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  • il y a 7 semaines
Alexandre Loubet, député RN de Moselle, membre de la commission des Affaires économiques, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 16 décembre. Il a parlé de natalité, réindustrialisation, budget, et d'énergie, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Alexandre Loubet.
00:04Bonjour, vous êtes député Rassemblement National de Moselle, vous êtes membre de la Commission des Affaires Économiques
00:10et vous êtes conseiller spécial du président du Rassemblement National, Jordan Bardella.
00:14On va parler de réindustrialisation, on va parler d'énergie, de budget, mais je voudrais qu'on parle natalité.
00:18Est-ce que c'est notre actualité ce matin ? On a ces chiffres sur la grande bascule sur un an.
00:23Le nombre de morts en France est désormais supérieur au nombre de naissances.
00:27Notre question c'est qui va travailler demain ? Vous ne défendez pas évidemment la question migratoire.
00:32Vous ne poussez pas pour le fait qu'on ait plus d'immigrés dans le pays. Du coup, qui va bosser ?
00:37D'abord, merci pour votre invitation. Bonjour. De même qu'à ceux qui nous écoutent et nous regardent.
00:43Effectivement, un pays qui renonce à mener des politiques de natalité est un pays qui programme sa mort.
00:49Et nous le voyons bien cette année avec un sol négatif de près de 20 000, avec malheureusement davantage de décès que de naissances.
00:56Il n'y a aucun pays dans lequel les politiques de natalité fonctionnent ? Aucun ?
01:00Cela dépend. Cela dépend aussi des modalités et des politiques publiques qui sont menées.
01:04En France, il y a un véritable problème. C'est-à-dire que contrairement à de nombreux pays, le désir d'enfant est beaucoup plus important que le taux de fécondité.
01:11On a un désir d'enfant d'à peu près 2,5 par femme contre un taux de fécondité d'à peu près 1,4 ou 5.
01:16Ce qui signifie que cet écart démontre une véritable problématique qui est notamment essentiellement liée à la question du pouvoir d'achat,
01:24à la question de l'accès au logement qui est liée, mais aussi à la question de dans quelle vie allons-nous laisser notre enfant,
01:32notamment quand on voit l'ensauvagement de notre société.
01:34Donc évidemment, il s'agit d'une problématique qui est extrêmement diverse.
01:39Maintenant, ce que défend le Rassemblement National, c'est la mise en place, l'instauration d'une part fiscale pleine dès le deuxième enfant
01:46pour créer une incitation fiscale aux jeunes couples qui souhaitent avoir davantage d'enfants.
01:51Étonné, comme je l'ai dit, qu'il s'agit d'un problème du pouvoir d'achat.
01:53Nous considérons également qu'il nous faut desserrer les taux dans l'accès au logement
01:57parce qu'aujourd'hui, la contrainte normative est l'un des principaux freins dans l'accès au logement.
02:02Et on le voit bien, Lausanne limite la construction du nouveau bâti.
02:10Les DPE, avec l'interdiction des catégories G et F entre 2025 et 2030,
02:17vont priver de près de 17% de logements du parc locatif.
02:20On peut pousser les Français à faire plus d'enfants, c'est possible.
02:23Il s'agit d'incitation, évidemment.
02:25Je suis pragmatique, je vais changer les règles sur les questions d'immigration,
02:28contrairement à ce qu'elle avait promis pendant la campagne.
02:30et j'ouvre un peu les vannes parce qu'à un moment donné, il y a un besoin.
02:33Il va falloir financer les retraites.
02:34Il faut raisonner avec pragmatisme.
02:37Actuellement, chaque année, nous avons à peu près 500 000 immigrés légaux,
02:40je ne parle pas des clandestins, qui viennent dans notre pays.
02:43Sur les 500 000 qui viennent dans notre pays, un peu moins de 50 000,
02:46donc même pas 10%, viennent au motif du travail.
02:50Que viennent faire les autres ?
02:52Qui payent ? On ne sait pas.
02:54Si, le contribuable français.
02:55Donc la réalité, c'est qu'aujourd'hui, on sait que nous avons un taux de chômage
02:58qui est important en France, qui est en baisse certes,
03:01mais quand on prend en compte l'ensemble des catégories de chômeurs,
03:04on est à 5,5 millions de chômeurs.
03:06Moi, je vois qu'il y a à peu près 300 000 emplois vacants dans notre pays,
03:10ce qui signifie qu'il faut remettre la France au travail.
03:13Vous savez, on a un taux d'emploi qui est à 68%,
03:15les Pays-Bas, 82%.
03:17Si on avait le même taux d'emploi qu'aux Pays-Bas,
03:19il n'y aurait pas de déficit du système de retraite.
03:21Donc globalement, vous dites qu'il faut que les Français travaillent plus ?
03:25Non, il faut qu'il y ait davantage de Français qui travaillent.
03:28Les Français peuvent travailler plus s'ils le souhaitent.
03:30C'est la raison pour laquelle nous sommes favorables
03:31à la défiscalisation des heures supplémentaires.
03:35Je crois que c'est une incitation fiscale
03:36qui permet effectivement de récompenser par le mérite le travail.
03:40Nous y sommes bien évidemment favorables.
03:42Mais ce qu'il faut essentiellement, c'est relancer la croissance
03:46parce que la croissance seule permettra de remettre les Français au boulot
03:49et qui le veulent évidemment,
03:52étant donné que nous avons un taux d'écart extrêmement important
03:54et bien évidemment, ça nous permettra de résorber ce déficit des retraites
03:59qui est de plus en plus...
04:01Alors justement, c'est assez cocasse parce que ces chiffres de Linel,
04:03ils sont publiés le jour où on va adopter définitivement
04:05la suspension de la réforme des retraites.
04:08Sur le plan des retraites, aujourd'hui, que défend le Rassemblement national ?
04:11Est-ce que vous êtes prêts à dire aux Français pendant la prochaine présidentielle
04:14qu'il va falloir travailler plus ?
04:17La réforme des retraites portée par le Rassemblement national est très claire.
04:21Lorsqu'on a commencé à travailler avant 20 ans,
04:24on partira à taux plein avec 40 annuités et à partir de 60 ans.
04:30Lorsqu'on entre sur le marché du travail après 20 ans,
04:34il y a une progressivité de 40 à 42 annuités
04:37et un âge de départ légal de 60 à 62 ans.
04:40Vous savez, actuellement, avec la réforme d'Emmanuel Macron des retraites
04:43et d'Elisabeth Borne,
04:46en repoussant l'âge légal de départ à la retraite,
04:49il y a près de la moitié d'une génération
04:51qui arrive en âge de départ à la retraite sans travail.
04:56Ce qui signifie qu'ils vivent du RSA, du chômage, etc.
04:59Donc il y a une décote.
05:01Donc cette réforme entraîne une paupérisation des retraités, malheureusement.
05:05Mais vous ne m'avez pas répondu ?
05:06Par conséquent, je vous réponds là.
05:08Ce qu'il faut pour équilibrer notre système de retraite,
05:11c'est d'une part l'employé recourir au levier de la natalité,
05:16j'en ai parlé.
05:17Et d'autre part, le plus important, c'est la productivité et la croissance.
05:21Et si vous me laissez une petite minute, je peux développer le sujet.
05:24Alors comment on augmente la productivité ?
05:26Déjà, je suis très inquiet de constater que nos entreprises,
05:28qui vous écoutent d'ailleurs,
05:29ont énormément de retard de productivité.
05:31On est tout de même à 6 points de numérisation en moins
05:35pour nos PME par rapport à la moyenne européenne
05:36en termes d'intensité numérique.
05:38On a 2 fois moins de robots qu'en Allemagne,
05:405 fois moins qu'en Corée du Sud.
05:41Il faut provoquer un véritable choc de compétitivité.
05:44Et le Rassemblement National est le seul parti politique
05:47de la classe politique qui défend ce choc de compétitivité.
05:49Mais comment ?
05:50Je vous repose avec comment ?
05:51Le seul levier qui sera un peu coûteux,
05:53et nous l'assumons,
05:54c'est la baisse massive des impôts de production.
05:56Mais vous savez, quand on voit que la baisse de l'IS
05:57de près de 11 milliards d'euros
05:59a permis de collecter 27 milliards d'euros
06:01de recettes supplémentaires,
06:03on se dit effectivement que trop d'impôts tue l'impôt
06:05et moins d'impôts permet d'avoir davantage de recettes fiscales.
06:08Premier levier, la baisse des impôts de production.
06:11Deuxième levier, ça ne coûtera pas un centime au français,
06:13c'est le rétablissement d'un prix français,
06:14de l'énergie, de l'électricité.
06:16Parce qu'il faut savoir que les entreprises en moyenne,
06:18aujourd'hui, paient une électricité 2,8 fois supérieure
06:21à nos coûts de production.
06:22Par conséquent, nous avons l'électricité à produire
06:25la moins chère d'Europe, mais nous payons une électricité
06:27qui est complètement décorrélée des coûts de production
06:29à cause des règles du marché européen d'énergie.
06:31Troisièmement, le levier normatif, excusez-moi, je vous coupe,
06:33et le levier normatif, il est considérable.
06:36Vous savez, par rapport à 2017,
06:38nos entreprises paient 31 milliards d'euros
06:40d'impôts paperas supplémentaires,
06:42c'est-à-dire de coûts des normes.
06:44C'est considérable.
06:44Encore, c'est une estimation basse,
06:46estimation OCDE, en France évidemment,
06:48ce qui signifie que toute la politique de l'offre
06:50d'Emmanuel Macron n'a pas eu lieu.
06:51Les allégements fiscaux ont été complètement neutralisés
06:54par la hausse du coût des normes.
06:55Nous dégraisserons ce mammouth normatif.
06:58Donc vous défendez la politique de l'offre d'Emmanuel Macron ?
07:00Absolument pas.
07:01Je viens justement de vous dire que les allégements fiscaux...
07:03Vous me parlez de baisse d'impôts de production,
07:05CVAE, tout ça, on est là dessus.
07:06En l'occurrence, vous savez,
07:08le Rassemblement National a obtenu,
07:10dans le cadre de l'examen du budget,
07:12la suppression de la C3S,
07:14l'un des principaux impôts de production
07:15qui pèse sur nos entreprises,
07:17et en particulier les entreprises qui exportent,
07:19les ETI, les grandes entreprises.
07:20Nous avons obtenu de cette suppression à l'Assemblée.
07:23Malheureusement, le gouvernement a paniqué
07:25et a réclamé un deuxième vote,
07:27une deuxième déniération pour revenir sur cette suppression.
07:29Alors j'imagine que quand vous parlez de ça
07:31au patron que vous rencontrez,
07:32il paraît que vous avez rencontré la moitié du CAC 40
07:34avec Jordan Bardella.
07:36Je ne sais pas si c'est vrai.
07:36Est-ce que c'est à peu près une fourchette exacte ?
07:38J'aurais dit peut-être un peu plus.
07:40Peut-être un peu plus.
07:41Quand vous leur parlez des impôts de production ABC,
07:43j'imagine qu'ils applaudissent.
07:44Par contre, ils vous en veulent pour l'ISF
07:45et pour des votes sur ce plan-là
07:48où ils n'ont pas très bien compris,
07:49où vous vous situez économiquement.
07:51Nous n'avons pas rétabli l'ISF
07:53et il faut lutter contre ces préjugés
07:55qui sont des éléments malheureusement
07:57de langage de la Macronie et de nos adversaires.
07:59Merci de me donner l'occasion de le préciser.
08:01Vous avez voté.
08:02L'ISF concernait 400 000 personnes dans notre pays.
08:04Nous, ce que nous avons voté,
08:06c'est une transformation de l'impôt de l'IFI,
08:08de l'impôt sur la fortune immobilière
08:11qui concernait 180 000 personnes
08:13pour un impôt sur la fortune improductive
08:17qui lui concernera moins de personnes encore
08:18c'est-à-dire 140 000 personnes dans notre pays.
08:22Cet impôt, il fait quoi ?
08:24Concrètement, il ne taxe que les patrimoines
08:28de plus d'1,3 million d'euros
08:30exemptés de la résidence principale ou unique
08:32à hauteur de près d'un million d'euros
08:34contrairement à un abattement précédent
08:36qui était de 30%.
08:37Et en plus, nous incitons les personnes
08:39qui en ont les moyens
08:40à aller investir dans nos entreprises
08:42pour répondre aux besoins de financement
08:44en taxant ce qu'on appelle improductifs
08:47comme les avions, les yachts, les œuvres d'art.
08:49Ça ne concerne pas grand-monde dans notre pays
08:50pour qu'ils viennent justement financer...
08:53Dont l'assurance-vie ?
08:55Ce sont...
08:56Alors non, attention,
08:57nous ne taxons pas les actions
08:58et la taxation de l'assurance-vie est marginale.
09:01Mais vous savez,
09:01ce n'était pas une proposition
09:03du Rassemblement National à la base.
09:04Nous avons fait des compromis.
09:06C'était une proposition du Modem
09:07que nous avons justement améliorée
09:09en exemptant la résidence principale
09:11et unique de cet impôt.
09:13À la fin, Alexandre Loubet,
09:15quand on ne défend pas la politique
09:16de l'offre d'Emmanuel Macron,
09:17qu'on la combat,
09:18comme vous l'avez expliqué,
09:20que vous avez voté l'ISF...
09:21Ils ont complètement liquidé
09:22les avantages d'allègements fiscaux
09:24par le coup des normes.
09:25Vous êtes où économiquement ?
09:26C'est-à-dire que les patrons,
09:27quand ils vous posent la question,
09:28ou mais pragmatiques,
09:29ça ne veut rien dire.
09:30Vous êtes pro-business,
09:31vous êtes libéral,
09:32vous défendez une autre vision de l'économie.
09:36Vous êtes où ?
09:37Je n'aime pas qu'on soit catégorisé
09:39dans une case pour être franc.
09:42Moi, je considère qu'on est pragmatique.
09:43On défend la puissance de la France
09:45et la prospérité des Français.
09:47Et pour défendre cet objectif-là,
09:49nous avons besoin largement
09:51de nos entreprises.
09:52Mais nous, notre objectif,
09:53ce n'est pas de diriger les entreprises,
09:54c'est de créer les conditions
09:55de réussite de nos entreprises.
09:56Et quand je vous parle
09:57du choc de compétitivité
09:58que nous sommes les seuls à défendre
09:59par la baisse des impôts de production,
10:01par le rétablissement du prix français
10:02de l'énergie,
10:03parce qu'actuellement,
10:03nous sommes privés
10:04de notre avantage comparatif
10:05au sein du marché européen
10:07et surtout par la baisse
10:09de l'ensemble de ce magma normatif,
10:12eh bien, je l'estime
10:13que nous sommes le parti politique
10:15qui répondra le plus
10:16aux préoccupations de nos entreprises.
10:19On déplaise à nos adversaires
10:20qui laissent entendre l'exact inverse.
10:22Vous savez, moi,
10:22je regarde ce qui se fait à l'étranger.
10:23On voit que la Chine,
10:25l'Asie, de manière générale,
10:26accélèrent.
10:26On voit que les États-Unis
10:27sont en train de réagir.
10:28Pourquoi est-ce que nous,
10:29nous adoptons des recettes
10:30diamétralement opposées
10:31à ce qui est en train de se faire
10:32partout dans le monde ?
10:33Et même si je regarde en arrière,
10:35dans l'histoire de notre pays,
10:36on voit bien qu'une sorte
10:37de libéral-colbertisme
10:38qui avait été mené
10:40par le général de Gaulle,
10:40qui consistait à ce que l'État
10:42impulse et soutienne
10:43nos entreprises,
10:44mais à laisser,
10:45dans le cadre de partenariats
10:46publics-privés,
10:47nos entreprises innover
10:48et impressionner le monde.
10:49Moi, je remarque que c'est
10:50la recette qui marche.
10:51C'est celle que nous voulons.
10:52Merci.
10:52Merci Alexandre Loubet
10:53d'être venu ce matin
10:54dans la Matina de l'économie.
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