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  • il y a 4 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19 mon invité, c'est le général Pierre de Villiers,
00:14l'ancien chef d'état-major des armées. Bonsoir général.
00:17Bonsoir madame.
00:17Merci d'être avec nous, vous publiez pour le succès des armes de la France,
00:21chez Fayard. Juste rappelez-nous pourquoi cette formule ?
00:25Parce que cette formule, c'est celle qui est prononcée lors de chaque passation de commandement,
00:30quand quelqu'un prend un commandement depuis le grade de capitaine jusqu'à général.
00:35La formule se termine pour le succès des armes de la France,
00:38et c'est cette formule que j'utilisais souvent pour terminer moi-même mes interventions
00:43quand j'étais chef d'état-major des armées.
00:45Et on va voir que dans votre livre, on voit que ce succès des armes de la France n'est pas évident.
00:50Vous publiez donc ce livre qui n'est pas très épais, c'est votre cinquième livre,
00:54mais à chaque fois, vous ne manquez pas votre cible.
00:56En tous les cas, c'est ça qui en ressort.
00:59Première question, je ne sais pas si vous avez regardé un peu l'actualité,
01:02on voit sur l'accord du Mercosur, on voit que l'Europe a envie de signer,
01:05la France n'a pas envie de signer.
01:06Sur l'industrie automobile, finalement, il y a un assouplissement à l'Union Européenne,
01:10mais parce que les Allemands ont fait le forcing sur le plan de l'énergie,
01:14de l'énergie nucléaire, on voit que la France a du mal à imposer sa voie.
01:18Est-ce que de manière générale, vous diriez qu'un peu la faiblesse,
01:22de notre puissance économique fait que la voie de la France est affaiblie en ce moment
01:27et qu'on peut retrouver cet affaiblissement dans la défense française ?
01:32Oui, la voie de la France est affaiblie quand on voit notre situation financière,
01:37déjà avec 3500 milliards de dettes et 115% du PIB.
01:44Les spécialistes m'avaient expliqué il y a quelques années qu'au-delà de 100%,
01:48c'était gravissime. Quand vous voyez la situation économique avec nos entreprises,
01:53avec le poids des charges obligatoires sur nos entreprises, c'est incroyable.
01:58Je suis moi-même chef d'entreprise maintenant et je m'en rends pleinement compte.
02:02On ne peut pas dire que ça encourage l'initiative et la créativité.
02:05Quand vous voyez la France et l'Europe abandonnées par les États-Unis au plan stratégique,
02:12nous en reparlerons peut-être, c'est vrai qu'il y a de quoi s'inquiéter.
02:18Mais à la fois, le génie français existe toujours.
02:21Je me déplace toutes les semaines.
02:24Je vois des entreprises partout dans toute la France.
02:27Et nous avons une qualité d'ingénieur, de manager dans nos entreprises exceptionnelle.
02:33Alors vous faites très attention, on le voit, et on ne va pas parler de politique ici,
02:38le général Pierre de Villiers, mais on voit bien, vous parlez de puissance économique, financière.
02:44Mais est-ce que finalement, quand même, ce qui manque à la France,
02:47c'est peut-être un leadership, quel que soit le domaine ?
02:53Alors ce qui manque, c'est plusieurs choses peut-être.
02:56D'abord, une vision. Les chefs d'entreprise savent ça.
03:00On ne peut pas avancer sans vision.
03:02Ensuite, il faut une stratégie pour mettre en œuvre cette vision.
03:06Et ensuite, il faut une autorité et un leadership pour être crédibles.
03:11C'est ce qui manque ?
03:12C'est ce qui manque.
03:13Évidemment, aujourd'hui, il y a un fossé qui s'est creusé entre les dirigeants et les citoyens.
03:20Ce fossé est de plus en plus profond.
03:22Il se manifeste lors des élections avec l'abstention,
03:26mais surtout les votes de protestation qui grandissent chaque jour.
03:30Et il faut dire que le spectacle politique auquel nous assistons est quand même très affligeant.
03:35Et est-ce que vous êtes rassuré lorsque vous voyez les années à venir ?
03:39Ou au contraire, vous êtes de plus en plus inquiet ?
03:42Je ne suis pas vraiment rassuré.
03:44Sinon, je n'aurais pas écrit ce livre.
03:46Ce n'était pas mon intention initiale.
03:47Mais je garde l'espérance parce que je reste persuadé que la France a des ressources.
03:54Aujourd'hui, les Français commencent à avoir peur.
03:56La peur fait réagir.
03:58Il manque le courage.
03:59Le courage fait décider.
04:01Et ensuite, c'est le sursaut qui nous fera gagner.
04:03Voilà les trois états que je décris dans mon livre.
04:05Oui, mais il faut avoir des hommes, des leaders.
04:07Parce que vous y faites tout le temps allusion.
04:10Même, vous dites à un moment, c'est simple, vous avez même une phrase,
04:13lorsque vous parlez du football, parce qu'on sait que vous aimez beaucoup le football,
04:16vous dites, attendez, quand le football, l'équipe ne marche pas,
04:19qu'est-ce qu'on fait ?
04:20On change l'équipe, on change les dirigeants, on change même la structure.
04:24C'est vous qui l'écrivez, ce n'est pas moi qui l'ai dit.
04:25Oui, mais tout à fait, il n'est de richesse que d'hommes.
04:28Je crois que les organisations ne valent que par les hommes.
04:31Et incontestablement, la France a les hommes.
04:37Et dans l'histoire de France...
04:38La France a les hommes.
04:39Oui, bien sûr.
04:41La France a les hommes.
04:42Mais peut-être que ces hommes-là ne veulent plus, aujourd'hui,
04:46prendre des responsabilités d'ordre politique,
04:48pour des raisons qui se comprennent.
04:50On le voit bien.
04:51Mais dans l'histoire de France,
04:53la France est toujours redressée.
04:56C'est la rencontre entre des circonstances et des hommes.
04:58Oui, espérons que vous avez raison.
05:00On va revenir sur votre terrain, sur le terrain militaire,
05:03le terrain de la défense.
05:05Il y a quelque chose qui est très intéressant,
05:07c'est lorsqu'on regarde ce qui se passe du côté allemand
05:09versus côté français,
05:11avec toutes les difficultés autour du vote du budget de l'État,
05:15du PLF, est-ce qu'il va être voté ou pas ?
05:17Est-ce que le budget militaire va être voté ou pas ?
05:21C'est pour la première fois en 2026,
05:23pour la première fois,
05:24le budget allemand de la défense sera quasiment deux fois plus élevé
05:28que son équivalent français.
05:30L'investissement total sera de presque 110 milliards d'euros.
05:35Ça fait un peu froid dans le dos ?
05:37C'est inquiétant ou c'est rassurant ?
05:39Écoutez, c'est une bonne chose que les pays européens réarment.
05:43Ça, je ne peux que m'en réjouir.
05:46Après, il faut que la France en tire les conséquences.
05:50On ne peut pas rester avec ce faux réarmement que nous affichions.
05:55Puisque depuis...
05:57Un faux réarmement ?
05:58Bien sûr, mais oui.
05:59Nous sommes passés de 32 milliards à 50 milliards.
06:02Aujourd'hui, nous sommes à 50 milliards.
06:04Donc nous avons gagné 18 milliards.
06:06Sur les 18 milliards, il y a 8 milliards de reports de charges.
06:09Donc ça, c'est les entreprises qui n'ont pas été payées à hauteur de 8 milliards.
06:12Et ensuite, vous enlevez l'inflation.
06:14Il ne vous reste plus grand-chose.
06:15Quand vous enlevez à peu près 1 milliard par an donné à l'Ukraine, etc.
06:21Donc je crois qu'il faut afficher la réalité.
06:25La vérité, c'est ça que moi j'appelle de mes voeux.
06:28Alors, je pense que d'ici 2035, il faut un effort sur 10 ans à 5 milliards par an.
06:35Parce qu'au-delà de 5 milliards, on aura des difficultés pour les dépenser avec notre industrie.
06:39Donc 5 milliards par an, ça fait quoi ?
06:42Ça fait 50 milliards au mieux sur 10 ans.
06:45Mais quand vous regardez l'effort allemand, on n'est pas du tout à la hauteur.
06:48Oui, alors ça fait un modèle à 100 milliards.
06:51C'est déjà bien.
06:52Parce qu'à 100 milliards, vous pouvez quand même augmenter le nombre de matériel majeur
06:56et garder la cohérence du modèle.
06:57Oui, mais dans 10 ans.
06:58Oui, mais les Allemands vont avoir une difficulté.
07:01C'est que les Allemands, dans leur loi fondamentale, ne peuvent pas faire la guerre.
07:05Donc il va falloir qu'ils changent leur loi fondamentale.
07:07Ensuite, ils ont perdu cette culture de l'opération.
07:13Et une culture, ça ne se change pas en quelques années ou avec des euros.
07:17Ça ne suffira pas.
07:18Il faudra qu'ils réapprennent le métier militaire opérationnel.
07:22Et ça, ce n'est pas que du défilé.
07:23Oui, mais attendez, si moi j'ai bien lu votre livre attentivement,
07:27vous dites, c'est vous-même qu'il le dit,
07:29mais l'armée française, elle est faite pour des opérations extérieures,
07:33elle n'est pas faite pour faire la guerre.
07:35Exactement.
07:35Donc nous aussi, on a un problème de culture, comme vous dites.
07:38Non, ce n'est pas un problème de culture, c'est un problème de moyens.
07:41Il nous manque la capacité à durer.
07:44La guerre, c'est dur.
07:45On le voit avec les consommations de munitions en Ukraine.
07:48Nous n'y sommes plus du tout.
07:49Nous avons détruit toutes nos usines de munitions,
07:51notamment à l'époque de la Revue générale des politiques publiques.
07:54Je rappelle, entre 2010 et 2016, en 6 ans, nous avons supprimé près de 50 000 postes,
08:01soit 25% des effectifs.
08:04Mais nous sommes capables de faire la guerre, mais des opérations de guerre,
08:08parce que nous n'avons pas la capacité et l'épaisseur.
08:10Il nous faut plus d'effectifs, il nous faut plus d'équipements,
08:13il nous faut évidemment plus de munitions, de logistique, de pièces de rechange.
08:17Oui, il faut tout, j'ai envie de dire.
08:19On va revenir là-dessus.
08:20Juste encore un point sur l'Allemagne, qui n'attend pas la France.
08:23Berlin vient d'autoriser, c'était il y a quelques heures,
08:26le développement d'un nouveau char de combat.
08:28J'imagine que vous avez regardé ça en comparaison avec Reine-Mettel et KNDS.
08:34Ça veut dire qu'un nouveau char, en attendant le char qu'on doit construire avec les Français,
08:38mais ça c'est dans 20 ans, ils ne nous attendent pas.
08:41Ils y vont sans nous.
08:42Oui, c'est l'ambiguïté dans laquelle nous nous trouvons.
08:47On veut construire une Europe fédérale, sans le dire,
08:50en fusionnant les armées françaises,
08:51avec cette expression totalement impropre d'armée européenne,
08:55alors que ce qui marche, évidemment, c'est ce que j'appelle de mes voeux,
08:59c'est une coopération européenne de défense,
09:01avec des projets concrets, inter-étatiques, à géométrie variable.
09:06Et c'est vrai que le grand risque, c'est que les Allemands ne nous attendent pas.
09:10Mais attendez, ça ne marche pas sur le char, ça ne marche pas sur le scaf,
09:14sur l'avion militaire, ça ne marche pas.
09:17Mais ça ne marche pas, c'est bien mon constat, et je le regrette.
09:21Parce que la coopération européenne est nécessaire,
09:24à la condition qu'elle soit plus efficace au plan opérationnel,
09:28que ce soit moins cher, évidemment,
09:30et que ça ne détruise pas nos industries réciproques.
09:33Mais ça veut dire que la France n'a plus tellement,
09:35c'est presque ma première question,
09:37n'a plus les moyens, la force,
09:40d'imposer un peu sa vision stratégique.
09:44La France a encore la meilleure armée en Europe,
09:47au plan opérationnel,
09:48parce que le but d'une armée, c'est quand même les opérations.
09:51Et ça, c'est encore le cas,
09:53nous avons une belle armée aujourd'hui,
09:54avec des soldats marins, aviateurs,
09:57je n'en doute absolument pas,
09:59qui iraient jusqu'au sacrifice suprême,
10:00si c'était nécessaire, y compris sans avoir les moyens.
10:04Mais il faut, c'est quand même l'honneur de notre pays
10:07de leur donner les moyens nécessaires à l'exécution des missions.
10:11Et la guerre, c'est dur.
10:12Je rappelle un chiffre.
10:14Aujourd'hui, il y a beaucoup de journées en Ukraine
10:17où il y a mille morts, mille morts.
10:20C'est une boucherie, la guerre moderne.
10:23On le voit bien avec les nuages de drones
10:25et toutes ces révolutions technologiques auxquelles nous avons assisté.
10:27Je reviendrai un peu sur la question de la guerre.
10:32Est-ce qu'il faut savoir nous battre ?
10:33Est-ce qu'il faut accepter l'idée de perdre ses enfants ?
10:36On va revenir sur toutes ces déclarations.
10:38Juste, vous écrivez dans votre livre,
10:40il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt,
10:43il peut être dramatique d'avoir raison trop tard.
10:46Vous aviez raison, vous estimez ?
10:48Est-ce qu'il est trop tard ?
10:50Oui, ça paraît un peu orgueilleux de dire
10:52que j'avais raison en 2017,
10:54mais dans mon désaccord avec le président de la République,
10:58est apparu le désaccord budgétaire,
11:00mais le désaccord budgétaire,
11:02c'était le contenu physique qui était en désaccord,
11:04c'est-à-dire un réarmement que j'estimais
11:07beaucoup plus rapide que ce qui a été prévu
11:10et que ce qui a été fait.
11:12En réalité, on a bouché les trous,
11:14on avait laminé notre modèle de défense
11:17depuis la chute du mur de Berlin,
11:19en savourant les délices des dividendes de la paix.
11:22On n'a pas vu que les États-puissances
11:24augmentaient de 5 à 10% par an leurs armées
11:27et que le terrorisme islamiste radical
11:30était une menace durable et mondiale.
11:32Et on est maintenant dans cette situation
11:34où on découvre que les Américains
11:37vont appliquer leur stratégie,
11:39qui n'est pas nouvelle,
11:40d'America first et d'abandon de l'Europe
11:43pour se tourner vers la Chine,
11:45leur adversaire potentiel.
11:46Donc, c'est de la myopie politique
11:49et c'est pour ça que je suis parti.
11:51Alors, il n'est jamais bon d'avoir raison trop tôt.
11:53Vous avez claqué la porte le 17 juillet 2017.
11:57Oui, ce qui me fait peur,
11:59c'est d'avoir raison trop tard.
12:01On a déjà des expériences malheureuses,
12:03quand même, dans l'histoire de France.
12:05Il n'y a rien à voir entre la situation
12:07de 1870, 1914 et 1939.
12:10On est d'accord.
12:11Mais il y a un point commun
12:12dans ces trois cas.
12:14Crise économique, crise politique, crise sociale,
12:17crise financière, endettement massif,
12:19incapacité de réarmer, défaite.
12:21Dans les trois cas,
12:22ça a commencé par la défaite.
12:24Alors, j'avais dit,
12:25dans cette fameuse audition parlementaire,
12:27c'est un peu inquiétant ce que vous nous dites.
12:28J'avais dit que je ne serais pas
12:29le général Gamelin du XXIe siècle,
12:30je ne regrette pas ses propos.
12:32Et attention à ce qui va se passer désormais.
12:35Il est urgent de passer la surmultiplier.
12:38C'est l'objet de mon livre.
12:39Il faut être conscient
12:41de la gravité de la situation
12:43et changer notre braquet.
12:46On va revenir là-dessus
12:47parce que d'abord,
12:48il y a ce qui se passe en ce moment
12:50en Ukraine.
12:51On a l'impression que c'est un peu
12:52la paix de Trump ou rien.
12:54Vous nous direz comment vous voyez les choses.
12:57Juste, dans le prologue de votre livre,
12:59vous racontez votre démission,
13:01ce qui s'est passé à l'hôtel de Brienne
13:03avec Emmanuel Macron qui dit
13:05« Je suis le chef », etc.
13:06On vous voit des sujets filés
13:08pour ceux qui nous regardent la télévision.
13:09Ça, c'était le 14 juillet.
13:11Lui venait d'être nommé.
13:13Est-ce que...
13:14Et vous avez passé deux heures avec lui.
13:17J'ai deux questions.
13:18La première,
13:19maintenant, il y a un peu prescription.
13:21Est-ce que vous pouvez nous dire
13:22quand même un peu la teneur de voix
13:23de cette réunion ?
13:25Il n'y a pas prescription du tout.
13:26Bon, si.
13:27C'était maintenant...
13:28La vie va vite.
13:29Ça tourne vite.
13:31Je comprends que cet entretien
13:33intéresse à la fois
13:36les journalistes et les Français.
13:38mais dans l'armée,
13:40nous avons gardé une chose,
13:41c'est le sens de la confidentialité.
13:44Oui, mais maintenant,
13:45honnêtement, il y a prescription.
13:47Cette conversation restera
13:48entre le président de la République et moi.
13:51Et ça me paraît tout à fait normal.
13:53Le chef des armées,
13:53son chef d'état-major.
13:55Et la deuxième question,
13:58c'est...
13:58Lui venait d'être nommé.
14:00Donc, il avait un côté
14:01un peu tout feu, tout flamme.
14:02Vous voyez bien,
14:03on est quelques années plus tard.
14:05Le président Macron
14:05est un tout petit peu moins
14:06tout feu, tout flamme.
14:08Est-ce que vous diriez
14:09que peut-être
14:10si ce qui s'est passé,
14:12vos désaccords,
14:13si ça se passait aujourd'hui,
14:15l'issue n'aurait pas été
14:16celle-là ?
14:19Ça, je ne sais pas.
14:20Le fait qu'il soit peut-être jeune,
14:22qu'il n'avait pas encore
14:22l'expérience du pouvoir ?
14:24Je ne sais pas.
14:25Je pense en tout cas
14:26que j'ai pris conscience
14:29d'une chose
14:29à cette occasion.
14:31C'est que la fin
14:32du service militaire
14:33en 1995,
14:34c'est la fin
14:36de la fabrique
14:38d'une culture de défense
14:39chez nos responsables.
14:41Et à partir
14:42d'une certaine génération,
14:44et le président Macron
14:44incarne cette nouvelle génération,
14:47à part quelques heures
14:48à l'ENA
14:49ou à Sciences Po,
14:50quelques heures,
14:52ils n'ont plus
14:52de culture de défense
14:53et très peu
14:55de culture
14:55de relations internationales,
14:58d'histoire
14:58des relations internationales.
15:00Et donc,
15:01il est clair
15:02que les armées
15:03sur ce plan
15:04doivent être
15:05très vigilants
15:06à cette nouvelle situation
15:07pour,
15:09lorsqu'il y a
15:09de nouveaux responsables
15:10politiques
15:11qui s'installent,
15:12être capables
15:13de leur donner
15:14le plus vite possible
15:15le sens
15:16de cette culture
15:18de défense.
15:19C'est capital.
15:21C'est une nouvelle génération
15:22qui n'a pas
15:24cette culture.
15:24Les temps ont un peu changé.
15:26En France,
15:27en plus,
15:27le président de la République
15:29est le chef des armées.
15:32Ce qui lui confère
15:33quand même
15:34des responsabilités majeures
15:35dans la conduite
15:36des opérations,
15:37c'est-à-dire
15:37la vie des soldats
15:38et dans la dissuasion
15:41nucléaire.
15:42Et donc,
15:43tout ceci
15:44doit être pris en compte.
15:46Après,
15:46on peut discuter,
15:47je fais une proposition
15:48dans mon livre
15:49à propos du service
15:51militaire volontaire
15:53qui a été annoncé
15:54par le président
15:54qui est une bonne mesure
15:55que je soutiens.
15:56on pourrait imaginer
15:58pour les grandes écoles,
16:00à l'instar
16:00de ce qui se passe
16:01pour Polytechnique,
16:03qu'il y ait
16:04un service militaire
16:05obligatoire
16:06de dix mois,
16:07quatre mois
16:07de formation initiale
16:08militaire
16:09et ensuite,
16:10quelques mois,
16:12six mois
16:13d'encadrement
16:14des jeunes recrues
16:15qui arriveront,
16:16ce qui permettrait
16:17à ces dirigeants
16:18d'avoir une culture
16:18de défense,
16:20de parfaire
16:20leur exercice
16:21de l'autorité
16:22et puis peut-être
16:24d'avoir une relation
16:26personnelle
16:27avec le peuple
16:27de France
16:28que parfois
16:29ils ignorent
16:30par leur culture
16:30personnelle,
16:31leur éducation
16:32et leurs études.
16:33Général de Villiers,
16:35est-ce que,
16:36on va parler
16:37d'industrie de défense
16:38mais quand même
16:38un gros mot
16:40sur l'Ukraine,
16:42comment est-ce que
16:42vous voyez
16:43la suite ?
16:45Donald Trump
16:46dit
16:46qu'on n'a jamais
16:47été aussi prêt
16:48de trouver
16:51un accord de paix.
16:52Il dit à Zelensky
16:53qu'il faut trouver
16:54un accord
16:54avant Noël.
16:56On a l'impression
16:56que le calendrier
16:58c'est un Trump
17:00qui l'impose
17:01et deux,
17:01c'est sa paix
17:02qui l'impose
17:03quitte à ce qu'elle soit
17:04au détriment
17:04de l'Ukraine
17:05et de l'Europe.
17:07Oui,
17:08alors le moins
17:09qu'on puisse dire
17:09c'est que
17:10nous sommes derrière,
17:14nous ne sommes pas
17:14en pointe
17:15dans cette négociation.
17:16C'est clair.
17:17Ensuite,
17:19je pense que
17:22le président Trump
17:23a décidé
17:24que cette guerre
17:27avait trop duré
17:28et qu'il fallait
17:29instaurer la paix.
17:30Il a envie
17:31de se tourner
17:31vers la Chine,
17:33vers le Pacifique
17:33qui veut régler
17:34le problème
17:34en Europe avant.
17:37En tout cas,
17:37c'est l'impression
17:38que j'ai.
17:41Moi,
17:41je ne peux
17:42que me réjouir
17:43de cette paix
17:44parce que
17:44cette guerre...
17:46Oui,
17:46mais à quel prix ?
17:47Cette guerre
17:47est inepte.
17:49Nous allons probablement
17:50avoir un choix
17:51à faire
17:51entre la justice
17:53car il y a
17:55un agresseur
17:55et il y a
17:56des agressés
17:57et peut-être
17:58que cette paix
17:59ne sera pas
17:59totalement injuste
18:00et la paix.
18:01Et entre la paix
18:02et la justice,
18:04moi,
18:04je pense qu'il faudra
18:05choisir la paix.
18:06il y a deux points
18:07d'attention
18:08particuliers
18:08pour cette paix.
18:09Même si elle est
18:10injuste ?
18:10Ça veut donc dire
18:11perte de territoire ?
18:13Mais elle sera
18:14nécessairement
18:15un peu injuste
18:17pour l'Ukraine.
18:18On y va tout droit.
18:20On voit bien
18:20que
18:21beaucoup d'experts
18:23se sont trompés.
18:25Cette guerre
18:26était sans solution
18:27militaire.
18:28On ne pouvait pas,
18:29les Ukrainiens
18:30ne pouvaient pas
18:31la gagner.
18:31c'est ce que
18:32j'ai dit
18:33il y a trois ans
18:33et j'ai été accusé
18:35d'être un municois
18:36russophile.
18:37Russophile.
18:38Alors qu'on aurait
18:39arrêté il y a trois ans,
18:40on n'en serait pas là.
18:42Il n'y a pas
18:42de solution militaire
18:43à ce conflit.
18:45Et ça ne peut
18:46que mal tourner
18:47encore un peu plus.
18:48Il est temps
18:48d'arrêter.
18:49Et encore une fois,
18:51il y a deux aspects
18:52importants
18:52sur lesquels
18:53il faut être vigilant
18:53et je le sais
18:55que les diplomates
18:56le sont actuellement
18:57mais il faudra
18:58être ferme.
18:59C'est la gestion
19:00des territoires
19:01et les forces
19:02de garantie
19:03pour que ça
19:03ne recommence pas.
19:04Et sur les forces
19:05de garantie,
19:06il est inutile
19:06d'imaginer
19:07de mettre
19:07des troupes
19:08de l'OTAN
19:08en Ukraine.
19:09C'est le chiffon rouge
19:10pour la Russie.
19:11C'est pour ça
19:12qu'ils ont fait
19:12cette guerre.
19:14Je voudrais
19:14qu'on parle
19:14d'industrie
19:15de défense.
19:17Général Le Villier,
19:18l'industrie
19:18de défense,
19:19on voit bien
19:20qu'on a
19:20les meilleurs,
19:21on a les fleurons
19:22français,
19:23sont parmi les meilleurs
19:25dans l'industrie
19:25de défense mondiale.
19:27Ça se voit
19:27dans les exportations,
19:28ça se voit
19:28dans les commandes,
19:29etc.
19:30Un,
19:31est-ce que vous êtes
19:31d'accord
19:32avec mon affirmation ?
19:34Et deux,
19:34est-ce que
19:35l'industrie
19:36de défense,
19:36elle a les moyens
19:37de réarmer la France ?
19:39L'industrie
19:40de défense française,
19:41bien sûr.
19:42Oui,
19:42nous avons
19:43la base industrielle
19:44et technologique
19:45de défense
19:45la plus forte
19:46en Europe,
19:47incontestablement.
19:47C'est technologique,
19:48ça c'est important.
19:49Et nous avons su
19:50la préserver
19:51en partie
19:52grâce à la dissuasion
19:54nucléaire,
19:54car nous avons
19:55une dissuasion nucléaire
19:56intégralement autonome.
19:58y compris au plan industriel.
20:00Alors nous avons
20:01neuf grands groupes
20:02et puis nous avons
20:03surtout un tissu
20:04de PME
20:05exceptionnel.
20:06Avec,
20:07vous l'avez vu,
20:08nous sommes dans un
20:09paysage technologique
20:10très évolutif,
20:11l'informatique quantique,
20:13l'intelligence artificielle,
20:15les nuages de drones,
20:17la robotisation,
20:18tout ça évolue.
20:19Et nous sommes
20:20parfaitement capables
20:21de répondre
20:21à ces évolutions.
20:23La seule chose,
20:23c'est qu'aujourd'hui,
20:25les industriels
20:25attendent les commandes
20:26parce qu'ils attendent
20:29que Bercy
20:30lance la procédure,
20:32ils sont armopiés.
20:34Ils sont armopiés
20:35et donc il faut
20:36changer notre système.
20:38C'est le moment.
20:39Cette fameuse
20:39économie de guerre,
20:41il ne faut pas
20:41que ce soit une expression.
20:42On n'a rien changé.
20:43Une expression pour médias.
20:45Souvent vous dites
20:45rien dans votre livre.
20:46Les journalistes,
20:46vous ne les épargnez pas.
20:47Il n'y a pas
20:47d'économie de guerre du tout.
20:49S'il y avait une économie de guerre,
20:50on fusionnerait
20:51le trilogue
20:52DGA,
20:53délégation générale
20:54pour l'armement.
20:56Industriel
20:56qui fabrique
20:57et état-major
20:58qui donne
20:59les spécifications
21:02techniques et tactiques.
21:05On les fusionnerait,
21:05on ferait des équipes intégrées.
21:07On a su le faire
21:08au moment de l'Afghanistan
21:09pour les urgences opérationnelles.
21:11On chantait
21:11toutes les procédures.
21:13C'est ce qu'il faut faire.
21:14C'est ce qu'on a fait
21:15pour les Jeux olympiques
21:16et Notre-Dame.
21:17C'est les deux succès
21:18depuis huit ans.
21:19Il faut le faire.
21:20Mais à ce moment-là,
21:22ça veut dire
21:22qu'on croit
21:23à une hypothèse
21:24d'une guerre.
21:25Aujourd'hui,
21:26et je le dis
21:27dans mon livre,
21:29je ne suis pas sûr
21:30que les dirigeants,
21:31les élus français
21:32croient
21:33à une hypothèse
21:34d'une guerre.
21:35Je cite
21:35ce scénario
21:36où un matin,
21:37on va se réveiller
21:38à force de chatouiller
21:39les doigts de pied
21:40des dictateurs.
21:41On se prendra
21:42un missile de croisière,
21:43il y aura 50 morts
21:44et 300 blessés.
21:45On ne sera pas capable
21:46de dire
21:46d'où il a été tiré
21:47parce que nous n'avons pas
21:48l'alerte avancée,
21:50parce que nous n'avons pas
21:50pu la financer,
21:51tout simplement,
21:52et on ne sera pas capable
21:53d'arrêter le missile
21:54parce que nous n'avons pas
21:56de protection aérienne
21:57du type des patriotes.
21:59Nous en avons trop peu
21:59et en plus,
22:01une grande partie est partie
22:03en Ukraine.
22:04Donc,
22:05l'heure est grave,
22:06il faut passer
22:06la surmultiplier,
22:07mais nous avons
22:08la qualité d'ingénieur,
22:10la qualité d'entreprise,
22:12à la fois le tissu
22:13des PME
22:13et des grands groupes.
22:14Ils sont exceptionnels.
22:16alors,
22:17on attend quoi ?
22:18Il faut simplement
22:18les rassurer
22:20et leur donner
22:21une vision,
22:22une stratégie.
22:23Ils veulent,
22:24eux,
22:24savoir
22:25à plusieurs années
22:27s'ils s'engagent
22:28ou pas.
22:28Oui,
22:29mais il y a un point
22:29et ce sera le dernier point.
22:32Il faut qu'on...
22:34Eux,
22:34ils font du business,
22:36ce sont des industries.
22:38Donc,
22:38qu'est-ce qu'ils font ?
22:39Ils vendent à l'étranger,
22:41ils vendent moins à la France
22:42ou ils attendent
22:42les commandes de la France,
22:44non ?
22:44Vous êtes d'accord ?
22:44C'est exactement ça.
22:46Ils vivent par l'export
22:47et ils attendent
22:49le changement de portage
22:50stratégique de la France.
22:52Il faut passer
22:53d'une industrie de défense
22:54qui fabrique
22:55un peu pour la France
22:57et beaucoup pour l'export
22:58à une industrie de défense
23:00qui priorise la France
23:01parce qu'il y aura
23:02des commandes,
23:03parce qu'on relance
23:04la mécanique
23:05et parce qu'on va
23:07vers une mécanique de stock.
23:08On revient
23:09à une mécanique de stock
23:10comme à la grande époque
23:11avant la chute
23:12du mur de Berlin.
23:13Parce que sans stock,
23:14on ne gagne pas la guerre.
23:17Un mot pour conclure ?
23:19Vous êtes inquiet ?
23:21Vous êtes...
23:21Enfin, c'est...
23:22Parépeu par rapport à...
23:24Un mot qui est un mot d'espérance.
23:26Je termine mon livre
23:27par l'espérance
23:28parce que je...
23:29Ça rime avec France
23:30et je suis persuadé
23:31que nous avons les atouts.
23:33Mais il manque la volonté.
23:35Et cette volonté
23:36dans un pays
23:36qui est endetté,
23:38ça va être encore plus compliqué.
23:39Mais nous n'avons pas le choix.
23:41Le monde instable,
23:43volatile dans lequel nous sommes
23:44nous impose
23:47un changement de portage rapide.
23:48C'est pour ça que j'écris ce livre.
23:50Je veux que les dirigeants actuels
23:51et surtout les futurs dirigeants
23:52qui seront élus
23:54dans les mois et les années qui viennent
23:56prennent en compte
23:58comme priorité
23:59la défense
24:00pour le succès
24:01des armes de la France.
24:02Et je ne vous poserai pas la question
24:03de savoir
24:04si vous êtes prêts
24:05à assumer cette fonction.
24:07Merci beaucoup
24:08d'avoir été avec nous.
24:09Général Pierre de Ville.
24:09Merci madame de votre accueil.
24:10Donc ancien chef
24:12d'état-major des armées
24:13pour le succès
24:13des armes de la France
24:14et c'est donc publié
24:15chez Fayard.
24:16Merci beaucoup.
24:17Tout de suite,
24:17allez, on va préparer
24:18un peu les fêtes.
24:19Ça nous fera du bien
24:20avec Serge Layani
24:21qui est le président
24:22du marché international
24:23de Rengis.
24:23A tout de suite.
24:26Le 18-19
24:27d'Edwige Chevrillon
24:28sur BFM Business.
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