
34:41Il faut toujours coupler
34:42la sécurité et le développement
34:44dans l'espace,
34:46au même endroit,
34:47et dans le temps,
34:48au même moment.
34:49Jules Torres,
34:50parce que c'est vrai
34:50que c'est un peu
34:51ce qu'on ressent
34:51dans votre livre.
34:52Vous parlez finalement
34:53d'une Europe et d'une France,
34:54des incantations,
34:55cette France et cette Europe
34:56qui est capable
34:56de faire des réunions,
34:57qui est capable
34:58de faire des sommets,
34:59qui est capable
34:59de faire des conférences,
35:00qui est capable
35:00de taper du poing
35:02sur la table,
35:02mais finalement après,
35:03il y a assez peu
35:04de conséquences
35:05et on le voit
35:05sur la politique intérieure.
35:06Vous avez parlé de guerre,
35:07mais c'est vrai
35:07qu'on a l'impression
35:08quand on écoute
35:08le président de la République
35:09qu'il fait la guerre
35:10au narcotrafic,
35:11la guerre aux frères musulmans,
35:12la guerre à la criminalité organisée,
35:14la guerre à la Russie
35:15de M. Poutine
35:16et à tout un tas
35:16d'autres pays,
35:17mais finalement,
35:18à force de déclarer la guerre
35:19face à tout le monde,
35:20on ne la fait plus
35:20face à personne.
35:22Oui, alors,
35:23ça a commencé
35:23par la guerre
35:24contre le Covid,
35:25donc vous oubliez
35:26cet épisode.
35:28Oui,
35:28le vocabulaire guerrier
35:30est redevenu à la mode.
35:31Et contre les gaulois
35:31à la salle de terre.
35:32C'est assez étonnant
35:34et utilisé un peu
35:36à toutes les sauces.
35:38Nous,
35:38on fait attention,
35:39les militaires,
35:40parce qu'on fait la vraie,
35:41on ne fait pas la guerre
35:42virtuelle sur les moquettes.
35:44Donc,
35:45oui,
35:45il faut faire attention
35:47à l'utilisation des mots
35:48et surtout,
35:49moi,
35:50ce que je note
35:50plus globalement
35:51au-delà de la guerre,
35:54il faut toujours
35:55qu'il y ait une cohérence
35:56absolue
35:57entre ce que l'on dit
35:59et ce que l'on fait.
36:00Et c'est une des difficultés
36:02de nos démocraties européennes,
36:03c'est qu'aujourd'hui,
36:04les dirigeants annoncent
36:05des choses,
36:07mais derrière,
36:08il n'y a rien qui arrive.
36:09Et c'est peut-être pour ça
36:09que Donald Trump
36:10est aujourd'hui
36:10un révélateur
36:11pour les Européens.
36:12Et les populations,
36:13du coup,
36:13disent
36:13on ne comprend plus rien
36:15parce qu'en fait,
36:16ce n'est pas du tout
36:17ce qui a été annoncé.
36:18On ne voit rien venir.
36:20Et une des novasions
36:21entre guillemets
36:22de Donald Trump,
36:23c'est que quand il dit
36:24quelque chose,
36:25il lui arrive de le faire.
36:27Ce qui,
36:28pour nous,
36:29est assez nouveau
36:30puisque quand un homme politique
36:32est élu en Europe,
36:34dans son pays,
36:35il fait souvent,
36:37souvent,
36:37en tout cas parfois,
36:38l'inverse
36:39de ce pourquoi
36:39il a été élu.
36:40donc ce qu'il faut,
36:42en tout cas,
36:43moi,
36:43c'est ce à quoi
36:44je me suis toujours attaché
36:45parce qu'il faut dire
36:46la vérité aux soldats
36:48sinon ils ne comprennent pas
36:49et disent
36:49chef,
36:50on ne va pas vous suivre.
36:52Donc toujours,
36:53quand je disais quelque chose,
36:54je le faisais
36:55et quand je faisais quelque chose,
36:57je l'avais dit avant,
36:58il faut que ce soit parfaitement.
37:00Penser en homme d'action,
37:01agir en homme de pensée
37:02et dire ce que l'on fait.
37:04Je crois que c'est un des mots
37:05de la politique aujourd'hui
37:07et c'est vrai
37:08dans tous les domaines.
37:09et à propos de mots,
37:11M-O-T-S,
37:12il faut faire attention
37:13à l'utilisation
37:14des mots militaires
37:15parce qu'ils ont un sens
37:17et ça peut même
37:19être un sens dramatique.
37:21Et parfois,
37:21mon général,
37:22il est difficile
37:22de poser les bons mots
37:24M-O-T-S
37:24sur nos mots
37:25M-A-U-X
37:26et notre nouvelle thématique,
37:28c'est l'insécurité.
37:29Très rapidement,
37:30parce que je veux aussi
37:31qu'on ait un message
37:32et je sais que c'est important,
37:33vous voulez délivrer
37:34un message d'espérance
37:35notamment dans cette émission.
37:37Les bons mots
37:38à nos mots M-A-U-X
37:39c'est sur l'insécurité.
37:41Là aussi,
37:41vous en parlez,
37:42vous dites que l'insécurité
37:43n'est pas un sentiment
37:44mais une réalité.
37:45Les chiffres cette semaine
37:46sont tombés.
37:47Je voudrais juste
37:48vous donner celui-ci
37:49pour qu'on comprenne
37:50et qu'on prenne
37:50la pleine mesure
37:51de la situation en France.
37:53473 000 faits
37:54de violences physiques
37:56recensées en 2025,
37:58c'est 70% de plus
37:59en l'espace de 10 ans
38:00et c'est plus
38:01que la population
38:02de Nice,
38:03de Montpellier
38:03ou encore de Nantes.
38:05comment expliquez-vous
38:07ce déni
38:08d'une partie
38:09de l'élite,
38:09de la classe politique
38:10mais aussi
38:11de la classe médiatique ?
38:13On est revenu
38:15à une époque
38:15très balzacienne
38:16je trouve,
38:17il faut relire Balzac,
38:18c'est la comédie humaine
38:19et puis le poids médiatique
38:21avec les éléments
38:22de langage
38:22rajoute une petite couche
38:23quand même
38:24de double négation
38:25ou de billard
38:26à quatre bandes.
38:27Donc moi,
38:28je me sens étranger
38:28à tout ça.
38:30J'ai ma liberté,
38:31j'ai toujours dit
38:32ce que je pensais
38:33et ça m'a pas nuit.
38:35Ça s'est un peu gâté
38:35sur la fin
38:36mais globalement
38:37ça m'a pas nuit
38:38et je pense
38:39qu'il faut dire la vérité
38:40et sur l'insécurité
38:42excusez-moi
38:43mais franchement
38:44comment peut-on nier
38:46que l'insécurité augmente ?
38:50C'est pas possible.
38:52Ça se voit
38:53dans la vie quotidienne
38:54quand on prend
38:55le journal local
38:56quand on est incarné
38:58dans un pays,
38:59dans une région
39:00ce qui est mon cas
39:01en Vendée
39:01on voit bien
39:02il n'y avait
39:03aucune incivilité
39:05c'est le terme pudique
39:06maintenant
39:07pour la délinquance
39:08dans mon village
39:09aujourd'hui
39:10il y a des vols
39:11et les gens
39:12se méfient
39:13et se regardent
39:14donc non
39:15le pays
39:17en termes de sécurité
39:18s'est fortement dégradé
39:21alors ce qui m'ennuie
39:21moi c'est que
39:22la sécurité intérieure
39:23et la sécurité extérieure
39:24c'est éminemment lié
39:26aujourd'hui
39:26il y a une grande porosité
39:27on parlait du terrorisme
39:28on peut parler
39:29du narcotrafic
39:30et la délinquance
39:31s'appuie là-dessus
39:32donc comment peut-on
39:34se protéger
39:35de l'extérieur
39:36quand on est faible
39:36ou fragmenté
39:37ou fracturé
39:38à l'intérieur
39:38c'est une vraie question
39:39les deux sont profondément
39:41liés
39:42et c'est pour ça d'ailleurs
39:43que le régalien
39:45c'est défense
39:45sécurité
39:46justice
39:47là aussi
39:48il faut une justice
39:49qui soit effectivement
39:51réelle
39:52on ne peut pas avoir
39:53une peine
39:54et puis faire que la moitié
39:55et c'est peut-être
39:57aussi pour ça
39:58que les délinquants
39:59en France
39:59n'ont pas la main
40:00qui tremble
40:01lorsqu'ils vont voler
40:02casser
40:02piller
40:02ou s'en prendre
40:03parfois aux forces
40:04de l'ordre
40:05c'est parce qu'il y a
40:05une faiblesse
40:06de l'état
40:07c'est du bon sens
40:08mon général
40:08c'était une promesse
40:10que je vous ai faite
40:11chose promise
40:11chose due
40:12je veux qu'on parle
40:13de l'âme française
40:14vous dites
40:14je suis profondément
40:16habité par une espérance
40:17farouche
40:18cette petite flamme
40:19chère
40:20à Péguy
40:21elle ne déçoit jamais
40:22je crois
40:23en l'âme française
40:25qu'est-ce que ça veut dire
40:26l'âme française
40:27tout simplement
40:29j'ai dévoué
40:31j'ai dévoué ma vie
40:33à la France
40:33pendant 43 années
40:34et vous savez
40:35quand on est militaire
40:36on sait que ça peut
40:37aller jusqu'au sacrifice
40:38suprême
40:39donc on réfléchit
40:40à tout ça
40:40quelle est cette grande
40:41cause que la France
40:42moi j'aime
40:44j'aime la France
40:44j'aime les français
40:45j'aime ce génie français
40:47qui est fait de paradoxes
40:49j'aime le gaulois
40:50qui est parfois
40:51un peu
40:52emmerdeur
40:53j'aime tous les français
40:55dans leur diversité
40:56quelle que soit
40:57leur origine
40:58quelle que soit
40:59leur génération
41:00quel que soit
41:01leur niveau
41:03leur milieu sociaux
41:04et
41:05l'armée m'a appris ça
41:07vous savez
41:07il y a 25 000 jeunes
41:08qui rentrent tous les ans
41:09dans l'armée
41:10on en fait
41:11un tout
41:12uni
41:12et on les amène
41:13jusqu'au bout
41:14si nécessaire
41:15et donc
41:16c'est ça
41:17l'âme française
41:18c'est ce génie français
41:19qui fera que
41:20nous allons nous en sortir
41:22ce qui m'inquiète
41:23c'est que ça serait mieux
41:24de ne pas passer
41:25par la case défaite
41:26comme quand même
41:27depuis deux siècles
41:29mais
41:30même
41:30si on passe
41:31par une rupture
41:32violente
41:33ou une défaite
41:34on s'en sortira
41:35dans mes déplacements
41:36je note ce génie français
41:38chaque fois
41:39je rentre à Paris
41:40où en Vendée
41:41je me dis
41:41j'ai vu des types
41:43géniaux
41:44j'ai vu des filles
41:45incroyables
41:46ces gens là
41:47ce sont des patriotes
41:48ils se battront
41:49ils sortiront du bois
41:50ils sont attachés
41:51à l'âme française
41:53au drapeau français
41:54à notre histoire
41:56à notre géographie
41:57à notre culture
41:58à notre gastronomie
41:59à nos industries
42:01nos ingénieurs
42:02sont extraordinaires
42:03nos entreprises
42:0350% de charge obligatoire
42:05et après
42:06il faudrait faire
42:07repentance
42:07mais qu'est-ce que c'est
42:09que c'est dépressif
42:10non moi j'aime la France
42:11et je suis plein d'espérance
42:13et bien écoutez
42:14merci général
42:15Pierre de Villiers
42:16pour le succès
42:18des armes de la France
42:19d'être venu pendant une heure
42:20nous apporter
42:21ce shoot d'espérance
42:22de patriotisme
42:24cet élan
42:25optimiste
42:28et positif
42:28parce que vous savez
42:30que vous êtes face
42:30à un homme
42:31qui a créé par exemple
42:32un parti
42:33et une doctrine
42:35c'est tout est foutu
42:36donc ça fait du bien
42:37aussi de terminer
42:38un week-end
42:38en se disant
42:39bah c'est pas si sûr
42:40que ça
42:40il nous reste 20 secondes
42:41cher Eric
42:42mais ce sera le mot
42:42de la foi avec vous
42:43vous voyez en général
42:43que les vendéens
42:44sont très divers
42:45dans leur appréciation
42:46de la situation
42:47mais j'espère
42:48de tout coeur
42:49pour la France
42:49que vous avez raison
42:50et que j'ai tort
42:51oui oui
42:52en un mot
42:53moi j'y crois
42:54et je crois
42:55au génie français
42:55nous sortirons
42:57de cette difficulté
42:59pour ne pas dire
43:00au chaud
43:00dans lequel nous sommes
43:01merci beaucoup
43:02de m'avoir invité
43:03vous esserez toujours
43:03le bienvenu
43:04sur ce plateau
43:05et c'était l'heure des pros
43:06mais c'était aussi
43:07l'heure des valeurs
43:08vous avez parlé
43:08de loyauté
43:09de courage
43:09vous avez parlé
43:11de fidélité
43:12vous avez parlé
43:12de rigueur
43:13de travail
43:14et c'est important
43:16aussi
43:16de pouvoir
43:18entendre ces valeurs
43:19sur ce plateau
43:20ce dimanche
43:20merci cher général
43:21merci à vous
43:22merci à tous les trois
43:23c'était un plaisir
43:24merci à Julien Duroux
43:25qui a préparé cette émission
43:26à toutes les équipes techniques
43:27en régie
43:27dans un instant
43:28c'est en quête d'esprit
43:30l'âme française
43:31qui se poursuit
43:32à tout de suite
43:33c'est en quête
43:34c'est en quête
43:35c'est en quête
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